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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Le BAC de Philosophie en France, c'est Nietzsche !</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9638</link>
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		<dc:date>2026-06-16T22:55:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le texte de Nietzsche au programme du BAC de Philo en France &lt;br class='autobr' /&gt;
Expliquer le texte suivant : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les m&#233;thodes scientifiques sont une conqu&#234;te de la recherche pour le moins aussi consid&#233;rable que n'importe quel autre r&#233;sultat : c'est en effet sur la compr&#233;hension de la m&#233;thode que repose l'esprit scientifique, et tous les r&#233;sultats des sciences ne pourraient, si ces m&#233;thodes venaient &#224; se perdre, emp&#234;cher un nouveau triomphe de la superstition et de l'absurdit&#233;. Les gens cultiv&#233;s ont beau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Chapter 12 : Philosophical annexes - Annexes philosophiques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte de Nietzsche au programme du BAC de Philo en France&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Expliquer le texte suivant :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les m&#233;thodes scientifiques sont une conqu&#234;te de la recherche pour le moins aussi consid&#233;rable que n'importe quel autre r&#233;sultat : c'est en effet sur la compr&#233;hension de la m&#233;thode que repose l'esprit scientifique, et tous les r&#233;sultats des sciences ne pourraient, si ces m&#233;thodes venaient &#224; se perdre, emp&#234;cher un nouveau triomphe de la superstition et de l'absurdit&#233;. Les gens cultiv&#233;s ont beau apprendre autant qu'ils veulent des r&#233;sultats de la science, on s'aper&#231;oit toujours &#224; leur conversation, et particuli&#232;rement aux hypoth&#232;ses qu'ils y proposent, que l'esprit scientifique leur fait d&#233;faut. Ils n'ont pas cette d&#233;fiance instinctive contre les &#233;carts de la pens&#233;e, qui, &#224; la suite d'un long exercice, a pris racine dans l'esprit de tout homme de science. Il leur suffit de trouver sur un sujet une hypoth&#232;se quelconque, ils sont alors tout feu tout flamme pour elle et croient qu'ainsi tout est dit. Avoir une opinion signifie par l&#224; m&#234;me chez eux : en devenir aussit&#244;t fanatique et finalement la prendre &#224; c&#339;ur comme une conviction. Ils s'&#233;chauffent, &#224; propos d'une chose inexpliqu&#233;e, pour la premi&#232;re id&#233;e qui leur passe en t&#234;te et qui ressemble &#224; une explication. D'o&#249; r&#233;sultent continuellement, notamment dans le domaine de la politique, les plus f&#226;cheuses cons&#233;quences. C'est pourquoi chacun devrait de nos jours avoir appris &#224; conna&#238;tre au moins une science &#224; fond ; alors il saura toujours ce que c'est qu'une m&#233;thode et combien est n&#233;cessaire la plus extr&#234;me prudence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Friedrich NIETZSCHE, Humain, trop humain (1878)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, un tel texte peut sembler tr&#232;s raisonnable et intelligent. Mais le propos de Nietzsche ne s'en tient pas l&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons quelques extraits significatifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord donnons la suite de l'extrait de Nietzsche du BAC que l'on n'a pas donn&#233; aux candidats&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est particuli&#232;rement aux femmes qu'il faut donner ce conseil ; car elles sont maintenant incurablement victimes de toutes les hypoth&#232;ses, surtout si celles-ci donnent l'impression de l'ing&#233;nieux, du s&#233;duisant, du vivifiant, du fortifiant. Plus on observe avec exactitude, plus on s'aper&#231;oit que la grande majorit&#233; des gens cultiv&#233;s demande encore au penseur des convictions et rien que des convictions, et qu'une petite minorit&#233; seulement veut une certitude. Ceux-l&#224; d&#233;sirent &#234;tre fortement entra&#238;n&#233;s, pour acqu&#233;rir eux-m&#234;mes par l&#224; un surcro&#238;t de force ; ceux-ci, le petit nombre, ont cet int&#233;r&#234;t pour les choses m&#234;mes qui fait abstraction des avantages personnels, m&#234;me dudit surcro&#238;t de force. C'est sur la premi&#232;re classe, de beaucoup pr&#233;dominante, que l'on compte partout o&#249; le penseur se prend et se donne pour un g&#233;nie, partant se consid&#232;re int&#233;rieurement comme un &#234;tre sup&#233;rieur, qui a droit &#224; l'autorit&#233;. En tant que le g&#233;nie de toute esp&#232;ce entretient le feu des convictions et &#233;veille de la d&#233;fiance envers l'id&#233;e prudente et modeste de la science, il est un ennemi de la v&#233;rit&#233;, quand m&#234;me il se croirait au plus haut point parmi ses amants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, il est vrai, une toute autre esp&#232;ce de g&#233;nie, celui de la justice ; et je ne puis absolument me r&#233;soudre &#224; l'estimer inf&#233;rieur &#224; quelque g&#233;nie que ce soit, philosophique, politique ou artistique. Il consiste &#224; se d&#233;tourner, avec une cordiale r&#233;pugnance, de tout ce qui aveugle et &#233;gare le jugement sur les choses ; il est par cons&#233;quent un ennemi des convictions, car il veut donner &#224; chaque objet, vif ou mort, r&#233;el ou imaginaire, ce qui lui revient &#8212; et pour cela il lui faut en avoir une connaissance nette ; il met donc chaque objet dans le meilleur jour et en fait le tour avec des yeux attentifs. Finalement, il donne m&#234;me &#224; son ennemie, la myope &#171; conviction &#187; (comme l'appellent les hommes : &#8212; chez les femmes, elle se nomme &#171; foi &#187;) ce qui revient &#224; la conviction &#8212; pour l'amour de la v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain/IX&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain/IX&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;pris de Nietzsche contre les femmes n'a pas &#233;t&#233; cit&#233; par les examinateurs du BAC. Tiens, tiens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous admirez Nietzsche ? Pourtant, c'est un des sommets &#171; intellectuels &#187; du m&#233;pris et de la haine des femmes !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5438&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnons quelques citations de l'ouvrage qui a &#233;t&#233; choisi pour le BAC : &#034;Humain, trop humain&#034; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Civilisation et caste. &#8212; Une civilisation sup&#233;rieure ne peut na&#238;tre que l&#224; o&#249; il y a deux castes distinctes de la soci&#233;t&#233; ; celle des travailleurs et celle des oisifs, capables d'un loisir v&#233;ritable ; ou en termes plus forts, la caste du travail forc&#233; et la caste du travail libre. Le point de vue de la division du bonheur n'est pas essentiel, quand il s'agit de la production d'une civilisation sup&#233;rieure ; mais en tout cas la caste des oisifs est la plus capable de souffrances, la plus souffrante, son contentement de l'existence est moindre, son devoir plus grand. Que s'il se produit un &#233;change entre les deux castes, de sorte que les familles les plus basses, les moins intelligentes, tombent de la caste sup&#233;rieure dans l'inf&#233;rieure et qu'au rebours les hommes les plus libres de celle-ci r&#233;clament l'acc&#232;s &#224; la caste sup&#233;rieure : un &#233;tat se trouve atteint au-dessus duquel on ne voit plus que la mer ouverte des v&#339;ux illimit&#233;s. &#8212; Ainsi nous parle la voix expirante des temps antiques ; mais o&#249; y a-t-il maintenant des oreilles pour l'entendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le sang. &#8212; Ce que les hommes et les femmes ont par le sang d'avantage sur les autres et ce qui leur donne un droit indiscutable &#224; une estime plus haute, ce sont deux arts que l'h&#233;r&#233;dit&#233; a de plus en plus accrus : l'art de savoir commander, et l'art de l'ob&#233;issance fi&#232;re. &#8212; Or il se produit, partout o&#249; le commandement constitue une besogne journali&#232;re (comme dans le monde du grand n&#233;goce et de la grande industrie) quelque chose de pareil &#224; ces races &#171; par le sang &#187;, mais il leur manque la noble attitude dans l'ob&#233;issance, qui chez celles-l&#224; est un legs des conditions f&#233;odales et qui dans notre climat de civilisation ne doit plus s'accro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guerre. &#8212; Au d&#233;savantage de la guerre on peut dire : elle rend le vainqueur brute, le vaincu m&#233;chant. En faveur de la guerre : elle introduit la barbarie dans les deux cons&#233;quences susdites, et par l&#224; ram&#232;ne &#224; la nature : elle est pour la civilisation un sommeil ou un hivernage, l'homme en sort plus fort pour le bien et pour le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propri&#233;t&#233; et justice. &#8212; Quand les socialistes prouvent que le partage de la propri&#233;t&#233; dans l'humanit&#233; actuelle est la cons&#233;quence d'innombrables injustices et violences, et qu'ils d&#233;clinent in summa toute obligation envers une chose dont le fondement est si injuste : ils ne consid&#232;rent qu'un fait isol&#233;. Tout le pass&#233; de l'ancienne civilisation est fond&#233; sur la violence, l'esclavage, la tromperie, l'erreur ; mais nous ne pouvons pas nous-m&#234;mes, h&#233;ritiers que nous sommes de toutes ces circonstances, et concr&#233;tions de tout ce pass&#233;, l'an&#233;antir par d&#233;cret, et nous n'avons pas le droit d'en supprimer un seul morceau. Les sentiments d'injustice sont &#233;galement dans les &#226;mes des non-poss&#233;dants, ils ne sont pas meilleurs que les poss&#233;dants et n'ont pas un privil&#232;ge moral, car ils ont eu quelque part des anc&#234;tres poss&#233;dants. Ce n'est pas de nouveaux partages par la violence, mais de transformations graduelles des id&#233;es qu'on a besoin ; il faut que chez tous la justice devienne plus forte, l'instinct de violence plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits dangereux parmi les r&#233;volutionnaires. &#8212; Qu'on distingue ceux qui r&#234;vent un bouleversement de la soci&#233;t&#233; en gens qui veulent atteindre quelque chose pour eux-m&#234;mes et en gens qui le veulent pour leurs enfants et petits-enfants. Les derniers sont les plus dangereux ; car ils ont la foi et la bonne conscience du d&#233;sint&#233;ressement. Les autres peuvent &#234;tre assouvis : pour cela la soci&#233;t&#233; dominante a toujours assez de ressources et d'habilet&#233;. Le p&#233;ril commence aussit&#244;t que le but devient impersonnel ; les r&#233;volutionnaires par int&#233;r&#234;t impersonnel peuvent consid&#233;rer tous les d&#233;fenseurs de l'&#233;tat de choses existant comme &#233;go&#239;stes et par l&#224; se sentir sup&#233;rieurs &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Importance politique de la paternit&#233;. &#8212; Quand l'homme n'a pas de fils, il n'a pas un droit int&#233;gral &#224; d&#233;lib&#233;rer sur les besoins d'un &#201;tat particulier. Il faut qu'on y ait, comme les autres, hasard&#233; ce qu'on a de plus cher : cela seul attache solidement &#224; l'&#201;tat ; il faut que l'on consid&#232;re le bonheur de sa post&#233;rit&#233;, partant qu'on ait avant tout une post&#233;rit&#233;, pour prendre &#224; toutes les institutions et &#224; leur changement une part &#233;quitable et naturelle. Le d&#233;veloppement de la morale sup&#233;rieure d&#233;pend de ce que chacun ait des fils ; cela l'affranchit de l'&#233;go&#239;sme, ou plus justement, cela &#233;tend son &#233;go&#239;sme dans la dur&#233;e et fait qu'il poursuit avec z&#232;le des fins qui vont au del&#224; de son existence individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fiert&#233; des a&#239;eux. &#8212; On peut &#224; juste titre &#234;tre fier d'une lign&#233;e ininterrompue d'a&#239;eux bons de p&#232;re en fils, &#8212; mais non pas de la lign&#233;e m&#234;me ; car chacun en a tout autant. La descendance d'a&#239;eux bons fait la vraie noblesse de naissance ; une seule solution de continuit&#233; dans cette cha&#238;ne, un seul anc&#234;tre m&#233;chant, supprime cette noblesse. On doit demander &#224; quiconque parle de sa noblesse : N'as-tu parmi tes anc&#234;tres aucun homme violent, avide, extravagant, m&#233;chant, cruel ? S'il peut en toute science et conscience r&#233;pondre : Non, qu'on recherche son amiti&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esclaves et ouvriers. &#8212; Le fait que nous attachons plus de prix &#224; une satisfaction de vanit&#233; qu'&#224; tout autre avantage (s&#233;curit&#233;, abri, plaisirs de toute esp&#232;ce) se montre &#224; un degr&#233; ridicule en ceci, que chacun (abstraction faite de raisons politiques) souhaite l'abolition de l'esclavage et repousse avec horreur l'id&#233;e de mettre des hommes dans cet &#233;tat : cependant que chacun doit se dire que les esclaves ont &#224; tous &#233;gards une existence plus s&#251;re et plus heureuse que l'ouvrier moderne, que le travail servile est peu de chose par rapport au travail de l'ouvrier. On proteste au nom de la &#171; dignit&#233; humaine &#187; : mais c'est-&#224;-dire, pour parler simplement, cette brave vanit&#233;, qui regarde comme le sort le plus dur de n'&#234;tre pas sur un pied d'&#233;galit&#233;, d'&#234;tre publiquement compt&#233; pour inf&#233;rieur. &#8212; Le cynique pense autrement &#224; ce sujet, parce qu'il m&#233;prise l'honneur ; &#8212; et c'est ainsi que Diog&#232;ne fut un temps esclave et pr&#233;cepteur domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon utopie. &#8212; Dans un meilleur ordre de soci&#233;t&#233;, le travail p&#233;nible et la peine de la vie seront attribu&#233;s &#224; celui qui en souffrira le moins, partant au plus stupide, et ainsi de suite par degr&#233;s jusqu'&#224; celui qui est le plus accessible aux esp&#232;ces les plus raffin&#233;es de la souffrance et qui, par cons&#233;quent, m&#234;me dans l'all&#233;gement le plus grand de la vie, souffre encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illusion dans la th&#233;orie de la r&#233;volution. &#8212; Il y a des r&#234;veurs politiques et sociaux qui d&#233;pensent du feu et de l'&#233;loquence &#224; r&#233;clamer un bouleversement de tous les ordres, dans la croyance qu'aussit&#244;t le plus superbe temple d'une belle humanit&#233; s'&#233;l&#232;verait, pour ainsi dire, de lui-m&#234;me. Dans ces r&#234;ves dangereux persiste un &#233;cho de la superstition de Rousseau, qui croit &#224; une bont&#233; de l'humaine nature merveilleuse, originelle, mais pour ainsi dire enterr&#233;e et met au compte des institutions de civilisation, dans la soci&#233;t&#233;, l'&#201;tat, l'&#233;ducation, toute la responsabilit&#233; de cet enterrement. Malheureusement on sait par des exp&#233;riences historiques que tout bouleversement de ce genre ressuscite &#224; nouveau les &#233;nergies les plus sauvages, caract&#232;res les plus effroyables et les plus effr&#233;n&#233;s des &#226;ges recul&#233;s : que par cons&#233;quent un bouleversement peut, bien &#234;tre une source de force dans une humanit&#233; devenue inerte, mais jamais ordonnateur, architecte, artiste, perfecteur de la nature humaine. &#8212; Ce n'est pas la nature de Voltaire, avec sa mod&#233;ration, son penchant &#224; arranger, &#224; purifier, &#224; modifier, mais les folies et les demi-mensonges passionn&#233;s de Rousseau qui ont &#233;veill&#233; l'esprit optimiste de la R&#233;volution, contre lequel je m'&#233;crie : &#171; &#201;crasez l'inf&#226;me ! &#187; Par lui l'esprit de lumi&#232;res et d'&#233;volution progressive a &#233;t&#233; banni pour longtemps : &#8212; voyons &#8212; chacun &#224; part soi, &#8212; s'il est possible de le rappeler !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;surrection de l'esprit. &#8212; Dans la maladie politique, un peuple se rajeunit d'ordinaire lui-m&#234;me et retrouve son esprit qu'il perdait peu &#224; peu dans la recherche et la conqu&#234;te du pouvoir. La civilisation n'est redevable &#224; rien plus qu'aux temps politiquement faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps heureux. &#8212; Un si&#232;cle heureux est absolument impossible par la raison que les hommes ne veulent que le souhaiter, mais ne veulent pas l'avoir, et tout individu, lorsque lui viennent d'heureux jours, apprend formellement &#224; demander au ciel le trouble et la mis&#232;re. Le destin des hommes est dispos&#233; pour d'heureux moments &#8212; toute vie en a de tels &#8212; mais non pour des &#233;poques heureuses. N&#233;anmoins, ces &#233;poques restent comme l'&#171; au-del&#224; des monts &#187; dans l'imagination des hommes, comme un legs des anc&#234;tres ; car on a sans doute, depuis des temps recul&#233;s, emprunt&#233; cette conception du si&#232;cle heureux &#224; cet &#233;tat o&#249; l'homme, apr&#232;s la tension violente de la chasse et de la guerre, s'abandonne au repos, &#233;tend ses membres, et entend bruire autour de lui les ailes du sommeil. C'est par un raisonnement faux que l'homme, conform&#233;ment &#224; cette vieille habitude, s'imagine que, maintenant encore, apr&#232;s des p&#233;riodes enti&#232;res de d&#233;tresse et de peine, il peut go&#251;ter, &#224; un degr&#233; et dans un temps proportionnels, cet &#233;tat de bonheur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le socialisme au point de vue de ses moyens d'action. &#8212; Le socialisme est le fantastique fr&#232;re cadet du despotisme presque d&#233;funt, dont il veut recueillir l'h&#233;ritage ; ses efforts sont donc, au sens le plus profond, r&#233;actionnaires. Car il d&#233;sire une pl&#233;nitude de puissance de l'&#201;tat telle que le despotisme seul l'a jamais eue, m&#234;me il d&#233;passe tout ce que montre le pass&#233;, parce qu'il travaille &#224; l'an&#233;antissement formel de l'individu : c'est que celui-ci lui appara&#238;t comme un luxe injustifiable de la nature, qui doit &#234;tre par lui corrig&#233; en un organe utile de la communaut&#233;. Par suite de cette parent&#233;, il se montre toujours dans le voisinage de tous les d&#233;ploiements excessifs de puissance, comme le vieux socialiste type Platon &#224; la cour du tyran de Sicile ; il souhaite (il exige &#224; l'occasion) le despotisme c&#233;sarien de ce si&#232;cle, parce que, comme j'ai dit, il voudrait en &#234;tre l'h&#233;ritier. Mais cet h&#233;ritage m&#234;me ne suffirait pas &#224; ses fins, il lui faut l'asservissement complet de tous les citoyens &#224; l'&#201;tat absolu, tel qu'il n'en a jamais exist&#233; de pareil ; et comme il n'a plus le moindre droit de compter sur la vieille pi&#233;t&#233; religieuse envers l'&#201;tat, qu'au contraire il doit, bon gr&#233; mal gr&#233;, travailler constamment &#224; sa suppression &#8212; puisqu'en effet il travaille &#224; la suppression de tous les &#201;tats existants, &#8212; il ne peut avoir d'espoir d'une existence future que pour de courtes p&#233;riodes, &#231;&#224; et l&#224;, gr&#226;ce au plus extr&#234;me terrorisme. C'est pourquoi il se pr&#233;pare silencieusement &#224; la domination par la terreur et enfonce aux masses &#224; demi cultiv&#233;es, comme un clou dans la t&#234;te, le mot de &#171; Justice &#187;, afin de leur enlever toute intelligence (apr&#232;s que cette intelligence a d&#233;j&#224; bien souffert de la demi-culture) et de leur procurer, pour le vilain jeu qu'elles auront &#224; jouer, une bonne conscience. &#8212; Le socialisme peut servir &#224; enseigner de fa&#231;on brutale et frappante le danger de toutes les accumulations de puissance dans l'&#201;tat, et en ce sens insinuer une m&#233;fiance contre l'&#201;tat m&#234;me. Quand sa rude voix se m&#234;lera au cri de guerre : &#171; Le plus d'&#201;tat possible &#187;, ce cri en d&#233;viendra d'abord. plus bruyant que jamais : mais bient&#244;t &#233;clatera avec non moins de force le cri oppos&#233; : &#171; Le moins d'&#201;tat possible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme europ&#233;en et la destruction des nations. &#8212; Le commerce et l'industrie, l'&#233;change des livres et des lettres, la communaut&#233; de toute la haute culture, le rapide changement de lieu et de pays, la vie nomade qui est actuellement celle de tous les gens qui ne poss&#232;dent pas de la terre, &#8212; toutes ces conditions entra&#238;nent n&#233;cessairement un affaiblissement et enfin une destruction des nations, au moins des nations europ&#233;ennes : si bien qu'il doit na&#238;tre d'elles, par suite de croisements continuels, une race m&#234;l&#233;e, celle des hommes europ&#233;ens. &#192; cette fin s'oppose actuellement, sciemment ou non, l'exclusivisme des nations par la production des inimiti&#233;s nationales, mais la marche de ce m&#233;lange n'en avance pas moins lentement, malgr&#233; tous les courants contraires momentan&#233;s : ce nationalisme artificiel est au reste aussi dangereux que l'a &#233;t&#233; le catholicisme artificiel, car il est par essence un &#233;tat de contrainte, un &#233;tat de si&#232;ge forc&#233;, impos&#233; par un petit nombre au grand nombre, et a besoin de ruse, de mensonge et de violence pour se maintenir en cr&#233;dit. Ce n'est pas l'int&#233;r&#234;t du grand nombre (des peuples), comme on aime &#224; le dire, mais avant tout l'int&#233;r&#234;t de certaines dynasties princi&#232;res, puis celui de certaines classes du commerce et de la soci&#233;t&#233;, qui m&#232;ne &#224; ce nationalisme ; une fois qu'on a reconnu ce fait, on ne doit pas craindre de se donner seulement pour bon Europ&#233;en et de travailler par le fait &#224; la fusion des nations ; &#224; quoi les Allemands peuvent contribuer par leur vieille qualit&#233; &#233;prouv&#233;e, d'&#234;tre interpr&#232;tes et interm&#233;diaires des peuples. &#8212; En passant : tout le probl&#232;me des Juifs n'existe que dans les limites des &#201;tats nationaux, en ce sens que l&#224;, leur activit&#233; et leur intelligence sup&#233;rieure, le capital d'esprit et de volont&#233; qu'ils ont longuement amass&#233; de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration &#224; l'&#233;cole du malheur, doit arriver &#224; pr&#233;dominer g&#233;n&#233;ralement dans une mesure qui &#233;veille l'envie et la haine, si bien que dans presque toutes les nations d'&#224; pr&#233;sent &#8212; et cela d'autant plus qu'elles se donnent plus des airs de nationalisme &#8212; se propage cette impertinence de la presse qui consiste &#224; mener les Juifs &#224; l'abattoir comme les boucs &#233;missaires de tous les maux possibles publics et priv&#233;s. D&#232;s qu'il n'est plus question de conserver ou d'&#233;tablir des nations, mais de produire et d'&#233;lever une race m&#234;l&#233;e d'Europ&#233;ens aussi forte que possible, le Juif est un ingr&#233;dient aussi utile et aussi d&#233;sirable qu'aucun autre reste national. Toute nation, tout homme a des traits d&#233;plaisants, m&#234;me dangereux : c'est barbarie de vouloir que le Juif fasse une exception. Il se peut m&#234;me que ces traits pr&#233;sentent chez lui un degr&#233; particulier de danger et d'horreur ; et peut-&#234;tre le jeune boursicotier juif est-il en somme l'invention la plus r&#233;pugnante de la race humaine. Malgr&#233; tout, je voudrais, savoir combien, dans une r&#233;capitulation totale, on doit pardonner &#224; un peuple qui, non sans notre faute &#224; tous, a parmi tous les peuples eu l'histoire la plus p&#233;nible, et &#224; qui l'on doit l'homme le plus digne d'amour (le Christ), le sage le plus int&#232;gre (Spinoza), le livre le plus puissant et la loi morale la plus influente du monde. En outre : aux temps les plus sombres du moyen-&#226;ge, quand le rideau des nuages asiatiques pesait lourdement sur l'Europe, ce furent des libres-penseurs, des savants, des m&#233;decins juifs qui maintinrent le drapeau des lumi&#232;res et de l'ind&#233;pendance d'esprit sous la contrainte personnelle la plus dure, et qui d&#233;fendirent l'Europe contre l'Asie ; c'est &#224; leurs efforts que nous devons en grande partie qu'une explication du monde plus naturelle, plus raisonnable, et en tout cas affranchie du mythe, ait enfin pu ressaisir l&#224; victoire, et que la cha&#238;ne de la civilisation, qui nous rattache maintenant aux lumi&#232;res de l'antiquit&#233; gr&#233;co-romaine, soit rest&#233;e ininterrompue. Si le christianisme a tout fait pour orientaliser l'Occident, c'est le juda&#239;sme qui a surtout contribu&#233; &#224; l'occidentaliser de nouveau : ce qui revient &#224; dire en un certain sens, &#224; rendre la mission et l'histoire de l'Europe une continuation de l'histoire grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre indispensable. &#8212; C'est une vaine id&#233;e d'utopistes et de belles &#226;mes que d'attendre beaucoup encore (ou m&#234;me : beaucoup seulement alors) de l'humanit&#233;, quand elle aura d&#233;sappris de faire la guerre. En attendant, nous ne connaissons pas d'autre moyen qui puisse rendre aux peuples fatigu&#233;s cette rude &#233;nergie du champ de bataille, cette profonde haine impersonnelle, ce sang-froid dans le meurtre uni &#224; une bonne conscience, cette ardeur commune organisatrice dans l'an&#233;antissement de l'ennemi, cette fi&#232;re indiff&#233;rence aux grandes pertes, &#224; sa propre vie et &#224; celle des gens qu'on aime, cet &#233;branlement sourd des &#226;mes comparable aux tremblements de terre, avec autant de force et de s&#251;ret&#233; que ne fait n'importe quelle grande guerre ; les ruisseaux et les torrents qui se font jour alors, roulant il est vrai dans leur cours des pierres et des fanges de toute sorte et ruinant les pr&#233;s des cultures un peu d&#233;licates, remettent ensuite en mouvement, dans des circonstances favorables, les rouages des ateliers de l'esprit, qui se reprennent &#224; tourner avec une force nouvelle. La civilisation ne peut absolument pas se passer des passions, des vices et des m&#233;chancet&#233;s. &#8212; Lorsque les Romains parvenus &#224; l'Empire furent un peu las des guerres, ils essay&#232;rent de retirer de nouvelles forces des battues &#224; la b&#234;te fauve, des combats de gladiateurs et des pers&#233;cutions contre les chr&#233;tiens. Les Anglais d'aujourd'hui, qui semblent en somme avoir aussi renonc&#233; &#224; la guerre, prennent un autre moyen de recr&#233;er ces forces qui d&#233;croissent : ces p&#233;rilleux voyages de d&#233;couvertes, ces travers&#233;es, ces ascensions, entrepris, &#224; ce qu'on dit, pour des buts scientifiques, en r&#233;alit&#233; pour rapporter chez eux des aventures, des dangers de toute nature, un suppl&#233;ment de force. On inventera sous diverses formes de pareils substituts de la guerre, mais peut-&#234;tre feront-ils voir de plus en plus qu'une humanit&#233; d'une culture aussi &#233;lev&#233;e et par l&#224; m&#234;me aussi fatigu&#233;e que l'est aujourd'hui l'Europe, a besoin non seulement des guerres, mais des plus terribles &#8212; partant de retours momentan&#233;s &#224; la barbarie &#8212; pour ne pas d&#233;penser en moyens de civilisation sa civilisation et son existence m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La richesse, origine d'une noblesse de race. &#8212; La richesse produit n&#233;cessairement une aristocratie de race, car elle met en &#233;tat de choisir les femmes les plus belles, de payer les meilleurs ma&#238;tres, elle procure &#224; l'homme la propret&#233;, le temps d'exercer son corps et surtout la possibilit&#233; d'&#233;viter le travail corporel abrutissant. En ce sens, elle cr&#233;e toutes les conditions n&#233;cessaires pour faire qu'en quelques g&#233;n&#233;rations les hommes se comportent, et m&#234;me se conduisent noblement et vertueusement : la libert&#233; plus grande de conscience, l'absence des mesquineries mis&#233;rables, de l'abaissement devant ceux qui procurent le pain, de l'&#233;pargne sou &#224; sou. &#8212; Pr&#233;cis&#233;ment ces avantages n&#233;gatifs sont la plus riche dot de bonheur pour un jeune homme ; un homme tr&#232;s pauvre se ruine d'ordinaire par sa noblesse de pens&#233;e, il ne professe pas et n'acquiert rien, sa race n'est pas viable. &#8212; Mais il faut l&#224;-dessus consid&#233;rer que la richesse exerce presque les m&#234;mes effets, qu'un homme puisse d&#233;penser trois cents &#233;cus ou trente mille par an : il n'y a d&#232;s lors plus de progression r&#233;elle des circonstances favorables. Seulement, avoir moins, mendier dans son enfance et s'humilier, c'est chose terrible : quoique pour des gens qui cherchent le bonheur dans l'&#233;clat des cours, dans la subordination aux hommes puissants et influents ou qui veulent devenir des princes de l'&#201;glise, cela puisse &#234;tre le bon point de d&#233;part. &#8212; (On y apprend &#224; se courber pour p&#233;n&#233;trer dans les sentiers souterrains de la faveur).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relation avec le Moi sup&#233;rieur. &#8212; Tout homme a son bon jour, o&#249; il trouve son Moi sup&#233;rieur ; et la v&#233;ritable humanit&#233; veut qu'on n'appr&#233;cie chacun que d'apr&#232;s cet &#233;tat et non d'apr&#232;s les jours ouvrables de d&#233;pendance et de servilit&#233;. On doit, par exemple, juger et honorer un peintre d'apr&#232;s la vision la plus haute qu'il a &#233;t&#233; capable d'avoir et de rendre. Mais les hommes eux-m&#234;mes ont des relations tr&#232;s diverses avec ce Moi sup&#233;rieur et sont souvent leurs propres com&#233;diens, en ce sens qu'ils recommencent toujours &#224; imiter dans la suite ce qu'ils sont dans ces moments. Beaucoup vivent dans la frayeur et l'humilit&#233; devant leur id&#233;al et voudraient le renier : ils ont peur de leur Moi sup&#233;rieur, parce que, quand il parle, il parle arrogamment. En outre il jouit de la libert&#233; myst&#233;rieuse de venir et de partir comme il veut ; c'est pourquoi on l'appelle souvent un don des dieux, tandis qu'en r&#233;alit&#233; c'est tout le reste qui est un don des dieux (du hasard) : mais lui est de l'homme m&#234;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Fin des citations de &#034;Humain, trop humain&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain/VIII&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Humain,_trop_humain/VIII&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;D'o&#249; il d&#233;coule non une pens&#233;e scientifique mais une pens&#233;e ultra-r&#233;actionnaire, raciste, &#233;litiste, violente, anti-humaniste, anti-sociale et anti-socialiste, contre-r&#233;volutionnaire. Comme les etxes suivants le d&#233;montrent !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nietzsche critique, on l'a compris, l'id&#233;e que les id&#233;es libertaires, r&#233;volutionnaires, r&#233;publicaines, socialistes, voire anarchistes affaiblissent l'Homme et que pour y rem&#233;dier, il faut qu'une &#233;lite r&#233;siste et s'extirpe des codes &#233;tablis sous cette influence n&#233;faste, se d&#233;barrasse de toute morale et ne craigne pas de faire table rase des sentiments &#171; trop humains &#187;. Ne regardez pas du c&#244;t&#233; d'Hitler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1100&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1100&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5599&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5599&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1261&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1261&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3586&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3586&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5438&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5438&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En sciences, il faut imaginer le monde...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9495</link>
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		<dc:date>2026-05-25T22:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>



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&lt;p&gt;En sciences comme en philosophie et dans la vie quotidienne, il faudrait r&#233;habiliter l'imagination, une fonction c&#233;r&#233;brale fondamentale de l'intelligence humaine et des sentiments de notre esp&#232;ce, tr&#232;s largement d&#233;cri&#233;e, d&#233;valoris&#233;e, ni&#233;e et oubli&#233;e &lt;br class='autobr' /&gt;
L'imagination a souvent &#233;t&#233; assimil&#233;e &#224; des constructions mentales fantasmagoriques, des dragons, des sorci&#232;res et autres mal&#233;fices, allant jusqu'aux constructions de mondes imaginaires et aux divagations religieuses. Du coup, la philosophie (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Chapter 02 : Is matter a suject of philosophy ? Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En sciences comme en philosophie et dans la vie quotidienne, il faudrait r&#233;habiliter l'imagination, une fonction c&#233;r&#233;brale fondamentale de l'intelligence humaine et des sentiments de notre esp&#232;ce, tr&#232;s largement d&#233;cri&#233;e, d&#233;valoris&#233;e, ni&#233;e et oubli&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'imagination a souvent &#233;t&#233; assimil&#233;e &#224; des constructions mentales fantasmagoriques, des dragons, des sorci&#232;res et autres mal&#233;fices, allant jusqu'aux constructions de mondes imaginaires et aux divagations religieuses. Du coup, la philosophie scientifique et dialectique s'en est &#233;cart&#233; pour pr&#244;ner une philosohie du r&#233;el. Mais l'imagination est seulement le contraire dialectique de la pens&#233;e raisonnant sur le monde r&#233;el et donc ins&#233;parable d'elle. Sans imagination, l'abstraction est impossible, la m&#233;moire aussi. Les concepts scientifiques et philosophiques, l'&#233;criture, les math&#233;matiques, l'art, l'apprentissage, les r&#234;ves, la cr&#233;ativit&#233;, les inventions et bien d'autres choses encore sont des produits de l'imagination humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui nient le r&#244;le de l'imagination pensent que la science permet la connaissance directe du r&#233;el. Ils se disent : &#171; le monde r&#233;el, je le touche, je le vois, je le mesure, je le sens, je le teste avec des instruments. &#187; La Physique contemporaine a montr&#233; depuis longtemps que ce n'est qu'une illusion. On ne voit rien directement, on ne touche rien directement, on ne sent rien directement, on n'observe rien directement. M&#234;me deux mati&#232;res ne se touchent pas directement. Les fermions n'&#233;changent que par l'interm&#233;diaire de bosons. Ils ne peuvent pas se toucher, deux fermions &#233;tant incapables d'&#234;tre au m&#234;me moment dans la m&#234;me position. Plus ils s'approchent, plus il leur est difficile de se rapprocher (in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg et force de r&#233;pulsion du principe de Pauli). Quand elles s'approchent, les particules peuvent devenir indiscernables mais elles ne peuvent pas &#234;tre toutes deux au m&#234;me endroit. La mati&#232;re n'a connaissance d'une autre mati&#232;re qu'&#224; distance et pas directement par des interm&#233;diaires. Les liaisons aussi se font par des interm&#233;diaires. La mati&#232;re que l'on dit compacte ne l'est pas r&#233;ellement. Quant &#224; l'homme, ses exp&#233;riences et observations agissent sur la mati&#232;re au point qu'elles la modifient. Les exp&#233;riences quantiques d&#233;montrent que la mati&#232;re mesur&#233;e n'est plus la mati&#232;re que l'on voulait mesurer. Cela ne veut pas dire que l'on ne sait rien mais que les principes de Z&#233;non agissent &#224; l'&#233;chelle quantique. Il en r&#233;sulte que nous devons imaginer une compr&#233;hension de la particule et que cette compr&#233;hension ne peut provenir directement de l'observation. D'ailleurs, elle a commenc&#233; &#224; &#234;tre imagin&#233;e, une particule &#233;tant finalement un nuage d'une multitude de couples particule-antiparticule &#233;ph&#233;m&#232;res. On conviendra qu'il fallait beaucoup d'imagination pour en arriver l&#224; puisque personne ne peut observer directement une particule ou une antiparticule virtuelle &#233;ph&#233;m&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon ! Cela va au niveau quantique ! Mais &#224; l'&#233;chelle du monde o&#249; nous vivons tous les jours, en est-il de m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les &#234;tres humains entrent directement en contact avec leur petit monde ? Pas du tout ! Nous n'avons pas le contact avec les pens&#233;es des autres &#234;tres humains ou des animaux domestiques qui nous entourent. Nous ne savons m&#234;me pas tout ce qui se passe dans notre propre t&#234;te. Nous sommes contraints d'imaginer ce qui nous fait agir sans &#234;tre s&#251;rs d'avoir raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, pour se d&#233;velopper, a eu besoin de s'&#233;loigner de la philosophie, de la croyance, des mythes, des imaginations invraisemblables qui lui barraient le chemin. Du coup, la pens&#233;e scientifique a eu besoin de se d&#233;t&#226;cher d'abord de l'imagination. Mais, ensuite, elle a eu besoin d'y retourner pour se proposer des hypoth&#232;ses &#224; v&#233;rifier, des exp&#233;riences &#224; faire, des concepts dont il fallait v&#233;rifier la validit&#233;, des quantit&#233;s &#224; mesurer, etc. La nature n'a pas propos&#233; directement ces param&#232;tres, ces exp&#233;riences, ces mesures, ces v&#233;rifications, ces raisonnements de la science. C'est l'esprit humain qui l'a fait et il lui a fallu de l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne veut pas dire que nous vivons dans un monde imaginaire ou compl&#232;tement fabriqu&#233; par notre imagination. Pas plus que les particules &#233;ph&#233;m&#232;res soient virtuelles au sens o&#249; elles ne seraient pas une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parce que l'univers est dialectiquement contradictoire de mani&#232;re intrins&#232;que (et non par l'erreur de notre perception ou de notre compr&#233;hension, ni du fait de nos observations) que l'imagination est indispensable car il s'agit d'apprender ce qui est contradictoire, donc contraire &#224; la logique formelle, sans tomber pour autant dans l'agnosticisme (affirmation selon laquelle le monde est d&#233;finitivement incompr&#233;hensible &#224; l'entendement humain). Il s'agit d'int&#233;grer la philosophie dialectique &#224; l'ensemble de la science, des sciences physiques, chimiques, biologiques, humaines, sociologiques, historiques et pr&#233;historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination n'est que le contraire dialectique de la conscience et du rationnel et il ne s'agit donc pas de choisir entre les deux mais de les associer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination n'est nullement le contraire diam&#233;tral du mat&#233;rialisme, de la science, de l'exp&#233;rience, du raisonnement scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour construire une image scientifique du fonctionnement du monde, il ne suffit pas d'observer, d'exp&#233;rimenter, de calculer, de raisonner. Il faut imaginer une th&#233;orie qui colle avec tout cela et c'est souvent par une construction mentale compl&#232;tement int&#233;rieure, imagin&#233;e par le savant, que l'on y parvient. Mais la d&#233;marche scientifique n'en reste bien entendu pas &#224; cette premi&#232;re image, elle la v&#233;rifie ensuite par la coh&#233;rence avec la th&#233;orie, avec l'exp&#233;rience, avec le raisonnement. Seule la confrontation avec la r&#233;alit&#233; conclut sur la validit&#233; des th&#233;ories imagin&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e sans imagination est simple routine, r&#233;p&#233;tition de formules apprises, de connaissances reconnues mais sans se les assimiler personnellement, simple utilisation de m&#233;thodes toutes faites sans acquisition de leur compr&#233;hension personnelle, sans possibilit&#233; d'am&#233;liorer ou de transformer la th&#233;orie. Dans ce dernier but, il faut s'autoriser &#224; ne pas penser comme avant, pas comme tout le monde, pas en suivant le consensus des savants pr&#233;c&#233;dents, pas en ob&#233;issant aux autorit&#233;s. Il faut &#234;tre pr&#234;t &#224; heurter les apparences, &#224; aller en sens inverse du courant de pens&#233;e dominant, des v&#233;rit&#233;s reconnues jusque l&#224;, non pas pour se singulariser mais parce que des probl&#232;mes subsistent qui n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;solus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination, c'est quand le cerveau s'autorise &#224; aller hors des sentiers battus, &#224; faire des voyages a priori impossibles, &#224; concevoir des mondes illogiques en apparence. Toute la science a progress&#233; ainsi. Quand Einstein, pour ne prendre qu'un exemple, a affirm&#233; que la lumi&#232;re, ce sont des corpuscules (les photons), c'est un peu comme s'il avait dit qu'on va traverser la Terre en train en passant par le noyau. Cela ne paraissait pas plus vraisemblable. Tout le monde savait (toujours le consensus des savants) que la lumi&#232;re c'est des ondes, alors que la mati&#232;re ce sont des corpuscules ! C'&#233;tait purement imaginaire ! Et quand la physique quantique a conclu que mati&#232;re et lumi&#232;re &#233;taient &#224; la fois des ondes et des corpuscules, c'est un peu comme si elle avait dit que l'homme est &#224; la fois mort et vivant, &#224; la fois ici et ailleurs, &#224; la fois pr&#233;sent et absent, &#224; la fois tel homme et tel autre, &#224; la fois homme et femme, ce genre de choses assez inattendues, vous voyez&#8230; Il faut pas mal d'imagination pour accepter&#8230; les contradictions de la r&#233;alit&#233; afin de les concevoir par la pens&#233;e ! Et l'imagination n'est pas seulement art, po&#233;sie, peinture, r&#232;veries, mais aussi th&#233;orie, pens&#233;e et philosophie scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination est une fonction c&#233;r&#233;brale fondamentale de l'intelligence humaine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/sciences/cerveau-imagination-aphantasie-pourquoi-certaines-personnes-ne-peuvent-pas-generer-images-mentales-cerveau-memoire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/sciences/cerveau-imagination-aphantasie-pourquoi-certaines-personnes-ne-peuvent-pas-generer-images-mentales-cerveau-memoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://institutducerveau.org/actualites/imaginer-sans-images-mentales-enquete-sur-caracteristiques-personnes-aphantasiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://institutducerveau.org/actualites/imaginer-sans-images-mentales-enquete-sur-caracteristiques-personnes-aphantasiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part de l'inconscient et de l'irrationnel dans la formation de la pens&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique165&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique165&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#244;le de l'inhibition et de l'inconscient, de la logique et de l'absurde, du rationnel et de la fable dans la formation de l'intelligence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1528&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1528&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el et Rationnel, deux mondes ou un seul ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3035&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3035&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme ou l'esp&#232;ce fabulatrice ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5225&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nigme du r&#233;el&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5323&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5323&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique de la pens&#233;e humaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article9016&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article9016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sciences et imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3072&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3072&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fondateur de la pens&#233;e scientifique, Bacon, reconnaissait le r&#244;le de l'imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bacon divise ainsi le savoir humain selon les facult&#233;s de m&#233;moire, d'imagination et de raison&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6578&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6578&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6414&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6414&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article3770&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article3770&amp;_x_tr_sl=fr&amp;_x_tr_tl=en&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bacon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination a &#233;t&#233; donn&#233;e &#224; l'homme pour compenser ce qu'il n'est pas ; le sens de l'humour pour le consoler de ce qu'il est. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sont de mauvais explorateurs qui pensent qu'il n'y a pas de terre, alors qu'ils ne voient que la mer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut en tirer un autre argument d'espoir : certaines inventions d&#233;j&#224; connues sont telles qu'avant leur d&#233;couverte, il aurait &#233;t&#233; difficilement concevable ; elles auraient &#233;t&#233; tout simplement jug&#233;es impossibles. Car, lorsqu'ils conjecturent sur le futur, les hommes se basent sur le pass&#233; et imaginent le nouveau avec une imagination influenc&#233;e par le pass&#233; ; or, cette mani&#232;re de se forger une opinion est tr&#232;s erron&#233;e, car les sources de la nature ne coulent pas toujours dans leur lit originel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'entendement humain est touch&#233; par les choses qui le frappent et p&#233;n&#232;trent l'esprit simultan&#233;ment et soudainement, et qui emplissent ainsi l'imagination ; et alors il feint et suppose que toutes les autres choses sont d'une mani&#232;re ou d'une autre, bien qu'il ne puisse voir comment, semblables &#224; ces quelques choses qui l'entourent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; peut sans doute valoir une perle, qui brille de mille feux le jour ; mais elle n'atteindra jamais le prix d'un diamant ou d'un escarboucle, qui resplendissent sous diff&#233;rentes lumi&#232;res. Un soup&#231;on de mensonge procure toujours du plaisir. Quelqu'un doute-t-il que, si l'on &#244;tait aux hommes leurs vaines opinions, leurs espoirs illusoires, leurs estimations erron&#233;es, leurs imaginations d&#233;brid&#233;es et autres fantaisies, il ne resterait pas dans l'esprit de certains un esprit appauvri, empli de m&#233;lancolie et de malaise, et d&#233;plaisant &#224; eux-m&#234;mes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel et l'imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La v&#233;ritable conscience de soi comprend les moments de m&#233;moire, d'imagination et de raison. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6566&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article6566&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel : &#171; La pens&#233;e sp&#233;culative consiste seulement en ceci, que la pens&#233;e tient la Contradiction, et, dans la Contradiction, elle-m&#234;me, et non en ce qu'elle se laisse dominer par elle - comme il arrive &#224; l'imagination - ou laisse ses d&#233;terminations se r&#233;soudre en autre, ou en Rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7474&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7474&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme c'est souvent le cas, Hegel n'emploie pas le mot &#171; imagination &#187; au sens que tout le monde emploie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pens&#233;e sp&#233;culative consiste uniquement en ceci : la pens&#233;e s'accroche &#224; la Contradiction, et, dans la Contradiction, elle-m&#234;me, et non en ce qu'elle se laisse dominer par elle &#8211; comme cela arrive &#224; l'imagination &#8211; ou qu'elle laisse ses d&#233;terminations se r&#233;soudre en autre, ou en N&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel nous explique d'abord comment l'Imagination pense, et par Imagination (nous l'avons vue il y a quelques minutes), Hegel entend la pens&#233;e qui ne traite que de ce qui est familier. Remarquez le terme qu'il emploie : Imagination. &#192; premi&#232;re vue, cela semble incongru. Mais je pense qu'il veut l'opposer &#224; la m&#233;thode scientifique, &#224; l'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas :&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, bien que l'imagination ait partout la contradiction pour contenu, elle n'en prend jamais conscience ; elle reste un reflet ext&#233;rieur, qui passe de la ressemblance &#224; la dissemblance&#8230; Elle maintient ces deux d&#233;terminations ext&#233;rieures l'une &#224; l'autre et n'a &#224; l'esprit que celles-ci, et non leur transition, qui est la mati&#232;re essentielle et contient la contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination per&#231;oit une multitude de choses, les distinguant par leurs similitudes et leurs diff&#233;rences, une vari&#233;t&#233; infinie. La r&#233;flexion, la compr&#233;hension, les relie et r&#233;v&#232;le leurs contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est donc pas un d&#233;faut, une imperfection, une insuffisance qu'une chose rec&#232;le une contradiction. C'est l&#224; son essence m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la r&#233;flexion intelligente, si l'on peut dire, consiste &#224; comprendre et &#224; &#233;noncer la contradiction. Elle n'exprime pas le concept des choses et de leurs relations et ne dispose que de d&#233;terminations de l'imagination quant &#224; leur mati&#232;re et leur contenu ; mais elle les met n&#233;anmoins en relation, et cette relation contient leur contradiction, permettant ainsi &#224; leur concept de se manifester &#224; travers elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel maudit ceux pour qui l'id&#233;al r&#233;side dans leur propre imagination et leurs propres caprices. Comme il les d&#233;teste ! Pour lui, l'id&#233;e est si intimement li&#233;e au r&#233;el qu'on ne peut les dissocier. L'id&#233;al v&#233;ritable d'aujourd'hui est le r&#233;el de demain. Et c'est ainsi que se meuvent la vie et la logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1019&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article1019&amp;_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Breton&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination, c'est l'art de donner vie &#224; ce qui n'existe pas, de persuader les autres d'accepter un monde qui n'est pas vraiment l&#224;. Il n'est de plaisir qu'en imagination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ch&#232;re imagination, ce que j'aime surtout en toi, c'est que tu ne pardonnes pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imaginaire, c'est ce qui tend &#224; devenir r&#233;el. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'homme, ce r&#234;veur d&#233;finitif. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule imagination me rend compte de ce qui peut &#234;tre, et c'est assez pour lever un peu le terrible interdit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je crois &#224; la r&#233;solution future de ces deux &#233;tats, en apparence si contradictoires, que sont le r&#234;ve et la r&#233;alit&#233;, en une sorte de r&#233;alit&#233; absolue, de surr&#233;alit&#233;, si l'on peut ainsi dire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6589&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6589&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e humaine d&#233;passe-t-elle la nature, est-elle seulement son reflet, ou bien d&#233;pend-elle d'un monde diff&#233;rent, celui de l'esprit ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imagination et le r&#234;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5669&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5669&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2700&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2700&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humanit&#233;, ce peuple du r&#234;ve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3953&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3953&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diderot :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le po&#232;te a re&#231;u de la nature la qualit&#233; qui distingue l'homme de g&#233;nie : l'imagination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ai-je rencontr&#233; un beau trait, je me promets de leur (&#224; mes amis) en faire part. Ai-je sous les yeux quelque spectacle enchanteur, sans m'en apercevoir je m&#233;dite le r&#233;cit pour eux. Je leur ai consacr&#233; l'usage de tous mes sens et de toutes mes facult&#233;s ; et c'est peut-&#234;tre la raison pour laquelle tout s'exag&#232;re, tout s'enrichit un peu dans mon imagination et dans mon discours. Ils m'en font quelquefois un reproche ; les ingrats ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand on &#233;crit, faut-il tout &#233;crire ? Quand on peint, faut-il tout peindre ? De gr&#226;ce, laissez quelque chose &#224; suppl&#233;er par mon imagination ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La nuit met l'imagination en jeu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6977&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6977&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freud :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s tout, nous n'avons pas invent&#233; le symbolisme ; c'est une activit&#233; universelle et ancestrale de l'imagination humaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car il existe un chemin de retour de l'imagination &#224; la r&#233;alit&#233;, et ce chemin, c'est l'art. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#234;ve ne pense ni ne calcule ; d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale il ne juge pas : il se contente de transformer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je ne peux envisager sereinement une vie sans travail ; le travail et le libre jeu de l'imagination sont pour moi une seule et m&#234;me chose, je ne trouve de plaisir dans rien d'autre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6485&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6485&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6314&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1489&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1489&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1490&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1490&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Spinoza :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les imaginations de l'esprit indiquent plus les affects de notre Corps que la nature des corps ext&#233;rieurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esprit, autant qu'il le peut, s'efforce d'imaginer ce qui augmente ou aide la puissance d'agir du Corps. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous voyons donc que toutes les notions dont use ordinairement le vulgaire pour expliquer la nature ne sont que des mani&#232;res d'imaginer, et n'indiquent la nature d'aucune chose, mais seulement l'&#233;tat de l'imagination ; et puisqu'elles ont des noms qui se donnent pour ceux d'&#233;tants existant hors de l'imagination, je les appelle des &#233;tants non de raison, mais d'imagination. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Et ici, pour commencer &#224; indiquer ce qu'est l'erreur, je voudrais que vous notiez que les imaginations de l'Esprit consid&#233;r&#233;es en soi, ne contiennent pas d'erreur, autrement dit, que l'Esprit, s'il se trompe, ce n'est pas parce qu'il imagine, mais c'est seulement en tant qu'on le consid&#232;re manquer d'une id&#233;e qui exclue l'existence des choses qu'il imagine avoir en sa pr&#233;sence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esprit, autant qu'il le peut, s'efforce d'imaginer ce qui augmente ou aide la puissance d'agir du Corps &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1488&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1488&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/enseditions/8621?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/enseditions/8621?