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	<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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	<description>Contribution au d&#233;bat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la mati&#232;re, de la vie, de l'homme et de la soci&#233;t&#233;
Ce site est compl&#233;mentaire de https://www.matierevolution.fr/</description>
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		<title>Mati&#232;re et R&#233;volution</title>
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		<title>Question nationale en Catalogne et r&#233;volution prol&#233;tarienne en Espagne</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne Espa&#241;a</dc:subject>
		<dc:subject>Trotsky</dc:subject>
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&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky &lt;br class='autobr' /&gt;
17 mai 1931 &lt;br class='autobr' /&gt;
Parlons de ce qu'on dit &#234;tre le &#171; nationalisme &#187; de la F&#233;d&#233;ration Catalane. C'est une question tr&#232;s importante, tr&#232;s grave. Les erreurs commises sur ce point peuvent avoir des cons&#233;quences fatales. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution a r&#233;veill&#233; en Espagne, plus puissamment que jamais, toutes les questions, dont celle des nationalit&#233;s. Les tendances et les illusions nationales sont repr&#233;sent&#233;es principalement par les intellectuels petits bourgeois, qui s'efforcent de trouver un appui (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Espagne Espa&#241;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag"&gt;Trotsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 mai 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons de ce qu'on dit &#234;tre le &#171; nationalisme &#187; de la F&#233;d&#233;ration Catalane. C'est une question tr&#232;s importante, tr&#232;s grave. Les erreurs commises sur ce point peuvent avoir des cons&#233;quences fatales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution a r&#233;veill&#233; en Espagne, plus puissamment que jamais, toutes les questions, dont celle des nationalit&#233;s. Les tendances et les illusions nationales sont repr&#233;sent&#233;es principalement par les intellectuels petits bourgeois, qui s'efforcent de trouver un appui chez les paysans contre le r&#244;le d&#233;nationalisateur du gros capital et contre la bureaucratie d'Etat. Le r&#244;le dirigeant - pour la phase actuelle - de la petite bourgeoisie dans le mouvement d'&#233;mancipation nationale, comme en g&#233;n&#233;ral dans tout le mouvement d&#233;mocratique r&#233;volutionnaire, introduit in&#233;vitablement dans ce dernier nombre de pr&#233;jug&#233;s de toute sorte. Venant de ce milieu, les illusions nationales s'infiltrent &#233;galement parmi les ouvriers. Telle est, vraisemblablement, dans l'ensemble, la situation en Catalogne, et peut-&#234;tre jusqu'&#224; un certain point dans la F&#233;d&#233;ration Catalane. Mais ce que je viens de dire n'att&#233;nue nullement le caract&#232;re progressiste, r&#233;volutionnaire-d&#233;mocratique de la lutte nationale catalane contre la suzerainet&#233; espagnole, l'imp&#233;rialisme bourgeois et le centralisme bureaucratique. Pas un instant l'on ne doit perdre de vue que l'Espagne tout enti&#232;re et la Catalogne, comme partie constituante de ce pays, sont gouvern&#233;es actuellement non point par des nationaux-d&#233;mocrates catalans, mais par des bourgeois imp&#233;rialistes espagnols, alli&#233;s &#224; de gros propri&#233;taires fonciers, &#224; de vieux bureaucrates et des g&#233;n&#233;raux, avec l'appui des nationaux-socialistes. Toute cette confr&#233;rie est d'avis de maintenir, d'une part, les servitudes des colonies espagnoles et d'assurer, d'autre part, le maximum de centralisation bureaucratique de la m&#233;tropole ; c'est-&#224;-dire qu'elle veut l'&#233;crasement des Catalans, des Basques et des autres nationalit&#233;s par la bourgeoisie espagnole. Dans la phase actuelle, &#233;tant donn&#233; les combinaisons pr&#233;sentes de forces de classes, le nationalisme catalan est un facteur r&#233;volutionnaire progressiste. Le nationalisme espagnol est un facteur imp&#233;rialiste r&#233;actionnaire. Le communiste espagnol qui ne comprend pas cette distinction, qui affecte de l'ignorer, qui ne la met pas en valeur au premier plan, qui s'efforce au contraire d'en att&#233;nuer l'importance, risque de devenir un agent inconscient de la bourgeoisie espagnole et d'&#234;tre &#224; tout jamais perdu pour la cause de la r&#233;volution prol&#233;tarienne. O&#249; est le danger des illusions nationales petites bourgeoises ? En ceci qu'elles peuvent diviser le prol&#233;tariat d'Espagne en secteurs nationaux. Le danger est tr&#232;s s&#233;rieux. Les communistes espagnols peuvent le combattre avec succ&#232;s, mais d'une seule mani&#232;re : en d&#233;non&#231;ant implacablement les violences commises par la bourgeoisie de la nation suzeraine et en gagnant ainsi la confiance du prol&#233;tariat des nationalit&#233;s opprim&#233;es. Toute autre politique reviendrait &#224; soutenir le nationalisme r&#233;actionnaire de la bourgeoisie imp&#233;rialiste qui est ma&#238;tresse du pays, contra le nationalisme r&#233;volutionnaire-d&#233;mocratique de la petite bourgeoisie d'une nation opprim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La question nationale en Catalogne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13 juillet 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore au sujet des questions actuelles de la r&#233;volution espagnole&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi Maurin, le &#034;chef&#034; du Bloc ouvrier et paysan, partage le point de vue du s&#233;paratisme. Apr&#232;s quelques h&#233;sitations, il s'est d&#233;termine en tant qu'aile gauche du nationalisme petit-bourgeois. J'ai d&#233;j&#224; &#233;crit que le nationalisme petit-bourgeois catalan est, au stade actuel, progressif. Mais &#224; une condition : qu'il d&#233;veloppe son activit&#233; hors des rangs du communisme, et qu'il se trouve toujours ainsi sous les coups de la critique des communistes. Au contraire, permettre au nationalisme petit-bourgeois de se manifester sous le masque communiste signifie en m&#234;me temps porter un coup perfide &#224; l'avant-garde prol&#233;tarienne et tuer la signification progressive du nationalisme petit-bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Que signifie le programme du s&#233;paratisme ? Le d&#233;membrement &#233;conomique et politique de l'Espagne ou, en d'autres termes, la transformation de la p&#233;ninsule ib&#233;rique en une sorte de p&#233;ninsule balkanique, avec des Etats ind&#233;pendants, divis&#233;s par des barri&#232;res douani&#232;res, ayant des arm&#233;es ind&#233;pendantes et menant des guerres hispaniques &#034;ind&#233;pendantes&#034;. Bien entendu, le sage Maurin dira que ce n'est pas cela qu'il veut. Mais les programmes ont leur logique, ce dont manque Maurin...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les ouvriers et les paysans des diff&#233;rentes parties de l'Espagne sont-ils int&#233;ress&#233;s au d&#233;membrement &#233;conomique du pays ? En aucun cas. C'est pourquoi identifier la lutte d&#233;cisive pour le droit &#224; l'autod&#233;termination avec la propagande pour le s&#233;paratisme constitue un travail n&#233;faste. Notre programme est la F&#233;d&#233;ration hispanique avec le maintien indispensable de l'unit&#233; &#233;conomique. Nous n'avons pas l'intention d'imposer ce programme aux nationalit&#233;s opprim&#233;es de la p&#233;ninsule &#224; l'aide des armes de la bourgeoisie. En ce sens, nous sommes sinc&#232;rement pour le droit &#224; l'autod&#233;termination [2]. Si la Catalogne se s&#233;parait du reste de l'Espagne, la minorit&#233; communiste de Catalogne, comme celle d'Espagne, devrait combattre pour une F&#233;d&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans les Balkans, c'est encore la vieille social-d&#233;mocratie d'avant guerre qui a mis en avant le mot d'ordre de F&#233;d&#233;ration balkanique d&#233;mocratique, comme issue &#224; la situation de fous cr&#233;&#233;e par le morcellement des Etats. Aujourd'hui, le mot d'ordre communiste dans les Balkans est celui de la F&#233;d&#233;ration balkanique des soviets (&#224; propos, l'I.C. a adopt&#233; le mot d'ordre de la F&#233;d&#233;ration sovi&#233;tique balkanique, mais a rejet&#233; en m&#234;me temps ce mot d'ordre pour l'Europe !). Pouvons-nous, dans ces conditions, faire n&#244;tre le mot d'ordre de la balkanisation de la p&#233;ninsule ib&#233;rique ? N'est-ce pas monstrueux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les syndicalistes - tout au moins certains de leurs chefs - ont d&#233;clar&#233; qu'ils lutteront contre le s&#233;paratisme, au besoin les armes &#224; la main. Dans ce cas, communistes et syndicalistes se trouveraient chacun d'un c&#244;t&#233; de la barricade, parce que, sans partager les illusions s&#233;paratistes et tout en les critiquant au contraire, les communistes doivent s'opposer impitoyablement aux bourreaux de l'imp&#233;rialisme et &#224; ses laquais syndicalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Si la petite bourgeoisie en arrivait - contre les conseils et la critique des communistes - &#224; d&#233;membrer l'Espagne, les r&#233;sultats n&#233;gatifs d'un tel r&#233;gime ne tarderaient pas &#224; se manifester. Les ouvriers et les paysans des diff&#233;rentes parties de la p&#233;ninsule arriveraient vite &#224; cette conclusion : oui, les communistes avaient raison. Mais cela signifie pr&#233;cis&#233;ment que nous ne devons pas assumer la moindre parcelle de responsabilit&#233; dans le programme de Maurin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Monatte esp&#232;re que les syndicalistes espagnols cr&#233;eront un nouvel Etat syndicaliste [3]. Au lieu de cela, les amis espagnols de Monatte s'int&#232;grent avec succ&#232;s dans l'Etat bourgeois [4]. C'est l'histoire de cette malheureuse poule qui couve des oeufs de cane ! Aujourd'hui, il est tr&#232;s important de suivre de pr&#232;s tout ce que disent et font les syndicalistes espagnols. Cela ouvrira &#224; l'opposition de gauche en France des possibilit&#233;s pour porter un bon coup &#224; l'anarcho-syndicalisme fran&#231;ais. On ne peut douter un seul instant que, dans les conditions de la r&#233;volution, les anarcho-syndicalistes se compromettront &#224; chaque pas.&lt;br class='autobr' /&gt; L'id&#233;e g&#233;niale des syndicalistes consiste &#224; contr&#244;ler les Cort&#232;s sans y participer ! Employer la violence r&#233;volutionnaire, lutter pour le pouvoir, s'emparer du pouvoir, rien de cela n'est permis. A la place, on recommande de &#034;contr&#244;ler&#034; la bourgeoisie au pouvoir. Magnifique tableau : la bourgeoisie prend son petit d&#233;jeuner, elle d&#233;jeune, elle d&#238;ne et le prol&#233;tariat dirig&#233; par les syndicalistes, le ventre creux, contr&#244;le les op&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lettre au Secr&#233;tariat International.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Trotsky d&#233;veloppe ici la position d&#233;fendue par Lenine et le parti bolchevique &#224; l'&#233;gard des diverses nationalit&#233;s de l'empire des tsars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Dans La R&#233;volution prol&#233;tarienne n0 117, 5 mai 1931, Pierre Monatte s'&#233;tonnait de l'orientation r&#233;formiste des dirigeants de la C. N. T. Il appelait les anarchistes et les anarcho-syndicalistes espagnols &#224; se mettre &#224; l'&#233;cole de la r&#233;alit&#233; et &#224; accepter la n&#233;cessit&#233; d'une &#034;dictature du prol&#233;tariat&#034; qui ne soit pas, comme en Russie, celle d'un parti ; il sugg&#233;rait que cette &#034;dictature&#034; pourrait, &#233;tant donn&#233; les conditions espagnoles, etre assur&#233;e par les syndicats, qui donneraient ainsi naissance &#224; un nouvel &#034;Etat ouvrier&#034; et &#224; une forme &#034;syndicale&#034; de la dictature du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Allusion au noyau dirigeant de la C. N. T., avec Angel Pestana, Juan Peiro, etc., qui se compromettait alors ouvertement avec les dirigeants r&#233;publicains et s'orientait vers un plat r&#233;formisme.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le confusionnisme de Maurin et la question catalane&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 juillet 1931&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus nuisible, le plus dangereux et m&#234;me le plus n&#233;faste, serait que dans l'esprit des ouvriers de Catalogne, d'Espagne et du monde entier, se renforce l'id&#233;e que nous sommes solidaires de la politique de la F&#233;d&#233;ration catalane, que nous en portons la responsabilit&#233;, ou, du moins, que nous sommes plus proches d'elle que du groupe centriste [2]. Les staliniens s'emploient de toutes leurs forces &#224; pr&#233;senter les choses de cette fa&#231;on. Jusqu'&#224; maintenant, nous n'avons pas combattu l&#224;-dessus avec assez de vigueur. Il est d'autant plus urgent et important de dissiper ce malentendu qu'il nous compromettrait terriblement et entraverait le succ&#232;s des ouvriers catalans et espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, c'est d'abord &#224; nos partisans en Catalogne m&#234;me qu'il revient de d&#233;noncer la F&#233;d&#233;ration catalane. Ils doivent se manifester par une critique claire, ouverte, pr&#233;cise, une critique qui ne taise rien sur la politique de Maurin, ce m&#233;lange de pr&#233;jug&#233;s petits-bourgeois, d'ignorance, de &#034;science&#034; provinciale et de coquinerie politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;lections aux Cort&#232;s, la F&#233;d&#233;ration a recueilli pr&#232;s de 10 000 voix. Ce n'est pas beaucoup, mais, au cours d'une p&#233;riode r&#233;volutionnaire, une organisation v&#233;ritablement r&#233;volutionnaire est capable de grandir vite. Il y a pourtant une circonstance qui amoindrit consid&#233;rablement le poids de ces 10 000 voix : la F&#233;d&#233;ration catalane a obtenu moins de voix aux &#233;lections aux Cort&#232;s qu'aux &#233;lections municipales &#224; Barcelone, le centre le plus important. Ce fait, &#224; premi&#232;re vue mineur, a en tant que sympt&#244;me une signification &#233;norme. Il d&#233;montre que, pendant que se manifeste encore dans les coins les plus retir&#233;s du pays un afflux, d'ailleurs faible, des ouvriers vers la F&#233;d&#233;ration, &#224; Barcelone, la confusion de Maurin n'attire pas les ouvriers, mais au contraire les &#233;loigne. Bien entendu, la faillite in&#233;vitable de Macia peut b&#233;n&#233;ficier &#224; Maurin en tant que failli de seconde zone. Mais l'impuissance m&#234;me de l'actuelle direction de la F&#233;d&#233;ration est totalement d&#233;montr&#233;e par les &#233;lections aux Cort&#232;s : il faut vraiment un talent particulier pour parvenir &#224; ne pas accro&#238;tre son influence &#224; Barcelone pendant les trois premiers mois de la r&#233;volution !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que repr&#233;sente la F&#233;d&#233;ration dans le langage de la politique r&#233;volutionnaire ? Est-ce une organisation communiste ? Et quelle organisation communiste : de droite, de gauche, ou du centre ? Il est hors de doute que ce sont des ouvriers r&#233;volutionnaires, des communistes en puissance, qui votent pour la F&#233;d&#233;ration. Mais ils n'ont dans la t&#234;te aucune clart&#233;. D'o&#249; leur viendrait-elle, puisqu'ils sont dirig&#233;s par des confusionnistes ? Dans ces conditions, les ouvriers les plus hardis, les plus d&#233;cid&#233;s, les plus cons&#233;quents, ne peuvent, in&#233;vitablement, que se pr&#233;cipiter du c&#244;t&#233; du parti officiel. Ce dernier n'a obtenu &#224; Barcelone que 170 voix et un peu moins de 1 000 pour l'ensemble de la Catalogne. Mais il ne faut pas croire que ce sont les plus mauvais &#233;l&#233;ments. Au contraire, la plupart pourraient &#234;tre avec nous, et le seront quand nous d&#233;ploierons notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de la r&#233;volution de 1917, la majorit&#233; des organisations social-d&#233;mocrates russes &#233;taient encore communes et comprenaient dans leurs rangs bolcheviks, mencheviks, conciliateurs, etc [3]. La tendance &#224; l'unification &#233;tait si forte qu'&#224; la conf&#233;rence du parti bolchevique, fin mars, Staline, quelques jours avant l'arriv&#233;e de L&#233;nine, se pronon&#231;a pour l'unification avec les mencheviks [4]. Certaines organisations de province rest&#232;rent communes jusqu'&#224; la r&#233;volution d'Octobre. Je me figure la F&#233;d&#233;ration catalane comme une sorte d'organisation commune de ce type, une organisation non d&#233;limit&#233;e, qui comprend de futurs bolcheviks et de futurs mencheviks. Cela justifie une politique qui cherche &#224; provoquer une diff&#233;renciation politique dans les rangs de la F&#233;d&#233;ration. Le premier pas dans cette voie doit &#234;tre la d&#233;nonciation de la vulgarit&#233; politique du maurinisme. Ici, il faut &#234;tre sans piti&#233;. Pourtant, la comparaison entre cette F&#233;d&#233;ration et les organisations unifi&#233;es de Russie exige d'importantes r&#233;serves. Les organisations unifi&#233;es n'excluaient aucun groupement social-d&#233;mocrate existant. Tous avaient le droit de lutter pour leurs opinions &#224; l'int&#233;rieur de l'organisation unifi&#233;e. Il en va tout autrement &#224; l'int&#233;rieur de la F&#233;d&#233;ration catalane. L&#224;, le &#034;trotskisme&#034; est mis &#224; l'index. N'importe quel confusionniste a le droit d'y d&#233;fendre sa confusion, mais le bolchevik-l&#233;niniste ne peut y &#233;lever ouvertement la voix [5]. Ainsi, d&#232;s le d&#233;but, cette organisation unifi&#233;e &#233;clectique se coupe de l'aile gauche. Mais, par cela m&#234;me, elle devient un bloc chaotique de tendances centristes et droiti&#232;res. Le centrisme peut se d&#233;velopper soit &#224; gauche, soit &#224; droite. Le centrisme de la F&#233;d&#233;ration catalane, qui se s&#233;pare de l'aile gauche pendant la r&#233;volution, est vou&#233; &#224; une destruction honteuse. La t&#226;che de l'opposition de gauche consiste &#224; pr&#233;cipiter cette destruction par une critique impitoyable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il existe une autre circonstance &#224; laquelle il faut accorder une importance exceptionnelle. Officiellement, la F&#233;d&#233;ration catalane est en faveur de l'unification de toutes les organisations et groupements communistes. Il est certain que ses membres, &#224; la base, veulent sinc&#232;rement et loyalement cette unit&#233;, bien qu'ils attachent &#224; ce mot d'ordre toutes sortes d'illusions. Nous sommes tout &#224; fait &#233;trangers &#224; ces illusions. Nous luttons pour l'unit&#233; parce que, dans les cadres d'un parti unifi&#233;, nous esp&#233;rons effectuer avec succ&#232;s un travail progressif de d&#233;limitation id&#233;ologique sur la base des questions et des t&#226;ches, non pas impos&#233;es du dehors, mais d&#233;coulant du d&#233;veloppement de la r&#233;volution espagnole m&#234;me. De toute fa&#231;on, nous soutenons la lutte pour l'unification des communistes. La condition fondamentale de cette unification est pour nous le droit &#224; la possibilit&#233; de lutter pour nos mots d'ordre, pour nos points de vue, dans les cadres de l'organisation unifi&#233;e. Nous pouvons et nous devons promettre une totale loyaut&#233; dans cette lutte, mais cette condition fondamentale est refus&#233;e d&#232;s le d&#233;but par la F&#233;d&#233;ration elle-m&#234;me tout en luttant sous le drapeau de l'unit&#233;, elle bannit les bolcheviks-l&#233;ninistes de ses propres rangs. Dans ces conditions, conf&#233;rer un r&#244;le dirigeant &#224; la F&#233;d&#233;ration catalane dans la lutte pour l'unit&#233; du P.C. constituerait de notre part la pire ineptie. Au congr&#232;s d'unification, Maurin s'appr&#234;te &#224; jouer les premiers violons. Pouvons-nous tol&#233;rer en silence cette d&#233;go&#251;tante hypocrisie ? En luttant contre l'opposition de gauche, Maurin imite la bureaucratie stalinienne afin de gagner ses faveurs. En r&#233;alit&#233;, il dit aux staliniens : &#034;Donnez-moi votre b&#233;n&#233;diction et avant tout vos subsides, et je vous promets de lutter contre les bolcheviks-l&#233;ninistes, non pas par crainte, mais pour des raisons id&#233;ologiques.&#034; L'activit&#233; de Maurin en faveur de l'unification n'est qu'une forme de chantage vis-&#224;-vis des staliniens. Si nous nous taisions l&#224;-dessus, nous ne serions pas des r&#233;volutionnaires, mais les auxiliaires passifs d'un chantage politique. Nous devons d&#233;noncer sans rel&#226;che le r&#244;le de Maurin, c'est-&#224;-dire son charlatanisme &#034;unificateur&#034;, sans affaiblir un seul instant notre effort en faveur de l'unification r&#233;elle des rangs communistes, sans affaiblir notre lutte pour que les rangs communistes se rangent sous notre drapeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail de la gauche internationale doit &#234;tre aujourd'hui concentr&#233; pour les neuf dixi&#232;mes sur l'Espagne. Il faut restreindre toutes les d&#233;penses pour avoir la possibilit&#233; de mettre sur pied un hebdomadaire en espagnol avec des &#233;ditions r&#233;guli&#232;res en catalan, tout en distribuant en m&#234;me temps des tracts en quantit&#233; consid&#233;rable. Il faut envisager de restreindre toutes les autres d&#233;penses, sans exception, afin de donner &#224; l'Opposition espagnole l'aide la plus grande possible [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Secr&#233;tariat International doit, &#224; mon avis, consacrer les neuf dixi&#232;mes de ses forces aux questions de la r&#233;volution espagnole. Il faut tout simplement oublier qu'il existe de par le monde toutes sortes de Landau. Il faut tourner le dos &#224; toutes leurs querelles, &#224; toutes les intrigues et &#224; tous les intrigants, sans leur consacrer d&#233;sormais une minute de plus. La r&#233;volution espagnole est &#224; l'ordre du jour. Il faut sans retard traduire les documents les plus importants et les soumettre &#224; la critique n&#233;cessaire. Le prochain num&#233;ro du Bulletin international doit &#234;tre enti&#232;rement consacr&#233; &#224; la r&#233;volution espagnole. Il faut &#233;galement prendre toute une s&#233;rie de mesures d'organisation. Pour cela, il faut des hommes et des moyens. Il faut trouver les uns et les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas, et il ne peut y avoir de crime plus grand que de perdre du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Lettre au Secr&#233;tariat International. Il semble, et Pierre Naville le confirmera, que les positions de Trotsky vis-&#224;-vis de Maurin, et de la F&#233;d&#233;ration catalane n'&#233;taient pas comprises par tous, et pas seulement dans les rangs de l'Opposition espagnole,.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le &#034; groupe centriste &#034; d&#233;signe ici l'&#233;quipe stalinienne qui dirige le P. C. E. C'est seulement &#224; partir de 1933 que Trotsky r&#233;servera l'&#233;pith&#232;te de &#034;centriste&#034; aux groupes se trouvant entre les II&#176; et III&#176; Internationale d'une part et le mouvement pour la IV&#176; de l'autre : Maurin deviendra alors &#224; ses yeux un &#034;centriste&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La plupart des organisations social-d&#233;mocrates russes qui s'&#233;taient reconstitu&#233;es avant 1917 l'avaient &#233;t&#233; sur une base &#034;unitaire&#034;. Nombreuses &#233;taient encore celles qui adh&#233;raient sous cette forme au parti bolchevique au mois d'ao&#251;t de cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Pour faciliter la fusion, Staline proposait le 1&#176; avril que les bolcheviques ne pr&#233;sentent aucune plate-forme politique propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il semble - tant par la lecture de la presse contemporaine que selon le t&#233;moignage de Joaquin Maurin lui-m&#234;me - que la F&#233;d&#233;ration catalane ait plut&#244;t employ&#233; la dissuasion que l'exclusion. En tout cas, les amis politiques de Nin qui y avaient adh&#233;r&#233; ne devaient y rester que quelques mois ; ce fut le cas notamment de Molins y Fabrega, Franciso De Cabo et Carlotta Duran. Reste que Nin, de son c&#244;t&#233;, parle bien d' &#034;exclusions&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Raymond Molinier, dirigeant et &#034;financier&#034; de la Ligue fran&#231;aise, se rendra peu apr&#232;s en Espagne pour r&#233;gler la question de l'hebdomadaire.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le conflit catalan et les t&#226;ches du prol&#233;tariat&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&#233;on Trotsky&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#233;t&#233; 1934)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. L'appr&#233;ciation du conflit catalan et des possibilit&#233;s en r&#233;sultant doit partir du fait que la Catalogne repr&#233;sente aujourd'hui indubitablement la plus forte position des forces d&#233;fensives dirig&#233;es contre la r&#233;action espagnole et contre les dangers du fascisme. Si cette position tombe, la r&#233;action aura remport&#233; une victoire d&#233;cisive et pour longtemps. Avec une politique juste de l'avant-garde prol&#233;tarienne il est possible de faire de cette position d&#233;fensive la plus forte, la position de d&#233;part d'une nouvelle offensive de la r&#233;volution espagnole. Telle doit &#234;tre notre perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Ce d&#233;veloppement n'est possible que si le prol&#233;tariat catalan r&#233;ussit &#224; s'emparer lui de la direction de la lutte d&#233;fensive contre le gouvernement central r&#233;actionnaire de Madrid. Mais cela n'est possible que si le prol&#233;tariat catalan ne promet pas seulement de soutenir cette lutte, au cas qu'elle soit d&#233;clench&#233;e, - soit par l'intransigeance du gouvernement de Madrid, soit par l'agressivit&#233; de la petite-bourgeoisie catalane (cette politique de suivisme est pr&#233;conis&#233;e par nos camarades dans l'Alliance Ouvri&#232;re de Catalogne et r&#233;alis&#233;e contre Maurin) [a] -, mais s'il se met d&#232;s le d&#233;but &#224; la t&#234;te de la r&#233;sistance, s'il dessine des perspectives, lance des mots d'ordre plus hardis et d&#232;s le commencement m&#232;ne la lutte non seulement en paroles, mais en actes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Une r&#233;sistance victorieuse n'est concevable que si non seulement elle mobilise toutes les forces de masse de la Catalogne (toutes les conditions en sont actuellement donn&#233;es), mais pousse de plus vers l'offensive. C'est pourquoi il est d'une importance d&#233;cisive que l'avant-garde prol&#233;tarienne sache expliquer d&#232;s maintenant aux masses ouvri&#232;res et paysannes du reste de l'Espagne que par la victoire ou la d&#233;faite de la r&#233;sistance catalane se d&#233;cidera aussi leur victoire ou leur d&#233;faite. La mobilisation de ces alli&#233;s de l'Espagne toute enti&#232;re doit &#234;tre faite d&#232;s maintenant et non pas au moment o&#249; l'offensive r&#233;actionnaire contre la Catalogne sera devenu un fait (ce qui est la position de nos camarades et de la majorit&#233; de l'A.O.