Matière et Révolution
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69144La révolution bourgeoise - La naissance politique du capitalisme
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https://www.matierevolution.org/spip.php?article89772026-08-30T22:06:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionRévolution bourgeoise
<p>La révolution bourgeoise <br class='autobr' />
La naissance politique du capitalisme <br class='autobr' />
(1890) <br class='autobr' />
Comment la bourgeoisie se souvient de sa propre révolution <br class='autobr' />
Il y a un an, on célébrait en France, comme dans tout le monde civilisé, le centième anniversaire de cette révolution qu'on appelle à juste titre « la Grande », parce qu'elle marque le point de départ d'une nouvelle période historique. Cet événement apporta de nombreux bienfaits à tout le monde civilisé en général et plus particulièrement à la bourgeoisie, (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">La révolution bourgeoise
<p>La naissance politique du capitalisme</p>
</h2>
<p>(1890)</p>
<p>Comment la bourgeoisie se souvient de sa propre révolution</p>
<p>Il y a un an, on célébrait en France, comme dans tout le monde civilisé, le centième anniversaire de cette révolution qu'on appelle à juste titre « la Grande », parce qu'elle marque le point de départ d'une nouvelle période historique. Cet événement apporta de nombreux bienfaits à tout le monde civilisé en général et plus particulièrement à la bourgeoisie, la bourgeoisie française en premier lieu. Cette révolution mit fin à la domination de la noblesse et assura à la bourgeoisie le premier rang dans tous les domaines de la vie publique. Toutes les tentatives de la Restauration pour modifier l'état des choses créé par la révolution restèrent vaines, d'autant plus que les réactionnaires n'essayèrent même pas d'éliminer les conséquences les plus importantes, c'est-à-dire les conséquences sociales de la grande révolution. Personne ne pouvait ignorer, même à ce moment-là, que, sous ce rapport, rien ne pouvait plus être changé ; que, malgré toutes les « indemnités » si généreuses que soient accordées à la noblesse féodale, son rôle dirigeant dans la vie de la société était définitivement terminé. Avec la grande révolution commença le règne incontesté de la bourgeoisie.</p>
<p>Il n'est donc pas étonnant que la bourgeoisie se soit souvenue de cet événement important à l'occasion de son centenaire. Déjà quelques années avant la célébration de l'anniversaire de la révolution, la presse bourgeoise avait annoncé sur tous les tons la grande fête à venir. Mais observons d'un peu plus près comment la bourgeoisie se souvient de sa révolution. Comment cet événement capital se représente-t-il dans son esprit ?</p>
<p>Nous avons devant nous le livre d'un des savants patentés de la bourgeoisie française, Paul Janet ( Centenaire de 1789, Histoire de la Révolution française , par Paul Janet, Paris), qui est parfois compté parmi les philosophes – lui-même ne semble pas y voir d'objection. Le fait que Paul Janet se trouve dans une sorte de rapport, incompréhensible pour nous, avec la science de la philosophie, nous est ici très utile, car un philosophe bourgeois, mieux que quiconque, peut nous éclairer sur la philosophie bourgeoise de la grande révolution. Cherchons donc cette philosophie à l'aide du livre précité.<br class='autobr' />
Rébellion et révolution en Angleterre</p>
<p>Mais d'abord une brève observation préliminaire. L'Angleterre a traversé ses orages révolutionnaires au XVIIe siècle, et il y eut alors deux révolutions : la première aboutit, entre autres, à l'exécution de Charles Ier, tandis que la seconde se termina par un banquet animé et l'avènement d'une nouvelle dynastie. Mais la bourgeoisie anglaise, dans l'appréciation de ces révolutions, manifeste des vues très divergentes : tandis que la première, à ses yeux, ne mérite même pas le nom de « révolution » et est simplement désignée comme « la grande rébellion », la seconde reçoit un nom plus euphonique : on l'appelle « la glorieuse révolution ». Le secret de cette différenciation dans l'appréciation des deux révolutions a déjà été révélé par Augustin Thierry dans ses thèses sur les révolutions anglaises.</p>
<p>Dans la première révolution, le peuple a joué un rôle important, dans la seconde, il n'a guère participé. Mais quand un peuple monte sur la scène de l'histoire et commence à décider des destinées de son pays selon sa force et sa meilleure intelligence, alors les classes supérieures (en l'occurrence la bourgeoisie) perdent leur humeur. Comme le peuple est toujours « brut » et que, si le diable révolutionnaire commence à l'envahir, il devient aussi « grossier », les classes supérieures ont tendance à exiger toujours de la politesse et des manières douces, du moins elles les exigent du peuple. C'est pourquoi les classes supérieures ont toujours tendance à donner aux mouvements révolutionnaires, s'ils sont largement suivis par le peuple, le cachet de « rébellion ».<br class='autobr' />
Révolution et rébellion en France</p>
<p>L'histoire de la France est particulièrement riche en « grandes révoltes » et en « révolutions glorieuses ». C'est seulement en France que les événements se sont déroulés, du point de vue historique, d'une manière opposée à celle qui prévalait dans l'Angleterre du XVIIe siècle. En Angleterre, par exemple, « la grande révolte » a précédé « la révolution glorieuse », tandis qu'en France, « les révolutions glorieuses » ont généralement dû céder la place aux « grandes révoltes ». Ce fait s'est répété tout au long du XVIIIe siècle.</p>
<p>Après la « glorieuse révolution » de 1830 à Paris, il y eut la « grande révolte » des tisserands de Lyon, assez considérable, qui fit tant trembler toute la bourgeoisie ; après la « glorieuse révolution » de février 1848, glorifiée même par Lamartine, il y eut la « grande révolte de juin », qui poussa la bourgeoisie à chercher refuge dans les bras d'une dictature militaire ; après la « très glorieuse » révolution de septembre 1870, il y eut enfin, en mars de l'année suivante, la « plus grande de toutes les révoltes françaises ». La bourgeoisie prétend aujourd'hui que les « grandes révoltes » ont toujours nui à la cause des « glorieuses révolutions ». Nous ne pouvons pas examiner ici la justesse de cette affirmation dans son application au XIXe siècle, mais nous devons céder la parole aux philosophes bourgeois sur les événements du XVIIIe siècle.</p>
<p>Vers la fin de ce siècle, il y eut en France une « grande rébellion » et une « glorieuse révolution » de 1789, et « la grande rébellion » qui joua un rôle important en 1793. Après ce qui a déjà été dit, le lecteur pourra maintenant prédire avec certitude ce que le philosophe bourgeois Paul Janet pense de ces mouvements révolutionnaires.<br class='autobr' />
Janet sur la Révolution française</p>
<p>Dans le dernier chapitre de son livre, Janet dit :</p>
<p>Pour arriver à une évaluation objective de la Révolution française, il faut distinguer trois choses à son égard : le but, les moyens et les résultats obtenus. Le but de la révolution – conquérir l'égalité civique et la liberté politique – était le plus sublime, le plus légitime qu'un peuple ait jamais cherché à atteindre.</p>
<p>Mais les moyens étaient mauvais : « ils étaient trop souvent violents, terribles ».</p>
<p>En ce qui concerne les résultats, l'égalité civique, selon Janet, est pleinement réalisée et ne laisse rien à désirer ; « la liberté politique », en revanche, « ne s'est imposée en France que de façon sporadique depuis la révolution et est encore aujourd'hui plus ou moins menacée ». Elle ne sera assurée que lorsque le peuple français aura renoncé à tous les moyens violents et illégaux et aura appris une fois pour toutes à considérer sa révolution comme achevée, et enfin lorsque la révolution elle-même sera passée dans le passé historique aussi irrévocablement que ce fut déjà le cas pour les révolutions en Angleterre et aux États-Unis. « Les conquêtes de la révolution doivent être maintenues, mais il faut renoncer à l'esprit révolutionnaire et aux moyens violents et illégaux. »</p>
<p>Très bien. Mais n'oublions pas que des moyens révolutionnaires ont été employés dès 1789, c'est-à-dire non seulement au moment de la « grande rébellion », mais aussi pendant la « glorieuse révolution ». Paul Janet doit-il condamner la « glorieuse révolution » à cause de ses moyens de violence ? Non, au contraire. Dans sa description, les actes de violence pratiqués pendant la « glorieuse révolution » apparaissent pleinement justifiés, hautement utiles et parfaitement efficaces. Il parle avec beaucoup d'éloges des insurrections populaires dirigées contre la royauté, et il cherche même à prouver que, sans ces soulèvements, le gouvernement aurait étouffé en germe toutes les réformes de l'Assemblée nationale, et que les grands objectifs de la révolution seraient alors restés inaccessibles.</p>
<p>Il salue la prise de la Bastille comme « la première apparition victorieuse du peuple de Paris sur la scène révolutionnaire » ; et il s'exprime de la même manière approbatrice à propos de la seconde apparition du même peuple sur la même scène, des événements des 5 et 6 octobre, ainsi que de la prise des Tuileries. Arrivé là, nota bene , après que Janet a démontré la nécessité inévitable d'éliminer un roi qui négociait avec l'ennemi dès le début de la guerre, il ajoute d'un ton mélancolique : « La France s'est peu à peu habituée à résoudre les questions politiques avec des moyens aussi pitoyables. » Mais il ne nous dit pas avec quels autres moyens la tâche donnée et incontournable aurait pu être accomplie.</p>
<p>Ce n'est qu'après la prise des Tuileries, c'est-à-dire après cette dernière insurrection nécessaire, selon Janet, que le peuple de Paris, sous la plume de notre historien, se transforme peu à peu en une populace dominée par les passions les plus basses. Il devient alors clair : une « révolte » est tout à fait acceptable, seulement il ne faut pas se laisser entraîner par les passions les plus basses. L'historien bourgeois veut-il être compris dans ce sens ? Pas du tout. On nous apprend aussitôt que maintenant que « la glorieuse révolution » est terminée, toutes les insurrections manquent de sens et de justification. Nous y sommes enfin parvenus. Le roi est tombé, la noblesse est détruite, la bourgeoisie est élevée sur le bouclier. Que désire le cœur de plus ? Maintenant, tais-toi, après avoir fait sur cette terre tout ce qui appartient à la terre. Qui, si ce n'est la populace, penserait à l'insurrection ?<br class='autobr' />
Les révolutionnaires prolétariens condamnés</p>
<p>Ensuite ! Comme on pouvait s'y attendre, Paul Janet étend sa sympathie à tous les partis qui se sont succédé à la tête du mouvement, sauf au parti de la Montagne. Sur ce dernier il déverse toute la coupe de sa colère ; c'est à ce parti qu'il réserve tous ses propos violents et ses épithètes.</p>
<p>Entre ces mécréants et la « Gironde virile et généreuse », Janet établit ce parallèle intéressant : « Les uns, comme les autres, voulaient la république… » Mais alors que « les Girondins aspiraient à une république libre, légale et douce, les Montagnards aspiraient à une république despotique et cruelle » :</p>
<p>Sans égard pour la liberté, ces derniers ne tenaient qu'à l'égalité. Certes, les deux partis étaient favorables à la souveraineté du peuple, mais avec cette différence que les Girondins voulaient justement inclure dans « le peuple » tous les citoyens, tandis que pour les Montagnards, conformément à la perversité encore en vigueur aujourd'hui, le peuple ne se composait que des membres de la classe ouvrière, des personnes vivant de leur propre travail. Par conséquent, selon les Montagnards, gouverner devait être l'apanage de cette seule classe.<br class='autobr' />
Des points de vue divergents sur « Le peuple »</p>
<p>Le programme politique des Girondins différait donc essentiellement de celui des Montagnards. D'où vient cette différence ? Paul Janet lui-même nous en donne suffisamment de renseignements. La différence venait de ce que le parti montagnard, comme nous l'avons vu, concevait les rapports entre les classes sociales alors existantes d'une manière différente de celle des Girondins. Ceux-ci « voulaient faire entendre que le peuple comprenait tous les citoyens », tandis que les premiers ne considéraient comme « le peuple » que la classe ouvrière ; les autres classes, selon les Montagnards, ne faisaient pas partie du « peuple », parce que les intérêts de ces classes étaient contraires à ceux de la classe ouvrière.</p>
<p>Et, à proprement parler, les Girondins eux-mêmes n'incluaient pas dans le « peuple » tous les citoyens, c'est-à-dire toute la nation française de l'époque, mais seulement le tiers-état. Comprenaient-ils dans le « peuple » l'aristocratie et le haut clergé ? Pas du tout. L'abbé Sieyès lui-même, qui n'a jamais été aussi loin que les Girondins, n'a-t-il pas, dans sa brochure Qu'est-ce que le tiers-état ? , mis « le peuple », c'est-à-dire le tiers-état, sans remords contre le petit groupe de privilégiés, c'est-à-dire la noblesse et le haut clergé ?</p>
<p>Les Girondins, qui combattaient les « privilégiés » avec beaucoup plus de détermination, étaient sans doute d'accord avec Sieyès sur ce point. Si, malgré tout, leur conception du « peuple » était si différente de celle des Montagnards, cela ne pouvait s'expliquer que par le fait que les Montagnards avaient fait un pas de plus en classant parmi les « privilèges » les institutions sociales qui leur paraissaient sacrées et nécessaires. La question de savoir quelles classes devaient être considérées comme « privilégiées » était controversée. Mais cela montre — et les explications de Paul Janet ne laissent place à aucune autre interprétation — que, selon les Montagnards, toutes les personnes et toutes les classes qui vivent du « travail », mais du travail des autres et non du leur, appartiennent à la catégorie des « privilégiés ».</p>