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La science, ce sont seulement des faits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3443&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre esp&#232;ce a besoin d'imagination&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1524&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1524&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Max Planck dans &#171; Initiations &#224; la Physique &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il serait ensens&#233; au plus haut point de s'imaginer que les lois concernant l'origine et l'&#233;volution des id&#233;es scientifiques pourront jamais se laisser r&#233;duire en formules exactes applicables &#224; la pr&#233;diction de l'avenir de la science. En derni&#232;re analyse, toute id&#233;e nouvelle proc&#232;de, en effet, de l'imagination cr&#233;atrice de son auteur ; c'est pourquoi toute recherche, m&#234;me en math&#233;matiques, la plus exacte pourtant de toutes les sciences, contient toujours quelque part un &#233;l&#233;ment irrationnel, cet &#233;l&#233;ment &#233;tant essentiellement inh&#233;rent &#224; la notion m&#234;me de personnalit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Einstein dans &#171; L'&#233;volution des ides en physique &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; D'autre part, il ne faudrait pas s'imaginer que, m&#234;me dans la plus exacte de toutes les sciences, on puisse faire des progr&#232;s en ses passant d'une conception g&#233;n&#233;rale de l'Univers, c'est-&#224;-dire en d&#233;finitive d'hypoth&#232;ses ind&#233;montrables. (...) Ce que l'on ne voit pas, c'est &#224; quel point la difficult&#233; pour faire progresser la science, c'est que le savant ait la t&#233;nacit&#233; de maintenir son point de vue. (...) Bien plus, l'aust&#232;re recherche de la science ne peut progresser que par le libre jeu de l'imagination. Qui ne peut, &#224; l'occasion, ne serait-ce qu'une fois, concevoir des choses apparemment contraires &#224; la loi causale, jamais n'enrichira la science d'une id&#233;e nouvelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Einstein :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination est plus importante que le savoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La logique vous m&#232;nera de A &#224; B. L'imagination vous emm&#232;nera partout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination est primordiale. Elle est un avant-go&#251;t des plaisirs &#224; venir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le don de l'imaginaire a compt&#233; davantage pour moi que mon talent pour absorber les connaissances positives. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En physique quantique, le probl&#232;me a &#233;t&#233; d'imaginer&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1999&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sciences, il faut aussi qu'intervienne l'imagination humaine, l'inconscient m&#234;me, le r&#234;ve. Les lois de Maxwell ne d&#233;coulent pas directement des observations ni des id&#233;es de ses pr&#233;d&#233;cesseurs mises bout &#224; bout, pas plus que les id&#233;es de Darwin, d'Einstein, de Planck, de Broglie, de Prigogine ou de Feynman, pour ne citer que ceux-l&#224;. Ce ne sont pas les seules connaissances qui les ont guid&#233;s mais ils ont construit des voies et moyens totalement novateurs, des nouvelles d&#233;marches, des nouvelles mani&#232;res de poser les probl&#232;mes, avant de demander aux observations si leurs th&#232;ses pouvaient se v&#233;rifier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, l'imagination humaine, l'invention, le r&#234;ve, l'innovation, l'inconscient comme le conscient, la cr&#233;ation, ce ne sont pas des qualit&#233;s des robots, des Big Data, de l'informatique. Demandez &#224; n'importe quelle machine : &#171; Vous r&#234;vez, que voyez-vous ? &#187;, il va r&#233;pondre en cherchant tout ce que d'autres &#234;tres humaines ont r&#234;v&#233; pr&#233;c&#233;demment et&#8230; c'est tout ! Et c'est bien peu s'agissant de r&#234;ver de nouvelles id&#233;es scientifiques&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le robot ne r&#234;ve pas, n'&#233;coute pas son inconscient, ne d&#233;veloppe pas son imagination, ne construit pas des sc&#233;narios virtuels de mani&#232;re non pilot&#233;e par le syst&#232;me central, contrairement &#224; l'homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chez l'homme, la conscience ne pilote pas tout. Le cerveau peut explorer des &#171; hypoth&#232;ses absurdes &#187;, contraires &#224; la logique, au bon sens et m&#234;me &#224; la raison, toutes les nuits d&#232;s qu'il r&#234;ve et m&#234;me le jour chez les humains particuli&#232;rement &#171; dans leur t&#234;te &#187;. Pas le robot ! Aucune sorte de robot et jamais !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4965&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4965&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le grand physicien Feynman : &#171; L'exp&#233;rience est le seul juge de la &#171; v&#233;rit&#233; &#187; scientifique. Mais quelle est la source de la connaissance ? D'o&#249; viennent les lois &#224; tester ? L'exp&#233;rience, elle-m&#234;me, aide &#224; produire ces lois, dans le sens o&#249; elle nous donne des indices. Mais il faut aussi de l'imagination pour cr&#233;er &#224; partir de ces indications les grandes g&#233;n&#233;ralisations : deviner les motifs merveilleux, simples, mais tr&#232;s &#233;tranges, puis exp&#233;rimenter pour v&#233;rifier &#224; nouveau si nous avons bien devin&#233;. Ce processus d'imagination est si difficile qu'il existe une division du travail en physique : il existe des physiciens th&#233;oriciens qui imaginent, d&#233;duisent, et devinent de nouvelles lois, mais n'exp&#233;rimentent pas ; et puis il y a des physiciens exp&#233;rimentaux qui exp&#233;rimentent, imaginent, d&#233;duisent et devinent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5072&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5072&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Feuerbach : &#171; Certes, les produits de l'imagination sont aussi ceux de la nature, car la puissance de l'imagination, pareille aux autres forces humaines, est en derni&#232;re analyse (zuletzt) par son essence m&#234;me et ses origines, une force de la nature ; l'homme est n&#233;anmoins un &#234;tre diff&#233;rent du soleil, de la lune et des &#233;toiles, des pierres, des animaux et des plantes, diff&#233;rent, en un mot, de tout ce qui est (Wesen) et &#224; quoi il applique le terme g&#233;n&#233;ral de nature. Les repr&#233;sentations (Bilder) que se fait l'homme du soleil, de la lune, des &#233;toiles et de tout ce qui est la nature (Naturwesen), sont donc aussi des produits de la nature, mais d'autres produits qui diff&#232;rent des objets qu'ils repr&#233;sentent. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Est ce qu'un homme n'est pas pour un autre, m&#234;me pour l'homme le plus proche, un objet d'imagination, un objet de repr&#233;sentation ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2773&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2773&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail humain de l'abstraction n&#233;cessite l'imagination&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2494&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2494&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ne voit sous yeux, m&#234;me lors de l'exp&#233;rience la plus ing&#233;nieuse et bien mont&#233;e, agir l'&#233;nergie cin&#233;tique ou le potentiel, ni m&#234;me la masse et la charge ! Ces param&#232;tres ne sont pas des faits, ne sont pas des objets naturels, ne sont pas des r&#233;sultats directs de l'observation mais des produits du raisonnement humain et d'abord des cr&#233;ations de l'imagination des hommes. S'ils sont aujourd'hui &#224; la rationalit&#233; de notre &#233;poque, ils ont &#224; un moment ou &#224; autre dus &#234;tre invent&#233;s, c'est-&#224;-dire se heurter &#224; la rationalit&#233; des hommes d'une &#233;poque pr&#233;c&#233;dente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de remarquer que la physique contemporaine donne comme fondement &#224; l'ensemble de l'univers mat&#233;riel l'espace vide qui pourtant n'est observ&#233; et connu que depuis un tout petit nombre d'ann&#233;es. Les th&#233;ories sur le vide sont encore plus r&#233;centes et encore peu connues, y compris de l'ensemble des physiciens qui ne travaillent pas pr&#233;cis&#233;ment dans ce domaine. C'est dire que le fondement des sciences lui-m&#234;me n'est pas si largement diffus&#233; que le ferait croire une image tr&#232;s rationaliste des sciences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte a besoin elle aussi de cette dimension irrationnelle de la pens&#233;e humaine, aussi bien pour proposer des solutions aux grands probl&#232;mes de sciences (les r&#233;ponses folles dont parlait Einstein) que pour fonder des concepts nouveaux dont on n'avait pas encore id&#233;e et qui ne peuvent na&#238;tre qu'&#224; l'aide de l'imagination humaine, l'observation et la mesure ne permettant de mesurer et d'observer que des choses que l'on a pr&#233;alablement imagin&#233; de mesurer et d'observer. Encore une fois, l'exp&#233;rience scientifique doit &#234;tre pens&#233;e avant d'&#234;tre r&#233;alis&#233;e et parfois m&#234;me le simple fait d'avoir &#233;t&#233; pens&#233;e donne une r&#233;ponse sans m&#234;me avoir r&#233;alis&#233; l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2832&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2832&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Feynman : &#171; Notre science demande des prodiges d'imagination. Le degr&#233; d'imagination n&#233;cessaire est bien plus &#233;lev&#233; que celui exig&#233; par certaines des id&#233;es anciennes. Les id&#233;es modernes sont bien plus difficiles &#224; imaginer. Et cependant nous nous servons d'un grand nombre d'outils. Nous nous servons d'&#233;quations et de r&#232;gles math&#233;matiques, et nous faisons beaucoup de dessins. Je r&#233;alise maintenant, qu'en parlant du champ &#233;lectromagn&#233;tique dans l'espace, je vois une sorte de superposition de tous les diagrammes que j'en ai toujours vus trac&#233;s. Je ne vois pas courir des faisceaux de lignes de champ, car cela m'inqui&#232;te de penser que si je courais &#224; une vitesse diff&#233;rente, ces faisceaux dispara&#238;traient&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le probl&#232;me de l'imagination en sciences est souvent incompris de ceux qui pratiquent d'autres disciplines. Ils essayent de mettre &#224; l'&#233;preuve notre imagination de la fa&#231;on suivante. Ils disent, &#171; voici un dessin de certaines personnes dans une certaine situation. Comment imaginez-vous ce qui va se produire ensuite ? &#187; Quand nous disons, &#171; je ne peux pas imaginer &#187;, ils peuvent penser que nous avons une bien faible imagination. Ils n&#233;gligent le fait que tout ce qui nous est permis d'imaginer en sciences doit &#234;tre compatible avec tout le reste de nos connaissances, que les champs &#233;lectriques et les ondes dont nous parlons ne sont pas simplement d'heureuses id&#233;es que nous sommes libres d'inventer, mais des id&#233;es qui doivent &#234;tre compatibles avec toutes les lois connues de la physique. Nous ne pouvons nous laisser &#224; imaginer s&#233;rieusement des choses qui sont de toute &#233;vidence en contradiction avec les lois connues de la nature. C'est ainsi que notre type d'imagination est un jeu bien difficile. On doit avoir de l'imagination pour penser &#224; quelque chose qui n'a jamais &#233;t&#233; vu avant, jamais entendu avant. Mais en m&#234;me temps, ces pens&#233;es sont restreintes dans un corset rigide, pour ainsi dire, et limit&#233;es par les conditions qui r&#233;sultent de notre connaissance de la nature telle qu'elle est r&#233;ellement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me de la cr&#233;ation de quelque chose de neuf, mais compatible avec tout ce qui est d&#233;j&#224; connu, est d'une extr&#234;me difficult&#233;&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Lee Smolin : &#171; La science a besoin de visionnaires. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3850&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3850&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Einstein : &#171; L'importante invention du champ &#233;lectromagn&#233;tique fait son apparition. Il fallait une imagination scientifique hardie pour r&#233;aliser pleinement que ce n'est pas le comportement des corps, mais le comportement de quelque chose qui se trouve entre eux, c'est-&#224;-dire le champ, qui pourrait &#234;tre essentiel pour ordonner et comprendre les &#233;v&#233;nements...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image repr&#233;sentative physique doit, a priori, satisfaire &#224; la condition, impos&#233;e par la logique, d'&#234;tre exempte de contradiction interne entre ses diverses parties. Une fois cette condition remplie, toute libert&#233; est laiss&#233;e &#224; l'artisan dans son travail descriptif. Il jouit d'une autonomie compl&#232;te et il n'a besoin d'imposer aucune contrainte &#224; son imagination. Ceci ne va pas, bien entendu, sans entra&#238;ner une forte dose d'arbitraire et d'incertitude ; c'est pourquoi la t&#226;che du physicien est beaucoup plus difficile qu'il ne pourrait le para&#238;tre au premier abord &#224; des esprits simplistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le libre pouvoir sp&#233;culatif du savant s'introduit d&#233;j&#224;, d&#232;s sa premi&#232;re d&#233;marche qui consiste &#224; int&#233;grer dans le domaine d'une loi uniquele r&#233;sultat de mesures qui lui sont donn&#233;es s&#233;par&#233;ment et sans coordination. Cette t&#226;che est analogue &#224; celle qui consiste &#224; relier par une courbe un certain nombre de points isol&#233;s et l'on sait qu'il existe une infinit&#233; de courbes passant par chacun de ces points. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le physicien Max Planck : &#171; Nous sommes donc en pr&#233;sence d'une d&#233;marche intellectuelle, pour laquelle aucune logique n'est suffisante. S'il veut l'accomplir avec succ&#232;s, le physicien devra poss&#233;der deux qualit&#233;s : une connaissance approfondie de son sujet et une imagination cr&#233;atrice puissante. Il lui faut, en effet : premi&#232;rement, &#234;tre familier avec toutes sortes de mesures et, secondement, avoir une acuit&#233; intellectuelle suffisante pour rapprocher deux mesures diff&#233;rentes sous un point de vue commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute hypoth&#232;se f&#233;conde surgit de la combinaison de deux repr&#233;sentations sensibles, de nature diff&#233;rente. L'histoire nous offre de nombreux exemples de ces rapprochements : c'est d'abord Archim&#232;de rapprochant la perte de poids de la couronne d'or du tyran de Syracuse quand elle &#233;tait immerg&#233;e. C'est Newton, rapprochant la chute d'une pomme du mouvement de la Lune autour de la Terre. Plus tard, c'est Einstein, rapprochant le mouvement d'un corps soumis &#224; la gravitation, situ&#233; dans une enceinte en &#233;tat de repos, d'un corps soumis &#224; la gravitation, situ&#233; dans une enceinte en &#233;tat de repos, d'un corps &#233;chappant &#224; la gravitation et se trouvant dans une enceinte qui se d&#233;place vers le haut avec un mouvement acc&#233;l&#233;r&#233;. Enfin Bohr rapprocha le mouvement d'un &#233;lectron autour d'un noyau atomique du mouvement des plan&#232;tes autour du soleil. Il serait int&#233;ressant de suivre, &#224; propos de chaque hypoth&#232;se importante de la physique, le d&#233;tail des rapprochements d'id&#233;es auxquels elles ont d&#251; leur naissance&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a un fait tr&#232;s remarquable qui n'est pas sans rapport avec cet &#233;tat de choses : c'est que le progr&#232;s de la physique n'est pas une &#233;volution continue au cours de laquelle nos connaissances s'approfondiraient et s'affineraient peu &#224; peu ; il a au contraire un caract&#232;re discontinu et, en quelque sorte, explosif.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'apparition de chaque hypoth&#232;se nouvelle provoque comme une &#233;ruption subite ; elle est un saut dans l'inconnu, inexplicable logiquement. Ensuite sonne l'heure d'une th&#233;orie nouvelle qui, une fois venue au monde, se d&#233;veloppe d'une fa&#231;on continue ; mais toujours, en subissant plus ou moins des contraintes ext&#233;rieures, son sort &#233;tant, en fin de compte, r&#233;gl&#233; par les mesures. Tant que ces derni&#232;res lui demeurent favorables, l'hypoth&#232;se jouit d'une consid&#233;ration de plus en plus g&#233;n&#233;rale ; mais des difficult&#233;s viennent-elles &#224; surgir quelque part &#224; propos de l'interpr&#233;tation du r&#233;sultat de mesures, les doutes, les critiques et la m&#233;fiance ne tardent pas &#224; s'&#233;lever de toutes parts&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; ce que l'on soutient volontiers dans certains milieux de physiciens, il n'est pas exact que l'on ne puisse utiliser, pour l'&#233;laboration d'une hypoth&#232;se que des notions dont le sens puisse, a priori, &#234;tre d&#233;fini par des mesures, c'est-&#224;-dire, ind&#233;pendamment de toute th&#233;orie. En effet, premi&#232;rement, toute hypoth&#232;se, en tant que partie constituante de l'image repr&#233;sentative de l'univers, est un produit de la sp&#233;culation libre de l'esprit humain et, secondairement, il n'y a absolument aucune grandeur qui puisse &#234;tre mesur&#233;e directement. Une mesure ne re&#231;oit, au contraire, son sens physique qu'en vertu d'une interpr&#233;tation qui est le fait de la th&#233;orie&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jamais des mesures ne pourront confirmer ni infirmer directement une hypoth&#232;se, elles pourront seulement en faire ressortir la convenance plus ou moins grande. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5085&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment Voltaire se repr&#233;sente l'imagination&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/IMAGINATION,_IMAGINER&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Encyclop%C3%A9die/1re_%C3%A9dition/IMAGINATION,_IMAGINER&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une tentative de d&#233;finition&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Cours_de_philosophie/Le%C3%A7on_XXVI._L%27imagination&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Cours_de_philosophie/Le%C3%A7on_XXVI._L%27imagination&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaston Bachelard est le plus grand philosophe scientifique de l'imagination :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mani&#232;re dont on imagine est souvent plus instructive que ce qu'on imagine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination n'est pas, comme le sugg&#232;re l'&#233;tymologie, la facult&#233; de former des images de la r&#233;alit&#233; ; elle est la facult&#233; de former des images qui d&#233;passent la r&#233;alit&#233;, qui chantent la r&#233;alit&#233;. Elle est une facult&#233; de surhumanit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De notre point de vue tr&#232;s particulier, l'habitude est l'exacte antith&#232;se de l'imagination cr&#233;atrice. L'image habituelle arr&#234;te les forces imaginantes. L'image apprise dans les livres, surveill&#233;e et critiqu&#233;e par les professeurs, bloque l'imagination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination trouve plus de r&#233;alit&#233; &#224; ce qui cache qu'&#224; ce qui se montre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Imaginer, c'est hausser le r&#233;el d'un ton. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; N'imagine pas qui veut ! Il ne s'agit pas d'imaginer n'importe quoi. La r&#233;volution euphorique se trouve au contraire devant cette t&#226;che difficile qu'est l'unit&#233; d'imagination. Pour gagner cette unit&#233; d'imagination, pour avoir le sch&#232;me dynamique directeur du bonheur, il faut donc revenir &#224; l'un des grands principes de l'imagination mat&#233;rielle. Ce n'est pas l&#224; une condition suffisante du bonheur, mais c'est une condition n&#233;cessaire. L'on ne peut &#234;tre heureux avec une imagination divis&#233;e. La sublimation &#8212; t&#226;che positive de l'imagination &#8212; ne peut &#234;tre occasionnelle, h&#233;t&#233;roclite, scintillante. Un principe de calme doit venir aur&#233;oler toutes les passions, m&#234;me les passions de la force. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'imagination cr&#233;atrice a de tout autres fonctions que celles de l'imagination reproductrice. &#192; elle appartient cette fonction de ['irr&#233;el qui est psychiquement aussi utile que la fonction du r&#233;el si souvent &#233;voqu&#233;e par les psychologues pour caract&#233;riser l'adaptation d'un esprit &#224; une r&#233;alit&#233; estampill&#233;e par les valeurs sociales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikiquote.org/wiki/Imagination&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikiquote.org/wiki/Imagination&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, cit&#233; par Ren&#233; Crevel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si l'homme &#233;tait priv&#233; de sa facult&#233; de r&#234;ver, s'il ne pouvait parfois courir en avant et contempler par l'imagination l'&#339;uvre compl&#232;te qui commence &#224; se former sous ses mains, comment pourrait-il entreprendre et mener &#224; leur fin lointaine la vastitude &#233;puisante de ses travaux ? R&#234;vons, mais &#224; la condition de croire s&#233;rieusement en notre r&#234;ve, d'examiner attentivement la vie r&#233;elle, de confronter nos observations avec notre r&#234;ve, de r&#233;aliser scrupuleusement notre fantaisie. Il faut r&#234;ver. Et cette sorte de r&#234;ve est malheureusement trop rare dans notre mouvement par le fait de ceux-l&#224; m&#234;mes qui s'enorgueillissent le plus de leur bon sens et de leur exacte approximation des choses concr&#232;tes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le r&#233;sultat auquel le travail aboutit, pr&#233;existe id&#233;alement dans l'imagination du travailleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand une id&#233;e s'empare des masses, elle devient force mat&#233;rielle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une araign&#233;e fait des op&#233;rations qui ressemblent &#224; celles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules de cire l'habilet&#233; de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue d&#232;s l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa t&#234;te avant de la construire dans la ruche. Le r&#233;sultat auquel le travail aboutit, pr&#233;existe id&#233;alement dans l'imagination du travailleur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les contes r&#233;els ont la m&#234;me existence que les dieux imaginaires. Un conte r&#233;el existe-t-il autrement que dans l'imagination, ne serait-ce que dans l'imagination commune de l'homme ? Apportez du papier-monnaie dans un pays o&#249; cet usage est inconnu, et tous se moqueront de votre imagination subjective. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pr&#233;misses &#224; partir desquelles nous partons ne sont ni arbitraires, ni dogmatiques, mais des pr&#233;misses r&#233;elles dont l'abstraction ne peut se faire que par l'imagination. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;surrection des morts, dans ces r&#233;volutions, servit par cons&#233;quent &#224; magnifier les nouvelles luttes, non &#224; parodier les anciennes, &#224; exag&#233;rer dans l'imagination la t&#226;che &#224; accomplir, non &#224; se soustraire &#224; leur solution en se r&#233;fugiant dans la r&#233;alit&#233;, &#224; retrouver l'esprit de la r&#233;volution et non &#224; &#233;voquer de nouveau son spectre&#8230; La r&#233;volution sociale du XIX&#176; si&#232;cle ne peut pas tirer sa po&#233;sie du pass&#233;, mais seulement de l'avenir. Elle ne peut pas commencer avec elle-m&#234;me avant d'avoir liquid&#233; compl&#232;tement toute superstition &#224; l'&#233;gard du pass&#233;. Les r&#233;volutions ant&#233;rieures avaient besoin de r&#233;miniscences historiques pour se dissimuler &#224; elles-m&#234;mes leur propre contenu. La r&#233;volution du XIX&#176; si&#232;cle doit laisser les morts enterrer leurs morts pour r&#233;aliser son propre objet. Autrefois, la phrase d&#233;bordait le contenu, maintenant, c'est le contenu qui d&#233;borde la phrase. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1851/12/brum3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imagination et r&#234;ve&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5669&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5669&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Art et sciences&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3984&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3984&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Univers, c'est la lutte dialectique des contraires interd&#233;pendants</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9546</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9546</guid>
		<dc:date>2026-05-16T22:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Univers, c'est la lutte dialectique des contraires interd&#233;pendants &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;raclite : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De la vie na&#238;t la mort, de la mort na&#238;t la vie ; de la jeunesse la vieillesse, de la vieillesse la jeunesse ; de la veille le r&#234;ve et du r&#234;ve la veille. Le flux de cr&#233;ation et de destruction ne s'arr&#234;te jamais &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce qui est froid se r&#233;chauffe, ce qui est chaud se refroidit, ce qui est humide s&#232;che et ce qui est sec devient humide &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-m&#234;me peut (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique9" rel="directory"&gt;Chapter 07 : Dynamical contradictions - Des contradictions dynamiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'Univers, c'est la lutte dialectique des contraires interd&#233;pendants&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De la vie na&#238;t la mort, de la mort na&#238;t la vie ; de la jeunesse la vieillesse, de la vieillesse la jeunesse ; de la veille le r&#234;ve et du r&#234;ve la veille. Le flux de cr&#233;ation et de destruction ne s'arr&#234;te jamais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui est froid se r&#233;chauffe, ce qui est chaud se refroidit, ce qui est humide s&#232;che et ce qui est sec devient humide &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-m&#234;me peut s'accorder. L'harmonie du monde existe par tensions oppos&#233;es, comme pour la lyre et pour l'arc &#187;[&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Platon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Chaque chose r&#233;sulte de cette logique, les oppos&#233;s proviennent de leurs propres oppos&#233;s &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Maintenant, ne borne pas ton enqu&#234;te aux hommes, si tu veux d&#233;couvrir plus ais&#233;ment la v&#233;rit&#233; ; &#233;tend la &#224; tous les animaux et aux plantes, bref &#224; tout ce qui a naissance et voyons, en consid&#233;rant tout cela, s'il est vrai qu'aucune chose ne saurait na&#238;tre que de son contraire, quand elle a un contraire. &#171; (&#8230;) Voyons donc si c'est une n&#233;cessit&#233; que tout ce qui a un contraire ne naisse d'aucune autre chose que de contraire. (&#8230;) Autre question : n'y a-t-il pas entre tous ces couples de contraires une double naissance, l'une qui tire l'un des deux contraires de l'autre, et l'autre qui tire celui-ci du premier ? (&#8230;) N'en est-il pas de m&#234;me de ce que nous appelons se d&#233;composer et se combiner, se refroidir et s'&#233;chauffer, et ainsi de tout ? Et si parfois les mots nous font d&#233;faut pour le d&#233;crire, en fait du moins, c'est toujours une n&#233;cessit&#233; qu'il en soit ainsi, que les contraires naissent les uns des autres et qu'il y ait g&#233;n&#233;ration de l'un des deux &#224; l'autre. (&#8230;) N'admet-tu pas que le contraire de la vie, ce soit la mort ? (&#8230;) Et qu'elles naissent l'une de l'autre ? (&#8230;) Si en effet les naissance ne s'&#233;quilibraient pas d'un contraire &#224; l'autre, et tournaient pour ainsi dire en cercle, si au contraire elles se faisaient en ligne droite et uniquement d'un contraire &#224; celui qui lui fait face, si elles ne revenaient pas vers l'autre et ne prenaient pas le sens inverse, tu te rends bien compte qu'&#224; la fin toutes les choses auraient la m&#234;me figure et tomberaient dans le m&#234;me &#233;tat et que la g&#233;n&#233;ration s'arr&#234;terait. (&#8230;) Si, par exemple, l'assoupissement existait seul, sans avoir pour lui faire &#233;quilibre le r&#233;veil n&#233; du sommeil, tu te rend compte (&#8230;) que tout le monde serait endormi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Seule la dialectique a cette puissance d'atteindre l'ultime r&#233;alit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Etablir une fronti&#232;re, c'est toujours la franchir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis ce combat, je ne suis pas un des termes engag&#233;s dans le conflit, mais je suis les deux combattants et le combat lui m&#234;me, je suis le feu et l'eau, qui entrent en contact et le contact est l'unit&#233; de ce qui absolument se fuit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La dialectique dite objective r&#232;gne dans toute la nature et la dialectique subjective, la pens&#233;e dialectique, ne fait que refl&#233;ter le r&#232;gne de la nature enti&#232;re, du mouvement par opposition des contraires qui, par leur conflit constant et par leur conversion finale l'un en l'autre ou en des formes sup&#233;rieures, conditionnent pr&#233;cis&#233;ment la vie de la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La seule chose n&#233;cessaire pour obtenir la progression scientifique, et vers la compr&#233;hension de laquelle il faut essentiellement s'efforcer, - c'est la connaissance de cette proposition logique : le n&#233;gatif est &#233;galement positif, ce qui est contredit ne se r&#233;sout pas en z&#233;ro, en n&#233;ant abstrait, mais essentiellement en la n&#233;gation de son contenu particulier (&#8230;) Elle est un concept nouveau, mais plus &#233;lev&#233;, plus riche que le pr&#233;c&#233;dent, car elle s'est enrichie de sa n&#233;gation, autrement dit de son oppos&#233; ; elle le contient donc, mais aussi plus que lui, elle est l'unit&#233; d'elle-m&#234;me et de son oppos&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'unicit&#233; et la contradiction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les contraires se combattent mais coop&#232;rent dans une m&#234;me unit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule cellule vivante mais deux ADN (celui du noyau et celui des mitochondries)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul cerveau mais deux h&#233;misph&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul monde mat&#233;riel mais de deux sortes (lumi&#232;re et mati&#232;re ou bosons et fermions)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un univers mais deux forces primordiales (rayonnement et gravitation) d&#233;crites par deux physiques (quantique et relativit&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule mati&#232;re mais deux images (ondes et corpuscules)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul monde capitaliste mais deux classes primordiales (capitalistes et prol&#233;taires)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule g&#233;n&#233;tique mais pilot&#233;e aussi par l'&#233;pig&#233;n&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une esp&#232;ce mais contenant en son sein des capacit&#233;s de mutations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;canisme de l'h&#233;r&#233;dit&#233; mais deux sexes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi de la relativit&#233; mais un espace et un temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conscience humaine mais &#224; la fois le conscient et l'inconscient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;canisme de la vie cellulaire mais qui fait collaborer la vie et la mort (suicide cellulaire)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mode de transformation (mais deux niveaux : quantit&#233; et qualit&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde mais &#224; la fois le vide quantique et la mati&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Univers, c'est la lutte dialectique de la concentration et de l'expansion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4557&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4557&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le couplage de la relativit&#233; et de la quantique, produit de la r&#233;troaction de l'expansion de l'espace et de la cr&#233;ation-annihilation de mati&#232;re au sein du vide quantique et relativiste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3698&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3698&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trous noirs et dialectique de l'expansion et de la contraction de la mati&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8621&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8621&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#233;toiles aux trous noirs, c'est la lutte du rayonnement et de la gravitation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/astronomie-mecanismes-stellaires-16/page/2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/sciences/dossiers/astronomie-mecanismes-stellaires-16/page/2/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.polytechnique.edu/actualites/gravitation-et-rayonnement-des-nouvelles-du-bord&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.polytechnique.edu/actualites/gravitation-et-rayonnement-des-nouvelles-du-bord&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3321&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3321&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la gravitation l'emporte, l'&#233;toile est en formation. Quand la pr&#233;-&#233;toile atteint un niveau de concentration qui permet le d&#233;but des explosions nucl&#233;aires et les 12 millions de degr&#233;s, l'&#233;toile d&#233;marre et &#233;quilibre &#224; peu pr&#232;s rayonnement et gravitation. Quand le rayonnement s'&#233;puise, la gravitation peut l'emporter brutalement donnant une naine, une &#233;toile &#224; neutrons, une supernovae, une &#233;toile noire ou un trou noir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4411&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4411&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4416&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4416&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://astronomia.fr/4eme_partie/evolution.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://astronomia.fr/4eme_partie/evolution.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/astrophysique/les-trous-noirs-detrones-par-les-etoiles-noires-3901.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/astrophysique/les-trous-noirs-detrones-par-les-etoiles-noires-3901.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'univers mat&#233;riel, c'est la lutte dialectique des contraires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5017&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1695&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1695&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article29&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article29&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.org/spip.php?article2188&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.org/spip.php?article2188&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.org/spip.php?article4203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.org/spip.php?article4203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.org/spip.php?article7111&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.org/spip.php?article7111&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2233&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ubiquit&#233; quantique est un effet de la dialectique des contraires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4287&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4287&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectique de la mati&#232;re et du vide quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7828&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7666&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7666&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1324&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1324&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article441&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article441&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article39&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article39&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article46&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article46&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique entre &#233;lectricit&#233; et magn&#233;tisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ph&#233;nom&#232;nes physiques que nous observons commun&#233;ment sont fond&#233;s sur des contradictions qui fondent la dynamique et la stabilit&#233; de l'objet d'observation et sont &#224; la fois constructrices et destructrices, &#224; la fois stables et instables, continues et discontinues. Les contraires y sont indispensables &#224; l'existence des objets, comme la gravitation et l'&#233;nergie nucl&#233;aire sont deux forces oppos&#233;es au sein de l'&#233;toile et qui fondent son &#233;quilibre, l'une rayonnant vers l'ext&#233;rieur pendant que l'autre produit la concentration vers l'int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4293&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4293&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commun des &#234;tres humains ignore que l'&#233;toile est dialectique tout autant que le proton lui-m&#234;me. La plupart des gens raisonnent &#224; partir de la philosophie du bon sens : le vide n'est pas mati&#232;re et la mati&#232;re n'est pas vide. La mati&#232;re n'est pas la lumi&#232;re et la lumi&#232;re n'est pas la mati&#232;re. Un proton n'est pas un neutron, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bon sens affirme que les masses s'additionnent, que la mati&#232;re ne se perd pas, qu'elle ne dispara&#238;t jamais, que l'&#233;nergie ne dispara&#238;t jamais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;toile prouve exactement le contraire. Le point de vue du bon sens sur l'&#233;toile est de penser qu'elle ne fait que consommer de l'&#233;nergie en br&#251;lant de la mati&#232;re. Mais, si les &#233;toiles &#233;taient fond&#233;es sur une telle &#233;nergie chimique, elles seraient &#233;teintes en moins de temps qu'il en faut pour le dire !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3321&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3321&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dialectique d'H&#233;raclite</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9484</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9484</guid>
		<dc:date>2026-05-01T22:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;H&#233;raclite disait : &#171; On ne se baigne jamais dans le m&#234;me fleuve &#187;, &#171; Il faut conna&#238;tre que toutes choses naissent selon discorde et n&#233;cessit&#233;. &#187; et &#171; Les contraires s'accordent. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;raclite, pr&#233;sent&#233; comme un dialecticien abstrait, a surtout analys&#233; des ph&#233;nom&#232;nes concrets dans lesquels on trouve en m&#234;me temps deux forces contradictoires, comme dans les sels formant dans les eaux des cristaux les effets contraires de la dissolution et de la cristallisation. C'est de l&#224; qu'il tirait son &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;H&#233;raclite disait : &#171; On ne se baigne jamais dans le m&#234;me fleuve &#187;, &#171; Il faut conna&#238;tre que toutes choses naissent selon discorde et n&#233;cessit&#233;. &#187; et &#171; Les contraires s'accordent. &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite, pr&#233;sent&#233; comme un dialecticien abstrait, a surtout analys&#233; des ph&#233;nom&#232;nes concrets dans lesquels on trouve en m&#234;me temps deux forces contradictoires, comme dans les sels formant dans les eaux des cristaux les effets contraires de la dissolution et de la cristallisation. C'est de l&#224; qu'il tirait son &#171; la nature se r&#233;jouit des contraires, elle sait en tirer l'harmonie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son seul ouvrage connu (m&#234;me si on n'en a que des bribes ou des citations par d'autres auteurs) est &#171; De la nature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour H&#233;raclite, c'est une vision fausse des choses qui efface la dialectique r&#233;elle : &#171; La route montante ou descendante est la m&#234;me. C'est notre parcours qui s&#233;pare et oppose les deux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite voit des contradictions dialectiques entre le mortel et l'immortel, entre l'&#234;tre et le non-&#234;tre, entre le jour et la nuit, entre la terre et le feu, on dira aujourd'hui entre la mati&#232;re et l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la discorde qui produit toutes les choses. &#187; affirme H&#233;raclite cit&#233; par Aristote &lt;br class='autobr' /&gt;
dans &#171; Ethique &#224; Nicomaque &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dialectique d'H&#233;raclite est reprise par Socrate : &#171; Aucune chose ne pourrait na&#238;tre que de son contraire. (&#8230;) De tout ce que nous appelons se d&#233;composer, se combiner, se refroidir et se r&#233;chauffer, c'est toujours une n&#233;cessit&#233; que les contraires naissent les uns des autres. (&#8230;) le contraire de la vie, c'est la mort. Et elles naissent l'une de l'autre. (&#8230;) Les contraires abstraits s'excluent les uns les autres, mais toutes les choses contiennent toujours les contraires de ces choses-l&#224;, contraire qui est en elles, les am&#232;ne &#224; p&#233;rir ou &#224; c&#233;der la place. &#187; affirme Socrate cit&#233; par Platon dans &#171; Ph&#233;don &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Platon &#233;crit dans le Cratyle : &#171; H&#233;raclite dit quelque part que tout passe et rien ne demeure, et, comparant les choses au courant d'un fleuve, il ajoute qu'on ne saurait entrer deux fois dans le m&#234;me fleuve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ne comprennent pas comment ce qui lutte avec soi-m&#234;me peut s'accorder. L'harmonie du monde est par tensions oppos&#233;es, comme la lyre et l'arc. (...) Le conflit est le p&#232;re de toutes choses, roi de toutes choses. (...) Une route vers le haut et une vers le bas. (...) Les immortels sont mortels et les mortels immortels ; la vie des uns est la mort des autres, la mort des uns la vie des autres. &#187; affirmait le philosophe grec de l'Antiquit&#233;, H&#233;raclite, cit&#233; par Hippolyte dans &#171; R&#233;futation de toutes les h&#233;r&#233;sies &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour H&#233;raclite, la dialectique des oppos&#233;s est la source m&#234;me du changement et du mouvement de la mati&#232;re, de toute la nature comme de la soci&#233;t&#233; humaine. Et ce n'est pas tout : H&#233;raclite explique la mati&#232;re par son caract&#232;re intimement dialectique : un compos&#233; contradictoire de mati&#232;re inerte et de mouvement, ce dernier qu'il appelle &#171; le feu &#187; et que les scientifiques modernes appelleront l'&#233;nergie. Pour H&#233;raclite, dialecticien sans pareil, ces deux notions s'opposent et se composent en m&#234;me temps : pas de mati&#232;re sans &#233;nergie et pas d'&#233;nergie sans mati&#232;re. Et cependant, la mati&#232;re r&#233;siste au mouvement (c'est la masse inerte) et le mouvement s'exerce pour forcer cette masse &#224; se d&#233;placer. C'est la pens&#233;e d'H&#233;raclite qui a inspir&#233; Parm&#233;nide et Z&#233;non pour d&#233;velopper l'id&#233;e de l'unit&#233; du monde contre tous ceux qui pr&#233;tendaient le diviser en parties s&#233;par&#233;es, en domaines qui ne se m&#234;laient nullement, comme ils s&#233;paraient et opposaient, diam&#233;tralement et non dialectiquement, mati&#232;re et vide ou mati&#232;re et &#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup de chapeau &#224; H&#233;raclite pour avoir transform&#233; radicalement le sujet m&#234;me du d&#233;bat sur ce qu'est le monde en introduisant la notion du &#171; devenir &#187; et montrant que c'est cette notion qui &#233;tait au centre de l'&#233;tude du monde. Pour H&#233;raclite, tout est sans cesse en devenir et c'est le d&#233;veloppement dynamique qui explique l'existence m&#234;me de l'univers. Et il trouve la source de cette dynamique dans le d&#233;veloppement des contradictions dialectiques, un combat incessant dont les guerriers sont des forces oppos&#233;es de la nature, se contredisant sans cesse mais, en m&#234;me temps, faisant de leurs heurts un syst&#232;me unique qui contient en m&#234;me temps ces forces contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite : &#171; Il faut conna&#238;tre que toutes choses naissent selon discorde et n&#233;cessit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Physique donne raison &#224; H&#233;raclite&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le physicien quantique Werner Heisenberg dans &#171; Physique et r&#233;alit&#233; &#187; &#233;crit que &#171; La physique moderne est &#224; un certain point tr&#232;s proche des doctrines d'H&#233;raclite. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le physicien Simon Diner dans &#171; Les voies du chaos dans l'&#233;cole russe &#187;, tir&#233; de l'ouvrage collectif &#171; Chaos et d&#233;terminisme &#187;, travail dirig&#233; par Dahan Dalmedico :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans les oscillations non-lin&#233;aires, l'ordre et le d&#233;sordre se c&#244;toient, se relaient, se confortent, voil&#224; la surprise. (&#8230;) C'est l'instauration d'une v&#233;ritable conception dialectique de l'ordre et du d&#233;sordre qui n'a pas fini de nous &#233;tonner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que prolonge Dahan Dalmedico dans &#171; Retour sur l'histoire de la philosophie &#187; du m&#234;me ouvrage :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'&#233;tude des syst&#232;mes dynamiques chaotiques exige une v&#233;ritable dialectique entre l'instabilit&#233; d'un syst&#232;me dynamique chaotique et sa stabilit&#233; structurelle. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article659&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4957&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2340&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2340&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article44&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article567&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2453&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5053&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Citations d'H&#233;raclite :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce monde, aucun dieu ni aucun homme ne l'a cr&#233;&#233;, mais il fut, il est et il sera un feu &#233;ternellement vivant qui s'allume et qui s'&#233;teint selon des lois. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rien n'est permanent sauf le changement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ne se baigne jamais dans le m&#234;me fleuve. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les contraires s'accordent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le Soleil est nouveau tous les jours. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les hommes dans leur sommeil travaillent au devenir du monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le rien existe aussi bien que le quelque chose. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les hommes &#233;veill&#233;s n'ont qu'un monde, mais les hommes endormis ont chacun leur monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le plus bel arrangement est semblable &#224; un tas d'ordures rassembl&#233;es au hasard. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les hommes se livrent &#224; des myst&#232;res qui n'ont rien de sacr&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; S'il n'y avait pas d'injustice, on ignorerait jusqu'au mot de justice. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la maladie qui rend agr&#233;able et bonne la sant&#233;, la faim la sati&#233;t&#233;, la fatigue le repos. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui est taill&#233; en sens contraire s'assemble ; de ce qui diff&#232;re na&#238;t la plus belle harmonie ; tout devient par discorde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La mer, eau la plus pure et la plus impure : pour les poissons elle est bonne &#224; boire et cause de vie, pour les hommes imbuvable et cause de mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ceux-l&#224; adressent leurs pri&#232;res &#224; des images, et ils ne savent m&#234;me pas si ce sont des dieux ou des h&#233;ros (des humains mortels). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Adresser des pri&#232;res &#224; des images, sans savoir ce que sont les dieux et les h&#233;ros, autant vaut parler &#224; des pierres ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le monde n'a &#233;t&#233; fait ni par un des dieux, ni par un des hommes ; il a toujours &#233;t&#233;, il est et il sera ; c'est le feu toujours vivant qui s'allume r&#233;guli&#232;rement et qui s'&#233;teint r&#233;guli&#232;rement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Mariages des contraires : le tout et le non-tout, le convergent et le divergent, l'assonant et le dissonant, de toutes choses l'un et de l'un toutes choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Ce monde a toujours &#233;t&#233; et il est et il sera un feu toujours vivant, s'alimentant avec mesure et s'&#233;teignant avec mesure. Ce feu se transforme en se rar&#233;fiant ou en devenant plus dense, suivant des fluctuations p&#233;riodiques qui suivent le destin. Ainsi le monde est-il &#233;ternel, mais cr&#233;&#233; et d&#233;truit selon un retour &#233;ternel. C'est ce cycle perp&#233;tuel d'ascension et de descentes qui entretient le monde., &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'arc de la lyre est vie, l'arc de la fl&#232;che est mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ils ne comprennent pas comme ce qui est diff&#233;rent est homologue &#224; soi-m&#234;me : l'accord de tension inverse comme dans l'arc et la lyre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Citation de Philon sur H&#233;raclite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Car l'un est ce qui se compose de deux contraires, de sorte qu'une fois coup&#233; en deux, ces contraires apparaissent. N'est-ce pas ce principe que d'apr&#232;s les Hell&#232;nes, leur grand et c&#233;l&#232;bre H&#233;raclite pla&#231;ait en t&#234;te de sa philosophie et dont il s'enorgueillissait comme d'une d&#233;couverte nouvelle ? (...) De la m&#234;me fa&#231;on les parties de l'univers sont oppos&#233;es en deux et oppos&#233;es r&#233;ciproquement : la terre &#8212; en montagne et en plaine, l'eau - en douce et en sal&#233;e ... de la m&#234;me fa&#231;on l'atmosph&#232;re en hiver et en &#233;t&#233; et aussi en printemps et automne). &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ce qui est contraire est utile ; ce qui lutte forme la plus belle harmonie ; tout se fait par discorde. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Joignez ce qui est complet et ce qui ne l'est pas, ce qui concorde et ce qui discorde, ce qui est en harmonie et en d&#233;saccord ; de toutes choses une et d'une, toutes choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore Philon sur H&#233;raclite : &#171; Car l'un est ce qui se compose de deux contraires, de sorte qu'une fois coup&#233; en deux, ces contraires apparaissent. N'est-ce pas ce principe que d'apr&#232;s les Hell&#232;nes, leur grand et c&#233;l&#232;bre H&#233;raclite pla&#231;ait en t&#234;te de sa philosophie et dont il s'enorgueillissait comme d'une d&#233;couverte nouvelle ? (...) De la m&#234;me fa&#231;on les parties de l'univers sont oppos&#233;es en deux et oppos&#233;es r&#233;ciproquement : la terre &#8212; en montagne et en plaine, l'eau - en douce et en sal&#233;e ... de la m&#234;me fa&#231;on l'atmosph&#232;re en hiver et en &#233;t&#233; et aussi en printemps et automne) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;raclite rapport&#233; par Aristote dans &#034;Ethique &#224; Nicomaque&#034; et dans &#034;Trait&#233; du monde&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; On ne peut entrer deux fois dans le m&#234;me fleuve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxe d'H&#233;raclite : &#171; Il y a deux fois plus de nombres entiers que de nombres pairs et il y a autant de nombres entiers que de nombres pairs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel &#233;crit : &#171; La philosophie d'H&#233;raclite, le &#171; Philosophe noir &#187;, a &#233;t&#233; engendr&#233;e par la r&#233;action de l'aristocratie contre les aspirations r&#233;volutionnaires du prol&#233;tariat grec. Selon cette philosophie, l'&#233;galit&#233; universelle est impossible, car la nature elle-m&#234;me a rendu les hommes in&#233;gaux. Chaque homme devrait se contenter de son sort. Ce n'est pas le renversement de l'ordre existant qui devrait &#234;tre aspir&#233; dans l'&#201;tat, mais l'&#233;limination de l'usage arbitraire du pouvoir, qui est possible &#224; la fois sous le r&#233;gime de quelques - uns et sous le r&#233;gime des masses. Le pouvoir devrait appartenir &#224; la loi, qui est une expression de la loi divine. La loi divine n'interdit pas l'unit&#233;, mais l'unit&#233; qui est en accord avec celle-ci est une unit&#233; d'oppos&#233;s. La mise en &#339;uvre des plans de X&#233;nophane serait une violation de la loi divine. En d&#233;veloppant et en &#233;tayant cette id&#233;e, H&#233;raclite a cr&#233;&#233; sa doctrine dialectique de Devenir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5572&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5572&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'antith&#232;se de la pens&#233;e d'H&#233;raclite est celle d'Aristote&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aristote :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les contraires ne peuvent actuellement co&#239;ncider en un m&#234;me sujet. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la th&#232;se anti-dialectique par excellence !&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote affirme le principe de la continuit&#233; du monde, fond&#233; sur la continuit&#233; divine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'un est le continu. (...) Telles sont les diff&#233;rentes significations de l'Un : le continu naturel, le tout, l'individu et l'universel. (...) Est contigu tout ce qui, &#233;tant cons&#233;cutif, est en contact (...) On dit qu'il y a continuit&#233; quand les limites par lesquelles deux choses se touchent, et se continuent, deviennent une seule et m&#234;me limite. (...) Si les points sont susceptibles d'&#234;tre en contact, les unit&#233;s ne le sont pas : il n'y a, pour elles, que la succession ; enfin il existe un interm&#233;diaire entre deux points, mais non entre deux unit&#233;s. (...) Il est impossible que le mouvement ait commenc&#233; ou qu'il finisse, car il est, disons-nous, &#233;ternel. Et il en est de m&#234;me pour le temps, car il ne pourrait y avoir ni l'avant ni l'apr&#232;s si le temps n'existait pas. Le mouvement est, par suite, continu, lui aussi de la m&#234;me fa&#231;on que le temps, puisque le temps est lui-m&#234;me, ou identique au mouvement, ou une d&#233;termination du mouvement. (...) Aussi appelons-nous DIEU un vivant &#233;ternel rayon parfait ; la vie et la dur&#233;e continue et &#233;ternelle appartiennent donc &#224; DIEU, car c'est m&#234;me cela qui est DIEU. (...) On pourrait se poser encore la difficult&#233; suivante. Etant donn&#233; qu'il n'y a pas de contact dans le nombres, mais simple cons&#233;cution, est-ce les unit&#233;s entre lesquelles il n'existe pas d'interm&#233;diaire (...) Les m&#234;mes difficult&#233;s se pr&#233;sentent pour (...) la ligne, la surface et le solide (...) La m&#234;me question pourrait se poser au sujet du point. (...) Ces points ne viennent certes pas d'un certain intervalle. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La M&#233;taphysique &#187; d'Aristote est une charge contre les dialecticiens :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il y a, dans les &#234;tres, un principe au sujet duquel on ne peut pas se tromper (...) : c'est qu'il n'est pas possible que la m&#234;me chose, en un seul et m&#234;me temps, soit et ne soit pas, et il e est de m&#234;me pour tout couple semblable d'oppos&#233;s. (...) On ne peut donc pas &#234;tre dans la v&#233;rit&#233; en adoptant les doctrines d'H&#233;raclite ou celles d'Anaxagore ; sans quoi il s'ensuivrait que les contraires sont affirm&#233;s du m&#234;me sujet. (...) Les arguments d'H&#233;raclite les persuad&#232;rent que toutes les choses sensibles sont dans un flux perp&#233;tuel. (...) Il n'y a pas de science de ce qui est en perp&#233;tuel &#233;coulement. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Une proposition dialectique est une question face &#224; laquelle il est possible de r&#233;pondre par oui ou par non. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans &#171; Les topiques &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous en avons assez dit pour &#233;tablir que la plus ferme de toutes les croyances, c'est que les propositions oppos&#233;es ne sont pas vraies en m&#234;me temps (&#8230;). Mais, puisqu'il est impossible que les contradictoires soient vraies, en m&#234;me temps, du m&#234;me sujet, il est &#233;vident qu'il n'est pas possible non plus que les contraires coexistent dans le m&#234;me sujet. En effet, des deux contraires l'un est privation non moins que contraire, &#224; savoir privation de l'essence ; or la privation est une n&#233;gation de quelque chose dans un genre d&#233;termin&#233;. Si donc il est impossible que l'affirmation et la n&#233;gation soient vraies en m&#234;me temps, il est impossible aussi que les contraires coexistent dans le m&#234;me sujet, &#224; moins qu'ils ne soient affirm&#233;s, l'un et l'autre, d'une certaine mani&#232;re, ou encore que l'un ne soit affirm&#233; que d'une certaine mani&#232;re, et l'autre, absolument. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans &#171; M&#233;taphysique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si la v&#233;rit&#233; n'est pas autre chose que d'affirmer le vrai et de nier le faux, il est d&#232;s lors impossible que tout soit faux, puisqu'il y a n&#233;cessit&#233; absolue pour que l'une des deux parties de la contradiction soit vraie. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans M&#233;taphysique&lt;br class='autobr' /&gt;