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La Catalogne peut &#234;tre pour longtemps le pivot d&#233;cisif de la r&#233;volution espagnole. La conqu&#234;te de la direction en Catalogne doit &#234;tre le centre de notre politique en Espagne. La politique de nos camarades le [b] rend compl&#232;tement impossible. Cette politique doit &#234;tre rapidement chang&#233;e si l'on ne veut qu'une situation d&#233;cisive aboutisse, par notre faute, &#224; une nouvelle d&#233;faite de la r&#233;volution espagnole qui serait d&#233;cisive pour longtemps. On ne doit pas se celer que la politique de nos camarades dans cette question jusqu'&#224; maintenant a fortement nui au prestige non seulement de notre propre organisation et de l'Alliance Ouvri&#232;re, mais &#224; celui du prol&#233;tariat lui-m&#234;me, ce qui ne saurait &#234;tre r&#233;par&#233; que par un tournant radical et convaincant par les faits. La position de nos camarades et de ceux de l'A.O. ne peut &#234;tre comprise par les masses travailleuses non-prol&#233;tariennes que comme suit : le prol&#233;tariat s'engage par la voix de ces organisations &#224; participer si les autres commencent ; mais m&#234;me pour cela il demande son prix (les conditions pos&#233;es par l'A.O. &#224; l'Esquerra petite-bourgeoise, ignorent compl&#232;tement l'int&#233;r&#234;t particulier des paysans et des petits-bourgeois citadins) ; et cherchera - aussit&#244;t que la possibilit&#233; s'y pr&#234;tera - &#224; donner &#224; la lutte une direction dans les sens de ses propres buts de classe, la dictature du prol&#233;tariat. Au lieu d'appara&#238;tre comme le dirigeant de toutes les couches opprim&#233;es de la nation, comme le leader de la lib&#233;ration nationale, le prol&#233;tariat appara&#238;t ici purement comme un partenaire des autres classes, voire un partenaire tr&#232;s &#233;go&#239;ste, auquel il faut donner ou plut&#244;t promettre sa part parce que et pour aussi longtemps qu'on a besoin de lui. La petite-bourgeoisie catalane et la grande bourgeoisie et la r&#233;action se fondant sur la carence de cette petite-bourgeoisie ne pourraient demander rien de mieux qu'un prol&#233;tariat dans cette position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le tournant de nos camarades, doit consister tout d'abord en ceci : ils doivent propager (par notre propre organisation et par l'A.O.) la proclamation de la R&#233;publique Catalane Ind&#233;pendante et doivent demander pour l'assurer l'armement imm&#233;diat de tout le peuple. Ils ne doivent pas, pour cet armement, attendre le gouvernement, mais commencer imm&#233;diatement &#224; former des milices ouvri&#232;res, qui, elles, doivent alors non seulement revendiquer un meilleur armement de la part du gouvernement, mais doivent s'en procurer un elles-m&#234;mes par le d&#233;sarmement des r&#233;actionnaires et des fascistes. Le prol&#233;tariat doit prouver par les faits aux masses catalanes qu'il prend un int&#233;r&#234;t sacr&#233; &#224; la d&#233;fense de l'ind&#233;pendance catalane. Dans cela consistera le pas d&#233;cisif vers la conqu&#234;te de la direction de la lutte de toutes les couches pr&#234;tes &#224; la d&#233;fense de la ville et de la campagne. L'armement du peuple doit devenir le centre de notre agitation des prochaines semaines sous les mots d'ordre de : continuation du paiement de tous les salaires ; gouvernement et les employeurs doivent se partager le co&#251;t de l'armement et de l'approvisionnement ; les forces de combat existantes (police, etc.) seront encadr&#233;es comme instructeurs dans la formation des milices ; les officiers seront &#233;lus par les membres de la Milice ; la base des milices est l'usine, ou bien le rayon d'habitation ; les ouvriers des grandes entreprises, des chemins de fer, etc. et de toutes entreprises publiques feront automatiquement partie de la milice ; de plus tous les citoyens sont invit&#233;s &#224; s'enr&#244;ler ; toute formation &#233;lit son comit&#233;, qui, de son c&#244;t&#233;, envoie son repr&#233;sentant (sans doute par des instances interm&#233;diaires) au Comit&#233; central de toutes les formations de milice de Catalogne. Ce comit&#233; central (c.&#224;.d. le Soviet central) remplit la t&#226;che d'un &#233;tat-major politique, mais tout d'abord celle du contr&#244;le, plus tard, de la direction centrale de l'approvisionnement en armes et en vivres, etc. En r&#233;alisant cette t&#226;che, il sera oblig&#233; de devenir, d'un organe &#224; c&#244;t&#233; du gouvernement proprement dit, ce gouvernement lui-m&#234;me. Cela est la forme et le chemin concrets des soviets dans la situation donn&#233;e en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. &#201;tant donn&#233; l'extr&#234;me division du prol&#233;tariat catalan, qui ne permet pas &#224; son h&#233;g&#233;monie de se faire jour en Catalogne, le prol&#233;tariat dans la situation actuelle ne peut proclamer lui-m&#234;me l'ind&#233;pendance catalane. Mais il peut et il doit en appeler la proclamation de toute sa force et l'exiger de l'Esquerra petite-bourgeoise actuellement gouvernante. Il doit r&#233;pondre &#224; son retardement par la revendication de nouvelles &#233;lections imm&#233;diates : &#034;Nous avons besoin d'un gouvernement qui repr&#233;sente et dirige la volont&#233; r&#233;elle de lutte des masses populaires&#034;. Les comit&#233;s des formations de milice doivent devenir le moyen principal de la r&#233;alisation et de la pr&#233;paration de ces &#233;lections. Autrement dit : dans la mesure o&#249; les deux c&#244;t&#233;s de la chose - proclamation de l'ind&#233;pendance et armement du peuple - peuvent &#234;tre s&#233;par&#233; l'un de l'autre, c'est le dernier par lequel il faut commencer le travail pratique et par le moyen duquel il faut imposer le premier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Non seulement le prol&#233;tariat doit mettre en avant des revendications d&#233;mocratiques g&#233;n&#233;rales (la libert&#233; de la presse, etc., un Etat qui ne soit pas couteux, le nivellement des salaires des fonctionnaires, une &#233;conomie d&#233;mocratique - plus d'imp&#244;ts indirects, la taxation &#233;lev&#233;e directe des poss&#233;dants pour le financement de la r&#233;sistance, etc.) ; non seulement il doit faire siennes - en dehors de ses propres revendications de classe - toutes les revendications sp&#233;ciales aux paysans et aux petits-bourgeois citadins et m&#234;me d&#233;passer les revendications mises en avant jusqu'alors (il manque ici la connaissance des d&#233;tails, surtout dans la question agraire) ; mais avant tout le prol&#233;tariat doit d&#232;s maintenant et de sa propre initiative jeter les revendications comme mots d'ordre dans les masses et appeler celles-ci &#224; lutter pour eux, - mais non pas poser ces revendications &#224; l'Esquerra gouvernante comme &#034;conditions&#034;, sous lesquelles on serait pr&#234;t &#224; participer &#224; la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Plus haut on parle toujours vaguement de &#034;le prol&#233;tariat doit...&#034;. La raison en est que malheureusement on ne peut pas parler du &#034;Parti du prol&#233;tariat&#034;. Notre organisation qui - avec une politique juste - pourrait prendre sur elle le r&#244;le du parti, para&#238;t s'&#234;tre plus ou moins dissoute dans la masse molle d'unit&#233; de l'&#034;Alliance&#034;. Dans quelle mesure ici serait possible un tournant rapide qui corresponde &#224; la pouss&#233;e de l'heure actuelle, il n'est assur&#233;ment pas possible de le fixer hors du lieu-m&#234;me. Comme dans la situation actuelle le sort de la R&#233;volution espagnole et de notre organisation en Espagne peut &#234;tre d&#233;cid&#233; pour une longue p&#233;riode (naturellement il y a aussi la possibilit&#233; de r&#233;soudre le conflit - mais m&#234;me dans ce cas l'influence de notre organisation, si elle continue la politique actuelle, devrait subir parmi les masses pr&#234;tes &#224; lutter un dommage extraordinaire capable de la pousser enti&#232;rement hors de l'ar&#232;ne politique). L'envoi d'un d&#233;l&#233;gu&#233; du S.I. est n&#233;cessaire. Son voyage devrait &#234;tre pr&#233;par&#233; par une lettre du S.I. &#224; &#233;crire imm&#233;diatement et qui exposerait notre position dans la question.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Crise de la Generalitat ou crise nationale ?
&lt;p&gt;G. Munis&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;janvier 1937&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune organisation n'a expliqu&#233; la v&#233;ritable signification et la v&#233;ritable port&#233;e de la crise du gouvernement de la Catalogne ; pas m&#234;me le POUM, qui en a &#233;t&#233; expuls&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle crise ne peut &#234;tre analys&#233;e comme un &#233;v&#233;nement isol&#233;, ayant des causes sp&#233;cifiques &#224; la Catalogne. De nombreuses mesures et de nombreux &#233;v&#233;nements, qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; et suivi cette crise, permettent de prouver, documents &#224; l'appui, que nous sommes en pr&#233;sence de la premi&#232;re attaque de la bourgeoisie nationale et internationale contre la r&#233;volution sociale et le prol&#233;tariat en armes, une menace tr&#232;s inqui&#233;tante pour les exploit&#233;s de tous les pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise du gouvernement de la Catalogne, dont l'objectif imm&#233;diat &#233;tait d'exclure le POUM, fait partie d'une s&#233;rie de mesures qui a d&#233;but&#233; avec la cr&#233;ation du gouvernement de Largo Caballero. Les instigateurs de ces mesures, les partis socialiste et stalinien, se proposent de d&#233;vier notre guerre civile dans une direction imp&#233;rialiste et de mater l'esprit r&#233;volutionnaire des masses, en les contraignant &#224; accepter la d&#233;mocratie bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut dire que les attaques gouvernementales contre la r&#233;volution sociale ont commenc&#233; d&#232;s le 19 juillet [1936], mais elles n'ont pu acqu&#233;rir une force organis&#233;e et avoir des effets pratiques que lorsque les dirigeants socialistes et staliniens se sont empar&#233;s du pouvoir. Dans un premier temps, le triomphe du prol&#233;tariat en armes et ses initiatives rudimentaires, mais d&#233;termin&#233;es, ont totalement paralys&#233; les gouvernements du Front populaire, qui sont les uniques responsables directs du d&#233;clenchement du soul&#232;vement fasciste. Ces gouvernements n'&#233;taient que des parodies de gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir r&#233;el, sous tous ses aspects &#8211; politiques, judiciaires, militaires, &#233;conomiques &#8211; se trouvait r&#233;parti entre tous les prol&#233;taires espagnols. Chaque organisation politique ou syndicale, chaque comit&#233; ouvrier, d&#233;tenait un peu de pouvoir, qu'il exer&#231;ait sans le contr&#244;le des directions politiques et syndicales et souvent contre elles. &#192; ce moment-l&#224;, les staliniens n'ont pas os&#233; invoquer [la d&#233;fense de] la patrie ou [de] l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re r&#233;publicaine, mais, soutenus par les socialistes, ils ont pr&#233;par&#233; le terrain au niveau international, tout en veillant [au niveau national] &#224; prot&#233;ger la propri&#233;t&#233;, les banques, le Parlement, la bureaucratie bourgeoise et les d&#233;bris de l'ancienne arm&#233;e nationale. Si toutes les formes capitalistes sont encore debout, c'est gr&#226;ce aux efforts des socialistes et des staliniens. La collectivisation de l'industrie catalane se caract&#233;rise par le corporatisme syndical, d'un c&#244;t&#233;, et, de l'autre, elle est compl&#232;tement neutralis&#233;e par la banque, qui a gard&#233; toute sa libert&#233; d'action, et par le caract&#232;re petit-bourgeois du pouvoir politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, la d&#233;sorganisation des milices a provoqu&#233; des d&#233;faites militaires, et le chaos de l'&#233;conomie a aggrav&#233; les probl&#232;mes d'approvisionnement ; le gouvernement a donc pr&#233;par&#233; son offensive pour la &#171; d&#233;fense de la R&#233;publique &#187; et a essay&#233; d'&#234;tre accept&#233;, &#224; tout prix, par les gouvernements de la France, de la Grande-Bretagne et de la Russie. Ces Etats, partisans de la non-intervention, sont rest&#233;s neutres, favorisant ainsi Franco [illisible] si les masses allaient, rompre ou non, la camisole de force d&#233;mocrate socialiste et stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que se constitue le fameux &#171; gouvernement de la victoire &#187;. L'histoire a connu peu de chantages politiques aussi monstrueux que celui-ci. Malgr&#233; une situation totalement r&#233;volutionnaire, un prol&#233;tariat en armes, des usines et [des] ateliers aux mains des travailleurs, des terres occup&#233;es par les paysans, une justice exerc&#233;e par des travailleurs, et une situation sociale en Europe qui pouvait facilement se transformer en r&#233;volution, le &#171; gouvernement de la victoire &#187; s'est, d&#232;s sa cr&#233;ation, fix&#233; pour but d'interrompre le d&#233;veloppement de la r&#233;volution, de sauver la bourgeoisie qui avait disparu de la sc&#232;ne espagnole, et de donner &#224; la France, &#224; la Grande-Bretagne et &#224; la Russie, l'assurance que ces Etats pouvaient s'associer avec un gouvernement qui n'avait rien de bolchevik.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les milices, qui ont &#233;t&#233; fond&#233;es dans un esprit prol&#233;tarien, sont une institution qui d&#233;pla&#238;t souverainement aux bourgeoisies fran&#231;aise et britannique, et repr&#233;sente un danger gravissime pour la bourgeoisie nationale. La militarisation des milices fut l'un des premiers d&#233;crets pris par le gouvernement Caballero afin de rassurer cette bourgeoisie. Ce gouvernement ne voulait pas des militants rouges, mais des soldats de la R&#233;publique. Pour s&#233;duire les autres pays et montrer que le gouvernement [espagnol] &#233;tait suffisamment fort pour emp&#234;cher le triomphe de la r&#233;volution sociale, celui-ci cr&#233;a des tribunaux &#171; populaires &#187;, pr&#233;sid&#233;s par des avocats qui jugeaient selon des lois con&#231;ues pour servir la bourgeoisie ; il renfor&#231;a les forces arm&#233;es &#224; la structure bourgeoise ; il dissout le Comit&#233; central des milices de Catalogne ; il mena campagne en faveur de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re et du commandement unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organe du parti stalinien catalan l'avoua dans son num&#233;ro du 10 janvier : &#171; Nous devons d&#233;montrer aux Etats non fascistes que nous sommes capables de r&#233;soudre d&#233;mocratiquement les probl&#232;mes de demain &#187;, d&#233;clara-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s, les bavardages de la SDN [la Soci&#233;t&#233; des Nations] permirent &#224; Alvarez del Vayo de persuader les puissances imp&#233;rialistes d&#233;mocratiques que le volet civil de notre guerre n'&#233;tait qu'une apparence cachant un complot italo-allemand contre l'h&#233;g&#233;monie franco-britannique en M&#233;diterran&#233;e. Les ministres se mirent &#224; diffuser cette version de la guerre dans toute l'Espagne. Ce ne sont pas, pr&#233;tendaient-ils, les int&#233;r&#234;ts d'une classe r&#233;volutionnaire qui sont en jeu, mais &#171; la paix de l'Europe &#187;, c'est-&#224;-dire la domination de tel ou tel imp&#233;rialisme. En effet, la France, la Grande-Bretagne et la Russie elle-m&#234;me &#233;taient impatientes que les objectifs r&#233;publicains de nos gouvernants se transforment en r&#233;alit&#233;s. La bourgeoisie espagnole serait sauv&#233;e, et, avec elle, la domination coloniale de ces pays sur l'Espagne. Sans doute, la France et la Grande-Bretagne craignent-elles les cons&#233;quences &#233;conomiques et militaires du triomphe de Franco. La non-intervention n'aurait jamais exist&#233; si le dilemme fascisme-ou-d&#233;mocratie &#233;tait une r&#233;alit&#233; sociale et non un leurre, une trahison. Mais face &#224; une r&#233;volution socialiste, la France et la Grande-Bretagne ne pouvaient qu'adopter une position de classe, favorisant les fascistes, tout en encourageant la trahison des socialistes et des staliniens. Dans le num&#233;ro susmentionn&#233; de Treball, ceux-ci avouent que le retrait des &#171; d&#233;mocraties &#187; ob&#233;it fondamentalement &#224; &#171; certaines attitudes observ&#233;es en Espagne &#187;. Ces &#171; attitudes &#187; ne sont rien d'autre que les mesures r&#233;volutionnaires prises par les masses. Ainsi, les staliniens et les socialistes, ob&#233;issant aux ordres de la bourgeoisie europ&#233;enne, recourent &#224; toutes sortes de basses man&#339;uvres, pour discr&#233;diter les r&#233;volutionnaires, et r&#233;organiser la soci&#233;t&#233; bourgeoise en menant campagne contre les comit&#233;s, les &#171; &#233;l&#233;ments incontr&#244;l&#233;s &#187; (la bourgeoisie a toujours coll&#233; cette &#233;tiquette aux r&#233;volutionnaires), la cr&#233;ation de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re r&#233;publicaine et l'imposition du commandement unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces man&#339;uvres, la Russie a jou&#233; un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant et d&#233;cisif en orientant le cours des &#233;v&#233;nements. Sa solidarit&#233; active avec le prol&#233;tariat espagnol et avec la r&#233;volution sociale espagnole aurait rapidement d&#233;cid&#233; de l'&#233;volution de la guerre en notre faveur et aurait peut-&#234;tre ouvert les portes &#224; la r&#233;volution europ&#233;enne. Mais en Russie l'&#201;tat est monopolis&#233; par une caste bureaucratique qui ne survivrait pas longtemps &#224; la victoire d'une r&#233;volution socialiste dans n'importe quel pays. Le fascisme (&#224; sa droite) et le prol&#233;tariat (&#224; sa gauche) menacent ses privil&#232;ges, la for&#231;ant &#224; se battre sur ses deux flancs, &#224; trahir la r&#233;volution dans tous les pays pour sauver les alliances militaires qu'elle a conclues contre l'Allemagne. En Espagne, la bureaucratie sovi&#233;tique ne voit pas d'autre alli&#233; que la France. Mais la France ne peut &#234;tre l'alli&#233; d'une Espagne socialiste, et pour emp&#234;cher cette transformation [sociale], les dirigeants staliniens sont de fervents partisans d'une r&#233;publique d&#233;mocratique [bourgeoise].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre, tous leurs efforts tendent vers ce but. L'exclusion du POUM par le gouvernement de la Generalitat constitue une &#233;tape suppl&#233;mentaire dans cette &#233;volution r&#233;gressive. Il faut dire que si le POUM &#233;tait un v&#233;ritable parti r&#233;volutionnaire, il n'aurait jamais collabor&#233; &#224; un gouvernement dont la constitution visait &#224; gagner du temps jusqu'&#224; ce que le pouvoir puisse enclencher la marche arri&#232;re. Par sa pr&#233;sence le POUM a couvert les tra&#238;tres et s'est lui-m&#234;me ferm&#233; l'acc&#232;s aux masses. Le m&#234;me processus s'est produit avec la CNT, de fa&#231;on plus accentu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de la Catalogne a consolid&#233; l'autorit&#233; du gouvernement [r&#233;gional] face &#224; la bourgeoisie europ&#233;enne. [Anthony] Eden, lui-m&#234;me, a d&#233;clar&#233; &#224; la Chambre des communes que ce &#171; serait une calomnie de consid&#233;rer le gouvernement de Valence comme un gouvernement communiste &#187;. De nouveaux accords commerciaux vont &#234;tre conclus avec la Grande-Bretagne et la France, et notre presse reproduit les &#233;loges de la presse capitaliste europ&#233;enne &#224; propos du discours d'Alvarez del Vayo. Et en &#233;change de quelques promesses, le gouvernement a lanc&#233; une vaste offensive contre le prol&#233;tariat. Il appelle &#224; d&#233;fendre la patrie, il supprime les postes de contr&#244;le des ouvriers sur les routes, il dissout les milices de l'arri&#232;re ; et les rues, les banques et les institutions sont de nouveau surveill&#233;es par les forces [de r&#233;pression] bourgeoises, qui portent l'uniforme bien commode de la Garde nationale de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne contre les comit&#233;s, vigoureusement men&#233;e par les socialistes et les staliniens, vise &#224; &#233;liminer compl&#232;tement l'intervention des travailleurs, pour assurer &#224; la France, la Grande-Bretagne et la Russie qu'il existe d&#233;sormais un gouvernement fort, aussi fort que celui de Blum, qui interdit les gr&#232;ves spontan&#233;es, ou [celui] du r&#233;actionnaire Baldwin. Dans cette campagne, le pouvoir mobilise tous les artifices et toute la perfidie dont il dispose puisque son existence d&#233;pend du soutien des masses et qu'en m&#234;me temps il ne peut gouverner sans les trahir. L'anarchie &#233;conomique, provoqu&#233;e par la dissolution des rapports bourgeois et exacerb&#233;e par les besoins de la guerre, est utilis&#233;e pour maintenir en place les rapports bourgeois eux-m&#234;mes. Ce ne sont pas les comit&#233;s qui cr&#233;ent l'anarchie, mais le gouvernement qui les emp&#234;che d'&#233;tablir un contr&#244;le absolu sur l'&#233;conomie, d'exercer le pouvoir politique et d'organiser la soci&#233;t&#233; dans l'int&#233;r&#234;t du prol&#233;tariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Catalogne et celui de Valence opposent l'ordre d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire bourgeois &#224; l'ordre r&#233;volutionnaire, socialiste, des comit&#233;s. Ils dissolvent ces comit&#233;s et s'arrogent les m&#234;mes pouvoirs que n'importe quel gouvernement capitaliste. La crise de la Generalitat marque le moment o&#249; les questions militaires et les probl&#232;mes d'approvisionnement, qui n'ont pas pu &#234;tre r&#233;solus en raison de l'absence d'un pouvoir r&#233;volutionnaire, &#233;puisent suffisamment la population pour faire reculer la r&#233;volution sans produire de bouleversements dramatiques. Le temps de l'offensive bourgeoise contre le prol&#233;tariat est venu, offensive dont les troupes de choc sont fournies par les partis socialiste et stalinien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus cette offensive r&#233;ussit, plus l'attitude de la France et de la Grande-Bretagne devient favorable envers l'Espagne. La bourgeoisie mondiale, aid&#233;e efficacement par la bureaucratie sovi&#233;tique, s'appuie sur les partis socialiste et stalinien pour sauver la bourgeoisie espagnole et transformer la guerre civile en guerre imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le prol&#233;tariat ne balaie pas les tra&#238;tres qui le gouvernent, il viendra un moment o&#249; les mots d'ordre en faveur de la d&#233;fense de la patrie serviront &#224; accueillir dans notre camp les bourgeois et les banquiers qui se sont enfuis, mais sont suffisamment patriotes pour comprendre que, derri&#232;re les &#171; rouges &#187;, il n'y a rien d'autre qu'une politique blanche et un c&#339;ur blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, le prol&#233;tariat est politiquement impuissant. Des organisations comme la CNT, la FAI et le POUM ne veulent pas trahir les masses, mais il leur manque les principes n&#233;cessaires pour les guider vers la r&#233;volution. La CNT aujourd'hui reprend le mot de d&#233;fense de la patrie. Elle d&#233;nonce bruyamment les politiciens, mais se laisse entra&#238;ner dans une politique de capitulation, de concessions &#224; la bourgeoisie et de sabotage g&#233;n&#233;ral de la r&#233;volution. Le terrible manque d'un parti r&#233;volutionnaire repr&#233;sente la plus grave menace pour la r&#233;volution. En son absence, les socialistes, les staliniens et la bourgeoisie mondiale r&#233;ussiront &#224; r&#233;aliser l'union sacr&#233;e qui est leur objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux efforts d&#233;ploy&#233;s pour dissoudre les comit&#233;s, le prol&#233;tariat doit opposer la multiplication de ces comit&#233;s, en organisant des &#233;lections libres parmi les travailleurs [...] ; &#224; la collaboration de la CNT et du POUM au gouvernement [...], le prol&#233;tariat doit opposer une rupture absolue et la remise du pouvoir aux repr&#233;sentants &#233;lus par ces comit&#233;s. Ce n'est que lorsque le pouvoir politique appartiendra aux organismes des travailleurs qu'ils pourront &#233;tablir une politique r&#233;volutionnaire en mati&#232;re d'approvisionnement, cr&#233;er une arm&#233;e rouge, forte et disciplin&#233;e, balayer toutes les formes &#233;conomiques et politiques bourgeoises et ouvrir l'&#232;re de la r&#233;volution sociale en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G.M. [Munis]&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;1938&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Felix Morrow&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les journ&#233;es de Mai : barricades &#224; Barcelone&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La Catalogne &#233;tait, plus encore qu'avant la guerre civile, le centre &#233;conomique principal de l'Espagne. Et cette puissance &#233;conomique &#233;tait maintenant entre les mains des ouvriers et des paysans (du moins le pensaient-ils). L'industrie textile espagnole dans sa totalit&#233; &#233;tait concentr&#233;e. Ses ouvriers produisaient maintenant des v&#234;tements et des couvertures pour l'arm&#233;e et la population civile, et des marchandises d'une n&#233;cessit&#233; vitale pour l'exportation. Comme le fer et les aci&#233;ries de Bilbao &#233;taient virtuellement coup&#233;s du reste de l'Espagne, les travailleurs de la m&#233;tallurgie et de l'industrie chimique de Catalogne avaient cr&#233;&#233; avec la rapidit&#233; la plus h&#233;ro&#239;que une vaste industrie de guerre pour &#233;quiper les arm&#233;es antifascistes. Les collectivit&#233;s agricoles, qui avaient r&#233;alis&#233; les plus grandes r&#233;coltes de toute l'histoire espagnole, nourrissaient l'arm&#233;e et les villes et fournissaient des agrumes pour l'exportation. Les marins de la C.N.T. transportaient les produits export&#233;s qui procuraient &#224; l'Espagne des cr&#233;dits &#233;trangers, et ramenaient de pr&#233;cieuses cargaisons pour la lutte contre Franco. Les masses de la C.N.T. tenaient les fronts de l'Aragon et de Teruel ; elles avaient envoy&#233; Durruti et leurs meilleures milices sauver Madrid juste &#224; temps. En un mot, le prol&#233;tariat catalan constituait la colonne vert&#233;brale des forces antifascistes, et le savait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, apr&#232;s le 19 juillet, son pouvoir avait &#233;t&#233; reconnu par Companys lui-m&#234;me. Le pr&#233;sident catalan, s'adressant pendant les journ&#233;es de juillet &#224; la C.N.T.