<p>Il faut maintenant chercher à éclaircir le point suivant : pourquoi les défenseurs de la cause de la classe ouvrière penchaient-ils vers une république « despotique et cruelle » ? Pourquoi ne se montraient-ils pas plutôt partisans d'une république « légale, libre et douce » ? Cette circonstance doit être ramenée à deux causes, l'une extérieure, l'autre intérieure. Tournons-nous d'abord vers la cause extérieure, c'est-à-dire vers les rapports qui existaient alors entre la France révolutionnaire et les autres États européens.<br class='autobr' />
La France menacée de l'intérieur et de l'extérieur</p>
<p>La situation de la France, au moment où le parti de la Montagne s'empara du pouvoir, était des plus désespérées, oui, elle était sans espoir. Janet dit :</p>
<p>Les troupes ennemies envahirent le territoire français de quatre côtés : du nord, les Anglais et les Autrichiens ; en Alsace, les Prussiens ; dans le Dauphiné, jusqu'à la ville de Lyon, les Piémontais ; et dans le Roussillon, les Espagnols. Et tout cela à une époque où la guerre civile faisait rage de quatre côtés : en Normandie, en Vendée, à Lyon et à Toulon.</p>
<p>A côté de ces ennemis déclarés, il y avait les partisans secrets de l'Ancien Régime, disséminés dans toute la France, qui étaient prêts à aider subrepticement l'ennemi.</p>
<p>Le gouvernement, qui avait entrepris la lutte contre ces innombrables ennemis intérieurs et extérieurs, n'avait ni argent ni troupes suffisantes ; il ne pouvait compter que sur une énergie sans bornes, sur l'appui actif des éléments révolutionnaires du pays et sur le courage colossal de ne reculer devant aucune mesure, si arbitraire, si illégale ou si impitoyable fût-elle, aussi longtemps qu'elle était nécessaire à la défense du pays.<br class='autobr' />
Une situation désespérée appelle des mesures désespérées</p>
<p>Après que les Montagnards eurent appelé aux armes toute la jeunesse française, sans pouvoir, avec les maigres ressources que leur procurait l'impôt, fournir même partiellement des armes et des vivres aux armées nouvellement formées, ils recoururent aux réquisitions, aux confiscations, aux emprunts forcés, décrétèrent le change des assignats , bref, ils imposèrent aux classes possédantes effrayées des sacrifices d'argent, tout cela dans l'intérêt d'un pays en péril pour lequel le peuple sacrifiait son sang.</p>
<p>Ces mesures de force étaient absolument nécessaires pour sauver la France. Il n'y avait pas à compter sur des contributions financières volontaires, Janet l'admet lui-même. La détermination et l'énergie de fer du gouvernement étaient également nécessaires pour pousser à bout toutes les forces nouvelles de la France, Janet l'admet aussi. Mais lui, Paul Janet, aurait préféré voir la dictature entre les mains de la « noble et magnanime Gironde » plutôt que dans celles des abominables Montagnards. Si les Girondins étaient sortis victorieux de la lutte contre la Montagne, alors, selon l'auteur :</p>
<p>… eux aussi auraient été placés dans la même situation que les Montagnards ; ils auraient été obligés de réprimer les insurrections royalistes, de vaincre le parti d'opposition, de repousser les invasions, et l'on peut douter que, sans la dictature, ils eussent pu faire face à tous ces maux. Mais leur dictature aurait été moins sanguinaire et aurait donné plus de place au droit et à la liberté.</p>
<p>Mais sur quelles couches de la population les doux Girondins auraient-ils pu s'appuyer ? Quand, après leur défaite à Paris, ils cherchèrent du secours en province, ils n'y trouvèrent que l'appui passif de la bourgeoisie « lente et tiède », pour reprendre l'expression de Janet, et l'appui malfaisant des royalistes, qu'ils durent eux-mêmes rejeter. Et pouvaient-ils compter sur un appui plus efficace de la part de leurs partisans dans la lutte contre les ennemis étrangers ? La Gironde n'a jamais trouvé et ne trouvera jamais grâce auprès de la couche la plus basse et la plus révolutionnaire de la population, surtout à Paris. Cette partie de la population avait évidemment sur le « peuple » et ses intérêts des opinions tout à fait différentes de celles de la Gironde, si admirée par Janet en raison de sa magnanimité.</p>
<p>C'est précisément cette circonstance qui provoqua la chute de la Gironde et la victoire de la Montagne. La première fut presque exclusivement le fait de la « classe moyenne lente et tiède ». Pouvait-on accomplir quelque chose de substantiel avec de tels alliés ? Non, la Gironde modérée et libérale n'aurait jamais pu sauver la France de la situation critique dans laquelle elle se trouvait empêtrée en 1793.</p>
<p>C'est la situation extérieure de la France qui rendit nécessaire la dictature, celle des Montagnards. Et une fois qu'une dictature fut nécessaire, tous les discours sur une république « libre, légale et douce » devinrent tout simplement ridicules. La dictature révolutionnaire devait nécessairement être aussi rigide et aussi impitoyable que les ennemis extérieurs qui l'avaient suscitée, tout comme le manifeste du duc de Brunswick et les menaces d'une Europe réactionnaire contre la France.</p>
<p>Passons maintenant aux causes internes qui empêchèrent les Montagnards de trouver une république « libre, légale et douce » à leur goût. Il faut ici tout d'abord attirer l'attention du lecteur sur les fameux droits de l'homme et du citoyen. Parmi ceux-ci, nous trouvons plusieurs droits qui correspondent aux intérêts de la classe la plus basse de la population ; mais nous en trouvons aussi un à l'égard duquel cette classe fut obligée, dès le début, de maintenir une attitude particulière et contradictoire. Il s'agit du droit de propriété.<br class='autobr' />
Le prolétariat et les « droits de propriété »</p>
<p>Comment un « sans- culotte » parisien, par exemple, pourrait-il concevoir ce droit, alors que son nom seul indique qu'il est lui-même dépourvu de toute propriété ? Comment pourrait-il exercer ce droit merveilleux qui lui est accordé ? Les exemples ne manquent pas à sa portée. La bourgeoisie s'est approprié bien des biens de l'aristocratie et de l'Église : pourquoi ne ferait-elle pas de même avec les biens de la bourgeoisie ?</p>
<p>Le sans-culotte de cette époque avait à traverser bien des jours pénibles, quoique joyeux. Il lui fallait souvent endurer la faim au sens le plus littéral du terme, et la faim, on le sait, est mauvaise conseillère. Dès lors, notre sans-culotte commença à manifester une grande indifférence à l'égard de la propriété bourgeoise. La bourgeoisie résista à cela du mieux qu'elle put.</p>
<p>On voit bien comment cette lutte sociale devait influer sur la vie politique. La « populace » se rassembla en un parti qui lui était propre et mit les Montagnards sur le bouclier. La « populace » de l'époque savait se battre et prit bientôt le contrôle. Il ne lui restait alors évidemment plus qu'à utiliser le pouvoir politique qu'elle venait d'acquérir pour créer des institutions sociales sous lesquelles le droit de propriété ne sonnerait plus comme une amère moquerie. Mais pour le prolétariat de l'époque, comme pour le prolétariat moderne, cela n'était possible qu'à une condition : l'abolition totale de la propriété privée des moyens de production et de l'organisation sociale de la production.</p>
<p>Mais cette dernière, dans les conditions qui prévalaient alors, était tout simplement impensable pour deux raisons étroitement liées. Le prolétariat de l'époque n'avait pas les capacités requises, et les moyens de production de l'époque ne répondaient même pas aux conditions élémentaires de socialisation. C'est pourquoi ni le prolétariat de l'époque ni ses représentants les plus avancés ne pouvaient même concevoir cette idée. Il est vrai que dans la littérature française prérévolutionnaire on trouve quelques utopies communistes, mais celles-ci, pour les raisons que nous avons mentionnées, n'ont pu trouver ni crédit ni reconnaissance.<br class='autobr' />
Raisons des tactiques terroristes</p>
<p>Dans ces conditions, que restait-il à faire à la « populace » momentanément victorieuse ? Si l'on ne pouvait pas songer à socialiser les moyens de production, il fallait nécessairement que la propriété privée y soit maintenue, et que la population indigente se contente d'empiéter sur son domaine par la force et par la violence. Et c'est à cause de ces empiétements que la « populace » est encore aujourd'hui accusée par tous les historiens bourgeois. Les empiétements sur le domaine de la propriété privée ont rendu impossible une république « légale », car la loi a été conçue pour protéger précisément cette propriété privée.</p>
<p>La République ne pouvait plus être « douce », car les classes possédantes ne supportaient pas, les mains dans les poches, de telles atteintes à leurs biens, mais cherchaient au contraire avec ardeur une occasion de mettre un terme à cette « domination de la populace » nonchalante. La lutte entre le prolétariat de l'époque et les classes possédantes devait être menée, fatalement et inévitablement, par des moyens terroristes. C'est seulement par la terreur, dans un contexte de contradictions économiques insolubles, que le prolétariat pouvait maintenir sa domination. Si le prolétariat avait atteint un stade de développement plus élevé et, d'autre part, si les conditions économiques avaient été suffisamment avancées pour assurer son bien-être, il n'aurait pas eu besoin de recourir à des mesures de terreur.<br class='autobr' />
Raisons de la « légalité » bourgeoise</p>
<p>Considérons la bourgeoisie, si louée par les historiens pour son penchant pour la « légalité ». Elle ne laissait nullement ses ennemis en paix, et ne reculait pas devant les mesures décisives dans les moments critiques ; mais sa cause était alors si solide qu'elle n'avait pas à craindre d'adversaire. Arrivée au pouvoir au cours de sa « glorieuse » révolution, la bourgeoisie a instauré l'ordre social qui convenait à ses besoins, et elle l'a fait avec tant de rigueur que même les réactionnaires les plus obstinés n'ont plus eu l'idée de l'abolir. Si ces derniers avaient tenté une tentative dans ce sens, ils auraient vite été convaincus de son échec absolu.</p>
<p>Dans ces conditions, il était facile à la bourgeoisie de parler de « légalité » ; lorsque votre cause a gagné et que vos ennemis ont été vaincus sans espoir, l'ordre de choses le plus conforme à vos intérêts devient « légal » ; recourriez-vous alors encore à des moyens illicites ? Vous êtes sûr que désormais vos privilèges seront amplement protégés par la loi. La bourgeoisie a lutté pour la légalité en politique, parce que l'évolution historique avait pleinement assuré son triomphe en économie.</p>
<p>A sa place, le prolétariat n'aurait pas pu et n'aurait pas agi autrement. Que les porte-parole de la « populace », les Montagnards, tout autant que les Girondins, aient élevé au plus haut le principe de la liberté et de la loi, c'est ce que prouve la constitution qu'ils ont rédigée, la plus libre jamais écrite en France. La constitution introduisait la législation directe par les représentants du peuple et limitait au minimum les pouvoirs de l'exécutif. Cependant, en raison de toutes les conditions extérieures et intérieures de la France, il devenait impossible aux Montagnards d'appliquer la constitution.</p>
<p>En général, on peut considérer comme une règle qui ne souffre aucune exception que telle classe sociale ou telle couche de la population, une fois arrivée au pouvoir, recourra d'autant plus volontiers à la terreur que ses chances de se maintenir au pouvoir sont faibles. Au XIXe siècle, la bourgeoisie a dû se rendre compte que sa domination sur le prolétariat devenait de plus en plus fragile et, par conséquent, elle s'efforce de plus en plus de le soumettre par la terreur. Elle a agi avec plus de férocité contre les insurgés de Juin qu'en 1831 contre les tisserands de Lyon ; elle a agi avec beaucoup plus d'atrocité dans la répression des Communards de 1871 qu'en Juin 1848.</p>
<p>La terreur exercée par la bourgeoisie contre le prolétariat éclipse de loin les atrocités des Jacobins, qui ont d'ailleurs été grandement exagérées par les réactionnaires. Robespierre, comparé à Thiers, apparaît comme un véritable ange, et Marat, mis à côté des cosaques de la presse bourgeoise de la semaine sanglante de mai, apparaît comme un être doux et bienveillant. Quiconque approfondit l'histoire de France de notre siècle doit être entièrement d'accord avec l'écrivain russe Herzen, lorsqu'il disait, après les journées de juin, qu'il n'y avait pas de gouvernement plus féroce, et qu'il ne pouvait pas y en avoir de plus féroce que celui du boutiquier en furie.<br class='autobr' />
La bourgeoisie responsable de la réaction française</p>
<p>C'est précisément cette férocité des boutiquiers qui rendit impossible la consolidation durable de la liberté politique en France. La bourgeoisie doit être tenue seule responsable des défaillances réactionnaires qui caractérisent l'histoire de la France au XIXe siècle. Même à l'époque de la Restauration, la victoire des réactionnaires fut d'autant plus facile que la bourgeoisie, effrayée à mort par les ouvriers, les empêcha pendant longtemps d'entrer dans la lutte.</p>