La continuit&#233; &#224; laquelle Aristote tient en premier est le mouvement et la relation de cause &#224; effet : &#171; Dans l'ordre du temps, un acte est toujours pr&#233;existant &#224; un autre acte. (...) Ce qui constitue l'unit&#233; de tous les &#234;tres, c'est l'indivisibilit&#233; du mouvement. (...) Le mouvement local continu est le mouvement circulaire. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il combat toute forme de mat&#233;rialisme :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'Intelligence supr&#234;me se pense donc elle-m&#234;me&#8230; et sa Pens&#233;e est pens&#233;e de pens&#233;e. &#187; (M&#233;taphysique)&lt;br class='autobr' /&gt;
Et son mode de pens&#233;e est la logique formelle :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Par d&#233;monstration j'entends le syllogisme scientifique, et j'appelle scientifique un syllogisme dont la possession m&#234;me constitue pour nous la science. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aristote, Organon&lt;br class='autobr' /&gt;
Principe de non contradiction, principe du tiers exclus, d&#233;veloppement de la logique formelle, dieu comme r&#233;alit&#233; fondamentale, le bonhaur par la vie contemplative, la morale de l'ob&#233;issance aux int&#233;r&#234;ts de la cit&#233;, et de celle-ci aux int&#233;r&#234;ts des classes dirigeantes, voil&#224; quelques uns des principes id&#233;ologiques de base d'Aristote !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Aristote, le mode de raisonnement et de r&#233;flexion par excellence est le sillogisme. C'est le mod&#232;le du raisonnement math&#233;matique qui le fonde, avec des d&#233;finitions, des axiomes, des cons&#233;quences logiques, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote est un adversaire de la dialectique, celle d'H&#233;raclite comme celle de Socrate et m&#234;me de Platon.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ainsi que nous l'avons dit, il y a des philosophes qui pr&#233;tendent qu'il est possible que la m&#234;me chose soit et ne soit pas, et que l'esprit peut avoir la pens&#233;e simultan&#233;e des contraires. Bon nombre de Physiciens aussi admettent cette possibilit&#233;. Mais, quant &#224; nous, nous affirmons qu'il ne se peut jamais qu'en m&#234;me temps une m&#234;me chose soit et ne soit pas ; et c'est en vertu de cette conviction que nous avons d&#233;clar&#233; ce principe le plus incontestable de tous les principes. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans &#171; M&#233;taphysique &#187; (Livre IV)&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;marche d'Aristote est classificatrice ce qui signifie qu'elle estime comme point essentiel de ranger chaque chose dans sa cat&#233;gorie&#8230; Par exemple, il s'agit de ranger les animaux en genres et en esp&#232;ces. Classifier, c'est regrouper et aussi opposer. Par exemple opposer le mouvement et le repos, l'animal et la plante, l'homme et la nature, la terre et le ciel, etc. Il oppose &#233;galement mat&#233;riel et immat&#233;riel :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; [&#8230;] s'il n'y avait pas d'autre substance que celles qui sont constitu&#233;es par la nature, la physique serait science premi&#232;re. Mais s'il existe une substance immobile, la science de cette substance doit &#234;tre ant&#233;rieure et doit &#234;tre la philosophie premi&#232;re &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette derni&#232;re affirmation pose donc comme apriori un dualisme : d'un c&#244;t&#233; la physique et de l'autre la m&#233;taphysique&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est sa mani&#232;re de s'opposer en m&#234;me temps &#224; l'id&#233;alisme de Platon et au mat&#233;rialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Puisqu'en effet parmi les &#234;tres les uns sont &#233;ternels et divins tandis que les autres peuvent aussi bien exister ou non et participent au pire comme du meilleur ; comme l'&#226;me est meilleure que le corps mat&#233;riel, l'anim&#233; meilleur que l'inanim&#233; parce qu'il a une &#226;me, comme &#234;tre est meilleur que ne pas &#234;tre et vivre que ne pas vivre, pour toutes ces raisons il y a g&#233;n&#233;ration des animaux. Puisqu'il est impossible que la nature de ce genre d'&#234;tre soit &#233;ternelle, c'est seulement dans une certaine mesure que ce qui na&#238;t est &#233;ternel. Individuellement, il ne le peut pas. Mais il peut l'&#234;tre du point de vue de l'esp&#232;ce. Voil&#224; pourquoi il existe perp&#233;tuellement un genre des hommes, des animaux, des v&#233;g&#233;taux.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, &#171; G&#233;n&#233;ration des animaux &#187;, II,1,731b)&lt;br class='autobr' /&gt;
Opposition diam&#233;trale de l'&#226;me et du corps :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Voici par contre une absurdit&#233; qu'on rel&#232;ve dans la plupart des doctrines sur l'&#226;me. On rattache l'&#226;me &#224; un corps et on l'introduit en lui, sans aucunement d&#233;finir la cause de cette union ni l'&#233;tat du corps en question. Il semblerait pourtant que ce f&#251;t indispensable. C'est en effet gr&#226;ce &#224; un &#233;l&#233;ment commun qu'un terme agit en quelque mani&#232;re et que l'autre p&#226;tit, que l'un est m&#251; et que l'autre meut, et aucun de ces rapports mutuels ne s'&#233;tablit entre des termes pris au hasard. Or nos th&#233;oriciens s'efforcent seulement de d&#233;terminer quelle sorte d'&#234;tre est l'&#226;me, mais pour le corps qui doit la recevoir ils n'apportent plus aucune d&#233;termination ; comme s'il se ne pouvait, conform&#233;ment aux mythes pythagoriciens, que n'importe quelle &#226;me p&#233;n&#232;tre dans n'importe quel corps ! (opinion absurde), car il semble que chaque corps poss&#232;de une forme et une figure particuli&#232;res. Leur th&#233;orie revient donc &#224; peu pr&#232;s &#224; dire que l'art du charpentier descend dans les fl&#251;tes. Il faut en effet que l'art se serve de ses instruments, et l'&#226;me de son corps. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; De l'&#226;me &#187; - Aristote&lt;br class='autobr' /&gt;
L'opposition entre l'homme est l'animal est souvent affirm&#233;e : &#171; Le rire est le propre de l'homme. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'homme est le seul animal qui ait la facult&#233; de rire &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, &#171; Parties des animaux &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le but de la science pour Aristote n'est pas de transformer le monde mais de le contempler&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Car le principe num&#233;ro un d'Aristote est que le monde est bien fait : &#171; La nature ne fait rien en vain ni rien de superflu &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'essentiel de la philosophie pour Aristote est le divin et la morale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au plan politique et social, Aristote est un d&#233;fenseur de l'ordre &#233;tabli, notamment du r&#233;gime politique et du syst&#232;me d'esclavage.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il est &#233;vident qu'il y a par nature des gens qui sont libres, d'autres qui sont esclaves et que, pour ces derniers, demeurer dans l'esclavage est &#224; la fois bienfaisant et juste. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(Aristote, &#034;La Politique&#034;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ainsi, l'homme libre commande &#224; l'esclave tout autrement que l'&#233;poux &#224; la femme, et le p&#232;re, &#224; l'enfant ; et pourtant les &#233;l&#233;ments essentiels de l'&#226;me existent dans tous ces &#234;tres ; mais ils y sont &#224; des degr&#233;s bien divers. L'esclave est absolument priv&#233; de volont&#233; ; la femme en a une, mais en sous-ordre ; l'enfant n'en a qu'une incompl&#232;te. &#187; (Aristote, dans &#171; La Politique &#187;)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Ceux qui sont aussi &#233;loign&#233;s des hommes libres que le corps l'est de l'&#226;me, ou la b&#234;te de l'homme (et sont ainsi faits ceux dont l'activit&#233; consiste &#224; se servir de leur corps, et dont c'est le meilleur parti qu'on puisse tirer), ceux-l&#224; sont par nature des esclaves ; et pour eux, &#234;tre command&#233;s par un ma&#238;tre est une bonne chose, si ce que nous avons dit plus haut est vrai. Est en effet esclave par nature celui qui est destin&#233; &#224; &#234;tre &#224; un autre. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote, dans &#171; La Politique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il place dans une classe inf&#233;rieure les laboureurs, artisans, commer&#231;ants, marins ou p&#234;cheurs, et tous &#171; les gens de fortune trop m&#233;diocre pour vivre sans travailler &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour qu'il puisse s'&#233;panouir, il faut que la cit&#233; soit bien gouvern&#233;e. Une cit&#233; heureuse est celle qui est r&#233;gie par une bonne constitution, &#171; la constitution &#233;tant d&#233;finie par l'organisation des diff&#233;rentes magistratures&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Aristote, la Cit&#233; n'est pas une construction artificielle et arbitraire des hommes, mais au contraire un &#234;tre &#034;naturel&#034;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Aristote, la stabilit&#233; est l'essentielle et elle est obtenue par le &#171; bon gouvernement &#187; et par la bonne constitution mais aussi par une base solide fond&#233;e sur une classe moyenne nombreuse et prosp&#232;re. &#171; Il est donc clair aussi que la meilleure communaut&#233; politique est celle qui est constitu&#233;e par des gens moyens, et que les cit&#233;s qui peuvent &#234;tre bien gouvern&#233;es sont celles dans lesquelles la classe moyenne est nombreuse et au mieux plus forte que les deux autres, ou au moins que l'une des deux, car son concours fait pencher la balance et emp&#234;che les exc&#232;s contraires. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le physicien Max Planck dans &#171; Initiation &#224; la physique &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'adversaire classique des discontinuit&#233;s est Aristote. Il affirme nettement que la nature ne fait pas de bonds. Il se fait ouvertement le d&#233;fenseur de la classe dirigeante et de l'ordre social, dans son ouvrage &#171; Politique &#187;. Il a fait ce choix en connaissance de cause puisque les philosophes grecques avaient pos&#233; ce probl&#232;me avant m&#234;me qu'Aristote ne d&#233;bute son &#339;uvre. Z&#233;non d'El&#233;e notamment avait d&#233;velopp&#233; ses &#034;paradoxes&#034; qui montraient les contradictions de la conception du temps et de l'espace continus. Comme le montraient les prises de positions r&#233;volutionnaires des partisans de la discontinuit&#233; comme Z&#233;non ou Socrate, la question d&#233;passait celle de l'examen de la nature. Dans la soci&#233;t&#233; ath&#233;nienne menac&#233;e par la r&#233;volution sociale, la question de la discontinuit&#233; d&#233;passait d&#233;j&#224; une simple question de sciences et de philosophie. Elle devenait une question politique. Les condamnations &#224; mort de Z&#233;non et de Socrate le montrent pleinement. Philosophie du discontinu signifiait d&#233;j&#224; conception r&#233;volutionnaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
En fait l'affirmation fameuse d'Aristote est bien plus philosophique que scientifique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Qu'il faille que les gouvern&#233;s diff&#232;rent des gouvernants, c'est incontestable. &#187; (dans &#171; Politique &#187; d'Aristote)&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote n'a pas trop d'id&#233;e sur la mani&#232;re dont est faite la nature mais il en a plein sur la mani&#232;re de conserver la soci&#233;t&#233; et de pr&#233;server les classes dirigeantes, et c'est ce qui lui d&#233;termine sa philosophie, laquelle d&#233;termine sa conception de la nature et notamment du changement et du mouvement. Et les classes dirigeantes qu'Aristote d&#233;fendait avaient d'abord &#171; horreur du vide &#187; politique et &#233;tatique qui pouvait se produire dans les transitions entre deux formes de soci&#233;t&#233;s fr&#233;quentes dans les villes grecques de l'&#233;poque&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Aristote assimilait la nature &#224; des lois fig&#233;es, justifiant ainsi un ordre social fixe dans lequel l'esclavage serait naturel. Un objet au repos semblait ne se mouvoir que du fait d'une force ext&#233;rieure. L'existence d'une agitation spontan&#233;e de la mati&#232;re restait insoup&#231;onn&#233;e et celle d'une agitation du vide &#233;tait inconnue. On sait aujourd'hui que la mati&#232;re et le vide sont toujours agit&#233;s sans subir aucune action ext&#233;rieure.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Pour Aristote, la nature est une activit&#233; ad&#233;quate &#224; une fin &#187; dit Hegel dans sa Pr&#233;face &#224; &#171; La ph&#233;nom&#233;nologie de l'esprit &#187;. Eh oui, bien des gens croient encore que les plumes, c'est pour voler, les jambes c'est pour marcher et le cerveau c'est pour penser. Et on continue &#224; questionner le z&#232;bre : les rayures c'est POUR quoi ? La r&#233;ponse de la science n'est pas de donner un but mais un fonctionnement du vivant. Par exemple en disant que le z&#232;bre est un cheval noir, les bandes blanches correspondant &#224; des inhibitions de couleur, comme pour la ventre de la plupart des animaux. &#171; Aristote fut pendant longtemps responsable d'une autre grave m&#233;prise. Il avait admis que l'&#233;tat de repos d'un corps &#8211; celui qu'il conserve lorsqu'aucune influence ne s'exerce sur lui &#8211; est l'arr&#234;t. S'il bouge, c'est qu'il subit une force. &#187; rappelle Albert Jacquard dans &#171; La l&#233;gende de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qui &#233;tait H&#233;raclite ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclite&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9raclite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des films aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=rbgWLqDwEjs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=rbgWLqDwEjs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=i2mKSUxz-bM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=i2mKSUxz-bM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fragments de la philosophie d'H&#233;raclite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://palimpsestes.fr/morale/heraclite_fragments.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://palimpsestes.fr/morale/heraclite_fragments.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que dit Diog&#232;ne La&#235;rte d'H&#233;raclite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/9heraclite1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/laerce/9heraclite1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce que dit Lucien d'H&#233;raclite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SECTES A L'ENCAN&lt;br class='autobr' /&gt;
De Lucien de Samosate (120-180)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons, toi, dispose les si&#232;ges, pr&#233;pare la salle pour les arrivants : toi, fais ranger par ordre les diff&#233;rentes sectes ; mais aie soin d'abord de les parer, afin qu'elles aient bonne mine et attirent beaucoup d'acheteurs. Toi, Mercure, fais l'office de crieur, appelle les chalands, et qu'une bonne chance les fasse arriver au march&#233; ! Nous allons vendre &#224; la cri&#233;e des sectes philosophiques de tout genre et de toute esp&#232;ce. Ceux qui ne pourront pas payer comptant, payeront l'ann&#233;e prochaine, en donnant caution.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
La foule arrive : il ne faut pas tarder, ni les faire attendre davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien, vendons !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui veux-tu que nous mettions le premier en vente ?&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet Ionien aux longs cheveux ; il m'a l'air d'un homme respectable.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233; ! le Pythagoricien, descends et fais-toi voir par ceux qui sont ici r&#233;unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons, mets en cri&#233;e !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vends la vie parfaite, la vie sainte et v&#233;n&#233;rable. Qui est-ce qui ach&#232;te ? Qui veut &#234;tre au-dessus de l'homme ? Qui veut conna&#238;tre l'harmonie de l'univers, et revivre apr&#232;s sa mort ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'a pas mauvais air : que sait-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arithm&#233;tique, l'astronomie, la magie, la g&#233;om&#233;trie, la musique, la fourberie. Tu vois l&#224; un excellent devin.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-il permis de l'interroger ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Interroge, et bonne chance !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; es-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
De Samos.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; as-tu &#233;t&#233; instruit ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
En &#201;gypte, chez les sages du pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyons, si je t'ach&#232;te, que m'enseigneras-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne t'enseignerai rien ; je te ferai ressouvenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment me feras-tu ressouvenir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE. En purifiant d'abord ton &#226;me, et en la nettoyant de ses ordures.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! imagine qu'elle est purifi&#233;e ; comment me donneras-tu la r&#233;miniscence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
En commen&#231;ant par t'imposer un calme parfait, le mutisme absolu de cinq ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Va-t'en, mon cher, instruire le fils de Cr&#233;sus : je veux &#234;tre un homme qui parle, et non une statue. Mais enfin, apr&#232;s ce silence de cinq ans, que ferai-je ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu t'exerceras &#224; la musique et &#224; la g&#233;om&#233;trie.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es charmant ; il faut commencer par &#234;tre musicien pour devenir sage.&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite tu apprendras &#224; compter.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais compter.&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment comptes-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Un, deux, trois, quatre.&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Attention ! ce que tu crois &#234;tre quatre, c'est dix, c'est le triangle parfait, c'est notre serment !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en jure par quatre, le grand serment, je n'ai jamais ou&#239; langage plus divin et plus sacr&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, &#233;tranger, tu sauras ce que c'est que la terre, l'air, l'eau et le feu ; quelle est leur forme, leur mouvement naturel, et comment ils se meuvent.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi ! le feu, l'air et l'eau ont donc une forme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Certainement, et tr&#232;s visible ; autrement, sans forme et sans apparence, ils ne pourraient pas se mouvoir. De plus, tu sauras que la divinit&#233; est un nombre et une harmonie.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voila qui est &#233;tonnant.&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quand je t'aurai expliqu&#233; tout cela, tu sauras que tu n'es pas un, comme tu le penses, mais un autre que celui que tu crois &#234;tre et que tu parais.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu l&#224; ? Je suis un autre, et ce n'est pas moi-m&#234;me qui converse avec toi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Actuellement c'est toi-m&#234;me, mais autrefois tu as paru dans un autre corps et sous un autre nom : par la suite, tu passeras encore dans un autre &#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu veux dire que je serai immortel, passant ainsi de forme en forme ? Mais en voil&#224; assez sur ce propos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Passons &#224; ta mani&#232;re de vivre : quelle est-elle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne mange rien qui ait eu vie ; tout le reste m'est permis, sauf les f&#232;ves.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi cela ? ne les aimes-tu pas ?&lt;br class='autobr' /&gt;
PYTHAGORE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je les aime ; mais elles sont sacr&#233;es, et leur nature est merveilleuse. Et d'abord elles sont toute g&#233;n&#233;ration. &#212;te la peau &#224; des f&#232;ves vertes, tu verras qu'elles ressemblent beaucoup aux testicules de l'homme : fais-les cuire et expose-les pendant un certain nombre de nuits aux rayons de la lune, elles donneront du sang. Mais ma plus forte raison, c'est que les Ath&#233;niens s'en servent pour &#233;lire leurs magistrats.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu parles bien, et comme un oracle ; mais &#244;te ta robe, je veux te voir nu. Par Hercule ! il a une cuisse d'or : c'est un dieu : il n'a rien d'un homme : il faut absolument que je l'ach&#232;te. Quelle est la mise &#224; prix ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Dix mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Les voici. Je le prends &#224; ce compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le nom de l'acheteur et sa patrie ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est, je pense, quelque Italien, Jupiter ; un habitant de Crotone, de Tarente ou de la Grande-Gr&#232;ce. Mais il n'est pas seul, ils sont au moins trois cents qui l'ont achet&#233; en commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'ils l'emm&#232;nent, et qu'on leur en fasse voir un autre !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Veux-tu cet homme malpropre, n&#233; dans le Pont ?&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Justement.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233; ! l'homme &#224; la besace et &#224; la tunique sans manches, viens ici, fais le tour de la salle ! A vendre une vie m&#226;le et courageuse, une vie libre ! Qui est-ce qui ach&#232;te ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu, crieur ? Tu vends une vie libre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui...&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu ne crains pas qu'il ne t'accuse de commerce frauduleux, et qu'il ne te cite devant l'Ar&#233;opage ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Il se soucie peu d'&#234;tre mis en vente : il n'en pense pas moins &#234;tre libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
A quoi peut servir un &#234;tre aussi crasseux, aussi mis&#233;rablement v&#234;tu ? On n'en peut faire qu'un terrassier ou un porteur d'eau.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, mais, autre chose encore : fais-en un portier, il te gardera mieux qu'un chien : d'ailleurs il est d&#233;j&#224; chien par son nom...&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quelle est sa patrie, sa profession ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Interroge-le toi-m&#234;me : c'est ce qu'il y a de mieux&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai peur, &#224; voir cette figure sombre et farouche, qu'il n'aboie apr&#232;s moi, si je l'approche, et, ma foi, qu'il ne me morde. Ne vois-tu pas comme il l&#232;ve son b&#226;ton, fronce les sourcils, et lance des regards mena&#231;ants et furieux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
N'aie pas peur ; il est apprivois&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, mon ami, dis-moi d'o&#249; tu es.&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE. De partout.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que veux-tu dire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vois un citoyen du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui donc imites-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Hercule.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi, alors, n'es-tu pas v&#234;tu de la peau de lion ? Ton b&#226;ton te donne d&#233;j&#224; un air de ressemblance.&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma peau de lion, c'est ce manteau : comme Hercule je fais la guerre aux volupt&#233;s, non par ordre, mais de moi-m&#234;me ; j'ai entrepris de nettoyer la vie humaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Belle entreprise ! Mais en quoi donc es-tu le plus habile ? quel est ton m&#233;tier ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis lib&#233;rateur des hommes et m&#233;decin des passions ; en un mot, je veux &#234;tre l'interpr&#232;te de la v&#233;rit&#233; et de la franchise.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
A merveille, mon cher interpr&#232;te ! Si je t'ach&#232;te, comment m'instruiras-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
En te prenant pour disciple, je commencerai par te d&#233;pouiller de ton bien-&#234;tre, je t'enfermerai dans l'indigence, je te rev&#234;tirai d'un manteau : ensuite je te forcerai &#224; peiner et &#224; travailler, dormant par terre, buvant de l'eau, ne mangeant que ce qui te tombera sous la main. Si tu as des richesses, fid&#232;le &#224; mes le&#231;ons, tu les jetteras dans la mer ; tu ne te soucieras plus de femme, d'enfants, de patrie : tout cela pour toi ne sera que fadaises. Tu abandonneras la maison paternelle, pour habiter un tombeau, quelque tour abandonn&#233;e, ou bien un tonneau. Tu auras une besace pleine de lupins, de livres &#233;crits sur les deux pages, et dans cette condition, tu te vanteras d'&#234;tre plus heureux que le grand roi. Si l'on te donne des coups de fouet, si l'on te met &#224; la question, tu ne croiras pas que ce soit un mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu l&#224; ? Je n'&#233;prouverai point de douleur si l'on me fouette ? Je n'ai pas une carapace de tortue ou de crabe.&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu suivras la maxime d'Euripide, avec une l&#233;g&#232;re variante.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Laquelle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#226;me pourra souffrir, mais la langue, non pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici maintenant les qualit&#233;s que je veux te voir acqu&#233;rir. Sois d'abord effront&#233;, impudent, insolent avec tout le monde, rois et particuliers : cela te fera regarder et passer pour un homme de c&#339;ur. Que ton langage soit barbare, ta voix rauque et semblable &#224; celle d'un chien ; que ta mine soit renfrogn&#233;e, et ta d&#233;marche r&#233;pondant &#224; ta mine ; en un mot, que tout, chez toi, soit farouche et sauvage. Loin de toi la pudeur, la douceur, la mod&#233;ration ! Efface de ton front toute rougeur de honte ; recherche les endroits les plus populeux ; et l&#224; , seul, au milieu de la foule, ne te lie avec personne ; fuis toute esp&#232;ce d'h&#244;te ou d'ami : les liens de soci&#233;t&#233; sont la mort de ton empire. Fais hardiment, aux yeux de tous, ce qu'on rougirait de faire tout seul : affecte en amour les postures les plus risibles. Enfin, quand tu le voudras, mange un polype cru ou une s&#233;pia, et meurs. Voil&#224; le bonheur que nous vous promettons.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Fi donc ! Tout cela est hideux et indigne d'un homme.&lt;br class='autobr' /&gt;
DIOG&#200;NE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est du moins bien ais&#233;, mon cher, et facile &#224; mettre en pratique : tu n'auras pas besoin, pour cela, d'instruction, de livres et autres sornettes ; tu arriveras, par le plus court chemin &#224; la gloire. Et, quand tu serais un homme ordinaire, un savetier, un marchand de chair sal&#233;e, un charpentier ou un publicain, rien ne t'emp&#234;chera de devenir un grand personnage, pour peu que tu aies de l'impudence, de l'audace et la langue affil&#233;e, pour l'insulte.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai pas besoin de toi pour cela. Cependant tu, pourrais peut-&#234;tre me servir, &#224; l'occasion, de matelot ou de jardinier ; et si le crieur consent &#224; te donner pour deux oboles, au plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Prends-le pour cette somme. Nous ne sommes pas f&#226;ch&#233;s de nous en d&#233;barrasser ; c'est un braillard, qui insulte tout le monde &#224; chaque instant, et qui n'a que de vilains mots &#224; la bouche.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
A un autre ! Appelle ce Cyr&#233;n&#233;en, v&#234;tu de pourpre et couronn&#233; de fleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons ! attention, tout le monde ! C'est un article magnifique, et qui demande un riche acheteur. C'est la vie suave, la vie trois fois heureuse ! Qui est-ce qui veut de la Volupt&#233; ? Qui est-ce qui ach&#232;te cet &#234;tre d&#233;licat ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Viens ici, et dis-nous ce que tu sais faire. Je t'ach&#232;terai, si tu peux m'&#234;tre utile.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne l'importune pas, mon cher ; ne lui demande rien : il est ivre, et ne pourrait pas r&#233;pondre : tu vois comme il b&#233;gaye !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors, quel homme de bon sens voudrait acheter un esclave si corrompu, si d&#233;prav&#233; ? Comme il exhale une odeur de parfums ! Comme sa marche est chancelante et mal assur&#233;e ! Mais toi, Mercure, dis-moi quels sont ses talents, ce qu'il sait faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE. Une seule chose : il est bon convive, sachant boire en compagnie, et festiner avec une joueuse de fl&#251;te, chez un ma&#238;tre amoureux et d&#233;bauch&#233;. Il sait, en outre, parfaitement faire les g&#226;teaux ; c'est un cuisinier fort habile. Enfin, il est pass&#233; ma&#238;tre en fait de volupt&#233;s. &#201;lev&#233; &#224; Ath&#232;nes, il a servi en Sicile les tyrans, qui l'ont tenu en grande estime. Le point sommaire de sa philosophie, c'est de m&#233;priser toutes choses, d'user de tout, et de chercher en tout le plaisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es libre de jeter les yeux sur d'autres acheteurs, riches et opulents ; pour moi, je ne suis pas en &#233;tat d'acheter sa joyeuse vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-l&#224;, Jupiter, me fait l'effet de ne pas trouver d'acqu&#233;reur, et de nous rester.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Fais-le retirer, produis-en un autre, ou plut&#244;t ces deux &#224; la fois, le rieur d'Abd&#232;re et le pleureur d'&#201;ph&#232;se : je veux les vendre ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Avancez au milieu. A vendre deux bonnes vies ! Je mets en cri&#233;e les deux plus sages des hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Jupiter ! quel contraste ! L'un ne cesse de rire ; l'autre a l'air d'assister &#224; un enterrement, il ne cesse de pleurer. H&#233; ! l'ami ! qu'as-tu donc &#224; rire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#201;MOCRITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu le demandes ? Tout ce que vous faites me semble risible, et vous par-dessus le march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu l&#224; ? Tu te moques de nous tous, et tu n'estimes rien de tout ce que nous faisons ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#201;MOCRITE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cela m&#234;me ! Il n'y a rien de s&#233;rieux au monde : tout est vide, concours d'atomes, infini !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te trompes ; il n'y a que toi de vide, et d'infiniment sot. Voyez, l'insolence ! ne cesseras-tu pas de rire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi, mon cher, pourquoi pleures-tu, car je pr&#233;f&#232;re causer avec toi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je regarde toutes les choses humaines, &#244; &#233;tranger, comme tristes et lamentables, et rien qui n'y soit soumis au destin : voil&#224; pourquoi je les prends en piti&#233; ,pourquoi je pleure, Le pr&#233;sent me semble bien peu de chose, l'avenir d&#233;solant : je vois l'embrasement et la ruine de l'univers : je g&#233;mis sur l'instabilit&#233; des choses ; tout y flotte comme dans un breuvage en mixture ; amalgame de plaisir et de peine, de science et d'ignorance, de grandeur et de petitesse : le haut et le bas s'y confondent et alternent dans le jeu du si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et qu'est-ce que le si&#232;cle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Un enfant qui joue, qui jette des d&#233;s, qui saute &#224; l'aventure.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les hommes, qui sont-ils ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Des dieux mortels.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et les dieux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Des hommes immortels.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tes discours sont des &#233;nigmes, mon cher, de vrais logogriphes : probablement, ainsi que Loxias tu ne dis rien de clair.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me soucie peu de vous.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussi faudrait-il &#234;tre bien sot pour te prendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#201;RACLITE&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, je vous ordonne &#224; tous de pleurer &#224; chaudes larmes, petits et grands, acheteurs ou non.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Son mal se rapproche beaucoup de l'humeur noire ; je n'ach&#232;terai ni l'un ni l'autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
En voil&#224; deux encore qui nous restent au magasin !&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Mets-en un autre en vente.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Veux-tu ce bouffon ath&#233;nien ?&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Viens ici, toi. Bonne vie &#224; vendre, homme de bon sens ! Qui veut acheter cet excellent personnage ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Dis-moi, que sais-tu faire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime les gar&#231;ons, et je sais &#224; fond tout ce qui concerne l'amour.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment pourrais-je t'acheter ? j'ai besoin d'un p&#233;dagogue pour mon fils, qui est un joli gar&#231;on.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui serait mieux fait que moi pour vivre avec un beau jeune homme ? Ce n'est pas du corps que je suis amoureux, c'est de la beaut&#233; de l'&#226;me. Sois sans crainte ; de tous ceux qui pourraient reposer avec moi sous la m&#234;me couverture, tu n'entendras aucun se plaindre que je me sois mal conduit.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es incroyable qu'un homme qui aime les gar&#231;ons n'ait souci que de l'&#226;me, quand il a toute libert&#233;, couch&#233; sous la m&#234;me couverture.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je jure par le Chien et par le Platane qu'il en est ainsi !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Hercule ! les singuliers dieux que voil&#224; !&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoi donc ? Le Chien ne te parait donc pas &#234;tre un dieu ? Ne vois-tu pas l'Anubis d'&#201;gypte sous cette figure ? ne connais-tu pas Sirius au ciel et Cerb&#232;re aux enfers ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as raison ; je me trompais. Mais comment vis-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
J'habite une ville que je ma suis faite &#224; moi-m&#234;me : j'ai une r&#233;publique d'un nouveau genre, o&#249; je dicte mes propres lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je voudrais bien en conna&#238;tre quelqu'une.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE. &#201;coute la plus importante, celle qui est relative aux femmes : aucune d'entre elles ne doit &#234;tre &#224; un seul exclusivement, mais &#224; quiconque voudra l'&#233;pouser.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu ? tu as donc abrog&#233; les lois sur l'adult&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, par Jupiter, et toutes les petites formalit&#233;s de cette esp&#232;ce.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux beaux gar&#231;ons, qu'as-tu d&#233;cid&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs baisers seront la r&#233;compense des gens vertueux et de tous ceux qui se seront distingu&#233;s par un brillant exploit.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oh ! le beau pr&#233;sent ! Mais quel est pour toi l'essentiel de la sagesse ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Les id&#233;es et les mod&#232;les des &#234;tres. Tout ce que tu vois, la terre et de qu'elle porte, la mer et le ciel, ont des images invisibles qui existent hors de l'univers.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; existent-elles alors ?&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Nulle part : car si elles existaient quelque part, elles n'existeraient pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je ne vois pas ces mod&#232;les dont tu parles.&lt;br class='autobr' /&gt;
SOCRATE&lt;br class='autobr' /&gt;
Naturellement : tu es aveugle des yeux de l'&#226;me ; mais moi, je vois les images de tous les &#234;tres, je vois un autre toi invisible, un autre moi-m&#234;me ; en un mot, je vois tout double.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma foi ! il faut que je t'ach&#232;te ; tu es un sage, et tu as bonne vue. Voyons, crieur, que me demandes-tu pour celui-la ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux talents.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
March&#233; conclu ! seulement je te payerai plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel est ton nom ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Dion de Syracuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Prends, et bonne chance ! Maintenant c'est au tour d'&#201;picure. Qui veut l'acheter ? C'est le disciple de ce rieur et de cet ivrogne que j'ai mis en cri&#233;e tout &#224; l'heure ; mais il a un avantage sur eux, il est plus impie : c'est d'ailleurs un d&#233;licat, un ami des bons morceaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel est le prix ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Les voici ; mais dis-moi quels sont les mets qu'il pr&#233;f&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui sont doux et mielleux, particuli&#232;rement les figues.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne sera pas difficile de lui en donner : je lui ach&#232;terai des paniers de figues grasses.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Fais-en venir un autre ; l'homme a la peau ras&#233;e, ce renfrogn&#233; du Portique.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as raison : beaucoup de ceux qui sont venus &#224; la vente semblent l'attendre. &#192; vendre la vertu m&#234;me, une vie parfaite ! Qui est-ce qui veut seul tout savoir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dis-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet homme est le seul sage, le seul beau, le seul juste, le seul brave, le seul roi, le seul orateur, le seul riche, le seul l&#233;gislateur, et ainsi pour tout le reste.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est donc aussi, mon cher, le seul bon cuisinier, et, ma foi ! le seul savetier, le seul charpentier, et ainsi pour tout le reste.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Viens ici, mon brave, et me dis, comme &#224; ton acqu&#233;reur, qui tu es, en commen&#231;ant par m'avouer si tu es f&#226;ch&#233; ou non d'&#234;tre mis en vente et de servir.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas du tout : cela ne d&#233;pend pas de nous, et ce qui ne d&#233;pend pas de nous est indiff&#233;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne te comprends pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ? Tu ne sais pas qu'il y a des choses propos&#233;es et des choses rejet&#233;es ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en ai jamais entendu parler.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'est pas &#233;tonnant, tu n'es pas accoutum&#233; &#224; nos termes, et tu n'as pas l'imagination compr&#233;hensive. Mais celui qui a &#233;tudi&#233; avec attention la th&#233;orie du raisonnement, ne sait pas seulement ces choses-l&#224; ; il conna&#238;t l'accident et le sur accident, avec toutes leurs diff&#233;rences.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Au nom de la Sagesse, fais-moi le plaisir de m'expliquer ce que c'est que l'accident et le suraccident : car, je ne sais comment, j'ai &#233;t&#233; frapp&#233; de la douce harmonie de ces expressions.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s volontiers. Lorsqu'un homme est boiteux, et qu'en heurtant son pied boiteux contre une pierre, il vient &#224; se blesser, l'infirmit&#233; qui le fait boiter est l'accident, et la blessure le suraccident&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
O la finesse ! Qu'est-ce que tu connais encore &#224; fond ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Les filets du langage, dans lesquels je prends mes interlocuteurs : je leur clos la bouche, je leur mets un b&#226;illon, et je les r&#233;duis au silence : et le nom de cette invention puissante, c'est le fameux syllogisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Hercule ! Voil&#224; une arme terrible et violente !&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu vas en juger. As-tu un fils ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi cela ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons qu'un crocodile l'ait enlev&#233;, lorsqu'il errait sur le bord d'un fleuve, et qu'ensuite il t'ait promis de te le rendre, &#224; condition que tu lui dirais au juste s'il est dans l'intention de te le rendre ou non ; quelle est, &#224; ton avis, la r&#233;solution du crocodile ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas facile de r&#233;pondre &#224; ta question, et je ne sais pas trop ce que je dois dire pour recouvrer mon fils : par Jupiter ! r&#233;ponds pour moi, et sauve-le vite, de peur que le crocodile ne l'avale avant ta r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Sois tranquille. Je t'en apprendrai d'autres bien plus admirables.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Lesquels ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Moissonnant, le Dominant, l'&#201;lectre qui les vaut tous, et le Voil&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que ce Voil&#233; et cette &#201;lectre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la fameuse &#201;lectre, fille d'Agamemnon, qui, en m&#234;me temps, sait une chose et ne la sait pas. Quand Oreste se pr&#233;sente inconnu devant elle, elle sait qu'Oreste est son fr&#232;re, mais elle ne sait pas que cet inconnu est Oreste. Voici maintenant le Voil&#233; : tu vas entendre l&#224; une invention admirable. R&#233;ponds-moi. Connais-tu ton p&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! Si, en te pr&#233;sentant un homme voil&#233;, je te disais : &#034;Connais-tu cet homme ?&#034; que r&#233;pondrais-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne le connais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant cet homme voil&#233; &#233;tait ton p&#232;re, donc, si tu as dit ne le pas conna&#238;tre, il est clair que tu ne connais pas ton p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas du tout : je n'ai qu'&#224; lui &#244;ter son voile, je saurai bien ce qui en est. Enfin quel est d&#233;but de ta sagesse, ou que feras-tu quand tu seras arriv&#233; au sommet de la Vertu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je poss&#233;derai alors les premiers dons de la nature, je veux dire la richesse, la sant&#233;, et autres choses semblables. Mais, avant d'y arriver, il faut beaucoup travailler, coller ses yeux sur de gros volumes d'une &#233;criture tr&#232;s-fine, entasser les scolies, se farcir de sol&#233;cismes et de termes absurdes ; mais le point capital, c'est qu'il n'est pas possible de devenir sage, si l'on n'a pas pris trois fois de suite de l'ell&#233;bore.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; de beaux principes et dignes d'un grand c&#339;ur ! Pourtant &#234;tre un Gniphon, un usurier (car je sais que c'est aussi l&#224; une de tes qualit&#233;s), est-ce bien digne d'un homme qui a bu de l'ell&#233;bore, et de parfaite vertu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui. Seul, le sage a le droit de pr&#234;ter &#224; usure, puisque seul il fait des syllogismes ; car pr&#234;ter &#224; usure et calculer les int&#233;r&#234;ts, c'est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose que de faire des syllogismes ; et l'un, comme l'autre, appartient exclusivement au sage. Seulement, il ne doit pas, comme la plupart des usuriers, exiger simplement les int&#233;r&#234;ts, mais encore les int&#233;r&#234;ts des int&#233;r&#234;ts. En effet, ne sais-tu pas que des premiers int&#233;r&#234;ts naissent les seconds, qui en sont, pour ainsi dire, engendr&#233;s ? Tu peux voir que c'est l&#224; un syllogisme en forme. Si le sage touche les premiers int&#233;r&#234;ts, il doit aussi toucher les seconds ; or, il touche les premiers, donc il doit toucher les seconds.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Dirons-nous aussi la m&#234;me chose de l'argent que tu re&#231;ois des jeunes gens pour payer tes le&#231;ons de sa gesse ? Est-il &#233;vident qu'il ne convient qu'au seul sage de se faire payer ses le&#231;ons de vertu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu saisis : ce n'est pas pour moi que je prends, c'est pour celui qui donne ; puisque l'un verse, l'autre doit recevoir. Je m'apprends &#224; recevoir, et mon disciple &#224; verser.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tu disais le contraire : que c'&#233;tait le jeune homme qui recevait, et que toi, le seul riche, tu versais.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu veux rire, mon ami ; mais prends garde que je ne te d&#233;coche un syllogisme ind&#233;montrable.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et quel mal ce trait me ferait-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
La perplexit&#233;, le silence, le bouleversement de l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce qu'il, y a de plus fort, c'est que, si je veux, je puis &#224; l'instant te changer en pierre.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment, en pierre ? Tu ne me parais pas un Pers&#233;e, mon cher.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici comment. La pierre est-elle un corps ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! un animal n'est-il pas un corps ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi, n'es-tu pas un animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le crois.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc tu es une pierre, puisque tu es un corps.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas du tout. Mais, voyons, par Jupiter ! tire-moi de peine, et fais-moi redevenir homme comme devant.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est facile, tu vas redevenir homme ; r&#233;ponds. Tout corps est-il un animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Non.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! une pierre est-elle un animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Non.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Toi, tu es un corps ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;tant un corps, tu es un animal ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui.&lt;br class='autobr' /&gt;
CHRYSIPPE&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc tu n'es pas une pierre, puisque tu es un animal.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu m'as rendu un grand service. D&#233;j&#224; mes jambes se refroidissaient comme celles de Niob&#233;, et commen&#231;aient &#224; se raidir. Allons, je vais t'acheter. Combien en veut-on ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Douze mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tiens.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'as-tu achet&#233; tout seul ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Non vraiment, mais en soci&#233;t&#233; de tous ceux que tu vois ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sont nombreux ; ils ont les &#233;paules fortes et sont taill&#233;s pour le Moissonnant.&lt;br class='autobr' /&gt;
JUPITER&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne perdons pas de temps ; &#224; un autre !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Viens ici, P&#233;ripat&#233;ticien, le beau, le riche ! Achetez-moi le plus &#233;clair&#233; de tous, le savant universel !&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont ses qualit&#233;s ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est mod&#233;r&#233;, doux, accommodant, et, qui plus est, double.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND. Que veux-tu dire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est en dedans autrement qu'en dehors. Si tu l'ach&#232;tes, n'oublie pas de distinguer en lui l'&#233;sot&#233;rique et l'exot&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que sait-il le mieux ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il y a trois sortes de biens : ceux de l'&#226;me, ceux du corps et ceux de la fortune.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa morale est humaine. Combien vaut-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cher.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, mon ami ; car il parait avoir lui-m&#234;me de l'argent ; ainsi d&#233;p&#234;che-toi de l'acheter. D'ailleurs, il t'apprendra tout de suite combien de temps vit un ciron, &#224; quelle profondeur de la mer descendent les rayons du soleil, de quelle nature est l'&#226;me des hu&#238;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Hercule ! voil&#224; une science minutieuse !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Que sera-ce, quand tu lui entendras dire des choses encore plus subtiles au sujet de la procr&#233;ation et de la g&#233;n&#233;ration, de la formation de l'embryon dans le ventre de la m&#232;re ; soutenir que l'homme est un animal ridicule, et non pas l'&#226;ne, qui ne construit point de maison et ne navigue point ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; des enseignements admirables et d'une haute utilit&#233;. Je l'ach&#232;te vingt mines.&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Soit. Voyons, nous en reste-t-il quelque autre ? Ah ! ce sceptique. Ici, Pyrrhias ; viens, que nous te mettions aussit&#244;t en cri&#233;e. On commence d&#233;j&#224; &#224; s'en aller ; les acqu&#233;reurs vont &#234;tre en petit nombre. Allons ! Qui est-ce qui ach&#232;te celui-l&#224; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi ! Mais, d'abord, dis-moi ce que tu sais.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Que veux-tu dire par l&#224; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Que je ne crois &#224; l'existence de rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais nous, que sommes-nous donc ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en sais rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et toi, qu'es-tu ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en sais absolument rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; un doute ! Que veulent dire ces balances ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles me servent &#224; peser les raisons, et &#224; juger de leur &#233;galit&#233;. Quand j'ai vu qu'elles sont pareilles et au m&#234;me niveau, alors je ne sais laquelle est la plus vraie.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le reste, que sais-tu faire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout, except&#233; poursuivre un esclave fugitif.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourquoi cela ne t'est-il pas possible ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que, mon ami, je ne puis le saisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le crois : tu me parais un gar&#231;on lourd et stupide. Mais enfin quel est le but de ta science ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ignorance ; je ne sais ni entendre ni voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu es donc sourd et aveugle ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui ; et, par l&#224;-dessus, d&#233;nu&#233; de sens et de jugement, en un mot, je diff&#232;re peu d'un ver.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je veux t'acheter &#224; cause de cela. Combien vaut-il ?&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Une mine attique.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
La voici. Eh bien ! que dis-tu ? T'ai -je achet&#233; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'en sais rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est s&#251;r, pourtant ; je t'ai achet&#233; et j'ai pay&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'abstiens et ne d&#233;cide pas la question.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; cela, suis-moi ; car tu es mon esclave.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui sait si tu dis vrai ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Le crieur , l'argent et le monde qui est ici.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Y a-t-il du monde ici ?&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais tout &#224; l'heure te conduire au moulin, et te faire voir que je suis ton ma&#238;tre, gr&#226;ce au raisonnement qui fait gagner la mauvaise cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE PHILOSOPHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne d&#233;cide pas la question.&lt;br class='autobr' /&gt;
LE MARCHAND&lt;br class='autobr' /&gt;
Et moi, par Jupiter, je la tranche !&lt;br class='autobr' /&gt;
MERCURE&lt;br class='autobr' /&gt;
Allons ! cesse de t'ent&#234;ter, et suis ton acqu&#233;reur. Vous autres, nous vous invitons pour demain matin. Nous mettrons en vente les sectes ignorantes, ouvri&#232;res et de vil prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'INCR&#201;DULE&lt;br class='autobr' /&gt;