-F.A.I., avait dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Vous avez toujours &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement pers&#233;cut&#233;s, et moi-m&#234;me, avec beaucoup de peine mais contraint par les r&#233;alit&#233;s politiques, moi-m&#234;me, jadis &#224; vos c&#244;t&#233;s, je me suis vu plus tard oblig&#233; de m'opposer &#224; vous et de vous poursuivre. Aujourd'hui vous &#234;tes les ma&#238;tres de la ville et de la Catalogne, parce vous seuls avez vaincu les soldats fascistes. J'esp&#232;re que vous ne trouverez pas d&#233;plac&#233; que je puisse vous rappeler maintenant que l'aide des hommes de mon parti et de la Garde, plus ou moins nombreux, ne vous a pas manqu&#233; [... ] Vous avez vaincu, et tout est en votre pouvoir. Si vous n'&#233;prouvez pas le besoin ou le d&#233;sir que je sois pr&#233;sident, dites-le maintenant, et je deviendrai un soldat de plus dans la lutte antifasciste. Si, au contraire, vous me croyez quand je dis que je n'abandonnerai ce poste au fascisme victorieux que transform&#233; en, cadavre, je pourrai peut-&#234;tre, de mon nom et de mon prestige, vous servir avec mes camarades du parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crainte et la rage des masses catalanes devant les empi&#233;tements de la contre-r&#233;volution &#233;taient par cons&#233;quent des sentiments d'hommes lib&#233;r&#233;s et ma&#238;tres de leur destin en danger de redevenir esclaves. Il &#233;tait hors de question de se soumettre sans combattre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 avril &#8211; au lendemain du ralliement des ministres de la C.N.T. &#224; la Generalidad &#8211; un r&#233;giment de carabiniers arriva &#224; Puigcerda et demanda aux patrouilles ouvri&#232;res de la C.N.T. de rendre le contr&#244;le des douanes. Tandis que les dirigeants les plus en vue de la C.N.T. se h&#226;taient vers Puigcerda pour n&#233;gocier une solution pacifique &#8211; c'est-&#224;-dire pour persuader les travailleurs de c&#233;der le contr&#244;le de la fronti&#232;re &#8211; on envoyait les Gardes civiles et d'assaut &#224; Figueras et dans d'autres villes de province pour arracher le contr&#244;le policier aux organisations ouvri&#232;res. En m&#234;me temps, &#224; Barcelone, les gardes d'assaut proc&#233;daient au d&#233;sarmement &#224; vue des travailleurs dans les rues. Durant les derni&#232;res semaines d'avril, ils rapport&#232;rent qu'ils en avaient d&#233;sarm&#233; trois cents de cette mani&#232;re. La nuit, des heurts se produisaient entre ouvriers et Gardes. Des camions de gardes d&#233;sarmaient les travailleurs isol&#233;s. Les travailleurs usaient de repr&#233;sailles. Ceux qui refusaient de se soumettre &#233;taient fusill&#233;s. En retour, des gardes &#233;taient abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 avril, Roldan Cortada, dirigeant du syndicat du P.S.U.C., fut assassin&#233; &#224; Molins de Llobregat. On ne sait toujours pas qui l'a tu&#233;. La C.N.T. d&#233;non&#231;a ce meurtre et demanda une enqu&#234;te. Le P.O.U.M. fit remarquer avec bon sens que Cortada avait soutenu Caballero avant la fusion et qu'il &#233;tait connu pour d&#233;sapprouver l'esprit de pogrom engendr&#233; par les staliniens. Mais le P.S.U.C. profita de cette occasion pour d&#233;noncer les &#034; agents fascistes cach&#233;s &#034;, &#034; incontr&#244;lables &#034;, etc. Le 27 avril, des repr&#233;sentants de la C.N.T. et du P.O.U.M. parurent aux fun&#233;railles de Cortada, ils y trouv&#232;rent une manifestation des forces de la contre-r&#233;volution. Pendant trois heures et. demie, &#034; l'enterrement &#034; &#8211; les soldats et la police du P.S.U.C. et du gouvernement, rameut&#233;s de partout et arm&#233;s jusqu'aux dents &#8211; d&#233;fila dans les quartiers ouvriers de Barcelone. C'&#233;tait un d&#233;fi, et les masses de la C.N.T. le prirent comme tel. Le jour suivant, le gouvernement envoya une exp&#233;dition punitive &#224; Molins de Llobregat qui interpella les dirigeants anarchistes locaux et les ramena menottes aux mains &#224; Barcelone. Cette nuit-l&#224; et les suivantes, les groupes de la C.N.T. et des gardes d'assaut du P.S.U.C. se d&#233;sarm&#232;rent mutuellement dans les rues. Les premi&#232;res barricades surgirent dans les quartiers ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les carabiniers, renforc&#233;s et rejoints par les forces locales du P.S.U.C., attaqu&#232;rent les patrouilles ouvri&#232;res &#224; Puigcerda. Antonio Martin, maire et dirigeant de la C.N.T., populaire dans toute la Catalogue, fut tu&#233; par balles par les staliniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er mai, la plus ancienne et la plus ch&#232;re des journ&#233;es ouvri&#232;res, le gouvernement interdit tout meeting et manifestation dans toute l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces derni&#232;res journ&#233;es d'avril, les travailleurs de Barcelone apprirent pour la premi&#232;re fois, dans les pages de Solidaridad obrera, ce qu'il &#233;tait advenu de leurs camarades de Madrid et de Murcia aux mains de la G.P.U. stalinienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Telefonica, principal centre t&#233;l&#233;phonique de Barcelone qui dominait sa place publique la plus affair&#233;e, avait &#233;t&#233; occup&#233;e par les troupes fascistes le 19 juillet, les gardes d'assaut envoy&#233;s par le gouvernement la leur ayant rendue. Les travailleurs de la C.N.T. avaient perdu beaucoup des leurs pour le reconqu&#233;rir. Ils ne tenaient que plus &#224; le conserver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le 19 juillet, le centre t&#233;l&#233;phonique avait &#233;t&#233; dirig&#233; par un comit&#233; U.G.T.-C.N.T., avec une d&#233;l&#233;gation gouvernementale install&#233;e dans l'immeuble. L'&#233;quipe de travailleurs appartenait presque int&#233;gralement &#224; la C.N.T., de m&#234;me que les gardes arm&#233;s qui d&#233;fendaient le b&#226;timent contre les incursions fascistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le de la Telefonica &#233;tait une instance concr&#232;te de double pouvoir. La C.N.T. &#233;tait en mesure d'&#233;couter les appels gouvernementaux. Tant qu'il serait possible aux travailleurs de contr&#244;ler les contacts t&#233;l&#233;phoniques des forces gouvernementales, le bloc bourgeois-stalinien ne serait jamais ma&#238;tre de la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lundi 3 mai, &#224; 3 heures de l'apr&#232;s-midi, trois camions de gardes d'assaut sous le commandement personnel de Salas, commissaire &#224; l'ordre public, membre du P.S.U.C. [1] , arriv&#232;rent &#224; la Telefonica. Surpris, les gardes des &#233;tages inf&#233;rieurs furent d&#233;sarm&#233;s. Mais une mitrailleuse emp&#234;cha les gardes d'assaut d'occuper les &#233;tages sup&#233;rieurs. Salas appela des gardes en renfort. Les dirigeants anarchistes lui demand&#232;rent de quitter l'immeuble. Il refusa. La nouvelle se r&#233;pandit comme une tra&#238;n&#233;e de poudre aux usines et aux faubourgs ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux heures apr&#232;s, &#224; 17 heures, les travailleurs se pr&#233;cipitaient dans les centres locaux de la C.N.T.-F.A.I. et du P.O.U.M., s'armaient et dressaient des barricades. Depuis les cachots de la dictature de Rivera jusqu'&#224; aujourd'hui, la C.N.T.-F.A.I. avait toujours organis&#233; des comit&#233;s de d&#233;fense locaux, avec une tradition d'initiative locale. Ces comit&#233;s de d&#233;fense assur&#232;rent la direction dans la semaine qui s'ouvrait, pour autant qu'il y en ait eu une. On ne tira presque pas la premi&#232;re nuit, car les travailleurs &#233;taient incomparablement plus forts que les forces gouvernementales. Dans les faubourgs ouvriers, beaucoup de membres de la police gouvernementale, qui n'avaient pas assez d'estomac pour lutter, rendirent pacifiquement leurs armes. Lo&#239;s Orr, t&#233;moin, &#233;crivit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Le matin suivant (mardi 4 mai), les travailleurs arm&#233;s contr&#244;laient la plus grande partie de Barcelone. Les anarchistes tenaient le port tout entier, et avec lui la forteresse de Montjuich, qui domine la ville et le port de ses canons ; tous les faubourgs de la ville &#233;taient entre leurs mains. Et les forces gouvernementales, &#224; l'exception de quelques barricades isol&#233;es, &#233;taient compl&#232;tement d&#233;bord&#233;es par le nombre et concentr&#233;es au centre de la ville, dans le quartier bourgeois, o&#249; elles pouvaient facilement &#234;tre encercl&#233;es de tous c&#244;t&#233;s comme les rebelles le furent au 19 juillet 1936. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits de la C.N.T., du P.O.U.M. et d'autres confirment cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lerida, les gardes civils rendirent leurs armes aux travailleurs la nuit du lundi, de m&#234;me qu'&#224; Hostafranchs. Les militants du P.O.U.M. et de la C.N.T. s'empar&#232;rent des quartiers g&#233;n&#233;raux du P.S.U.C. et de l'Etat Catala &#224; Tarragone et &#224; Gerone en tant que &#034; mesure pr&#233;ventive &#034;. Ces premiers pas manifestes n'&#233;taient qu'un d&#233;but, car les masses catalanes s'&#233;taient rang&#233;es, &#224; une &#233;crasante majorit&#233;, derri&#232;re les banni&#232;res de la C.N.T. La prise officielle de Barcelone, la constitution d'un gouvernement r&#233;volutionnaire auraient conduit, dans la nuit, au pouvoir ouvrier. Ni les dirigeants de la C.N.T. ni le P.O.U.M. ne contestent s&#233;rieusement que telle en aurait &#233;t&#233; l'issue [2] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi l'aile gauche de la C.N.T. et du P.O.U.M., des sections de la Jeunesse libertaire, les Amis de Durruti et les bolclieviks-l&#233;ninistes appel&#232;rent &#224; la prise du pouvoir par les travailleurs au travers du d&#233;veloppement d'organes d&#233;mocratiques de d&#233;fense (soviets). Le 4 mai, les bolcheviks-l&#233;ninistes publi&#232;rent le tract suivant, distribu&#233; sur les barricades :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; VIVE L'OFFENSIVE REVOLUTIONNAIRE !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aucun compromis ! D&#233;sarmement de la Garde nationale r&#233;publicaine et des gardes d'assaut r&#233;actionnaires. C'est le moment d&#233;cisif. Plus tard il sera trop tard. Gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans toutes les usines, sauf celles qui sont li&#233;es &#224; la poursuite de la guerre, jusqu'&#224; la d&#233;mission du gouvernement r&#233;actionnaire. Seul le pouvoir ouvrier peut assurer la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Armement total de la classe ouvri&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Vive l'unit&#233; d'action C.N.T.-F.A.I.-P.O.U.M. ! Vive le front r&#233;volutionnaire du prol&#233;tariat ! Comit&#233;s de d&#233;fense r&#233;volutionnaires dans les ateliers, les usines et les districts ! Section bolchevik&#8212;l&#233;niniste d'Espagne (pour la IV&#232;me Internationale). &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tracts des Amis de Durruti, qui appelaient &#224; une &#034; Junte r&#233;volutionnaire &#034;, au complet d&#233;sarmement des gardes d'assaut et de la Garde nationale r&#233;publicaine, qui saluaient le P.O.U.M. pour avoir rejoint les travailleurs sur les barricades appr&#233;ci&#232;rent la situation de la m&#234;me mani&#232;re que les bolcheviks-l&#233;ninistes. En adh&#233;rant toutefois &#224; la discipline de leurs organisations, et sans publier de propagande autonome, la gauche du P.O.U.M. et de la C.N.T., la Jeunesse libertaire avaient la m&#234;me perspective que les bolcheviks-l&#233;ninistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avaient sans aucun doute raison. Aucun apologiste de la direction du P.O.U.M. et de la C.N.T. n'a avanc&#233; contre la prise du pouvoir un quelconque argument qui r&#233;siste &#224; l'analyse. Aucun d'eux n'ose nier que les travailleurs auraient pu ais&#233;ment prendre le pouvoir en Catalogne. Ils apportent trois arguments principaux pour d&#233;fendre la capitulation : La r&#233;volution aurait &#233;t&#233; isol&#233;e, limit&#233;e &#224; la Catalogne, et d&#233;faite de l'ext&#233;rieur ; les fascistes auraient pu, dans cette conjoncture, faire irruption et vaincre ; l'Angleterre et la France auraient &#233;cras&#233; la r&#233;volution par une intervention directe. Examinons successivement ces trois arguments .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) L'isolement de la r&#233;volution : la forme la plus plausible. la plus radicale donn&#233;e &#224; cet argument, est fond&#233;e sur une analogie avec la &#034; manifestation arm&#233;e &#034; de juillet 1917 &#224; P&#233;trograd. &#034;En juillet 1917, m&#234;me les bolcheviks ne d&#233;cid&#232;rent pas de prendre le pouvoir, et se limit&#232;rent &#224; la d&#233;fensive, dirigeant les masses hors de la ligne de feu avec le moins de victimes possible.&#034; Curieusement, le P.O.U.M., l'I.L.P., les pivertistes [3] et autres apologistes qui utilisent cet argument sont pr&#233;cis&#233;ment ceux qui ont toujours rappel&#233; aux &#034; trotskystes sectaires &#034; que &#034; l'Espagne n'&#233;tait pas la Russie &#034;, et que, par l&#224; m&#234;me, la politique bolchevique n'&#233;tait pas applicable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse trotskyste, c'est-&#224;-dire bolchevique, de la r&#233;volution espagnole s'est toujours fond&#233;e sur la situation concr&#232;te en Espagne. En 1931, nous avons averti que le rythme rapide des &#233;v&#233;nements russes de 1917 ne se r&#233;p&#233;terait pas en Espagne. Au contraire, nous faisions alors l'analogie avec la grande R&#233;volution fran&#231;aise, qui, commenc&#233;e en 1789, franchit une s&#233;rie d'&#233;tapes avant d'atteindre son point culminant en 1793. Justement parce que nous, trotskystes, ne sch&#233;matisons pas les &#233;v&#233;nements historiques, nous ne pouvons prendre au s&#233;rieux l'analogie avec juillet 1917 [4] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Petrograd, la manifestation arm&#233;e &#233;clata quatre mois seulement apr&#232;s la r&#233;volution de F&#233;vrier, trois mois apr&#232;s que les th&#232;ses d'Avril de L&#233;nine aient fix&#233; une perspective r&#233;volutionnaire au parti bolchevique. &#034; La masse &#233;crasante de la population de ce pays gigantesque commen&#231;ait tout juste &#224; &#233;merger des illusions de F&#233;vrier. Il y avait au front une arm&#233;e de douze millions d'hommes qui venaient &#224; peine d'&#234;tre touch&#233;s par les premi&#232;res rumeurs concernant les bolcheviks. Dans ces conditions, l'insurrection isol&#233;e du prol&#233;tariat de Petrograd aurait &#233;t&#233; in&#233;vitablement &#233;cras&#233;e. Il fallait gagner du temps. Telles furent les circonstances qui d&#233;termin&#232;rent la tactique des bolcheviks.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, en Espagne, mai 1937 survenait apr&#232;s six ann&#233;es de r&#233;volution pendant lesquelles les masses avaient acquis une exp&#233;rience gigantesque dans tout le pays. Les illusions d&#233;mocratiques de 1931 avaient &#233;t&#233; d&#233;truites. Nous pouvons citer le t&#233;moignage des dirigeants de la C.N.T., du P.O.U.M., de socialistes, selon lesquels les illusions d&#233;mocratiques redor&#233;es du Front populaire n'eurent aucune influence sur les masses. En f&#233;vrier 1936, elles ne vot&#232;rent pas pour le Front populaire, mais contre Gil Robles, et pour la lib&#233;ration des prisonniers politiques. Les masses avaient montr&#233; maintes et maintes fois qu'elles &#233;taient pr&#234;tes &#224; aller jusqu'au bout : les nombreuses luttes arm&#233;es dirig&#233;es par les anarchistes, les prises de terres pendant six ans, la r&#233;volte d'octobre 1934, la Commune des Asturies, la prise des usines et de la terre apr&#232;s le 19 juillet ! L'analogie avec juillet 1917 est infantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1917, douze millions de soldats russes &#224; peine touch&#233;s par la propagande bolchevique pouvaient &#234;tre envoy&#233;s contre P&#233;tersbourg. Mais en Espagne la C.N.T. dirigeait plus d'un tiers des forces arm&#233;es, un autre tiers ou presque &#233;tait dirig&#233; par l'U.G.T. dont la plupart des membres &#233;taient socialistes de gauche ou sous leur influence. M&#234;me si l'on accorde que la r&#233;volution n'aurait pas gagn&#233; imm&#233;diatement Madrid ou Valence. Cela ne revient aucunement &#224; affirmer que le gouvernement de Valence aurait trouv&#233; des troupes pour &#233;craser la r&#233;publique ouvri&#232;re de Catalogne ! Tout de suite apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de mai, les masses de l'U.G.T. firent la preuve de leur hostilit&#233; d&#233;termin&#233;e &#224; l'&#233;gard de mesures r&#233;pressives contre le prol&#233;tariat catalan. C'est une des raisons pour lesquelles Caballero dut quitter le gouvernement. Elles auraient encore moins pu &#234;tre utilis&#233;es contre une r&#233;publique ouvri&#232;re victorieuse. M&#234;me les rangs staliniens n'auraient pas fourni une telle arm&#233;e massive : c'est une chose que d'amener les travailleurs et les paysans arri&#233;r&#233;s &#224; limiter leur lutte &#224; un combat pour une r&#233;publique d&#233;mocratique ; c'en est une autre enti&#232;rement diff&#233;rente que de les amener &#224; &#233;craser une r&#233;publique ouvri&#232;re. Toute tentative du bloc bourgeois-stalinien de rassembler des forces prol&#233;tariennes n'aurait pu que pr&#233;cipiter l'extension de l'Etat ouvrier &#224; toute l'Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons dire plus : l'exemple de la Catalogne aurait &#233;t&#233; suivi imm&#233;diatement ailleurs. La preuve ? Le bloc stalinien-bourgeois, alors qu'il cherchait &#224; consolider la r&#233;publique bourgeoise, &#233;tait toutefois pouss&#233; par l'atmosph&#232;re r&#233;volutionnaire &#224; avancer le mot d'ordre : &#034; Finissons-en d'abord avec Franco, nous ferons la r&#233;volution apr&#232;s. &gt; C'&#233;tait un mot d'ordre habile,. bien propre &#224; faire attendre les masses. Mais le fait m&#234;me que la contre-r&#233;volution ait eu besoin de ce mot d'ordre d&#233;montre qu'elle fondait ses espoirs de victoire sur la r&#233;volution, non sur l'accord des masses, mais sur leur tol&#233;rance impatiente. Grin&#231;ant des dents, les masses disaient : &#034; Nous devons attendre d'en finir avec Franco, puis nous en finirons avec la bourgeoisie et ses laquais. &#034; Ce sentiment sans aucun doute, rarement r&#233;pandu se serait &#233;vanoui devant l'exemple de la r&#233;volution catalane, celle-ci aurait mis un terme &#224; ce : &#034; Nous devons attendre. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple de la Catalogne n'aurait pas touch&#233; la seule Espagne loyaliste. Car une Espagne ouvri&#232;re se serait lanc&#233;e dans une guerre r&#233;volutionnaire contre le fascisme qui aurait d&#233;sint&#233;gr&#233; les rangs franquistes, par les armes politiques plus que par les armes militaires. Toutes les armes politiques contre le fascisme dont le Front populaire n'avait pas autoris&#233; l'utilisation, et dont seule une r&#233;publique ouvri&#232;re pouvait user, auraient &#233;t&#233; d&#233;sormais dirig&#233;es contre Franco. Peu apr&#232;s le 19 juillet, Trotsky &#233;crivait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Comme chacun sait, une guerre civile ne se m&#232;ne pas seulement avec des armes militaires, mais aussi avec des armes politiques. D'un point de vue strictement militaire, la r&#233;volution espagnole est beaucoup plus faible que son ennemi. Sa force r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; jeter les larges masses dans l'action. Elle peut m&#234;me arracher l'arm&#233;e [de Franco] &#224; ses officiers r&#233;actionnaires. Pour ce faire, le programme de la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il faut proclamer qu'&#224; partir de maintenant, la terre, les usines, les ateliers passeront des capitalistes aux mains du peuple. Il faut se diriger imm&#233;diatement vers la r&#233;alisation de ce programme dans les provinces o&#249; les travailleurs sont au pouvoir. L'arm&#233;e fasciste ne pourrait pas r&#233;sister &#224; l'influence d'un tel programme. Les soldats lieraient les pieds et les mains de leurs officiers et les livreraient aux quartiers g&#233;n&#233;raux des milices ouvri&#232;res. les plus proches. Mais les ministres bourgeois ne peuvent accepter un tel programme. En freinant la r&#233;volution sociale, ils poussent les ouvriers et les paysans &#224; r&#233;pandre dix fois plus de leur propre sang qu'il n'en faut dans la guerre civile. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#232;se de Trotsky ne s'est av&#233;r&#233;e que trop vraie. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement de Front populaire ne fit aucune propagande en direction des paysans des forces franquistes, et derri&#232;re leurs lignes. Le gouvernement refusa absolument de promettre la terre &#224; ces paysans, et cette promesse n'aurait eu aucun impact tant que le gouvernement n'aurait pas d&#233;cr&#233;t&#233; effectivement la remise des terres aux comit&#233;s paysans dans ses propres zones, &#224; partir desquelles les nouvelles se seraient r&#233;pandues, par des milliers de canaux, jusqu'aux paysans du reste de l'Espagne. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement avait rejet&#233; tout projet (y compris celui d'Abd El Krim et d'autres Maures) de provoquer la r&#233;volution au Maroc par une d&#233;claration d'ind&#233;pendance. Craignant la r&#233;volution plus que Franco, le gouvernement appela le prol&#233;tariat international &#224; pousser&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; ses &#034; Gouvernements &#224; aider l'Espagne &#8211; mais il ne fit jamais directement appel au prol&#233;tariat international en d&#233;pit et contre ses gouvernements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas des doctrinaires. Nous ne proclamons pas la r&#233;volution tous les ' jours. Nous jugeons &#224; partir de notre analyse concr&#232;te de la situation espagnole en mai 1937 : si la r&#233;publique ouvri&#232;re avait &#233;t&#233; instaur&#233;e en Catalogne, elle n'aurait pas &#233;t&#233; isol&#233;e ou &#233;cras&#233;e. Elle se serait rapidement &#233;tendue au reste de l'Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Les fascistes seraient imm&#233;diatement intervenus. La deuxi&#232;me justification de l'inopportunit&#233; de la prise du pouvoir en Catalogne recoupe la premi&#232;re, dans la mesure o&#249; elle nie implicitement l'impact de la prise du pouvoir sur les forces franquistes [5] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettant qu'une r&#233;volution prol&#233;tarienne en mai se soit &#233;tendue dans toute l'Espagne loyaliste, les dirigeants de la C.N.T. expliquent :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il est &#233;vident que, si nous l'avions voulu, le mouvement de d&#233;fense se serait transform&#233; en un mouvement purement libertaire. C'est tr&#232;s bien, mais... les fascistes auraient sans aucun doute profit&#233; des circonstances pour briser toutes les lignes de r&#233;sistance .&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Garcia Olivier) [6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il traite ostensiblement de la situation sp&#233;cifique de la Catalogne en mai, ce raisonnement est, en fait, beaucoup plus fondamental : &#034; C'est un argument contre la prise du pouvoir par la classe ouvri&#232;re au cours de la guerre civile. &#034; C'&#233;tait &#233;galement la ligne du P.O.U.M. Son comit&#233; central soutint que, dans le cas o&#249; le gouvernement refuserait de signer son propre arr&#234;t de mort en convoquant une assembl&#233;e constituante (congr&#232;s de d&#233;l&#233;gu&#233;s des soldats, des paysans et des d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux), ce serait une erreur que de lui arracher le pouvoir par la force :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il [le P.O.U.M] croyait que les ouvriers protesteraient &#224; temps contre la contre-r&#233;volution &#224; laquelle le gouvernement proc&#233;dait, et que la revendication d'une telle assembl&#233;e constituante deviendrait si forte que le gouvernement serait oblig&#233; de se soumettre. Il soutenait qu'une insurrection serait erron&#233;e et peu opportune tant que les fascistes ne seraient pas d&#233;faits, et m&#234;me sur la question de d&#233;clencher ou non l'insurrection &#224; ce moment l&#224;, les opinions divergeaient en son sein [7] .&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, la C.N.T. et le P.O.U.M. appelaient au socialisme par le biais du gouvernement. Mais si le gouvernement ne donnait pas son accord, alors il fallait attendre au moins jusqu'&#224; la fin de la guerre. Cela revenait en pratique &#224; s'adapter de fa&#231;on camoufl&#233;e au mot d'ordre bourgeois-stalinien : &#034; Finissons-en avec Franco, nous ferons la r&#233;volution apr&#232;s. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tactique du P.O.U.M. et de la C.N.T. &#8211; attendre d'en avoir fini avec Franco &#8211; signifiait concr&#232;tement la condamnation de la r&#233;volution. Car, comme nous l'avons d&#233;j&#224; fait remarquer, le mot d'ordre bourgeois-stalinien d' &#034; attente &#034; &#233;tait destin&#233; &#224; neutraliser les masses jusqu'&#224; ce que l'Etat bourgeois soit r&#233;tabli. Pour cette raison pr&#233;cise, le bloc bourgeois stalinien et ses alli&#233;s anglo-fran&#231;ais n'avaient pas l'intention d'en finir avec Franco, ou (plus vraisemblablement) de faire la paix avec lui, tant que la contre-r&#233;volution n'avait pas consolid&#233; son pouvoir en Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons comment&#233; l'incapacit&#233; du Front populaire et de son Gouvernement &#224; faire de la propagande r&#233;volutionnaire pour d&#233;sint&#233;grer les forces franquistes. Mais le gouvernement ne r&#233;ussit pas plus &#224; combattre Franco avec succ&#232;s sur le plan militaire. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans la guerre civile, il n'y a pas de s&#233;paration entre t&#226;ches politiques et t&#226;ches militaires. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement concentrait d'&#233;normes forces de soldats d'&#233;lite et de police dans les villes, d&#233;tournant par l&#224; m&#234;me des hommes et des armes n&#233;cessaires au front. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement poursuivait une strat&#233;gie de guerre dilatoire, qui ne pouvait donner aucun r&#233;sultat d&#233;cisif, tant qu'il proc&#233;dait &#224; la contre-r&#233;volution. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement &#233;tait en train de subordonner les travailleurs basques et asturiens au commandement de la bourgeoisie basque tra&#238;tre qui allait bient&#244;t capituler sur le front Nord. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le Gouvernement &#233;tait en train de saboter directement les fronts de l'Aragon et du Levant tenus par la C.N.T. Craignant la r&#233;volution plus qu'il ne craignait Franco, le gouvernement donnait aux agents fascistes (Asensio, Villalba, etc.) la possibilit&#233; de livrer des forteresses loyalistes &#224; Franco (Badajoz, Irun, Malaga) [8] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La contre-r&#233;volution portait des coups terribles au moral des troupes antifascistes. &#034; Pourquoi mourrions-nous en combattant Franco quand nos camarades sont fusill&#233;s par le gouvernement ? &#034; Cet &#233;tat d'esprit si dommageable &#224; la lutte contre le fascisme pr&#233;dominait apr&#232;s la journ&#233;e de mai et &#233;tait tr&#232;s difficile &#224; combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, par tous ces moyens, la politique gouvernementale facilitait les incursions militaires de Franco. L'instauration d'une r&#233;publique ouvri&#232;re aurait mis fin &#224; la tromperie, au sabotage, &#224; la d&#233;moralisation. Dot&#233;e de l'instrument de la planification &#233;tatique, la r&#233;publique ouvri&#232;re aurait pu utiliser comme aucun r&#233;gime capitaliste l'int&#233;gralit&#233; des ressources mat&#233;rielles et morales de l'Espagne loyaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin de permettre aux troupes fascistes de percer, seul le pouvoir ouvrier pouvait conduire &#224; la victoire sur Franco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) La menace d'intervention : La C.N.T. se r&#233;f&#232;re confus&#233;ment aux navires de guerre anglais et fran&#231;ais apparus dans le port le 3 mai, et &#224; des plans de d&#233;barquement de troupes anglo-fran&#231;aises. &#034; Dans l'&#233;ventualit&#233; d'un triomphe du communisme libertaire, il aurait &#233;t&#233; &#233;cras&#233; un peu plus tard par l'intervention des puissances capitalistes et d&#233;mocratiques. &#034; (Garcia Oliver)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;f&#233;rences de la C.N.T. &#224; des navires de guerre pr&#233;cis, &#224; un complot pr&#233;cis, obscurcit d&#233;lib&#233;r&#233;ment le caract&#232;re fondamental du probl&#232;me . Toute r&#233;volution sociale doit affronter le danger de l'intervention capitaliste. La r&#233;volution russe dut survivre tant &#224; la guerre civile financ&#233;e par les capitalistes qu'&#224; l'intervention imp&#233;rialiste directe. La r&#233;volution hongroise fut &#233;cras&#233;e par l'intervention aussi bien que par ses propres erreurs. N&#233;anmoins, quand les sociaux-d&#233;mocrates allemands et autrichiens justifi&#232;rent la stabilisation de leurs r&#233;publiques bourgeoises par le fait que les puissances alli&#233;es pourraient intervenir contre les Etats socialistes, les socialistes r&#233;volutionnaires et les communistes du monde entier &#8211; comme les anarchistes &#8211; d&#233;nonc&#232;rent les Kautsky et les Bauer comme des tra&#238;tres, et ils eurent raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat autrichien et allemand, disaient alors les r&#233;volutionnaires, doit compter avec la possibilit&#233; d'une d&#233;faite due &#224; l'intervention anglo-fran&#231;aise, parce que les r&#233;volutions courent toujours ce danger, mais attendre le moment hypoth&#233;tique o&#249; les Alli&#233;s seraient trop pr&#233;occup&#233;s pour intervenir, c'&#233;tait manquer la conjoncture favorable &#224; la r&#233;volution. Mais les sociaux-d&#233;mocrates l'emport&#232;rent... et finirent dans les camps de concentration de Hitler et Schuschnigg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni les cercles de la C.N.T. ni ceux du P.0,U.M. n'os&#232;rent avancer qu'il existait une quelconque situation conjoncturelle sp&#233;cifique qui rendait en mai 1937 l'intervention capitaliste plus mena&#231;ante qu'&#224; un autre moment. Les d&#233;fenseurs de cette th&#232;se se r&#233;f&#232;rent simplement au danger d'intervention, sans y ajouter d'analyse sp&#233;cifique. Nous posons la question l'intervention &#233;tait-elle plus dangereuse en mai 1937 qu'au moment de la r&#233;volution d'avril 1931 par exemple ? En mai 1937, les travailleurs avaient tous les avantages. En 1931, le prol&#233;tariat europ&#233;en &#233;tait prostr&#233; au fond du puits de la crise mondiale. Les travailleurs allemands n'avaient pas encore &#233;t&#233; livr&#233;s &#224; Hitler par leurs dirigeants &#8211; sans combat &#8211; mais le prol&#233;tariat fran&#231;ais &#233;tait aussi assoupi que s'il &#233;tait accabl&#233; par un dictateur. La situation en France, pays limitrophe, est d&#233;cisive pour l'Espagne. Et, en mai 1937, le prol&#233;tariat fran&#231;ais entamait la deuxi&#232;me ann&#233;e du soul&#232;vement ouvert par les gr&#232;ves r&#233;volutionnaires de juin 1936. Il est inconcevable que les millions de travailleurs socialistes et communistes de France, d&#233;j&#224; irrit&#233;s par la neutralit&#233;, et maintenus dans cette ligne avec les plus grandes difficult&#233;s, par leurs dirigeants, aient permis l'intervention capitaliste en Espagne, qu'elle soit le fait de la bourgeoisie fran&#231;aise ou d'une autre. La transformation de la lutte en Espagne, de combat pour la sauvegarde d'une r&#233;publique bourgeoise, en combat pour la r&#233;volution socialiste, aurait enflamm&#233; les prol&#233;tariats fran&#231;ais, belge et anglais, bien plus que ne le fit la r&#233;volution russe, car cette fois la r&#233;volution aurait &#233;t&#233; &#224; leur porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un prol&#233;tariat vigilant, qu'aurait pu faire la bourgeoisie ? La bourgeoisie fran&#231;aise aurait ouvert ses fronti&#232;res &#224; l'Espagne, non pour l'intervention mais pour le commerce, permettant au nouveau r&#233;gime de s'assurer des marchandises &#8211; ou bien elle aurait eu &#224; affronter imm&#233;diatement la r&#233;volution chez elle. La r&#233;publique ouvri&#232;re espagnole n'aurait pas, comme le firent Caballero et Negrin, aid&#233; et encourag&#233; la &#034; non-intervention &#034;. L'Angleterre, indissolublement li&#233;e au sort de la France, n'aurait pas pu intervenir, non seulement &#224; cause du poids de la France, mais aussi &#224; cause du poids de sa propre classe ouvri&#232;re, pour laquelle la r&#233;volution ib&#233;rique aurait ouvert une nouvelle &#233;poque. Le Portugal aurait d&#251; imm&#233;diatement faire face &#224; la r&#233;volution. L'Allemagne et l'Italie auraient, bien entendu, cherch&#233; &#224; augmenter leur aide &#224; Franco. Mais la politique anglo-fran&#231;aise aurait toujours &#233;t&#233; : ni une Espagne socialiste, ni une Espagne tenue par Hitler ou Mussolini. En voulant jouer indistinctement sur les deux tableaux, l'imp&#233;rialisme anglo-fran&#231;ais aurait &#233;t&#233; contraint de restreindre l'intervention italo-allemande dans les limites qui puissent emp&#234;cher l'axe Rome-Berlin de dominer la M&#233;diterran&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins que tout autre, nous avons &#224; apprendre que toutes les puissances capitalistes ont comme commun int&#233;r&#234;t, et cherchent toutes la destruction de toute menace de r&#233;volution sociale. Il est n&#233;anmoins clair que les deux facteurs qui sauv&#232;rent la r&#233;volution russe de l'an&#233;antissement par l'intervention auraient jou&#233; en mai 1937 : en 1917, le prol&#233;tariat mondial, inspir&#233; par la r&#233;volution, imposa l'arr&#234;t de l'intervention, tandis que les imp&#233;rialistes ne pouvaient pas oublier suffisamment leurs divergences pour ne pas s'unir autour d'un plan unique d'an&#233;antissement de la r&#233;publique ouvri&#232;re. Le prol&#233;tariat europ&#233;en &#233;tant &#224; nouveau mobilis&#233;, c'est &#224; leurs risques et p&#233;rils que les imp&#233;rialistes auraient cherch&#233; &#224; &#233;teindre l'incendie espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui nous invoquons par-dessus tout l'aide du prol&#233;tariat mondial Vous, les staliniens pour qui les masses ne sont d&#233;sormais rien d'autre que des carcasses que vous offrez en sacrifice sur l'autel de l'alliance avec les imp&#233;rialistes d&#233;mocratiques ; vous les bureaucrates dont le m&#233;pris des masses, sur le dos desquelles vous vous dressez, vous fait oublier que ces m&#234;mes masses, qui vous servent encore de capital moral et mat&#233;riel, et qui s'amenuise sous votre gestion incomp&#233;tente, ont conduit victorieusement la r&#233;volution d'Octobre et la guerre civile ! Nous savons que vous n'aimez pas que l'on vous rappelle qu'en 1919-1922, le prol&#233;tariat mondial a sauv&#233; l'Union sovi&#233;tique des imp&#233;rialistes. Les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires de la classe ouvri&#232;re sont une chose que vous en &#234;tes venus &#224; ha&#239;r et &#224; craindre, car ils menacent vos privil&#232;ges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les staliniens qui croient &#224; la possibilit&#233; d'une coexistence pacifique des Etats capitalistes et ouvriers, pas nous. Il est certain que l'Europe capitaliste ne supporterait pas ind&#233;finiment l'existence d'une Espagne socialiste. Mais la conjoncture sp&#233;cifique de mai 1937 &#233;tait assez favorable pour permettre &#224; une Espagne ouvri&#232;re d'installer son r&#233;gime int&#233;rieur et de se pr&#233;parer &#224; r&#233;sister &#224; l'imp&#233;rialisme en &#233;tendant la r&#233;volution &#224; la France et &#224; la Belgique, puis de mener une guerre r&#233;volutionnaire contre l'Allemagne et l'Italie, dans des conditions qui auraient pr&#233;cipit&#233; la r&#233;volution dans les pays fascistes. C'est la seule perspective r&#233;volutionnaire en Europe, dans cette p&#233;riode qui pr&#233;c&#232;de la prochaine guerre, que la r&#233;volution commence en France ou en Espagne. Qui ne l'accepte pas rejette la r&#233;volution socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les risques ? &#034; Il serait &#233;videmment fort commode de faire l'histoire si l'on ne devait engager la lutte qu'avec &#034; des chances infailliblement favorables &#034; &#233;crivait Marx pendant que la Commune vivait encore. Clairvoyant, il voyait :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; le &#034; hasard &#034; malheureux et d&#233;cisif (. . .) dans la pr&#233;sence des Prussiens en France et dans leurs positions si pr&#232;s de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les travailleurs parisiens devant l'alternative ou de relever le d&#233;fi ou de succomber sans combat. Dans le dernier cas, la d&#233;moralisation de la classe ouvri&#232;re serait un malheur bien plus grand que la perte d'un nombre quelconque de &#034; chefs &#034;. Gr&#226;ce au combat livr&#233; &#224; Paris, la lutte de la classe ouvri&#232;re contre la classe capitaliste et l'Etat capitaliste est entr&#233;e dans une nouvelle phase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Quelle qu'en soit l'issue, nous avons obtenu un nouveau point de d&#233;part d'une importance historique universelle.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Lettre &#224; Kugelmann, du 17 avril 1871, &#233;d. Anthropos.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Berneri avait raison. Ecras&#233;e entre les Prussiens-franquistes et Versailles-Valence, la Commune de Catalogne aurait pu faire jaillir une flamme embrasant le monde. Et dans des conditions incomparablement plus favorables que celles de la Commune !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons tent&#233; d'analyser le plus s&#233;rieusement possible les raisons que la direction centriste a donn&#233;es pour ne pas engager une lutte pour le pouvoir contre la contre-r&#233;volution. Comme ils ne sont pas des r&#233;formistes inv&#233;t&#233;r&#233;s, mais des centristes, ils sont tent&#233;s de justifier leur capitulation en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; la situation &#034;sp&#233;ciale&#034;, &#034; sp&#233;cifique &#034;, de l'Espagne de mai 1937, mais sans donner de d&#233;tails pr&#233;cis. A l'examen, nous avons trouv&#233; que, comme toujours dans le cas d'alibis de ce type, les r&#233;f&#233;rences &#224; la situation sp&#233;cifique sont d&#233;nu&#233;es de sens et cachent un retrait fondamental par rapport &#224; la voie r&#233;volutionnaire. Ce ne sont pas des erreurs de fait, mais des divergences de principe qui, d'un point de vue mondial et de classe, s&#233;parent les r&#233;volutionnaires tant des dirigeants r&#233;formistes que des centristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 4 mai au matin, les travailleurs arm&#233;s des barricades qui recouvraient Barcelone se sentirent &#224; nouveau, comme le 19 juillet, les ma&#238;tres de leur monde. Comme le 19 juillet, les &#233;l&#233;ments bourgeois et petits-bourgeois terrifi&#233;s se cachaient dans leurs maisons. Les syndicalistes dirig&#233;s par le P.S.U.C. restaient passifs. Seule, une fraction de la police, les gardes arm&#233;s du P.S.U.C. et les voyous arm&#233;s d'Estat Catala se tenaient sur les barricades gouvernementales qui se limitaient au centre de la ville, entour&#233;es par les travailleurs en armes. Le premier discours radiodiffus&#233; de Companys, une d&#233;claration selon laquelle la Generalidad n'&#233;tait pas responsable de la provocation de la Telefonica, indique l'&#233;tat de la situation. Chaque faubourg de la ville, sous la direction des comit&#233;s de d&#233;fense locaux aid&#233;s par les groupes du P.O.U.M., de la F.A.I. et de la Jeunesse libertaire, &#233;tait fermement contr&#244;l&#233; par les travailleurs. Il n'y eut pour ainsi dire aucun coup de feu lundi soir tant la domination ouvri&#232;re &#233;tait totale. Tout ce qui manquait aux travailleurs pour instaurer leur pouvoir, c'&#233;tait la coordination et l'action commune sous la direction du centre... Au centre, la Casa C.N.T., les dirigeants interdirent toute action et ordonn&#232;rent aux travailleurs de quitter les barricades [9] .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants de la C.N.T. ne s'int&#233;ressaient pas &#224; l'organisation des masses arm&#233;es. Ils &#233;taient occup&#233;s par une n&#233;gociation interminable avec le gouvernement. C'&#233;tait un jeu qui convenait parfaitement &#224; ce dernier : retenir les masses sans direction derri&#232;re les barricades, en les ber&#231;ant de l'espoir que l'on trouverait une solution d&#233;cente. La r&#233;union au palais de la Generalidad tra&#238;na jusqu'&#224; 6 heures du matin. Ainsi, les forces gouvernementales gagn&#232;rent assez d'espace vital pour fortifier les b&#226;timents gouvernementaux, et, &#224; l'instar des fascistes en juillet, elles occup&#232;rent les tours de la cath&#233;drale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi matin &#224; 11 heures, les dirigeants se rencontr&#232;rent, non pour organiser la d&#233;fense, mais pour &#233;lire un nouveau comit&#233; pour n&#233;gocier avec le gouvernement. Alors Companys trouva un nouveau truc : Bien sur, nous pouvons en arriver &#224; un accord &#224; l'amiable, nous sommes tous des antifascistes, etc., etc., disaient Companys et le Premier ministre Taradellas. &#8211; Mais nous ne pouvons pas engager de n&#233;gociations tant que les rues ne sont pas d&#233;sert&#233;es par les hommes arm&#233;s. Sur quoi le comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. passa le mardi avec un micro, appelant les travailleurs &#224; quitter les barricades. &#034; Nous vous appelons &#224; baisser vos armes. Pensez &#224; notre grand but, commun &#224; tous... L'unit&#233; avant tout. D&#233;posez vos armes. Un seul mot d'ordre : Nous devons travailler &#224; abattre le fascisme ! &#034; Solidaridad obrera eut l'audace de para&#238;tre, avec, en page 8, la relation de l'attaque du lundi contre la Telefonica, sans mentionner l'&#233;dification des barricades, ne donnant d'autres directives que &#034; restez calmes &#034; afin de ne pas alarmer les miliciens du front auxquels parvenaient des centaines de milliers d'exemplaires du journal. A 5 heures, des d&#233;l&#233;gations du Comit&#233; national de l'U.G.T. et de la C.N.T. arriv&#232;rent de Valence et publi&#232;rent en commun un appel au &#034; peuple :&#034; pour qu'il d&#233;pose les armes. Vasquez, secr&#233;taire national de la C.N.T., se joignit &#224; Companys dans l'appel radiodiffus&#233;. On passa la nuit en nouvelles n&#233;gociations (le Gouvernement &#233;tait toujours pr&#234;t &#224; passer un accord incluant l'abandon des barricades par les travailleurs !) dont sortit un accord pour un cabinet provisoire de quatre membres, appartenant &#224; la C.N.T., au P.S.U.C., &#224; l'Union paysanne et &#224; l'Esquerra. Les n&#233;gociations furent ponctu&#233;es d'appels aux dirigeants de la C.N.T. qui avaient de l'autorit&#233;, les invitant &#224; se rendre sur les points o&#249; les travailleurs menaient l'offensive. C'est ainsi qu'&#224; Coll Blanch, il fallait persuader ceux-ci de ne pas occuper les casernes. Tandis que d'autres appels arrivaient &#8211; des quartiers g&#233;n&#233;raux des ouvriers du cuir, de l'Union m&#233;dicale, du centre local de la Jeunesse libertaire, qui demandait du renfort au Comit&#233; r&#233;gional, parce que la police attaquait...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi : Ni les nombreux appels &#224; la radio, ni l'appel commun de l'U.G.T.-C.N.T., ni l'&#233;tablissement d'un nouveau cabinet n'avaient arrach&#233; les travailleurs aux barricades. Sur les barricades, les travailleurs anarchistes d&#233;chiraient Solidaridad obrera et brandissaient les poings et les fusils vers les radios quand Montseny &#8211; rappel&#233;e de toute urgence de Valence apr&#232;s l'&#233;chec de Vasquez et de Garcia Oliver &#8211; les exhortait &#224; la dispersion. Les comit&#233;s de d&#233;fense locaux transmirent &#224; la Casa C.N.T. que les travailleurs ne se rendraient pas sans conditions. Tr&#232;s bien, donnons-leur des conditions. La C.N.T. fit parvenir par radio les propositions qu'elle faisait au Gouvernement : que les hostilit&#233;s cessent, que chaque parti reste sur ses positions, que la police et les civils qui combattaient aux c&#244;t&#233;s de la C.N.T. (sans en &#234;tre membres) s'en retirent compl&#232;tement, que les comit&#233;s responsables soient avertis d&#232;s que le pacte est rompu quelque part, que l'on ne r&#233;ponde pas aux coups de feu isol&#233;s, que les d&#233;fenseurs des locaux syndicaux restent passifs et attendent d'autres informations. Le gouvernement annon&#231;a bient&#244;t son accord avec la C.N.T. Et comment pourrait-il en &#234;tre autrement ? Le seul objectif du gouvernement &#233;tait de mettre fin au combat des masses, pour mieux briser leur r&#233;sistance, d&#233;finitivement. De surcro&#238;t, &#034; l'accord &#034; n'engageait en rien le gouvernement. Le contr&#244;le de la Telefonica, le d&#233;sarmement des masses n'&#233;taient pas mentionn&#233;s &#8211; et ce, non par hasard. L'accord fut suivi dans la nuit d'ordres de reprise du travail venant des centres locaux de la C.N.T. et de l'U.G.T. (cette derni&#232;re, il faut s'en souvenir, &#233;tant contr&#244;l&#233;e par les staliniens). &#034; Les organisations et les partis antifascistes r&#233;unis en session au palais de la Generalidad ont r&#233;solu le conflit qui a cr&#233;&#233; cette situation anormale &#034;, d&#233;clarait le manifeste commun. &#034; Ces &#233;v&#233;nements nous ont appris que nous devrons d&#233;sormais &#233;tablir des relations de cordialit&#233; et de camaraderie, dont nous avons beaucoup regrett&#233; l'absence ces derniers jours. &#034; Cependant, comme l'admettait Souchy, les barricades rest&#232;rent toutes en place dans la nuit de mercredi. Mais le jeudi matin, le P.O.U.M. ordonna &#224; ses membres de quitter les barricades qui, pour la plupart, &#233;taient encore sous le feu. Le mardi, le manifeste des Amis de Durruti, jusqu'alors assez froid avec le P.O.U.M., avait salu&#233; sa pr&#233;sence sur les barricades, pr&#233;sence qui d&#233;montrait qu'il s'agissait l&#224; d'une &#034; force r&#233;volutionnaire &#034;,. La Batalla du mardi &#233;tait rest&#233;e dans les limites de la th&#233;orie selon laquelle il ne devait pas y avoir de renversement insurrectionnel du gouvernement pendant la guerre civile, mais elle avait appel&#233; &#224; la d&#233;fense des barricades, &#224; la d&#233;mission de Salas et Ayguad&#233;, &#224; l'abrogation des d&#233;crets de dissolution des patrouilles ouvri&#232;res. Si limit&#233; que fut ce programme, il contrastait tellement avec l'appel du Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. &#224; d&#233;serter les barricades que le prestige du P.O.U.M. s'accrut tr&#232;s fort dans les masses anarchistes. Le P.O.U.M. avait l&#224; une occasion sans pr&#233;c&#233;dent de prendre la t&#234;te du mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, la direction du P.O.U.M. s'en remit une fois de plus &#224; celle de la C.N.T. : elle ne fit pas de propositions publiques d'action commune avec la C.N.T., propositions qui auraient dot&#233; la r&#233;bellion embryonnaire d'un ensemble de revendications auxquelles devait acc&#233;der sa directive en toute une ann&#233;e, le P.O.U.M., d'une d&#233;f&#233;rence servile &#224; l'&#233;gard des dirigeants de la C.N.T., n'avait pas fait une seule proposition pr&#233;sentant un net caract&#232;re de front uni. Mais elle proposa une conf&#233;rence en coulisses avec le Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. Quelles que fussent les propositions du P.O.U.M., elles &#233;taient rejet&#233;es &#8211; Vous n'&#234;tes pas d'accord ? alors n'en parlons plus Et le matin suivant (5 mai) la Batalla n'eut pas un mot &#224; dire sur les propositions que le P.O.U.M. fit &#224; la C.N.T., sur le comportement timor&#233; des dirigeants de la C.N.T., de leur refus d'organiser la d&#233;fense, etc. [10] . Au lieu de cela : &#034; le prol&#233;tariat de Barcelone a remport&#233; une victoire partielle sur la contre-r&#233;volution &#034;. Et 24 heures plus tard, &#034; la provocation contre-r&#233;volutionnaire ayant &#233;t&#233; repouss&#233;e, il faut quitter la rue. Travailleurs, retournez aux usines &#034; (la Batalla, 6 mai). Les masses avaient r&#233;clam&#233; la victoire sur la contre-r&#233;volution. Les bureaucrates de la C.N.T. avaient refus&#233; le combat. Les centristes du P.O.U.M. avaient ainsi lanc&#233; un pont sur le gouffre qui s&#233;parait les masses des bureaucrates, en assurant celles-ci que la victoire &#233;tait d'ores et d&#233;j&#224; acquise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi, les Amis de Durruti avaient couru au front, appelant les travailleurs de la C.N.T. &#224; ne pas tenir compte des ordres de d&#233;sertion de la Casa C.N.T. et &#224; continuer la lutte pour le pouvoir ouvrier. Ils avaient chaleureusement accueilli la collaboration du P.O.U.M. Les masses restaient sur les barricades. Le P.O.U.M., qui comptait au moins 30 000 travailleurs en Catalogne, pouvait faire pencher la balance dans n'importe quel sens. Sa direction la poussa vers la capitulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup plus terrible encore contre les travailleurs en lutte le Comit&#233; r&#233;gional de la C.N.T. d&#233;non&#231;a &#224; toute la presse y compris la presse stalinienne et bourgeoise &#8211; les Amis de Durruti comme des &#034; agents provocateurs &#034; (en fran&#231;ais dans le texte) ; ce qui, naturellement, fut publi&#233; partout en premi&#232;re page le jeudi matin. La presse du P.O.U.M. ne d&#233;fendit pas les anarchistes de l'aile gauche contre cette calomnie r&#233;pugnante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi fut rempli d'exemples de &#034; victoires &#034; au nom desquelles le P.O.U.M. appela les travailleurs &#224; quitter les barricades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin, on trouva le corps bris&#233; de Camillo Berneri l&#224; o&#249; les gardes du P.S.U.C., qui avaient enlev&#233; cet homme fragile chez lui, la nuit pr&#233;c&#233;dente, l'avaient abandonn&#233;. Berneri, chef spirituel de l'anarchisme italien depuis la mort de Malatesta, chef de la r&#233;volte d'Anc&#244;ne en 1914, &#233;chapp&#233; des griffes de Mussolini, avait combattu les r&#233;formistes (les dirigeants de la C.N.T. compris) dans Guerra di Classe, son journal tr&#232;s influent. Il avait caract&#233;ris&#233; la politique stalinienne en trois mots &#034; cela pue Noske &#034;. Il avait d&#233;fi&#233; Moscou par des mots retentissants : &#034; Ecras&#233;e entre les Prussiens et Versailles, la Commune de Paris avait allum&#233; un incendie qui enflamma le monde. Que le g&#233;n&#233;ral Goded de Moscou s'en souvienne. &#034;Il avait d&#233;clar&#233; aux masses de la C.N.T. : &#034; Le dilemme : guerre ou r&#233;volution n'a plus aucune signification. Le seul dilemme, c'est : la victoire sur Franco, gr&#226;ce &#224; la guerre r&#233;volutionnaire, ou la d&#233;faite. &#034; Son identification des staliniens &#224; Noske &#233;tait terriblement juste. Les staliniens-d&#233;mocrates ont assassin&#233; Camillo Berneri comme Noske, le social-d&#233;mocrate, avait enlev&#233; et assassin&#233; Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Honneur &#224; notre camarade Camillo Berneri. Souvenons nous de lui avec l'amour que nous portons &#224; Karl et &#224; Rosa. En &#233;crivant, camarades, je ne peux m'emp&#234;cher de pleurer, de pleurer Camillo Berneri. La liste de nos martyrs est aussi longue que la vie de la classe ouvri&#232;re. Heureux ceux qui tombent en combattant l'ennemi de classe, qui tombent en pleine lutte au milieu de leurs camarades. Il est bien plus terrible de mourir seul du poignard de ceux qui se disent socialistes ou communistes, comme Karl et Rosa, comme nos camarades qui meurent dans les chambres d'ex&#233;cution de l'exil sib&#233;rien. Le supplice de Camillo Berneri fut sp&#233;cial. Il mourut entre les mains de &#034; marxistes-l&#233;ninistes staliniens &#034;, tandis que ses amis les plus proches, Montseny, Garcia Oliver, Peiro, Vasquez, abandonnaient le prol&#233;tariat de Barcelone &#224; ses bourreaux. Le jeudi 6 mai 1937. Gardons ce jour en m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants anarchistes et gouvernementaux &#233;taient all&#233;s &#224; Lerida le mercredi pour arr&#234;ter une force sp&#233;ciale de 500 membres du P.O.U.M. et de la C.N.T. qui se h&#226;taient depuis Hucsca, pourvus d'artillerie l&#233;g&#232;re. Les repr&#233;sentants de Valence et de la Generalidad avaient promis que si les troupes ouvri&#232;res n'avan&#231;aient pas, le gouvernement ne tenterait pas d'envoyer des troupes suppl&#233;mentaires &#224; Barcelone. Les troupes ouvri&#232;res s'&#233;taient arr&#234;t&#233;es, gr&#226;ce &#224; cette promesse et aux exhortations des dirigeants anarchistes. Cependant, le jeudi, on re&#231;ut des appels t&#233;l&#233;phoniques de militants de la C.N.T. des villes qui sont sur la route de Valence &#224; Barcelone : &#034; 5 000 gardes d'assaut sont en route. Devons-nous les arr&#234;ter ? &#034; demand&#232;rent les travailleurs de la C.N.T. Leurs Dirigeants leur ordonn&#232;rent de laisser passer les gardes, ne dirent rien aux troupes ouvri&#232;res qui attendaient &#224; Lerida, et turent la nouvelle de la venue des gardes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeudi &#224; 3 heures, la Casa C.N.T. ordonna &#224; ses gardes d'&#233;vacuer la Telefonica. Le gouvernement et la C.N.T. avaient pass&#233; un accord : chaque partie devait retirer ses forces arm&#233;es. D&#232;s que les gardes de la C.N.T. furent partis, la police occupa le b&#226;timent tout entier, et fit entrer des partisans du gouvernement pour accomplir le travail technique ex&#233;cut&#233; auparavant par des travailleurs de la C.N.T. La C.N.T. s'en plaignit au gouvernement qui n'avait pas tenu sa promesse. La Generalidad r&#233;pondit : On ne peut pas revenir sur le &#034; fait accompli &#034; (en fran&#231;ais dans le texte). Souchy, le porte-parole de la C.N.T., admit que &#034; si les travailleurs des districts ext&#233;rieurs avaient &#233;t&#233; imm&#233;diatement inform&#233;s du cours des &#233;v&#233;nements, ils auraient certainement insist&#233; pour que des mesures plus fermes soient prises, et seraient retourn&#233;s &#224; l'attaque &#034;. Ainsi, les dirigeants anarchistes ultra-d&#233;mocratiques avaient tout simplement censur&#233; les nouvelles !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous les ordres de la Casa C.N.T., les employ&#233;s du t&#233;l&#233;phone avaient transmis tous les appels pendant les combats r&#233;volutionnaires ou contre-r&#233;volutionnaires. Alors que, d&#232;s que le gouvernement eut pris la place, les locaux de la C.N.T. et de la F.A.I. furent coup&#233;s du centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les rues que les travailleurs devaient emprunter pour retourner au travail, la police et les gardes du P.S.U.C. fouillaient les passants, d&#233;chiraient les cartes de la C.N.T. et arr&#234;taient ses militants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 4 heures, la gare principale de Barcelone, qui &#233;tait aux mains de la C.N.T. depuis le 19 juillet, fut attaqu&#233;e par le P.S.U.C. et les gardes d'assaut, avec des mitrailleuses et des grenades. Les faibles forces de la C.N.T. qui la gardaient tent&#232;rent de t&#233;l&#233;phoner pour obtenir du renfort... A 4 heures, le g&#233;n&#233;ral Pozas se pr&#233;senta lui-m&#234;me au minist&#232;re de la D&#233;fense de la Catalogne (dont le ministre appartenait &#224; la C.N.T.) et informa poliment les camarades ministres que le poste du minist&#232;re catalan de la D&#233;fense n'existait plus, et que les arm&#233;es catalanes constituaient d&#233;sormais la IVe brigade de l'arm&#233;e espagnole dont Pozas &#233;tait le chef. Le cabinet de Valence avait pris cette d&#233;cision sous l'autorit&#233; de d&#233;crets militaires demandant un commandement unifi&#233;, sign&#233;s par les ministres de la C.N.T. Bien entendu, la C.N.T. remit le contr&#244;le &#224; Pozas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles terribles arrivaient de Tarragone. Une imposante force de police &#233;tait arriv&#233;e le mercredi matin et avait occup&#233; le central t&#233;l&#233;phonique. Ce sur quoi, la C.N.T. avait appel&#233; &#224; l'in&#233;vitable conf&#233;rence. Tandis que les n&#233;gociations se d&#233;roulaient, les r&#233;publicains et les staliniens s'armaient. Le jour suivant, ils prirent d'assaut le quartier g&#233;n&#233;ral de la Jeunesse libertaire. L&#224;-dessus, la C.N.T. demanda une nouvelle conf&#233;rence, o&#249; on l'informa que la Generalidad avait envoy&#233; des instructions explicites pour d&#233;truire les organisations anarchistes si elles refusaient de rendre les armes. (Il faut se rappeler que ces instructions provenaient d'un gouvernement qui comptait des ministres anarchistes.) Les repr&#233;sentants de la C.N.T. consentirent &#224; rendre leurs armes, si le gouvernement lib&#233;rait tous ceux qui avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, rempla&#231;ait la police et les gardes du P.S.U.C. par l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, et garantissait l'immunit&#233; pour les membres et les locaux de la C.N.T.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, le capitaine Barbeta, d&#233;l&#233;gu&#233; du gouvernement, accepta. La C.N.T. d&#233;posa les armes et, pendant la nuit, les gardes d'assaut occup&#232;rent ses locaux et tu&#232;rent nombre d'anarchistes, dont Pedro Rua, l'&#233;crivain uruguayen, venu combattre le fascisme, et qui &#233;tait devenu commandant des milices. La Casa C.N.T. remarqua que c'&#233;tait &#034; renier la parole d'honneur donn&#233;e la soir&#233;e pr&#233;c&#233;dente par les autorit&#233;s &#034;. Pas un mot de tout cela ne fut rapport&#233; aux masses de Barcelone, bien que la Casa C.N.T.-F.A.I. ait &#233;t&#233; tr&#232;s t&#244;t au courant des &#233;v&#233;nements [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi, &#224; 18 heures, la nouvelle parvint &#224; la Casa C.N.T. les premiers d&#233;tachements de Valence,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 500 gardes d'assaut, &#233;taient arriv&#233;s &#224; Tortosa, en route pour Barcelone. La Casa C.N.T. avait dit de ne pas s'y opposer, tout &#233;tait arrang&#233;, etc. Les gardes d'assaut occup&#232;rent tous les locaux de la C.N.T.