<p>Et maintenant, pour calmer les écrivains bourgeois qui tremblent à la seule pensée de la terreur jacobine, nous allons exposer une vérité qui nous paraît irréfutable. La victoire de la classe ouvrière, qui se profile maintenant dans tous les pays civilisés, ne sera certainement pas entachée par la cruauté, car la victoire de la cause du travail est tellement assurée par le cours de l'histoire qu'il n'y aura plus besoin de terreur. Certes, les réactionnaires bourgeois seront bien avisés de s'abstenir de tenter de faire trébucher le prolétariat victorieux et de faire preuve de sagesse en n'imitant pas les conspirateurs royalistes de la grande révolution. « A la guerre comme à la guerre », c'est un dicton vrai, et dans le feu de l'action, il pourrait être dur pour les conspirateurs. Mais, répétons-le, tout le cours de l'évolution historique garantit le succès du prolétariat.<br class='autobr' />
Conditions favorables à la révolution socialiste</p>
<p>A l'occasion de la célébration du centenaire de la grande révolution, la bourgeoisie française s'est presque délibérément employée à démontrer au prolétariat ad oculos (aux yeux) la possibilité économique et la nécessité d'une transformation sociale. L'Exposition universelle [1] lui a fourni une excellente démonstration du développement sans précédent des moyens de production dans tous les pays civilisés, qui a dépassé les plus audacieuses fantaisies des utopistes du siècle précédent. Dans ce sens, l'émancipation du prolétariat, au lieu du noble rêve qu'elle était au temps de Babeuf, est devenue une nécessité historique.</p>
<p>L'exposition a montré, en outre, que le développement moderne des moyens de production, dans les conditions anarchiques qui régissent la production, doit logiquement et nécessairement conduire à des crises industrielles de plus en plus destructrices pour l'économie mondiale. Pour échapper aux conséquences dangereuses de ces crises, il ne reste au prolétariat européen qu'à poser les bases d'une organisation planifiée de la production sociale, chose impossible pour les sans-culottes du siècle dernier. Non seulement les forces productives modernes rendent possible une telle organisation, mais elles y tendent. Sans une telle organisation, il n'est pas possible d'envisager la pleine utilisation de ces forces.</p>
<p>Dans l'atelier mécanique moderne, la production a déjà pris un caractère social ; il ne reste plus qu'à harmoniser les différentes fonctions productives dans ces ateliers et, en conséquence, à transformer la propriété du produit, c'est-à-dire à la faire passer de la propriété privée à la propriété sociale. Atteindre ce but sera la tâche du prolétariat européen. Le Congrès socialiste international, réuni en juillet 1889, n'a pas manqué de rappeler au prolétariat cette grande tâche.</p>
<p>Revenons maintenant à notre philosophe Paul Janet, que nous avons perdu de vue pendant un certain temps. Il vient de nous annoncer qu'il faut « rester fidèle à l'esprit de la révolution, mais rejeter l'esprit révolutionnaire ». En d'autres termes, l'humanité doit se contenter des résultats de la grande révolution obtenue par la bourgeoisie, mais ne doit pas faire un pas de plus en avant.<br class='autobr' />
Nécessité d'une conscience de classe parmi les travailleurs</p>
<p>Or, nous pensons que c'est tout le contraire. Les objectifs de la bourgeoisie ne peuvent pas être ceux de la classe ouvrière, et les résultats obtenus par la première ne peuvent satisfaire la seconde. C'est pourquoi les ouvriers font un pas de plus lorsqu'ils rejettent l'esprit bourgeois de la grande révolution, mais restent fidèles à l'esprit révolutionnaire. Rester fidèle à cet esprit signifie lutter sans relâche et sans crainte pour un avenir meilleur, lutter implacablement contre tout ce qui est ancien et dépassé.</p>
<p>La bourgeoisie voudrait bien inculquer aux ouvriers l'idée que la société moderne ne connaît pas de divisions de classes, parce que le fondement de l'État moderne est l'égalité de tous devant la loi. Mais cette égalité formelle ne peut pas plus consoler les ouvriers que, sous l'ancien régime, l'égalité proclamée de tous devant Dieu ne satisfaisait la bourgeoisie ; non contente de cette égalité fantastique, la bourgeoisie ne se reposait pas avant d'être entrée en possession de tous les biens terrestres possibles. Il n'est donc pas étonnant que le prolétariat ne se contente pas de fictions juridiques, sachant très bien que l'inégalité économique doit, dans la vie réelle, rendre illusoire toute autre égalité.</p>
<p>De la même manière, la bourgeoisie voudrait faire croire aux ouvriers qu'il n'y a plus rien à faire aujourd'hui dans le domaine économique et qu'il ne faut donc que se livrer au jeu de la politique « pure ». Mais la « politique pure » n'est pour les ouvriers qu'une politique de pacotille au service des partis bourgeois, et la bourgeoisie est parfaitement consciente de la signification de cette espèce de « politique pure », du moins telle était-elle son interprétation lorsqu'elle était en lutte avec la noblesse et le clergé.</p>
<p>Dans la brochure Qu'est-ce que le tiers-état ? , déjà citée, et qui doit être considérée comme le programme de la bourgeoisie de 1789, les sophismes des « purs politiques », qui se trouvaient alors dans les deux états supérieurs, étaient réfutés avec beaucoup de talent. L'abbé Sieyès insistait sur le fait que la nation était en réalité divisée en deux camps : dans l'un, les privilégiés ; dans l'autre, les opprimés ; et que cette division réelle devait se refléter dans la politique. Il était naturel et compréhensible que les privilégiés cherchassent à préserver leurs intérêts au moyen de mesures politiques ; mais les opprimés ne devaient pas non plus négliger la sauvegarde de leurs intérêts et devaient apparaître comme un parti unifié dans l'arène politique nouvellement ouverte.</p>
<p>Jusqu'à présent, cette leçon n'a pas perdu de son sens ni de son importance. Les conditions n'ont changé que dans la mesure où la bourgeoisie occupe aujourd'hui une position privilégiée. Et que reste-t-il aux ouvriers, sinon de se regrouper dans un parti séparé des opprimés, opposé à la bourgeoisie privilégiée ?<br class='autobr' />
Idées confuses sur la lutte des classes</p>
<p>A la fin du XVIIIe siècle, à l'époque de la « grande révolte » de la « populace » française, l'antagonisme de classe entre bourgeoisie et prolétariat n'était encore qu'embryonnaire. C'est pourquoi la conscience de classe des prolétaires devait être assez floue. Lorsque, au cours de ce traité, nous avons essayé d'expliquer l'argumentation de Paul Janet relative aux conceptions jacobines du « peuple », nous leur avons attribué une attitude antagoniste à l'égard de toutes les classes vivant du travail des autres. C'était en réalité le seul sens possible de l'argumentation de l'auteur.</p>
<p>Mais cela n'est vrai que dans la mesure où les Montagnards, en réalité et par instinct, ont toujours cherché à défendre les intérêts de la classe la plus pauvre de la population. Il en était ainsi parce que leur conception comportait un trait qui, au cours d'une évolution ultérieure, aurait pris un caractère tout à fait bourgeois. Ce trait apparaît clairement dans les discours de Robespierre. C'est par lui que s'explique la lutte des Jacobins contre les Hébertistes et, en général, leur lutte contre la prétendue législation agraire.</p>
<p>Mais ces « lois agraires », telles que se les représentaient leurs partisans, ne contenaient rien de communiste. La propriété privée et les objectifs petits-bourgeois qui lui étaient étroitement liés s'imposèrent dans les programmes des révolutionnaires les plus extrémistes de l'époque. Seul Babeuf prit une position différente ; il apparut au dernier acte de la grande tragédie, alors que les forces du prolétariat avaient déjà été entièrement épuisées par les luttes précédentes. Le parti de la Montagne échoua précisément à cause de cette contradiction profonde entre ses conceptions petites-bourgeoises et sa volonté de représenter les intérêts prolétariens.</p>
<p>Ces contradictions sont étrangères aux représentants actuels de la classe ouvrière, car le socialisme moderne et scientifique n'est que l'expression théorique de l'antagonisme insurmontable des intérêts de la bourgeoisie et du prolétariat. La victoire prochaine de la classe ouvrière sous le drapeau du socialisme sera bien plus glorieuse que toutes les « glorieuses » révolutions de la bourgeoisie réunies.</p>
<p>La force, la force pure, la force des baïonnettes et des canons, devient de plus en plus le seul appui de la domination bourgeoise. Et des « théoriciens » candides font leur apparition, qui reconnaissent sans plus de cérémonie que l'ordre bourgeois actuel ne peut être justifié théoriquement et n'a pas besoin d'une telle justification, parce que la bourgeoisie contrôle les pouvoirs publics. Ainsi parle par exemple un professeur autrichien, Gumplowicz, dans son livre L'État politique et le socialisme .</p>
<p>Lorsque les représentants de la noblesse et du clergé, dans une des premières sessions des États, revinrent sur le fondement de leurs privilèges, le droit historique de conquête, le théoricien de la bourgeoisie, l'abbé Sieyès, répondit fièrement : « Rien que cela, messieurs ? Nous serons conquérants à notre tour ! » — ce qui veut dire : « Rien que cela, messieurs ? Eh bien, nous serons conquérants à notre tour ! »</p>
<p>Et la classe ouvrière doit dire exactement cela aux partisans de la force bourgeoise.</p>
<p>1. L'Exposition universelle est une grande exposition qui s'est tenue à Paris à l'occasion du centième anniversaire de la prise de la Bastille. Elle s'est déroulée du 6 mai au 31 octobre 1889 et a attiré plus de six millions de visiteurs.</p></div>
Histoires de la classe ouvrière
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9037
https://www.matierevolution.org/spip.php?article90372026-08-29T22:41:00Ztext/htmlfrRobert ParisOuvriers Workers
<p>Histoires de la classe ouvrière <br class='autobr' />
Avertissement : les textes qui suivent développent des points de vue aussi divers qu'opposés. Il faut voir ainsi que se réclamer de la classe ouvrière ne dit pas ce qu'on compte lui proposer comme perspective ! <br class='autobr' />
Matière et Révolution : <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4790 <br class='autobr' />
Engels <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315.htm <br class='autobr' />
Dolléans <br class='autobr' />
https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k3338772h?rk=64378 ;0 <br class='autobr' />
Robert du Var (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory">4ème chapitre : Révolutions prolétariennes jusqu'à la deuxième guerre mondiale</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Histoires de la classe ouvrière</h2>
<p>Avertissement : les textes qui suivent développent des points de vue aussi divers qu'opposés. Il faut voir ainsi que se réclamer de la classe ouvrière ne dit pas ce qu'on compte lui proposer comme perspective !</p>
<p>Matière et Révolution :</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article4790" class="spip_url auto" rel="nofollow">https://www.matierevolution.org/spip.php?article4790</a></p>
<p>Engels</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315.htm</a></p>
<p>Dolléans</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3338772h?rk=64378;0" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3338772h?rk=64378;0</a></p>
<p>Robert du Var</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6536672n.r=popp%20ouvri%C3%A8re?rk=21459;2" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6536672n.r=popp%20ouvri%C3%A8re?rk=21459;2</a></p>
<p>Comité Révolutionnaire du Prolétariat</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5451923r.r=histoire%20de%20la%20classe%20ouvri%C3%A8re?rk=321890;0" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5451923r.r=histoire%20de%20la%20classe%20ouvri%C3%A8re?rk=321890;0</a></p>
<p>Levasseur</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62791r.r=%22Histoire+des+classes+ouvri%C3%A8res+et+de+l%27industrie+en+France+de+1789+%C3%A0+1870%22+.langFR" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62791r.r=%22Histoire+des+classes+ouvri%C3%A8res+et+de+l%27industrie+en+France+de+1789+%C3%A0+1870%22+.langFR</a></p>
<p>Willard</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3335871h/f9.item" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3335871h/f9.item</a></p>
<p>Du Cellier</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86345v" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k86345v</a></p>
<p>Un Blanqui qui n'est pas Auguste</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k863257/f2.item" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k863257/f2.item</a></p>
<p>Dupont du Nord</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k842949?rk=42918;4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k842949?rk=42918;4</a></p>
<p>Laboulais</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5500130p.r=ouvrier%20r%C3%A9volutionnaire?rk=64378;0" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5500130p.r=ouvrier%20r%C3%A9volutionnaire?rk=64378;0</a></p>
<p>Radiofrance</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/entendez-vous-l-eco/une-histoire-de-la-condition-ouvriere-4833505" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/entendez-vous-l-eco/une-histoire-de-la-condition-ouvriere-4833505</a></p>
<p>in english</p>
<p>Postgate</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6235522c.r=chartism%20workers?rk=42918;4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6235522c.r=chartism%20workers?rk=42918;4</a></p>
<p>Charles Booth</p>
<p><a href="https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k93990t.r=chartism%20workers?rk=21459;2" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k93990t.r=chartism%20workers?rk=21459;2</a></p></div>
A la mémoire des villes révoltées contre leur oppresseur...