de Lucien de Samosate (120-180)&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourrais-tu me dire, Philocl&#232;s, quel est cet attrait qui porte la plupart des hommes &#224; aimer le mensonge. Ils s'y complaisent au point de dire des choses qui n'ont pas le sens commun, et d'&#233;couter ceux qui en d&#233;bitent de semblables.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a beaucoup de raisons, Tychiade, capables d'engager &#224; mentir certains hommes, qui n'ont en vue que leur int&#233;r&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas l&#224; la question, comme on dit, et je ne te parle pas de ceux qui mentent en vue de leur utilit&#233; : ils sont excusables ; quelques-uns m&#234;me sont dignes de louanges, lorsqu'ils ont tromp&#233; des ennemis, ou que, dans un moment critique, ils ont employ&#233; ce rem&#232;de comme un moyen de salut : c'est ainsi qu'a souvent agi Ulysse pour m&#233;nager sa vie et le retour de ses compagnons. Mais je parle, mon cher, des gens qui, sans besoin qu'il en soit, pr&#233;f&#232;rent de beaucoup le mensonge &#224; la v&#233;rit&#233;, s'y plaisent et s'en font une occupation sans aucun motif plausible. Je voudrais savoir pourquoi ils agissent de la sorte.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce que tu as connu des gens de cette esp&#232;ce, qui avaient un penchant inn&#233; pour le mensonge ?&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Certainement, et beaucoup.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle autre raison en donner qu'une aberration d'esprit, qui leur fait ha&#239;r la v&#233;rit&#233; et pr&#233;f&#233;rer ce qui est pire &#224; ce qui est excellent ?&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas cela ; car je pourrais te citer un grand nombre d'hommes, d'ailleurs tr&#232;s sens&#233;s, et qu'on admire pour leur jugement, qui sont n&#233;anmoins, je ne sais pourquoi, les esclaves de ce vice ; ils aiment &#224; mentir : et il me f&#226;che de voir des personnages, &#233;minents du reste, s'amuser &#224; se tromper eux-m&#234;mes et &#224; tromper ceux qui conversent avec eux. Tu sais assur&#233;ment mieux que moi que les anciens, H&#233;rodote, Ct&#233;sias de Cnide, et avant eux les po&#232;tes, Hom&#232;re en t&#234;te, gens d'ailleurs fort respectables, ont employ&#233; le mensonge &#233;crit, si bien que non seulement ils ont tromp&#233; ceux qui les &#233;coutaient de leur temps, mais que leurs mensonges sont parvenus jusqu'&#224; nous comme une succession gard&#233;e en d&#233;p&#244;t dans leurs vers admirables. Souvent, je l'avoue, il m'arrive de rougir pour eux, lorsqu'ils racontent la mutilation d'Uranus, l'encha&#238;nement de Prom&#233;th&#233;e, la r&#233;volte des G&#233;ants et toute la trag&#233;die des Enfers ; lorsqu'ils nous disent que, par amour, Jupiter est devenu cygne ou taureau, qu'une femme a &#233;t&#233; m&#233;tamorphos&#233;e en oiseau ou en ours : ajoutez les P&#233;gases, les Chim&#232;res, les Gorgones, les Cyclopes, et toutes les l&#233;gendes de m&#234;me esp&#232;ce, fables &#233;tranges, r&#233;cits absurdes, faits pour amuser les enfants qui ont encore peur de Mormo et de Lamia.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant ces fictions po&#233;tiques se tol&#232;rent encore. Mais le moyen de ne pas rire en voyant des villes et des peuples entiers se livrer &#224; des mensonges publics ? Les Cr&#233;tois ne rougissent pas de montrer le tombeau de Jupiter ; les Ath&#233;niens font sortir &#201;richthon du sein de la terre, et pousser les premiers hommes du sol de L'Attique, absolument comme des l&#233;gumes : origine d'ailleurs plus respectable que celle des Th&#233;bains qui racontent que des dents sem&#233;es d'un serpent il germa des hommes. Cependant, celui qui ne tiendrait pas pour vrais ces contes ridicules et qui, les soumettant &#224; un examen s&#233;rieux, croirait qu'il n'appartient qu'&#224; un Cor&#232;be ou &#224; un Margit&#233;s, de se figurer que Triptol&#232;me a travers&#233; les airs sur un char attel&#233; de dragons ail&#233;s, que Pan est venu, du fond de l'Arcadie, au secours des Ath&#233;niens &#224; Marathon, qu'Orithyie a &#233;t&#233; enlev&#233;e par Bor&#233;e, celui-l&#224;, dis-je, passerait pour un impie, un insens&#233;, de refuser sa cr&#233;ance &#224; des faits. si authentiques et si av&#233;r&#233;s. Telle est la puissance du mensonge.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourtant, Tychiade, les po&#232;tes et les villes sont excusables. Les premiers m&#234;lent &#224; leurs &#233;crits le charme attrayant de la fable, dont ils ont grand besoin pour captiver leurs auditeurs. Les Ath&#233;niens, les Th&#233;bains, et les autres peuples, s'il en est, rendent leur patrie plus v&#233;n&#233;rable au moyen de ces fictions. Si l'on &#244;tait de la Gr&#232;ce toutes les curiosit&#233;s fabuleuses, rien n'emp&#234;cherait ceux qui les montrent de mourir de faim, car les &#233;trangers ne voudraient pas entendre la v&#233;rit&#233;, m&#234;me gratis. Seulement, les hommes qui, sans avoir de pareils motifs, se plaisent dans le mensonge, passeront, &#224; juste titre, pour des &#234;tres dignes d'&#234;tre bafou&#233;s par tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu as raison, et je sors &#224; l'instant de chez Eucrate, o&#249; j'ai entendu tant de r&#233;cits fabuleux et incroyables, que, ne pouvant plus supporter l'exc&#232;s de ses mensonges, je suis sorti tout courant, et j'ai pris la fuite, comme si les Furies &#233;taient &#224; mes trousses, le laissant d&#233;biter une foule de prodiges absurdes.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, Tychiade, Eucrate est un homme digne de foi ; personne n'est mieux fait pour inspirer la confiance que lui, avec sa longue barbe, ses soixante ans et son go&#251;t prononc&#233; pour la philosophie. Il ne souffrirait pas qu'on d&#238;t en sa pr&#233;sence la moindre fausset&#233;, loin de l'oser lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est que tu ne sais pas, mon cher, tout ce qu'il nous a racont&#233;, en nous recommandant d'y croire ; il fallait le voir affirmer les faits par serment, en jurer m&#234;me sur la t&#234;te de ses enfants, de sorte qu'en le regardant, il me venait mille pens&#233;es &#224; l'esprit : ou bien je le croyais fou, hors de son &#233;tat naturel, ou je le regardais comme un charlatan, un singe ridicule cach&#233; depuis longtemps, &#224; mon insu, sous la peau d'un lion, tant ses r&#233;cits &#233;taient absurdes.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que disait-il ? par Vesta, mon cher Tychiade, je suis curieux de savoir combien il dissimule de h&#226;blerie sous une aussi belle barbe.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait mon habitude, Philocl&#232;s, d'aller chez Eucrate en d'autres occasions, lorsque je n'avais absolument rien &#224; faire. Aujourd'hui que j'avais besoin de parler &#224; L&#233;ontichus, un de mes amis intimes, tu sais, j'appris de son valet qu'il &#233;tait all&#233;, d&#232;s le matin, faire, visite &#224; Eucrate, un peu malade. Le double motif et de rencontrer L&#233;ontichus, et de visiter Eucrate, dont j'ignorais l'indisposition, me conduisit chez ce dernier. Je ne trouve plus L&#233;ontichus ; il venait de sortir, me dit-on, depuis un instant ; mais je vis une nombreuse compagnie au milieu de laquelle j'aper&#231;us Cl&#233;od&#232;me le p&#233;ripat&#233;ticien, Dinomaque le sto&#239;cien et Ion. Tu connais cet homme qui veut qu'on l'admire, quand il parle des &#233;crits de Platon, comme &#233;tant le seul capable de p&#233;n&#233;trer intimement les pens&#233;es du philosophe et de les expliquer aux autres : tu vois de quels personnages je te parle, tout confits en sagesse et en vertu, la fleur de chaque secte, tous infiniment respectables et d'une physionomie presque effrayante. Il y avait aussi l&#224; le m&#233;decin Antigonus, appel&#233;, je crois, pour la maladie : Eucrate paraissait se porter mieux ; sa maladie &#233;tait de celles qu'on nourrit avec soi : l'humeur &#233;tait de nouveau descendue dans les pieds. Il m'invita &#224; m'asseoir aupr&#232;s de lui, sur son lit, en donnant &#224; sa voix une intonation de malade, aussit&#244;t qu'il m'aper&#231;ut ; mais, en entrant, je l'avais entendu crier et discuter d'un ton sonore. J'eus grand soin de ne pas lui toucher les pieds ; puis ; m'excusant, comme il est d'usage en pareil cas, d'avoir ignor&#233; son indisposition, et ajoutant que j'&#233;tais accouru pour le voir d&#232;s que je l'avais apprise, je pris place &#224; ses c&#244;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant mon arriv&#233;e, on avait d&#233;j&#224; beaucoup dissert&#233; sur la maladie d'Eucrate, on en parlait encore, et chacun indiquait un rem&#232;de. Alors Cl&#233;od&#232;me : &#034;Si donc on enl&#232;ve de terre avec la main gauche la dent d'une belette tu&#233;e de la mani&#232;re que je vous ai dite, si on la lie dans une peau de lion nouvellement &#233;corch&#233;, et qu'ensuite on l'attache autour de la jambe, la douleur s'apaise tout &#224; coup. - Pas dans une peau de lion, reprit Dinomaque, mais dans une peau de biche vierge et qui n'ait point encore &#233;t&#233; saillie. La chose est bien plus croyable de cette mani&#232;re : la biche est un animal l&#233;ger dont toute la force est dans les pieds. Le lion, il est vrai, est vigoureux ; sa graisse, sa patte droite de devant, et les poils roides de sa crini&#232;re ont une grande vertu, quand on sait s'en servir avec les enchantements propres &#224; chaque partie ; mais elles ne gu&#233;rissent pas du tout les pieds. - Je croyais aussi comme vous, r&#233;pondit Cl&#233;od&#232;me, que c'&#233;tait de la peau de biche qu'il fallait se servir ; mais derni&#232;rement un homme de Libye, savant dans ces secrets, m'a fait changer de fa&#231;on de penser en me disant que les lions &#233;taient plus vites que les biches, puisque &#233;videmment ils les prennent &#224; la chasse.&#034; Tout le monde approuva le Libyen comme ayant parl&#233; avec justesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pris alors la parole. &#034;Eh quoi ! leur dis-je, vous croyez que des douleurs dont la cause est interne peuvent s'apaiser par des enchantements ou par des rem&#232;des appliqu&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur ?&#034; A ce discours, ils se moqu&#232;rent de moi ; il &#233;tait &#233;vident qu'ils m'accusaient tous d'ignorance, de ne pas savoir des choses aussi manifestes, et que nul homme sens&#233; ne saurait contredire. Cependant le m&#233;decin Antigonus parut bien aise que j'eusse fait cette question. Depuis longtemps, je crois, on lui battait un peu froid, parce qu'il persistait &#224; traiter Eucrate avec les secours de son art, lui ordonnant de ne plus boire de vin, de se nourrir de l&#233;gumes, en un mot, de se d&#233;tendre les fibres. Cl&#233;od&#232;me se mettant donc &#224; sourire : &#034;Que dites-vous, Tychiade ? s'&#233;cria-t-il. Vous parait-il incroyable qu'on puisse tirer quelque utilit&#233; de ces sortes de rem&#232;des dans les maladies ? - Cela me para&#238;t incroyable, lui r&#233;pondis-je : autrement je n'aurais pas le nez bien fin, si je me mettais dans la t&#234;te que des rem&#232;des externes, sans communication imm&#233;diate avec les causes int&#233;rieures des maladies, peuvent agir au moyen de quelques paroles, comme vous dites, ou de certains enchantements, et qu'en attachant ces rem&#232;des au malade, ils lui rendront la sant&#233;. Jamais cela n'aura lieu, quand vous lieriez seize belettes enti&#232;res dans la peau du lion de N&#233;m&#233;e. Pour ma part, j'ai souvent vu le lion lui-m&#234;me boiter de douleur dans sa peau tout enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous &#234;tes bien simple, reprit Dinomaque, d'avoir n&#233;glig&#233; d'apprendre ces sortes de rem&#232;des, et comment il faut les appliquer pour en tirer quelque utilit&#233; contre les maladies. Vous me semblez ne pas admettre non plus les faits si g&#233;n&#233;ralement connus, les gu&#233;risons de fi&#232;vres p&#233;riodiques et de tumeurs inguinales, les enchantements de reptiles et les autres merveilles que les vieilles op&#232;rent tous les jours. Si tout cela se fait, pourquoi ne pas croire que celles dont nous parlons ont lieu par des moyens semblables ? - Votre conclusion, Dinomaque, lui r&#233;pondis-je, n'est pas tout &#224; fait juste, et, comme on dit, vous chassez un clou avec l'autre. En effet, il n'est pas prouv&#233; que les merveilles en question soient op&#233;r&#233;s par une pareille puissance. Si donc vous ne commencez pas par me convaincre que ces faits sont dans l'ordre de la nature, que la fi&#232;vre ou la tumeur a peur d'un nom divin, d'un mot barbare et s'enfuit de l'aine, ce que vous dites n'est pour moi que des contes de bonnes femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je juge &#224; votre discours, r&#233;pondit Dinomaque, que vous ne croyez pas &#224; l'existence des dieux, puisque vous ne pensez pas qu'il soit possible d'op&#233;rer des gu&#233;risons avec des mots sacr&#233;s. - Ne dites pas cela, mon cher, repartis-je ; rien n'emp&#234;che que les dieux existent et que ces prodiges ne soient faux. Quant &#224; moi, je respecte les dieux, je vois les gu&#233;risons qu'ils op&#232;rent, le bien qu'ils font aux malades et comment il les r&#233;tablissent &#224; l'aide des rem&#232;des et de la m&#233;decine. En effet, Esculape lui-m&#234;me et ses enfants gu&#233;rissaient les malades en leur appliquant des drogues b&#233;nignes, et non pas en leur attachant des lions et des belettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laissez l&#224; ce discours, dit alors Ion, je vais vous raconter un fait prodigieux. J'&#233;tais encore jeune gar&#231;on, &#224; l'&#226;ge d'environ quatorze ans. On vint dire &#224; mon p&#232;re que Midas, son vigneron, valet robuste du reste et bon travailleur, avait &#233;t&#233; mordu par une vip&#232;re, &#224; l'heure o&#249; la place publique est pleine de monde. Il &#233;tait couch&#233;, disait-on, et la gangr&#232;ne se mettait dans la jambe. Pendant qu'il attachait la vigne aux &#233;chalas, la vip&#232;re s'&#233;tait gliss&#233;e, lui avait mordu l'orteil et s'&#233;tait aussit&#244;t replong&#233;e dans son trou : le malheureux jetait les hauts cris et se mourait de douleur. Voil&#224; ce qu'on nous annonce : nous allons voir Midas que ses camarades portaient sur une civi&#232;re ; il &#233;tait tout enfl&#233; et livide, paraissait d&#233;j&#224; d&#233;compos&#233; et respirait &#224; peine. Mon p&#232;re &#233;tait d&#233;sol&#233;. Un de ses amis, qui se trouvait l&#224; : &#034;Soyez tranquille, lui dit-il, je vais qu&#233;rir &#224; l'instant un Babylonien, de ceux qu'on appelle Chald&#233;ens, et il va vous gu&#233;rir cet homme tout de suite. En effet, pour abr&#233;ger, le Babylonien arrive et r&#233;tablit Midas, en chassant au moyen d'un enchantement le poison r&#233;pandu dans son corps, et en suspendant au pied du malade une pierre prise &#224; la colonne, fun&#233;raire d'une jeune fille. C'est peu de chose, pensez-vous : cependant Midas, prenant sur son dos la civi&#232;re sur laquelle on l'avait apport&#233;, s'en retourne aux champs. Voil&#224; quelle fut la puissance d'un enchantement et d'une pierre s&#233;pulcrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Babylonien fit, en outre d'autres prodiges vraiment divins ; s'&#233;tant rendu d&#232;s le matin dans la campagne, il pronon&#231;a sept mots sacramentels tir&#233;s d'un vieux livre, purifia le lieu avec du soufre et un flambeau, en en faisant trois fois le tour, et chassa ainsi tous les reptiles qui &#233;taient dans le pays. On vit alors arriver, attir&#233;s par la force du charme, serpents, aspics, vip&#232;res, c&#233;rastes, acontias, crapauds m&#226;les et femelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un vieux dragon manquait &#224; rappel : il n'avait pu, je crois, vu son grand &#226;ge, ramper hors de son trou et ob&#233;ir &#224; l'ordre du magicien. Celui-ci dit que tous les reptiles n'&#233;taient pas l&#224; ; et, d&#233;p&#234;chant un jeune serpent, il l'envoya comme ambassadeur aupr&#232;s du vieux dragon, qui se d&#233;cida bient&#244;t &#224; venir. Quand ils furent rassembl&#233;s, le Babylonien souffla dessus, et tous furent &#224; l'instant m&#234;me consum&#233;s par ce souffle. Nous &#233;tions dans l'admiration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dites-moi, Ion, repris-je, le jeune serpent, d&#233;p&#234;ch&#233; comme ambassadeur, donnait-il la main &#224; ce dragon accabl&#233;, dites-vous, par l'&#226;ge, ou bien celui-ci s'appuyait-il sur un b&#226;ton ? - Vous plaisantez, dit Cl&#233;od&#232;me ; moi aussi, j'ai &#233;t&#233; autrefois plus incr&#233;dule que vous sur ces sortes de prodiges ; je ne pensais pas, en effet, qu'on p&#251;t, en aucune mani&#232;re, y ajouter foi. Cependant, en voyant voler en l'air un barbare des pays hyperbor&#233;ens, c'est le nom qu'il se donnait lui-m&#234;me, j'ai cru, et, apr&#232;s une longue r&#233;sistance, j'ai &#233;t&#233; forc&#233; de me rendre. Que fallait-il faire, quand je le voyais, en plein jour, se soutenir en l'air, marcher sur l'eau, passer &#224; travers le feu, tranquillement et pas &#224; pas ? - Vous avez vu cela, lui dis-je, un Hyperbor&#233;en qui volait et marchait sur l'eau ? - Certainement, me r&#233;pondit-il, et m&#234;me il portait une chaussure de peau, suivant l'usage de ces peuples. Mais ce n'est rien. Comment vous dire tout ce qu'il nous a fait voir de prodiges, inspirant des amours, &#233;voquant des d&#233;mons, ressuscitant des morts en putr&#233;faction, faisant venir H&#233;cate elle-m&#234;me sous une forme visible et for&#231;ant la lune &#224; descendre sur la terre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais vous raconter ce que j'ai vu faire chez Glaucias, fils d'Alexicl&#232;s. Glaucias venait d'h&#233;riter de son p&#232;re, mort depuis peu, lorsqu'il devint amoureux de Chrysis, fille de D&#233;m&#233;p&#232;te. J'&#233;tais alors son ma&#238;tre de philosophie, et, si l'amour ne lui e&#251;t fait perdre son temps, il saurait maintenant toute la doctrine du p&#233;ripat&#233;tisme. A dix-huit ans, il savait d&#233;j&#224; user de l'analyse, et avait suivi un cours complet de physique. Ne sachant plus que devenir avec sa passion, il vint me conter sa peine ; moi je crus, &#233;tant son ma&#238;tre, devoir mener chez lui notre mage hyperbor&#233;en, auquel il donna tout de suite quatre mines (il fallait bien quelques avances pour les sacrifices), en lui en promettant seize autres, s'il le faisait jouir de Chrysis. Le mage attend la pleine lune, &#233;poque o&#249; ces sortes de charmes ont le plus d'effet, creuse une fosse dans la cour de la maison, et au milieu de la nuit commence par &#233;voquer, nous pr&#233;sents, Alexicl&#232;s, p&#232;re de Glaucias, mort depuis plus de sept mois. Le vieillard, irrit&#233; de la passion de son fils, commence par entrer dans une grande col&#232;re, mais il finit par consentir &#224; cette inclination. Le mage fait alors venir H&#233;cate, suivie de Cerb&#232;re, puis il force la lune &#224; descendre ; spectacle aux mille formes, aux figures les plus vari&#233;es, qui nous repr&#233;sente d'abord une femme, ensuite un b&#339;uf magnifique, et enfin un chien de chasse. En dernier lieu, l'Hyperbor&#233;en ayant fa&#231;onn&#233; un petit Amour avec de la boue :&#034;Pars, lui dit-il, et am&#232;ne-nous Chrysis !&#034;Le morceau de boue s'envole ; un instant apr&#232;s la jeune fille frappe &#224; la porte, entre, se jette au cou de Glaucias, comme une amoureuse folle, et couche avec lui jusqu'au chant du coq. Alors la lune remonte au ciel, H&#233;cate redescend sous terre, tous les fant&#244;mes disparaissent, et nous reconduisons Chrysis chez elle, au point du jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si vous aviez vu tout cela, Tychiade, vous ne douteriez pas que les enchantements ne puissent &#234;tre fort utiles. - Vous avez raison, lui r&#233;pondis-je, je croirais tout cela, si je l'avais vu. Mais, pour le moment, excusez-moi de n'&#234;tre pas aussi clairvoyant que vous. Je connais, d'ailleurs, la susdite Chrysis ; c'est une femme galante et facile. Je ne vois pas pourquoi vous avez eu besoin d'employer avec elle un messager de boue, un mage hyperbor&#233;en et la lune en personne, puisque, pour vingt drachmes, vous la m&#232;neriez chez les Hyperbor&#233;ens m&#234;mes : c'est une femme &#224; ne pas r&#233;sister &#224; un enchantement de cette nature, et elle fait tout le contraire des fant&#244;mes. Ceux-ci prennent la fuite, d&#232;s qu'ils entendent le son de l'airain ou du fer, c'est du moins ce que vous dites ; mais lorsque Chrysis entend le son de l'argent, elle arrive au bruit du m&#233;tal - J'admire aussi beaucoup votre mage, qui, pouvant se faire aimer des plus belles femmes, et en recevoir des talents entiers, consent, pour quatre mines, l'avare ! &#224; rendre une Chrysis aimable. -Vous vous rendez ridicule, me dit-on, en refusant de croire &#224; tous ces faits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous demanderais volontiers alors ce que vous pensez de ceux qui d&#233;livrent les d&#233;moniaques de leurs terreurs, et qui conjurent publiquement les fant&#244;mes. Je n'ai pas besoin d'en citer des exemples : tout le monde conna&#238;t le Syrien de Palestine, si expert en ces sortes de cures, qui, rencontrant sur son passage, &#224; certaines &#233;poques de la lune, des gens qui tombent en &#233;pilepsie, roulent des yeux &#233;gar&#233;s, et ont la bouche pleine d'&#233;cume, les rel&#232;ve, et les renvoie, moyennant un salaire consid&#233;rable,, d&#233;livr&#233;s de leur infirmit&#233;. Lorsqu'il est aupr&#232;s des malades, il leur demande comment le d&#233;mon leur est entr&#233; dans le corps : le patient garde le silence, mais le d&#233;mon r&#233;pond, en grec ou en barbare, et dit quel il est, d'o&#249; il vient, et comment il est entr&#233; dans le corps de cet homme : c'est le moment qu'il choisit pour l'adjurer de sortir ; s'il r&#233;siste, il le menace et finit par le chasser. J'en ai vu moi-m&#234;me sortir un tout noir et &#224; la peau enfum&#233;e. - Il n'est pas extraordinaire, Ion, lui dis-je, que vous ayez vu cela, vous qui d&#233;couvrez les id&#233;es dont Platon, votre p&#232;re, vous enseigne que la perception est tr&#232;s obscure, &#224; cause de la faiblesse de nos yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ion, dit alors Eucrate, est-il le seul qui ait vu de pareilles sc&#232;nes ? Une foule de personnes n'ont-elles pas rencontr&#233; des d&#233;mons, les unes pendant la nuit, les autres en plein jour ? Pour moi, j'en ai vu, non pas une fois, mais dix mille. J'ai commenc&#233; par en &#234;tre fort effray&#233; : maintenant, j'y suis tellement accoutum&#233;, qu'il ne me semble plus voir rien d'extraordinaire, surtout depuis qu'un Arabe m'a fait pr&#233;sent d'un anneau fabriqu&#233; avec du fer pris &#224; des croix, et m'a enseign&#233; un enchantement compos&#233; de beaucoup de mots ; mais peut-&#234;tre ne me croirez-vous pas, Tychiade ? - Comment, lui r&#233;pondis-je, ne pas croire Eucrate, fils de Dinon, qui a le renom de sage, et qui, chez lui, dit avec une libert&#233; et une autorit&#233; compl&#232;tes tout ce que bon lui semble ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien ! reprit Eucrate, vous pourrez apprendre, non pas de moi seul, mais de tous les miens, l'histoire de la statue qui se fait voir, chaque nuit, &#224; tous les gens de la maison, enfants, jeunes gens, vieillards. - De quelle statue voulez-vous donc parler ? lui dis-je. - N'avez-vous pas vu, reprit-il, dans la cour, en entrant, cette belle statue, ouvrage du sculpteur D&#233;m&#233;trius ? - N'est-ce pas cet homme qui tient un disque, et qu'on voit courb&#233; dans l'attitude de le lancer ? Il a le visage tourn&#233; du c&#244;t&#233; de la main qui porte le disque, et, ployant doucement le genou, il semble pr&#234;t &#224; se relever d&#232;s qu'il l'aura jet&#233;. - Ce n'est pas celui-l&#224; ; le discobole dont vous voulez parler est une oeuvre de Myron. Ce n'est pas non plus le beau gar&#231;on qui est aupr&#232;s, et dont la t&#234;te est ceinte d'une bandelette : il est de Polycl&#232;te. Laissez toutes les statues qui sont &#224; droite, quand vous entrez, et parmi lesquelles se trouvent aussi les Tyrannicides de Critias et de Nestocl&#232;s. Avez-vous remarqu&#233;, pr&#232;s du jet d'eau, un personnage qui a le ventre saillant et la t&#234;te chauve ? Il est &#224; moiti&#233; nu ; le vent semble agiter quelques poils de sa barbe, il a les veines fortement accus&#233;es ; on dirait d'un homme, tant la ressemblance est parfaite : c'est de lui que je parle, et je crois que c'est P&#233;lichus, g&#233;n&#233;ral des Corinthi&#232;ns.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Jupiter ! repris-je, j'ai effectivement remarqu&#233; cette statue, &#224; la droite de Saturne : elle avait des bandelettes, des couronnes s&#232;ches, et la poitrine couverte de feuilles d'or. - C'est moi, r&#233;pondit Eucrate, qui la lui ai dor&#233;e ainsi, pour m'avoir gu&#233;ri en trois jours d'une fi&#232;vre lente qui me minait. - Eh quoi ! le brave P&#233;lichus est-il donc aussi m&#233;decin ? - Certainement, et ne raillez pas, ou bien il ne tardera pas &#224; se venger de vous. Je sais, par exp&#233;rience, tout ce que peut cette statue dont vous vous moquez. Ne croyez-vous pas que, s'il est capable de gu&#233;rir la fi&#232;vre, il puisse aussi l'envoyer &#224; qui bon lui semble ? - Que cette statue, dis-je alors, qui ressemble tant &#224; un homme, nous soit donc bienveillante et propice ! Mais quelle est donc cette chose que vous lui voyez faire, vous et tous les gens de votre maison ? - Aussit&#244;t, me dit Eucrate, que l&#224; nuit arrive, il descend de la base sur laquelle-il est debout, et fait sa ronde dans le logis. Tout le monde le rencontre, parfois en train de chanter ; mais il n'a jamais fait de mal &#224; personne ; il faut seulement se d&#233;tourner de sa route, et il passe, sans g&#234;ner ceux qui le regardent. Souvent m&#234;me, il se baigne et fol&#226;tre toute la nuit, au point qu'on peut entendre le bruit de l'eau. - Prenez garde, repris-je : cette statue n'est sans doute pas celle de P&#233;lichus ; c'est plut&#244;t Talus le Cr&#233;tois, fils de Minos, homme d'airain, qui faisait le tour de la Cr&#232;te ; et quoique le v&#244;tre, Eucrate, ne soit pas d'airain, mais de bois, rien n'emp&#234;che que ce ne soit pas l'oeuvre de D&#233;m&#233;trius, mais une invention de D&#233;dale : d'autant plus qu'il s'enfuit aussi, dites-vous, de dessus sa base.&lt;br class='autobr' /&gt;
Craignez, Tychiade, me r&#233;pondit-il, d'avoir &#224; vous repentir, par la suite, de votre plaisanterie. Je sais ce qu'a souffert celui qui lui avait vol&#233; les oboles que nous lui offrons &#224; chaque n&#233;om&#233;nie. - Le ch&#226;timent a d&#251; &#234;tre bien terrible, reprit Ion ; car c'&#233;tait un sacril&#232;ge. - Comment la statue s'est-elle donc veng&#233;e, Eucrate ? Je voudrais bien le savoir, malgr&#233; l'incr&#233;dulit&#233; probable de Tychiade. - Il y avait, aux pieds de cette statue, continua Eucrate, une grande quantit&#233; d'oboles, plusieurs autres pi&#232;ces d'argent coll&#233;es &#224; sa cuisse avec de la cire et quelques feuilles du m&#234;me m&#233;tal, offrandes pay&#233;es par ceux que son pouvoir avait d&#233;livr&#233;s de la fi&#232;vre. Nous avions en ce moment un esclave libyen, mauvais sujet, qui soignait les chevaux. Il entreprit de d&#233;rober, pendant la nuit, les dons faits &#224; la statue, et, pour ex&#233;cuter son vol, il attendit le moment o&#249; elle &#233;tait descendue de sa base. A son retour, P&#233;lichus s'aper&#231;ut qu'on l'avait vol&#233;, et voyez comme il se vengea et fit prendre le Libyen en flagrant d&#233;lit. Le malheureux se mit &#224; errer le reste de la nuit par toute la cour, comme enferm&#233; dans un labyrinthe ; le jour parut, et il fut pris, ayant encore sur lui les pi&#232;ces qu'il avait prises. Convaincu de vol, il re&#231;ut une rude bastonnade, et, apr&#232;s avoir v&#233;cu quelque temps encore, le mis&#233;rable p&#233;rit mis&#233;rablement, fustig&#233;, disait-il, toutes les nuits, et si vigoureusement, que le lendemain on voyait son corps couvert de meurtrissures. Apr&#232;s cela, Tychiade, moquez-vous de P&#233;lichus et de moi-m&#234;me, comme d'un vieillard du temps de Minos, qui commence &#224; radoter. - Ma foi, Eucrate, lui r&#233;pondis-je, ce qui est d'airain est d'airain, et cette statue reste l'&#339;uvre de D&#233;m&#233;trius d'Alop&#233;ce, faiseur d'hommes et non pas de dieux : je n'aurai donc pas peur de votre statue de P&#233;lichus, dont je n'aurais pas beaucoup, de son vivant, redout&#233; les menaces.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cette histoire, le m&#233;decin Antigonus prit la parole : &#034;J'avais aussi, dit-il &#224; Eucrate, un Hippocrate d'airain, haut environ d'une coud&#233;e. D&#232;s que la m&#232;che de la lampe &#233;tait &#233;teinte, il parcourait toute la maison avec grand bruit, renversant les boites, bouleversant les drogues, poussant les portes, surtout si nous diff&#233;rions de lui offrir le sacrifice que nous lui faisons chaque ann&#233;e. -Ainsi, repris-je, le m&#233;decin Hippocrate exige qu'on lui fasse un sacrifice, et il se f&#226;che, si au temps prescrit on ne le r&#233;gale pas de victimes accomplies ! Il me semble qu'il devrait &#234;tre content de quelque c&#233;r&#233;monie fun&#232;bre, d'une libation de lait et de miel, ou d'une couronne pos&#233;e sur sa t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;coutez, dit Eucrate, une chose, que j'ai vue, il y a cinq ans, et que je garantis sur t&#233;moins. On &#233;tait dans la saison des vendanges ; vers le milieu du jour, je laisse mes vendangeurs dans ma vigne et m'en vais seul, m&#233;ditant et r&#233;fl&#233;chissant, me promener dans un bois. Arriv&#233; &#224; un endroit touffu, j'entends aboyer des chiens. Je pense d'abord que, suivant son habitude, Mnason, mon fils, pour se divertir &#224; la chasse, s'est enfonc&#233; dans le fourr&#233; avec ses compagnons. Mais ce n'&#233;tait pas cela du tout : quelques instants apr&#232;s, la terre tremble, une voix de tonnerre se fait entendre, et je vois une femme d'un aspect effrayant s'avancer vers moi. Sa taille &#233;tait haute de pr&#232;s d'un demi-stade : elle tenait un flambeau de la main gauche, et de la droite une &#233;p&#233;e, longue d'environ vingt coud&#233;es. Par le bas, elle avait les pieds faits en serpents, et par en haut elle ressemblait &#224; une Gorgone, c'est-&#224;-dire qu'elle avait un regard terrible, &#224; faire fr&#233;mir ; qu'au lieu de cheveux des dragons pendaient en grappes ou se roulaient en spirales sur son cou et sur ses &#233;paules. Voyez, mes amis, ajouta-t-il, comme, au seul r&#233;cit, j'en frissonne de frayeur.&#034; Et, en disant ces mots, Eucrate montrait &#224; toute l'assembl&#233;e les poils de son bras h&#233;riss&#233;s par la terreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant Ion, Dinomaque et Cl&#233;od&#232;me l'&#233;coutaient, la bouche ouverte et l'&#339;il fixe ; ces vieillards, qu'Eucrate menait par le nez, semblaient pr&#234;ts &#224; adorer ce colosse incroyable, cette femme d'un demi-stade, cette esp&#232;ce d'&#233;pouvantail gigantesque. Je me dis alors en moi-m&#234;me que ces hommes, qui enseignent la sagesse aux jeunes gens et qu'admire tant la multitude, ne diff&#232;rent des enfants au maillot que par leur barbe et leurs cheveux gris ; plus faciles d'ailleurs &#224; se laisser prendre aux mensonges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dinomaque, prenant alors la parole : &#034;Dites-moi donc, Eucrate, de quelle taille &#233;taient les chiens de cette d&#233;esse. - Ils &#233;taient, dit Eucrate, plus hauts que des &#233;l&#233;phants indiens, noirs comme eux, velus, couverts d'un poil sale et d&#233;go&#251;tant. D&#232;s que j'aper&#231;us ce fant&#244;me, je m'arr&#234;tai, et tournai en dedans le chaton de la bague dont l'oracle m'avait fait pr&#233;sent. Alors H&#233;cate, frappant la terre de son pied de serpent, produisit une ouverture &#233;norme, aussi large que le Tartare, se plongea aussit&#244;t dans ce gouffre et disparut. Remis de ma frayeur, je me penchai en me tenant &#224; un arbre, de peur que, pris de vertige, je ne vinsse &#224; tomber la t&#234;te la premi&#232;re. Je vis alors tout ce qu'il y a dans les Enfers, le Pyriphl&#233;g&#233;thon, le lac, Cerb&#232;re, les morts, au point m&#234;me d'en reconna&#238;tre quelques-uns. Ainsi, je distinguai parfaitement mon p&#232;re, encore couvert des m&#234;mes v&#234;tements dans lesquels nous l'avions enseveli. - Et que faisaient les &#226;mes ? dit alors Ion. - Que voulez-vous qu'elles fissent ? Rang&#233;es par tribus et par phratries elles passent leur temps, couch&#233;es sur les pr&#233;s d'asphod&#232;le avec leurs amis et leurs parents. - Que les &#201;picuriens, reprit Ion, viennent donc &#224; pr&#233;sent contredire le divin Platon et sa doctrine sur les &#226;mes. Mais avez-vous vu Socrate et Platon parmi les morts ? -J'ai vu Socrate, r&#233;pondit Eucrate, mais pas tr&#232;s nettement : j'ai seulement jug&#233; que c'&#233;tait lui, &#224; son gros ventre et &#224; sa t&#234;te chauve. Quant &#224; Platon, je ne l'ai pas reconnu, car il ne faut pas mentir avec les amis. Lorsque j'eus consid&#233;r&#233; tout avec attention, le gouffre se ferma. Quelques-uns de mes esclaves, qui me cherchaient, et parmi eux Pyrrhias que voici, arriv&#232;rent avant qu'il f&#251;t totalement ferm&#233;. Pyrrhias ! est-ce bien la v&#233;rit&#233; ? - Oh ! oui, par Jupiter ; j'ai m&#234;me entendu des aboiements sortir du gouffre, et il m'a sembl&#233; voir la lueur d'un flambeau.&#034; Je ne pus m'emp&#234;cher de rire, en entendant ce t&#233;moin ajouter la lueur du flambeau et les aboiements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut le tour de Cl&#233;od&#232;me : &#034; Ce que vous avez vu, Eucrate, dit-il, n'est pas nouveau, et d'autres, comme vous, l'ont pu voir, puisque moi-m&#234;me, &#233;tant malade, j'eus, il y a peu de temps, un spectacle pareil. Antigonus, que voici, me faisait visite et me soignait. Le septi&#232;me jour, la fi&#232;vre &#233;tait devenue plus chaude qu'un incendie. On m'avait laiss&#233; seul ; la porte de ma chambre &#233;tait ferm&#233;e, et mes domestiques attendaient dehors. Vous l'aviez ainsi prescrit, Antigonus, pour qu'il me f&#251;t possible de dormir. Alors un jeune homme, d'une rare beaut&#233;, v&#234;tu de blanc, se pr&#233;sente &#224; mes yeux bien &#233;veill&#233;s ; il m'ordonne de me lever, et me conduit dans les Enfers &#224; travers un gouffre profond. A peine entr&#233;, je reconnais Tantale, Tityus et Sisyphe. Que vous dirai-je ? J'arrivai au tribunal : l&#224; se tenaient &#201;aque, Charon, les Parques et les Furies : une esp&#232;ce de roi. Pluton apparemment, &#233;tait assis sur un tr&#244;ne : il pronon&#231;a les noms de ceux qui devaient bient&#244;t mourir et qui &#233;taient rest&#233;s dans le monde au del&#224; du terme prescrit. Le jeune homme, me prenant aussit&#244;t la main, me pr&#233;sente &#224; Pluton, qui, se f&#226;chant contre mon conducteur : &#034;Son fil n'est pas encore compl&#232;tement employ&#233;,&#034; s'&#233;crie-t-il : &#034;qu'il s'en aille ; mais am&#232;ne-moi le forgeron D&#233;myle ; il vit plus que ne le comporte son fuseau.&#034; Je m'enfuis &#224; l'instant, plein de joie ; la fi&#232;vre m'avait quitt&#233;. J'annon&#231;ai &#224; tout le monde que D&#233;myle &#233;tait sur le point de mourir. Il demeurait dans notre voisinage. On me dit qu'il &#233;tait malade, et quelque temps apr&#232;s nous entend&#238;mes les lamentations de ceux qui le pleuraient.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'y a-t-il d'&#233;tonnant &#224; cela ? dit alors Antigonus. Je connais bien un homme qui est ressuscit&#233; vingt jours apr&#232;s qu'on l'eut enterr&#233;. Je l'ai soign&#233; avant sa mort, et depuis qu'il est revenu &#224; la vie. - Et comment, lui dis-je, son corps n'a-t-il pas pourri pendant ces vingt jours, et n'est-il pas mort de faim, &#224; moins que vous n'ayez soign&#233; l&#224; un autre Epim&#233;nide ?&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ces entrefaites, les fils d'Eucrate rentr&#232;rent de la palestre :l'un &#233;tait d&#233;j&#224; un grand jeune homme, l'autre avait &#224; peu pr&#232;s quinze ans. Apr&#232;s nous avoir salu&#233;s, ils s'assirent si le lit aupr&#232;s de leur p&#232;re, et l'on m'apporta un si&#232;ge. Alors Eucrate, comme si la vue de ses fils lui e&#251;t rappel&#233; quelque souvenir : &#034;Puiss&#233;-je, dit-il en &#233;tendant la main sur eux, &#234;tre aussi heureux par ces enfants que ce que je vais vous dire, Tychiade est v&#233;ritable ! Personne n'ignore combien je ch&#233;rissais leur m&#232;re, ma femme, d'heureuse m&#233;moire. J'en ai donn&#233; des preuves par tout ce que j'ai fait pour elle de son vivant et depuis qu'elle n'est plus. A sa mort, je br&#251;lai sur son b&#251;cher toutes les parures, tous les v&#234;tements qu'elle se plaisait &#224; porter durant sa vie. Sept jours apr&#232;s son d&#233;c&#232;s, j'&#233;tais couch&#233; sur ce lit, comme aujourd'hui, cherchant quelque consolation &#224; ma douleur, et lisant silencieusement le Trait&#233; de Platon sur l'immortalit&#233; de l'&#226;me. Tout &#224; coup D&#233;m&#233;n&#232;te elle-m&#234;me entre et vient s'asseoir aupr&#232;s de moi, dans l'attitude o&#249; vous voyez &#224; pr&#233;sent Eucratide.&#034; Il montrait en m&#234;me temps le plus jeune de ses fils, qui se mit &#224; frissonner comme un enfant et devint tout p&#226;le &#224; ce r&#233;cit. &#034;Pour moi, reprit Eucrate, d&#232;s que je la vois, je la serre entre mes bras et je fonds en larmes. Mais elle, interrompant mes plaintes, m'adresse des reproches de ce que lui ayant fait une offrande de tout ce qui lui avait appartenu, je n'avais pas jet&#233; dans le feu l'une de ses deux pantoufles, qui &#233;taient d'&#233;toffe d'or. Elle me dit que cette pantoufle &#233;tait tomb&#233;e derri&#232;re un coffre ; et, en effet, comme nous ne l'avions pas trouv&#233;e, nous nous &#233;tions content&#233;s de br&#251;ler l'autre. Nous parlions- encore, lorsqu'une mis&#233;rable petite chienne de M&#233;lite, qui &#233;tait sous le lit, se mit &#224; aboyer, et ma femme disparut. Cependant la pantoufle fut trouv&#233;e sous le coffre, et on la br&#251;la le lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Croyez-vous encore, Tychiade, que l'on doive refuser sa cr&#233;ance &#224; des visions aussi claires, et qui se reproduisent tous les jours ? - Non, par Jupiter, lui r&#233;pondis-je ; ceux qui ne voudraient pas y croire, et qui s'armeraient d'une telle impudence contre la v&#233;rit&#233;, m&#233;riteraient bien, comme les enfants, de recevoir des coups de pantoufle dor&#233;e sur les fesses.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce moment arrive Arignotus le Pythagoricien, aux longs cheveux, &#224; l'air respectable. Tu te connais ; c'est un personnage renomm&#233; par sa sagesse et qu'on a surnomm&#233; le divin. En le voyant, je respirai ; je pensais, en effet, qu'il venait comme une hache pour saper tant de mensonges. &#034;Ce sage, me disais-je en moi-m&#234;me, va clore la bouche &#224; tous ces conteurs de prodiges ; il me fait l'effet d'un dieu qui roule ici, comme on dit, sur sa machine : c'est la fortune qui l'envoie.&#034; Il s'assied, et Cl&#233;od&#232;me lui fait place : il demande d'abord des nouvelles du malade, et, apprenant d'Eucrate m&#234;me qu'il se sentait mieux : &#034; De quoi donc, dit-il, vous entreteniez-vous tout &#224; l'heure ? En entrant, je vous ai entendu parler, et il m'a sembl&#233; que la conversation &#233;tait parfaitement &#233;tablie. - Que faire autre chose, reprit Eucrate, que de persuader &#224; cet homme de diamant (il me montrait) qu'il y a des d&#233;mons, des fant&#244;mes, des &#226;mes des morts qui reviennent sur la terre, et se montrent &#224; ceux qui le veulent ?&#034; Ce discours me fit rougir, et je baissai la t&#234;te par d&#233;f&#233;rence pour Arignotus. &#034;Prenez garde, Eucrate, reprit-il, Tychiade, veut peut-&#234;tre dire qu'on voit seulement errer les &#226;mes de ceux qui sont morts d'une mani&#232;re violente : par exemple, si un homme s'est pendu, s'il a eu la t&#234;te tranch&#233;e, s'il a &#233;t&#233; empal&#233;, ou qu'il soit mort par tout autre moyen pareil ; mais qu'&#224; l'&#233;gard des &#226;mes de ceux qui sont morts naturellement, il n'en est point ainsi. Si c'est l&#224; ce qu'il dit, on ne doit pas tout &#224; fait le rejeter. - Par Jupiter ! s'&#233;crie Dinomaque, ce n'est pas cela du tout : il nie compl&#232;tement ces faits et soutient que rien de tel ne s'est jamais vu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que dites-vous ? reprit Arignotus en me regardant de travers. Vous pr&#233;tendez que rien de cela n'est possible, quand tout le monde, pour ainsi dire, atteste l'avoir vu ! - Vous plaidez ici ma cause, r&#233;pondis-je ; si je ne crois pas, c'est que, seul entre tous, je n'ai pas vu ; si je voyais, je croirais comme vous. - Eh bien, reprit-il, si jamais vous allez &#224; Corinthe, demandez o&#249; est la maison d'Eubatide, et, quand on vous l'aura montr&#233;e, pr&#232;s du Cranium, entrez-y, et dites au portier Tibius que vous voulez voir l'endroit d'o&#249; le philosophe pythagoricien Arignotus a chass&#233; un d&#233;mon, en faisant creuser une fosse, et savoir comment il a rendu la maison pour toujours habitable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'&#233;tait-ce donc, Arignotus ? demanda Eucrate. - Cette maison, continua-t-il, &#233;tait abandonn&#233;e depuis longtemps, &#224; cause des frayeurs qu'elle inspirait. Si l'on venait s'y installer, on &#233;tait frapp&#233; de coups, et forc&#233; de s'enfuir, poursuivi par un fant&#244;me effrayant et &#233;pouvantable. Elle tombait donc en ruine ; le toit &#233;tait d&#233;fonc&#233;, et il ne se trouvait absolument personne qui e&#251;t le courage d'y demeurer. Aussit&#244;t que j'en eus entendu parler, je prends quelques livres (j'en ai un grand nombre d'&#233;gyptiens, compos&#233;s sur ces mati&#232;res), et je me rends &#224; cette maison, vers l'heure du premier sommeil, malgr&#233; les instances de mon h&#244;te, qui, ayant appris mon dessein, s'effor&#231;ait de m'en d&#233;tourner et me retenait presque par mes habits pour m'emp&#234;cher de courir &#224; une perte qu'il croyait certaine. Pour moi, je me saisis d'une lampe, j'entre seul, je pose ma lumi&#232;re dans la plus grande chambre, et je me mets tranquillement &#224; lire, assis par terre. Bient&#244;t le d&#233;mon arrive, me prenant sans doute pour un homme comme un autre, et se flattant de m'effrayer aussi : il &#233;tait sale, avec de longs cheveux, et plus noir que les t&#233;n&#232;bres. Il se place devant moi, cherche de tous c&#244;t&#233;s &#224; m'assaillir, afin de me vaincre, et se change successivement en chien, en taureau et en lion. J'emploie de mon c&#244;t&#233; le plus terrible de mes enchantements, je lui parle &#233;gyptien ; et, par la force de mon art, je le repousse dans le coin le plus obscur de la chambre ; puis, apr&#232;s avoir remarqu&#233; l'endroit o&#249; il avait disparu, je me repose le reste de la nuit. Le lendemain matin, lorsque tout le monde, d&#233;sesp&#233;r&#233;, s'attendait &#224; me trouver mort, ainsi que tous les autres, on fut on ne peut plus surpris en me voyant sortir. J'allai chez Eubatide lui annoncer la bonne nouvelle, qu'il pourrait d&#233;sormais habiter sans crainte sa maison purifi&#233;e. Je le pris ensuite avec moi, et, suivi d'une foule de personnes attir&#233;es par cette aventure extraordinaire, je le menai &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; j'avais vu le spectre s'ab&#238;mer. Je l'engageai &#224; faire prendre &#224; ses gens des b&#234;ches et des hoyaux, et &#224; se mettre &#224; fouiller. On le fit, et l'on d&#233;couvrit &#224; une brasse de profondeur un cadavre d&#233;j&#224; ancien et qui n'avait plus que les os. Nous lui donn&#226;mes la s&#233;pulture, et, depuis lors, la maison cessa d'&#234;tre infest&#233;e par des fant&#244;mes.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque Arignotus, cet homme d'une sagesse divine, ce philosophe que tout le monde r&#233;v&#232;re, eut racont&#233; cette histoire, il n'y eut plus personne dans la compagnie quine m'accus&#226;t de la d&#233;mence la plus compl&#232;te, de ne vouloir pas croire &#224; de pareils ph&#233;nom&#232;nes, attest&#233;s par un Arignotus. Pour moi, sans redouter sa chevelure ni l'opinion qu'on avait de lui : &#034;Eh quoi ! lui dis-je, Arignotus, &#234;tes-vous donc aussi de ces hommes qui n'offrent que la seule esp&#233;rance de la v&#233;rit&#233;, et qui sont pleins de fum&#233;e et de visions fantastiques ? Vous v&#233;rifiez ce proverbe : &#034;Notre tr&#233;sor n'est pas du charbon.&#034; - Eh bien, reprit-il, puisque vous ne croyez ni &#224; mes discours ni &#224; ceux de Dinomaque, de Cl&#233;od&#232;me et d'Eucrate, citez-nous donc un homme plus digne de foi sur cette mati&#232;re et qui nous contredise compl&#232;tement. Par Jupiter, lui r&#233;pondis-je ; je vous citerai l'illustre citoyen d'Abd&#232;re, le fameux D&#233;mocrite : il &#233;tait si fortement convaincu qu'il ne peut exister rien de semblable, que, s'&#233;tant enferm&#233; dans un tombeau situ&#233; hors des portes de la ville, il y restait nuit et jour, travaillant &#224; composer et &#224; &#233;crire ses ouvrages. Alors des jeunes gens, qui voulaient l'effrayer et rire &#224; ses d&#233;pens, s'affubl&#232;rent de v&#234;tements noirs, comme des morts, se mirent sur la figure des masques qui ressemblaient &#224; des cr&#226;nes, et vinrent danser en rond autour de lui, en faisant mille gambades. Mais le philosophe, sans se laisser intimider par leur d&#233;guisement, sans m&#234;me lever les yeux sur eux, et continuant toujours d'&#233;crire : &#034;Tr&#234;ve &#224; vos plaisanteries,&#034; leur dit-il, tant il &#233;tait fermement persuad&#233; que nos &#226;mes ne sont plus rien quand elles sont hors de nos corps. - Ce que vous dites l&#224;, reprit Eucrate, prouve que D&#233;mocrite &#233;tait un homme sans jugement, s'il a pens&#233; de cette mani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, je vais vous raconter un fait qui m'est arriv&#233;, et que je ne tiens pas d'un autre. Peut-&#234;tre, en l'entendant, Tychiade, serez-vous forc&#233; de rendre hommage &#224; la v&#233;rit&#233; de mon r&#233;cit. Lorsque, dans ma jeunesse, je vivais en &#201;gypte, o&#249; mon p&#232;re m'avait envoy&#233; pour m'instruire dans les sciences, il me prit envie de remonter le Nil jusqu'&#224; Coptos, et d'aller de l&#224; voir la statue de Memnon, afin d'entendre ce son merveilleux qu'elle rend aux premiers rayons du soleil levant. Je l'entendis, non pas, comme le commun des hommes, rendre un son inarticul&#233; ; Memnon lui-m&#234;me ouvrit la bouche pour moi et me rendit un oracle en sept vers, qu'il serait inutile de vous r&#233;citer.&lt;br class='autobr' /&gt;
En remontant le fleuve, il se trouva parmi nous un citoyen de Memphis, l'un des scribes sacr&#233;s, homme admirable par son savoir et vers&#233; dans toute la doctrine des &#201;gyptiens. On me dit m&#234;me qu'il &#233;tait rest&#233; pendant vingt-trois ans dans les sanctuaires souterrains, o&#249; Isis l'avait initi&#233; aux myst&#232;res de la magie. - Vous voulez parler de Pancrat&#232;s, mon ma&#238;tre, dit Arignotus, un homme divin, ras&#233;, v&#234;tu de lin, toujours en m&#233;ditation, parlant tr&#232;s purement le grec, fort grand, camus, les l&#232;vres &#233;paisses, et les jambes gr&#234;les ? - C'est bien lui, reprit Eucrate, c'est Pancrat&#232;s ! D'abord j'ignorais quel il pouvait &#234;tre ; mais, en le voyant, toutes les fois que le navire rel&#226;chait, faire une infinit&#233; de prodiges, monter &#224; cheval sur les crocodiles, nager au milieu des b&#234;tes farouches, qui s'inclinaient devant lui et le caressaient de leur queue, je reconnus que c'&#233;tait un mortel sacr&#233;, je cherchai &#224; me faire bien venir aupr&#232;s de lui, et je parvins &#224; m'insinuer dans son amiti&#233; au point qu'il me communiqua tous ses secrets. A la fin, il m'engage &#224; laisser mes esclaves &#224; Memphis et &#224; le suivre seul, me disant que nous ne manquerions pas de serviteurs. En effet, voici ce que nous faisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque nous arrivions dans une h&#244;tellerie, mon homme, saisissant la barre de la porte, un balai ou un pilon, lui mettait un habit, et, pronon&#231;ant sur lui une formule magique, le faisait marcher et prendre par tout le monde pour un homme. Ce domestique allait nous puiser de l'eau, faisait la cuisine, rangeait les meubles et se montrait en tout serviteur intelligent et actif. Lorsque ensuite Pancrat&#232;s n'avait plus besoin de ses services, par un second enchantement, il le rendait de nouveau balai, s'il avait &#233;t&#233; balai ; pilon, s'il avait &#233;t&#233; pilon. Quelque d&#233;sir que j'eusse d'apprendre ce secret, je ne pus l'obtenir de l'&#201;gyptien. Il s'en montrait, fort jaloux, quoique, dans. tout le reste, il en us&#226;t avec moi sans r&#233;serve. Un jour, cependant, cach&#233; dans un coin obscur, j'entendis, &#224; son insu, la formule, magique. C'&#233;tait un mot compos&#233; de trois syllabes. Pancrat&#232;s sortit pour se rendre &#224; la place publique, apr&#232;s avoir command&#233; au pilon ce qu'il avait &#224; faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lendemain, pendant que mon &#201;gyptien &#233;tait occup&#233; sur la place publique, je prends le pilon, je l'habille, je prononce les trois syllabes magiques. et je lui ordonne d'aller puiser de l'eau. Il m'en apporte une amphore toute pleine. &#034;En voil&#224; assez,&#034;lui dis-je, &#034;n'apporte plus d'eau, redeviens pilon.&#034; Mais le voil&#224; qui refuse de m'ob&#233;ir ; il continue d'apporter de l'eau et en remplit toute la maison. Je ne savais que faire : je craignais que Pancrat&#232;s ne se f&#226;ch&#226;t &#224; son retour, ce qui arriva, en effet. Je saisis donc une hache, et je coupe le pilon en deux. Aussit&#244;t chaque morceau de bois prend une amphore et va puiser de l'eau. Au lieu d'un domestique, j'en avais deux. Sur ces entrefaites Pancrat&#232;s revient, devine ais&#233;ment ce qui s'est pass&#233;, et change en bois mes porteurs d'eau, comme ils &#233;taient avant l'enchantement. Seulement, quelques jours apr&#232;s, il me laisse l&#224; sans que je m'en aper&#231;oive et sans que j'aie pu savoir ce qu'il &#233;tait devenu. - Et maintenant encore :, s'&#233;cria Dinomaque, vous savez donc encore faire un homme d'un pilon ? - Oui, vraiment, par Jupiter, dit Eucrate, ou du moins &#224; moiti&#233;, car je ne pourrais pas le rappeler &#224; la premi&#232;re forme, et, si j'en faisais un porteur d'eau, je courrais risque de voir ma maison inond&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne cesserez-vous pas, dis-je alors, de raconter des absurdit&#233;s pareilles, vous, des vieillards ? Si vous y tenez, remettez au moins &#224; un autre temps, par &#233;gard pour les jeunes gens que voici, le r&#233;cit de vos histoires incroyables ou effrayantes. Prenez garde de leur remplir la t&#234;te, sans le vouloir, de frayeurs et de fables &#233;tranges. M&#233;nagez la jeunesse, et ne l'accoutumez pas &#224; de semblables aventures, dont l'impression troublerait, pour tout le reste de la vie, la tranquillit&#233; de son &#226;me et la rendrait pusillanime et superstitieuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
A propos de superstition, dit Eucrate, vous me rappelez tout &#224; point un trait singulier. Mais que vous semble, Tychiade, des oracles, des proph&#233;ties, de ces vers que r&#233;citent &#224; grands cris des hommes inspir&#233;s par un dieu, de ceux que l'on entend sortir du fond du sanctuaire, ou que prononce la pr&#234;tresse pour r&#233;v&#233;ler l'avenir ? Il est probable que vous n'y croyez pas davantage ? Eh bien, moi, je poss&#232;de un anneau sacr&#233;, dont la pierre grav&#233;e repr&#233;sente un Apollon, et cet Apollon me parle ; mais je ne vous dirai pas cela, pour ne pas avoir l'air de me vanter de choses incroyables. Je me contente de vous raconter ce que j'ai entendu et vu dans le temple d'Amphiloque, &#224; Malle, o&#249; la statue de ce h&#233;ros a r&#233;ellement convers&#233; avec moi et m'a donn&#233; des conseils sur mes affaires ; puis, je vous rapporterai ce que j'ai vu &#224; Pergame et entendu &#224; Patare. Lorsque je revenais d'&#201;gypte dans ma patrie, on me dit que l'oracle de Malle &#233;tait le plus c&#233;l&#232;bre et le plus v&#233;ridique, qu'il r&#233;pondait clairement, mot pour mot, &#224; ce qu'on &#233;crivait sur des tablettes remises entre les mains du proph&#232;te ; je crus donc n'avoir rien de mieux &#224; faire que d'&#233;prouver l'oracle et de consulter le dieu de l'avenir.&#034;&lt;br class='autobr' /&gt;
Eucrate en &#233;tait l&#224;, lorsque, voyant o&#249; il allait en arriver, et que ce n'&#233;tait pas pour rien qu'il avait fait un si long prologue de trag&#233;die sur les oracles, ne voulant pas d'ailleurs jouer le personnage d'un &#233;ternel contradicteur, je le laissai naviguant encore d'&#201;gypte &#224; Malle. Je sentais, du reste, que la pr&#233;sence d'un adversaire, qui r&#233;futait tous leurs mensonges, ne leur &#233;tait point agr&#233;able : &#034;Je sors, leur dis-je, pour aller retrouver L&#233;ontichus, auquel j'ai quelque chose de pressant &#224; communiquer. Pour vous, que les choses humaines ne peuvent satisfaire, priez les dieux de vous aider &#224; raconter vos prodiges.&#034; Cela dit, je sortis. Je ne doute pas que, profitant de la libert&#233; que leur laissait mon d&#233;part, ils ne se soient remis &#224; leur r&#233;gal et ne s'en soient donn&#233; &#224; c&#339;ur joie de leurs mensonges. Voil&#224;, mon cher Philocl&#232;s, ce que je viens d'entendre chez. Eucrate. Par Jupiter, je suis comme les gens qui ont bu trop de vin doux ; j'ai l'estomac charg&#233;, et j'ai besoin de vomir. Je payerais volontiers fort cher un m&#233;dicament qui e&#251;t la vertu de me faire oublier tous ces r&#233;cits : je crains que ce souvenir, en s&#233;journant dans ma m&#233;moire, ne me joue quelque mauvais tour. D&#233;j&#224; je ne vois plus que fant&#244;mes, spectres, d&#233;mons, H&#233;cates.&lt;br class='autobr' /&gt;
PHILOCL&#200;S&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi, Tychiade, l'effet que m'a produit ta narration. Ceux qui sont mordus par des chiens enrag&#233;s ne sont pas, dit-on, les seuls qui enragent et deviennent hydrophobes ; si celui qui a &#233;t&#233; mordu mord quelqu'un &#224; son tour, cette morsure a le m&#234;me effet que celle du chien et cause &#233;galement l'hydrophobie. Tu as &#233;t&#233; mordu chez Eucrate par une foule de mensonges, et tu m'as communiqu&#233; ta morsure : tu m'as rempli l'&#226;me de d&#233;mons.&lt;br class='autobr' /&gt;
TYCHIADE&lt;br class='autobr' /&gt;
Rassurons-nous, mon doux ami ; nous avons un puissant antidote contre cette maladie ; c'est la v&#233;rit&#233; et la droite raison. Usons-en, et nous ne serons troubl&#233;s par aucun de ces vains et ridicules mensonges.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Il y a 2500 ans, Z&#233;non d'El&#233;e a d&#233;truit le dualisme s&#233;parant et opposant la mati&#232;re et le mouvement, l'espace et le temps&#8230;</title>
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		<dc:date>2026-04-05T22:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a 2500 ans, Z&#233;non d'El&#233;e a d&#233;truit d&#233;finitivement le dualisme s&#233;parant et opposant la mati&#232;re et le mouvement, l'unit&#233; et la divisibilit&#233;, l'espace et le temps, et donn&#233; la victoire &#224; la dialectique. En m&#234;me temps, il a d&#233;moli d'autres th&#232;ses erron&#233;es comme la supr&#233;matie de la logique math&#233;matique sur la science, le positivisme, la philosophie de la dichotomie (tout se divise en parties &#233;gales). &lt;br class='autobr' /&gt;
Les paradoxes de Z&#233;non d&#233;voilent plusieurs points fondamentaux erron&#233;s du fait des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Il y a 2500 ans, Z&#233;non d'El&#233;e a d&#233;truit d&#233;finitivement le dualisme s&#233;parant et opposant la mati&#232;re et le mouvement, l'unit&#233; et la divisibilit&#233;, l'espace et le temps, et donn&#233; la victoire &#224; la dialectique. En m&#234;me temps, il a d&#233;moli d'autres th&#232;ses erron&#233;es comme la supr&#233;matie de la logique math&#233;matique sur la science, le positivisme, la philosophie de la dichotomie (tout se divise en parties &#233;gales).