-F.A.I. et de la Jeunesse libertaire de Tortosa, arr&#234;t&#232;rent tous ceux qu'ils trouv&#232;rent, et en conduisirent certains, menottes aux mains, vers les prisons de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les masses ne savaient rien des &#233;v&#233;nements de Tarragone, de, Tortosa, de la Telefonica, de Pozas, de l'arriv&#233;e des gardes de Valence. Mais les attaques de travailleurs dans les rues, &#224; la gare, le renouveau des combats sur les barricades, y rappel&#232;rent beaucoup de ceux qui les avaient quitt&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux &#233;v&#233;nements catastrophiques du jeudi, la Casa C.N.T. &#034; envoya une nouvelle d&#233;l&#233;gation au gouvernement pour savoir ce que celui-ci avait l'intention de faire (Souchy), mais sans attendre de le savoir, elle publia un nouveau manifeste d'apaisement : tandis que les barricades retentissaient toujours, la Casa C.N.T. d&#233;clara :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Maintenant que nous sommes revenus &#224; la normale, que les responsables de la r&#233;volte ont &#233;t&#233; d&#233;mis de leurs responsabilit&#233;s publiques, que tous les ouvriers ont repris le travail, et que Barcelone est &#224; nouveau calme [... ] la C.N.T. et la F.A.I. continuent &#224; collaborer loyalement comme par le pass&#233; avec toutes les organisations politiques et syndicales du front antifasciste. La meilleure preuve en est que la C.N.T. continue &#224; participer au gouvernement central, au gouvernement de la Generalidad et &#224; toutes les municipalit&#233;s. La presse de la C.N.T. a appel&#233; au calme et a appel&#233; la population &#224; retourner au travail. Les nouvelles transmises par radio aux syndicats et aux comit&#233;s de d&#233;fense n'&#233;taient que des appels au calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une preuve suppl&#233;mentaire que la C.N.T. ne voulait pas briser et n'a pas bris&#233; le front antifasciste, c'est que lorsque le nouveau gouvernement de la Generalidad a &#233;t&#233; form&#233;, le 5 mai, les repr&#233;sentants de la C.N.T. de Catalogne ont tout fait pour que sa t&#226;che lui soit facilit&#233;e, et que le secr&#233;taire de la C.N.T. en fasse partie.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les membres de la C.N.T. qui contr&#244;laient le conseil de D&#233;fense (minist&#232;re) de la Generalidad ordonn&#232;rent &#224; toutes leurs forces de n'intervenir dans le conflit ni d'un c&#244;t&#233; ni de l'autre. Et ils veill&#232;rent &#224; ce que leurs ordres soient ex&#233;cut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le comit&#233; de D&#233;fense de la C.N.T. ordonna &#233;galement &#224; chaque district de Barcelone de ne pas venir au centre r&#233;pondre aux provocations. Ces ordres aussi furent suivis, puisque, effectivement, personne n'y vint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#034; Jusqu'&#224; la fin, nombreux furent ces pi&#232;ges tendus &#224; la C.N.T., mais elle resta fermement sur ses positions et ne r&#233;pondit pas &#224; la provocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Jeudi soir : les gardes d'assaut et du P.S.U.C. continuent leurs raids, leurs arrestations, leurs fusillades. Et [...] la Casa C.N.T.-F.A.I. envoie une nouvelle d&#233;l&#233;gation au gouvernement avec de nouvelles propositions pour cesser les hostilit&#233;s : tous les groupes doivent se contraindre &#224; retirer leurs gardes arm&#233;s et leurs patrouilles des barricades ; rel&#226;cher tous les prisonniers ; &#233;viter les repr&#233;sailles. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles arriv&#232;rent de Tarragone et Reus, &#034; o&#249; les membres du P.S.U.C. et d'Estat Catala, profitant (!) de la pr&#233;sence de quelques gardes d'assaut qui passaient en allant vers Barcelone, utilis&#232;rent leur avantage passager fourni par cette occasion pour d&#233;sarmer et tuer les ouvriers &#034; (Souchy).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; La C.N.T. tenta d'obtenir du gouvernement de Barcelone et de Valence la promesse que les gardes d'assaut n'entrent pas imm&#233;diatement (!) dans la ville, mais restent hors de ses limites jusqu'&#224; ce que la situation se soit &#233;claircie... Il y eut quelques sceptiques quant &#224; l'assurance que les troupes qui arrivaient seraient loyales envers les travailleurs. &#034; Mais ce scepticisme (quand surgit-il ?) n'avait pas &#233;t&#233; partag&#233; par les ministres de la C.N.T. des cabinets de Catalogne et de Valence qui avaient vot&#233; pour que le gouvernement central reprenne le contr&#244;le de l'ordre public en Catalogne. Le minist&#232;re de l'Ordre public de Catalogne avait cess&#233; d'exister depuis le 5 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du 6 au 7 mai : &#034; Les anarchistes ont propos&#233; maintes et maintes fois de n&#233;gocier, impatients de terminer le conflit. &#034; Naturellement, le gouvernement &#233;tait toujours pr&#234;t &#224; n&#233;gocier, pendant que ses forces brisaient les reins de la classe ouvri&#232;re sous le couvert de la Casa C.N.T. Les travailleurs proches des anarchistes s'&#233;taient rassembl&#233;s pour d&#233;fendre Tortosa et Tarragone. A 4 heures, le Comit&#233; provincial &#8211; la direction de la C.N.T. catalane hors de Barcelone &#8211; informa la Casa C.N.T.-F.A.I. qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; retenir les gardes de Valence. Non, il ne faut pas, r&#233;pondit la Casa C.N.T. A 5 h 15, le gouvernement et la Casa C.N.T. pass&#232;rent un autre accord . armistice, &#233;vacuation des barricades, lib&#233;ration des prisonniers de part et d'autre, reprise de leurs fonctions par les patrouilles ouvri&#232;res. Le comit&#233; r&#233;gional transmit &#224; nouveau par radio aux travailleurs : &#034; Comme nous sommes parvenus &#224; un accord [... ] nous voulons vous informer [... ] du r&#233;tablissement complet de la paix et du calme Gardez ce calme et voire pr&#233;sence d'esprit. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi : Selon les ordres de la Casa C.N.T.-F.A.I., quelques travailleurs commenc&#232;rent &#224; d&#233;molir les barricades. Mais celles des gardes d'assaut, de l'Estat Catala et du P.S.U.C. restaient intactes. Les gardes d'assaut d&#233;sarm&#232;rent syst&#233;matiquement les travailleurs. Voyant que les forces gouvernementales continuaient l'offensive, les travailleurs retourn&#232;rent sur les barricades, contre la volont&#233; de la C.N.T. comme du P.O.U.M. Mais la d&#233;sillusion et le d&#233;couragement gagnaient : beaucoup de travailleurs anarchistes avaient fait confiance jusqu'au bout &#224; la C.N.T.-F.A.I., d'autres l'ayant perdue, s'&#233;taient retourn&#233;s vers la direction des travailleurs du P.O.U.M. jusqu'&#224; ce qu'on leur ordonne de quitter les barricades. Les Amis de Durruti et les bolcheviks-l&#233;ninistes furent capables de ramener les travailleurs sur les barricades les nuits de jeudi et de vendredi, mais ils n'&#233;taient pas assez forts, pas assez implant&#233;s dans les masses pour les organiser pour une lutte de longue haleine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la nuit du vendredi, les gardes de Valence arriv&#232;rent. Ils s'empar&#232;rent imm&#233;diatement de la presse et de la direction des Amis de Durruti. Des groupes de gardes patrouillaient dans les rues pour intimider les travailleurs. &#034; Le gouvernement de la Generalidad a r&#233;prim&#233; l'insurrection avec ses propres forces &#034;, d&#233;clara Companys. Voyons, s'&#233;cri&#232;rent les dirigeants de la C.N.T., vous savez que &#231;a n'&#233;tait pas une insurrection, vous l'avez dit. &#034; Nous devons d&#233;raciner les incontr&#244;lables &#034;, r&#233;pondit Companys.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La promesse de lib&#233;rer les prisonniers ne fut pas tenue. Au contraire, les arrestations de masse commenc&#232;rent. On avait &#233;galement promis qu'il n'y aurait pas de repr&#233;sailles ; mais les semaines suivantes, il y en eut de brutales contre les villes et les quartiers qui avaient os&#233; r&#233;sister. Le gouvernement, naturellement, garda le contr&#244;le de la Telefonica &#8211; ce pour quoi il s'&#233;tait lanc&#233; dans la lutte. Valence d&#233;tenait maintenant le contr&#244;le de la police, qui allait vite revenir aux staliniens. Valence s'&#233;tait appropri&#233; le minist&#232;re de la D&#233;fense et l'arm&#233;e de Catalogne, qui allaient rapidement tomber sous le contr&#244;le de Prieto. Les patrouilles ouvri&#232;res seraient dissoutes sans retard, avec l'application du d&#233;cret de Ayguade sur l'ordre public. L'autonomie catalane avait cess&#233; d'exister avec l'arriv&#233;e des forces arm&#233;es de Valence. Ayguade, &#034; d&#233;missionn&#233; &#034; d'apr&#232;s la C.N.T., allait dans une semaine si&#233;ger &#224; Valence en tant que repr&#233;sentant de la Generalidad au gouvernement central... auquel la C.N.T. participait toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'entr&#233;e des gardes d'assaut &#224; Barcelone, la Batalla se plaignit : &#034; C'est une provocation. Ils tentent de changer notre victoire en d&#233;faite par une d&#233;monstration de force. &#034; Et de pleurnicher : &#034; C'est le P.O.U.M. qui a conseill&#233; d'arr&#234;ter la lutte, d'abandonner les rues, de retourner au travail. Nul ne peut douter qu'il lut de ceux qui contribu&#232;rent le plus au retour &#224; la normale. &#034; La pusillanimit&#233; de l'agneau poumiste ne l'avait donc pas sauv&#233; de la gueule du loup. Pauvres politiciens en v&#233;rit&#233;, qui ne savent pas distinguer la victoire de la d&#233;faite !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi, un membre de l'ex&#233;cutif central du P.O.U.M. avait dit &#224; Charles Orr &#034; nous ne nous sentons pas assez forts spirituellement ou physiquement pour prendre la t&#234;te de l'organisation des masses pour la r&#233;sistance &#034;. Ainsi... ils avaient th&#233;oris&#233; leur impuissance en &#034; victoire &#034;, pour justifier l'arr&#234;t de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons que le P.O.U.M. se soit mis en avant et, en d&#233;pit de la C.N.T., ait essay&#233; de diriger les travailleurs au moins vers un r&#233;el armistice, c'est-&#224;-dire, ait maintenu les travailleurs en armes et les entreprises pr&#234;tes &#224; r&#233;sister &#224; une offensive ult&#233;rieure. Supposons m&#234;me que cela ait &#233;chou&#233;, et que le P.O.U.M. et les travailleurs aient &#233;t&#233; battus par la pure force des armes. &#034; Dans le pire des cas, fit remarquer l'opposition au sein du P.O.U.M., on aurait pu organiser un comit&#233; central de d&#233;fense, fond&#233; sur la repr&#233;sentation des barricades. Pour cela, il aurait suffi de tenir d'abord un meeting des d&#233;l&#233;gu&#233;s de chacune des barricades du P.O.U.M. et de quelques barricades de la C.N.T., et de nommer un comit&#233; central provisoire. C'est ce &#224; quoi travaillait le comit&#233; local du P.O.U.M., le mardi apr&#232;s-midi. Mais il ne rencontra aucune volont&#233; d'ex&#233;cution de la part de la direction centrale. &#034; A tout le moins, un tel organe central directement enracin&#233; dans les masses aurait pu organiser la r&#233;sistance aux raids, aux arrestations, &#224; l'interdiction de la presse, &#224; la mise hors la loi des Amis de Durruti et du P.O.U.M. qui suivirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que l'organisation de la r&#233;sistance n'aurait pas fait plus de victimes que la capitula-&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tion : 500 morts et 1 500 bless&#233;s, surtout le mardi apr&#232;s midi, lorsque la C.N.T. commen&#231;a &#224; se retirer ; des centaines d'autres morts ou bless&#233;s dans les &#034; rafles &#034; des semaines suivantes ; &#034; l'&#233;puration &#034; des troupes du P.O.U.M. ou anarchistes envoy&#233;es les semaines suivantes sur la ligne de feu sans protection de l'aviation ou de l'artillerie ; l'assassinat de Nin et Mena, et d'autres dirigeants du P.O.U.M., des milliers et des dizaines de milliers de prisonniers dans la p&#233;riode qui suivit. La capitulation fit au moins autant de victimes que n'en auraient fait la lutte et la d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition du P.O.U.M. &#8211; et elle n'&#233;tait pas trotskyste n'avait que trop raison lorsqu'elle d&#233;clarait dans son bulletin du 29 mai :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cette retraite, ordonn&#233;e sans conditions, sans avoir obtenu le contr&#244;le de l'ordre public, sans la garantie des patrouilles ouvri&#232;res, sans organes concrets du front uni des travailleurs, sans explications satisfaisantes &#224; la classe ouvri&#232;re, mettant tous les &#233;l&#233;ments en lutte (r&#233;volutionnaires ou contre-r&#233;volutionnaires) dans le m&#234;me sac, constitue l'une des plus grandes capitulation et trahison du mouvement ouvrier.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de fer de la politique est inexorable. Un cours erron&#233; entra&#238;ne ses partisans dans des gouffres insoup&#231;onnables. La direction anarchiste, d&#233;termin&#233;e &#224; poursuivre sa politique de collaboration avec l'Etat bourgeois &#8211; il semble pourtant que ces hommes d&#233;fiaient hier encore la monarchie au risque de leur vie &#8211; sacrifiait la vie et l'avenir de ses partisans de la mani&#232;re la plus l&#226;che. S'agrippant aux basques de la C.N.T., les dirigeants du P.O.U.M. chassaient les travailleurs des barricades en plein combat. Moins que tout autre, ils se seraient cru capables de tomber aussi bas une ann&#233;e auparavant. Des dirigeants qui ont trahi les travailleurs de telle fa&#231;on sont irr&#233;vocablement perdus pour le mouvement r&#233;volutionnaire. Ils ne peuvent pas revenir en arri&#232;re, admettre leur terrible complicit&#233;. Ils sont &#233;galement pitoyables, car, au lendemain de leur trahison, la bourgeoisie renforc&#233;e se dispensera de leurs services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons aux partisans du P.O.U.M. un autre point sur lequel leur comparaison avec P&#233;tersbourg en juillet, 1917 ne tient pas. L'&#233;chec de la &#034; manifestation arm&#233;e &#034; fut suivi d'une chasse sauvage aux bolcheviks. Trotsky fut emprisonn&#233;, L&#233;nine et Zinoniev durent se cacher, les journaux bolcheviques furent interdits. On cria &#034; les bolcheviks sont des agents de l'Allemagne &#034;. Toutefois, en quatre mois, les bolcheviks en arriv&#232;rent &#224; la r&#233;volution d'Octobre. J'&#233;cris six mois apr&#232;s les journ&#233;es de mai, et le P.O.U.M. est toujours &#233;cras&#233;, mort. L'analogie ne tient pas sur ce point parce que telle est la diff&#233;rence : les bolcheviks s'&#233;taient mis courageusement &#224; la t&#234;te du mouvement de Juillet, et ils &#233;taient devenus de ce fait la chair et le sang des masses, tandis que le P.O.U.M. leur tourna le dos, et, en retour, elles ne virent pas l'urgence de le sauver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La question &#233;pineuse de la justification de la reprise par les arm&#233;es de la Telefonica fut &#034; r&#233;solue &#034; dans la presse stalinienne par quatre explications diff&#233;rentes, au moins :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 &#8211; &#034; Salas envoya la police r&#233;publicaine arm&#233;e pour y d&#233;sarmer les employ&#233;s, dont la plupart &#233;taient membres des syndicats de la C.N.T. Pendant tr&#232;s longtemps, le service t&#233;l&#233;phonique avait &#233;t&#233; dirig&#233; d'une mani&#232;re qui appelait les critiques les plus graves, et il &#233;tait imp&#233;ratif pour toute la conduite de la guerre que l'on rem&#233;die aux d&#233;fauts du service. &#034; (Le Daily Worker de Londres, 11 mai.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 &#8211; La police &#034; occupa le central t&#233;l&#233;phonique. Ce faisant, la police n'entendait en aucune mani&#232;re porter atteinte aux droits des travailleurs garantis par la loi (comme l'ont pr&#233;tendu par la suite les provocateurs trotskystes). Ce que la police voulait, c'&#233;tait mettre toutes les connections t&#233;l&#233;phoniques sous le contr&#244;le imm&#233;diat du gouvernement. &#034; (Imprecorr, 22 mai.) Toutefois, ce qui &#233;tait &#034; garanti par la loi &#034;, c'&#233;tait le contr&#244;le ouvrier, sanctionn&#233; par le d&#233;cret de collectivisation du 24 octobre 1936 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 &#8211; Une semaine plus tard, ce fut une nouvelle histoire , &#034; Le camarade Salas se rendit &#224; la Telefonica qui avait &#233;t&#233; occup&#233;e la nuit pr&#233;c&#233;dente par cinquante membres du P.O.U.M. et plusieurs &#233;l&#233;ments incontr&#244;lables. Les gardes p&#233;n&#233;tr&#232;rent par la force dans l'immeuble et chass&#232;rent ses occupants. L'affaire fut rapidement r&#233;gl&#233;e. Surpris par la rapidit&#233; de mouvement du gouvernement, les cinquante individus quitt&#232;rent le b&#226;timent et le central t&#233;l&#233;phonique fut &#224; nouveau ( ! )) aux mains du gouveriieinent. &#034; (Inprecorr, 29 mai.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4 &#8211; La version finale fut publi&#233;e par la section catalane du Komintern comme l'histoire rapport&#233;e par Salas : &#034; Tout d'abord, il n'y eut pas d'occupation de la Telefonica, pas plus qu'il ne fut question de l'occuper. Je re&#231;us un ordre sign&#233; de Ayguade, ministre de l'Ordre public, selon lequel un d&#233;l&#233;gu&#233; du gouvernement devait y &#234;tre install&#233;, et j'avais la responsabilit&#233; de veiller &#224; ce qu'il le soit. Dans ce but, nous p&#233;n&#233;tr&#226;mes dans le central t&#233;l&#233;phonique, le capitaine Menendez et moi, avec une escorte personnelle de quatre hommes. J'expliquai mon affaire et j'&#233;mis le souhait de parler avec un membre responsable du comit&#233;. On nous dit qu'il n'y en avait pas dans l'immeuble. Nous attend&#238;mes toutefois en bas de l'escalier pendant qu'ils allaient voir. Deux minutes plus tard, quelques individus commenc&#232;rent &#224; nous tirer dessus du haut des escaliers. Aucun de nous ne fut touch&#233;. Je t&#233;l&#233;phonai imm&#233;diatement aux gardes de venir, non pour occuper l'immeuble dans lequel nous &#233;tions d&#233;j&#224;, mais pour l'entourer d'un cordon et emp&#234;cher quiconque d'entrer [...] Eroles [fonctionnaire anarchiste de la police] et moi sommes mont&#233;s au sommet de l'immeuble, o&#249; ils &#233;taient install&#233;s avec une mitrailleuse, des grenades &#224; main et des fusils. Nous sommes mont&#233;s ensemble sans escorte et sans arme. Au sommet, j'ai expliqu&#233; le but de ma visite. Ils sont descendus. Le d&#233;l&#233;gu&#233; fut install&#233; selon les ordres. Les forces ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;es. Il n'y eut ni heurts ni arrestations. &#034; Le t&#233;moignage de la C.N.T. stigmatise cette histoire comme un mensonge. Salas commen&#231;a par d&#233;sarmer les gardes et contraindre les travailleurs du t&#233;l&#233;phone &#224; lever les mains. Les gardes des &#233;tages sup&#233;rieurs ne sortirent que le jour suivant, apr&#232;s un accord selon lequel les deux parties devaient &#233;vacuer les lieux &#8211; accord promptement viol&#233; par le gouvernement. Les quatre versions staliniennes diff&#233;rentes attestent la difficult&#233; de camoufler la simple v&#233;rit&#233; ; ils voulaient la fin du contr&#244;le ouvrier sur la Telefonica et ils l'ont obtenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] M&#234;me le dirigeant de l ' I.L.P., Fermer Brockway, toujours &#224;la droite du P.O.U.M., conc&#232;de dans ce cas que &#034; pendant deux jours les travailleurs domin&#232;rent la situation. Une action audacieuse et unie des dirigeants de la C.N.T. aurait renvers&#233; le gouvernement &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Partisans fran&#231;ais de Marceau Pivert, dirigeant du Parti socialiste ouvrier et paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] L&#233;on Trotsky, la R&#233;volution espagnole (1930-1940), les Editions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Un dirigeant anarchiste bien connu m'a dit &#034; Vous, trotskystes, vous &#234;tes des utopistes encore pires que nous ne l'avons jamais &#233;t&#233;. Le Maroc est aux mains de Franco, dirig&#233; d'une main de fer. Notre d&#233;claration d'ind&#233;pendance du Maroc serait sans effet. &#034; Je lui ai rappel&#233; que la d&#233;claration d'&#233;mancipation des esclaves de Lincoln avait &#233;t&#233; publi&#233;e alors que la Conf&#233;d&#233;ration tenait toujours le Sud. Les marxistes au moins devraient savoir que Marx et Engels donn&#232;rent &#224; cet acte politique un poids &#233;norme dans la d&#233;faite du Sud. Un autre anarchiste disait : &#034; Nos paysans ont d&#233;j&#224; pris beaucoup de terres, et cependant cela n'a eu aucun impact sur les paysans domin&#233;s par Franco. &#034; A force de questions, il admit toutefois que les paysans craignaient que le gouvernement ne tente de reprendre la terre apr&#232;s la guerre. En Russie aussi, les paysans s'empar&#232;rent de beaucoup de terres en novembre 1917. Toutefois, ils la cultiv&#232;rent maussadement et craintivement. Le d&#233;cret sovi&#233;tique de nationalisation des terres eut un effet psychologique sur les paysans, et en fit dans leur grande maiorit&#233; des partisans du r&#233;gime sovi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Discours de Paris, l'Espagne et le monde (anarchiste), 2 juillet 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Fermer Brockway, secr&#233;taire de l'I.L.P. (Parti ind&#233;pendant du travail), la V&#233;rit&#233; sur Barcelone, Londres 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] La politique militaire du gouvernement est analys&#233;e en d&#233;tail dans les chapitres XV et XVI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Pour les t&#233;moignages critiques des &#233;v&#233;nements des jours suivants, je suis redevable &#224; deux camarades am&#233;ricains, Lois et Charles Orr (ce dernier &#233;tait l'&#233;diteur de Spanish Revolution, journal du P.O.U.M. de langue anglaise), et au rapport long et document&#233; des bolcheviks-l&#233;ninistes espagnols paru dans la Lutte ouvri&#232;re du 10 juin 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le bulletin du P.O.U.M. en langue anglaise (cf. note 29) du 19 mai 1937 dit &#034; Pris dans les r&#234;nes du gouvernement, [la C.N.T.] tenta de m&#233;nager les deux c&#244;t&#233;s par une &#034; union &#034; des opposants [...] L'attitude de la C.N.T. ne manqua pas de provoquer des r&#233;sistances et des protestations. Le groupe des Amis de Durruti fit &#233;merger la volont&#233; des masses de la C.N.T., mais il ne fut pas capable d'en prendre la direction [ ] Les travailleurs, profond&#233;ment &#233;prouv&#233;s par la capitulation de leur f&#233;d&#233;ration syndicale, regardent ailleurs pour trouver une nouvelle direction. Le P.O.U.M. devrait la leur fournir. &#034;Ces lignes radicales n'&#233;taient destin&#233;es qu'&#224; l'exportation. Rien de tel ne parut dans la presse r&#233;guli&#232;re du P.O.U.M. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale Spanish Revolution a donn&#233; aux lecteurs anglais qui ne pouvaient pas suivre sa presse espagnole une image d&#233;form&#233;e de la conduite du P.O.U.M. : ce fut sa &#034; face gauche &#034;. Ceci dit sans aucune volont&#233; de mettre en doute l'int&#233;grit&#233; r&#233;volutionnaire du camarade Charles Orr, son &#233;diteur, qui ne peut gu&#232;re &#234;tre tenu pour responsable de la disparit&#233; existant entre le bulletin anglais et la volumineuse presse du P.O.U.M. en espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Ils ne rapport&#232;rent l'&#233;v&#233;nement que dans Solidaridad obrera des 15 et 16 mai.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La commune de Narbonne de 1871</title>