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8999
https://www.matierevolution.org/spip.php?article89992026-08-23T22:17:00Ztext/htmlfrRobert ParisRévolutionRévolution bourgeoiseRévolte
<p>A la mémoire des villes révoltées contre leur oppresseur <br class='autobr' />
Révoltes des villes d'Egypte contre Pharaon <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222 <br class='autobr' />
https://www.persee.fr/doc/topoi_1764-0733_2013_mel_12_1_2725 <br class='autobr' />
https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine <br class='autobr' />
https://www.gauchemip.org/spip.php?article7669 <br class='autobr' />
https://www.lepoint.fr/monde/egypte-la-revolte-gagne-les-grandes-villes-le-pouvoir-brandit-la-menace-de-l-armee-10-02-2011-1293791_24.php#11 (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">A la mémoire des villes révoltées contre leur oppresseur</h2>
<p>Révoltes des villes d'Egypte contre Pharaon</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222</a></p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/topoi_1764-0733_2013_mel_12_1_2725" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.persee.fr/doc/topoi_1764-0733_2013_mel_12_1_2725</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine</a></p>
<p><a href="https://www.gauchemip.org/spip.php?article7669" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.gauchemip.org/spip.php?article7669</a></p>
<p><a href="https://www.lepoint.fr/monde/egypte-la-revolte-gagne-les-grandes-villes-le-pouvoir-brandit-la-menace-de-l-armee-10-02-2011-1293791_24.php#11" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lepoint.fr/monde/egypte-la-revolte-gagne-les-grandes-villes-le-pouvoir-brandit-la-menace-de-l-armee-10-02-2011-1293791_24.php#11</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1923" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1923</a></p>
<p>Révoltes de la ville d'Ougarit</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259</a></p>
<p>Révolte dans l'Indus</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4197" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4197</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article229" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article229</a></p>
<p>Révolte des villes de Mésopotamie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6104" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6104</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5515" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5515</a></p>
<p>La ville de Philopappos en Grèce en 287 av. J.-C. en révolte contre Démétrios</p>
<p><a href="https://foucautalain9.wixsite.com/patrimoine-urbain/single-post/le-monument-de-philopappos" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://foucautalain9.wixsite.com/patrimoine-urbain/single-post/le-monument-de-philopappos</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9m%C3%A9trios_Ier_Poliorc%C3%A8te" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9m%C3%A9trios_Ier_Poliorc%C3%A8te</a></p>
<p>Troie en révolte écrasée par la Grèce</p>
<p><a href="https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/la-guerre-de-troie-a-bien-un-lieu-9580.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/la-guerre-de-troie-a-bien-un-lieu-9580.php</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146</a></p>
<p>Révolte de la ville de Tula</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5247</a></p>
<p>Révoltes contre l'empire maya</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243</a></p>
<p>Révolte à Teotihuacán</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238</a></p>
<p>Révolte de Caral (Pérou) en 1500 avant notre ère</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5263</a></p>
<p>Révolte à Corfou, en 427 avant notre ère</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5166" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5166</a></p>
<p>Révolte à Babylone</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4298" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4298</a></p>
<p>Cette ville qui s'est rebellée contre le pouvoir de Rome a été rasée par les légions</p>
<p><a href="https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/archeologie-cette-ville-rebellee-pouvoir-rome-ete-rasee-legions-116598/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/archeologie-cette-ville-rebellee-pouvoir-rome-ete-rasee-legions-116598/</a></p>
<p>Révolte des Bagaudes</p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/mefra/438" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/mefra/438</a></p>
<p>Révolte de Berne</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2580" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2580</a></p>
<p>Révoltes d'Anvers</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1220" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1220</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_d%27Anvers_(1585" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_d%27Anvers_(1585</a>)</p>
<p>Révolte de Gand, Bruges et Ypres</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article293" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article293</a></p>
<p>Révoltes de Liège</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4143" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4143</a></p>
<p>Révoltes contre le Seigneur de Sicán (Pérou)</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5282</a></p>
<p>Révolte de la ville d'El Tajin contre la dictature totonaque en 1200</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5356</a></p>
<p>Révolte et écrasement de la ville de Dinant</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1219" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1219</a></p>
<p>Révoltes de Paris</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article238" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article238</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7281" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7281</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1632" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1632</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7383" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7383</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6535" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6535</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6812" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6812</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1185</a></p>
<p>Révoltes de Londres</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3911" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3911</a></p>
<p>Révoltes des villes anglaises</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7577" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7577</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1518" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1518</a></p>
<p>Révolte de Marseille et Lyon</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2686" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2686</a></p>
<p>Révoltes de la ville de Marseille</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1219" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1219</a></p>
<p>Révoltes en France</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6266" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6266</a></p>
<p>Révolte de la ville de Münster</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3999" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3999</a></p>
<p>Révolte de Madrid</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6421" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6421</a></p>
<p>Révolte de Paris en 1358</p>
<p><a href="https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/moyen-age/1358-la-revolte-populaire-qui-fit-trembler-la-france-2682.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/moyen-age/1358-la-revolte-populaire-qui-fit-trembler-la-france-2682.php</a></p></div>
Quand le peuple algérien se battait contre le colonialisme français...
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9061
https://www.matierevolution.org/spip.php?article90612026-08-22T22:17:00Ztext/htmlfrRobert ParisAlgérieRévolte
<p>Quand le peuple algérien se battait contre le colonialisme français <br class='autobr' />
La conquête génocidaire française de l'Algérie <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6158 <br class='autobr' />
https://www.youtube.com/watch?v=KXUrWB994Og <br class='autobr' />
https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_de_l%27Alg%C3%A9rie_par_la_France <br class='autobr' />
L'Algérie face à la conquête française <br class='autobr' />
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/1830-l-algerie-face-a-la-conquete-francaise-1692516 (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory">4ème chapitre : Révolutions prolétariennes jusqu'à la deuxième guerre mondiale</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot138" rel="tag">Algérie</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Quand le peuple algérien se battait contre le colonialisme français</h2>
<p>La conquête génocidaire française de l'Algérie</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6158" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6158</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=KXUrWB994Og" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=KXUrWB994Og</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_de_l%27Alg%C3%A9rie_par_la_France" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Conqu%C3%AAte_de_l%27Alg%C3%A9rie_par_la_France</a></p>
<p>L'Algérie face à la conquête française</p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/1830-l-algerie-face-a-la-conquete-francaise-1692516" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/1830-l-algerie-face-a-la-conquete-francaise-1692516</a></p>
<p><a href="https://player.fm/series/le-cours-de-lhistoire/algerie-en-resistance-une-histoire-coloniale-24-la-kabylie-en-colere-resister-dans-lalgerie-coloniale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://player.fm/series/le-cours-de-lhistoire/algerie-en-resistance-une-histoire-coloniale-24-la-kabylie-en-colere-resister-dans-lalgerie-coloniale</a></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/l-algerie-coloniale-1389018" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/lsd-la-serie-documentaire/l-algerie-coloniale-1389018</a></p>
<p><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-algerie-en-resistance-une-histoire-coloniale" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-algerie-en-resistance-une-histoire-coloniale</a></p>
<p>La société algérienne coloniale</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=zNS6HA52efQ" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=zNS6HA52efQ</a></p>
<p>Les ravages de la colonisation</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=NXMM0_dVFg4" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=NXMM0_dVFg4</a></p>
<p>La France coloniale reconnait sa dette en rendant à l'Algérie… des crânes…</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=4hC8ldXRCk0" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=4hC8ldXRCk0</a></p>
<p>Algérie 1831 : la révolte d'Abd el Kader</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6221" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6221</a></p>
<p>Algérie 1848 : révolte contre le colonialisme français</p>
<p>Algérie 1871 : l'insurrection armée contre le colonialisme français</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5285" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5285</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_Mokrani" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_de_Mokrani</a></p>
<p>Algérie colonisée en 1913</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1480" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1480</a></p>
<p>Algérie en révolte en 1916</p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=B86Bdd1pfTc&t=0s" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=B86Bdd1pfTc&t=0s</a></p>
<p>Algérie 1945 : révolte contre le colonialisme français</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3657</a></p>
<p>Algérie 1956 : la gauche française colonialiste</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1551</a></p>
<p>Octobre 1961</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6221" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6221</a></p>
<p>Documents historiques de la révolution nationale algérienne</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3384" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3384</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article103" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article103</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3913" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3913</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article453" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article453</a></p>
<p><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ieY4GB71GdI" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.youtube.com/watch?v=ieY4GB71GdI</a></p>
<p> Voir encore :</p>
<p><a href="https://www.ina.fr/recherche?q=histoire-et-conflits/guerre-d-algerie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ina.fr/recherche?q=histoire-et-conflits/guerre-d-algerie</a></p></div>
Douze textes sur la démocratie athénienne...
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9111
https://www.matierevolution.org/spip.php?article91112026-08-20T22:38:00Ztext/htmlfrRobert ParisGrèceAntiquité
<p>Douze textes sur la démocratie athénienne <br class='autobr' />
Texte 1 <br class='autobr' />
Texte 2 <br class='autobr' />
Texte 3 <br class='autobr' />
Texte 4 <br class='autobr' />
Texte 5 <br class='autobr' />
Texte 6 <br class='autobr' />
Texte 7 <br class='autobr' />
Texte 8 <br class='autobr' />
Texte 9 <br class='autobr' />
Texte 10 <br class='autobr' />
Texte 11 <br class='autobr' />
Texte 12 <br class='autobr' />
Lire aussi : <br class='autobr' />
http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6373 <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000j.htm</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag">Grèce</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag">Antiquité</a>
<div class='rss_texte'><p>Douze textes sur la démocratie athénienne</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/james-clr/works/1956/06/every-cook.htm?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_out" rel="external">Texte 1</a></p>
<p><a href="https://www.nonfiction.fr/article-8745-regards_marxistes_sur_lantiquite_grecque.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 2</a></p>
<p><a href="https://shs.cairn.info/revue-cites-2014-3-page-19?lang=fr" class="spip_out" rel="external">Texte 3</a></p>
<p><a href="https://laviedesidees.fr/Une-histoire-marxiste-des-idees" class="spip_out" rel="external">Texte 4</a></p>
<p><a href="https://shs.cairn.info/revue-dialogues-d-histoire-ancienne-2016-1-page-27?lang=fr" class="spip_out" rel="external">Texte 5</a></p>
<p><a href="http://revueperiode.net/nicole-loraux-historienne-marxiste-de-lantiquite/" class="spip_out" rel="external">Texte 6</a></p>
<p><a href="https://books.openedition.org/pumi/11836?lang=fr" class="spip_out" rel="external">Texte 7</a></p>
<p><a href="https://shs-cairn-info.acces.bibl.ulaval.ca/magazine-sciences-humaines-2002-5-page-20?lang=fr" class="spip_out" rel="external">Texte 8</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2085" class="spip_out" rel="external">Texte 9</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1363" class="spip_out" rel="external">Texte 10</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article224" class="spip_out" rel="external">Texte 11</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900" class="spip_out" rel="external">Texte 12</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6373" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article6373</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000j.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000j.htm</a></p></div>
La chute d'un Etat, d'une classe dirigeante, d'un régime, d'une société, d'un mode de production, d'une civilisation du fait du seul climat, c'est du baratin idéologique anti-scientifique
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8912
https://www.matierevolution.org/spip.php?article89122026-08-18T22:22:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>La chute d'un Etat, d'une classe dirigeante, d'un régime, d'une société, d'un mode de production, d'une civilisation du fait du seul climat, c'est du baratin idéologique anti-scientifique La thèse de la sécheresse pour expliquer toutes les chutes de civilisations est largement employée <br class='autobr' />