&lt;p&gt;Les paradoxes de Z&#233;non d&#233;voilent plusieurs points fondamentaux erron&#233;s du fait des conceptions courantes, dualistes et non dialectiques, y compris celles des scientifiques, des math&#233;maticiens et des philosophes, sur la mati&#232;re, la lumi&#232;re, le vide, l'&#233;nergie et le mouvement et qui nuisent &#224; la compr&#233;hension du fonctionnement du monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur une quarantaine des paradoxes de Z&#233;non, neuf seulement nous sont parvenus, leur auteur ayant &#233;t&#233; tu&#233; par le tyran, mais on continue aujourd'hui d'en d&#233;battre&#8230; Quarante d&#233;monstrations par le raisonnement &#171; par l'absurde &#187; que le monde est contradictoire au sens dialectique. Et le plus extraordinaire est que les scientifiques sont pour la plupart acharn&#233;s &#224; d&#233;montrer qu'il n'y pas de contradiction et que le paradoxe est r&#233;solu. Deux m&#233;thodes oppos&#233;es m&#232;nent au m&#234;me r&#233;sultat : les math&#233;maticiens affirment que la continuit&#233; math&#233;matique (avec les infiniment petits et la convergence des s&#233;ries num&#233;riques) a r&#233;solu le probl&#232;me et les physiciens affirment que la discontinuit&#233; physique (avec le rejet absolu des infinis, les quantit&#233;s minimales dites de Planck et les quanta) a &#233;galement r&#233;solu le probl&#232;me ! Malheureusement pour eux, Z&#233;non a r&#233;ellement d&#233;montr&#233; quarante fois que le monde est in&#233;luctablement contradictoire et que la contradiction est interne, qu'elle est profonde, qu'elle n'est pas une erreur ou une fausse interpr&#233;tation ni un faux calcul, qu'elle touche tous les domaines de l'Univers : mati&#232;re, &#233;nergie, lumi&#232;re, espace, temps, mouvement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains ont eu encore plus de facilit&#233;s &#224; battre Z&#233;non puisqu'ils combattent des fausses opinions qu'ils lui attribuent. Il est souvent affirm&#233; que Z&#233;non et Parm&#233;nide (dont il &#233;tait l'&#233;l&#232;ve) d&#233;fendaient des opinions ridicules comme nier l'existence du mouvement ou encore nier l'existence du temps ou de l'espace ou encore de la mati&#232;re ou de l'esprit. Ce sont les pol&#233;miques virulentes contre ces deux auteurs qui expliquent ce type de calomnies. Car Z&#233;non et Parm&#233;nide d&#233;rangeaient et d&#233;rangent toujours les penseurs en attaquant leur philosophie ou leur absence de philosophie. Les scientifiques et les math&#233;maticiens pr&#233;tendent souvent n'avoir besoin d'aucune philosophie. Z&#233;non d&#233;montre que cela est faux et cela les d&#233;renge consid&#233;rablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que voulait vraiment dire Z&#233;non par ces paradoxes : eh bien que le monde est paradoxal et n'esr pas du type de la logique sans contradiction&#8230; Lire ici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article32&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article32&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6733&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6733&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7412&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7412&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Arguments_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e_contre_le_mouvement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Arguments_de_Z%C3%A9non_d%E2%80%99%C3%89l%C3%A9e_contre_le_mouvement&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/livres/gomperz/chap8.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/livres/gomperz/chap8.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.philo5.com/Textes-references/ZenonD%27Elee_LyceeInternational.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.philo5.com/Textes-references/ZenonD%27Elee_LyceeInternational.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre mode de critique de ces auteurs consiste &#224; dire : Z&#233;non ignorait les math&#233;matiques de l'infini et la physique sans infinis, sinon il aurait vu qu'il n'y a aucune contradiction dans ses exemples. Mais ce n'est pas la question car Z&#233;non ne se demande pas si, dans un univers de la pens&#233;e (qu'elle soit math&#233;matique ou mythique) le paradoxe pourrait &#234;tre r&#233;solu. Il demande si, dans le monde r&#233;el, les choses fonctionnent r&#233;ellement comme cela et la quesiton comme la r&#233;ponse seront d&#232;s lors tr&#232;s diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, une longueur r&#233;elle peut s'&#233;crire avec une infinit&#233; de chiffres apr&#232;s la virgule mais la mati&#232;re, le temps ou l'espace, eux, n'ont aucun infini, ni infiniment petits ni infiniment grands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des fausses pol&#233;miques, il y a des r&#233;ponses &#224; Z&#233;non des philosophes, des math&#233;maticiens et des physiciens qui croient souvent &#234;tre capables de r&#233;soudre le paradoxe. Voyez leurs arguments :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=q_I1UPvAwxk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=q_I1UPvAwxk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=wugLVYYxwMU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=wugLVYYxwMU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=whr5K3q3kF8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=whr5K3q3kF8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=kkgaMxz-OzI&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=kkgaMxz-OzI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=zkonP4lWopQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=zkonP4lWopQ&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Gc3eJ8V-mAs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Gc3eJ8V-mAs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=s7x5ldBzorc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=s7x5ldBzorc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=vPTfFIn621U&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=vPTfFIn621U&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=SMPid7Sh0EE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=SMPid7Sh0EE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ByBgNxK9QPk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ByBgNxK9QPk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Gfci1UTuxCA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Gfci1UTuxCA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;https://hal.science/hal-04866169v1/file/Zenon_La%20Recherche_M%20Mitov.pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le simple fait que les uns disent &#171; on a compris comment supprimer les paradoxes de Z&#233;non, le monde est exclusivement continu &#187; et les autres affirment &#171; on a compris comment supprimer les paradoxes de Z&#233;non, le monde est exclusivement discontinu &#187;, montre bien le caract&#232;re contradictoire du monde. Quant aux autres, g&#233;n&#233;ralement des philosophes, ils disent : &#171; on a compris Z&#233;non, il a raison, on ne peut pas supprimer ses paradoxes parce que le monde est trop difficile &#224; comprendre pour l'esprit humain &#187;. Et ce n'est pas non plus ce que Z&#233;non voulait dire qui affirmait que la dialectique peut parfaitement comprendre les contradictions r&#233;elles du monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Z&#233;non soutient les th&#232;ses de Parm&#233;nide&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que le but de Z&#233;non &#233;tait de d&#233;fendre la conception de Parm&#233;nide contre ses d&#233;tracteurs. Et Parm&#233;nide, lui, d&#233;fendait l'unit&#233; du monde contre tous les dualismes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Platon attribue &#224; Z&#233;non ces propos :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tu n'as pas vu, dit Z&#233;non &#224; Socrate, que mon ouvrage n'a pas de pr&#233;tention, qu'il n'a pas &#233;t&#233; compos&#233; dans l'intention que tu supposes, et que je ne fais point myst&#232;re de ce qu'il renferme, comme si c'&#233;tait quelque chose d'extraordinaire. Mais tu as bien vu que c'est une d&#233;fense de Parm&#233;nide contre ceux qui l'attaquent par des plaisanteries, pr&#233;tendant que si l'&#202;tre est un, il en r&#233;sulte beaucoup de cons&#233;quences ridicules et contradictoires. Mon livre r&#233;pond aux partisans du multiple : il leur rend la pareille, avec usure, et fait voir qu'il r&#233;sulte des cons&#233;quences encore plus ridicules de l'hypoth&#232;se du multiple que de celle de l'unit&#233;, si on l'examine attentivement. C'est pour soutenir cette dispute que je l'ai &#233;crit dans ma jeunesse : on me l'a d&#233;rob&#233;, et je n'ai pu d&#233;lib&#233;rer s'il fallait le publier ou non. Tu te trompes donc, Socrate, en croyant que je n'ai pas &#233;crit cet ouvrage dans ma jeunesse par amour de la dispute, mais par ambition dans un &#226;ge avanc&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les philosophies de Z&#233;non et Socrate :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;d&#233;cesseurs de Parm&#233;nide voyaient des dieux dans le ciel dont les actes snt cens&#233;s expliquer ce qui se passe sur la Terre. C'est &#224; ce type de conceptions, qu'il appelle &#171; opinion &#187;, que Parm&#233;nide oppose &#171; la v&#233;rit&#233; &#187;, qui, selon lui, est &#224; la fois scientifique et philosophique (observation et raisonnement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maurice Sachot explique que le po&#232;me &#171; De la nature &#187; propose en pur &#171; physicien &#187; une th&#233;orie g&#233;n&#233;rale qui permette &#224; la fois de sauvegarder et de concilier la permanence du monde et le changement non moins permanent de tout ce qui est, probl&#232;me auquel se heurtaient ses devanciers et contemporains. Il expose dans la premi&#232;re partie du Po&#232;me les r&#232;gles &#233;pist&#233;miques auxquelles toute connaissance du r&#233;el doit se soumettre pour pr&#233;tendre &#224; quelque v&#233;rit&#233;. Ce qui fait de lui le fondateur de l'&#233;pist&#233;mologie. Dans la seconde partie, l'&#201;l&#233;ate pr&#233;sente sa propre conception du monde (sa doxa), en proposant un mod&#232;le th&#233;orique d'interpr&#233;tation, qu'il nomme diakosmos, &#171; transmonde &#187;, et dont la m&#233;taphore cl&#233; est la reproduction sexu&#233;e. Ce qui fait &#233;galement de lui le p&#232;re de la science au sens moderne du mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parm&#233;nide con&#231;oit, ainsi qu'ils l'avaient fait, l'univers comme sph&#233;rique et compos&#233; de zones concentriques ; il admet que la sph&#232;re int&#233;rieure et la sph&#232;re ext&#233;rieure sont form&#233;es du m&#234;me &#233;l&#233;ment. Il d&#233;fend l'opinion que tout r&#233;sulte du m&#233;lange de deux &#233;l&#233;ments contraires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parm&#233;nide rejette les dualismes corps/&#226;me, terre/ciel, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parm&#233;nide : &#171; On a constitu&#233; pour la connaissance deux formes sous deux noms : (c'est une de trop, et c'est en cela que consiste l'erreur) ; on a s&#233;par&#233; et oppos&#233; les corps, pos&#233; et distingu&#233; les limites ; d'une part le feu &#233;th&#233;rien, la flamme bienfaisante, subtile, l&#233;g&#232;re, partout identique &#224; elle-m&#234;me, mais diff&#233;rente de la seconde forme ; d'autre part, celle-ci, oppos&#233;e &#224; la premi&#232;re, nuit obscure, corps dense et lourd. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Physique_de_Parm%C3%A9nide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/La_Physique_de_Parm%C3%A9nide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La philosophie de Parm&#233;nide, c'est la dialectique de l'un et du mutliple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6562&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6562&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parm&#233;nide, racont&#233; par Platon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/parmenide.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/parmenide.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e de Parm&#233;nide :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parm%C3%A9nide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Parm%C3%A9nide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3653&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3653&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Que voulaient d&#233;montrer les paradoxes de Z&#233;non ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les paradoxes de Z&#233;non sont-ils une r&#233;ponse aux critiques contre Parm&#233;nide ? Parce qu'ils d&#233;montrent le caract&#232;re intrins&#232;quement et dialectiquement contradictoire du monde r&#233;el au-del&#224; de l'apparence de non-contradiction du monde de la pens&#233;e et notamment des math&#233;matiques. Ceux qui pol&#233;miquaient avec Parm&#233;nide lui reprochaient d'avoir une pens&#233;e contradictoire. Z&#233;non d&#233;montre que la contradiction est interne &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Proclus dans &#171; Commentaires du Parm&#233;nide &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il (Z&#233;non) &#233;crivit un livre, dans lequel il montrait de merveilleuse fa&#231;on, que pour ceux qui supposent la pluralit&#233; des choses, il ne s'ensuit pas moins de difficult&#233;s que celles dont (lui semblait-il) sont assaillis les partisans de l'unit&#233; de l'&#234;tre. Et en effet il montra qu'une m&#234;me chose serait semblable et dissemblable, &#233;gale et in&#233;gale, et qu'il y aurait un an&#233;antissement absolument complet de l'ordre du r&#233;el et une confusion incoh&#233;rente de toutes choses. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diog&#232;ne La&#235;rce rappelle, dans &#171; Vies, doctrines et sentences des philosophes &#187;, que Z&#233;non ne se contentait pas de science et de philosophie. Comme Socrate, il fait de la politique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ayant entrepris de renverser le tyran N&#233;arque (d'autres disent Diom&#233;don), il fut arr&#234;t&#233; [&#8230;]. Interrog&#233; sur ses complices et sur les armes qu'il avait fait livrer &#224; Lipara, il cite les noms de tous les amis du tyran, dans l'intention de l'isoler des siens. Ensuite, sous pr&#233;texte de r&#233;v&#233;lations confidentielles sur certaines personnes, il mordit cruellement le tyran &#224; l'oreille et ne l&#226;cha prise que bless&#233; mortellement [&#8230;]. &#192; la fin, il trancha sa propre langue avec ses dents et la lui cracha au visage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de chercher le rapport entre la philosophie de Z&#233;non et sa politique, rappelons les th&#232;ses fondamentales des paradoxes de Z&#233;non :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#176;) On ne peut pas diviser &#224; l'infini&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas diviser une mati&#232;re, un temps ou un espace en une infinit&#233; de parties. Donc tout n'est pas divisible. Mais si quelque chose n'est pas divisible, il n'a pas de parties. Tout n'est donc pas constitu&#233; de parties. Et cela qu'il s'agisse de parties de la mati&#232;re, du temps ou de l'espace et m&#234;me de l'&#233;nergie ou de la quantit&#233; de mouvement. Il n'y a pas d'infiniment petits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176;) Le tout et les parties sont ins&#233;parables et ne fusionnent pas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde (la mati&#232;re, le temps et l'espace) n'est donc pas fond&#233; sur des &#233;l&#233;ments indivisibles mais, quand on les divise, ils ne cessent pas pour autant de faire partie d'un tout. Les &#233;l&#233;ments sont ins&#233;parables de l'ensemble et l'ensemble de ses &#233;l&#233;ments. Ils se contredisent donc tout en &#233;tant unis in&#233;lutablement. Le tout n'est finalement ni la somme des parties ni autre chose que constitu&#233; par les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#176;) La mati&#232;re et le mouvement sont en contradiction dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement d'un objet (consid&#233;r&#233; comme immobile si on ne lui donne pas d'&#233;nergie) n'est pas une contradiction diam&#233;trale ou, sinon, l'objet ne bougera jamais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#176;) Le passage de la quantit&#233; &#224; la qualit&#233; est un saut et non un passage continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#176;) Il faut rejeter tous les infinis de la Physique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#176;) En observant sans cesse, on perturbe la dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas mesurer &#224; chaque instant la position d'un objet en mouvement, au risque de figer l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7&#176;) Espace, temps, mati&#232;re, mouvement contiennent en eux-m&#234;mes leurs propres contradictions sans quoi l'univers serait impossible&#8230; Le paradoxe est irr&#233;ductible car il est inh&#233;rent &#224; la r&#233;alit&#233; et pas &#224; notre compr&#233;hension de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8&#176;) La contradiction entre le ponctuel et le continuum est irr&#233;dutible et pourtant ils sont ins&#233;parables et indispensables l'un &#224; l'autre dans la r&#233;alit&#233;. Toute r&#233;alit&#233; doit donc &#234;tre un compos&#233; des deux. D'o&#249; la &#171; compl&#233;mentarit&#233; &#187; onde/corpuscule de la Physique quantique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment la Physique quantique reprend la dialectique de Z&#233;non &#224; sa mani&#232;re&#8230; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il de dialectique dans la Physique quantique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, remarquons que les physiciens ne le savent le plus souvent pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, on retrouve partout la dialectique dans toutes les innovations de la Physique quantique par rapport &#224; la physique dite classique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Onde et corpuscule, voil&#224; la double image de la mati&#232;re et de la lumi&#232;re, ainsi que du vide, double et parfaitement contradictoire, une onde ayant des caract&#233;ristiques tout &#224; fait oppos&#233;es &#224; un corpuscule. Ce couple de contraires est tout &#224; fait ins&#233;parable puisque la particule n'est pas tant&#244;t onde tant&#244;t corpuscule mais toujours les deux &#224; la fois quand sa dynamique n'est pas arr&#234;t&#233;e par l'observation qui, elle, au contraire, ne peut d&#233;tecter que l'un des deux. Deux mondes incompatibles et in&#233;luctablement attach&#233;s, indispensables l'un &#224; l'autre, voil&#224; bel et bien la dialectique. Et ce n'est pas le seul point &#224; remarquer. On peut en dire autant de l'attraction et de la r&#233;pulsion, ou encore de la contraction et de l'expansion, de l'&#233;lectricit&#233; positive et n&#233;gative, de la mati&#232;re et de l'anti-mati&#232;re, de la mati&#232;re et de l'&#233;nergie, de la mati&#232;re et du vide, du virtuel et du r&#233;el, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que ces oppos&#233;s ne le sont que pour la forme ? Est-ce que ce choix de dire qu'il s'agit d'une dialectique est bien une constatation scientifique ? Examinons l'attraction entre deux particules. Les deux s'attirent, s'approchent puis arrivent &#224; une distance petite o&#249;&#8230; elles se repoussent. Examinons l'&#233;lectricit&#233; positive d'une particule. Elle attire une particule d'&#233;lectricit&#233; n&#233;gative jusqu'&#224; une proximit&#233; telle qu'elle la repousse &#233;tant n&#233;gative &#224; ce stade puis, alternativement, ses couches sont positives et n&#233;gatives alternativement. C'est ce que la Physique quantique appelle &#171; l'&#233;crantage de la charge &#187; par le nuage de couples particule-antiparticule virtuels. Ces couples sont eux-m&#234;mes des manifestations dialectiques de la Physique quantique. En effet, ce sont des oppos&#233;s qui restent acoupl&#233;s tant qu'ils existent, c'est-&#224;-dire pendant un tr&#232;s court laps de temps. Les couples de contraires foisonnent dans la Physique quantique. On peut encore citer le couple bosons/fermions et mati&#232;re/lumi&#232;re. Deux mati&#232;res n'ont aucun contact entre elles sans interagir via la lumi&#232;re. Pourtant mati&#232;re et lumi&#232;re sont des oppos&#233;s comme boson et fermion. L'attraction devrait amener les fermions (mati&#232;re) &#224; s'&#233;craser les uns sur les autres mais la r&#233;pulsion de l'&#233;nergie (bosons) les en emp&#234;che (principe de Pauli). Les bosons et les fermions ob&#233;issent &#224; des logiques apparemment diam&#233;tralement oppos&#233;es et pourtant&#8230; Pourtant, les fermions ne peuvent communiquer entre eux que via des photons &#233;mis et absorb&#233;s. Pourtant, les bosons, eux, ont besoin des fermions pour &#234;tre &#233;mis. Et deux fermions peuvent se choquer pour donner fermion et antifermions. Deux fermions qui se choquent peuvent donner deux bosons. Des fermions corr&#233;l&#233;s deviennent un boson. Etc, etc&#8230; Bosons et fermions sont ins&#233;parables et interd&#233;pendants tout en ne cessant jamais d'&#234;tre contradictoires&#8230; Dialectique, on vous dit !!! Autre manifestation de cette dialectique : la mati&#232;re se contracte en &#233;toiles, galaxies, amas de galaxies, etc., et elle s'&#233;tend (expansion de l'Univers). L'expansion et la contraction sont l'int&#233;rieur m&#234;me du ph&#233;nom&#232;ne universel &#224; toutes les &#233;chelles. A petite &#233;chelle, la gravitation est contraction et le principe de Pauli est r&#233;pulsion. A grande &#233;chelle, l'&#233;toile est un couplage d'attraction et de r&#233;pulsion. L'attraction a donn&#233; une masse suffisante pour cr&#233;er les conditions des temp&#233;ratures et de pression qui lancent les r&#233;actions nucl&#233;aires et engendrent le flux d'&#233;nergie qui, lui, est expansif. D'o&#249; l'&#233;quilibre momentan&#233; de l'&#233;toile (un compos&#233; dialectique de contraction et d'expansion). Le temps et l'espace, voil&#224; encore un couple dialectique ! A petite &#233;chelle, ce caract&#232;re dialectique est parfaitement d&#233;crit pas les in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg (appel&#233;es aussi principe d'Heisenberg) qui disent que, plus on cherche &#224; renfermer une particule dans un volume restreint, plus elle met d'&#233;nergie pour en sortir. Encore la dialectique la contraction/expansion et de l'attraction/r&#233;pulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En philosophie des sciences, on en revient toujours &#224; Z&#233;non&#8230; mais l'effet Z&#233;non existe-t-il en sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2695&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les paradoxes de Z&#233;non, la dialectique de Hegel et la physique quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet Z&#233;non quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Z%C3%A9non_quantique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Z%C3%A9non_quantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les affirmations de Z&#233;non sont aujourd'hui parmi les bases fondamentales universellement reconnues de la Physique quantique et de la Philosophie dialectique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le possible de la particule quantique est une onde et l'actuel est un corpuscule. Dans la r&#233;alit&#233;, les deux coexistent contradictoirement et ins&#233;parablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience des fentes de Young en est l'une des &#233;clatantes manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Z&#233;non n'avait pas anticip&#233; le vide quantique mais il avait per&#231;u l'impossibilit&#233; d'un monde mat&#233;riel tel que le bon sens nous le d&#233;crit. Le commun des mortels peut affirmer : &#171; mais oui, Achille d&#233;passe la tortue &#187;, &#171; mais oui, un tas de construit progressivement &#187;, &#171; mais oui, la fl&#232;che atteint sa cible &#187;, etc. Pourtant, Z&#233;non a raison, avec une vision continuiste, fig&#233;e, non contradictoire de la r&#233;alit&#233;, c'est impossible&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais oui, la particule &#233;l&#233;mentaire passe par une seule fente. On le sait en observant son passage. Pourtant, elle passe par les deux fentes. On le sait parce que sa probabilit&#233; de pr&#233;sence, si on n'effectue pas de mesure &#224; la sortie d'une fente, nous le dit. Et la particule est &#233;l&#233;mentaire cependant, au sens ins&#233;cable. La particule est un exemple parfait des th&#232;ses de Z&#233;non : ins&#233;cable mais fond&#233;e sur une quantit&#233; d'autres particules (les couples &#233;ph&#233;m&#232;res de particules et anti-particules du vide quantique qui fondent le nuage de polarisation de la particule).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, une particule est bien situ&#233;e en un point mais en m&#234;me temps &#233;tendue dans un espace (celui du nuage). Mais elle ne voyage pas d'un point &#224; un autre infiniment proche. Elle saute en un point &#233;loign&#233;. Puis elle recommence. Le point &#171; suivant &#187; n'est pas dans la continuit&#233; du pr&#233;c&#233;dent &#224; la mani&#232;re de deux nombres qui se suivent, qu'ils soient entiers ou rationnels. Il n'y a pas de trajectoire de la particule &#233;l&#233;mentaire. Et le saut semble purement al&#233;atoire. On va voir qu'il ne l'est pas en r&#233;alit&#233;. Mais il est probabiliste et c'est la probabilit&#233; qui ob&#233;it &#224; une loi quantique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La particule mat&#233;rielle (site r&#233;elle) n'existe pas seule, elle se d&#233;place en &#233;tant sans cesse entour&#233;e de ce nuage (appel&#233; nuage de polarisation) constitu&#233; de couples de particules et d'antiparticules dites virtuelles et qui existent bel et bien. Ces couples s'organisent de mani&#232;re qu'une particue charg&#233;e soit entour&#233;e de corpuscules virtuels formant des couches charg&#233;es alternativement positives et n&#233;gatives qui &#233;crantent la charge de la particule de masse. La particule a une masse qui est port&#233;e par l'&#233;nergie d'un boson de Higgs qui saut d'une particule virtuelle &#224; une autre. C'est pour cela que la propri&#233;t&#233; de &#171; particule r&#233;elle) peut &#234;tre port&#233;e par n'importe laquelle des particules virtuelles du nuage. D'o&#249; le fait qu'il devient ainsi un &#171; nuage de probabilit&#233; de pr&#233;sence &#187;. C'est aussi ainsi que la particule, bien que ponctuelle, peut occuper tout un espace sans pour autant occuper tous les points de l'espace&#8230; Voil&#224; l'origine r&#233;elle des propri&#233;t&#233;s philosophiques soup&#231;onn&#233;es et d&#233;montr&#233;es de mani&#232;re g&#233;niale par Z&#233;non il y a 2500 ans&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh oui ! Z&#233;non a raison ! Il n'existe pas de particule ni d'objet mat&#233;riel au repos et qu'on met en mouvement. Le mouvement est inh&#233;rent &#224; la mati&#232;re. Ensuite, il a raison : il n'existe pas de particule qui soit en un seul point mais toutes les particules et les compos&#233;s d'un petit nombre d'entre elles sont dans un nombre important de points constituant un nuage. La particule ne passe pas d'un point &#224; un autre. C'est le nuage de points qui se d&#233;place. Les trajectoires continues n'existent pas. Il n'existe pas davantage de temps et d'espace continus. Les infiniment petits, si pratiques en math&#233;matiques, n'ont pas de r&#233;alit&#233; physique. La dichotomie &#224; l'infini n'est pas possible. Encore bravo Z&#233;non !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : les paradoxes de Z&#233;non font la d&#233;monstration par le raisonnement que le monde est contradictoire de mani&#232;re dialectique, que la n&#233;gation est interne &#224; la r&#233;alit&#233; et que c'est elle qui entraine la dynamique, la contradiction r&#233;elle &#233;tant le moteur de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4271&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4287&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4287&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4339&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3581&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3835&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1688&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1688&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3165&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3165&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4557&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4557&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1710&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1710&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Engels sur la dialectique de la nature</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8751</link>
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		<dc:date>2026-03-30T22:55:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Engels</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le texte de Engels : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf &lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35 &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire aussi : &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308 &lt;br class='autobr' /&gt;
George Novack : &#034;Engels sur la dialectique de la nature&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;veloppement id&#233;ologique de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Engels&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le texte de Engels :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1883/00/engels_dialectique_nature.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article35&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;George Novack : &#034;Engels sur la dialectique de la nature&#034;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement id&#233;ologique de tout mouvement social a suivi le cours d&#233;termin&#233; par les conditions mat&#233;rielles de son existence. L'&#233;volution de la pens&#233;e scientifique sous les auspices prol&#233;tariens a &#233;t&#233; &#224; l'oppos&#233; de celle sous les auspices bourgeois. Cette diff&#233;rence de d&#233;veloppement est n&#233;e des diff&#233;rentes n&#233;cessit&#233;s sociales auxquelles les deux classes r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; confront&#233;es au d&#233;but de leur carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne principale de la pens&#233;e bourgeoise s'est &#233;tendue des sciences naturelles aux sciences sociales. Les premiers philosophes bourgeois se pr&#233;occupaient avant tout de promouvoir la connaissance de la nature par l'homme apr&#232;s le long sommeil du Moyen &#194;ge. Ils n'avaient aucun int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;former la soci&#233;t&#233; selon des principes bourgeois. Ils ont con&#231;u de nouvelles m&#233;thodes intellectuelles pour accro&#238;tre le pouvoir de l'homme sur la nature plut&#244;t que pour diminuer le pouvoir de l'homme sur l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lord Bacon, l'anc&#234;tre de l'empirisme anglais, a d&#233;lib&#233;r&#233;ment tourn&#233; le dos aux controverses religieuses, dans lesquelles se sont alors manifest&#233;es pour la premi&#232;re fois de grandes luttes politiques, pour enqu&#234;ter sur le fonctionnement de la nature. Descartes, fondateur du rationalisme moderne, opposait &#224; la st&#233;rile philosophie &#171; sp&#233;culative &#187; des scolastiques sa propre &#171; philosophie pratique &#187;, qui ferait de l'homme &#171; ma&#238;tre et possesseur de la nature &#187; et lui permettrait de &#171; jouir sans peine des fruits de la nature &#187;. la terre et tout son confort. Newton a donn&#233; une forme classique &#224; la physique un si&#232;cle et demi avant que Ricardo n'effectue la m&#234;me t&#226;che pour l'&#233;conomie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Causes mat&#233;rielles de l'&#233;volution intellectuelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ordre de d&#233;veloppement n'&#233;tait pas accidentel. La t&#226;che principale de la bourgeoisie &#224; cette &#233;poque &#233;tait d'augmenter les forces productives, augmentant ainsi sa propre richesse et son pouvoir. La pens&#233;e scientifique du mouvement prol&#233;tarien, en revanche, a progress&#233; des sciences sociales vers les sciences naturelles. Cela non plus n'&#233;tait pas sans raison suffisante. La t&#226;che urgente du prol&#233;tariat sous domination capitaliste consistait moins &#224; accro&#238;tre les forces productives de la soci&#233;t&#233;, comme la bourgeoisie &#233;tait oblig&#233;e de le faire sous le r&#233;gime f&#233;odal, qu'&#224; lib&#233;rer les forces productives d&#233;j&#224; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es de la main morte de la propri&#233;t&#233; et du contr&#244;le capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique pourquoi le marxisme, la m&#233;thode scientifique du mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire, a concentr&#233; son attention, dans la premi&#232;re phase de son activit&#233;, sur la solution des probl&#232;mes historiques, sociaux et &#233;conomiques. La n&#233;cessit&#233; pratique exigeait que les probl&#232;mes th&#233;oriques les plus urgents dans le domaine des ph&#233;nom&#232;nes sociaux soient r&#233;solus en premier. Bien que la th&#233;orie du mat&#233;rialisme dialectique soit essentiellement un syst&#232;me de pens&#233;e universel, englobant &#224; la fois la nature et la soci&#233;t&#233;, son application d&#233;taill&#233;e aux probl&#232;mes th&#233;oriques des sciences naturelles a d&#251; &#234;tre report&#233;e &#224; un examen ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, Engels et les sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;ateurs du mat&#233;rialisme dialectique &#233;taient parfaitement conscients des lacunes de leur travail th&#233;orique. Marx esp&#233;rait &#233;crire un manuel de dialectique apr&#232;s avoir achev&#233; Le Capital . Dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, Engels a r&#233;alis&#233; une &#233;tude approfondie des math&#233;matiques et des sciences naturelles en reconstruisant leurs fondements th&#233;oriques &#224; l'aide de la dialectique mat&#233;rialiste, tout comme lui et Marx avaient auparavant r&#233;volutionn&#233; les sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Marx et moi &#187;, &#233;crivait-il dans la deuxi&#232;me pr&#233;face d' Anti-Duehring , &#171; &#233;tions &#224; peu pr&#232;s les seuls &#224; avoir sauv&#233; la dialectique consciente de la philosophie id&#233;aliste allemande et &#224; l'appliquer dans la conception mat&#233;rialiste de la nature et de l'histoire. Mais la connaissance des math&#233;matiques et des sciences naturelles est essentielle &#224; une conception de la nature &#224; la fois dialectique et mat&#233;rialiste. Marx connaissait bien les math&#233;matiques, mais nous ne parvenions que partiellement, par intermittence et sporadiquement, &#224; suivre le rythme des sciences naturelles. C'est pourquoi, lorsque j'ai pris ma retraite des affaires et que j'ai transf&#233;r&#233; ma maison &#224; Londres, me permettant ainsi d'y consacrer le temps n&#233;cessaire, j'ai subi une &#171; mue &#187; aussi compl&#232;te que possible, comme l'appelle Liebig, en math&#233;matiques et en sciences naturelles. , et j'y ai pass&#233; la majeure partie de huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Anti-D&#252;hring fut le premier fruit de ce travail ; Dialectique de la nature la derni&#232;re. Si l'Anti-Duehring reste le meilleur expos&#233; de la philosophie du mat&#233;rialisme dialectique, la Dialectique de la nature , malgr&#233; son caract&#232;re fragmentaire, doit d&#233;sormais &#234;tre lue comme son compl&#233;ment indispensable. Engels n'a pas pu terminer ce travail en raison du travail &#233;norme qu'exigeait l'&#233;dition et la publication du Capital (voici une preuve directe de l'interf&#233;rence des sciences sociales dans le progr&#232;s des sciences naturelles !) et d'autres t&#226;ches li&#233;es au mouvement r&#233;volutionnaire. Le pr&#233;sent volume se compose de six chapitres plus ou moins compl&#233;t&#233;s ainsi que d'une liasse de notes isol&#233;es et d'articles s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ait fallu plus de soixante ans pour que le manuscrit d'Engels paraisse en anglais, il arrive &#224; un moment opportun. Voici un moyen suppl&#233;mentaire d'&#233;duquer les &#233;tudiants qui ont ressenti le besoin d'approfondir les bases th&#233;oriques du marxisme et de r&#233;pondre aux critiques qui ont demand&#233; de savoir comment les doctrines et les m&#233;thodes du mat&#233;rialisme dialectique peuvent &#234;tre appliqu&#233;es aux probl&#232;mes des sciences naturelles. . Sans aucun doute, la nouvelle &#233;cole des r&#233;visionnistes petits-bourgeois, dont le m&#233;pris pour la th&#233;orie marxiste n'est surpass&#233; que par son ignorance de celle-ci, n'attachera gu&#232;re plus de valeur positive &#224; ces &#233;crits que ne l'avait fait son pr&#233;d&#233;cesseur, Edward Bernstein, qui a conserv&#233; le manuscrit pendant plusieurs d&#233;cennies apr&#232;s la mort d'Engels sans voir la n&#233;cessit&#233; de la publier. Mais tout &#233;tudiant s&#233;rieux de la pens&#233;e marxiste se r&#233;jouira que ces cl&#233;s de compr&#233;hension de la dialectique mat&#233;rialiste soient enfin devenues accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'Engels cherche &#224; d&#233;montrer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Dialectique de la nature, Engels visait &#224; d&#233;montrer que les processus naturels ob&#233;issent aux m&#234;mes lois g&#233;n&#233;rales du mouvement que les processus sociaux et intellectuels. Comme il l'&#233;crit dans Anti-Duehring , Engels a &#233;tudi&#233; les math&#233;matiques et les sciences naturelles pour se convaincre &#171; que, parmi le fouillis des innombrables changements qui se produisent dans la nature, les m&#234;mes lois dialectiques sont &#224; l'&#339;uvre que celles qui, dans l'histoire, r&#233;gissent l'apparente fortuite des &#233;v&#233;nements ; les m&#234;mes lois que celles qui, de la m&#234;me mani&#232;re, forment le fil conducteur de l'histoire du d&#233;veloppement de la pens&#233;e humaine et qui s'&#233;l&#232;vent progressivement vers la conscience dans l'esprit de l'homme&#8230; &#187; et qui ont &#233;t&#233; formul&#233;es pour la premi&#232;re fois par Hegel sous une forme mystique avant que Marx et Engels ne les refa&#231;onnent. dans la dialectique mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l' introduction , Engels pr&#233;sente une revue critique du d&#233;veloppement des sciences naturelles du point de vue th&#233;orique. Il explique comment et pourquoi cette premi&#232;re p&#233;riode de la renaissance de la connaissance naturelle a &#233;t&#233; domin&#233;e par le point de vue de l'immuabilit&#233; absolue de la nature. Les &#233;toiles fixes et notre propre syst&#232;me solaire, la terre, sa faune et sa flore &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme &#233;ternellement identiques. Dans un tel sch&#233;ma de choses, l'id&#233;e d'une &#233;volution universelle n'avait pas sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision, qui pr&#233;valait dans toutes les branches des sciences naturelles jusqu'au XIXe si&#232;cle, commen&#231;a &#224; &#234;tre &#233;branl&#233;e d'une science apr&#232;s l'autre par le d&#233;veloppement interne des sciences elles-m&#234;mes. En astronomie, par l'hypoth&#232;se de Kant-Laplace de l'&#233;volution du syst&#232;me solaire &#224; partir d'une n&#233;buleuse ; en g&#233;ologie, par la conception de Lyell des transformations successives de la surface terrestre ; en physique, par la formulation de la th&#233;orie m&#233;canique de la chaleur et par la loi de la conservation de l'&#233;nergie ; en chimie, par la d&#233;couverte par Mendeleyeff de la disposition p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments ; et en biologie par la th&#233;orie de Darwin sur l'origine des esp&#232;ces. Cette s&#233;rie de d&#233;couvertes a donn&#233; naissance &#224; une nouvelle conception scientifique de la nature, la th&#233;orie de l'&#233;volution universelle, &#171; l'id&#233;e selon laquelle la nature tout enti&#232;re, du plus petit &#233;l&#233;ment au plus grand, des grains de sable aux soleils, des protistes aux hommes, a son existence dans une cr&#233;ation et une disparition &#233;ternelles, dans un flux incessant, dans un mouvement et un changement incessants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ces d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires dans les diff&#233;rentes sciences, qui ont bris&#233; l'ancienne image d'une nature immuable, ont mis du temps &#224; se r&#233;aliser dans la pens&#233;e consciente des naturalistes individuels et dans la th&#233;orie scientifique g&#233;niale. Les scientifiques en exercice, qui acceptaient les r&#233;sultats et poursuivaient les m&#233;thodes du point de vue &#233;volutionniste dans leur domaine d'activit&#233; sp&#233;cial, s'accrochaient aux anciennes fa&#231;ons de penser m&#233;taphysiques dans d'autres domaines de pens&#233;e et dans leurs conceptions g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie dialectique de l'&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le stade nouveau et plus &#233;lev&#233; de la connaissance naturelle exigeait un syst&#232;me th&#233;orique et une m&#233;thode de pens&#233;e qui lui &#233;taient propres. L'ancien syst&#232;me m&#233;canique de la nature, avec ses lois et ses &#233;l&#233;ments immuables et son mode de pens&#233;e m&#233;taphysique fonctionnant avec des cat&#233;gories inflexibles et exclusives, ne suffisait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un philosophe plut&#244;t qu'un scientifique qui a fourni aux sciences naturelles les moyens intellectuels n&#233;cessaires pour s'&#233;manciper de l'ancienne vision et pour en construire une nouvelle. Tout comme Descartes avait esquiss&#233; le syst&#232;me m&#233;canique de la nature, Hegel a formul&#233; la premi&#232;re conception syst&#233;matique de l'ensemble du monde naturel, social et spirituel comme un processus continu de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa logique dialectique, Hegel a tent&#233; de donner une forme rationnelle et de d&#233;velopper une m&#233;thode rationnelle &#224; partir des processus multiformes et contradictoires de l'&#233;volution. Les lois de sa dialectique ne sont rien d'autre que les lois les plus g&#233;n&#233;rales du mouvement et du changement dans la nature, la soci&#233;t&#233; et la pens&#233;e humaine. Ces lois ont &#233;t&#233; con&#231;ues &#224; l'origine par Hegel de fa&#231;on id&#233;aliste comme de simples lois de la pens&#233;e. Mais, comme Marx et Engels l'ont d&#233;montr&#233; par la suite dans leur version mat&#233;rialiste de la logique dialectique, les lois dialectiques sont des formulations conceptuelles de r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois lois de la dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels discute trois lois principales de la dialectique : la loi de la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;, et vice versa ; la loi de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires ; et la loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation. Il prend les r&#233;sultats exp&#233;rimentaux des sciences individuelles, les passe au crible et les synth&#233;tise, pour montrer que ces lois dialectiques sont en r&#233;alit&#233; des lois du d&#233;veloppement de la nature et sont donc valables pour les sciences naturelles th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re loi signifie que &#171; dans la nature, d'une mani&#232;re exactement fix&#233;e pour chaque cas individuel, des changements qualitatifs ne peuvent se produire que par l'addition ou la soustraction quantitative de mati&#232;re ou de mouvement (ce qu'on appelle l'&#233;nergie) &#187;. Dans le deuxi&#232;me chapitre, Engels indique pr&#233;cis&#233;ment comment cette loi fonctionne &#224; l'aide de nombreux exemples tir&#233;s des sciences exactes de la m&#233;canique, de la physique et de la chimie, o&#249; des variations quantitatives pr&#233;cis&#233;ment mesurables et tra&#231;ables sont directement li&#233;es &#224; la production de diff&#233;rences qualitatives. En physique, on a constat&#233; depuis qu'il existe une s&#233;rie continue de rayons depuis les rayons radio jusqu'aux rayons cosmiques dans lesquels les variations quantitatives de longueur d'onde se manifestent par des diff&#233;rences qualitatives d&#233;terminables. Cette m&#234;me loi est &#233;galement clairement observable en chimie o&#249; les propri&#233;t&#233;s des corps sont modifi&#233;es en concordance avec leur composition quantitative modifi&#233;e. Engels cite les formes allotropiques des &#233;l&#233;ments, les compos&#233;s d'oxyde d'azote, les s&#233;ries homologues de compos&#233;s carbon&#233;s et la disposition p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments en fonction de leur poids atomique ; les chimistes modernes pourraient ajouter bien d'autres exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me loi de la dialectique affirme que toute chose a un caract&#232;re contradictoire, contenant en elle son propre contraire. L'essence bipolaire de toutes choses se manifeste par le changement, qui est un processus d' alt&#233;ration ou de transformation de quelque chose de son &#233;tat original &#224; travers une s&#233;rie de variations interm&#233;diaires vers son oppos&#233;. Engels pr&#233;sente cette loi de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires dans le troisi&#232;me chapitre o&#249; il &#233;tudie le plus important des probl&#232;mes scientifiques, les formes fondamentales du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute connaissance naturelle est bas&#233;e sur l'&#233;tude des mouvements mat&#233;riels d'une sorte ou d'une autre. Une conception correcte du mouvement est donc absolument indispensable aux sciences naturelles. Qu'est-ce que le mouvement ? Le mouvement, dit Engels, est une combinaison contradictoire d'attraction et de r&#233;pulsion. Toutes les diff&#233;rentes formes de mouvement naissent de l'interaction entre ces deux phases oppos&#233;es de son &#234;tre. Partout et &#224; chaque fois qu'un mouvement se produit dans la nature, ces p&#244;les oppos&#233;s se retrouveront ins&#233;parablement unis. Cette d&#233;finition dialectique du mouvement contient d&#233;j&#224; implicitement la loi physique d&#233;couverte empiriquement de la conservation de l'&#233;nergie. Car si chaque attraction individuelle est compens&#233;e par une r&#233;pulsion correspondante ailleurs, alors la somme de toutes les attractions de l'univers doit &#234;tre &#233;gale &#224; la somme de toutes les r&#233;pulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement consiste en l'unit&#233; concr&#232;te de l'attraction et de la r&#233;pulsion. Gr&#226;ce &#224; leur interaction les uns avec les autres et leur transmutation les uns dans les autres, les divers modes de mouvement dans la nature sont produits. L'interaction universelle de l'attraction et de la r&#233;pulsion peut &#234;tre vue dans le type de mouvement le plus simple, le mouvement m&#233;canique, qui consiste en un changement de place de la part d'un corps quelconque. Le mouvement &#233;tant toujours relatif, le changement de lieu n&#233;cessite l'interaction d'au moins deux corps pour se manifester. Lorsque deux corps agissent l'un sur l'autre de telle sorte qu'il en r&#233;sulte un changement de place de l'un ou des deux, ce changement de place ne peut consister qu'en un rapprochement ou une s&#233;paration. Mais le mouvement d'un corps vers un autre implique le d&#233;passement de la r&#233;pulsion qui les s&#233;pare, et vice-versa. De plus, l'attraction d'un corps vers un autre implique sa r&#233;pulsion par rapport &#224; un troisi&#232;me corps. Ainsi tout changement de lieu entra&#238;ne n&#233;cessairement l'action r&#233;ciproque d'attraction et de r&#233;pulsion et leur remplacement l'un par l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements m&#233;caniques des masses &#224; la surface de la Terre peuvent &#234;tre r&#233;solus en force centrip&#232;te de gravitation et en forces centrifuges antagonistes. La m&#234;me interp&#233;n&#233;tration d'attraction et de r&#233;pulsion se manifeste dans les mouvements mutuels des corps c&#233;lestes, comme dans l'&#233;quilibre dynamique maintenu entre la terre et le soleil. Si la Terre n'&#233;tait pas li&#233;e au soleil par attraction, elle quitterait le syst&#232;me solaire et s'envolerait dans l'espace. Si le soleil, au contraire, n'exer&#231;ait pas une r&#233;pulsion constante sous forme d'&#233;nergie rayonnante sur la terre et ne la maintenait pas &#224; distance, cette plan&#232;te serait depuis longtemps tomb&#233;e dans sa masse enflamm&#233;e et aurait &#233;t&#233; absorb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque mode de mouvement dans la nature, du plus bas au plus &#233;lev&#233;, du simple mouvement m&#233;canique au comportement organique complexe, embrasse et d&#233;coule de l'action et de la r&#233;action simultan&#233;es d'attraction et de r&#233;pulsion. Le mouvement n'est en fait rien d'autre que l'expression la plus g&#233;n&#233;rale de la s&#233;rie multiple de formes dans lesquelles se manifestent ces p&#244;les oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition dialectique du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels utilise cette d&#233;finition dialectique, bilat&#233;rale et compl&#232;te du mouvement pour critiquer et corriger les conceptions unilat&#233;rales de la nature du mouvement qui pr&#233;valent dans la physique newtonienne. Les Newtoniens ont commis une erreur en faisant de l'attraction, ou gravitation, la forme fondamentale du mouvement dans la nature. Ils m&#233;connaissaient ainsi le r&#244;le tout aussi important de son contraire, la r&#233;pulsion, n&#233;gligeant notamment les transformations d'une phase du mouvement en l'autre. Engels entreprend une analyse des concepts de force, d'&#233;nergie et de travail dans les &#233;crits de Helmholtz, le grand physicien allemand du XIXe si&#232;cle, pour d&#233;montrer comment cette n&#233;gligence du caract&#232;re essentiellement bipolaire du mouvement a introduit la confusion et perp&#233;tu&#233; les erreurs dans la th&#233;orie physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'Engels a &#233;crit, le fait que le mouvement englobe &#224; la fois l'attraction et la r&#233;pulsion a &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233; de mani&#232;re frappante par la th&#233;orie &#233;lectronique de la mati&#232;re, la th&#233;orie physique de la relativit&#233; et, comme le souligne Haldane, par les d&#233;veloppements r&#233;cents de la th&#233;orie astronomique des n&#233;buleuses spirales. Dans les principes de la nouvelle &#171; m&#233;canique ondulatoire &#187;, la loi dialectique de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires vient de remporter une grande victoire sur les anciennes conceptions m&#233;caniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce triomphe est d'autant plus d&#233;finitif que les physiciens eux-m&#234;mes ont r&#233;sist&#233; si longtemps et consciemment. Lorsqu'ils d&#233;couvrirent pour la premi&#232;re fois que les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectroniques pr&#233;sentaient &#224; la fois les propri&#233;t&#233;s des ondes et des particules, ils furent profond&#233;ment perplexes face &#224; cette contradiction, qui ne pouvait &#234;tre concili&#233;e ni expliqu&#233;e par les cat&#233;gories divis&#233;es de la th&#233;orie m&#233;canique. La th&#233;orie subatomique est tomb&#233;e dans l'impasse. Apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, les physiciens les plus audacieux ont enfin conclu que dans le monde subatomique, les ondes et les particules ne peuvent plus &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des oppos&#233;s absolus ; qu'ils peuvent &#234;tre r&#233;unis en une seule entit&#233; ; qu'ils peuvent poss&#233;der les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s ; et que, sous certaines conditions, ils peuvent se transformer l'un dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;gation de la n&#233;gation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation, que Hegel a utilis&#233;e comme loi fondamentale pour la construction de tout son syst&#232;me de pens&#233;e, a un domaine d'application bien plus large dans le syst&#232;me naturel. Cette loi exprime r&#233;ellement la forme fondamentale du d&#233;veloppement de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces oppos&#233;es &#224; l'&#339;uvre dans chaque chose entra&#238;nent des changements constants dans sa constitution. Ces changements s'accumulent en quantit&#233; jusqu'&#224; ce que, &#224; un certain stade d&#233;termin&#233; du processus de d&#233;veloppement, une transformation qualitative distincte ou un saut se produise. La chose perd son identit&#233; originelle et passe dans son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le processus &#233;volutif ne s'arr&#234;te pas &#224; la simple n&#233;gation. La nouvelle forme d'existence mat&#233;rielle n'est pas moins contradictoire que l'ancienne et est sujette &#224; la m&#234;me inqui&#233;tude int&#233;rieure. La premi&#232;re n&#233;gation subit &#224; son tour une auto-diff&#233;renciation et une division jusqu'&#224; ce qu'elle passe elle aussi dans son propre contraire et soit ainsi ni&#233;e. Le r&#233;sultat final de ce processus s'appelle la n&#233;gation de la n&#233;gation, une unit&#233; synth&#233;tique qui a &#233;cart&#233; les formes transitionnelles mais a conserv&#233; en elle le contenu essentiel des deux c&#244;t&#233;s de l'ensemble contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les transformations du mouvement mat&#233;riel &#233;tudi&#233;es par les sciences naturelles illustrent le fonctionnement de cette loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation dans la r&#233;alit&#233; physique. Engels utilise la loi pour clarifier les interconnexions entre le mouvement m&#233;canique et mol&#233;culaire, ou la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;canique en mouvement mol&#233;culaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les formes de mouvement sont g&#233;n&#233;r&#233;es, comme nous l'avons dit, par le jeu de l'attraction et de la r&#233;pulsion et par leur conversion l'une dans l'autre. Mais dans chaque mode sp&#233;cifique de mouvement, l'un ou l'autre extr&#234;me pr&#233;domine. Le mouvement m&#233;canique pur est essentiellement une forme d'attraction. Bien que la r&#233;pulsion soit n&#233;cessairement pr&#233;sente dans tous les cas de mouvement m&#233;canique, elle existe dans un &#233;tat n&#233;gatif ou passif. Le r&#244;le actif est jou&#233; par l'attraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que forme d'attraction, le mouvement m&#233;canique est la n&#233;gation de la r&#233;pulsion. Mais il contient en lui la possibilit&#233; de se transformer en son contraire. Ce d&#233;veloppement