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		<dc:date>2026-05-05T04:19:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1871</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La commune de Narbonne (1871) &lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'importance de la Commune de Paris de 1871 ne peut &#234;tre diminu&#233;e, celle-ci ayant repr&#233;sent&#233; l'alternative au pouvoir central &#233;tatique de la bourgeoisie, celle des communes de province ne doit pas non plus &#234;tre diminu&#233;, et elles montrent que les villes de France connaissaient une transformation r&#233;volutionnaire elles aussi. Les r&#233;volutions de Marseille et de Lyon sont les premi&#232;res &#224; donner naissance &#224; &#171; des communes r&#233;volutionnaires &#187;, respectivement le 8 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;1871&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La commune de Narbonne (1871)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'importance de la Commune de Paris de 1871 ne peut &#234;tre diminu&#233;e, celle-ci ayant repr&#233;sent&#233; l'alternative au pouvoir central &#233;tatique de la bourgeoisie, celle des communes de province ne doit pas non plus &#234;tre diminu&#233;, et elles montrent que les villes de France connaissaient une transformation r&#233;volutionnaire elles aussi. Les r&#233;volutions de Marseille et de Lyon sont les premi&#232;res &#224; donner naissance &#224; &#171; des communes r&#233;volutionnaires &#187;, respectivement le 8 ao&#251;t 1870 et le 13 ao&#251;t 1870 (alors que la Commune de Paris n'est proclam&#233;e que le 28 mars 1871). Mais ce ne sont pas des cas isol&#233;s. La m&#234;me r&#233;volution a lieu au Creusot, &#224; Montpellier, &#224; Perpignan, &#224; Narbonne, &#224; Brest, &#224; Nimes, &#224; Saint-Etienne, &#224; Limoges&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commune de Narbonne a de nombreux points commun, par son radicalisme social et politique, avec celle de Paris...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La commune insurrectionnelle et prol&#233;tarienne, ce n'est pas seulement la Commune de Paris de 1871, il y en a eu bien d'autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7366&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7366&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commune n'a pas commenc&#233; &#224; Paris en 1871 mais &#224; Marseille et Lyon en ao&#251;t-septembre 1870 ! Ou les contreperformances de Bakounine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3275&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3275&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/proclamation-au-peuple-de-narbonne_1871z.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH810/proclamation-au-peuple-de-narbonne_1871z-67d42.jpg?1780120104' width='500' height='810' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Proclamation : &#8220;Peuple de Narbonne !&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Proclamation-au-Peuple-de-Narbonne_1871.jpg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Proclamation-au-Peuple-de-Narbonne_1871.jpg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le 18 mars marque l'anniversaire de la Commune de Paris en 1871, ce mouvement r&#233;volutionnaire inspira d'autres villes fran&#231;aises, dont celle de Narbonne, ma ville natale, 17 000 habitants &#224; l'&#233;poque, dans le d&#233;partement de l'Aude, le 24 mars de cette m&#234;me ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque Louis-Napol&#233;on Bonaparte, pr&#233;sident de la R&#233;publique, par son coup d'&#233;tat du 2 d&#233;cembre 1851, viole la Constitution et r&#233;tablit l'Empire h&#233;r&#233;ditaire, 32 d&#233;partements sont mis en &#233;tat de si&#232;ge par le nouveau pouvoir, dont celui de l'Aude. Et lors du dernier pl&#233;biscite intent&#233; par Napol&#233;on III, la ville de Narbonne vote NON par 1 917 voix contre 1 494 OUI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la ville, existent deux clubs qui structurent la vie politique : Celui de l'Union, conservateur, qui rallie le Second Empire, puis la IIIe R&#233;publique d'Adolphe Thiers et celui de Lamourguier, r&#233;publicain, qui si&#232;ge dans l'ancienne &#233;glise d&#233;saffect&#233;e du m&#234;me nom. En janvier 1871, la majorit&#233; des membres se constitue en Club de la R&#233;volution. Baptiste Limouzy en est alors &#233;lu pr&#233;sident et d&#233;clare : &#034;pour arriver &#224; la R&#233;publique, il faut passer par la R&#233;volution&#034;, le 22 janvier 1871. C'est au club de la R&#233;volution qu'Emile Digeon, journaliste &#224; La Fraternit&#233; de Carcassonne, invit&#233; le 12 mars devant une salle comble, lance un appel aux armes pour la d&#233;fense de la R&#233;publique et demande d'arborer le drapeau rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la nouvelle de l'insurrection parisienne du 18 mars 1871, le club de la R&#233;volution tente d&#232;s le 20 mars d'engager la municipalit&#233; narbonnaise dans le mouvement. Mais le conseil municipal, majoritairement favorable au gouvernement de Thiers r&#233;fugi&#233; &#224; Versailles, refuse de s'inscrire dans l'adresse du club de la R&#233;volution qui se termine ainsi : &#034;les soussign&#233;s d&#233;clarent ne plus reconna&#238;tre le gouvernement de Versailles et viennent demander aux conseillers municipaux de Narbonne d'avoir &#224; se prononcer et &#224; informer leurs concitoyens s'ils sont pr&#234;ts &#224; ob&#233;ir au gouvernement de Paris ou &#224; celui de Versailles&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais des Narbonnais s'arment, envahissent la place de l'h&#244;tel de ville en criant &#034;Vive la Commune !&#034; et occupent la mairie. Emile Digeon se pr&#233;sente au balcon et proclame la &#034;constitution de la Commune centrale de l'arrondissement de Narbonne, avec union &#224; celle de Paris&#034;. Il en est le &#034;chef provisoire&#034;, et Baptiste Limouzy le pr&#233;sident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narbonne renferme 1 500 soldats du 52e r&#233;giment de ligne. Plus de 200 sont envoy&#233;s &#224; l'h&#244;tel de ville pour en d&#233;loger les communards. Mais voil&#224; qu'ils fraternisent avec ces derniers. Le commandant du 52e de ligne barricade alors le restant de ses hommes dans sa caserne pour &#233;viter la contamination r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La garnison ainsi neutralis&#233;e, les communards occupent la sous-pr&#233;fecture, la gare et le service du t&#233;l&#233;graphe. Ils prennent la communication au s&#233;rieux, pr&#233;parant des t&#233;l&#233;grammes, recevant des d&#233;l&#233;gu&#233;s pour porter la Commune &#224; l'ext&#233;rieur, pr&#233;voyant m&#234;me une exp&#233;dition arm&#233;e sur B&#233;ziers le 29 mars. Pourtant, ils &#233;chouent. Les environs sont tenus par les grands propri&#233;taires viticoles. La tentatives de soul&#232;vement synchronis&#233;e &#224; Perpignan, pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales voisines, est un &#233;chec. La Commune de Toulouse ne tient que du 24 au 25 mars. Les grandes villes voisines (Carcassonne, B&#233;ziers ou S&#232;te) suivent le gouvernement versaillais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-ci envoie la troupe sur Narbonne dont notamment un r&#233;giment de Turcos, des tirailleurs alg&#233;riens. La fusillade est assassine : 3 Narbonnais tu&#233;s et de nombreux bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Versaillais occupent et quadrillent militairement Narbonne Des mandats d'arr&#234;t sont lanc&#233;s. Les citoyens impliqu&#233;s sont emprisonn&#233;s. Ceux qui ont r&#233;ussi &#224; s'enfuir, dont Baptiste Limouzy, sont condamn&#233;s &#224; la d&#233;tention &#224; perp&#233;tuit&#233; et contraints &#224; demeurer exil&#233;s. Plus de 200 soldats communards sont aussi arr&#234;t&#233;s. La majorit&#233; est mut&#233;e dans des bataillons disciplinaires. 19 sont condamn&#233;s &#224; morts, puis graci&#233;s et envoy&#233;s en d&#233;portation en Nouvelle-Cal&#233;donie. Cach&#233;, Emile Digeon se rend pour &#233;viter &#224; la ville d'autres exactions militaires et est incarc&#233;r&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 13 novembre 1871, les prisonniers sont conduits au palais de justice de Rodez. Ils sont accus&#233;s d'avoir, du 24 au 31 mars 1871, fait partie d'une bande arm&#233;e, &#034;laquelle a ex&#233;cut&#233; un attentat ayant pour but de d&#233;truire ou de changer le gouvernement, et d'exciter &#224; la guerre civile, en portant les citoyens ou les habitants &#224; s'armer les uns contre les autres&#8230; &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au pr&#233;sident du tribunal qui conteste &#224; Emile Digeon le droit &#224; l'insurrection, le pr&#233;venu riposte : &#034;Personne ne d&#233;teste plus que moi la guerre civile. Mais il est une chose que je d&#233;teste plus que la guerre civile, c'est la tyrannie. &#187; Le pr&#233;sident lui reproche alors d'avoir arbor&#233; le drapeau rouge. Il r&#233;pond : &#034;Le drapeau rouge est mon drapeau depuis que le drapeau tricolore a &#233;t&#233; souill&#233; &#224; Sedan.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malade et oubli&#233;, &#201;mile Digeon meurt le 24 mars 1894, jour anniversaire de la proclamation de la Commune de Narbonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au bout, il avait mis en garde les travailleurs contre tous ceux qui flattent le peuple pour mieux le duper : &#034;(&#8230;) Au point de vue social, je regarde comme nuisibles &#224; l'humanit&#233; tous les individus qui aspirent &#224; gouverner les autres, sous une forme quelconque et surtout ceux qui causent la mis&#232;re des travailleurs en accaparant les richesses que ces derniers produisent (&#8230;)&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2021/03/le-24-mars-1871-vive-la-commune-de-narbonne.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le-blog-de-roger-colombier.com/2021/03/le-24-mars-1871-vive-la-commune-de-narbonne.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/image_0618370_20210323_ob_e93335_image.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH282/image_0618370_20210323_ob_e93335_image-b3787.jpg?1780120104' width='500' height='282' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lire le r&#233;cit de la r&#233;volution, de la commune et de la repression &#224; Narbonne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Commune_de_Narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/les-communes-en-province/597-emile-digeon-et-la-commune-de-narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.commune1871.org/la-commune-de-paris/histoire-de-la-commune/dossier-thematique/les-communes-en-province/597-emile-digeon-et-la-commune-de-narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3869?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3869?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3870&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3870&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3871?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3871?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/pupvd/3872&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/pupvd/3872&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.senat.fr/leg/ppr16-275.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.senat.fr/leg/ppr16-275.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lindependant.fr/2024/04/11/narbonne-une-commemoration-en-souvenir-de-la-commune-de-narbonne-de-1871-toujours-vivante-11885143.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lindependant.fr/2024/04/11/narbonne-une-commemoration-en-souvenir-de-la-commune-de-narbonne-de-1871-toujours-vivante-11885143.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.commune1871.org/nos-actualites/vie-de-l-association/2022/1536-notre-voyage-sur-les-traces-de-la-commune-de-narbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.commune1871.org/nos-actualites/vie-de-l-association/2022/1536-notre-voyage-sur-les-traces-de-la-commune-de-narbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.midilibre.fr/2015/08/01/expansion-ratee,1197633.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.midilibre.fr/2015/08/01/expansion-ratee,1197633.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article24608&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article24608&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article51435&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article51435&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article9316&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article9316&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article60902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article60902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article182633&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article182633&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article51609&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article51609&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article67042&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article67042&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article56247&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article56247&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://maitron.fr/spip.php?article87562&amp;id_mot=23&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maitron.fr/spip.php?article87562&amp;id_mot=23&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le souvenir de la commune par un de ses massacreurs :&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310718c&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310718c&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Commune de Paris de 1871 - Lettres et t&#233;moignages de communards</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8923</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8923</guid>
		<dc:date>2026-05-02T22:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>1871</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La Commune de Paris de 1871 - Lettres et t&#233;moignages de communards &lt;br class='autobr' /&gt;
1871, dans une ville, c'est bien vieux et bien petit pour en faire une r&#233;f&#233;rence historique et mondiale et pourtant&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand une avanc&#233;e historique va loin, elle peut influencer le monde &#224; longue distance de temps et d'espace... &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;4&#232;me chapitre : R&#233;volutions prol&#233;tariennes jusqu'&#224; la deuxi&#232;me guerre mondiale&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot35" rel="tag"&gt;1871&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag"&gt;Gilets jaunes, Auto-organisation, Comit&#233;s, Conseils ouvriers, Coordinations, Assembl&#233;es interprofessionnelles, Soviet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La Commune de Paris de 1871 -
Lettres et t&#233;moignages de communards&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1871, dans une ville, c'est bien vieux et bien petit pour en faire une r&#233;f&#233;rence historique et mondiale et pourtant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une avanc&#233;e historique va loin, elle peut influencer le monde &#224; longue distance de temps et d'espace...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4296&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2143&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3314&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2091&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2091&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53276861.r=narbonne%201871?rk=386268;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53276861.r=narbonne%201871?rk=386268;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97623796&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97623796&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36518g/f4.item&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36518g/f4.item&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10732741&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k10732741&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8539374&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8539374&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/html/und/histoire/temoignages-de-communards?mode=desktop&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/html/und/histoire/temoignages-de-communards?mode=desktop&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9942225.r=guerre%20civile%20en%20france%20marx?rk=171674;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9942225.r=guerre%20civile%20en%20france%20marx?rk=171674;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k718167.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k718167.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325148.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325148.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332513w/f21.item.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332513w/f21.item.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53339032.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53339032.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332512h.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=107296;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332512h.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=107296;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332446r.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=171674;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332446r.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=171674;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53327514.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=214593;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53327514.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=214593;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332508f.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=193134;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332508f.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=193134;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325114.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=128756;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t53325114.r=vuillaume%20mes%20cahiers%20rouges?rk=128756;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332497v.r=t%C3%A9moignages%20communards?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t5332497v.r=t%C3%A9moignages%20communards?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6152&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7085&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7085&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7152&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article7152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6965&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article6965&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8231&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8231&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4754&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4754&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1873/06/18730600.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/engels/works/1873/06/18730600.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3140&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3140&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5586&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article5586&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3747&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article3747&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2910&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2910&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4251&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4251&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4414&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article4414&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2982&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2982&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2909&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2909&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article667&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article667&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5627&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5627&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue)</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8894</link>
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		<dc:date>2026-04-18T22:47:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Esclaves Slaves</dc:subject>
		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue) &lt;br class='autobr' /&gt;
Les multiples r&#233;voltes et r&#233;volutions d'Ha&#239;ti &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483 &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volte des esclaves en Ha&#239;ti &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Esclaves Slaves&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les esclaves d&#233;truisaient leur oppression et les colons fran&#231;ais &#233;taient expuls&#233;s de l'&#238;le d'Ha&#239;ti (partie &#171; fran&#231;aise &#187; de l'&#238;le de Saint-Domingue)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les multiples r&#233;voltes et r&#233;volutions d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5483&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte des esclaves en Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/international/comintern/sections/britain/periodicals/labour_monthly/1930/06/haiti.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constitution de 1801&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1801/constitution.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1801/constitution.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acte d'ind&#233;pendance d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/liberty-or-death.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/liberty-or-death.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire de la lutte des esclaves et du peuple travailleur d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chronologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lhistoire.fr/carte/la-r%C3%A9volte-de-ha%C3%AFti-1791-1804&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lhistoire.fr/carte/la-r%C3%A9volte-de-ha%C3%AFti-1791-1804&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref retour sur une histoire mouvement&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.alterinfos.org/spip.php?article2048&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alterinfos.org/spip.php?article2048&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions des esclaves des Antilles et d'Am&#233;rique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1174&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Jacques Dessalines, leader r&#233;volutionnaire des masses noires arrach&#233;es &#224; l'esclavage d'Ayiti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3500&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/flag.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/haiti/1804/flag.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint Louverture&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Toussaint_Louverture&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les jacobins noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article745&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La R&#233;volution fran&#231;aise et l'esclavage des Noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2732&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2732&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;tablissement de l'esclavage par Napol&#233;on Bonaparte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9tablissement_de_l%27esclavage_par_Napol%C3%A9on_Bonaparte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9tablissement_de_l%27esclavage_par_Napol%C3%A9on_Bonaparte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1801 : l'exp&#233;dition militaire fran&#231;aise de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_de_Saint-Domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Exp%C3%A9dition_de_Saint-Domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18 novembre 1803 : Ha&#239;ti chasse les colons fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verti%C3%A8res&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_Verti%C3%A8res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.herodote.net/18_novembre_1803-evenement-18031118.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.herodote.net/18_novembre_1803-evenement-18031118.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lebanco.net/news/41469-cest-arrive-un-18-novembre-1803haiti-chasse-les-francais.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lebanco.net/news/41469-cest-arrive-un-18-novembre-1803haiti-chasse-les-francais.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire d'Ha&#239;ti&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27Ha%C3%AFti&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_d%27Ha%C3%AFti&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;moires des l'arm&#233;e coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44881sv&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44881sv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La colonie fran&#231;aise de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Domingue_(colonie_fran%C3%A7aise&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Domingue_(colonie_fran%C3%A7aise&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne Hispaniola&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hispaniola&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Hispaniola&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution haitienne des esclaves&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_ha%C3%AFtienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_ha%C3%AFtienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoires de la r&#233;volution d'Ha&#239;ti (partie fran&#231;aise de Saint Domingue)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5800599s?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5800599s?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons d&#233;noncent la r&#233;volution des esclaves&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57866210/f2.item.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57866210/f2.item.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel des colons &#224; la Nation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57854173.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=107296;4&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57854173.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=107296;4&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la servitude temporaire des noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5805624z.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=21459;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5805624z.r=Histoire%20de%20la%20r%C3%A9volution%20de%20la%20partie%20fran%C3%A7aise%20de%20Saint-Domingue?rk=21459;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Observations d'un habitant des colonies sur le &#171; m&#233;moire en faveur des gens de couleur et sang-m&#234;l&#233;s de Saint-Domingue &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exp&#233;dition fran&#231;aise &#224; Saint-Domingue sous le consulat de Napol&#233;on Bonaparte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k322528w.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=64378;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k322528w.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=64378;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;put&#233;s de Saint-Malo s'expriment sur la r&#233;volte de noirs de Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785314h.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=85837;2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785314h.r=esclaves%20de%20saint%20domingue?rk=85837;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La v&#233;rit&#233; &#187; d'un propri&#233;taire fran&#231;ais &#224; Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5771942c/f4.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5771942c/f4.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le d&#233;cret des gens de couleur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57902122/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57902122/f2.item.r=esclaves%20de%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte-rendu du g&#233;n&#233;ral Laveaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5784003c/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5784003c/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire coloniale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44877j/f22.item.r=Antoine%20Dalmas&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44877j/f22.item.r=Antoine%20Dalmas&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Essai sur les colonies fran&#231;aises&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57905479.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue?rk=64378;0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57905479.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue?rk=64378;0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Belley, repr&#233;sentant noir du peuple, sur Saint-Domingue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785251f/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785251f/f2.item.r=d%C3%A9cret%20des%20gens%20de%20couleur%20saint%20domingue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Belley&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Belley&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;tracteurs des noirs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61435859&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61435859&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les chefs d'arm&#233;e coloniale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fontanges&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Fontanges_(1740-1822&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_de_Fontanges_(1740-1822&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanchelande&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Fran%C3%A7ois_Rouxel_de_Blanchelande&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Fran%C3%A7ois_Rouxel_de_Blanchelande&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grimouard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Henri_de_Grimouard&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Henri_de_Grimouard&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;douville&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_de_H%C3%A9douville&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_de_H%C3%A9douville&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Andr&#233; Rigaud&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Rigaud&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Rigaud&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Henri Christophe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Christophe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Christophe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leclerc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Victoire_Emmanuel_Leclerc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Victoire_Emmanuel_Leclerc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rochambeau&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatien_de_Rochambeau&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Donatien_de_Rochambeau&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volte d'Ha&#239;ti contre l'occupation des troupes &#233;trang&#232;res continue&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1785&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1785&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve203&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve193&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?breve193&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re !</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9465</link>