Mais c'est du baratin… <br class='autobr' />
Un exemple : la chute de la cité amérindienne de Cahokia le mystère s'épaissit <br class='autobr' />
Cahokia, ça ne vous dit rien ? Pourtant, au début du XIIIe siècle, Cahokia égalait en nombre (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory">2eme chapitre : Révolutions de la Préhistoire et de l'Antiquité</a>
<div class='rss_texte'><p>La chute d'un Etat, d'une classe dirigeante, d'un régime, d'une société, d'un mode de production, d'une civilisation du fait du seul climat, c'est du baratin idéologique anti-scientifique</p>
<p><a href="https://www.google.com/search?q=la+th%C3%A8se+de+la+s%C3%A9cheresse+pour+chute+civilisation+&client=firefox-b-e&sca_esv=411b66368621c923&ei=Yq-UZvmmEo2ZkdUPucSGgAg&ved=0ahUKEwj535aJpKiHAxWNTKQEHTmiAYAQ4dUDCA8&uact=5&oq=la+th%C3%A8se+de+la+s%C3%A9cheresse+pour+chute+civilisation+&gs_lp=Egxnd3Mtd2l6LXNlcnAiNGxhIHRow6hzZSBkZSBsYSBzw6ljaGVyZXNzZSBwb3VyIGNodXRlIGNpdmlsaXNhdGlvbiBIAFAAWABwAHgBkAEAmAEAoAEAqgEAuAEDyAEA-AEBmAIAoAIAmAMAkgcAoAcA&sclient=gws-wiz-serp" class="spip_out" rel="external">La thèse de la sécheresse pour expliquer toutes les chutes de civilisations est largement employée</a></p>
<p>Mais c'est du baratin…</p>
<h2 class="spip">Un exemple : la chute de la cité amérindienne de Cahokia le mystère s'épaissit</h2>
<p>Cahokia, ça ne vous dit rien ? Pourtant, au début du XIIIe siècle, Cahokia égalait en nombre d'habitants la ville de Londres, avec près de 25 000 habitants. C'est la plus grande ville de la civilisation ancienne du Missisipi.<br class='autobr' />
Certains scientifiques affirmaient que ce n'est pas une guerre civile mais le climat qui a fait chuter la civilisation du Missisipi.</p>
<p><a href="https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2019-02-26/pourquoi-cahokia-lune-des-premieres-villes-damerique-a-disparu-19d21510-d609-432c-a11e-fb6133c694f8" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2019-02-26/pourquoi-cahokia-lune-des-premieres-villes-damerique-a-disparu-19d21510-d609-432c-a11e-fb6133c694f8</a></p>
<p>Dans le sud de l'Illinois, à l'est du fleuve Mississippi, se trouvent les vestiges d'une ancienne cité amérindienne : Cahokia. Le site est aujourd'hui inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, mais fut autrefois un véritable centre urbain. Entre l'an 1000 et le XIIIe siècle, l'une des toutes premières villes d'Amérique du Nord s'étendait sur plus de 1.600 hectares et comptait 50.000 habitants, explique ScienceAlert.</p>
<p><a href="https://www.sciencealert.com/the-mystery-of-lost-city-of-cahokias-abandonment-just-got-even-deeper" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.sciencealert.com/the-mystery-of-lost-city-of-cahokias-abandonment-just-got-even-deeper</a></p>
<p>Mais pourtant, après plusieurs centaines d'années de prospérité, Cahokia a été désertée de tous. Sans que les historiens ne comprennent réellement pourquoi. Jusqu'à présent, la théorie la plus populaire au sein des spécialistes pointait du doigt une possible sécheresse grave qui aurait engendré une mauvaise récolte, poussant les habitants à se déplacer. Mais une nouvelle étude du Bureau américain de la gestion des terres et de l'université de Washington suggère le contraire. Les résultats de cette recherche sont publiés dans la revue Sage Journals.</p>
<p> « L'insécurité alimentaire et la perturbation des systèmes agricoles sont souvent citées pour expliquer les corrélations observées entre le changement climatique et les évolutions démographiques dans les sociétés agricoles passées. Même si ces récits regorgent de données relatives aux changements climatiques et démographiques, ils manquent souvent d'informations substantielles sur les processus contribuant à la déstabilisation agricole. Dans cet article, nous utilisons des isotopes stables du carbone extraits de paléosols collectés à Cahokia Mounds, la plus grande colonie autochtone d'Amérique du Nord, pour illustrer que les communautés végétatives n'ont pas répondu à la sécheresse multidécennale qui a frappé la région du centre du continent à la fin du 13ème siècle. Cette recherche souligne les lacunes existantes dans notre compréhension de la manière dont les communautés végétales réagissent aux variations climatiques. Afin d'utiliser efficacement les exemples historiques pour façonner les stratégies futures d'adaptation au changement climatique contemporain, il est impératif que nous acquérions une compréhension plus approfondie de la tolérance des cultures autochtones et des plantes culturellement importantes face à diverses conditions de sécheresse et d'inondation. »</p>
<p><a href="https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/09596836241254488" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/09596836241254488</a></p>
<p>Pour les chercheurs, le manque de nourriture n'a pas été la cause de cet exode massif. Selon leur étude de terrain, les terres d'agricultures de la ville auraient totalement pu résister à un changement climatique tel qu'une sécheresse. L'équipe a prélevé et analysé des échantillons de sol de Cahokia, à la recherche d'isotopes de carbone, des atomes que les plantes autrefois plantées ont laissé derrière elles.<br class='autobr' />
Chaque plante laisse des traces de carbone différentes, et les spécialistes affirment que deux isotopes de carbones particuliers, le carbone 12 et le carbone 13, étaient restés relativement constants pendant la période où les gens ont délaissé Cahokia. « Cela suggère que la sécheresse et les mauvaises récoltes n'étaient pas en cause », souligne ScienceAlert.</p>
<p>Donc, si ce n'est pas le climat, qu'est-ce qui a fait chuter cette société ?</p>
<p>La civilisation des Indiens du Mississippi est disparue à l'issue d'une guerre civile, avant le début de la colonisation européenne.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5276</a></p>
<h2 class="spip">La chute de Etzanoa, ville historique du peuple Wichita, située dans l'actuelle Arkansas City, Kansas , près de la rivière Arkansas , qui a prospéré entre 1450 et 1700</h2>
<p><a href="https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Etzanoa?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Etzanoa?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p><a href="https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Etzanoa?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://en-m-wikipedia-org.translate.goog/wiki/Etzanoa?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p><a href="https://www-wichita-edu.translate.goog/academics/fairmount_las/anthropology/archaeology/etzanoa_field-school.php?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-wichita-edu.translate.goog/academics/fairmount_las/anthropology/archaeology/etzanoa_field-school.php?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<h2 class="spip">L'effondrement de l'âge du bronze correspond à des soulèvements et des guerres civiles</h2>
<p>Lors de ce que l'on appelle communément l'« effondrement de l'âge du bronze », l'empire hittite et la civilisation mycénienne, ainsi que plusieurs puissances moindres et les routes commerciales qui les reliaient, se sont effondrés. Cela a conduit à l'anarchie, à des soulèvements, à des guerres civiles, à des rivalités entre pharaons en Égypte, tandis que l'Assyrie et la Babylonie subissaient famines, épidémies et invasions.</p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2023/02/antiquite-la-chute-dun-empire-inscrite-dans-des-arbres-vieux-de-3-200-ans" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2023/02/antiquite-la-chute-dun-empire-inscrite-dans-des-arbres-vieux-de-3-200-ans</a></p>
<h2 class="spip">Pourtant des sécheresses sont souvent invoquées comme mode de chute des civilisations</h2>
<p><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2022/08/07/la-secheresse-a-entraine-la-chute-de-la-derniere-grande-capitale-maya_6137433_1650684.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lemonde.fr/sciences/article/2022/08/07/la-secheresse-a-entraine-la-chute-de-la-derniere-grande-capitale-maya_6137433_1650684.html</a></p>
<p><a href="https://www.rts.ch/meteo/chronique/13780437-la-secheresse-aurait-precipite-la-chute-de-lempire-hittite-il-y-a-plus-de-trois-mille-ans.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.rts.ch/meteo/chronique/13780437-la-secheresse-aurait-precipite-la-chute-de-lempire-hittite-il-y-a-plus-de-trois-mille-ans.html</a></p>
<p><a href="https://mrmondialisation.org/comment-la-secheresse-a-fait-tomber-la-derniere-capitale-maya/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://mrmondialisation.org/comment-la-secheresse-a-fait-tomber-la-derniere-capitale-maya/</a></p>
<p><a href="https://www.nouvelobs.com/histoire/20180713.OBS9608/guerre-mondiale-secheresse-le-mystere-de-l-effondrement-de-l-age-du-bronze.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nouvelobs.com/histoire/20180713.OBS9608/guerre-mondiale-secheresse-le-mystere-de-l-effondrement-de-l-age-du-bronze.html</a></p>
<h2 class="spip">Et il faut aussi analyser la chute des Mayas…</h2>
<p><a href="https://www.slate.fr/story/266554/decouverte-restes-calcines-souverains-mayas-guatemala-effondrement-dynastie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.slate.fr/story/266554/decouverte-restes-calcines-souverains-mayas-guatemala-effondrement-dynastie</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243</a></p>
<h2 class="spip">Chutes d'empire et de civilisations, l'effondrement de l'âge du bronze</h2>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1167" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1167</a></p>
<p><a href="https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_final" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_final</a></p>
<p>Les trois grandes civilisations du bronze ancien de mer Egée (cycladique, minoenne et mycénienne avant les Grecs) ainsi que celle de Troie (Hissarlik) et des dizaines d'autres plus petites (Dimini, Sésklo, Lemnos, Képhala, etc.) ont été balayées par les invasions et les révolutions</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900</a></p>
<p><a href="https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2023/02/antiquite-la-chute-dun-empire-inscrite-dans-des-arbres-vieux-de-3-200-ans" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2023/02/antiquite-la-chute-dun-empire-inscrite-dans-des-arbres-vieux-de-3-200-ans</a></p>
<p><a href="https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent</a></p>
<p><a href="https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1446/interview--le-mysterieux-effondrement-de-lage-du-b/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1446/interview--le-mysterieux-effondrement-de-lage-du-b/</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5388" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5388</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5497" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5497</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677</a></p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/faulkner/2010/hist-world/part08.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/faulkner/2010/hist-world/part08.html?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<h2 class="spip">Les thèses climatiques de l'effondrement des civilisations (type Jared Diamond) sont contestées</h2>
<p><a href="https://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2011-1-page-76.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.cairn.info/revue-espace-geographique-2011-1-page-76.htm</a></p>
<p><a href="https://laviedesidees.fr/Grandeur-et-decadence-des-societes-humaines-a-propos-de-Jared-Diamond" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://laviedesidees.fr/Grandeur-et-decadence-des-societes-humaines-a-propos-de-Jared-Diamond</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2314</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7476" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7476</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046</a></p>
<p><a href="https://escapethecity.life/effondrement-jared-diamond-resume" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://escapethecity.life/effondrement-jared-diamond-resume</a></p>
<p><a href="https://www.afis.org/Suicide-ecologique-a-l-Ile-de-Paques-ce-qu-en-dit-l-archeologie" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.afis.org/Suicide-ecologique-a-l-Ile-de-Paques-ce-qu-en-dit-l-archeologie</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7739" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7739</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336</a></p></div>
L'armée permanente, une institution nouvelle au Moyen-Age européen, née à l'intiative de la bourgeoisie
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9144
https://www.matierevolution.org/spip.php?article91442026-08-10T22:15:00Ztext/htmlfrRobert ParisMoyen-AgeBourgeois
<p>L'armée permanente, une institution nouvelle au Moyen-Age européen, née à l'intiative de la bourgeoisie <br class='autobr' />
On prétend souvent que l'armée permanente est une institution inévitable pour défendre la sécurité, le territoire, la nation, la patrie et même le peuple. Ce sont en fait les classes possédantes que cette institution d'Etat défend et la bourgeoisie a été à son initiative au Moyen-âge, notamment lors des révoltes des communes, dans les guerres entre seigneurs féodaux européens qui ont (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot32" rel="tag">Moyen-Age</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot51" rel="tag">Bourgeois</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">L'armée permanente, une institution nouvelle au Moyen-Age européen, née à l'intiative de la bourgeoisie</h2>
<p>On prétend souvent que l'armée permanente est une institution inévitable pour défendre la sécurité, le territoire, la nation, la patrie et même le peuple. Ce sont en fait les classes possédantes que cette institution d'Etat défend et la bourgeoisie a été à son initiative au Moyen-âge, notamment lors des révoltes des communes, dans les guerres entre seigneurs féodaux européens qui ont permis à la bourgeoisie de se renforcer, aussi bien militairement que socialement et politiquement.</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3181" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3181</a></p>
<p>Au début du Moyen-Age européen, les nobles (seigneurs féodaux, propriétaires terriens) avaient le monopole des armes. Pour un manant (pas un seigneur), porter une arme était un crime passible de la peine de morts. L'armée n'était pas permanente mais temporaire. Il n'y avait pas véritablement d'Etat centralisé. L'armée était constituée de l'« ost », les suzerains convoquant les seigneurs inférieurs (leurs vassaux) pour une durée limitée. L'essentiel de l'armée était la cavalerie, les piétons jouant un rôle secondaire. Il était impossible de faire des guerres de longue durée car les seigneurs refusaient de rester plus longtemps que la durée de l'ost (quarante jours) à laquelle ils étaient engagés pour un nombre fixé de guerriers (seigneurs et écuyers).</p>
<p>La bataille de Hastings en 1066 a été la dernière victoire d'une armée féodale (les Normands) sur une armée (anglaise) comprenant de nombreux manants/soldats. Des batailles fameuses au cours du Moyen-Age ont été des défaites cuisantes de la noblesse face à des armées du peuple en Angleterre, en France, en Hollande, aux Pays-Bas, au Brabant et en Suisse comme Crécy, Morgarten, Azincourt, Courtrai, Sempach, Näfels, Poitiers, Gand, Anvers, Brignais, etc...</p>
<p>L'intervention armée de la bourgeoisie et du petit peuple des villes et des campagnes, en lutte pour défendre leurs intérêts de classe contre la noblesse à partir des années 1200 environ, a complètement changé le caractère de la guerre et, à la fin de la guerre de Cent Ans, les grands Etats ne pouvaient plus se passer d'une infanterie de métier fondée sur des soldats apointés et enrégimentés en permanence, les armées féodales étant devenues incapables de battre les manants en armes. Le monopole des armes de guerre est alors passé des seigneurs de la noblesse à l'Etat central qui va devenir, même sous la royauté, de plus en plus un Etat bourgeois.</p>
<p>La « Guerre de Cent Ans » a constitué le grand tournant pour les armées européennes. Les conceptions de la guerre, de l'armée, de l'armement et des buts de guerre n'étaient plus les mêmes à la fin qu'au début. L'armée permanente, l'enrégimentement comme soldats embauchés de manants, soldats de l'infanterie et de l'Etat centralisé étaient nés.</p>