dialectique se produit en r&#233;alit&#233; dans la nature par le contact ou la collision d'un corps avec un autre. Dans le frottement ou l'impact qui en r&#233;sulte, une partie du mouvement m&#233;canique pur des masses est d&#233;truite et r&#233;appara&#238;t sous la forme de mouvement mol&#233;culaire interne, ou de chaleur. La chaleur produite par le freinage est un exemple quotidien de ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la chaleur, qui agite et s&#233;pare les mol&#233;cules des corps solides, est une forme de r&#233;pulsion. Dans le cas de la chaleur, la r&#233;pulsion appara&#238;t comme le c&#244;t&#233; actif, et l'attraction recule dans le c&#244;t&#233; passif du processus mat&#233;riel. La conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur est donc une n&#233;gation de la n&#233;gation, un retour du mouvement mat&#233;riel &#224; l'&#233;tat originel de r&#233;pulsion, mais &#224; un niveau de d&#233;veloppement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectique de la d&#233;couverte scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation se manifeste non seulement dans le processus physique de conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur, mais aussi dans l'histoire de sa d&#233;couverte. Il y a bien longtemps, l'humanit&#233; a converti le mouvement m&#233;canique en chaleur, d'abord par l'acte instinctif de frotter le corps avec les mains pour le garder au chaud, puis en allumant le feu &#224; partir de la friction. Mais cette n&#233;gation de la forme positive originelle du mouvement m&#233;canique n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape dans la dialectique du processus. Pour achever ce d&#233;veloppement, l'humanit&#233; a d&#251; inverser le processus et convertir la chaleur en mouvement m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette deuxi&#232;me &#233;tape, la n&#233;gation de la n&#233;gation, n'a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e qu'apr&#232;s plusieurs milliers d'ann&#233;es gr&#226;ce &#224; l'invention de la machine &#224; vapeur, qui est un appareil permettant de convertir la chaleur en un mouvement m&#233;canique utilisable. Dans ce cas, la pratique humaine historique dans le domaine de la technologie fournit la preuve de la loi logique de la n&#233;gation de la n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; aussi la preuve que &#171; la dialectique du cerveau n'est que le reflet de la forme du mouvement du monde r&#233;el, tant dans la nature que dans l'histoire &#187;. La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation n'aurait pas p&#233;n&#233;tr&#233; la pens&#233;e consciente si elle n'avait pas d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#224; l'&#339;uvre dans les processus physiques et dans la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;canique contre dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme le souligne Engels, m&#234;me apr&#232;s que le probl&#232;me de la conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur et de la chaleur en mouvement m&#233;canique ait &#233;t&#233; r&#233;solu dans la pratique humaine, les naturalistes n'ont pas r&#233;ussi &#224; formuler ce fait d'une mani&#232;re th&#233;orique tout &#224; fait correcte ou compl&#232;te. Au d&#233;but, ils consid&#233;raient la chaleur, comme l'&#233;lectricit&#233;, comme un type particulier de substance impond&#233;rable plut&#244;t que comme un mode de mouvement mat&#233;riel. Puis, lorsqu'ils reconnurent la chaleur comme mode de mouvement, tant dans la loi restreinte de l'&#233;quivalent m&#233;canique de la chaleur que dans la loi g&#233;n&#233;rale de la conservation de l'&#233;nergie, ils exprim&#232;rent les relations entre ces deux modes de mouvement exclusivement &#224; partir de l'une. point de vue bilat&#233;ral de la quantit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les mouvements m&#233;caniques et mol&#233;culaires ne sont pas seulement li&#233;s quantitativement mais qualitativement. Ce sont des formes diff&#233;rentes du m&#234;me mouvement mat&#233;riel. Le mat&#233;rialisme dialectique montre sa sup&#233;riorit&#233; sur le point de vue m&#233;canique car, en plus de comprendre l'identit&#233; quantitative entre les deux formes de mouvement, formul&#233;e par la loi de l'&#233;quivalence quantitative du mouvement &#224; travers tous ses changements de forme, il explique aussi leur diversit&#233; qualitative et la mani&#232;re de leurs m&#233;tamorphoses mutuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique a une conception diff&#233;rente de la t&#226;che principale des sciences naturelles que celle des repr&#233;sentants de l'&#233;cole m&#233;canique dont les id&#233;es ont pr&#233;valu dans la pens&#233;e des sciences naturelles depuis Descartes et Newton. Les m&#233;caniciens, pr&#233;occup&#233;s par l'&#233;tude des lois du passage des corps dans l'espace, croyaient que le but de la science &#233;tait de r&#233;duire toutes les autres formes de mouvement mat&#233;riel &#224; la forme &#233;l&#233;mentaire du mouvement m&#233;canique, de r&#233;soudre les modes de mouvement sup&#233;rieurs en la forme &#233;l&#233;mentaire du mouvement m&#233;canique. plus bas, plus le complexe devient simple. Ainsi, dans l'introduction de ses Principia , Newton &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il serait d&#233;sirable de d&#233;duire des &#233;l&#233;ments de la m&#233;canique les autres ph&#233;nom&#232;nes de la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception du but ultime des sciences naturelles co&#239;ncidait avec ce niveau relativement primitif de technologie et d'industrie qui se pr&#233;occupait principalement d'utiliser et d'exploiter des machines dans lesquelles un aspect du mouvement m&#233;canique (&#233;nergie potentielle) &#233;tait transform&#233; en un autre (&#233;nergie cin&#233;tique). La pens&#233;e scientifique &#233;voluait dans le m&#234;me cercle &#233;troit que la pratique scientifique, g&#233;n&#233;ralisant les changements au sein d'une seule forme simple de mouvement, la transposition m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux progr&#232;s consid&#233;rables de la technologie et de l'industrie &#224; grande &#233;chelle au cours des deux derniers si&#232;cles, les scientifiques ont d&#233;couvert, &#233;tudi&#233; et mis en &#339;uvre de nombreux autres types de mouvements mat&#233;riels, thermiques, &#233;lectromagn&#233;tiques, chimiques, etc. Ils se sont particuli&#232;rement appliqu&#233;s &#224; &#233;tudier les interconnexions et les transformations de ces modes de mouvement les uns dans les autres. Les scientifiques savent d&#233;sormais que, si ces autres formes de mouvement sont toujours li&#233;es au mouvement m&#233;canique r&#233;el, elles ne peuvent s'y r&#233;duire sans effacer leurs caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques. Les lois de la physiologie, de la soci&#233;t&#233; ou de la pens&#233;e, bien que fond&#233;es sur les lois fondamentales de la nature, ne peuvent pas &#234;tre simplement &#171; d&#233;duites des &#233;l&#233;ments de la m&#233;canique &#187;, comme l'avait pr&#233;vu Newton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous c&#244;t&#233;s, on voit que les lois qui r&#233;gissent le mouvement m&#233;canique ont leurs limites ; ils ont perdu leur statut souverain. [1] L'expansion de la pratique technique, industrielle et purement scientifique a &#233;largi l'horizon th&#233;orique de la science bien au-del&#224; du vieil id&#233;al m&#233;canique, pr&#233;sentant une vision immens&#233;ment plus large de sa t&#226;che que le mat&#233;rialisme dialectique a non seulement reconnu mais mieux formul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception dialectique de la science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle conception fait &#233;poque. Contrairement au point de vue m&#233;canique, le mat&#233;rialisme dialectique consid&#232;re que la t&#226;che de la science n'est pas la r&#233;duction de tous les modes de mouvement en un seul, mais l'&#233;tude des principales formes de mouvement mat&#233;riel dans leur s&#233;quence naturelle, leurs interconnexions dialectiques et leurs transformations en un seul. un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes de mouvement vont du mouvement m&#233;canique brut des masses &#224; l'activit&#233; complexe de la pens&#233;e dans le cerveau humain. Au cours de l'&#233;volution mat&#233;rielle, tous ces diff&#233;rents modes de mouvement, m&#233;canique, mol&#233;culaire, atomique, &#233;lectronique, chimique, thermique, organique, social et intellectuel, se sont d&#233;velopp&#233;s les uns &#224; partir des autres &#224; travers le jeu de l'attraction et de la r&#233;pulsion, l'id&#233;e contradictoire originelle. essence du mouvement. Ils constituent une s&#233;rie hi&#233;rarchique interd&#233;pendante, dont chacune est naturellement li&#233;e aux autres et capable, dans des conditions mat&#233;rielles appropri&#233;es, de se transformer les unes dans les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception fournit pour la premi&#232;re fois une base mat&#233;rielle solide pour la classification syst&#233;matique des sciences. Chaque science analyse soit une forme distincte de mouvement (chimie), soit les interconnexions entre plusieurs formes de mouvement (&#233;lectrochimie). L'ordre essentiel des sciences correspond &#224; l'ordre de g&#233;n&#233;ration des diverses formes de mouvement dans la nature et &#224; leur transition dialectique les unes dans les autres. Ainsi le mat&#233;rialisme dialectique introduit un nouveau principe d'ordre pour remplacer la confusion et l'anarchie qui r&#232;gnent dans la pens&#233;e scientifique depuis la faillite de l'ancien syst&#232;me m&#233;canique. Tous les divers d&#233;partements de la connaissance humaine, de l'astronomie &#224; la logique, sont corr&#233;l&#233;s en une vaste synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mat&#233;riel de la Dialectique de la nature , comme de tout trait&#233; sur la connaissance naturelle &#233;crit il y a plus de soixante ans, a &#233;t&#233; rendu obsol&#232;te par les progr&#232;s ult&#233;rieurs des sciences physiques. Cela est particuli&#232;rement vrai du chapitre sur l'&#233;lectricit&#233; dans lequel les plus grands progr&#232;s ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s au cours du dernier demi-si&#232;cle. Pourtant, il y a remarquablement peu de plaisanteries dans ces pages. Les observations d'Engels allaient dans la bonne direction et ont &#233;t&#233; confirm&#233;es dans de nombreux cas par des recherches ult&#233;rieures en sciences physiques. Chaque discussion sur une question sp&#233;cifique a une valeur durable en tant qu'exemple de la mani&#232;re d'utiliser les concepts de la dialectique mat&#233;rialiste comme instruments de pens&#233;e critique dans les sciences naturelles et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qui nous attend&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de d&#233;finir le caract&#232;re dialectique des &#233;v&#233;nements naturels, qu'Engels s'&#233;tait fix&#233;e et n'a pas r&#233;ussi &#224; achever, attend encore d'&#234;tre accomplie. Malgr&#233; la richesse des mat&#233;riaux fournis par les r&#233;cents d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires des sciences naturelles, cette t&#226;che en est &#224; peu pr&#232;s au point o&#249; Engels l'avait laiss&#233;e. Les th&#233;oriciens de la p&#233;riode post-marxienne &#8211; Bernstein, Kautsky, Adler, etc. &#8211; poss&#233;dant la m&#234;me hostilit&#233; ou indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la philosophie du mat&#233;rialisme dialectique que nos anti-dialectiques contemporains, n'avaient ni l'&#233;quipement ni la motivation pour faire quoi que ce soit dans ce sens. Le Mat&#233;rialisme et la Critique empirique de L&#233;nine et ses cahiers sur la logique de Hegel ont rendu possible une renaissance de la philosophie du marxisme et ont ouvert la voie &#224; l'extension de ses id&#233;es et de ses m&#233;thodes aux probl&#232;mes auxquels sont confront&#233;es les sciences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait esp&#233;rer que, lorsque les bolcheviks auraient pris le pouvoir en Russie, leurs dirigeants scientifiques et leurs acad&#233;mies entreprendraient cette t&#226;che sur une base collective aussi bien qu'individuelle. Sous le patronage de L&#233;nine, des d&#233;buts prometteurs furent r&#233;alis&#233;s. Mais celles-ci ont &#233;t&#233; interrompues par la r&#233;action. On ne pouvait gu&#232;re s'attendre &#224; ce que la pens&#233;e marxiste pure, bannie de la politique, &#233;tende ses racines dans le sous-sol de la nature ou s'&#233;panouisse librement pendant un certain temps sous l'ombre funeste du r&#233;gime de Staline. Par cons&#233;quent, le marxisme est pass&#233; d'un mouvement id&#233;ologique en pleine croissance &#224; une scolastique st&#233;rile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens pourraient pr&#233;server certaines reliques de la pens&#233;e marxiste pass&#233;e comme les scolastiques m&#233;di&#233;vaux pr&#233;servaient les &#233;crits d'Aristote ou comme ils momifiaient eux-m&#234;mes le corps de L&#233;nine : pour exhiber les gloires d&#233;cadentes du pass&#233; tout en violant leur esprit dans le pr&#233;sent. C'est pourquoi nous leur devons la publication de la Dialectique de la nature . Dans la science comme dans la soci&#233;t&#233;, des vestiges de l'h&#233;ritage de la R&#233;volution d'Octobre sont ici et l&#224; ancr&#233;s dans le stalinisme ; du bien peut encore &#233;maner de cette abomination : contradiction qui horrifiera sans doute les anti-dialectiques. Mais sous les auspices staliniens, il ne peut y avoir de d&#233;veloppement coh&#233;rent et fructueux de la science du mat&#233;rialisme dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce domaine de la pens&#233;e, comme dans tous les autres, les forces de la Quatri&#232;me Internationale sont oblig&#233;es de poursuivre les t&#226;ches laiss&#233;es inachev&#233;es par leurs pr&#233;d&#233;cesseurs marxistes. Dans les &#339;uvres philosophiques de Marx et d'Engels, et maintenant dans la Dialectique de la nature , ils retrouveront les principales voies d&#233;j&#224; trac&#233;es pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;note de bas de page&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Voir, par exemple, The Evolution of Physics d'Einstein et Infeld, en particulier la section sur The Decline of the Mechanical View .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Seul un choc peut transformer qualitativement le monde...</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9441</link>
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		<dc:date>2026-03-08T23:07:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Discontinuit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Contradictions</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les nouvelles structures ne naissent pas dans la continuit&#233; des anciennes, pas plus dans la nature que dans la soci&#233;t&#233;&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut un choc pour construire une nouvelle esp&#232;ce vivante, un nouveau genre, une nouvelle famille, un nouvel ordre, une nouvelle classe, un nouveau phylum (embranchement), un nouveau r&#232;gne d'&#234;tres vivants. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut un choc pour b&#226;tir de nouvelles formes de la propri&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut un choc pour b&#226;tir un nouveau mode de production et c'est toujours un saut qualitatif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Discontinuit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;Contradictions&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les nouvelles structures ne naissent pas dans la continuit&#233; des anciennes, pas plus dans la nature que dans la soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour construire une nouvelle esp&#232;ce vivante, un nouveau genre, une nouvelle famille, un nouvel ordre, une nouvelle classe, un nouveau phylum (embranchement), un nouveau r&#232;gne d'&#234;tres vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir de nouvelles formes de la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir un nouveau mode de production et c'est toujours un saut qualitatif brutal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir une nouvelle forme d'habitat (nomadisme, s&#233;dentarit&#233; en villages, en villes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir des classes sociales d'un type nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut un choc pour b&#226;tir l'Etat dans la soci&#233;t&#233; qui ne le connaissait pas, puis des Etats de type nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est toujours un saut qualitatif brutal, m&#234;me si certains &#233;l&#233;ments n&#233;cessitent une progression graduelle. L'&#233;volution m&#232;ne &#224; un seuil o&#249; il y a besoin d'un saut que l'on ne franchit pas sans un choc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on ne trouve pas du tout des structures interm&#233;diaires en quantit&#233; ni en nombre infini comme le n&#233;cessiterait une continuit&#233; historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, il n'y a pas de structure interm&#233;diaire entre la mati&#232;re &#233;ph&#233;m&#232;re du vide dites &#171; virtuelles &#187; et celle des particules dites &#233;l&#233;mentaires appel&#233;es mati&#232;res &#171; r&#233;elles &#187;. Il n'y a pas de structures interm&#233;diaires entre la s&#233;dentarit&#233; et le village ni entre le village et la ville. Il n'y a pas de structures interm&#233;diaires entre la soci&#233;t&#233; des cueilleurs et celle des cultivateurs. On ne trouve pas non plus de structure interm&#233;diaire entre la vie sans cellule et la cellule. On ne trouve pas une quantit&#233; et encore moins une infinit&#233; (que n&#233;cessiterait la continuit&#233;) de structures interm&#233;diaires entre une esp&#232;ce et une autre. Rien par exemple entre l'homme et les singes ni des esp&#232;ces de singes entre eux. Donc il faut en conclure que le mode de transformation n'op&#232;re nullement sur le mode de la transformation graduelle et continue. Pas plus qu'il n'y quantit&#233; de stades interm&#233;diaires entre la vie et la mort. Le changement est brutal m&#234;me entre les g&#233;n&#233;rations !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire &#233;volutive ne peut &#234;tre retrac&#233;e qu'en indiquant des bonds. Voici par exemple l'&#233;volution de la Terre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	&#8722;4,54 milliards d'ann&#233;es : formation de la Terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;4,51 milliards d'ann&#233;es : formation de la Lune.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;4,4 milliards d'ann&#233;es : formation de l'hydrosph&#232;re et de la cro&#251;te terrestre[1].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;3,8 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;res cellules procaryotes dont on ait des fossiles, alors que la temp&#233;rature de surface est comprise entre 40 et 80 &#176;C[2],[3].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;3,7 &#224; &#8722;3,45 milliards d'ann&#233;es (absence de consensus scientifique) : apparition des premiers stromatolithes et de la photosynth&#232;se anoxyg&#233;nique[4],[5],[6].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;2,45 milliards d'ann&#233;es : apparition de la photosynth&#232;se oxyg&#233;nique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;2,4 milliards d'ann&#233;es : Grande Oxydation et d&#233;but de la glaciation huronienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;2,2 milliards d'ann&#233;es : transition procaryote-eucaryote (apparition des Grypania).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;2,1 milliards d'ann&#233;es : apparition des premiers organismes multicellulaires (Gabonionta)[7].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;1,6 milliard d'ann&#233;es : apparition des premiers eucaryotes multicellulaires (Qingshania magnifica)[8].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;1,5 milliard d'ann&#233;es : apparition de la sexualit&#233;[9].&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;575 millions d'ann&#233;es : explosion de l'&#201;diacarien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;500 millions d'ann&#233;es : apparition des chord&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;480 millions d'ann&#233;es : apparition des plantes terrestres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;445 millions d'ann&#233;es : extinction Ordovicien-Silurien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;400 millions d'ann&#233;es : apparition des insectes, des graines et des sarcopt&#233;rygiens (poumons).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;370 millions d'ann&#233;es : extinction du D&#233;vonien.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;365 millions d'ann&#233;es : apparition des t&#233;trapodes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;360 millions d'ann&#233;es : d&#233;but de la glaciation du Karoo et apparition des amphibiens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;330 millions d'ann&#233;es : apparition des amniotes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;252 millions d'ann&#233;es : extinction Permien-Trias.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;230 millions d'ann&#233;es : apparition des dinosaures.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;220 millions d'ann&#233;es : extinction &#034;mineure&#034; du Trias, apparition des mammif&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;200 millions d'ann&#233;es : extinction Trias-Jurassique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;160 millions d'ann&#233;es : apparition des euth&#233;riens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;150 millions d'ann&#233;es : apparition des oiseaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;135 millions d'ann&#233;es : apparition des plantes &#224; fleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	&#8722;66 millions d'ann&#233;es : extinction Cr&#233;tac&#233;-Pal&#233;og&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Voici la chronologie de l'histoire des principales r&#233;volutions de la Terre porteuse d'un tel changement massif, brutal et radical :&lt;br class='autobr' /&gt; 4,6 milliards d'ann&#233;es : formation de la Terre au sein du syst&#232;me solaire, plan&#232;te chaude sans mati&#232;re froides en surface&lt;br class='autobr' /&gt; 4,5 milliards d'ann&#233;es : bombardement massif de m&#233;t&#233;orites porteuses d'eau donnant une plan&#232;te enti&#232;rement couverte d'oc&#233;ans&lt;br class='autobr' /&gt; 4,3 milliards d'ann&#233;es : formation de l'atmosph&#232;re terrestre et formation des roches s&#233;dimentaires les plus anciennes&lt;br class='autobr' /&gt; 4 milliards d'ann&#233;es : d&#233;but de la tectonique des plaques et formation des roches magmatiques ; la temp&#233;rature terrestre passe en dessous de 100&#176;, ce qui permet la formation de macromol&#233;cules&lt;br class='autobr' /&gt; 3,8 milliards d'ann&#233;es : &#171; bombardement tardif &#187; qui efface toutes les traces pr&#233;c&#233;dentes, supprimant tout enregistrement historique ant&#233;c&#233;dent&lt;br class='autobr' /&gt; date inconnue : apparition des ARN&lt;br class='autobr' /&gt; date inconnue : apparition des prot&#233;ines&lt;br class='autobr' /&gt; date inconnue : apparition de l'ADN&lt;br class='autobr' /&gt; 3,5 milliards d'ann&#233;es : apparition de la vie cellulaire ; apparition des premiers stromatolithes&lt;br class='autobr' /&gt; 3,2 milliards d'ann&#233;es : apparition des premiers acritarches&lt;br class='autobr' /&gt; 3 milliards d'ann&#233;es : apparition de la photosynth&#232;se&lt;br class='autobr' /&gt; 2,9 milliards d'ann&#233;es : accr&#233;tion des continents (premi&#232;re fois que l'on trouve de vastes zones continentales)&lt;br class='autobr' /&gt; 2,7 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;re cellules eurcaryotes&lt;br class='autobr' /&gt; 2,45 &#224; 2,2 milliards d'ann&#233;es : &#171; grand &#233;v&#233;nement &#187; d'apparition de l'oxyg&#232;ne avec, comme cons&#233;quence, l'effondrement du m&#233;thane et la destruction massive de formes de vie pour lesquelles l'oxyg&#232;ne est un poison&lt;br class='autobr' /&gt; 2,2 milliards d'ann&#233;es : premi&#232;re augmentation de l'&#233;nergie solaire (plus 10%)&lt;br class='autobr' /&gt; 2,1 milliards d'ann&#233;es : apparition des algues rouges&lt;br class='autobr' /&gt; 2 milliards d'ann&#233;es : &#233;mergence de la sexualit&#233; des bact&#233;ries ; apparition des pluricellulaires&lt;br class='autobr' /&gt; 1,56 milliards d'ann&#233;es : formation de cellules eucaryotes compl&#232;tes&lt;br class='autobr' /&gt; 1 milliard d'ann&#233;e : terre en boule de neige et explosion des cellules eucaryotes&lt;br class='autobr' /&gt; 800 millions d'ann&#233;es : l'&#233;nergie solaire augmente consid&#233;rablement (jusque l&#224;, elle &#233;tait 30% plus faible)&lt;br class='autobr' /&gt; 720 millions d'ann&#233;es : glaciation globale de la Terre&lt;br class='autobr' /&gt; 635 millions d'ann&#233;es : glaciation globale de la Terre et explosion d'Ediacara&lt;br class='autobr' /&gt; 540 millions d'ann&#233;es : explosion de diversit&#233; &#171; cambrienne &#187; du vivant&lt;br class='autobr' /&gt; 500 millions d'ann&#233;es : apparition des chord&#233;s ainsi que des animaux &#224; coquille&lt;br class='autobr' /&gt; 480 millions d'ann&#233;es : grande extinction du vivant ; apparition des plantes terrestres ; grand refroidissement global et des variations du niveau marin (dites glacio-eustatiques) ; le supercontinent Gondwana, alors plac&#233; au p&#244;le Sud, porte une immense calotte glaciaire (inlandsis). Cette glaciation qui mobilisa d'&#233;normes quantit&#233;s d'eau, a fait baisser le niveau des mers&lt;br class='autobr' /&gt; 450 millions d'ann&#233;es : apparition des vert&#233;br&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt; 410 millions d'ann&#233;es : apparition des poissons &#224; m&#226;choires&lt;br class='autobr' /&gt; 400 millions d'ann&#233;es : apparition des insectes, des graines et des sarcopt&#233;rygiens (poumons)&lt;br class='autobr' /&gt; 373 millions d'ann&#233;es : colonisation des continents par les plantes&lt;br class='autobr' /&gt; 370 millions d'ann&#233;es : grande extinction&lt;br class='autobr' /&gt; 365 millions d'ann&#233;es : apparition des t&#233;trapodes&lt;br class='autobr' /&gt; 360 millions d'ann&#233;es : apparition des amphibiens&lt;br class='autobr' /&gt; 340 millions d'ann&#233;es : apparition des reptiles&lt;br class='autobr' /&gt; 320 &#224; 270 millions d'ann&#233;es : glaciation&lt;br class='autobr' /&gt; 251 millions d'ann&#233;es : extinction ; grands trapps de Sib&#233;rie&lt;br class='autobr' /&gt; 210 millions d'ann&#233;es : &#233;clatement du supercontinent qui agglom&#233;rait toutes les terres &#233;merg&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt; 220 millions d'ann&#233;es : apparition des dinosaures&lt;br class='autobr' /&gt; 200 millions d'ann&#233;es : extinction&lt;br class='autobr' /&gt; 150 millions d'ann&#233;es : apparition des oiseaux&lt;br class='autobr' /&gt; 135 millions d'ann&#233;es : apparition des fleurs&lt;br class='autobr' /&gt; 115 millions d'ann&#233;es : apparition des euth&#233;riens&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps, la vie subit une nouvelle r&#233;volution g&#233;n&#233;rale et profonde.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la fin du cr&#233;tac&#233; se d&#233;veloppe un nouveau groupe de mammif&#232;res : les cuspides, comme Zalambdalestes. Ces petits animaux ressemblaient aux petits rongeurs actuels. Toutefois, sur terre, et depuis d&#233;j&#224; 100 millions d'ann&#233;es, les dinosaures prosp&#232;rent et se diversifient. Notamment avec les Hadrosaures, qui furent certainement les dinosaures les plus communs de leur &#233;poque. Semblables aux Iguanodontid&#233;s mais plus &#233;volu&#233;s, on les distinguait en deux parties : les Hadrosaurin&#233;s, qui ne poss&#233;daient pas de cr&#234;te, et les Lamb&#233;osaurin&#233;s, qui en avaient une. Leur caract&#233;ristique la plus frappante est leur bec de canard contenant plus d'un millier de dents capables de broyer les v&#233;g&#233;taux, m&#234;me les plus costauds. Un autre groupe d'herbivores prosp&#233;rait durant le Cr&#233;tac&#233; : les Ceratopsiens. Ils poss&#233;daient souvent plusieurs cornes faciales ; &#224; part quelques exceptions comme Pachyrhinosaurus qui poss&#233;daient des excroissances &#224; la place de la corne ; ainsi qu'une cr&#234;te ornementale qui devait jouer un r&#244;le pendant la parade nuptiale ou pour se d&#233;fendre quand l'animal &#233;tait attaqu&#233;. Enfin, les carnivores eurent de nouveaux et tr&#232;s c&#233;l&#232;bres repr&#233;sentants durant le Cr&#233;tac&#233; : les Tyrannosaurid&#233;s. Ces grands pr&#233;dateurs &#233;taient munis de pattes arri&#232;re extr&#234;mement puissante et d'une gueule aux m&#226;choires elles aussi d'une puissance ph&#233;nom&#233;nale. Cependant leurs membres avant se sont atrophi&#233;s, et la cause reste encore dure &#224; d&#233;terminer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les eaux, la vie subit une v&#233;ritable r&#233;volution elle aussi. Les invert&#233;br&#233;s se rapproch&#232;rent peu &#224; peu de nos crustac&#233;s actuels, ainsi que des gast&#233;ropodes et des oursins. Les poissons osseux (t&#233;l&#233;ost&#233;ens) se diversifi&#232;rent &#233;norm&#233;ment gr&#226;ce &#224; l'apparition d'animaux proches de nos anguilles, des carpes et des perches. Enfin, des reptiles marins comme les Mosasaures apparurent avec les tortues marines et les premiers oiseaux aquatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, au Cr&#233;tac&#233;, les restes de la Pang&#233;e se divisent et forment le Gondwana (au sud) et la Laurasie (au nord). Ceux-ci se disloquaient et les continents actuels prenaient peu &#224; peu forme. Madagascar et l'Inde se s&#233;par&#232;rent du Gondwana afin de prendre leurs places actuelles. Bient&#244;t un effroyable cataclysme allait tout bouleverser et tout remettre en cause : l'extinction Cr&#233;tac&#233;-Tertiaire, il y a 65 millions d'ann&#233;es !&lt;br class='autobr' /&gt; 65 millions d'ann&#233;es : grands trapps du Deccan et trapps de la province ign&#233;e nord-atlantique ; disparition des dinosaures et grande extinction de quantit&#233; d'autres esp&#232;ces&lt;br class='autobr' /&gt; 40 millions d'ann&#233;es : trapps d'Ethiopie&lt;br class='autobr' /&gt; 34 millions d'ann&#233;es : glaciation&lt;br class='autobr' /&gt; 17 millions d'ann&#233;es : embellie climatique du Mioc&#232;ne qui va durer deux millions d'ann&#233;es ; premi&#232;re sortie d'Afrique par nos anc&#234;tres grands singes&lt;br class='autobr' /&gt;
La Terre n'avait pas connu de calotte de glace importante et durable depuis le permo-carbonif&#232;re, il y a 300 millions d'ann&#233;es, pendant pr&#232;s de 250 millions d'ann&#233;es. Les dinosaures, par exemple, dont le r&#232;gne d&#233;marre il y a 220 millions d'ann&#233;es et s'ach&#232;ve il y a 65 millions d'ann&#233;es, n'ont quasiment pas vu l'ombre d'une calotte de glace ! Alors que de Touma&#239; &#224; aujourd'hui, les hominid&#233;s puis les hommes ont &#233;volu&#233;, depuis 7 millions d'ann&#233;es, dans un monde plus froid&#8230; Les r&#233;sultats concernant le CO&#178; (pour l'optimum de temp&#233;rature du Mioc&#232;ne qui dure deux millions d'ann&#233;es de 17 millions &#224; 15 millions) ont &#233;t&#233; un peu inattendus&#8230; Le taux le plus &#233;lev&#233;, 700 ppmv, conduisait &#224; nouveau &#224; un refroidissement tr&#232;s marqu&#233;&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; 14 millions d'ann&#233;es : trapps d'Ethiopie ; extinction&lt;br class='autobr' /&gt; 10 millions d'ann&#233;es : d&#233;but de la bifurcation entre homino&#239;des et autres grands singes&lt;br class='autobr' /&gt; 7 millions d'ann&#233;es : naissance du genre homo au Tchad&lt;br class='autobr' /&gt; 5 millions d'ann&#233;es : naissance de la bip&#233;die&lt;br class='autobr' /&gt; de 3 millions d'ann&#233;es &#224; 1,5 millions d'ann&#233;es : homo habilis&lt;br class='autobr' /&gt; de 2 millions d'ann&#233;es &#224; 100.000 ans : homo erectus&lt;br class='autobr' /&gt; 2,7 millions d'ann&#233;es : glaciation&lt;br class='autobr' /&gt; 150.000 ans : sortie d'homo sapiens de son Afrique natale&lt;br class='autobr' /&gt; de 300.000 ans &#224; 40.000 ans : homo n&#233;anderthalensis&lt;br class='autobr' /&gt; de 150.000 ans &#224; aujourd'hui : homo sapiens&lt;br class='autobr' /&gt; 21.000 ans : glaciation&lt;br class='autobr' /&gt;
La Terre n'est pas la seule &#224; &#234;tre un produit des r&#233;volutions de son Histoire. C'est le cas de tous les &#233;l&#233;ments inertes comme vivants qui s'y trouvent : ils ont eu une apparition brutale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme chaque &#234;tre vivant, l'homme est un produit de l'histoire (et pas seulement de l'histoire de son cerveau). En effet, tous les &#233;l&#233;ments qui caract&#233;risent notre physiologie sont n&#233;s &#224; des &#233;poques diverses (apparus chez divers anc&#234;tres de l'homme). Prenons simplement quelques &#233;l&#233;ments de son squelette :&lt;br class='autobr' /&gt;
a &#8211; la formule dentaire de base il y a 3,5 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
b &#8211; le bassin il y a 3,5 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
c &#8211; l'extr&#233;mit&#233; du scrotum il y a 2,5 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
d &#8211; le genou et le pied il y a 1,8 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
e &#8211; le coude il y a 1,5 millions d'ann&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
f &#8211; la position du cr&#226;ne par rapport &#224; la colonne il y a 250.000 ans&lt;br class='autobr' /&gt;
g &#8211; le poignet et la forme sph&#233;rique du cr&#226;ne il y a 100.000 ans qui est la derni&#232;re &#233;volution importante du squelette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Citons plus en d&#233;tails ce patchwork historique qu'est un homme issu d'une succession de r&#233;volutions qui n'ont rien d'une progression continue ni lin&#233;aire :&lt;br class='autobr' /&gt; 15 milliards d'ann&#233;es, les particules qui constituent notre corps&lt;br class='autobr' /&gt; peu avant 3,5 milliards d'ann&#233;es, la vie, les prot&#233;ines, l'ARN et l'ADN&lt;br class='autobr' /&gt; 2,8 milliards d'ann&#233;es, la vie utilisant l'oxyg&#232;ne&lt;br class='autobr' /&gt; 2,2 milliards d'ann&#233;es, notre noyau cellulaire&lt;br class='autobr' /&gt; 1 milliard d'ann&#233;es, la sexualit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; 670 millions, notre fonctionnement pluricellulaire&lt;br class='autobr' /&gt; 500 millions d'ann&#233;es, la vie hors de l'eau&lt;br class='autobr' /&gt; 450 millions d'ann&#233;es, les d&#233;buts de notre syst&#232;me vert&#233;bral&lt;br class='autobr' /&gt; 400 millions d'ann&#233;es, notre vie terrestre et formation de la m&#226;choire&lt;br class='autobr' /&gt; 200 millions d'ann&#233;es, notre fonctionnement de mammif&#232;res avec notamment l'invention de la mamelle&lt;br class='autobr' /&gt; 100 millions d'ann&#233;es, le placenta&lt;br class='autobr' /&gt; 60 millions d'ann&#233;es, vision trichromatique des primates&lt;br class='autobr' /&gt; environ 10 millions d'ann&#233;es, anc&#234;tre commun des primates et des hominid&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt; 6 millions d'ann&#233;es, notre apparition en Afrique en tant qu'&#234;tre ressemblant &#224; l'homme (australopith&#232;que)&lt;br class='autobr' /&gt; 5 millions d'ann&#233;es, notre bip&#233;die&lt;br class='autobr' /&gt; 3,8 millions d'ann&#233;es, notre vo&#251;te plantaire&lt;br class='autobr' /&gt; 3,5 millions d'ann&#233;es, notre formule dentaire de base et notre bassin&lt;br class='autobr' /&gt; 3 millions d'ann&#233;es, notre utilisation des outils&lt;br class='autobr' /&gt; 2,5 millions d'ann&#233;es, notre scrotum&lt;br class='autobr' /&gt; 2 millions d'ann&#233;es, notre fonctionnement chromosomique et la grande phase de c&#233;phalisation&lt;br class='autobr' /&gt; environ 2 millions d'ann&#233;es, notre pharynx notre larynx et nos zones du cerveau permettant le pr&#233;langage (lallation) puis le langage&lt;br class='autobr' /&gt; 1,8 millions d'ann&#233;es, de nouvelles &#233;tapes vers notre configuration actuelle : face plus aplatie, front relev&#233;, incisives et canines plus d&#233;velopp&#233;es, molaires et pr&#233;molaires plus petites, bourrelet au dessus des yeux disparu, agrandissement du cerveau (homo habilis)&lt;br class='autobr' /&gt; plus d'un million d'ann&#233;es, lib&#233;ration du front des muscles qui retenaient le cr&#226;ne&lt;br class='autobr' /&gt; 1,8 millions d'ann&#233;es, nos os du pied et notre genou&lt;br class='autobr' /&gt; 1,5 millions d'ann&#233;es, notre coude&lt;br class='autobr' /&gt; 400.000 ans, notre os sph&#233;no&#239;de du cr&#226;ne&lt;br class='autobr' /&gt; 338.000 ans, une g&#233;n&#233;tique tr&#232;s proche de celle de l'homme actuel&lt;br class='autobr' /&gt; 250.000 ans, notre trou occipital dans le prolongement de la colonne vert&#233;brale&lt;br class='autobr' /&gt; 200.000 ans, le premier homo sapiens en Afrique&lt;br class='autobr' /&gt; 100.000 ans, la forme sph&#233;rique du cr&#226;ne et le poignet ; c'est-&#224;-dire homo sapiens sapiens (moderne)&lt;br class='autobr' /&gt; 10.000 ans, l'homme agriculteur Les datations pr&#233;c&#233;dentes sont indiqu&#233;es &#224; titre tout &#224; fait indicatif et seulement pour montrer combien l'homme est fait de briques de toutes &#233;poques&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie, elle-m&#234;me, n'est pas n&#233;e en une fois mais par toute une s&#233;rie de r&#233;volutions qui ne se sont pas d&#233;roul&#233;es r&#233;guli&#232;rement mais ont &#233;t&#233; s&#233;par&#233;es de longues p&#233;riodes historiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son ouvrage &#171; Singularit&#233;s &#187; De Duve imagine les singularit&#233;s suivantes du vivant :&lt;br class='autobr' /&gt;
1- formation des premi&#232;res mol&#233;cules (&#233;ventuellement dans l'espace) : chimie abiotique produisant des acides amin&#233;s, les pyrophosphates et thioesters&lt;br class='autobr' /&gt;
2- production de l'ATP et autres mol&#233;cules porteuses de l'&#233;nergie des interactions du vivant&lt;br class='autobr' /&gt;
3- formation des bases U, A, G et C, les mononucl&#233;otides NMP et leurs d&#233;riv&#233;s pyrophosphat&#233;s les NTP, qui sont les briques du futur ARN (mais aussi de l'ADN qui n'appara&#238;t que beaucoup plus tard semble-t-il) et appariement des bases. Apparition d'un protom&#233;tabolisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
4- apparition de l'ARN (acide ribonucl&#233;ique) que De Duve appelle &#171; &#233;v&#233;nement charni&#232;re &#187; car l'ARN est &#224; l'origine des prot&#233;ines et des m&#233;tabolismes. Mais cela ne signifie pas une seule naissance car d'embl&#233;e apparaissent de multiples ARN.&lt;br class='autobr' /&gt;
5- r&#233;plication et transformation de l'ARN par lui-m&#234;me. Formation des ARN auto-catalytique (l'ARNr ribosomial est la premi&#232;re mol&#233;cule catalytique, avant les enzymes), ARN messager (ARNm) et de l'ARN de transfert (ARNt). Invention de la variation en m&#234;me temps que la r&#233;plication. L'ARN est &#224; la fois porteur de la m&#233;moire g&#233;n&#233;tique, d&#233;positaire r&#233;plicable et agent de cette r&#233;plication (ce qui ne sera plus vrai avec l'apparition de l'ADN avec lequel la transcription sera compl&#232;tement dissoci&#233;e de la r&#233;plication). D&#233;but du m&#233;canisme de s&#233;lection. Allongement des brins d'ARN. D&#233;veloppement des enzymes et du m&#233;tabolisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
6- production des prot&#233;ines par l'interaction entre diverses sortes de mol&#233;cules ARN (ARNm, ARNt et ARNr), traduction du langage nucl&#233;ique en langage prot&#233;ique, que De Duve nomme la &#171; vraie r&#233;volution &#187;, &#171; l'&#233;v&#233;nement clef par lequel l'information est entr&#233;e dans la vie &#233;mergente &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
7- formation de la membrane cellulaire par des prot&#233;ines membranaires&lt;br class='autobr' /&gt;
8- naissance de la cellule vivante (son apparition est particuli&#232;rement difficile &#224; situer dans le temps) avec apparition de la croissance et de la multiplication par division.&lt;br class='autobr' /&gt;
9- apparition du code g&#233;n&#233;tique : langage de transcription (g&#233;n&#233;ral au vivant utilisant l'ADN) entre les bases de l'ARN (les NTP) coupl&#233;es par trois (formant un codon) et les acides amin&#233;s (un acide correspondant de fa&#231;on unique &#224; un codon). Formation de la base thymine T par m&#233;thilisation de l'uracile U.&lt;br class='autobr' /&gt;
10- apparition de l'ADN (acide d&#233;soxyribonucl&#233;ique), la fameuse double h&#233;lice et du double processus de r&#233;plication (un brin r&#233;pliqu&#233; d'un seul coup et l'autre par segments reconstitu&#233;s ensuite) puis rev&#233;rification par des enzymes correcteurs. L'ordre de l'ADN est issu du d&#233;sordre et des interactions des ARN qui ne disparaissent pas ensuite mais sont int&#233;gr&#233;s au processus&#8230; Les microARN (non codants) servent &#224; r&#233;guler l'expression des g&#232;nes.&lt;br class='autobr' /&gt;
11- naissance de l'&#234;tre procaryote (cellule sans noyau) puis eucaryote (cellule &#224; noyau par l'int&#233;gration par symbiose &#224; un procaryote d'autre procaryotes constituant mitochondries et chloroplastes). Naissent les familles de procaryotes, les bacteria et les archaea, puis les eucarya (ou eucaryotes, parmi lesquels appara&#238;tront notamment les animaux, les plantes et les &#233;ponges).&lt;br class='autobr' /&gt;
12- apparition des &#234;tres pluricellulaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_%C3%A9volutive_du_vivant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_%C3%A9volutive_du_vivant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition des civilisations est aussi peu graduelle et continue que leur disparition&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutions sociales sont tout aussi brutales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6209&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6209&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre le gradualisme dans les transformations sociales, y compris celles de la Pr&#233;histoire et l'Antiquit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5525&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de structures nouvelles suppose non seulement une discontinuit&#233;, un saut, mais, de plus, un tel changement qualitatif tel que la nouvelle structure n'est pas une simple somme des propri&#233;t&#233;s ni des &#233;l&#233;ments de l'ancienne ou des anciennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5131&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5131&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les interactions physiques font-elles &#233;merger les niveaux hi&#233;rarchiques des structures mat&#233;rielles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3403&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3403&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re, &#233;mergence de structure au sein du vide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article37&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article37&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re dite inerte, ce ne sont pas des structures fixes mais &#233;mergentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la mati&#232;re s'organise spontan&#233;ment et de mani&#232;re stable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4840&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4840&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre cerveau aussi a &#233;volu&#233; par sauts, m&#234;me si c'est avec retard sur notre mode de vie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3364&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quantit&#233; se transforme en qualit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3895&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quanta ou la mort programm&#233;e du continu en physique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article16&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article16&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discontinuit&#233; de l'univers et structures hi&#233;rarchiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article20&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article20&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discontinuit&#233; de l'histoire du Vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article14&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article14&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la continuit&#233; et la discontinuit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article11&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article11&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature fait des sauts (ou le r&#232;gne universel de la discontinuit&#233;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement neuronal est saltatoire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1194&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1194&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discontinuit&#233; de la nature : une question philosophique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauts, chocs, transitions, nouvelle organisation en Physique quantique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5112&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5112&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sauts de toute &#233;volution proviennent de la dialectique de l'ordre et du d&#233;sordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.fr/search?hl=fr&amp;q=ordre+d%C3%A9sorre+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&amp;btnG=Recherche&amp;meta=&amp;gws_rd=ssl&amp;sei=2gxvadaGNq2skdUP9uno4Ao#hl=fr&amp;q=ordre+d%C3%A9sordre+site:http://www.matierevolution.fr+OR+site:http://www.matierevolution.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les structures nouvelles sont issues du non-&#233;quilibre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2079&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2079&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233; appara&#238;t, au sein du vivant, ponctuellement, dans le temps comme dans l'espace&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3019&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3019&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le choc qui cr&#233;e la structure nouvelle dans le Vivant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7821&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7821&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5151&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5151&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le stress (effet de choc en biologie mol&#233;culaire) cr&#233;e l'esp&#232;ce : le r&#244;le des prot&#233;ines de choc thermique et des chaperons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2002/10/medsci20021812p1200/medsci20021812p1200.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2002/10/medsci20021812p1200/medsci20021812p1200.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Prot%C3%A9ine_de_choc_thermique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Prot%C3%A9ine_de_choc_thermique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://blog.icp-texinfine.com/hsp-proteines-choc-thermique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blog.icp-texinfine.com/hsp-proteines-choc-thermique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-proteine-choc-thermique-16741/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/biologie-proteine-choc-thermique-16741/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore et &#224; nouveau sur Hsp90 et les liens du d&#233;veloppement et de l'&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8416&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8416&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des g&#232;nes hom&#233;otiques &#224; l'apoptose, de l'architecte au sculpteur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment naissent les nouvelles esp&#232;ces vivantes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6227&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6227&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.salamandre.org/article/comment-apparait-une-nouvelle-espece-dans-la-nature-%E2%80%89/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.salamandre.org/article/comment-apparait-une-nouvelle-espece-dans-la-nature-%E2%80%89/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.simplyscience.ch/fr/enfants/decouvre/comment-apparait-une-nouvelle-espece&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.simplyscience.ch/fr/enfants/decouvre/comment-apparait-une-nouvelle-espece&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choc thermique cr&#233;e la nouveaut&#233; dans le Vivant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-moleculaire/les-chaperonnes-des-proteines-a-tout-faire-3649.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-moleculaire/les-chaperonnes-des-proteines-a-tout-faire-3649.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://pepite-depot.univ-lille.fr/LIBRE/EDSMRE/2014/50376-2014-Sivery.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://pepite-depot.univ-lille.fr/LIBRE/EDSMRE/2014/50376-2014-Sivery.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution du Vivant a un caract&#232;re dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5673&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5673&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2964&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2964&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5491&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5491&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4315&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4315&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage d'une esp&#232;ce &#224; une autre est une r&#233;volution et pas une &#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article50&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article50&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;lection naturelle des esp&#232;ces, ou transformation darwinienne du vivant, est-elle &#233;volutive, adaptative, pr&#233;dictible, productrice de progr&#232;s, de complexification ou d'am&#233;lioration ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transformation macro&#233;volutive des esp&#232;ces est une r&#233;volution : l'apparition est issue d'une extinction, la destruction est constructrice, le nouveau n'est pas seulement une progression mais aussi une r&#233;gression (il est construit &#224; partir de l'ancien, jeune et non d&#233;velopp&#233;) et le changement est discontinu, non-lin&#233;aire et brutal. Un exemple vient d'en &#234;tre donn&#233; : le passage brutal des dinosaures aux oiseaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3545&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3545&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cherchant des &#171; cha&#238;nons manquants &#187; n&#233;cessaires pour croire qu'il n'y avait pas eu r&#233;volution mais &#233;volution, les scientifiques ont montr&#233; que la grdualit&#233; et la continuit&#233; n'existaient pas dans la transformation du Vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4303&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4303&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution des esp&#232;ces se fait par sauts&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7307&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7307&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain, lui aussi, s'est transform&#233; sur le mode r&#233;volutionnaire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3908&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais peut-on vraiment dire que la mati&#232;re connait des r&#233;volutions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5637&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5637&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2849&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2849&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la mati&#232;re est aussi une histoire des r&#233;volutions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5012&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5012&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de la Terre et de la Vie, marqu&#233;s par les ph&#233;nom&#232;nes brutaux des volcans g&#233;ants, les trapps et les grandes explosions volcaniques&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5400&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5400&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discontinuit&#233; de la vie : de la cr&#233;ation d'esp&#232;ces &#224; la cr&#233;ation de l'homme et &#224; la cr&#233;ation humaine et des civilisations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article211&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article211&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'erreur de base de la compr&#233;hension du m&#233;canisme de la vie comme de celui de la soci&#233;t&#233; est la philosophie non-dialectique, celle qui oppose de mani&#232;re diam&#233;trale le hasard et la n&#233;cessit&#233;, la vie et la mort, l'homme et l'animal, la conscience et son absence, le corps et l'esprit....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2972&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2972&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement r&#233;volutionnaire du vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2343&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2343&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment l'&#233;volution des esp&#232;ces peut faire des sauts ou les g&#232;nes hom&#233;otiques de plan d'organisation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6444&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a longtemps cru que la r&#233;alit&#233; physique &#233;tait d&#233;crite par des objets, les mol&#233;cules, les atomes ou les particules ou, pour le vivant, les cellules et les g&#232;nes. Il s'agissait de &#171; choses &#187;, c'est-&#224;-dire d'&#233;l&#233;ments fixes qui &#233;taient caract&#233;ris&#233;s par des param&#232;tres constants. On parlait de charge de l'&#233;lectron, de masse de l'atome ou de trajectoire (vitesse et position) d'une particule. Tout cela a d&#251; &#234;tre abandonn&#233; devant les d&#233;couvertes de la physique quantique et de l'&#233;pig&#233;n&#233;tique. Quelle image ressort finalement de ce grand chambardement ? Aucune dirons certains. A &#171; Mati&#232;re et r&#233;volution &#187;, ce n'est pas notre point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'av&#232;re que les param&#232;tres et les structures qui apparaissent doivent leur durabilit&#233; &#224; une dynamique extraordinairement anim&#233;e et fond&#233;e sur des chocs. Les attributs qui semblaient attach&#233;s &#224; chaque corpuscule ne sont pas des propri&#233;t&#233;s appartenant en fixe &#224; celui-ci. Tout corpuscule peut changer brutalement de nature et le fait sans cesse. Si on conserve un certain type de corpuscule dans une zone donn&#233;e, ce n'est pas d&#251; &#224; une conservation individuelle de chaque corpuscule. Le nombre d'un certain type de corpuscules peut m&#234;me changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article26&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auto-organisation ou le nouvel ordre spontan&#233;ment issu du d&#233;sordre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article449&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le de la violence dans la dynamique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article24&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article24&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construction et d&#233;construction : la dialectique du vivant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article624&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article624&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#234;tre humain est dialectique dans tous les domaines et &#224; tous les niveaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobile et immobile, localis&#233; et dispers&#233;, &#224; l'&#233;quilibre ou au non-&#233;quilibre, en conservation et en changement, quelles oppositions et quels liens ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6440&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6440&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Conclusion :