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		<dc:date>2026-04-11T22:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Socrate</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re ! &lt;br class='autobr' /&gt;
La mythologie grecque est fond&#233;e en grande partie sur la l&#233;gende de la guerre de Troie attribu&#233;e &#224; Hom&#232;re. Elle affirme que ce qui a unifi&#233; le peuple grec, c'est d'avoir men&#233; une guerre contre ceux des Grecs qui pratiquaient la libert&#233; des femmes et d'avoir &#233;cras&#233; ceux-ci en les mettant en esclavage. Les dieux de Hom&#232;re ne sont l&#224; que pour justifier les comportements machistes, imp&#233;rialistes, esclavagistes des Grecs. Socrate et Euripide se (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot24" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot106" rel="tag"&gt;Socrate&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Socrate et Euripide, deux adversaires de&#8230; Hom&#232;re !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mythologie grecque est fond&#233;e en grande partie sur la l&#233;gende de la guerre de Troie attribu&#233;e &#224; Hom&#232;re. Elle affirme que ce qui a unifi&#233; le peuple grec, c'est d'avoir men&#233; une guerre contre ceux des Grecs qui pratiquaient la libert&#233; des femmes et d'avoir &#233;cras&#233; ceux-ci en les mettant en esclavage. Les dieux de Hom&#232;re ne sont l&#224; que pour justifier les comportements machistes, imp&#233;rialistes, esclavagistes des Grecs. Socrate et Euripide se sont faits remarquer en d&#233;truisant cette mythologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate contre Hom&#232;re : extraits de &#8220;La R&#233;publique&#8221; de Platon (cherchez &#171; Hom&#232;re &#187; dans le texte) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous prierons Hom&#232;re et les autres po&#232;tes de ne point trouver mauvais que nous les effacions ; ce n'est point qu'ils manquent de po&#233;sie, et ne flattent l'oreille du grand nombre : mais, plus ils sont po&#233;tiques, moins il convient de les laisser entendre &#224; des enfants et &#224; des hommes qui doivent &#234;tre libres, et redouter l'esclavage plus que la mort. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je peux vous le dire &#224; vous ; car vous n'irez pas me d&#233;noncer aux po&#232;tes tragiques et aux autres auteurs qui pratiquent l'imitation. Il me semble que toutes les &#339;uvres de ce genre causent la ruine de l'&#226;me de ceux qui les entendent, s'ils n'ont pas l'antidote, c'est-&#224;-dire la connaissance de ce qu'elles sont r&#233;ellement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle est, demanda-t-il, la raison qui te fait parler de la sorte ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut que je vous la dise, r&#233;pondis-je, bien qu'une certaine tendresse et un certain respect que j'ai d&#232;s l'enfance pour Hom&#232;re s'oppose &#224; cet aveu ; ccar il semble bien avoir &#233;t&#233; le premier ma&#238;tre et le guide de tous ces beaux po&#232;tes tragiques ; mais on doit plus d'&#233;gards &#224; la v&#233;rit&#233; qu'&#224; un homme, et, comme je l'ai dit, c'est un devoir de parler&#8230;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Maintenant nous ne demanderons pas compte &#224; Hom&#232;re ni &#224; tout autre po&#232;te de mille choses dont ils ont parl&#233; ; nous ne demanderons pas si ctel d'entre eux a &#233;t&#233; un habile m&#233;decin, et non un simple imitateur du langage des m&#233;decins, quels malades un po&#232;te ancien ou moderne passe pour avoir gu&#233;ris, comme l'a fait Ascl&#233;pios, ou quels disciples savants en m&#233;decine il a laiss&#233;s apr&#232;s lui, comme celui-ci a laiss&#233; ses descendants. Ne les interrogeons pas non plus sur les autres arts : faisons-leur en gr&#226;ce. Mais pour les sujets les plus importants et les plus beaux dont Hom&#232;re s'est m&#234;l&#233; de parler, tels que la guerre, le commandement des arm&#233;es, l'administration des &#201;tats, l'&#233;ducation de l'homme, dil est peut-&#234;tre juste de l'interroger et de lui dire : &#171; Cher Hom&#232;re, s'il est vrai qu'en ce qui regarde la vertu tu ne sois pas &#233;loign&#233; de trois degr&#233;s de la v&#233;rit&#233;, et que tu ne sois pas le simple ouvrier d'images que nous avons d&#233;nomm&#233; imitateur ; si tu t'&#233;l&#232;ves jusqu'au second degr&#233; et si tu fus jamais capable de conna&#238;tre quelles institutions rendent les hommes meilleurs ou pires dans la vie priv&#233;e et dans la vie publique, dis-nous quel &#201;tat te doit la r&#233;forme de son gouvernement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais crois-tu, Glaucon, que, si Hom&#232;re e&#251;t &#233;t&#233; r&#233;ellement capable d'instruire les hommes et de les rendre meilleurs, comme un homme qui peut parler de ces mati&#232;res en connaisseur, et non en simple imitateur, crois-tu qu'il ne se serait pas fait de nombreux disciples qui l'auraient honor&#233; et ch&#233;ri ?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors nous avons raison de nous attaquer &#224; lui tout de suite, et de le mettre sur la m&#234;me ligne que le peintre ; car il lui ressemble en ce qu'il fait des ouvrages de peu de prix, si on les rapproche de la v&#233;rit&#233;, et il lui ressemble encore par les rapports qu'il a avec bla partie de l'&#226;me qui est de peu de prix aussi, tandis qu'il n'en a pas avec la meilleure. Aussi voyons-nous l&#224; une premi&#232;re raison qui nous justifie de lui refuser l'entr&#233;e d'un &#201;tat qui doit &#234;tre gouvern&#233; par de bonnes lois, puisqu'il r&#233;veille cette mauvaise partie de l'&#226;me, la nourrit, la fortifie et par l&#224; ruine la raison, ainsi qu'il arrive dans un &#201;tat, lorsqu'on donne la force et le pouvoir &#224; des m&#233;chants et qu'on fait p&#233;rir les plus sages. De m&#234;me nous dirons du po&#232;te imitateur qu'il implante dans l'&#226;me de chaque individu un mauvais gouvernement, en flattant la partie d&#233;raisonnable, cqui ne sait pas distinguer ce qui est plus grand de ce qui est plus petit et qui tient les m&#234;mes choses tant&#244;t pour grandes, tant&#244;t pour petites ; qu'il cr&#233;e des fant&#244;mes et qu'il est toujours &#224; une distance infinie de la v&#233;rit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut avoir bien en t&#234;te que c'est Platon qui pr&#234;te &#224; Socrate sa propre position (la po&#233;sie doit &#234;te bannie de la r&#233;publique), mais il se fonde sur un point r&#233;el : Socrate combattait la conception de les l&#233;gendes pr&#234;t&#233;es &#224; Hom&#232;re et devenues la mythologie officielle et g&#233;n&#233;rale d'Ath&#232;nes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Chambry&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/La_R%C3%A9publique_(trad._Chambry&lt;/a&gt;)/Livre_X&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/rep3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir la critique par Socrate de Hom&#232;re dans &#171; Ph&#233;don &#187; de Platon :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/phedonfr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/phedonfr.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A son proc&#232;s, Socrate aurait d&#233;clar&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si, d'autre part, on fait soci&#233;t&#233; avec Orph&#233;e, Mus&#233;e, H&#233;siode et Hom&#232;re, &#224; quel prix n'ach&#232;teriez-vous pas ce bonheur ? Quant &#224; moi, je consens &#224; mourir plusieurs fois, si ces r&#233;cits sont vrais. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://philo-labo.fr/fichiers/Platon%20-%20Apologie%20de%20Socrate%20(BeQ&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://philo-labo.fr/fichiers/Platon%20-%20Apologie%20de%20Socrate%20(BeQ&lt;/a&gt;).pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il combattait l'omnipr&#233;sence dans la politique de la Gr&#232;ce des r&#233;cits mythologiques racontant des faux h&#233;ros qui aveuglait le peuple, le rendait belliciste et guerrier &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide contre Hom&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re pi&#232;ce d'Euripide, d&#233;j&#224; en rupture avec Hom&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/rhesus.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/rhesus.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ion, une pi&#232;ce d&#233;j&#224; critique des dieux d'Hom&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/ion.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/ion.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Socrate et Euripide (ainsi que leurs amis) ont combattu toute leur vie la th&#232;se dite de Hom&#232;re qui justifie la politique ath&#233;nienne de guerre, de conqu&#234;tes coloniales, de prises d'esclaves, de domination de la Gr&#232;ce et aussi de patriarcat que contient les textes de l'Illiade et de l'Odyss&#233;e racontant la guerre de Troie (encore appel&#233;e Ilios ou Ilion) des peuples de Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de rappeler que, avant d'&#234;tre condamn&#233; &#224; mort par Ath&#232;nes, Socrate a toujours discut&#233; le contenu des pi&#232;ces de son ami Euripide et qu'ils avaient des points de vue tr&#232;s proches au plan politique et social. Et c'&#233;taient des avis tr&#232;s minoritaires par rapport &#224; la soci&#233;t&#233; ath&#233;nienne o&#249; ils vivaient. On dirait aujourd'hui des positions d'extr&#234;me gauche !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?page=recherche&amp;recherche=socrate&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;voir ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le r&#233;cit d'Hom&#232;re soit mythologique et non historique, ce n'est plus contest&#233; par quasiment personne. On s'interroge seulement sur le fondement historique du r&#233;cit po&#233;tique. Il n'en reste pas moins que ce r&#233;cit attribu&#233; &#224; un certain Hom&#232;re a eu un r&#244;le social et politique fondamental dans la Gr&#232;ce antique jusqu'&#224; l'&#233;poque de Socrate et d'Euripide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/puc/27577?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/puc/27577?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire d'abord en quoi la guerre de Troie aurait un rapport avec la lutte du patriarcat contre le matriarcat et avec la lutte d'Ath&#232;nes pour dominer toute la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position tr&#232;s particuli&#232;re d'Euripide et Socrate sur le matriacat et sur la guerre de Troie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide &#233;crit que &#171; Puisque les dieux font des choses laides, commettent des actions basses, ce ne sont pas des dieux ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De la ville de Troie, &#171; conquise &#187;, il disait :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le Scamandre retentit des lamentai ions des captives &#224; qui le sort vient d'assigner un ma&#238;tre. Les unes sont &#233;chues aux Arcadiens, les autres aux Thessaliens, d'autres aux fils de Th&#233;s&#233;e (06) rois d'Ath&#232;nes. Celles des Troyennes qui n'ont pas &#233;t&#233; tir&#233;es au sort sont dans cette tente, r&#233;serv&#233;es aux chefs de l'arm&#233;e ; la fille de Tyndare, H&#233;l&#232;ne, est avec elles, et c'est avec justice qu'on la compte parmi les captives. L&#224;, s'offre &#224; tous les regards l'infortun&#233;e H&#233;cube ; prostern&#233;e &#224; l'entr&#233;e de la tente, elle verse des larmes abondantes sur la perte de tout ce qui lui fut cher. Sa fille Polyx&#232;ne vient d' &#234;tre immol&#233;e sur le tombeau d'Achille, &#224; l'insu de sa m&#232;re ; Priam n'est plus, ses enfants ne sont plus ; et celle dont Apollon respecta la virginit&#233;, Cassandre, qu'inspire l'esprit proph&#233;tique, Agamemnon, au m&#233;pris du dieu et par une violence impie, la contraint de s'unira lui par une alliance clandestine. Adieu, ville jadis florissante ; adieu, superbes remparts ; si Minerve, fille de Jupiter, n'e&#251;t voulu votre ruine, vous seriez encore debout. &#187; (Les Troyennes)&lt;br class='autobr' /&gt;
La th&#232;se h&#233;ro&#239;que d'Hom&#232;re est ainsi transform&#233;e par Euripide :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendu sage sacrifie &#224; ses ennemis ce qu'il a de plus cher, les jouissances de la tendresse, ses enfants, qu'il livre &#224; son fr&#232;re pour une infid&#232;le qui n'a point &#233;t&#233; ravie par force, mais s'est donn&#233;e elle-m&#234;me &#224; son amant. &#187; (Les Troyennes)&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide rapporte par le menu comment chaque Troyenne devient l'esclave sexuelle d'un des chefs de l'arm&#233;e grecque qui ont tu&#233;, pill&#233;, d&#233;truit et assassin&#233; les Troyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Chefs des cohortes, rassembl&#233;s pour embraser la ville de Priam, ne conservez plus dans vos mains la flamme inactive, lancez, les torches ardentes, afin qu'apr&#232;s avoir renvers&#233; Ilion de fond en comble, nous retournions pleins de joie dans notre patrie. Et vous, filles des Troyens, pour dire la m&#234;me chose d'une double mani&#232;re, d&#232;s que les chefs de l'arm&#233;e feront entendre le son &#233;clatant de la trompette, rendez- vous aux vaisseaux qui doivent vous transporter en Gr&#232;ce. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide donne la parole aux victimes troyennes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Il ne faut pas que les souverains donnent des ordres injustes ; qu'ils ne pensent pas que leur prosp&#233;rit&#233; soit inalt&#233;rable. Moi-m&#234;me j'&#233;tais autrefois ; &#224; pr&#233;sent je ne suis plus. Tout mon bonheur, un jour me l'a ravi. O toi que je supplie, respecte ma vieillesse, aie piti&#233; de moi : retourne vers l'arm&#233;e des Grecs, repr&#233;sente-leur combien il est odieux d'&#233;gorger des femmes que vous avez &#233;pargn&#233;es d'abord, en les arrachant au pied des autels, et dont vous avez eu piti&#233;. Chez vous, la loi qui punit le meurtre est &#233;gale pour l'homme libre et pour l'esclave. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
(H&#233;cube)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Un g&#233;n&#233;ral pr&#233;tendu sage sacrifie &#224; ses ennemis ce qu'il a de plus cher, les jouissances de la tendresse, ses enfants, qu'il livre &#224; son fr&#232;re pour une infid&#232;le qui n'a point &#233;t&#233; ravie par force, mais s'est donn&#233;e elle-m&#234;me &#224; son amant. Arriv&#233;s aux bords du Scamandre, ils y trouvent la mort sans avoir perdu leur terre natale, sans &#234;tre bannis des murs de leur patrie. Ceux que Mars a moissonn&#233;s n'ont pas revu leurs enfants ; les mains de leurs &#233;pouses ne les ont pas envelopp&#233;s des voiles fun&#232;bres, et ils sont rest&#233;s couch&#233;s sur la terre &#233;trang&#232;re. M&#234;mes d&#233;sastres dans leurs foyers domestiques : les femmes y mouraient veuves des p&#232;res priv&#233;s de leurs enfants, qu'ils ont &#233;lev&#233;s pour autrui. Il n'est personne qui fasse couler sur leur tombeau le sang des victimes. Certes voil&#224; une exp&#233;dition bien glorieuse ! Que ma muse reste sans voix, plut&#244;t que de c&#233;l&#233;brer des crimes. Les Troyens, au contraire, sont morts pour leur patrie (ce qui est la plus belle des gloires) ; ceux que le fer a fait p&#233;rir ont &#233;t&#233; rapport&#233;s dans leurs maisons par leurs amis, ils ont re&#231;u la s&#233;pulture sur la terre de leurs p&#232;res, des mains de ceux &#224; qui appartenait ce saint devoir. Ceux des Phrygiens qui ne sont pas morts dans les combats ont pass&#233; leurs jours au milieu de leurs enfants et de leurs &#233;pouses, bonheur refus&#233; aux Grecs. Quant au destin d'Hector, si cruel &#224; tes yeux, &#233;coute ce qu'il en est : il est mort en laissant le renom d'un h&#233;ros, et c'est &#224; la venue des Grecs qu'il en doit l'honneur. S'ils n'eussent assi&#233;g&#233; Troie, sa valeur f&#251;t rest&#233;e inconnue. P&#226;ris a &#233;pous&#233; la fille de Jupiter, et sans cet hymen il e&#251;t trouv&#233; quelque alliance obscure dans sa patrie. Fuir la guerre est un devoir pour le sage ; mais, lorsqu'il faut la faire, la plus glorieuse couronne pour un &#201;tat est de mourir avec courage ; mourir l&#226;chement est une honte. Cesse donc, &#244; ma m&#232;re, de d&#233;plorer le sort de ta patrie et l'hymen de ta fille ; car cet hymen nous vengera de ceux que nous d&#233;testons. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Euripide rapporte mille exemples des crimes des pr&#233;tendus dieux r&#233;v&#233;r&#233;s :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Apollon ? Abandonner une fille innocente apr&#232;s l'avoir s&#233;duite, et laisser mourir l'enfant dont il est le p&#232;re ! ah ! cette conduite est indigne de toi ; et puisque tu r&#232;gnes sur les mortels, sois fid&#232;le &#224; la vertu. Les dieux punissent parmi les hommes ceux dont le c&#339;ur est pervers : est-il donc juste que, vous qui avez &#233;crit les lois qui nous gouvernent, vous soyez vous-m&#234;mes les violateurs des lois ? S'il arrivait (chose impossible, je le sais, mais je le suppose), s'il arrivait qu'un jour les hommes vous fissent porter la peine de vos violences et de vos criminelles amours, bient&#244;t toi, Apollon, et Neptune, et Jupiter, roi du ciel, vous seriez contraints de d&#233;pouiller vos temples pour payer le prix de vos fautes. En vous livrant &#224; vos passions au m&#233;pris de la sagesse, vous &#234;tes coupables. Il n'est plus juste d'accuser les hommes, s'ils imitent les vices des dieux, qui leur donnent de si funestes exemples. &#187; (Ion)&lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;&#226;tre d'Euripide donne syst&#233;matiquement la parole aux femmes, rapporte leur grande humanit&#233;, leur courage, leur d&#233;vouement, montre qu'elles ont un plus grand sens des responsabilit&#233;s que les hommes, en particulier que les guerriers et les chefs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Gr&#232;ce antique de cette &#233;poque est celle d'une domination oppressive, militaire et politique, d'Ath&#232;nes, d'une domination oppressive des hommes sur les femmes, particuli&#232;rement m&#233;pris&#233;es, d'une glorification de la guerre qui donnait sa sup&#233;riorit&#233; &#224; Ath&#232;nes, d'un m&#233;pris pour les peuples &#233;cras&#233;s et train&#233;s en esclavage et aussi d'un m&#233;pris des riches oisifs pour tous les travailleurs, artisans comme ouvriers ou domestiques. Tout cela est d&#233;nonc&#233; par Euripide. Ce dernier est parfaitement en accord sur tous ces points avec son ami Socrate et il d&#233;fend ainsi publiquement toutes les th&#232;ses socratiques sauf une : Socrate n'&#233;tait pas pour rendre publiques de cette mani&#232;re ses id&#233;es. Il a cependant accept&#233; de discuter et de relire les pi&#232;ces qu'Euripide r&#233;digeait et des t&#233;moins affirment qu'il les a largement influenc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7573&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Troyennes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Troyennes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cube_(Euripide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9cube_(Euripide&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7322&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7268&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7268&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article234&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article234&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6534&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article233&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article351&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article351&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article782&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/index.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; H&#233;l&#232;ne &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/helene.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/helene.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; Les troyennes &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/troyennes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/troyennes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; H&#233;cube &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/hecube.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/hecube.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce &#171; M&#233;d&#233;e &#187; d'Euripide&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/medeefr.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/tragediens/euripide/medeefr.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hom&#232;re, qui aurait v&#233;cu au 8e si&#232;cle avant J.-C., &#233;poque du d&#233;veloppement des cit&#233;s-&#201;tats, aurait racont&#233; des &#233;v&#233;nements qui se seraient produits quatre si&#232;cles auparavant, vers 1250 avant J.-C., &#224; la fin de la civilisation myc&#233;nienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre de Troie a-t-elle eu lieu ? Ce que raconte Hom&#232;re a-t-il exist&#233; ? Ces questions se posent et sont d&#233;battues depuis les premiers historiens grecs, qui s'accordent sur la dur&#233;e de la guerre (dix ans), mais font varier ses dates entre 1344 et 1150.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://essentiels.bnf.fr/fr/litterature/antiquite/523f3805-7ddb-43de-90c6-d1e964e8b833-homere-sur-traces-ulysse/article/58df44b9-741b-4578-b1bd-754b160f691d-realite-troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://essentiels.bnf.fr/fr/litterature/antiquite/523f3805-7ddb-43de-90c6-d1e964e8b833-homere-sur-traces-ulysse/article/58df44b9-741b-4578-b1bd-754b160f691d-realite-troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &#171; histoires &#187; de la guerre de Troie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie2.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie2.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie3.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie3.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie4.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie4.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie5.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie5.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie6.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/dictys/troie6.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53655n.chemindefer&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53655n.chemindefer&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Euripide montre que les Troyens sont des victimes, que les Grecs sont &#224; la fois vainqueurs et&#8230;vaincus, triomphants et victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/livres/patin/troyennes.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/livres/patin/troyennes.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qu'est-ce que le tournant r&#233;volutionnaire de l'&#226;ge du bronze</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8910</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8910</guid>
		<dc:date>2026-04-05T00:44:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Qu'est-ce que le tournant r&#233;volutionnaire de l'&#226;ge du bronze &lt;br class='autobr' /&gt;
Du n&#233;olithique &#224; l'&#226;ge du bronze &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5424 &lt;br class='autobr' /&gt;
https://books.openedition.org/psorbonne/6748?lang=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.prehistoire.org/shop_515-49963-5204-800/m73-2024-du-neolithique-a-l-age-du-bronze-sur-le-littoral-de-la-manche-et-de-la-mer-du-nord-le-site-d-escalles-mont-d-hubert-pas-de-calais-dir.-ivan-praud.html &lt;br class='autobr' /&gt;
https://www.mnhn.fr/fr/collection-neolithique-et-de-l-age-du-bronze (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Qu'est-ce que le tournant r&#233;volutionnaire de l'&#226;ge du bronze&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Du n&#233;olithique &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5424&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5424&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://books.openedition.org/psorbonne/6748?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://books.openedition.org/psorbonne/6748?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.prehistoire.org/shop_515-49963-5204-800/m73-2024-du-neolithique-a-l-age-du-bronze-sur-le-littoral-de-la-manche-et-de-la-mer-du-nord-le-site-d-escalles-mont-d-hubert-pas-de-calais-dir.-ivan-praud.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.prehistoire.org/shop_515-49963-5204-800/m73-2024-du-neolithique-a-l-age-du-bronze-sur-le-littoral-de-la-manche-et-de-la-mer-du-nord-le-site-d-escalles-mont-d-hubert-pas-de-calais-dir.-ivan-praud.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.mnhn.fr/fr/collection-neolithique-et-de-l-age-du-bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mnhn.fr/fr/collection-neolithique-et-de-l-age-du-bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/pica_1272-6117_2011_hos_28_1_3323&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/pica_1272-6117_2011_hos_28_1_3323&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5228&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/childe/1930/bronzeage/ch01.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/childe/1930/bronzeage/ch01.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Qu'est-ce que l'&#226;ge du bronze ? Une r&#233;volution industrielle mais aussi &#233;conomique, sociale et politique&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/l-age-d-airain-l-age-du-bronze-une-revolution-industrielle-3160815&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/l-age-d-airain-l-age-du-bronze-une-revolution-industrielle-3160815&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_en_Europe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_en_Europe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-annales-2005-5-page-975.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-annales-2005-5-page-975.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/20-ans-de-recherche-sur-l-age-du-bronze-16202&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/20-ans-de-recherche-sur-l-age-du-bronze-16202&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/l-age-du-bronze-10223&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/l-age-du-bronze-10223&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/magazine/Il-etait-une-fois-l-age-du-Bronze/Les-activites-productives/la-bronzisation-une-etape-charniere#undefined&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/magazine/Il-etait-une-fois-l-age-du-Bronze/Les-activites-productives/la-bronzisation-une-etape-charniere#undefined&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/childe/1930/bronzeage/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/childe/1930/bronzeage/index.htm?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des civilisations de l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les civilisations minoenne, myc&#233;nienne, ph&#233;nicienne, le moyen Empire &#233;gyptien, les empires sum&#233;rien, babylonien, hittite, la civilisation de l'Indus, et les dynasties chinoises Shang sont contemporains de notre &#226;ge du Bronze.