<p>Pierre Goubert dans « Initation à l'histoire de France » : « L'organisation décisive, et durable date du 26 mai 1445 : les « Compagnies de l'Ordonnance du Roi », une vingtaine pour commencer, furent créées. Sous l'autorité d'un capitaine choisi par le roi, chacune comprenait cent « lances » de six hommes tous cavaliers, un seul entièrement cuirassé, l'homme d'armes, ou « gendarme »… Elles étaient à la fois soldées, permanentes, et dépendantes du roi. Ces débuts sérieux d'une armée royale - dix mille à douze mille hommes pour commencer – furent complétés par l'instauration d'une infanterie à l'anglaise, les « francs-archers » (28 avril 1448) qui devaient s'entraîner régulièrement à l'arc ou à l'arbalète et répondre au premier appel du roi… L'artillerie fut considérablement développée… Un tel effort militaire, appelé à durer, ne pouvait se concevoir sans une réorganisation des finances et du gouvernement lui-même… Au fil de guerres de plus en plus difficiles qui mettaient en action des armées dont l'effectif doubla (d'environ 20 000 hommes sous Charles VIII à près de 50 000 en 1559) et qui ne pouvaient toujours vivre sur le pays comme l'armée française en Italie, les rois avaient dû mettre sur pied un système financier et administratif solide…. Les contribuables du temps eurent tout le loisir de s'en apercevoir… Les forces armées ont continué de grimper sous Louis XIII et Louis XIV et la misère de grandir dans les campagnes… Même après avoir signé la paix de Nimègue, Louis XIV conserva plus cent mille hommes sur le pied de guerre… Mais pas pour la défense de la France. Ainsi, en 1688, il lança ses troupes sur le Palatinat qu'il ravagea pour la deuxième fois, brûla Heidelberg, saccagea Mannheim, Spire, Worms et Bingen… Puis Louis XIV mobilisa plus de deux cent mille soldats contre la coalition dirigée par Guillaume d'Orange. »</p>
<h2 class="spip">Quand les armées féodales sont battues à plates coutures par des armées de soldats et des milices bourgeoises</h2>
<p>Quand les archers anglais (manants et même pas cavaliers) ont battu l'armée féodale française (des seigneurs à cheval)</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27Azincourt" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_d%27Azincourt</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Cr%C3%A9cy" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Cr%C3%A9cy</a></p>
<p>Quand les soldats suisses (des paysans) ont battu l'armée féodale des Habsbourg en la massacrant intégralement</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2580" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2580</a></p>
<p>Lorsque les Flamands assiègent Courtrai le 9 juillet 1302, une puissante armée française dirigée par le comte Robert II d'Artois arrive pour écraser la rébellion. La bataille de Courtrai, dite des Éperons d'Or, se déroule le 11 juillet dans un champ près de la ville, sur un terrain gorgé d'eau. La charge de la cavalerie française est arrêtée par la milice flamande qui s'est déployée en arc de cercle, derrière un fossé. Les chevaliers français ne peuvent faire demi-tour pour contourner l'obstacle. La plupart d'entre eux sont abattus alors qu'ils piétinent dans la boue.</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Flandre" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Flandre</a></p>
<p>Féodalité et Bourgeoisie, l'affrontement de classe</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4827" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4827</a></p>
<p>Révolution en Flandres à partir de 1336</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article293" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article293</a></p>
<p>La révolution d'Etienne Marcel</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article238" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article238</a></p>
<p>L'armement des ruraux et des bourgeois à la fin du Moyen Age</p>
<p><a href="https://books.openedition.org/irhis/1149?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://books.openedition.org/irhis/1149?lang=fr</a></p>
<p>L'armement du peuple</p>
<p><a href="https://wikirouge.net/Armement_du_peuple" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://wikirouge.net/Armement_du_peuple</a></p>
<p>La guerre de Cent Ans, entre guerre féodale et guerre entre armées permanentes nationales</p>
<p><a href="https://www.lefigaro.fr/histoire/la-guerre-de-cent-ans-entre-guerre-feodale-et-guerre-nationale-20250201" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lefigaro.fr/histoire/la-guerre-de-cent-ans-entre-guerre-feodale-et-guerre-nationale-20250201</a></p>
<p>L'armée féodale</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ost" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Ost</a></p>
<p>L'ost du roi de France aux XIIIe-XVe siècles : le devenir de ses dimensions féodales</p>
<p><a href="https://shs.cairn.info/les-armees--9782705695859-page-63?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://shs.cairn.info/les-armees--9782705695859-page-63?lang=fr</a></p>
<p>De l'armée féodale à l'armée permanente</p>
<p><a href="https://shs.cairn.info/le-miracle-capetien--9782262004330-page-123?lang=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://shs.cairn.info/le-miracle-capetien--9782262004330-page-123?lang=fr</a></p>
<p>Les militaires du Moyen Age</p>
<p><a href="https://www.lhistoire.fr/les-militaires-du-moyen-age" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.lhistoire.fr/les-militaires-du-moyen-age</a></p>
<p>Une mise en lumière des mutations militaires de la fin du Moyen Âge</p>
<p><a href="https://journals.openedition.org/artefact/514" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://journals.openedition.org/artefact/514</a></p>
<p>La décadence de la féodalité et l'essor de la bourgeoisie</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000z.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/engels/works/1884/00/fe18840000z.htm</a></p>
<p>La guerre a toujours un caractère de classe. Un exemple : la guerre au Moyen-Age européen</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5665" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5665</a></p>
<p>L'organisation militaire avant les armées permanentes</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1861_num_22_1_461937" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1861_num_22_1_461937</a></p>
<h2 class="spip">La naissance de l'armée permanente</h2>
<p>Aux sources d'une armée permanente</p>
<p><a href="https://enc.hal.science/hal-04096177/file/2013_ThENC_DELPU_Fabien.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://enc.hal.science/hal-04096177/file/2013_ThENC_DELPU_Fabien.pdf</a></p>
<p>Charles VII et la création de l'armée permanente</p>
<p><a href="https://www.histogames.com/HTML/chronologie/articles/0003-charles-vii-et-la-creation-d-une-armee-permanente.php" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.histogames.com/HTML/chronologie/articles/0003-charles-vii-et-la-creation-d-une-armee-permanente.php</a></p>
<p><a href="http://jeanmarieborghino.fr/charles-vii-reforme-larmee-francaise/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://jeanmarieborghino.fr/charles-vii-reforme-larmee-francaise/</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_militaire_de_la_France" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_militaire_de_la_France</a></p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_d%27ordonnance" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Compagnie_d%27ordonnance</a></p>
<p>La guerre anglaise aux XIVe et XVe siècles</p>
<p><a href="https://www.academie-stanislas.org/wp-content/uploads/2023/02/2019-06-07-giuliato.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.academie-stanislas.org/wp-content/uploads/2023/02/2019-06-07-giuliato.pdf</a></p>
<p>Histoire de l'armée de terre française</p>
<p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Arm%C3%A9e_de_terre_fran%C3%A7aise" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Arm%C3%A9e_de_terre_fran%C3%A7aise</a></p>
<p>Du XVème au XIXème siècle, la guerre France/Angleterre sur mers et sur terre, un sous-produit de la lutte des classes</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3687" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3687</a></p>
<p>Une « révolution militaire » s'était ou non produite en Europe occidentale et centrale à l'époque moderne (XVIe-XVIIIe siècle)</p>
<p><a href="https://theatrum-belli.com/revolution-militaire-et-naissance-de-la-modernite/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://theatrum-belli.com/revolution-militaire-et-naissance-de-la-modernite/</a></p>
<p>La guerre et la construction de l'Etat en tant que crime organisé</p>
<p><a href="https://www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_2000_num_13_49_1075" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_2000_num_13_49_1075</a></p>
<p>Au programme révolutionnaire, deux revendications fondamentales : la suppression de l'armée permanente de la bourgeoisie et l'armement du prolétariat</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7480" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7480</a></p>
<p> <a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6275" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6275</a></p></div>
La révolte du Potemkine
https://www.matierevolution.org/spip.php?article9081
https://www.matierevolution.org/spip.php?article90812026-08-07T22:31:00Ztext/htmlfrRobert ParisRussie1905RévolutionRévolte
<p>Christian Rakovski <br class='autobr' />
Les origines de la révolte du Potemkine <br class='autobr' />
(1907) <br class='autobr' />
On sait que la révolte du Potemkine n'était pas un événement inattendu. C'était l'explosion prématurée et isolée d'un plan courageusement préparé pour un soulèvement général qui devait enflammer la flotte de la mer Noire dans son anneau de fer. En s'emparant des bastions navals, la révolution russe aurait disposé d'une base imprenable pour de nouvelles conquêtes. Passant du bombardement des côtes au siège des garnisons, (…)</p>
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Christian Rakovski
<p>Les origines de la révolte du Potemkine</p>
</h2>
<p>(1907)</p>
<p>On sait que la révolte du Potemkine n'était pas un événement inattendu. C'était l'explosion prématurée et isolée d'un plan courageusement préparé pour un soulèvement général qui devait enflammer la flotte de la mer Noire dans son anneau de fer. En s'emparant des bastions navals, la révolution russe aurait disposé d'une base imprenable pour de nouvelles conquêtes. Passant du bombardement des côtes au siège des garnisons, elle aurait couvert tout le Sud et de là se serait propagée au reste du pays. Ce soulèvement était prévu pour juillet, au moment des grandes manœuvres de la flotte. Au signal convenu – deux fusées tirées l'une après l'autre du pont du cuirassé Catherine II – les marins concernés devaient arrêter ou tuer leurs officiers « au nom du peuple », s'emparer de tous les navires et en prendre le commandement. En fait, le malheureux incident de la viande avariée provoqua une révolte prématurée sur le Potemkine et tout le plan échoua.</p>
<p>Les autres navires, pris au dépourvu, ne furent pas prévenus ; seuls parmi eux purent prendre part au mouvement le Georgi Pobedonostsev , resté fidèle à la révolution pendant 24 heures, et le navire-école Prout , qui tenta en vain de retrouver le Potemkine pour lui apporter son soutien. Il faut aussi mentionner le Sinopia , qui s'était également joint au Potemkine , mais qui s'éloigna sur ordre inopiné de l'amiral Krieger de se rendre à Sébastopol alors que la minorité des marins révolutionnaires n'avait pas encore réussi à vaincre les hésitations de la majorité indécise et craintive. Le cas le plus malheureux fut la mise hors de combat du cuirassé Catherine II , « Katia », comme l'appelaient communément les marins. « Katia la Rouge » était prête à faire le pas le plus décisif et fut victime de son propre enthousiasme révolutionnaire. Lorsque la mutinerie éclata sur le Potemkine , il y eut un conflit mineur entre les marins et les officiers du Catherine II , incident ridicule en comparaison du rôle que le cuirassé aurait pu jouer deux jours plus tard, mais qui aboutit à l'envoi de la majorité de l'équipage à terre. Ainsi, le plus révolutionnaire des cuirassés fut obligé de rester à Sébastopol, tandis que les autres navires furent envoyés à Odessa contre le Potemkine .</p>
<p>Mais il faut se poser la question suivante : l'insurrection générale aurait-elle réussi si les événements du Potemkine n'avaient pas eu lieu ? La flotte aurait-elle pu réussir dans sa tentative de s'emparer des villes côtières et de soulever la population ouvrière ?</p>
<p>Quand nous apprenons par le récit de Cyrille [1] les détails de l'histoire bouleversante et dramatique de la lutte des marins révolutionnaires et que nous découvrons à quel point ils étaient près du succès alors qu'un seul navire s'était mutiné, nous sommes pratiquement convaincus qu'un soulèvement général aurait pu réussir… Du point de vue purement militaire et technique, c'était une excellente idée de déclencher une révolte armée générale au moyen d'un soulèvement de la flotte : tout d'abord parce que les marins étaient les plus réceptifs de toutes les armées à la propagande socialiste, et surtout parce qu'une flotte qui s'est mutinée est mieux placée pour se défendre que toute autre formation. La victoire de la mutinerie de la flotte aurait créé une situation sans précédent dans l'histoire des guerres civiles. L'absolutisme russe, avec toute son armée, se serait révélé impuissant dans la lutte contre cette poignée d'hommes. La Russie dirigeante se serait retrouvée dans la même situation ridicule que la Roumanie lorsque le Potemkine était apparu devant Constanza : toute la garnison était mobilisée, même… la cavalerie.</p>
<p>Mais le véritable intérêt historique de la révolte de la flotte réside dans la compréhension de ses causes. Le Parti ouvrier social-démocrate russe, et surtout son organisation en Crimée (l'Union social-démocrate de Crimée), par son activité de longue durée, ont largement contribué à l'émergence de révolutionnaires dans les rangs des marins. Mais c'est la structure de l'État russe, et surtout le régime dans les casernes, qui a éveillé leur esprit et leur a appris à comprendre les idées révolutionnaires et socialistes. Il est impossible de comprendre le soulèvement révolutionnaire dans la flotte ou d'autres mouvements comparables sans tenir compte de ces éléments. Quand on comprend à quel point l'action révolutionnaire a été gravement entravée en Russie, au prix de combien de victimes et de quels efforts elle a nécessité pour chaque pas – victimes dont seule une infime minorité verrait la réalisation de son but et dont la majorité tomberait dès la première bataille contre la multitude d'obstacles dressés par le régime politique – on comprend alors qu'à la base de la révolte des marins se trouvaient avant tout leurs conditions de vie.</p>
<p>Aujourd'hui, il est plus que jamais nécessaire de comprendre la nature du système des casernes en Russie. Lorsque la paix sera conclue et que l'Assemblée constituante sera instituée, les partis politiques devront reconstruire le pays d'une manière radicale. Mais la Russie ne sera vraiment transformée que lorsqu'elle sera libérée des erreurs du passé. Nous voulons décrire, sur la base des documents en notre possession, le rôle joué dans la révolte par des facteurs conscients , c'est-à-dire la propagande socialiste, et par des facteurs inconscients , c'est-à-dire le système militaire en Russie. Le système des casernes n'est qu'un reflet de la structure sociale et politique d'un pays, et les conditions de vie à bord du Potemkine étaient les mêmes que dans toute la flotte. Les mêmes abus se rencontrèrent partout. De la part des officiers, surtout des officiers supérieurs, on remarqua partout la même cruauté stupide, et le même refus de comprendre la nécessité d'un comportement plus humain envers les marins. Toute tentative de la part de ces derniers pour obtenir une existence plus supportable ne faisait qu'éveiller chez les officiers la volonté obstinée de les punir plus sévèrement encore. Les marins ne pouvaient donc pas se sentir bien disposés envers leurs supérieurs. En apparence, ils étaient dociles, par crainte de répression, mais, au fond, ils haïssaient et méprisaient les « dragons » et les « scorpions », termes qu'ils n'hésitaient pas à employer à la moindre occasion. Lors de la mutinerie du 3 novembre, les marins poursuivaient leurs officiers, leur jetant des pierres et leur lançant des insultes grossières. En tout cas, les insultes étaient si courantes que les officiers y étaient habitués et faisaient semblant de ne pas les entendre… L'hostilité et la méfiance entre officiers et soldats sont des phénomènes généraux dans toutes les armées, mais elles étaient plus aiguës dans les forces armées russes. Le fossé infranchissable qui les séparait devenait plus profond à chaque événement politique, et finissait par envoyer les soldats contre les grévistes et les manifestants…</p>