&lt;p&gt;Le saut qualitatif est une loi de la dialectique g&#233;n&#233;rale et universelle, qu'il s'agisse de mati&#232;re inerte ou vivante, de l'homme ou de la soci&#233;t&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les structures apparemment stables qui travaillent &#224; la conservation de l'ordre ne peuvent &#234;tre d&#233;stabilis&#233;es et cass&#233;es que par un choc et c'est encore un cho qui construit de nouvelles structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat r&#233;forme ou r&#233;volution est lui aussi dans cette question du gradualisme et du continuisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Seul un choc peut changer le monde&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5216&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5216&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5033&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4595&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1619&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1619&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1987&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2475&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2475&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3979&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3979&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5127&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6616&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6616&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Controverses scientifiques et dialectique</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8838</link>
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		<dc:date>2026-02-15T23:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Sciences</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'histoire des sciences est pleine de controverses entre points de vue diam&#233;tralement oppos&#233;s qui n'ont &#233;t&#233; valid&#233;s ni l'un ni l'autre et qui ont fini par se r&#233;soudre dans une dialectique mariant les contraires : &#233;nerg&#233;tisme contre m&#233;canisme &lt;br class='autobr' /&gt;
https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k11936924/f334.item &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nerg%C3%A9tisme &lt;br class='autobr' /&gt;
https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canisme_(philosophie) ondulatoire contre corpusculaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique4" rel="directory"&gt;Chapter 02 : Is matter a suject of philosophy ? Mati&#232;re &#224; philosopher ?&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot245" rel="tag"&gt;Sciences&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'histoire des sciences est pleine de controverses entre points de vue diam&#233;tralement oppos&#233;s qui n'ont &#233;t&#233; valid&#233;s ni l'un ni l'autre et qui ont fini par se r&#233;soudre dans une dialectique mariant les contraires :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;nerg&#233;tisme contre m&#233;canisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11936924/f334.item&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k11936924/f334.item&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nerg%C3%A9tisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89nerg%C3%A9tisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canisme_(philosophie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9canisme_(philosophie&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ondulatoire contre corpusculaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article882&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5660&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5660&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#224; l'inverse de l'opposition classique entre l'hypoth&#232;se corpusculaire de Newton et l'hypoth&#232;se ondulatoire de Huygens, l'analyse de la lumi&#232;re fonde, selon Louis de Broglie, une dialectique onde-corpuscule. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/leportique/406&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/leportique/406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;volution ontog&#233;nique contre &#233;volution phylog&#233;n&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_r%C3%A9capitulation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_de_la_r%C3%A9capitulation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; micro&#233;volution contre macro&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_des_th%C3%A9ories_de_l%27%C3%A9volution&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Critiques_des_th%C3%A9ories_de_l%27%C3%A9volution&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fixisme contre catastrophisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/editionscnrs/35542?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/editionscnrs/35542?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Catastrophisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fixisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fixisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; - loi de corr&#233;lation des organes de Cuvier contre th&#233;orie des analogues de Geoffroy Saint-Hilaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mnhn.fr/fr/cuvier-geoffroy-saint-hilaire-la-querelle-de-deux-brillants-scientifiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mnhn.fr/fr/cuvier-geoffroy-saint-hilaire-la-querelle-de-deux-brillants-scientifiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6199&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6199&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;alisme d'Einstein contre physique quantique de l'&#233;cole de Copenhague&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6974&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6974&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4285&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4285&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; physique causale contre non causale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1698&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1698&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; jungisme contre freudisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2884&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2884&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; continuit&#233; contre discontinuit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2060&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2060&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2056&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2056&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5563&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5563&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2464&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2464&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; g&#233;n&#233;tique contre &#233;pig&#233;n&#233;tique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5698&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5698&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4308&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4308&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4879&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4879&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; positivisme contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4930&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4930&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5119&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5119&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article127&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article127&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article34&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article34&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; th&#232;se du progr&#232;s dans l'&#233;volution des esp&#232;ces contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4002&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; th&#233;ories du hasard contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5885&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5885&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4215&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4215&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article114&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article114&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; r&#233;chauffement global anthropique contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4142&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4142&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5748&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5748&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7554&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7554&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mati&#232;re locale d'Einstein contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.hal.science/halshs-00167298/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.hal.science/halshs-00167298/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; eug&#233;nisme contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2009/08/medsci2009256-7p641/medsci2009256-7p641.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/full_html/2009/08/medsci2009256-7p641/medsci2009256-7p641.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7244&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7244&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6096&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6096&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; supersym&#233;trie contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3814&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; dessein intelligent contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5789&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5789&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gradualisme de l'&#233;volution contre changement brutal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article434&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article434&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cognitivisme et ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.google.com/search?q=cognitivisme+pour+ou+contre&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;client=firefox-b&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.google.com/search?q=cognitivisme+pour+ou+contre&amp;ie=utf-8&amp;oe=utf-8&amp;client=firefox-b&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; complexit&#233; et ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4959&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4959&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; chaos d&#233;terministe et ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4995&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4995&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;cole de Copenhague en physique quantique contre ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3807&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3819&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;terminisme contre ind&#233;terminisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4283&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4283&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; th&#233;orie de l'information et ses adversaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4086&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4460&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4460&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dialectique &#224; l'&#339;uvre en sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article29&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article29&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;l&#233;ments du mat&#233;rialisme dialectique</title>
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		<dc:date>2026-02-10T23:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Mat&#233;rialisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;l&#233;ments du mat&#233;rialisme dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
Le marxisme est la th&#233;orie scientifique du mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire qui vise &#224; renverser le syst&#232;me capitaliste d&#233;pass&#233; et &#224; &#233;riger &#224; sa place un nouvel ordre socialiste. Le mat&#233;rialisme dialectique est le fondement philosophique du marxisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
La port&#233;e du mat&#233;rialisme dialectique &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; maintes reprises dans l'histoire du mouvement ouvrier, les porte-parole capitalistes ont cherch&#233; &#224; limiter les activit&#233;s des travailleurs dans des limites (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot281" rel="tag"&gt;Mat&#233;rialisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;l&#233;ments du mat&#233;rialisme dialectique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme est la th&#233;orie scientifique du mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire qui vise &#224; renverser le syst&#232;me capitaliste d&#233;pass&#233; et &#224; &#233;riger &#224; sa place un nouvel ordre socialiste. Le mat&#233;rialisme dialectique est le fondement philosophique du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La port&#233;e du mat&#233;rialisme dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; maintes reprises dans l'histoire du mouvement ouvrier, les porte-parole capitalistes ont cherch&#233; &#224; limiter les activit&#233;s des travailleurs dans des limites &#233;troites. Il est conseill&#233; aux travailleurs de limiter leurs activit&#233;s &#224; une usine ou une industrie particuli&#232;re ou &#224; l'int&#233;rieur des fronti&#232;res d'un pays. Les organisations syndicales sont mises en garde contre l'entr&#233;e en politique et, une fois devenues une force ind&#233;pendante dans la vie politique, elles sont mises en garde contre la prise du pouvoir d'&#201;tat pour leur propre compte. Ces panneaux &#171; Interdit d'entrer &#187; sont install&#233;s dans un seul but : emp&#234;cher les travailleurs d'envahir ces quartiers privil&#233;gi&#233;s afin que les forces r&#233;actionnaires puissent jouir de leur possession incontest&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rencontrons un ph&#233;nom&#232;ne analogue dans la vie intellectuelle. Ici, les ennemis bourgeois purs et simples du marxisme s'efforcent d'enfermer la pens&#233;e socialiste r&#233;volutionnaire dans les limites les plus &#233;troites : le domaine de l'esprit humain. Le marxisme, affirment-ils, est faux ; le mat&#233;rialisme dialectique est une absurdit&#233; intellectuelle. Les r&#233;viseurs petits-bourgeois du marxisme, moins audacieux et moins coh&#233;rents dans leur opposition, cherchent &#224; circonscrire son application d'une autre mani&#232;re. Le marxisme, disent-ils, est &#224; moiti&#233; vrai, ou n'est vrai que pour la moiti&#233; du monde. Elle s'applique aux ph&#233;nom&#232;nes sociaux mais n'a aucun rapport avec les ph&#233;nom&#232;nes purement physiques. La th&#233;orie du mat&#233;rialisme dialectique est une relique de la religion ou de l'id&#233;alisme h&#233;g&#233;lien. Les deux &#233;coles de critique, bourgeoise et petite-bourgeoise, s'accordent pour exclure le mat&#233;rialisme dialectique de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique n'admet pas de telles barri&#232;res dans son champ d'op&#233;rations. Il a un caract&#232;re universel. Il prend toute la r&#233;alit&#233; pour sa province. La dialectique mat&#233;rialiste s'applique &#224; tous les ph&#233;nom&#232;nes depuis les n&#233;buleuses les plus lointaines et les temps les plus recul&#233;s jusqu'aux sentiments les plus intimes et aux pens&#233;es les plus &#233;lev&#233;es de l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire vise &#224; conqu&#233;rir la terre pour le socialisme, le mat&#233;rialisme dialectique, qui est l'expression philosophique de ce mouvement, cherche &#224; &#233;tendre son emprise sur tous les domaines du savoir, contestant le droit des id&#233;ologies rivales de les gouverner. Il s'agit d'une philosophie r&#233;volutionnaire militante, r&#233;solument critique, qui vise &#224; remodeler le vieux monde de pens&#233;e aussi radicalement que le prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire aspire &#224; reconstruire l'ordre social existant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; du marxisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme doit repousser toute tentative visant &#224; limiter la port&#233;e de son application car il s'agit d'une vision moniste de l'univers. Les philosophies dualistes et pluralistes divisent la r&#233;alit&#233; en cat&#233;gories d'&#234;tres radicalement diff&#233;rentes, absolument oppos&#233;es les unes aux autres. L'esprit est oppos&#233; &#224; la mati&#232;re ; l'individu contre la soci&#233;t&#233;, la soci&#233;t&#233; contre la nature. Les th&#233;ories bas&#233;es sur la disjonction et l'opposition absolues des divers aspects de la r&#233;alit&#233; souffrent de contradictions incurables. La d&#233;sunion inh&#233;rente &#224; leurs conceptions du monde ne peut &#234;tre surmont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique consid&#232;re cependant la r&#233;alit&#233; comme un processus historique unique de d&#233;veloppement mat&#233;riel. Ce processus est unifi&#233; par sa constitution mat&#233;rielle et ses connexions. En m&#234;me temps, cet univers mat&#233;riel s'est diversifi&#233; quantitativement et qualitativement au cours de son &#233;volution, de sorte que les segments et aspects individuels peuvent &#234;tre distingu&#233;s et trait&#233;s comme des unit&#233;s distinctes. Mais aussi isol&#233;es qu'elles soient, ces subdivisions de l'existence continuent d'entretenir des relations essentielles entre elles et avec le processus historique dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cons&#233;quence, le mat&#233;rialisme dialectique ne peut reconna&#238;tre aucun clivage absolu entre les parties composantes de l'univers. La nature, la soci&#233;t&#233; et l'esprit humain sont trois cr&#233;ations et constituants qualitativement diff&#233;rents mais organiquement li&#233;s d'un m&#234;me processus historique. La nature est le produit principal de l'&#233;volution mat&#233;rielle ; la soci&#233;t&#233; s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de la nature et la conscience &#224; partir de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie du mat&#233;rialisme dialectique pr&#233;sente la m&#234;me unit&#233; int&#233;rieure, les m&#234;mes interconnexions organiques et le m&#234;me caract&#232;re syst&#233;matique que les diverses subdivisions de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle qu'elle repr&#233;sente dans la pens&#233;e. Ses id&#233;es sont issues d'une &#233;tude approfondie des processus et relations naturels, sociaux et intellectuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conceptions fondamentales du mat&#233;rialisme dialectique ont en premier lieu &#233;t&#233; tir&#233;es de la nature, et non impos&#233;es arbitrairement, comme le pr&#233;tendent des critiques malveillants. Ils ont &#233;t&#233; extraits de la nature selon les meilleures m&#233;thodes de pens&#233;e scientifique et mod&#232;les de pratique scientifique. Ces id&#233;es refl&#232;tent des processus, des forces et des relations qui existent r&#233;ellement et op&#232;rent dans la r&#233;alit&#233; objective avant d'avoir &#233;t&#233; formul&#233;es par la pens&#233;e dialectique, comme le radium est pr&#233;sent et actif dans le minerai de brai blende avant son extraction sous forme pure par fusion. Ces principes sont ensuite utilis&#233;s pour approfondir l'&#233;tude des ph&#233;nom&#232;nes naturels et pour le bien-&#234;tre humain, les rayons X &#233;tant utilis&#233;s &#224; des fins exp&#233;rimentales dans les laboratoires ou pour traiter certains types de maladies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'elle diff&#232;re du reste de la nature &#224; d'importants &#233;gards, la soci&#233;t&#233; humaine est une partie intrins&#232;que du monde mat&#233;riel, une extension et une prog&#233;niture de celui-ci. Le mat&#233;rialisme historique r&#233;sulte de l'application des lois du mat&#233;rialisme dialectique &#224; cette partie particuli&#232;re de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, la soci&#233;t&#233; humaine dans ses multiples processus de d&#233;veloppement. C'est une forme particuli&#232;re de la th&#233;orie plus g&#233;n&#233;rale, tout comme la soci&#233;t&#233; est une forme particuli&#232;re d'existence mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#234;mes lois g&#233;n&#233;rales qui r&#233;gissent les innombrables modes de mouvement et de transformation dans la nature s'appliquent &#233;galement &#224; cette partie du monde mat&#233;riel compos&#233;e d'&#234;tres humains associ&#233;s que nous appelons la soci&#233;t&#233;. Mais la soci&#233;t&#233; humaine poss&#232;de, outre les lois naturelles qu'elle partage avec d'autres formations mat&#233;rielles, ses propres lois particuli&#232;res de d&#233;veloppement, qui ont d&#251; &#234;tre d&#233;couvertes avant que l'humanit&#233; puisse acqu&#233;rir une connaissance scientifique de la soci&#233;t&#233;. Dans la th&#233;orie et la m&#233;thode du mat&#233;rialisme historique, Marx a donn&#233; pour la premi&#232;re fois au monde la cl&#233; de la compr&#233;hension des lois qui r&#233;gissent l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me que chaque phase de l'&#233;volution de la nature, jusqu'&#224; son produit le plus &#233;lev&#233;, l'humanit&#233; associ&#233;e, a ses propres lois sp&#233;cifiques de d&#233;veloppement, de m&#234;me chaque &#233;tape de l'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; sur cette plan&#232;te a eu son propre type d'organisation mat&#233;rielle et ses lois sp&#233;ciales. de d&#233;veloppement. Le socialisme scientifique est le fruit de l'application du mat&#233;rialisme historique au capitalisme et de sa transition vers l'&#233;tape sup&#233;rieure suivante, l'organisation socialiste de la soci&#233;t&#233;. Chacune de ces trois divisions du syst&#232;me marxiste refl&#232;te une part particuli&#232;re de la r&#233;alit&#233; dans son processus de r&#233;alisation historique. Le mat&#233;rialisme dialectique couvre l'univers dans son ensemble, le mat&#233;rialisme historique, la soci&#233;t&#233; humaine et le socialisme scientifique, la soci&#233;t&#233; humaine dans sa phase actuelle et prospective d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois parties de la th&#233;orie marxiste se d&#233;roulent l'une &#224; partir de l'autre, le sp&#233;cifique &#224; partir du g&#233;n&#233;ral, le concret &#224; partir de l'abstrait. Ils sont si organiquement li&#233;s qu'ils ne peuvent pas vraiment &#234;tre dissoci&#233;s, bien qu'ils puissent &#234;tre consid&#233;r&#233;s s&#233;par&#233;ment &#224; des fins de r&#233;flexion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la nature et la soci&#233;t&#233;, la r&#233;alit&#233; poss&#232;de une troisi&#232;me dimension, la conscience humaine. La conscience na&#238;t dans l'esp&#232;ce humaine au seuil de son &#233;mergence de l'&#233;tat animal en tant qu'expression et expansion de la vie sociale. Les hommes ont commenc&#233; &#224; concevoir des id&#233;es sur leurs activit&#233;s et leur environnement en conjonction avec la production des moyens mat&#233;riels de leur existence sociale. Chaque &#233;tape ult&#233;rieure du d&#233;veloppement social a eu une organisation intellectuelle, des formes de conscience et des m&#233;thodes de pens&#233;e correspondant &#224; ses pouvoirs productifs et &#224; son niveau mat&#233;riel. Plus le niveau de d&#233;veloppement social est &#233;lev&#233;, plus grande est la compr&#233;hension de la r&#233;alit&#233; puisque chaque &#233;tape successive du progr&#232;s de la connaissance humaine se fonde sur les acquisitions mat&#233;rielles et intellectuelles de ses pr&#233;d&#233;cesseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que syst&#232;me scientifique du mouvement socialiste, tendance la plus avanc&#233;e du d&#233;veloppement historique, le marxisme a atteint de nouveaux sommets dans la compr&#233;hension des processus intellectuels ainsi que naturels et sociaux. Elle a cr&#233;&#233; une th&#233;orie particuli&#232;re sur la nature et les activit&#233;s de la vie mentale, sa propre m&#233;thode de pens&#233;e, sa logique individuelle. La m&#233;thode de pens&#233;e marxiste est la dialectique mat&#233;rialiste. La m&#233;thode dialectique de raisonnement sur la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle est la forme la plus &#233;lev&#233;e de pens&#233;e consciente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;rence de la th&#233;orie marxiste est enracin&#233;e dans l'unit&#233; mat&#233;rielle du processus historique. Les lois g&#233;n&#233;rales du d&#233;veloppement de ce processus constituent le contenu de la dialectique mat&#233;rialiste. La dialectique mat&#233;rialiste n'est pas seulement un instrument d'analyse de la pens&#233;e mais aussi d'exploration en profondeur des ph&#233;nom&#232;nes sociaux et naturels. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, ses plus grandes r&#233;alisations ont &#233;t&#233; dans le domaine de la sociologie mais, correctement utilis&#233;e, la m&#233;thode mat&#233;rialiste dialectique peut &#234;tre d'une immense aide &#224; la recherche scientifique dans tous les domaines de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La base mat&#233;rialiste du marxisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pens&#233;e marxiste est avant tout mat&#233;rialiste. Il con&#231;oit l'univers dans toutes ses manifestations comme &#233;tant constitu&#233; de mati&#232;re en mouvement. La mati&#232;re ne doit pas &#234;tre d&#233;crite comme inerte, sans caract&#232;re et plomb&#233;e, comme elle est souvent pr&#233;sent&#233;e &#224; tort par les opposants au mat&#233;rialisme. Au contraire, la substance mat&#233;rielle s'est av&#233;r&#233;e &#233;lectriquement &#233;nerg&#233;tique, infiniment plastique et, chez les &#234;tres organiques, elle peut m&#234;me devenir sensible, vivante et intelligente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mati&#232;re, au cours de son d&#233;veloppement, a rev&#234;tu les formes les plus diverses. Un rayon lumineux et un pou, un r&#234;ve et un syst&#232;me solaire sont autant de manifestations de l'existence mat&#233;rielle. Les modes de mouvement mat&#233;riel sont aussi infiniment vari&#233;s que ses formations r&#233;elles et potentielles. Le r&#233;seau de pulsations &#233;lectroniques dans le monde subatomique, la course des plan&#232;tes &#224; travers l'espace, les migrations d'animaux, les activit&#233;s de la soci&#233;t&#233; et les circuits complexes du syst&#232;me nerveux et du cerveau humain sont autant de combinaisons de mouvements mat&#233;riels dans un sens inf&#233;rieur ou sup&#233;rieur. degr&#233; de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propri&#233;t&#233;s de la mati&#232;re sont illimit&#233;es et de nouvelles apparaissent constamment. L'&#233;lectromagn&#233;tisme, qui est aujourd'hui consid&#233;r&#233; comme la forme fondamentale de l'&#233;nergie mat&#233;rielle et qui devient rapidement la principale force motrice de la technologie moderne, n'a &#233;t&#233; d&#233;couvert, &#233;tudi&#233; et mis en pratique qu'au cours du si&#232;cle dernier. De nombreux modes de son activit&#233; restent obscurs ou inconnus. Quels autres pouvoirs et propri&#233;t&#233;s la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle d&#233;tient en elle-m&#234;me, cach&#233;s &#224; notre perception, nous ne pouvons m&#234;me pas le deviner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde physique existait avant l'apparition de l'humanit&#233; ou de tout &#234;tre vivant sur cette terre. Il se maintient ind&#233;pendamment de l'existence, de la perception ou de la pens&#233;e de l'homme. Ni Dieu ni l'humanit&#233; n'ont cr&#233;&#233; le monde ; le monde a donn&#233; naissance &#224; l'homme et l'homme a cr&#233;&#233; l'id&#233;e de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie mat&#233;rialiste de la connaissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, comme le pr&#233;tend le mat&#233;rialisme, tout dans l'univers est constitu&#233; de mati&#232;re en mouvement, alors l'esprit humain doit &#233;galement &#234;tre un ph&#233;nom&#232;ne mat&#233;riel. Le mat&#233;rialisme dialectique ne recule pas devant cette conclusion mais l'adh&#232;re sans r&#233;serve. En accord avec la pratique de la science moderne, elle consid&#232;re l'esprit comme une excroissance naturelle et le produit le plus &#233;lev&#233; de l'&#233;volution universelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rentes sciences, de l'astronomie &#224; la psychologie sociale, &#233;tudient les principaux maillons de la cha&#238;ne du d&#233;veloppement mat&#233;riel qui a abouti &#224; l'&#233;mergence de l'intelligence humaine. Outre les preuves abondantes de la recherche scientifique, les origines mat&#233;rielles des pouvoirs psychiques peuvent &#234;tre observ&#233;es dans la croissance de chaque &#234;tre humain, depuis un spermatozo&#239;de compl&#232;tement absorb&#233; dans l'ut&#233;rus maternel jusqu'&#224; une existence ind&#233;pendante et un contr&#244;le intelligent de ses activit&#233;s corporelles. Le cycle de vie de l'individu reproduit dans une version condens&#233;e l'&#233;volution historique de l'esp&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'intelligence collective de l'humanit&#233; s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de la nature et de la soci&#233;t&#233;, l'esprit de l'individu n'existe et ne peut exister qu'en fonction de son cerveau et de son corps. La croissance progressive de l'intelligence, les effets du manque de nourriture, des stup&#233;fiants ou d'un coup dur &#224; la t&#234;te port&#233; sur sa propre conscience, la disparition de l'intelligence &#224; la mort t&#233;moignent de la d&#233;pendance de l'esprit &#224; l'&#233;gard de ses bases mat&#233;rielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement mental est un processus organique tout &#224; fait naturel. Les op&#233;rations de l'esprit humain, se souvenir, r&#234;ver, apprendre, raisonner, parler, etc., ont le m&#234;me caract&#232;re mat&#233;riel que les fonctions de l'appareil digestif comme avaler, m&#226;cher, dig&#233;rer et excr&#233;ter. De nombreuses &#233;coles de pens&#233;e font de l'esprit un myst&#232;re, le traitant comme un pouvoir surnaturel. Bien que les activit&#233;s du processus de pens&#233;e aient leurs caract&#233;ristiques particuli&#232;res et leurs lois particuli&#232;res qui ne peuvent &#234;tre d&#233;couvertes que par une analyse directe, elles ne sont pas en elles-m&#234;mes plus &#233;nigmatiques que d'autres types de comportement organique. Les &#234;tres humains pensent aussi spontan&#233;ment qu'ils travaillent, mangent et se reproduisent. Gr&#226;ce au cerveau et au syst&#232;me nerveux, l'esprit est connect&#233; au corps, le corps &#224; la soci&#233;t&#233; et la soci&#233;t&#233; au reste de la nature. Ces sph&#232;res d'existence fournissent &#224; l'esprit les mat&#233;riaux et les motifs de ses activit&#233;s, tout comme elles fournissent &#224; l'estomac la nourriture n&#233;cessaire &#224; son assimilation. Tout esprit humain reste en permanence ancr&#233; &#224; ces fondements mat&#233;riels. Les sp&#233;culations de pens&#233;e les plus extravagantes, les r&#234;ves les plus fous, les id&#233;es les plus raffin&#233;es ne peuvent transcender les fronti&#232;res de la suggestion mat&#233;rielle ni trouver de sources de mati&#232;re pour leurs productions en dehors de celles fournies par les formes et les forces mat&#233;rielles qui entourent l'homme de tous c&#244;t&#233;s. La nature est la m&#232;re de toutes choses et de toutes les id&#233;es, et c'est &#224; elle qu'elles finissent par revenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue mat&#233;rialiste, il n'est pas difficile de r&#233;soudre le probl&#232;me qui a contrari&#233; tant de penseurs et conduit &#224; de nombreuses id&#233;es fausses et fantaisistes : &#171; Comment pouvons-nous conna&#238;tre le monde qui nous entoure ? &#187; Le mat&#233;rialiste r&#233;pond imm&#233;diatement au philosophe sceptique qui doute de notre capacit&#233; &#224; conna&#238;tre le monde ext&#233;rieur : &#171; Pourquoi ne pourrions-nous pas le conna&#238;tre ? &#187; Nous sommes sortis du ventre de ce monde ; nous sommes faits de la m&#234;me &#233;toffe ; nous en faisons partie tout au long de la vie ; et s'y dissoudre &#224; la mort. Est-il plus extraordinaire que l'esprit humain refl&#232;te le monde qui l'entoure que la mer refl&#232;te le ciel ? Si un corps peut se d&#233;placer dans l'espace, pourquoi l'esprit ne peut-il pas p&#233;n&#233;trer activement la r&#233;alit&#233; ? Si la main humaine peut saisir des objets et que les outils fabriqu&#233;s par l'homme peuvent les remodeler, pourquoi l'esprit humain ne peut-il pas &#233;galement saisir et remodeler les objets ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'activit&#233; mentale transforme les sensations physiques en id&#233;es et en syst&#232;mes de pens&#233;e particuliers, tout comme le travail physique transforme la canne &#224; sucre en sucre pur. L'esprit, une sorte d'&#233;nergie organique, absorbe et modifie ses mat&#233;riaux comme tout autre agent naturel en quelque chose portant sa propre empreinte et caract&#233;ristique de son propre mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, la r&#233;flexion humaine, la p&#233;n&#233;tration intellectuelle et la conception philosophique sont des modes de fonctionnement organique bien plus complexes et hautement d&#233;velopp&#233;s que les processus naturels et sociaux plus simples cit&#233;s ci-dessus. Mais pour le mat&#233;rialiste, pour le penseur scientifique, il n'existe pas de barri&#232;res infranchissables entre ces diverses cat&#233;gories de ph&#233;nom&#232;nes. Tous illustrent la capacit&#233; d'une partie et d'un processus de la nature &#224; r&#233;agir et &#224; agir sur une autre, &#224; la repr&#233;senter et &#224; la transformer, &#224; la s&#233;parer, &#224; la recombiner et &#224; exprimer ses qualit&#233;s essentielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me &#233;nigme avanc&#233;e par les sceptiques : &#171; Comment l'esprit peut-il conna&#238;tre la v&#233;rit&#233; sur le monde ext&#233;rieur ? &#187; peut &#234;tre r&#233;solue de la m&#234;me mani&#232;re. Les gens n'ont pas commenc&#233; &#224; raisonner et ne continuent pas &#224; raisonner pour le pur plaisir de penser. Les hommes pensent &#224; des fins pratiques, afin d'agir correctement et d'atteindre leurs objectifs. Les capacit&#233;s intellectuelles de l'homme ; les id&#233;es et les philosophies se sont d&#233;velopp&#233;es parall&#232;lement et &#224; partir de la lutte sociale de l'homme contre la nature et de sa ma&#238;trise croissante sur celle-ci. Si leur pens&#233;e ne repr&#233;sentait pas plus ou moins correctement la r&#233;alit&#233; objective, si elle ne les aidait pas &#224; fonctionner plus efficacement, si elle ne for&#231;ait pas la nature &#224; servir les fins de l'homme et ainsi &#224; satisfaire ses besoins vitaux, les hommes auraient depuis longtemps cess&#233; de pour cultiver leurs pouvoirs mentaux. Ceux-ci auraient d&#233;p&#233;ri ou diminu&#233; en importance comme l'appendice caudal ou l'odorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le test de la capacit&#233; de l'homme &#224; conna&#238;tre v&#233;ritablement le monde ext&#233;rieur se trouve dans la pratique. Malgr&#233; les revers et la stagnation, la compr&#233;hension intellectuelle du monde de l'homme n'a cess&#233; de cro&#238;tre, parall&#232;lement &#224; sa ma&#238;trise pratique de la nature. Chaque am&#233;lioration de la situation mat&#233;rielle et des capacit&#233;s de production de l'homme s'est accompagn&#233;e d'un progr&#232;s de ses capacit&#233;s mentales. Puisque nous ne voyons aucune limite insurmontable aux capacit&#233;s productives mat&#233;rielles de la soci&#233;t&#233;, nous ne pouvons imposer aucune limite au progr&#232;s des capacit&#233;s intellectuelles de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une illustration int&#233;ressante de ce fait dans Anti-Duehring. Engels y exprime des doutes quant &#224; la possibilit&#233; d'explorer et de conna&#238;tre directement le monde subatomique gr&#226;ce &#224; l'interf&#233;rence des rayons lumineux. R&#233;cemment, cependant, des scientifiques ont mis au point un microscope &#233;lectronique qui &#233;vite les interf&#233;rences des rayons lumineux et permet aux physiciens de p&#233;n&#233;trer beaucoup plus profond&#233;ment dans la constitution de la mati&#232;re qu'on ne l'aurait cru possible il y a seulement quelques ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mat&#233;rialisme contre id&#233;alisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question des relations entre l'esprit et la mati&#232;re a divis&#233; les philosophes en deux grandes &#233;coles de pens&#233;e. Les mat&#233;rialistes consid&#232;rent la mati&#232;re comme la r&#233;alit&#233; primaire, consid&#233;rant la sensation, la conscience et le raisonnement comme des qualit&#233;s secondaires et d&#233;riv&#233;es. Les id&#233;alistes ont une conception totalement diff&#233;rente de leurs relations mutuelles. Si l'on admet qu'elle existe, la mati&#232;re est consid&#233;r&#233;e comme une forme d'existence inf&#233;rieure et d&#233;grad&#233;e, d&#233;riv&#233;e et d&#233;pendante de l'esprit, ou de Dieu, l'auteur de l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie mat&#233;rialiste de la connaissance et de la nature de l'esprit entre en conflit avec la vision id&#233;aliste sur tous les points importants. L&#224; o&#249; le mat&#233;rialiste affirme que l'esprit est un produit de l'&#233;volution naturelle, l'id&#233;aliste affirme ou laisse entendre qu'il poss&#232;de une sorte de pouvoir surnaturel. Ce pouvoir, selon l'id&#233;aliste Platon, &#233;manait de l'acc&#232;s de l'esprit &#224; un domaine d'id&#233;es &#233;ternelles pr&#233;existantes ; selon la philosophie chr&#233;tienne, elle provient de sources divines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialiste consid&#232;re les op&#233;rations mentales comme des fonctions et des formes de comportement organique. L'id&#233;alisme s&#233;pare la raison du reste de l'activit&#233; humaine et lui conf&#232;re un statut unique et des pouvoirs cat&#233;goriquement diff&#233;rents. Gr&#226;ce aux myst&#233;rieux pouvoirs transcendantaux de l'intuition ou de la r&#233;v&#233;lation, l'id&#233;alisme d&#233;clare que l'esprit a un aper&#231;u de domaines particuliers de l'&#234;tre, en dehors du monde mat&#233;riel grossier et inaccessible aux gens ordinaires. Cela prend sa forme la plus grossi&#232;re dans la croyance en la communication avec les &#226;mes des mortels d&#233;funts ou avec les fant&#244;mes. Il prend une forme religieuse dans la croyance que des individus sup&#233;rieurs ou des membres favoris&#233;s de sectes religieuses, proph&#232;tes, mystiques, saints, pr&#234;tres et papes, peuvent communiquer avec Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; l'id&#233;alisme doute ou nie la capacit&#233; de l'homme &#224; conna&#238;tre le monde ext&#233;rieur ou &#224; en conna&#238;tre les caract&#233;ristiques les plus intimes, le mat&#233;rialisme s'en tient &#224; la conviction in&#233;branlable, confirm&#233;e par le progr&#232;s intellectuel de l'humanit&#233;, par la connaissance scientifique et par l'exp&#233;rience quotidienne, que le monde autour de nous est soumis &#224; une p&#233;n&#233;tration et une compr&#233;hension intellectuelles dans une mesure toujours croissante. L&#224; o&#249; l'id&#233;alisme limite la connaissance de l'homme, le mat&#233;rialisme voit la voie libre pour son progr&#232;s. Aussi imparfaites, partielles et approximatives que soient n&#233;cessairement nos id&#233;es sur la r&#233;alit&#233; &#224; un moment donn&#233;, le mat&#233;rialisme, contrairement aux th&#233;ories religieuses ou id&#233;alistes de la connaissance, refuse de s'idol&#226;trer et de se prosterner devant l'ignorance actuelle de l'homme. Notre connaissance de la nature, de la soci&#233;t&#233; et de nous-m&#234;mes s'est absolument accrue sous nos yeux. Loin d'&#234;tre proche de la fin de ses acquisitions et de ses capacit&#233;s intellectuelles, l'humanit&#233; n'en est aujourd'hui qu'au d&#233;but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a souvent object&#233; que, puisque l'esprit con&#231;oit beaucoup de choses qui ne se trouvent pas dans la r&#233;alit&#233;, l'esprit doit &#234;tre essentiellement diff&#233;rent du reste de la r&#233;alit&#233;. Une fausse conclusion a &#233;t&#233; tir&#233;e ici d'un fait exact. Le fait qu'une partie de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle, l'esprit, poss&#232;de des propri&#233;t&#233;s et des produits qu'on ne trouve pas ailleurs n'est pas propre &#224; l'esprit. C'est une caract&#233;ristique universelle de la r&#233;alit&#233;. Tout comme il y a beaucoup de choses dans l'esprit qui ne peuvent pas &#234;tre et ne seront jamais pr&#233;sentes dans d'autres parties de la nature, de m&#234;me il y a beaucoup de choses dans le reste de la nature qui n'ont pas encore et ne seront jamais poss&#233;d&#233;es par l'esprit. L'imagination de l'humanit&#233; est encore d&#233;pass&#233;e par son ignorance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Novack&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/1940/aug/x01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/works/1940/aug/x01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Novack&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement id&#233;ologique de tout mouvement social a suivi le cours d&#233;termin&#233; par les conditions mat&#233;rielles de son existence. L'&#233;volution de la pens&#233;e scientifique sous les auspices prol&#233;tariens a &#233;t&#233; &#224; l'oppos&#233; de celle sous les auspices bourgeois. Cette diff&#233;rence de d&#233;veloppement est n&#233;e des diff&#233;rentes n&#233;cessit&#233;s sociales auxquelles les deux classes r&#233;volutionnaires ont &#233;t&#233; confront&#233;es au d&#233;but de leur carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ligne principale de la pens&#233;e bourgeoise s'est &#233;tendue des sciences naturelles aux sciences sociales. Les premiers philosophes bourgeois se pr&#233;occupaient avant tout de promouvoir la connaissance de la nature par l'homme apr&#232;s le long sommeil du Moyen &#194;ge. Ils n'avaient aucun int&#233;r&#234;t &#224; r&#233;former la soci&#233;t&#233; selon des principes bourgeois. Ils ont con&#231;u de nouvelles m&#233;thodes intellectuelles pour accro&#238;tre le pouvoir de l'homme sur la nature plut&#244;t que pour diminuer le pouvoir de l'homme sur l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lord Bacon, l'anc&#234;tre de l'empirisme anglais, a d&#233;lib&#233;r&#233;ment tourn&#233; le dos aux controverses religieuses, dans lesquelles se sont alors manifest&#233;es pour la premi&#232;re fois de grandes luttes politiques, pour enqu&#234;ter sur le fonctionnement de la nature. Descartes, fondateur du rationalisme moderne, opposait &#224; la st&#233;rile philosophie &#171; sp&#233;culative &#187; des scolastiques sa propre &#171; philosophie pratique &#187;, qui ferait de l'homme &#171; ma&#238;tre et possesseur de la nature &#187; et lui permettrait de &#171; jouir sans peine des fruits de la nature &#187;. la terre et tout son confort. Newton a donn&#233; une forme classique &#224; la physique un si&#232;cle et demi avant que Ricardo n'effectue la m&#234;me t&#226;che pour l'&#233;conomie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Causes mat&#233;rielles de l'&#233;volution intellectuelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ordre de d&#233;veloppement n'&#233;tait pas accidentel. La t&#226;che principale de la bourgeoisie &#224; cette &#233;poque &#233;tait d'augmenter les forces productives, augmentant ainsi sa propre richesse et son pouvoir. La pens&#233;e scientifique du mouvement prol&#233;tarien, en revanche, a progress&#233; des sciences sociales vers les sciences naturelles. Cela non plus n'&#233;tait pas sans raison suffisante. La t&#226;che urgente du prol&#233;tariat sous domination capitaliste consistait moins &#224; accro&#238;tre les forces productives de la soci&#233;t&#233;, comme la bourgeoisie &#233;tait oblig&#233;e de le faire sous le r&#233;gime f&#233;odal, qu'&#224; lib&#233;rer les forces productives d&#233;j&#224; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;es de la main morte de la propri&#233;t&#233; et du contr&#244;le capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci explique pourquoi le marxisme, la m&#233;thode scientifique du mouvement prol&#233;tarien r&#233;volutionnaire, a concentr&#233; son attention, dans la premi&#232;re phase de son activit&#233;, sur la solution des probl&#232;mes historiques, sociaux et &#233;conomiques. La n&#233;cessit&#233; pratique exigeait que les probl&#232;mes th&#233;oriques les plus urgents dans le domaine des ph&#233;nom&#232;nes sociaux soient r&#233;solus en premier. Bien que la th&#233;orie du mat&#233;rialisme dialectique soit essentiellement un syst&#232;me de pens&#233;e universel, englobant &#224; la fois la nature et la soci&#233;t&#233;, son application d&#233;taill&#233;e aux probl&#232;mes th&#233;oriques des sciences naturelles a d&#251; &#234;tre report&#233;e &#224; un examen ult&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx, Engels et les sciences naturelles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cr&#233;ateurs du mat&#233;rialisme dialectique &#233;taient parfaitement conscients des lacunes de leur travail th&#233;orique. Marx esp&#233;rait &#233;crire un manuel de dialectique apr&#232;s avoir achev&#233; Le Capital . Dans les derni&#232;res ann&#233;es de sa vie, Engels a r&#233;alis&#233; une &#233;tude approfondie des math&#233;matiques et des sciences naturelles en reconstruisant leurs fondements th&#233;oriques &#224; l'aide de la dialectique mat&#233;rialiste, tout comme lui et Marx avaient auparavant r&#233;volutionn&#233; les sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Marx et moi &#187;, &#233;crivait-il dans la deuxi&#232;me pr&#233;face d' Anti-Duehring , &#171; &#233;tions &#224; peu pr&#232;s les seuls &#224; avoir sauv&#233; la dialectique consciente de la philosophie id&#233;aliste allemande et &#224; l'appliquer dans la conception mat&#233;rialiste de la nature et de l'histoire. Mais la connaissance des math&#233;matiques et des sciences naturelles est essentielle &#224; une conception de la nature &#224; la fois dialectique et mat&#233;rialiste. Marx connaissait bien les math&#233;matiques, mais nous ne parvenions que partiellement, par intermittence et sporadiquement, &#224; suivre le rythme des sciences naturelles. C'est pourquoi, lorsque j'ai pris ma retraite des affaires et que j'ai transf&#233;r&#233; ma maison &#224; Londres, me permettant ainsi d'y consacrer le temps n&#233;cessaire, j'ai subi une &#171; mue &#187; aussi compl&#232;te que possible, comme l'appelle Liebig, en math&#233;matiques et en sciences naturelles. , et j'y ai pass&#233; la majeure partie de huit ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Anti-D&#252;hring fut le premier fruit de ce travail ; Dialectique de la nature la derni&#232;re. Si l'Anti-Duehring reste le meilleur expos&#233; de la philosophie du mat&#233;rialisme dialectique, la Dialectique de la nature , malgr&#233; son caract&#232;re fragmentaire, doit d&#233;sormais &#234;tre lue comme son compl&#233;ment indispensable. Engels n'a pas pu terminer ce travail en raison du travail &#233;norme qu'exigeait l'&#233;dition et la publication du Capital (voici une preuve directe de l'interf&#233;rence des sciences sociales dans le progr&#232;s des sciences naturelles !) et d'autres t&#226;ches li&#233;es au mouvement r&#233;volutionnaire. Le pr&#233;sent volume se compose de six chapitres plus ou moins compl&#233;t&#233;s ainsi que d'une liasse de notes isol&#233;es et d'articles s&#233;par&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il ait fallu plus de soixante ans pour que le manuscrit d'Engels paraisse en anglais, il arrive &#224; un moment opportun. Voici un moyen suppl&#233;mentaire d'&#233;duquer les &#233;tudiants qui ont ressenti le besoin d'approfondir les bases th&#233;oriques du marxisme et de r&#233;pondre aux critiques qui ont demand&#233; de savoir comment les doctrines et les m&#233;thodes du mat&#233;rialisme dialectique peuvent &#234;tre appliqu&#233;es aux probl&#232;mes des sciences naturelles. . Sans aucun doute, la nouvelle &#233;cole des r&#233;visionnistes petits-bourgeois, dont le m&#233;pris pour la th&#233;orie marxiste n'est surpass&#233; que par son ignorance de celle-ci, n'attachera gu&#232;re plus de valeur positive &#224; ces &#233;crits que ne l'avait fait son pr&#233;d&#233;cesseur, Edward Bernstein, qui a conserv&#233; le manuscrit pendant plusieurs d&#233;cennies apr&#232;s la mort d'Engels sans voir la n&#233;cessit&#233; de la publier. Mais tout &#233;tudiant s&#233;rieux de la pens&#233;e marxiste se r&#233;jouira que ces cl&#233;s de compr&#233;hension de la dialectique mat&#233;rialiste soient enfin devenues accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'Engels cherche &#224; d&#233;montrer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la Dialectique de la nature, Engels visait &#224; d&#233;montrer que les processus naturels ob&#233;issent aux m&#234;mes lois g&#233;n&#233;rales du mouvement que les processus sociaux et intellectuels. Comme il l'&#233;crit dans Anti-Duehring , Engels a &#233;tudi&#233; les math&#233;matiques et les sciences naturelles pour se convaincre &#171; que, parmi le fouillis des innombrables changements qui se produisent dans la nature, les m&#234;mes lois dialectiques sont &#224; l'&#339;uvre que celles qui, dans l'histoire, r&#233;gissent l'apparente fortuite des &#233;v&#233;nements ; les m&#234;mes lois que celles qui, de la m&#234;me mani&#232;re, forment le fil conducteur de l'histoire du d&#233;veloppement de la pens&#233;e humaine et qui s'&#233;l&#232;vent progressivement vers la conscience dans l'esprit de l'homme&#8230; &#187; et qui ont &#233;t&#233; formul&#233;es pour la premi&#232;re fois par Hegel sous une forme mystique avant que Marx et Engels ne les refa&#231;onnent. dans la dialectique mat&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l' introduction , Engels pr&#233;sente une revue critique du d&#233;veloppement des sciences naturelles du point de vue th&#233;orique. Il explique comment et pourquoi cette premi&#232;re p&#233;riode de la renaissance de la connaissance naturelle a &#233;t&#233; domin&#233;e par le point de vue de l'immuabilit&#233; absolue de la nature. Les &#233;toiles fixes et notre propre syst&#232;me solaire, la terre, sa faune et sa flore &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme &#233;ternellement identiques. Dans un tel sch&#233;ma de choses, l'id&#233;e d'une &#233;volution universelle n'avait pas sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette vision, qui a pr&#233;valu dans toutes les branches des sciences naturelles jusqu'au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, a commenc&#233; &#224; &#234;tre min&#233;e d'une science &#224; l'autre par le d&#233;veloppement interne des sciences elles-m&#234;mes. En astronomie, par l'hypoth&#232;se de Kant-Laplace de l'&#233;volution du syst&#232;me solaire &#224; partir d'une n&#233;buleuse ; en g&#233;ologie, par la conception de Lyell des transformations successives de la surface terrestre ; en physique, par la formulation de la th&#233;orie m&#233;canique de la chaleur et par la loi de la conservation de l'&#233;nergie ; en chimie, par la d&#233;couverte par Mendeleyeff de la disposition p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments ; et en biologie par la th&#233;orie de Darwin sur l'origine des esp&#232;ces. Cette s&#233;rie de d&#233;couvertes a donn&#233; naissance &#224; une nouvelle conception scientifique de la nature, la th&#233;orie de l'&#233;volution universelle, &#171; l'id&#233;e selon laquelle la nature tout enti&#232;re, du plus petit &#233;l&#233;ment au plus grand, des grains de sable aux soleils, des protistes aux hommes, a son existence dans une cr&#233;ation et une disparition &#233;ternelles, dans un flux incessant, dans un mouvement et un changement incessants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences de ces d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires dans les diff&#233;rentes sciences, qui ont bris&#233; l'ancienne image d'une nature immuable, ont mis du temps &#224; se r&#233;aliser dans la pens&#233;e consciente des naturalistes individuels et dans la th&#233;orie scientifique g&#233;niale. Les scientifiques en exercice, qui acceptaient les r&#233;sultats et poursuivaient les m&#233;thodes du point de vue &#233;volutionniste dans leur domaine d'activit&#233; sp&#233;cial, s'accrochaient aux anciennes fa&#231;ons de penser m&#233;taphysiques dans d'autres domaines de pens&#233;e et dans leurs conceptions g&#233;n&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie dialectique de l'&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le stade nouveau et plus &#233;lev&#233; de la connaissance naturelle exigeait un syst&#232;me