<p>Pour expliquer cette méfiance, ainsi que la haine méprisante que les marins éprouvaient pour leurs officiers, il faut rappeler, outre les raisons politiques, les défauts spécifiques du corps des officiers russes, notamment dans la flotte, où les officiers se recrutaient exclusivement dans la noblesse. Les écoles militaires étaient peuplées de la « lie » de la société industrielle. Quant à la jeunesse honnête et compétente, elle fréquentait généralement les prisons russes et s'orientait vers les professions intellectuelles. Seuls les incompétents et les serviles se tournaient vers les carrières de la bureaucratie et des forces armées… Ces officiers considéraient leur position comme un moyen de survie et s'efforçaient de travailler le moins possible pour le plus grand avantage personnel possible. C'est sur cette base que se développèrent les relations entre officiers et marins, avec des conséquences souvent catastrophiques.</p>
<p>Mais revenons au cuirassé Potemkine . Les châtiments corporels les plus brutaux étaient monnaie courante. Malgré l'apparition d'une circulaire secrète insistant sur la nécessité de « respecter la dignité humaine des subordonnés », les officiers de marine continuaient, comme par habitude, à distribuer des gifles et des coups. Des marins m'ont raconté avoir eu les tympans crevés par des coups aussi violents… Mais ils souffraient surtout d'insultes et d'humiliations de toute sorte qui portaient atteinte à leur dignité humaine. Il fallait voir l'arrogance avec laquelle ceux qu'on appelle « aristocrates » traitaient leurs subalternes pour comprendre la force de la haine que ces derniers leur vouaient…</p>
<p>Quiconque a vécu en Russie a peut-être vu, dans certains parcs publics, cet écriteau barbare : « Entrée strictement interdite aux chiens et aux personnes de rang inférieur . » L'amiral Tchoukhnine a réussi à inventer une règle encore pire pour les marins de Sébastopol. L'arrêté n° 184 du 29 avril 1905 interdit aux marins « sous peine de prison » de circuler sur deux boulevards, deux avenues et une rue. Quelques jours plus tard, un groupe de marins invalides, de retour de Port-Arthur, passa sur l'un de ces boulevards où se dressait le monument commémorant le siège de Sébastopol en 1855. Ils rencontrèrent un officier qui les interpella en termes grossiers : « Comment osez-vous venir ici ? Vous savez que le boulevard est interdit aux subalternes ! » L'un des marins lui répondit : « Avons-nous le droit de fouler notre terre natale, pour laquelle nous avons versé notre sang ? » « Vous avez le culot de discuter, canaille ! » Et une série de coups permirent à ces « héros » de retour de goûter aux joies d'une patrie reconnaissante. La mutinerie du 3 novembre fut provoquée par un ordre de l'amiral Tchoukhnine interdisant aux marins de pénétrer dans la ville sans une permission spéciale, dite « ticket rouge ».</p>
<p>Des mesures de ce genre n'auraient pas eu des conséquences aussi graves quelques années plus tôt. On peut même affirmer que le résultat aurait été le même si les conditions de vie dans la flotte s'étaient améliorées et non dégradées : ce sont surtout les marins eux-mêmes qui avaient changé et mûri. Pendant cinq ou six ans, leur sens de la dignité personnelle avait mûri… Pour prendre un exemple typique de la nouvelle génération, les recrues de 1904 de l'équipage du 36e – celui du Potemkine – avant même d'avoir prêté serment, présentèrent à leurs supérieurs un ensemble de revendications. Le puissant choc envoyé dans toute la Russie par le mouvement ouvrier au cours des cinq années précédentes avait suscité chez les marins l'espoir d'une vie nouvelle, meilleure et libre. En raison des conditions de travail, le cuirassé était en fait une usine flottante ; les marins étaient plus proches de la classe ouvrière que de toute autre classe. Le grand nombre de punitions pour lecture, légale mais non approuvée par les officiers, permet de mesurer l'intérêt des marins pour la science et la littérature, ainsi que leur soif de connaissances. Leur quête d'un avenir meilleur se heurte aux officiers... qui incarnent l'absolutisme.</p>
<p>Les marins discutèrent avec enthousiasme de la question des relations entre les officiers et les hommes de troupe : le parti dirigeant de la Russie future devait s'en préoccuper également. Il faut rappeler que le premier point de l'ultimatum adressé par le cuirassé au commandant militaire d'Odessa était le remplacement de l'armée permanente par des milices populaires. Les relations entre les marins et leurs officiers supérieurs étaient une question de première importance. C'est en observant le comportement d'un marin envers ses officiers et ses sentiments à leur égard que les camarades révolutionnaires décidaient s'il était apte à prendre part à leurs activités secrètes…</p>
<p>Il est important de s'arrêter sur la manière dont se déroulait le travail de propagande à bord du Potemkine . Un certain nombre de marins avaient déjà rencontré les idées sociales-démocrates lorsqu'ils travaillaient aux chantiers Nikolaïevski. Ils étaient en contact avec des ouvriers civils, dont beaucoup avaient été influencés par la propagande socialiste. Ensuite, l' équipage du Potemkine prit contact directement avec le parti social-démocrate de Sébastopol, où il avait déjà noué des liens solides avec la marine. Évidemment, seul un petit nombre de marins pouvait être en contact direct avec les révolutionnaires. Parmi ceux du Potemkine , j'en ai identifié environ 15 à 20 qui assistaient, de façon irrégulière, aux réunions secrètes organisées par les socialistes. Ces réunions, dites « brèves » lorsqu'il n'y avait presque pas de participants et « massives » lorsqu'elles étaient nombreuses, réunissaient les marins des 50 navires de guerre ancrés au large de Sébastopol. D'abord espacées, les réunions deviennent de plus en plus fréquentes ; Au cours des quatre mois qui précédèrent l'insurrection, il y en eut presque tous les dimanches (du 10 novembre au 25 mars, il y en eut 11 en tout). Le nombre des marins participants passa de 30 à 300 ou 400. Pour éviter les mauvaises surprises, ces réunions se tenaient hors de la ville, dans une forêt proche de la colline de Malakhov. Les marins s'y rendaient par petits groupes, empruntant d'abord la route d'Inkerman, puis se séparant pour prendre divers sentiers. Une garde était postée tout le long du chemin pour s'assurer que la voie était libre. Lorsqu'ils atteignirent la prairie qui était le lieu de réunion, ils s'installèrent à leur guise. Les discours commencèrent. Les orateurs, souvent des femmes, expliquèrent aux marins les causes de l'existence de l'insupportable pouvoir oppressif, et proposèrent des moyens pour le détruire et libérer tout le pays. Puis ils discutèrent, racontèrent leurs expériences et, après avoir adopté une résolution, ils terminèrent la réunion par un chant révolutionnaire. Voici le texte d'une de ces résolutions adoptées le 20 mars :</p>
<p>Nous, 194 marins de la flotte de la mer Noire présents à cette réunion, joignons nos voix à celles des ouvriers russes représentés par leur aile révolutionnaire, le Parti ouvrier social-démocrate russe ; nous exigeons la suppression du régime autocratique et son remplacement par une république démocratique. Nous sommes convaincus que seule la convocation d'une Assemblée constituante, sur la base du suffrage universel direct et égalitaire, au scrutin secret, peut affirmer le pouvoir du peuple. Nous savons que le régime tsariste est allé en guerre dans son propre intérêt. C'est pourquoi nous exigeons qu'il y soit mis fin immédiatement. En unissant notre voix à celle de la Russie qui s'éveille à la vie politique, nous sommes sûrs que notre exemple, l'exemple de la protestation de la flotte de la mer Noire, sera suivi par toutes les forces armées russes. Le dernier bastion du régime est sur le point de s'écrouler. Notre libération est imminente, et nous appelons tous ceux qui sont persécutés et opprimés par l'autocratie à rejoindre nos rangs, les rangs de notre parti. Notre lutte ne cessera pas tant que l'humanité ne se sera pas libérée de l'exploitation des sanguinaires capitalistes. Nous luttons pour le socialisme. A bas l'autocratie ! A bas la guerre ! Vive l'Assemblée constituante ! Vive la république démocratique ! Vive le Parti ouvrier social-démocrate de Russie ! Vive le socialisme !</p>
<p>Cent cinquante marins qui n'avaient pas assisté à cette réunion ont approuvé cette résolution.</p>
<p>Parmi les autres marins, la propagande se fait par des tracts et surtout par des appels. Il faut noter que les marins demandent au comité de Sébastopol de rédiger des appels spécialement pour eux. Lorsque le comité a constaté que la propagande parmi les marins est efficace, il s'efforce d'éclairer chaque événement plus ou moins significatif de la vie de la flotte. Ainsi, deux ou trois jours après la révolte, lorsque les marins se lèvent et sortent dans le chantier, ils trouvent des tracts sur les événements récents éparpillés sur le sol. Le comité de Sébastopol appelle les marins à donner un caractère politique à leur protestation. Quelque 1 800 exemplaires de cet appel sont distribués. Au total, le comité distribue 12 000 tracts du début novembre au début avril. Parmi les titres, citons Il est temps d'en finir , Le Manuel du soldat (2 800 exemplaires), Les deux Europes , Qui va gagner ? , Mort aux tyrans , Le Manifeste du tsar (9 janvier), etc. Certains traitent du régime russe en général, d'autres concernent spécifiquement les marins. Ils décrivent les conditions difficiles d'existence des marins, qui contrastent avec le confort et les privilèges dont jouissent leurs officiers. À cette époque, au Japon, l'amiral de la flotte japonaise Togo perçoit 5 600 roubles par an, tandis que le grand-duc Alexeï, amiral de la flotte russe, touche un salaire 18 fois supérieur – 108 000 roubles. Par ailleurs, la solde des marins est incomparablement plus élevée au Japon qu'en Russie. Un marin coûte 54 roubles au gouvernement japonais, contre 24 pour le gouvernement russe – et la moitié de cette somme est volée par les officiers. Des tracts spéciaux furent diffusés à l'occasion du départ de 800 marins pour Libau, et d'autres à l'occasion du procès de 30 marins accusés d'être les « instigateurs » de la révolte du 3 novembre. Parallèlement à ces événements particuliers, des questions d'ordre général furent soulevées : la guerre, la situation des ouvriers et des paysans, l'État russe, etc. La fin de la guerre fut le mot d'ordre le plus répandu. Certains exhortèrent les marins à refuser de partir en Extrême-Orient. Un tract imprimé par le comité de Sébastopol produisit une impression particulièrement forte. Il avait été rédigé et signé par « des marins et des sous-officiers du cuirassé Catherine II , en collaboration avec le Parti social-démocrate ». Il indiquait déjà les actions plus importantes qui allaient découler de la défaite de Tsushima. [2]</p>
<p>Aujourd'hui, alors que la Russie est devenue un État démocratique autoproclamé, la question de la réorganisation des forces armées reste d'actualité. Les revendications des marins visent toutes à améliorer leurs conditions de vie pendant leur service militaire : ce n'est qu'à la fin qu'ils évoquent le lien étroit entre l'ordre social en Russie et le système militaire. Il convient de noter certaines de ces revendications :</p>
<p> Réduction de la durée du service militaire dans la flotte à trois ans (actuellement sept ans).</p>
<p> Définition précise de la journée de travail (les manœuvres au front et les exercices spéciaux sont considérés comme du travail).</p>
<p> Contrôle des marins sur les dépenses consacrées à la nourriture qui leur est destinée. Les marins exigent d'être directement impliqués dans l'approvisionnement et dans la nomination du cuisinier : « Nous vous priverons ainsi de la possibilité de nous voler », disent les marins du Catherine II à leurs officiers…</p>
<p>Un autre ensemble de revendications concernait les droits de l'homme et du citoyen : l'abolition des formules que les marins devaient utiliser pour s'adresser à leurs supérieurs [3] , et de la pratique consistant à décerner des honneurs militaires aux officiers. Les marins exigeaient également que les délits soient jugés par un tribunal ordinaire. Si les tribunaux militaires devaient être préservés, ils devaient être composés à parts égales d'officiers et de marins élus par leurs camarades…</p>
<p>Ces appels furent diffusés partout à des centaines d'exemplaires. Un jour, les marins du Potemkine furent surpris de les trouver sur les couvertures de leurs lits. Ils ramassèrent tous les « tracts » et cherchèrent « un endroit isolé » pour les lire. Ensuite, ils en discutèrent en groupe pendant plusieurs jours. Peut-être les marins ne comprirent-ils pas tout. Il arriva que les marins du Potemkine écrivirent [au comité] pour critiquer l'emploi [dans les tracts] de trop nombreuses expressions incompréhensibles pour la majorité des marins, et pour demander de nouveaux tracts. Mais ces tracts, petits, insignifiants et souvent illisibles, imprimés clandestinement sur des machines primitives, accomplissaient leur tâche révolutionnaire. Ils étaient la preuve vivante de l'existence d'un parti insaisissable, qui se tenait aux côtés des marins isolés et soumis pour écouter leurs plaintes et sympathiser avec leurs souffrances. Les membres de ce parti tendirent une main fraternelle aux marins, les traitèrent en égaux, mirent à leur disposition leur temps, leurs ressources et leur vie ; ils les appelèrent à s'unir à la lutte contre l'ennemi de toute la classe ouvrière. On ne pouvait espérer que cette propagande transformerait les marins en socialistes conscients. Elle fit cependant beaucoup en donnant un caractère politique à leur vague mécontentement et en popularisant les mots d'ordre du programme socialiste minimum.</p>
<p>D'abord inorganisée, la lutte des marins devint consciente. Ils firent leur le parti et son programme. « Nous sommes 300 sociaux-démocrates prêts à mourir » : c'est avec ces mots que je fus accueilli par le marin Matiuchenko lorsque je montai à bord du Potemkine à Constanza. Ces 300 sociaux-démocrates ne savaient peut-être pas tout de ce que réclamait leur parti, mais le fait d'en être membre leur donnait une confiance illimitée en leur propre force.</p>
<p>Ainsi, avec une énergie et un esprit d'initiative croissants, les marins trouvèrent en eux-mêmes ce que les appels ne pouvaient leur offrir. Ils complétaient leur formation politique en observant les faits qui les entouraient, en lisant les livres et les journaux autorisés par les officiers. Guidés par la haine du despotisme, ils découvraient des idées révolutionnaires jusque dans les livres religieux. Quiconque étudiait de près la vie quotidienne à bord du Potemkine pouvait percevoir leur intense vie intellectuelle. C'était comme une ruche où chacun agissait au maximum de ses forces. Il y avait une trentaine de partisans de la non-violence, qui prônaient la résistance passive à la guerre et le refus de tirer sur « les êtres humains, créatures de Dieu ». Des disputes éclataient presque tous les dimanches entre eux et le commandant Golikov…</p>
<p>Si nous examinons la personnalité des marins, nous pouvons voir qu'il y avait parmi eux des hommes brillants, dont la capacité à jouer un rôle était entravée par les conditions sociales et politiques du pays. Parmi eux, Nikitchkine, véritable tribun du peuple, exerça une grande influence sur ses camarades (il mourut héroïquement à Feodosia). Possédant un grand talent oratoire, imprégné de cet idéalisme religieux profondément enraciné dans les masses populaires, en particulier dans la paysannerie, et qui n'a pas encore été miné par un scepticisme superficiel, et doté d'une mémoire remarquable, il ornait ses discours de citations. Il initia le style de discours qui commençait par un extrait de l'Évangile et se terminait par un hymne révolutionnaire.</p>
<p>Zvenigorodsky, apprenti mécanicien de l'école pratique, était d'un autre type : fils de journaliste, il rédigeait lui-même des journaux dans lesquels il décrivait la misère et les souffrances des marins et qu'il lisait à ses camarades. C'est grâce à son activité que de nombreux marins, comme Reznitchenko par exemple, devinrent des révolutionnaires. « Nous discutions souvent pendant des heures », me dit ce dernier, « en regardant la surface lisse de la mer. » A côté de ces deux personnages, il y avait toute une série d'agitateurs actifs, Matioutchenko, Reznitchenko, Kourilov, Dymtchenko, Makarov et bien d'autres. Ils discutaient des événements qui agitaient toute la Russie. L'une des conséquences de la guerre russo-japonaise fut sans doute l'émergence d'une vie sociale et d'une opinion publique… Les afflictions, la honte, les souffrances partagées rapprochaient la marine et l'armée du peuple… Un jour, Nikitchkine lut un extrait de la pièce de Gorki Les Bas-fonds , dans laquelle l'un des occupants de la taverne de Vassilissa se lance dans un discours révolutionnaire : « Votre loi, votre vérité, votre justice ne sont pas les nôtres », etc. Nikitchkine fit ses lectures dans les recoins du navire, et ses auditeurs furent enthousiasmés par un sentiment commun. On passa des paroles aux actes : les protestations collectives devinrent de plus en plus fréquentes. On les préparait le soir avant de se coucher. Les marins, rassemblés sur le gaillard d'arrière du navire pour la prière, refusèrent de se disperser, malgré les ordres de l'officier de garde, et commencèrent à discuter à voix basse ; alors l'un des plus courageux d'entre eux éleva la voix et cria des slogans. Quand ils eurent dit tout ce qu'ils avaient à dire, les marins se dispersèrent.</p>
<p>C'est le soir du 3 novembre 1904 que, pour la première fois, la protestation des marins prend un ton de révolte imminente. Les fenêtres de la caserne et les lampes de la cour sont brisées, et les chambres des officiers sont saccagées en un instant. Les officiers courent se cacher partout où ils peuvent et parviennent à esquiver la colère des marins. Les soldats, appelés des casernes voisines, refusent de tirer. Les marins et les sous-officiers du Pamiat Merkuria parviennent finalement, après plusieurs salves, à disperser les mutins... Les incidents se multiplient sur les navires... Les marins du Catherine II menacent de couler le navire s'ils ne reçoivent pas leur solde de guerre. Les équipages de tous les navires soutiennent cette revendication. Ils gagnent, comme ils gagnent aussi sur la qualité du pain. Les marins révolutionnaires sont généralement à l'origine de ces actions. Chaque succès renforce leur influence.</p>
<p>Mais c'était la guerre qui était le plus vif stimulant pour les marins. Elle avait mis à nu les innombrables défauts de l'armée et de la marine, que les marins attribuaient à l'incompétence et à la lâcheté des « chefs ». Les officiers avaient perdu toute autorité et n'inspiraient plus ni respect ni crainte. De leur côté, les marins avaient compris que l'action résolue mène à la victoire, et ils avaient gagné en audace. Les désertions se multipliaient et étaient ouvertement appuyées par tout le monde.</p>
<p>C'est dans cette atmosphère, où souffle le vent de la révolution et où la discipline est brisée, que l'idée d'un soulèvement général est née. Où, quand et par qui l'idée fut-elle lancée pour la première fois ? Comme toute idée vraiment populaire, elle n'a probablement pas été lancée délibérément par quelqu'un en particulier, et elle est née spontanément dans le climat d'espoir qui règne à bord du navire. Dès le 3 novembre, les marins avaient demandé au parti social-démocrate si le moment n'était pas venu de transformer la révolte en mouvement organisé. Le comité avait conseillé d'attendre un moment plus favorable. L'idée d'une intervention révolutionnaire avait donc déjà émergé un an auparavant. Plus tard, au début de l'année, lorsqu'on apprit qu'un pogrom de Juifs avait été perpétré par la police de Sébastopol, 150 marins armés pénétrèrent dans la ville et se joignirent aux ouvriers pour défendre les Juifs.</p>
<p>Les événements du 8 au 12 janvier 1905 à Saint-Pétersbourg provoquèrent une vive émotion parmi les marins… Le « centre des marins », le comité central dirigé par les représentants des marins de tous les navires, commença à élaborer sérieusement un plan d'insurrection. Ce ne fut pas facile. La proposition souleva une foule de questions concrètes. Quelle attitude adopter à l'égard des officiers ? Devrait-on les arrêter ou les exécuter ? Quelles seraient les conséquences de l'insurrection, réussie ou défaite ? N'entraînerait-elle pas l'éclatement de la Russie ? Chaque marin donna son point de vue. Dans une lettre adressée au comité de Sébastopol… l' équipage du Potemkine demanda une réponse à toutes les questions qui suscitaient des doutes. Mais la défaite de Tsushima et la nouvelle du massacre de 40 marins de l'escadre Niebogatov près de Shanghai (publiée dans un journal russe) poussèrent la patience des marins à ses limites. Ils disaient : « Si nous devons mourir, autant que ce soit pour libérer la Russie, plutôt que d'être tués par des officiers ou par les Japonais. » Et l'idée d'un soulèvement gagna de plus en plus de partisans.</p>
<p>Une question se pose ici : combien de marins du Potemkine étaient impliqués dans le complot ? Au moins la moitié, m'a-t-on dit. En fait, les marins révolutionnaires ne gardèrent pas secret leur plan : ils n'observèrent que des précautions très élémentaires. Voici un détail qui montre combien ils étaient audacieux : les officiers d'un petit navire – dont nous ne citerons pas le nom – se rendirent un jour en ville pour assister à une noce : pendant ce temps, les marins tenaient une réunion à bord… Il est fort probable que les officiers savaient ce qui se préparait. On sait qu'il y avait une trentaine d'informateurs parmi les marins. Mais comment pouvaient-ils déjouer ces plans ? Qui arrêter ? Ils ne réussirent pas à découvrir quels étaient les membres du comité révolutionnaire du Potemkine …</p>
<p>Le commandant du Potemkine échoua dans toutes ses tentatives de rétablir la discipline à bord par des mesures traditionnelles, ridicules et inefficaces… On essaya d'empêcher les marins de se réunir ; on leur interdire même de lire les journaux et les revues, et il était difficile d'obtenir des permissions pour aller en ville. Golikov, qui auparavant passait souvent la nuit hors du navire, ne le quittait plus désormais : il inspectait les cabines pour vérifier l'emploi du temps des marins : « Pourquoi ce hamac est-il vide ? Où est le matelot X ? » « Il est de garde », répondit son voisin, tandis que le matelot X discutait dans un coin sombre avec un camarade. Ces mesures draconiennes rendirent les protestations encore plus vives. Il y en eut une particulièrement vive les deux ou trois jours précédant la Trinité. Golikov crut pouvoir y mettre fin en prononçant un discours sur la discipline pendant la fête. Il raconte comment une mutinerie survenue vingt ans plus tôt sur le Svetlana , où il servait, s'était soldée par de nombreuses exécutions. « Voilà ce qui attend ceux qui oublient la discipline », déclara-t-il… Après la défaite de Tsushima, de tels propos étaient hautement irresponsables. Le fait de connaître les risques qu'ils couraient permettait aux marins de surmonter leur peur des conséquences d'une révolte. Mais que pouvait faire le malheureux commandant ? Comme tout bon soldat de l'absolutisme, il devait défendre la vieille Russie par tous les moyens possibles. Devant la difficulté de la tâche, Golikov, comme les autres, perdit la tête et ne fit qu'accélérer le processus. D'ailleurs, lui-même était tout à fait sûr de sa propre impuissance : « Le poison révolutionnaire se répand sur le bateau même parmi les sous-officiers », dit-il un jour à un policier. Toute tentative d'éradiquer la révolution se solda par un échec… Reznichenko cite un exemple significatif :</p>
<p>Nous étions sur le point de commencer la réunion lorsqu'une patrouille sous le commandement d'un officier est arrivée. Il voulait nous arrêter tous. L'un de nous s'est approché de lui et, après l'avoir salué, lui a demandé : « Que t'importe que nous soyons ici ? » – « Je t'ordonne de te disperser. » – « Pourquoi ? » – « Parce que je te donne des ordres. » – « Mais nous ne faisons rien de criminel. » – « Disperse-toi ou je donne l'ordre de tirer. » – « Personne ne t'obéira. Aujourd'hui je suis de ce côté, mais demain je serai peut-être dans ta patrouille, et si tu donnes l'ordre de tirer, tu seras le premier sur qui je tirerai. »</p>
<p>L'officier se retira sans un mot. Les marins s'éloignèrent et reprirent leur réunion. Baranovsky, le commandant du Prout , prononça un discours sur ces réunions dans lequel il accusait les Juifs d'être à l'origine des troubles dans la flotte. Il ajouta qu'il n'hésiterait pas à prononcer la peine de mort contre tous ceux qui participeraient à des complots avec les socialistes. Quelques jours plus tard, une proclamation des marins parut : « Vous disiez la vérité. Nous savons que vous êtes un bourreau. Le jour viendra où nous n'hésiterons pas à vous étrangler. Le temps du paiement approche. »</p>
<p>Quelques semaines plus tard, Baranovski fut arrêté par les marins et Golikov mourut, victime de l'obstination de l'absolutisme.<br class='autobr' />
Remarques</p>
<p>1. Kirill était le pseudonyme d'Anatoly Petrovich Berezovsky, qui fut chargé de rassembler les souvenirs d'un marin du Potemkine dont cet article est tiré.</p>
<p>2. La flotte russe de la Baltique, après avoir fait le tour du monde, fut anéantie près des îles de Tsushima par l'amiral Togo le 27 mai 1905.</p>
<p>3. Les militaires de la Russie tsariste étaient obligés de s'adresser à leurs officiers d'une manière particulièrement obséquieuse.</p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1907/xx/potemkin.html?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/rakovsky/1907/xx/potemkin.html?_x_tr_sl=auto&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p>
<p>Lire aussi :</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/rakovsky/works/1905/00/Potemkine.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/rakovsky/works/1905/00/Potemkine.pdf</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7191" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7191</a></p></div>
Œuvres de Trotsky en 1937
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8285
https://www.matierevolution.org/spip.php?article82852026-08-03T22:01:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>Œuvres de Trotsky en 1937 <br class='autobr' />
Février 1937 <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/02/lt193702.htm <br class='autobr' />
Mars-avril 1937 <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2013.pdf <br class='autobr' />
Mai 1937 <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/05/lt193705.htm <br class='autobr' />
Juin 1937 <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/06/defense.htm <br class='autobr' />
Mai à septembre 1937 <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2014.pdf <br class='autobr' />
Juillet 1937 <br class='autobr' />
htt</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory">4ème chapitre : Révolutions prolétariennes jusqu'à la deuxième guerre mondiale</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_16333 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH500/none_9b81c06bffe33fb074adb6bb1bcc2bc2_9b81c06-3f07d.jpg?1790052249' width='500' height='500' alt='' />
</figure>
</div><h2 class="spip">Œuvres de Trotsky en 1937</h2>
<p>Février 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/02/lt193702.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/02/lt193702.htm</a></p>
<p>Mars-avril 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2013.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2013.pdf</a></p>
<p>Mai 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/05/lt193705.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/05/lt193705.htm</a></p>
<p>Juin 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/06/defense.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/06/defense.htm</a></p>
<p>Mai à septembre 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2014.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2014.pdf</a></p>
<p>Juillet 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/07/lt19370706.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/07/lt19370706.htm</a></p>
<p>Août 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/08/lt19370829.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/08/lt19370829.htm</a></p>
<p>Encore août 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/08/lt19370808.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/08/lt19370808.htm</a></p>
<p>Septembre 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/09/193709.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/09/193709.htm</a></p>
<p>Septembre à décembre 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2015.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2015.pdf</a></p>
<p>Décembre 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/12/lt19371217.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/12/lt19371217.htm</a></p>
<p>Encore décembre 1937</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/12/lt19371208.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1937/12/lt19371208.htm</a></p></div>
Gorter et la révolution russe
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8710
https://www.matierevolution.org/spip.php?article87102026-07-31T22:02:00Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>Gorter et la révolution russe <br class='autobr' />
Avertissement : Gorter, poète néo-romantique hollandais était aussi un militant de la gauche communiste germano-hollandaise. Il s'est opposé aux choix politiques de la révolution russe et a polémiqué avec Lénine et Trotsky. Nous ne partageons pas ses points de vue mais, pour être discutés, ils doivent être connus. <br class='autobr' />
Trotsky et Gorter <br class='autobr' />
https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/11/201124.htm <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5746 (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory">4ème chapitre : Révolutions prolétariennes jusqu'à la deuxième guerre mondiale</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Gorter et la révolution russe</h2>
<p>Avertissement : Gorter, poète néo-romantique hollandais était aussi un militant de la gauche communiste germano-hollandaise. Il s'est opposé aux choix politiques de la révolution russe et a polémiqué avec Lénine et Trotsky. Nous ne partageons pas ses points de vue mais, pour être discutés, ils doivent être connus.</p>
<p>Trotsky et Gorter</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/11/201124.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1920/11/201124.htm</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5746" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5746</a></p>
<p>Gorter et Lénine</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/g5.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/g5.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/gauchisme.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1920/04/gauchisme.htm</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/gorter/works/1920/00/gorter_19200000_1.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/gorter/works/1920/00/gorter_19200000_1.html</a></p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/archive/gorter/1921/march-action.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/archive/gorter/1921/march-action.htm?_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p><a href="https://www-marxists-org.translate.goog/nederlands/gorter/1921/1921internationale.htm?_x_tr_sl=nl&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-marxists-org.translate.goog/nederlands/gorter/1921/1921internationale.htm?_x_tr_sl=nl&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr&_x_tr_pto=sc</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/08/vil19210814.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1921/08/vil19210814.htm</a></p>
<p>Gorter et le KAPD</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/general/bock/1969/Bock7.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/general/bock/1969/Bock7.pdf</a></p>
<p>Gorter</p>
<p><a href="https://bataillesocialiste.wordpress.com/gorter-1864-1927/" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://bataillesocialiste.wordpress.com/gorter-1864-1927/</a></p>
<p><a href="https://fr.internationalism.org/rinte45/gh.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://fr.internationalism.org/rinte45/gh.htm</a></p>
<p>file :///C :/Users/HP/Downloads/_book_9789004325937_B9789004325937_007-preview.pdf</p>
<p>La défense du point de vue de Gorter par la gauche communiste</p>
<p><a href="http://www.left-dis.nl/f/brichg.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.left-dis.nl/f/brichg.htm</a></p>
<p><a href="http://www.left-dis.nl/f/gch/5.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.left-dis.nl/f/gch/5.pdf</a></p></div>