th&#233;orique et une m&#233;thode de pens&#233;e qui lui &#233;taient propres. L'ancien syst&#232;me m&#233;canique de la nature, avec ses lois et ses &#233;l&#233;ments immuables et son mode de pens&#233;e m&#233;taphysique fonctionnant avec des cat&#233;gories inflexibles et exclusives, ne suffisait plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un philosophe plut&#244;t qu'un scientifique qui a fourni aux sciences naturelles les moyens intellectuels n&#233;cessaires pour s'&#233;manciper de l'ancienne vision et pour en construire une nouvelle. Tout comme Descartes avait esquiss&#233; le syst&#232;me m&#233;canique de la nature, Hegel a formul&#233; la premi&#232;re conception syst&#233;matique de l'ensemble du monde naturel, social et spirituel comme un processus continu de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans sa logique dialectique, Hegel a tent&#233; de donner une forme rationnelle et de d&#233;velopper une m&#233;thode rationnelle &#224; partir des processus multiformes et contradictoires de l'&#233;volution. Les lois de sa dialectique ne sont rien d'autre que les lois les plus g&#233;n&#233;rales du mouvement et du changement dans la nature, la soci&#233;t&#233; et la pens&#233;e humaine. Ces lois ont &#233;t&#233; con&#231;ues &#224; l'origine par Hegel de fa&#231;on id&#233;aliste comme de simples lois de la pens&#233;e. Mais, comme Marx et Engels l'ont d&#233;montr&#233; par la suite dans leur version mat&#233;rialiste de la logique dialectique, les lois dialectiques sont des formulations conceptuelles de r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles objectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois lois de la dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels discute trois lois principales de la dialectique : la loi de la transformation de la quantit&#233; en qualit&#233;, et vice versa ; la loi de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires ; et la loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation. Il prend les r&#233;sultats exp&#233;rimentaux des sciences individuelles, les passe au crible et les synth&#233;tise, pour montrer que ces lois dialectiques sont en r&#233;alit&#233; des lois du d&#233;veloppement de la nature et sont donc valables pour les sciences naturelles th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re loi signifie que &#171; dans la nature, d'une mani&#232;re exactement fix&#233;e pour chaque cas individuel, des changements qualitatifs ne peuvent se produire que par l'addition ou la soustraction quantitative de mati&#232;re ou de mouvement (ce qu'on appelle l'&#233;nergie) &#187;. Dans le deuxi&#232;me chapitre, Engels indique pr&#233;cis&#233;ment comment cette loi fonctionne &#224; l'aide de nombreux exemples tir&#233;s des sciences exactes de la m&#233;canique, de la physique et de la chimie, o&#249; des variations quantitatives pr&#233;cis&#233;ment mesurables et tra&#231;ables sont directement li&#233;es &#224; la production de diff&#233;rences qualitatives. En physique, on a constat&#233; depuis qu'il existe une s&#233;rie continue de rayons depuis les rayons radio jusqu'aux rayons cosmiques dans lesquels les variations quantitatives de longueur d'onde se manifestent par des diff&#233;rences qualitatives d&#233;terminables. Cette m&#234;me loi est &#233;galement clairement observable en chimie o&#249; les propri&#233;t&#233;s des corps sont modifi&#233;es en concordance avec leur composition quantitative modifi&#233;e. Engels cite les formes allotropiques des &#233;l&#233;ments, les compos&#233;s d'oxyde d'azote, les s&#233;ries homologues de compos&#233;s carbon&#233;s et la disposition p&#233;riodique des &#233;l&#233;ments en fonction de leur poids atomique ; les chimistes modernes pourraient ajouter bien d'autres exemples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me loi de la dialectique affirme que toute chose a un caract&#232;re contradictoire, contenant en elle son propre contraire. L'essence bipolaire de toutes choses se manifeste par le changement, qui est un processus d' alt&#233;ration ou de transformation de quelque chose de son &#233;tat original &#224; travers une s&#233;rie de variations interm&#233;diaires vers son oppos&#233;. Engels pr&#233;sente cette loi de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires dans le troisi&#232;me chapitre o&#249; il &#233;tudie le plus important des probl&#232;mes scientifiques, les formes fondamentales du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute connaissance naturelle est bas&#233;e sur l'&#233;tude des mouvements mat&#233;riels d'une sorte ou d'une autre. Une conception correcte du mouvement est donc absolument indispensable aux sciences naturelles. Qu'est-ce que le mouvement ? Le mouvement, dit Engels, est une combinaison contradictoire d'attraction et de r&#233;pulsion. Toutes les diff&#233;rentes formes de mouvement naissent de l'interaction entre ces deux phases oppos&#233;es de son &#234;tre. Partout et &#224; chaque fois qu'un mouvement se produit dans la nature, ces p&#244;les oppos&#233;s se retrouveront ins&#233;parablement unis. Cette d&#233;finition dialectique du mouvement contient d&#233;j&#224; implicitement la loi physique d&#233;couverte empiriquement de la conservation de l'&#233;nergie. Car si chaque attraction individuelle est compens&#233;e par une r&#233;pulsion correspondante ailleurs, alors la somme de toutes les attractions de l'univers doit &#234;tre &#233;gale &#224; la somme de toutes les r&#233;pulsions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement consiste en l'unit&#233; concr&#232;te de l'attraction et de la r&#233;pulsion. Gr&#226;ce &#224; leur interaction les uns avec les autres et leur transmutation les uns dans les autres, les divers modes de mouvement dans la nature sont produits. L'interaction universelle de l'attraction et de la r&#233;pulsion peut &#234;tre vue dans le type de mouvement le plus simple, le mouvement m&#233;canique, qui consiste en un changement de place de la part d'un corps quelconque. Le mouvement &#233;tant toujours relatif, le changement de lieu n&#233;cessite l'interaction d'au moins deux corps pour se manifester. Lorsque deux corps agissent l'un sur l'autre de telle sorte qu'il en r&#233;sulte un changement de place de l'un ou des deux, ce changement de place ne peut consister qu'en un rapprochement ou une s&#233;paration. Mais le mouvement d'un corps vers un autre implique le d&#233;passement de la r&#233;pulsion qui les s&#233;pare, et vice-versa. De plus, l'attraction d'un corps vers un autre implique sa r&#233;pulsion par rapport &#224; un troisi&#232;me corps. Ainsi tout changement de lieu entra&#238;ne n&#233;cessairement l'action r&#233;ciproque d'attraction et de r&#233;pulsion et leur remplacement l'un par l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements m&#233;caniques des masses &#224; la surface de la Terre peuvent &#234;tre r&#233;solus en force centrip&#232;te de gravitation et en forces centrifuges antagonistes. La m&#234;me interp&#233;n&#233;tration d'attraction et de r&#233;pulsion se manifeste dans les mouvements mutuels des corps c&#233;lestes, comme dans l'&#233;quilibre dynamique maintenu entre la terre et le soleil. Si la Terre n'&#233;tait pas li&#233;e au soleil par attraction, elle quitterait le syst&#232;me solaire et s'envolerait dans l'espace. Si le soleil, au contraire, n'exer&#231;ait pas une r&#233;pulsion constante sous forme d'&#233;nergie rayonnante sur la terre et ne la maintenait pas &#224; distance, cette plan&#232;te serait depuis longtemps tomb&#233;e dans sa masse enflamm&#233;e et aurait &#233;t&#233; absorb&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque mode de mouvement dans la nature, du plus bas au plus &#233;lev&#233;, du simple mouvement m&#233;canique au comportement organique complexe, embrasse et d&#233;coule de l'action et de la r&#233;action simultan&#233;es d'attraction et de r&#233;pulsion. Le mouvement n'est en fait rien d'autre que l'expression la plus g&#233;n&#233;rale de la s&#233;rie multiple de formes dans lesquelles se manifestent ces p&#244;les oppos&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition dialectique du mouvement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels utilise cette d&#233;finition dialectique, bilat&#233;rale et compl&#232;te du mouvement pour critiquer et corriger les conceptions unilat&#233;rales de la nature du mouvement qui pr&#233;valent dans la physique newtonienne. Les Newtoniens ont commis une erreur en faisant de l'attraction, ou gravitation, la forme fondamentale du mouvement dans la nature. Ils m&#233;connaissaient ainsi le r&#244;le tout aussi important de son contraire, la r&#233;pulsion, n&#233;gligeant notamment les transformations d'une phase du mouvement en l'autre. Engels entreprend une analyse des concepts de force, d'&#233;nergie et de travail dans les &#233;crits de Helmholtz, le grand physicien allemand du XIXe si&#232;cle, pour d&#233;montrer comment cette n&#233;gligence du caract&#232;re essentiellement bipolaire du mouvement a introduit la confusion et perp&#233;tu&#233; les erreurs dans la th&#233;orie physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'Engels a &#233;crit, le fait que le mouvement englobe &#224; la fois l'attraction et la r&#233;pulsion a &#233;t&#233; v&#233;rifi&#233; de mani&#232;re frappante par la th&#233;orie &#233;lectronique de la mati&#232;re, la th&#233;orie physique de la relativit&#233; et, comme le souligne Haldane, par les d&#233;veloppements r&#233;cents de la th&#233;orie astronomique des n&#233;buleuses spirales. Dans les principes de la nouvelle &#171; m&#233;canique ondulatoire &#187;, la loi dialectique de l'interp&#233;n&#233;tration des contraires vient de remporter une grande victoire sur les anciennes conceptions m&#233;caniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce triomphe est d'autant plus d&#233;finitif que les physiciens eux-m&#234;mes ont r&#233;sist&#233; si longtemps et consciemment. Lorsqu'ils d&#233;couvrirent pour la premi&#232;re fois que les ph&#233;nom&#232;nes &#233;lectroniques pr&#233;sentaient &#224; la fois les propri&#233;t&#233;s des ondes et des particules, ils furent profond&#233;ment perplexes face &#224; cette contradiction, qui ne pouvait &#234;tre concili&#233;e ni expliqu&#233;e par les cat&#233;gories divis&#233;es de la th&#233;orie m&#233;canique. La th&#233;orie subatomique est dans l'impasse. Apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion, les physiciens les plus audacieux ont enfin conclu que dans le monde subatomique, les ondes et les particules ne peuvent plus &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme des oppos&#233;s absolus ; qu'ils peuvent &#234;tre r&#233;unis en une seule entit&#233; ; qu'ils peuvent poss&#233;der les m&#234;mes propri&#233;t&#233;s ; et que, sous certaines conditions, ils peuvent se transformer l'un dans l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;gation de la n&#233;gation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation, que Hegel a utilis&#233;e comme loi fondamentale pour la construction de tout son syst&#232;me de pens&#233;e, a un domaine d'application bien plus large dans le syst&#232;me naturel. Cette loi exprime r&#233;ellement la forme fondamentale du d&#233;veloppement de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces oppos&#233;es &#224; l'&#339;uvre dans chaque chose entra&#238;nent des changements constants dans sa constitution. Ces changements s'accumulent en quantit&#233; jusqu'&#224; ce que, &#224; un certain stade d&#233;termin&#233; du processus de d&#233;veloppement, une transformation qualitative distincte ou un saut se produise. La chose perd son identit&#233; originelle et passe dans son contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le processus &#233;volutif ne s'arr&#234;te pas &#224; la simple n&#233;gation. La nouvelle forme d'existence mat&#233;rielle n'est pas moins contradictoire que l'ancienne et est sujette &#224; la m&#234;me inqui&#233;tude int&#233;rieure. La premi&#232;re n&#233;gation subit &#224; son tour une auto-diff&#233;renciation et une division jusqu'&#224; ce qu'elle passe elle aussi dans son propre contraire et soit ainsi ni&#233;e. Le r&#233;sultat final de ce processus s'appelle la n&#233;gation de la n&#233;gation, une unit&#233; synth&#233;tique qui a &#233;cart&#233; les formes transitionnelles mais a conserv&#233; en elle le contenu essentiel des deux c&#244;t&#233;s de l'ensemble contradictoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les transformations du mouvement mat&#233;riel &#233;tudi&#233;es par les sciences naturelles illustrent le fonctionnement de cette loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation dans la r&#233;alit&#233; physique. Engels utilise la loi pour clarifier les interconnexions entre le mouvement m&#233;canique et mol&#233;culaire, ou la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;canique en mouvement mol&#233;culaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les formes de mouvement sont g&#233;n&#233;r&#233;es, comme nous l'avons dit, par le jeu de l'attraction et de la r&#233;pulsion et par leur conversion l'une dans l'autre. Mais dans chaque mode sp&#233;cifique de mouvement, l'un ou l'autre extr&#234;me pr&#233;domine. Le mouvement m&#233;canique pur est essentiellement une forme d'attraction. Bien que la r&#233;pulsion soit n&#233;cessairement pr&#233;sente dans tous les cas de mouvement m&#233;canique, elle existe dans un &#233;tat n&#233;gatif ou passif. Le r&#244;le actif est jou&#233; par l'attraction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que forme d'attraction, le mouvement m&#233;canique est la n&#233;gation de la r&#233;pulsion. Mais il contient en lui la possibilit&#233; de se transformer en son contraire. Ce d&#233;veloppement dialectique se produit en r&#233;alit&#233; dans la nature par le contact ou la collision d'un corps avec un autre. Dans le frottement ou l'impact qui en r&#233;sulte, une partie du mouvement m&#233;canique pur des masses est d&#233;truite et r&#233;appara&#238;t sous forme de mouvement mol&#233;culaire interne, ou chaleur. La chaleur produite par le freinage est un exemple quotidien de ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la chaleur, qui agite et s&#233;pare les mol&#233;cules des corps solides, est une forme de r&#233;pulsion. Dans le cas de la chaleur, la r&#233;pulsion appara&#238;t comme le c&#244;t&#233; actif, et l'attraction recule dans le c&#244;t&#233; passif du processus mat&#233;riel. La conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur est donc une n&#233;gation de la n&#233;gation, un retour du mouvement mat&#233;riel &#224; l'&#233;tat originel de r&#233;pulsion, mais &#224; un niveau de d&#233;veloppement sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dialectique de la d&#233;couverte scientifique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation se manifeste non seulement dans le processus physique de conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur, mais aussi dans l'histoire de sa d&#233;couverte. Il y a bien longtemps, l'humanit&#233; a converti le mouvement m&#233;canique en chaleur, d'abord par l'acte instinctif de frotter le corps avec les mains pour le garder au chaud, puis en allumant le feu &#224; partir de la friction. Mais cette n&#233;gation de la forme positive originelle du mouvement m&#233;canique n'&#233;tait que la premi&#232;re &#233;tape dans la dialectique du processus. Pour achever ce d&#233;veloppement, l'humanit&#233; a d&#251; inverser le processus et convertir la chaleur en mouvement m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette deuxi&#232;me &#233;tape, la n&#233;gation de la n&#233;gation, n'a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e qu'apr&#232;s plusieurs milliers d'ann&#233;es gr&#226;ce &#224; l'invention de la machine &#224; vapeur, qui est un appareil permettant de convertir la chaleur en un mouvement m&#233;canique utilisable. Dans ce cas, la pratique humaine historique dans le domaine de la technologie fournit la preuve de la loi logique de la n&#233;gation de la n&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; aussi la preuve que &#171; la dialectique du cerveau n'est que le reflet de la forme du mouvement du monde r&#233;el, tant dans la nature que dans l'histoire &#187;. La loi de la n&#233;gation de la n&#233;gation n'aurait pas p&#233;n&#233;tr&#233; la pens&#233;e consciente si elle n'avait pas d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#224; l'&#339;uvre dans les processus physiques et dans la vie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;canique contre dialectique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme le souligne Engels, m&#234;me apr&#232;s que le probl&#232;me de la conversion du mouvement m&#233;canique en chaleur et de la chaleur en mouvement m&#233;canique ait &#233;t&#233; r&#233;solu dans la pratique humaine, les naturalistes n'ont pas r&#233;ussi &#224; formuler ce fait d'une mani&#232;re th&#233;orique tout &#224; fait correcte ou compl&#232;te. Au d&#233;but, ils consid&#233;raient la chaleur, comme l'&#233;lectricit&#233;, comme un type particulier de substance impond&#233;rable plut&#244;t que comme un mode de mouvement mat&#233;riel. Puis, lorsqu'ils reconnurent la chaleur comme mode de mouvement, tant dans la loi restreinte de l'&#233;quivalent m&#233;canique de la chaleur que dans la loi g&#233;n&#233;rale de la conservation de l'&#233;nergie, ils exprim&#232;rent les relations entre ces deux modes de mouvement exclusivement &#224; partir de l'une. point de vue bilat&#233;ral de la quantit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les mouvements m&#233;caniques et mol&#233;culaires ne sont pas seulement li&#233;s quantitativement mais qualitativement. Ce sont des formes diff&#233;rentes du m&#234;me mouvement mat&#233;riel. Le mat&#233;rialisme dialectique montre sa sup&#233;riorit&#233; sur le point de vue m&#233;canique car, en plus de comprendre l'identit&#233; quantitative entre les deux formes de mouvement, formul&#233;e par la loi de l'&#233;quivalence quantitative du mouvement &#224; travers tous ses changements de forme, il explique aussi leur diversit&#233; qualitative et la mani&#232;re de leurs m&#233;tamorphoses mutuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mat&#233;rialisme dialectique a une conception diff&#233;rente de la t&#226;che principale des sciences naturelles que celle des repr&#233;sentants de l'&#233;cole m&#233;canique dont les id&#233;es ont pr&#233;valu dans la pens&#233;e des sciences naturelles depuis Descartes et Newton. Les m&#233;caniciens, pr&#233;occup&#233;s par l'&#233;tude des lois du passage des corps dans l'espace, croyaient que le but de la science &#233;tait de r&#233;duire toutes les autres formes de mouvement mat&#233;riel &#224; la forme &#233;l&#233;mentaire du mouvement m&#233;canique, de r&#233;soudre les modes de mouvement sup&#233;rieurs en la forme &#233;l&#233;mentaire du mouvement m&#233;canique. plus bas, plus le complexe devient simple. Ainsi, dans l'introduction de ses Principia , Newton &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il serait d&#233;sirable de d&#233;duire des &#233;l&#233;ments de la m&#233;canique les autres ph&#233;nom&#232;nes de la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception du but ultime des sciences naturelles co&#239;ncidait avec ce niveau relativement primitif de technologie et d'industrie qui se pr&#233;occupait principalement d'utiliser et d'exploiter des machines dans lesquelles un aspect du mouvement m&#233;canique (&#233;nergie potentielle) &#233;tait transform&#233; en un autre (&#233;nergie cin&#233;tique). La pens&#233;e scientifique &#233;voluait dans le m&#234;me cercle &#233;troit que la pratique scientifique, g&#233;n&#233;ralisant les changements au sein d'une seule forme simple de mouvement, la transposition m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement aux progr&#232;s consid&#233;rables de la technologie et de l'industrie &#224; grande &#233;chelle au cours des deux derniers si&#232;cles, les scientifiques ont d&#233;couvert, &#233;tudi&#233; et mis en &#339;uvre de nombreux autres types de mouvements mat&#233;riels, thermiques, &#233;lectromagn&#233;tiques, chimiques, etc. Ils se sont particuli&#232;rement appliqu&#233;s &#224; &#233;tudier les interconnexions et les transformations de ces modes de mouvement les uns dans les autres. Les scientifiques savent d&#233;sormais que, si ces autres formes de mouvement sont toujours li&#233;es au mouvement m&#233;canique r&#233;el, elles ne peuvent s'y r&#233;duire sans effacer leurs caract&#233;ristiques sp&#233;cifiques. Les lois de la physiologie, de la soci&#233;t&#233; ou de la pens&#233;e, bien que fond&#233;es sur les lois fondamentales de la nature, ne peuvent pas &#234;tre simplement &#171; d&#233;duites des &#233;l&#233;ments de la m&#233;canique &#187;, comme l'avait pr&#233;vu Newton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous c&#244;t&#233;s, on voit que les lois qui r&#233;gissent le mouvement m&#233;canique ont leurs limites ; ils ont perdu leur statut souverain. [1] L'expansion de la pratique technique, industrielle et purement scientifique a &#233;largi l'horizon th&#233;orique de la science bien au-del&#224; du vieil id&#233;al m&#233;canique, pr&#233;sentant une vision immens&#233;ment plus large de sa t&#226;che que le mat&#233;rialisme dialectique a non seulement reconnu mais mieux formul&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception dialectique de la science&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle conception fait &#233;poque. Contrairement au point de vue m&#233;canique, le mat&#233;rialisme dialectique consid&#232;re que la t&#226;che de la science n'est pas la r&#233;duction de tous les modes de mouvement en un seul, mais l'&#233;tude des principales formes de mouvement mat&#233;riel dans leur s&#233;quence naturelle, leurs interconnexions dialectiques et leurs transformations en un seul. un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les formes de mouvement vont du mouvement m&#233;canique brut des masses &#224; l'activit&#233; complexe de la pens&#233;e dans le cerveau humain. Au cours de l'&#233;volution mat&#233;rielle, tous ces diff&#233;rents modes de mouvement, m&#233;canique, mol&#233;culaire, atomique, &#233;lectronique, chimique, thermique, organique, social et intellectuel, se sont d&#233;velopp&#233;s les uns &#224; partir des autres &#224; travers le jeu de l'attraction et de la r&#233;pulsion, l'id&#233;e contradictoire originelle. essence du mouvement. Ils constituent une s&#233;rie hi&#233;rarchique interd&#233;pendante, dont chacune est naturellement li&#233;e aux autres et capable, dans des conditions mat&#233;rielles appropri&#233;es, de se transformer les unes dans les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception fournit pour la premi&#232;re fois une base mat&#233;rielle solide pour la classification syst&#233;matique des sciences. Chaque science analyse soit une forme distincte de mouvement (chimie), soit les interconnexions entre plusieurs formes de mouvement (&#233;lectrochimie). L'ordre essentiel des sciences correspond &#224; l'ordre de g&#233;n&#233;ration des diverses formes de mouvement dans la nature et &#224; leur transition dialectique les unes dans les autres. Ainsi le mat&#233;rialisme dialectique introduit un nouveau principe d'ordre pour remplacer la confusion et l'anarchie qui r&#232;gnent dans la pens&#233;e scientifique depuis la faillite de l'ancien syst&#232;me m&#233;canique. Tous les divers d&#233;partements de la connaissance humaine, de l'astronomie &#224; la logique, sont corr&#233;l&#233;s en une vaste synth&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie du mat&#233;riel de la Dialectique de la nature , comme de tout trait&#233; sur la connaissance naturelle &#233;crit il y a plus de soixante ans, a &#233;t&#233; rendu obsol&#232;te par les progr&#232;s ult&#233;rieurs des sciences physiques. Cela est particuli&#232;rement vrai du chapitre sur l'&#233;lectricit&#233; dans lequel les plus grands progr&#232;s ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s au cours du dernier demi-si&#232;cle. Pourtant, il y a remarquablement peu de plaisanteries dans ces pages. Les observations d'Engels allaient dans la bonne direction et ont &#233;t&#233; confirm&#233;es dans de nombreux cas par des recherches ult&#233;rieures en sciences physiques. Chaque discussion sur une question sp&#233;cifique a une valeur durable en tant qu'exemple de la mani&#232;re d'utiliser les concepts de la dialectique mat&#233;rialiste comme instruments de pens&#233;e critique dans les sciences naturelles et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che qui nous attend&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La t&#226;che de d&#233;finir le caract&#232;re dialectique des &#233;v&#233;nements naturels, qu'Engels s'&#233;tait fix&#233;e et n'a pas r&#233;ussi &#224; achever, attend encore d'&#234;tre accomplie. Malgr&#233; la richesse des mat&#233;riaux fournis par les r&#233;cents d&#233;veloppements r&#233;volutionnaires des sciences naturelles, cette t&#226;che en est &#224; peu pr&#232;s au point o&#249; Engels l'avait laiss&#233;e. Les th&#233;oriciens de la p&#233;riode post-marxienne &#8211; Bernstein, Kautsky, Adler, etc. &#8211; poss&#233;dant la m&#234;me hostilit&#233; ou indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la philosophie du mat&#233;rialisme dialectique que nos anti-dialectiques contemporains, n'avaient ni l'&#233;quipement ni la motivation pour faire quoi que ce soit dans ce sens. Le Mat&#233;rialisme et la Critique empirique de L&#233;nine et ses cahiers sur la logique de Hegel ont rendu possible une renaissance de la philosophie du marxisme et ont ouvert la voie &#224; l'extension de ses id&#233;es et de ses m&#233;thodes aux probl&#232;mes auxquels sont confront&#233;es les sciences physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fallait esp&#233;rer que, lorsque les bolcheviks auraient pris le pouvoir en Russie, leurs dirigeants scientifiques et leurs acad&#233;mies entreprendraient cette t&#226;che sur une base collective aussi bien qu'individuelle. Sous le patronage de L&#233;nine, des d&#233;buts prometteurs furent r&#233;alis&#233;s. Mais celles-ci ont &#233;t&#233; interrompues par la r&#233;action. On ne pouvait gu&#232;re s'attendre &#224; ce que la pens&#233;e marxiste pure, bannie de la politique, s'enracine dans le sous-sol de la nature ou s'&#233;panouisse librement pendant un certain temps sous l'ombre funeste du r&#233;gime de Staline. Par cons&#233;quent, le marxisme est pass&#233; d'un mouvement id&#233;ologique en pleine croissance &#224; une scolastique st&#233;rile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les staliniens pourraient pr&#233;server certaines reliques de la pens&#233;e marxiste pass&#233;e comme les scolastiques m&#233;di&#233;vaux pr&#233;servaient les &#233;crits d'Aristote ou comme ils momifiaient eux-m&#234;mes le corps de L&#233;nine : pour exhiber les gloires d&#233;cadentes du pass&#233; tout en violant leur esprit dans le pr&#233;sent. C'est pourquoi nous leur devons la publication de la Dialectique de la nature . Dans la science comme dans la soci&#233;t&#233;, des vestiges de l'h&#233;ritage de la R&#233;volution d'Octobre sont ici et l&#224; ancr&#233;s dans le stalinisme ; du bien peut encore &#233;maner de cette abomination : contradiction qui horrifiera sans doute les anti-dialectiques. Mais sous les auspices staliniens, il ne peut y avoir de d&#233;veloppement coh&#233;rent et fructueux de la science du mat&#233;rialisme dialectique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce domaine de la pens&#233;e, comme dans tous les autres, les forces de la Quatri&#232;me Internationale sont oblig&#233;es de poursuivre les t&#226;ches laiss&#233;es inachev&#233;es par leurs pr&#233;d&#233;cesseurs marxistes. Dans les &#339;uvres philosophiques de Marx et d'Engels, et maintenant dans la Dialectique de la nature , ils retrouveront les principales voies d&#233;j&#224; trac&#233;es pour eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;note de bas de page&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Voir, par exemple, The Evolution of Physics d'Einstein et Infeld, en particulier la section sur The Decline of the Mechanical View .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1940/12/dialnat.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1940/12/dialnat.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4920&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4920&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4043&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4043&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article30&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article30&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Discutons sur l'&#233;trange relation (ou plut&#244;t absence de relation) entre Lutte ouvri&#232;re et la dialectique de la nature</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9349</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9349</guid>
		<dc:date>2025-12-05T23:13:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Dialectic - Dialectique</dc:subject>
		<dc:subject>Sciences</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Question &#187; de science. Discutons sur l'&#233;trange relation entre Lutte ouvri&#232;re et la dialectique de la nature &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, il faut relever que l'organisation Lutte ouvri&#232;re est connue par sa f&#234;te annuelle de Presles et celle-ci invite largement des scientifiques et auteurs d'ouvrages de vulgarisation scientifique &#224; mettre en d&#233;bat leurs id&#233;es sur tous les domaines des sciences. Elle y expose un &#171; carrousel scientifique &#187; &#224; la gloire du progr&#232;s technique et scientifique. Marx lui-m&#234;me n'en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Chapter 10 : Natural and social dialectic - Dialectique naturelle et sociale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Dialectic - Dialectique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot245" rel="tag"&gt;Sciences&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16834 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH97/sans_titre-15-524ea.jpg?1785125181' width='500' height='97' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16835 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16837 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH200/mini_conf_science-5d39a.jpg?1785125181' width='300' height='200' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Question &#187; de science. Discutons sur l'&#233;trange relation entre Lutte ouvri&#232;re et la dialectique de la nature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut relever que l'organisation Lutte ouvri&#232;re est connue par sa f&#234;te annuelle de Presles et celle-ci invite largement des scientifiques et auteurs d'ouvrages de vulgarisation scientifique &#224; mettre en d&#233;bat leurs id&#233;es sur tous les domaines des sciences. Elle y expose un &#171; carrousel scientifique &#187; &#224; la gloire du progr&#232;s technique et scientifique. Marx lui-m&#234;me n'en faisait-il pas autant, affirmant que le socialisme se construirait sur la base des progr&#232;s des capacit&#233;s de l'homme r&#233;alis&#233;es d'abord par le capitalisme mais ensuite utilis&#233;es au service de l'humanit&#233; par le socialisme ? Il y a d'ailleurs un certain nombre de militants et dirigeants de LO qui ont fait des &#233;tudes scientifiques ou m&#234;me font de la recherche scientifique. On peut citer par exemple Marc Peschanski et Christophe Darmangeat. Le fondateur lui-m&#234;me, Hardy, n'a-t-il pas fait quelques &#233;tudes de m&#233;decine ? Et on ne peut manquer de citer tous les &#233;loges de la science, de la technique, du progr&#232;s technologique dans les discours de LO, accusant seulement le capitalisme de d&#233;tourner cette science, de l'utiliser non au service de l'humanit&#233; mais pour l'exploiter, la polluer, la terroriser&#8230; Et c'est juste dans l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons tout cela plus en d&#233;tails&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation marxiste r&#233;volutionnaire se doit de prendre des positions sur la science et pas seulement de la glorifier. Elle doit d&#233;fendre des points de vue prol&#233;tariens et communistes sur le nucl&#233;aire, sur le r&#233;chauffement climatique, sur l'industrie d'armements, sur la pand&#233;mie covid, sur les vaccins ARN, sur l'industrie pharmaceutique. Nous allons voir que les positions prises par Lutte ouvri&#232;re dans tous ces domaines n'ont rien de scientifique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaires antiscientifiques de LO sur le nucl&#233;aire, sur le climat, sur covid, sur les vzccins :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6202&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6202&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1882&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article1882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve1025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/cercle-leon-trotsky/publications-brochures-le-rechauffement-climatique-un-revelateur-de-lirresponsabilite-du-capitalisme-64428.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/portail/cercle-leon-trotsky/publications-brochures-le-rechauffement-climatique-un-revelateur-de-lirresponsabilite-du-capitalisme-64428.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/relance-nucleaire-177949.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/mensuel/article/relance-nucleaire-177949.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une organisation communiste r&#233;volutionnaire se doit d'&#233;tudier s&#233;rieusement les domaines sur lesquels elle prend position publique comme cela a &#233;t&#233; le cas plusieurs ann&#233;es &#224; la f&#234;te de Lutte ouvri&#232;re o&#249; elle traitait la th&#233;orie du chaos d&#233;terministe de &#171; fausse science &#187;. Elle a aussi trait&#233; tous ceux qui se m&#233;fiaient des vaccins covid d'arri&#233;r&#233;s anti-science et de complotistes ! Elle diffuse tranquillement les mensonges anti-scientifiques du GIEC, annexe des gouvernements capitalistes sur le pr&#233;tendu r&#233;chauffement climatique caus&#233; par le gaz carbonique CO&#178;, comme elle diffuse les mensonges intergouvernementaux de l'OMS sur la sant&#233; dans le monde, sur les virus et sur les vaccins. Jamais LO n'a combattu les vaccinations de l'OMS qui ont servi &#224; st&#233;riliser des populations du tiers monde pendant des ann&#233;es. Jamais LO n'a combattu les mensonges de la science du nucl&#233;aire, bien au contraire. A la f&#234;te de Presles, elle a anim&#233; des d&#233;bats o&#249; elle soutenait cette industrie ultra-dangereuse et nuisible &#224; l'humanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que le but de l'&#233;tude d'une organisation qui se dit marxiste en parlant de science, en donnant la parole &#224; des cientifiques et en diffusant des th&#232;ses scientifiques serait de d&#233;fendre &#224; leur &#233;gard comme &#224; celui du grand public la th&#232;se marxiste sur la science &#224; savoir la &#171; dialectique de la nature &#187;, comme l'appelaient Marx et Engels, mais ce n'est pas du tout le cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citons une preuve tr&#232;s visible. Dans le site de d&#233;bats anim&#233; par des dirigeants de l'organisation Lutte ouvri&#232;re et appel&#233; &#171; forum des amis de Lutte ouvri&#232;re &#187;, un invit&#233; avait d&#233;pos&#233; un commentaire &#224; d&#233;battre sur &#171; la dialectique de la nature &#187;, mais son texte et les commentaires qui ont suivi ont &#233;t&#233; curieusement effac&#233;s du site et il n'en reste plus trace sans que LO ait remplac&#233; ce texte par un qui lui convienne mieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;rifiez vous-m&#234;mes que, dans le forum des amis de LO en sciences, l'article &#171; dialectique de la nature &#187; a &#233;t&#233; opportun&#233;ment&#8230; supprim&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://forumamislo.net/viewtopic.php?f=19&amp;t=3296&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://forumamislo.net/viewtopic.php?f=19&amp;t=3296&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sans doute que nous allons trouver dans le site de Lutte Ouvri&#232;re qui comprend un tellement grand nombre d'articles sur une si longue p&#233;riode au moins un article intitul&#233; &#171; dialectique de la nature &#187; ? Ou, au moins, un commentaire actualis&#233; par la connaissance de tellement de sciences que LO montre tous les ans &#224; sa f&#234;te ? Pas du tout ! Il n'y a rien de tout cela !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout cas, on peut lire un article de Lutte ouvri&#232;re qui commente le lien entre les d&#233;veloppements des sciences et le marxisme. Le voici et nous allons le commenter ensuite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-article-developpement-des-sciences-et.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/clt/documents-archives-cercle-leon-trotsky-article-developpement-des-sciences-et.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut que soutenir le but affich&#233; par cet article : &#171; Revenir sur ce qu'est le mat&#233;rialisme dialectique, sur la fa&#231;on dont il s'est enrichi des nouvelles d&#233;couvertes scientifiques, et donc sur les fondements contemporains de nos id&#233;es communistes r&#233;volutionnaires, voil&#224; notre propos. &#187; Mais examinons ce qui est fait en r&#233;alit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re remarque : pour aucune d&#233;couverte scientifique cit&#233;e par l'article, il n'est fait la moindre allusion &#224; la mani&#232;re dont elle renforce la conception dialectique du monde&#8230; Quel lien entre physique quantique et dialectique, &#233;volution des esp&#232;ces et dialectique, relativit&#233; et dialectique, etc&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me remarque : on n'y trouve aucune des grandes r&#233;volutions scientifiques r&#233;centes, ni chaos d&#233;terministe, ni particules et antiparticules virtuelles, ni vide quantique, ni th&#233;orie des champs, ni fractales, ni &#233;volutionnisme de Stephen Jay Gould (pas &#233;tonnant : Hardy le r&#233;cusait et l&#8216;article n'en fait pas mention), ni anthropologie des femmes du palolithqiue, ni psychanalyse (que Trotsky appr&#233;ciait mais pas LO&#8230; et elle n'en fait pas mention), etc&#8230; En Physique, LO ne mentionne ni spin, ni superposition d'&#233;tats, ni interaction virtuel/r&#233;el, ni interaction lumi&#232;re/mati&#232;re, ni rupture de sym&#233;trie, ni intrication, ni d&#233;coh&#233;rence, ni r&#233;duction du paquet d'ondes, ni fluctuations d'&#233;nergie du vide, ni in&#233;galit&#233;s d'Heisenberg, ni exp&#233;rience d'Aspect, ni supraconductivit&#233;, ni changement de sens du temps, ni effet tunnel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me remarque : ce que remarque ce texte en termes de progr&#232;s r&#233;cents des sciences est une vision tr&#232;s ancienne de la mati&#232;re et de la vie. Par exemple, cet article r&#233;ussit &#224; parler de physique des atomes et des particules sans rien dire des grandes avanc&#233;es de la physique quantique (nuage de probabilit&#233; de pr&#233;sence, fentes de Young, caract&#232;re dialectique de l'onde/corpuscule, boson de Higgs, etc.) La dialectique de l'&#233;volution des esp&#232;ces lui est tout aussi inconnue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, il y a un lien entre dialectique et sciences mais LO ne le connait pas et ne d&#233;fend pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, un lien entre dialectique et physique quantique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7629&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lien entre dialectique et relativit&#233; est tout aussi &#233;tranger &#224; Lutte ouvri&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3039&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3039&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ne parlons pas du lien entre dialectique et pens&#233;e humaine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore la dialectique de l'&#234;tre humain est absente dans cet article :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8452&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme la dialectique du croisement d'esp&#232;ces vivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7114&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7114&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les avanc&#233;es scientifiques fondamentales n&#233;cessitent une pens&#233;e dialectique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7848&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7848&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7360&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4937&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2175&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3617&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7976&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5126&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5310&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5310&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4791&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4791&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4033&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Peschanski, dirigeant et repr&#233;sentant politique et scientifique de Lutte ouvri&#232;re, est le plus grand d&#233;fenseur de l'industrie m&#233;dicale de la technologie des cellules embryonnaires dites sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=R9O6-_KoaSY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=R9O6-_KoaSY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=QlVvcp3Mt5Y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=QlVvcp3Mt5Y&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=g_0r_ntz89w&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=g_0r_ntz89w&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darmangeat, voici un autre dirigeant de LO et repr&#233;sentant scientifique de Lutte ouvri&#232;re qui, vous le constaterez, affirme que les femmes &#233;taient fortes avant le patriarcat ou que c'est un mythe&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2023-05-03-aux-chapiteaux-marx-et-engels_645670.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lutte-ouvriere.org/journal/article/2023-05-03-aux-chapiteaux-marx-et-engels_645670.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=6d8SS_GpW4w&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=6d8SS_GpW4w&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=UV_1dLkKFXw&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=UV_1dLkKFXw&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Darmangeat veut s'attaquer &#224; des th&#232;ses importantes du marxisme sur l'anthropologie et l'&#233;volution des soci&#233;t&#233;s humaines en subissant l'influence des anthropologues machistes (pas marxistes !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=IAUL4Q7JLFY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=IAUL4Q7JLFY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Lp9NnnAu-2c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Lp9NnnAu-2c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aux origines de l'oppression des femmes &#187; : Christophe Darmangeat est militant de &#171; Lutte Ouvri&#232;re &#187;. Cette organisation n'a pas voulu se mouiller en publiant dans sa propre maison d'&#233;ditions (Les Bons Caract&#232;res) un ouvrage critiquant Engels ; mais elle ne l'a cependant pas non plus condamn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pcint.org/04_PC/107/107_06_communisme-primitif.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand LO et Darmangeat tordent le baton de l'anthropologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8371&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8371&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que la th&#232;se marxiste de la &#171; dialectique de la nature &#187; et qu'est-ce que sa d&#233;fense au travers des nouvelles connaissances de sciences ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article308&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6947&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4546&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinez vous-m&#234;mes si vous trouvez un tout petit peu de marxisme dans les conf&#233;rences scientifiques &#224; la f&#234;te de Lutte ouvri&#232;re. Il n'y a rien du tout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation des conf&#233;rences par LO ne contient pas le mot &#171; dialectique &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fete.lutte-ouvriere.org/archives/2016&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fete.lutte-ouvriere.org/archives/2016&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lo-argenteuil.blogspot.com/2017/05/sciences-et-fete-de-lutte-ouvriere-de.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lo-argenteuil.blogspot.com/2017/05/sciences-et-fete-de-lutte-ouvriere-de.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun article de Lutte ouvri&#232;re n'est centr&#233; sur la dialectique de Hegel-Marx-Engels-L&#233;nine-Trotsky ! On y trouve plut&#244;t le mat&#233;rialisme d&#233;tach&#233; de la dialectique (avec tout au plus une r&#233;f&#233;rence polie &#224; cette derni&#232;re sans la moindre illustration).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais, au grand jamais, un article ou une conf&#233;rence de Lutte ouvri&#232;re ne fait allusion aux multiples propri&#233;t&#233;s qui sont caract&#233;ristiques de la dialectique : interp&#233;n&#233;tration des contraires, interd&#233;pendance des contraires, n&#233;gation de la n&#233;gation transformant le n&#233;gatif en positif, le tout n'est pas la somme des parties, la discontinuit&#233; fondamentale du monde, pas d'un c&#244;t&#233; mati&#232;re et de l'autre le vide, pas d'un c&#244;t&#233; l'ordre et de l'autre le d&#233;sordre, r&#244;le dynamique de la contradiction, interd&#233;pendance du localis&#233; et du d&#233;localis&#233;, de la cause et de l'effet, de la vie et de la mort, les bonds dans la nature, l'unit&#233; des contraires, etc&#8230; La dialectique s'oppose au gradualisme, au moralisme, au mat&#233;rialisme vulgaire et bourgeois, au progressisme, au r&#233;formisme en philosophie, au continuisme, aux oppositions diam&#233;trales entre le bon et le mauvais, entre le positif et le n&#233;gatif, entre la r&#233;volution et la contre-r&#233;volution, toutes sortes de pens&#233;es que LO adore&#8230; LO diffuse une pens&#233;e politique dualiste, gradualiste, moraliste (du bien oppos&#233; diam&#233;tralement au mal, du progr&#232;s oppos&#233; diam&#233;tralement &#224; la r&#233;action, de la classe oppos&#233;e diam&#233;tralement &#224; l'alliance de classes, etc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Lutte ouvri&#232;re, la dialectique n'est qu'une pens&#233;e (une pens&#233;e marxiste) et pas une r&#233;alit&#233;. Mais telle n'&#233;tait justement pas&#8230; la pens&#233;e marxiste v&#233;ritable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La dialectique dite objective r&#232;gne dans toute la nature et la dialectique subjective, la pens&#233;e dialectique, ne fait que refl&#233;ter le r&#232;gne de la nature enti&#232;re, du mouvement par opposition des contraires qui, par leur conflit constant et par leur conversion finale l'un en l'autre ou en des formes sup&#233;rieures, conditionnent pr&#233;cis&#233;ment la vie de la nature. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Engels, &#171; Dialectique de la nature &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Friedrich Engels dans un courrier &#224; Conrad Schmidt du 27 octobre 1890 : &#034;Ce qui manque &#224; tous ces messieurs, c'est la dialectique. Ils ne voient toujours ici que la cause, l&#224; que l'effet. Que c'est une abstraction vide, que dans le monde r&#233;el pareils antagonismes polaires m&#233;taphysiques n'existent que dans les crises, mais que tout le grand cours des choses se produit sous la forme d'action et de r&#233;action de forces, sans doute, tr&#232;s in&#233;gales, &#8212; dont le mouvement &#233;conomique est de beaucoup la force la plus puissante, la plus initiale, la plus d&#233;cisive, qu'il n'y a rien ici d'absolu et que tout est relatif, tout cela, que voulez-vous, ils ne le voient pas ; pour eux Hegel n'a pas exist&#233;&#8230;&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette remarque vaut pour Lutte ouvri&#232;re qui rechigne m&#234;me &#224; citer Hegel, que tous les grands r&#233;volutionnaires reconnaissaient comme la base indispensable de toute philosophie r&#233;volutionnaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais LO estime qu'elle n'a pas besoin de philosophie. Sa conception moraliste scientiste progressiste bourgeoise serait g&#234;n&#233;e par la pens&#233;e h&#233;g&#233;lienne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journal Lutte ouvri&#232;re &#224; la demande &#171; sciences &#187; sur son moteur de recherche, r&#233;pond essentiellement par la f&#234;te de Lutte ouvri&#232;re (cit&#233; des sciences et chapiteau scientifique), mais le chapiteau, les expos&#233;s et les d&#233;bats de cette f&#234;tte ne parlent jamais de dialectique de la nature et LO ne la remet pas sur le tapis lors de ces d&#233;bats :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un chapiteau scientifique : &#171; des id&#233;es pour comprendre le monde &#187;, nous dit Lutte ouvri&#232;re. Des connaissances, voil&#224; ce que diffuse LO mais pas une compr&#233;hension marxiste du monde&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=11VdVtRFuTY&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=11VdVtRFuTY&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=L8dK3qWpi04&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=L8dK3qWpi04&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=0EgI5nFcUwc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=0EgI5nFcUwc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Vhs3DaysifM&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Vhs3DaysifM&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=esU6PK3u4vE&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=esU6PK3u4vE&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, pour transformer le monde, certes il faut l'&#233;tudier scientifiquement mais aussi le comprendre philosophiquement. Et l&#224;, on est compl&#232;tement dans le noir avec Lutte ouvri&#232;re. Rien de ce que Hegel, Marx, Engels, L&#233;nine et Trotsky nous ont appris en philosophie leur a &#233;chapp&#233; compl&#232;tement. Ils en restent &#224; la philosophie de la soci&#233;t&#233; dominante, certes celle de beaucoup de scientifiques comme de la population mais surtout celle de la classe dirigeante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=ChraM3LNP5k&amp;list=PLbhc9_VLqG9SIbJLF8H86nQGHOIvgcVcx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=ChraM3LNP5k&amp;list=PLbhc9_VLqG9SIbJLF8H86nQGHOIvgcVcx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=IQ0CJG3ulAc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=IQ0CJG3ulAc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=cHXQ3r8ye-Q&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=cHXQ3r8ye-Q&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Sfh4fkFPMks&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Sfh4fkFPMks&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=xovJ4y8GDkk&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=xovJ4y8GDkk&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici comment le forum des amis de Lutte ouvri&#232;re discute de sciences et vous n'y trouverez pas de dialectique marxiste :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://forumamislo.net/viewforum.php?f=19&amp;sid=97c20b5cf8e6418f8bcd0dd5d1cf33b7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://forumamislo.net/viewforum.php?f=19&amp;sid=97c20b5cf8e6418f8bcd0dd5d1cf33b7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte ouvri&#232;re ne risque pas de d&#233;fendre partout dans les discussions scientifiques la th&#232;se de la &#171; dialectique de la nature &#187;, car elle ne s'occupe pas du tout de dialectique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4406&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4406&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, la philosophie est indispensable en sciences, m&#234;me si LO l'ignore&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7080&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7080&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marxisme a-t-il raison de se pr&#233;tendre scientifique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, des r&#233;volutionnaires authentiques se doivent d'employer la dialectique et pas seulement en sciences&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1699&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1699&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article8300&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2828&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine dans &#171; La port&#233;e du mat&#233;rialisme militant &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous devons comprendre qu'&#224; d&#233;faut d'un solide fondement philosophique, il n'est point de science de la valeur, point de mat&#233;rialisme qui pussent soutenir la lutte contre les pressions des id&#233;es bourgeoises et la restauration de la conception bourgeoise du monde. Pour soutenir cette lutte et la mener &#224; terme avec un entier succ&#232;s, le sp&#233;cialiste des sciences de la nature doit &#234;tre un mat&#233;rialiste moderne, un partisan conscient du mat&#233;rialisme tel que l'a pr&#233;sent&#233; Marx, c'est-&#224;-dire que son mat&#233;rialisme doit &#234;tre dialectique. (...) Nous pouvons et devons &#233;laborer cette dialectique dans tous ses aspects, publier des extraits des principales &#339;uvres de Hegel, les interpr&#233;ter dans un esprit mat&#233;rialiste. (...) Les sp&#233;cialistes modernes des sciences de la nature trouveront (s'ils cherchent et si nous apprenons &#224; les aider) dans la dialectique de Hegel interpr&#233;t&#233;e de mani&#232;re mat&#233;rialiste un bon nombre de r&#233;ponses aux questions philosophiques que pose la r&#233;volution dans la science. Faute de cela, les grands savants seront aussi souvent que par le pass&#233; impuissants dans leurs conclusions et g&#233;n&#233;ralisations philosophiques. Car les sciences de la nature progressent si vite, traversent une p&#233;riode de bouleversements r&#233;volutionnaires dans tous les domaines, si profonde, qu'elles ne pourront se passer en aucun cas de conclusions philosophiques.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici exprim&#233;e par L&#233;nine l'id&#233;e de Marx que LO ne soutient pas : &#171; la dialectique de Marx est la science des lois g&#233;n&#233;rales du mouvement, tant du monde ext&#233;rieur que de la pens&#233;e humaine&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/a_lo_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/a_lo_2-0cfa8.jpg?1785125181' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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