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/ailleurs-dans-le-monde-pendant-l-age-du-bronze-10232&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/ailleurs-dans-le-monde-pendant-l-age-du-bronze-10232&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire-civilisations/la-culture-de-jiroft-mysterieuse-civilisation-de-lage-du-bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire-civilisations/la-culture-de-jiroft-mysterieuse-civilisation-de-lage-du-bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/11/la-dame-de-baza-precieuse-relique-de-lantiquite-espagnole&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2020/11/la-dame-de-baza-precieuse-relique-de-lantiquite-espagnole&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_atlantique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_atlantique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_danois&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_danois&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/geologie-cuivre-premier-metal-travaille-homme-779/page/4/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/geologie-cuivre-premier-metal-travaille-homme-779/page/4/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2086&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2086&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5258&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5258&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5389&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5389&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le grand commerce international &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6041&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6041&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.inrap.fr/l-age-du-bronze-subsistance-economie-commerce-10226&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.inrap.fr/l-age-du-bronze-subsistance-economie-commerce-10226&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/les-arts-en-europe/circulations-anciennes-en-europe-exemples-de-l%E2%80%99%C3%A2ge-du-bronze-au-haut-moyen-%C3%A2ge/de-la-laine-au-v%C3%AAtement%C2%A0-circulations-commerciales-dans-l%E2%80%99europe-de-l%E2%80%99%C3%A2ge-du-bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ehne.fr/fr/encyclopedie/th%C3%A9matiques/les-arts-en-europe/circulations-anciennes-en-europe-exemples-de-l%E2%80%99%C3%A2ge-du-bronze-au-haut-moyen-%C3%A2ge/de-la-laine-au-v%C3%AAtement%C2%A0-circulations-commerciales-dans-l%E2%80%99europe-de-l%E2%80%99%C3%A2ge-du-bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://cordis.europa.eu/article/id/430488-weighing-in-on-trade-in-the-bronze-age-world/fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cordis.europa.eu/article/id/430488-weighing-in-on-trade-in-the-bronze-age-world/fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/la-protohistoire-de-la-france--9782705695941-page-265.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/la-protohistoire-de-la-france--9782705695941-page-265.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/cchyp_0761-8271_2016_num_46_1_1675&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/cchyp_0761-8271_2016_num_46_1_1675&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Les in&#233;galit&#233;s sociales remontent &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-inegalites-sociales-un-phenomene-qui-remonte-age-du-bronze&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/les-inegalites-sociales-un-phenomene-qui-remonte-age-du-bronze&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/angleterre-ce-village-age-du-bronze-est-le-pompei-britannique-archeologie-royaume-uni-protohistoire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/angleterre-ce-village-age-du-bronze-est-le-pompei-britannique-archeologie-royaume-uni-protohistoire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/culture/histoire/prehistoire-a-quelle-epoque-remontent-les-inegalites-de-genres-17288388.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudouest.fr/culture/histoire/prehistoire-a-quelle-epoque-remontent-les-inegalites-de-genres-17288388.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2019/10/12/In%C3%A9galit%C3%A9s-sociales-fond%C3%A9es-sur-la-parent%C3%A9-dans-l-%C3%82ge-du-Bronze-Europ%C3%A9en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://secher.bernard.free.fr/blog/index.php?post/2019/10/12/In%C3%A9galit%C3%A9s-sociales-fond%C3%A9es-sur-la-parent%C3%A9-dans-l-%C3%82ge-du-Bronze-Europ%C3%A9en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.rtbf.be/article/les-recherches-recentes-le-prouvent-la-societe-de-classes-remonte-a-l-age-du-bronze-10367538?id=10367538&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rtbf.be/article/les-recherches-recentes-le-prouvent-la-societe-de-classes-remonte-a-l-age-du-bronze-10367538?id=10367538&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Classes sociales &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/les-classes-sociales-existent-depuis-longtemps-18490.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/les-classes-sociales-existent-depuis-longtemps-18490.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1984_act_290_1_1091&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1984_act_290_1_1091&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/commerce-et-statut-social-au-neolithique-1664.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/archeologie/commerce-et-statut-social-au-neolithique-1664.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/la-protohistoire-de-la-france--9782705695941-page-283.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/la-protohistoire-de-la-france--9782705695941-page-283.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5442&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5442&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Naissance de l'Etat &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un exemple : les d&#233;buts de l'Etat en Chine datent de l'&#226;ge du bronze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2694&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2694&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La naissance de l'&#201;tat en Chine peut &#234;tre localis&#233;e autour du site d'Erlitou, situ&#233; dans la vall&#233;e de la rivi&#232;re Yi, dans l'actuelle province du Henan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_d%27Erlitou&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Culture_d%27Erlitou&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_Shang&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Dynastie_Shang&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation chinoise de Sangxindui, une autre soci&#233;t&#233; de l'&#226;ge du bronze&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7103&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7103&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple : Sumer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6090&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6090&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Matriarcat &#224; l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.connaissancedesarts.com/monuments-patrimoine/archeologie/des-tombes-exceptionnelles-de-lage-de-bronze-decouvertes-en-espagne-soulignent-la-place-des-femmes-au-pouvoir-11154080/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.connaissancedesarts.com/monuments-patrimoine/archeologie/des-tombes-exceptionnelles-de-lage-de-bronze-decouvertes-en-espagne-soulignent-la-place-des-femmes-au-pouvoir-11154080/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/quelle-etait-la-place-des-femmes-au-paleolithique-superieur-23961.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pourlascience.fr/sd/prehistoire/quelle-etait-la-place-des-femmes-au-paleolithique-superieur-23961.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/il-y-a-4-000-ans-les-femmes-dirigeaient-elles-la-societe-del-argar&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/il-y-a-4-000-ans-les-femmes-dirigeaient-elles-la-societe-del-argar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/mom_0766-0510_1985_sem_10_1_2026&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/mom_0766-0510_1985_sem_10_1_2026&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5411&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Chutes d'empire et de civilisations, l'effondrement de l'&#226;ge du bronze&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1167&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1167&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_final&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%82ge_du_bronze_final&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois grandes civilisations du bronze ancien de mer Eg&#233;e (cycladique, minoenne et myc&#233;nienne avant les Grecs) ainsi que celle de Troie (Hissarlik) et des dizaines d'autres plus petites (Dimini, S&#233;sklo, Lemnos, K&#233;phala, etc.) ont &#233;t&#233; balay&#233;es par les invasions et les r&#233;volutions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5900&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2023/02/antiquite-la-chute-dun-empire-inscrite-dans-des-arbres-vieux-de-3-200-ans&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/2023/02/antiquite-la-chute-dun-empire-inscrite-dans-des-arbres-vieux-de-3-200-ans&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1446/interview--le-mysterieux-effondrement-de-lage-du-b/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1446/interview--le-mysterieux-effondrement-de-lage-du-b/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5388&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5388&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5497&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5497&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article395&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/faulkner/2010/hist-world/part08.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/history/etol/writers/faulkner/2010/hist-world/part08.html?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des hypoth&#232;ses sur la signification des m&#233;galithes pour leurs b&#226;tisseurs</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8885</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8885</guid>
		<dc:date>2026-04-03T22:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;A l'&#232;re des guerriers du N&#233;olithique (d&#233;but d'apparition de l'Etat au service des classes poss&#233;dantes), les hommes sont devenus dominants et les menhirs ont symbolis&#233; la sexualit&#233; masculine &lt;br class='autobr' /&gt;
Chine &lt;br class='autobr' /&gt;
Corse Soddo &lt;br class='autobr' /&gt;
France &lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;rou &lt;br class='autobr' /&gt; Des hypoth&#232;ses sur la signification des m&#233;galithes pour leurs b&#226;tisseurs &lt;br class='autobr' /&gt;
Certains croient avoir tout expliqu&#233; en disant que ce sont des monuments religieux mais, en fait, c'est bien plus complexe. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;galithes sont le signe d'une transition r&#233;volutionnaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique27" rel="directory"&gt;2eme chapitre : R&#233;volutions de la Pr&#233;histoire et de l'Antiquit&#233;&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A l'&#232;re des guerriers du N&#233;olithique (d&#233;but d'apparition de l'Etat au service des classes poss&#233;dantes), les hommes sont devenus dominants et les menhirs ont symbolis&#233; la sexualit&#233; masculine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chine&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L262xH193/chine-30392.jpg?1780125492' width='262' height='193' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Corse&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16590 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH195/corse1-a2b56.jpg?1780125492' width='259' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_16589 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/corse.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH750/corse-b3e22.jpg?1780125492' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Soddo&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16591 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L183xH275/soddo-b10bd.jpg?1780125492' width='183' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;France&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L168xH300/france-2-83979.jpg?1780125492' width='168' height='300' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;P&#233;rou&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L276xH183/sans_titre-9-00fe8.jpg?1780125492' width='276' height='183' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des hypoth&#232;ses sur la signification des m&#233;galithes pour leurs b&#226;tisseurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Certains croient avoir tout expliqu&#233; en disant que ce sont des monuments religieux mais, en fait, c'est bien plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;galithes sont le signe d'une transition r&#233;volutionnaire de passage du stade chasseur-cueilleur au stade agriculteur-&#233;leveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, le fait de construire des pierres dress&#233;es n'est pas propre &#224; une seule soci&#233;t&#233;, &#224; une seule culture, &#224; une seule civilisation, &#224; une seule r&#233;gion du monde, &#224; un seul mode de production, &#224; une seule &#233;tape d'&#233;volution de la soci&#233;t&#233; humaine mais &#224; plusieurs. Il y a eu des m&#233;galithes avant et apr&#232;s la naissance des classes sociales, avant et apr&#232;s l'apparition des villages et des villes, avant et apr&#232;s l'apparition des arm&#233;es et de l'Etat, avant et apr&#232;s la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, avant et apr&#232;s le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas une seule sorte de m&#233;galithes mais plusieurs : menhirs, dolmens, pierres lev&#233;es, cromlechs, all&#233;es couvertes, s&#233;pultures &#224; couloir, tumulus, hypog&#233;es, chambres fun&#233;raires, st&#232;les, enceintes, statues, tertres, cairns, enceintes m&#233;galithiques, etc., en alignement, en cercle, en carr&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas une seule mani&#232;re d'utiliser les m&#233;galithes, un seul usage, une seule signification, une seule id&#233;ologie, &#224; la base d'une seule soci&#233;t&#233;, mais de plusieurs&#8230; Le but fun&#233;raire n'est pas le seul. L'&#233;vocation de grands anciens n'est pas non plus syst&#233;matique. Les m&#233;galithes ont pu &#234;tre b&#226;tis dans un &#233;tat d'esprit puis utilis&#233;s dans un autre. Par exemple, des monuments face &#224; la mer pour prot&#233;ger des invasions, des col&#232;res marines et des monstres marins, puis des mani&#232;res de glorifier les classes dirigeantes pour calmer les classes opprim&#233;es et maintenir l'ordre social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant les r&#233;gions du monde, les m&#233;galithes sont dat&#233;s du dixi&#232;me mill&#233;naire avant notre &#232;re jusqu'au deuxi&#232;me, ce qui est une large p&#233;riode&#8230; Les diverses constructions de m&#233;galithes, ind&#233;pendantes les unes des autres, ont toutes culmin&#233; dans les d&#233;buts de l'&#232;re agropastorale mais ont pu &#234;tre n&#233;s &#224; celle des chasseurs-cueilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le m&#233;galithe n'est qu'une technique architecturale monumentale, pas un symb&#244;le d'une seule soci&#233;t&#233; donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains m&#233;galithes n'ont aucune inscription, d'autres sont grav&#233;s. Certaines gravures repr&#233;sentent des armes de guerriers, des figures et corps humains, des dessins abstraits, d'autres pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains m&#233;galithes ont des ossements autour, d'autres pas. La plupart des m&#233;galithes sont li&#233;s &#224; des classes riches ou des classes dirigeantes mais pas tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;galithisme a commenc&#233; &#224; la transition entre chasseurs-cueilleurs et agriculteurs-&#233;leveurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hominides.com/dossiers/introduction-aux-phenomenes-megalithiques/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hominides.com/dossiers/introduction-aux-phenomenes-megalithiques/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'origine, il s'agissait de s&#233;pultures collectives, mais la plupart des chercheurs s'accordent &#224; dire que ces m&#233;galithes ont eu de multiples fonctions : sociales, culturelles (fun&#233;raire et religieux), astronomiques, artistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/quelles-sont-les-caracteristiques-des-megalithes-210772&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/quelles-sont-les-caracteristiques-des-megalithes-210772&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction fun&#233;raire ne dit pas tout : les morts &#233;taient charg&#233;s de quelle t&#226;che parmi les vivants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des chercheurs concern&#233;s s'accorde aujourd'hui &#224; leur reconna&#238;tre un r&#244;le multiple, soit, par ordre d'importance, social, culturel (religieux et fun&#233;raire, les arch&#233;ologues ne pouvant plus toujours mettre en &#233;vidence ce dernier r&#244;le en raison de l'absence totale d'ossements disparus dans les r&#233;gions de roches anciennes, aux sols trop acides), astronomique, astrologique, artistique, agricole, etc. Si toutes ces constructions ne poss&#233;daient pas toutes ces fonctions, elles r&#233;v&#232;lent une soci&#233;t&#233; organis&#233;e &#171; sous la direction d'&#233;lites dirigeantes, princes ou pr&#234;tres, sachant organiser et inciter de gr&#233; ou de force des populations importantes, peut-&#234;tre renforc&#233;es &#224; l'occasion des c&#233;r&#233;monies et des travaux religieux par des &#233;l&#233;ments exog&#232;nes &#187;. Ces constructions cr&#233;ent ou maintiennent la coh&#233;sion du groupe, en indiquant aux nouveaux arriv&#233;s et aux gens de passage une capacit&#233; technique et humaine importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des gens confondent les peuples b&#226;tisseurs des m&#233;galithes aussi avec le peuple des m&#233;galithes, lequel est apparu bien avant. Apparition des m&#233;galithes : 10.000-2000 av J.-C. et la plupart vers 5000 !!! En fait, les Celtes c'est une population bien plus r&#233;cente&#8230; Premi&#232;re apparition de la civilisation des Celtes (Est de l'Europe) : 500 av J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4780&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4780&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;galithes de l'&#238;le de P&#226;ques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous savons des m&#233;galithes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4435&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4435&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La disparition de la civilisation m&#233;galithique, une chute due &#224; la r&#233;volution et &#224; l'absence de l'Etat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; des m&#233;galithes ou les soci&#233;t&#233;s des m&#233;galithes n'existent pas car le m&#233;galithe n'est pas un syst&#232;me social ni un outil d'un mode de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1661&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1661&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olithique &#233;tait en train de faire sa r&#233;volution&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4312&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4312&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Celtes ne savaient pas b&#226;tir des monuments m&#233;galithiques et se sont content&#233;s de les adorer&#8230; Les peuples des m&#233;galithes &#233;taient pa&#239;ens alors que les Celtes avaient des dieux. Les peuples des m&#233;galithes n'avaient pas une soci&#233;t&#233; tr&#232;s hi&#233;rarchis&#233;e et codifi&#233;e, contrairement aux Celtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5505&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5505&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore bien des questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les m&#233;galithes sont aussi visibles de loin ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monumentalisme m&#233;galithique est un affichage symbolique par lequel une communaut&#233; exprime son emprise sur un territoire donn&#233;. L'ampleur de certaines constructions m&#233;galithiques r&#233;v&#232;le une volont&#233; d'affirmer la puissance du groupe quant la surface et le volume des cairns (Gavrinis, Newgrange) vont au-del&#224; des seules n&#233;cessit&#233;s architecturales21. En mati&#232;re de m&#233;galithisme fun&#233;raire, le choix d'implanter les constructions sur des hauteurs n'est pourtant pas syst&#233;matique : les all&#233;es couvertes enterr&#233;es sont invisibles dans le paysage, les all&#233;es couvertes armoricaines sont parfois &#233;difi&#233;es dans des fonds de vall&#233;e21. Selon l'arch&#233;ologue Jacques Blot, il est probable que les pierres dress&#233;es du Pays Basque correspondent &#224; d'antiques bornages, car elles se trouvent sur de grandes voies de circulation (transhumance des bergers, voies du sel, etc.), d'autres fois, la pierre peut aussi comm&#233;morer un &#233;v&#233;nement ou un personnage important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi y en a-t-il autant en bord de mer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archeologie.culture.gouv.fr/megalithes/fr/le-niveau-de-la-mer-et-les-rivages&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archeologie.culture.gouv.fr/megalithes/fr/le-niveau-de-la-mer-et-les-rivages&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici une hypoth&#232;se :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://teviec0001.free.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://teviec0001.free.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous disent les m&#233;galithes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/de-carnac-a-stonehenge-que-nous-disent-les-megalithes-4018533&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/de-carnac-a-stonehenge-que-nous-disent-les-megalithes-4018533&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-08-mai-2024-8295982&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/la-terre-au-carre/la-terre-au-carre-du-mercredi-08-mai-2024-8295982&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/megalithisme-dans-le-monde-6039874&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/carbone-14-le-magazine-de-l-archeologie/megalithisme-dans-le-monde-6039874&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithe&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithisme&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9galithisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est plus que probable qu'&#224; l'origine le menhir est un symbole phallique et que le dolmen est un symbole de femme (la chambre du dolmen &#233;tant l'ut&#233;rus), les deux &#233;tant des repr&#233;sentations de la lign&#233;e, les uns montrant une soci&#233;t&#233; patriarcale et les autres une soci&#233;t&#233; matriarcale ou, au moins, en lign&#233;e f&#233;minine. Cependant, les soici&#233;t&#233;s matriarcales et patriarcales s'&#233;tant succ&#233;d&#233; et ayant coexist&#233; tout en se combattant, il existe des cas interm&#233;diaires, ni tout &#224; fait matriarcaux, ni tout &#224; fait patriarcaux. Il existe des menhirs &#224; repr&#233;sentations f&#233;minines par exemple&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les menhirs sont souvent des repr&#233;sentations d'hommes chefs guerriers et les dolmens des &#233;vocations de grands-m&#232;res &#224; l'origine de la tribu matriarcale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La meilleure preuve, c'est que, dans certaines r&#233;gions, les menhirs repr&#233;sentent clairement des phallus. Les dolmens, eux, &#233;taient appel&#233;s &#171; rochers des f&#233;es &#187; et charg&#233;s d'assurer la procr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.123rf.com/photo_79632382_phallus-de-pierre-x28menhirsx29-dans-l39ancienne-colonie-de-metsamor-en-arm%C3%A9nie.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.123rf.com/photo_79632382_phallus-de-pierre-x28menhirsx29-dans-l39ancienne-colonie-de-metsamor-en-arm%C3%A9nie.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.luminessens.org/post/2018/10/18/les-pierres-de-f%C3%A9condit%C3%A9&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.luminessens.org/post/2018/10/18/les-pierres-de-f%C3%A9condit%C3%A9&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.alamyimages.fr/photos-images/phallus-sculpture.html?sortBy=relevant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alamyimages.fr/photos-images/phallus-sculpture.html?sortBy=relevant&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; certaines id&#233;es v&#233;hicul&#233;es depuis notre enfance par les aventures d'Ast&#233;rix et Ob&#233;lix, les menhirs ne datent pas de l'&#233;poque celtique. Ils sont bien ant&#233;rieurs aux Celtes et m&#234;me ant&#233;rieurs aux Indo-Europ&#233;ens. L'&#226;ge du bronze et l'arriv&#233;e des Indo-Europ&#233;ens sont justement ceux qui marqueront la fin de la p&#233;riode m&#233;galithique &#224; laquelle appartiennent menhirs et dolmens. Le m&#233;galithisme fut une des expressions culturelles du n&#233;olithique. Cette p&#233;riode s'&#233;tend en gros entre 5000 et 2000 avant notre &#232;re. Cette culture pr&#233;-indo-europ&#233;enne des m&#233;galithes s'implanta sur presque toute la fa&#231;ade atlantique de l'ouest europ&#233;en, de la Scandinavie au sud de la p&#233;ninsule ib&#233;rique. Mais ce n'est pas seulement l'Europe qui fut le cadre g&#233;ographique du m&#233;galithisme, car cette culture &#233;tait aussi implant&#233;e en Afrique du nord parmi les populations proto-berb&#232;res. Ceci nous d&#233;montre encore une fois l'unit&#233; ethnico-culturelle entre Berb&#232;res des origines et Pr&#233;-Indo-Europ&#233;ens de la pr&#233;histoire. Le lien suivant pr&#233;sente une carte g&#233;ographique montrant l'&#233;tendue de la culture m&#233;galithique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le menhir avait une fonction magico-religieuse multiple dans la soci&#233;t&#233; du n&#233;olithique. Il semble avoir jou&#233; entre autres un r&#244;le de gardien de s&#233;pulture. Dress&#233; non loin d'un d&#233;p&#244;t mortuaire, le menhir &#233;tait cens&#233; prot&#233;ger contre les animaux, les voleurs, et principalement contre la mort elle-m&#234;me. L'incorruptibilit&#233; de la pierre permettait que l'esprit du mort ne se disperse pas et puisse subsister ind&#233;finiment pr&#232;s de son clan d'origine. On fixait ainsi l'esprit des anc&#234;tres de mani&#232;re provisoire ou d&#233;finitive, leur facilitant une &#034;r&#233;sidence&#034; pr&#232;s du monde des vivants. Il semblerait d'ailleurs que les menhirs aient pu marquer la zone g&#233;ographique qui d&#233;limitait le monde des vivants et celui de l'au-del&#224;. Le menhir aurait donc servi &#224; ce niveau de st&#232;le-borne repr&#233;sentant une limite territoriale bien pr&#233;cise. Ce premier aspect du menhir est celui d'une bipolarit&#233; du symbole mort-vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre aspect du menhir est celui qui en fait un symbole phallique. Telle une verge masculine, le menhir se dresse verticalement exprimant la puissance f&#233;condante des forces masculines. Il est dans ce cadre un garant de la fertilit&#233; des champs et de la f&#233;condit&#233; humaine. Il semblerait &#224; ce propos possible que le menhir ait pu &#234;tre en relation &#233;troite avec des centres &#233;nerg&#233;tiques terrestres, des forces telluriques qui se concentrent en des points pr&#233;cis de la surface terrestre. Le menhir aurait donc &#233;t&#233; la marque d'un de ces points de sortie de cette &#233;nergie tellurique. Des &#233;tudes sur le magn&#233;tisme terrestre sembleraient confirmer cet aspect tellurique et chtonien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La verticalit&#233; du menhir est en soi un symbole puissant li&#233; &#224; la force masculine de l'&#234;tre, celle qui &#233;veille l'humain vers les hautes sph&#232;res de la spiritualit&#233;. C'est la conception philosophique de Heidegger, celle de l'&#234;tre et du devenir qui nous permet de comprendre toute cette dimension spirituelle li&#233;e &#224; la verticalit&#233;. Une image pour l'illustrer serait celle de l'&#234;tre humain les pieds bien ancr&#233;s dans la terre, et la t&#234;te dans les &#233;toiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305924119546403/315676448571170/?type=3&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/230064080465741/photos/a.305924119546403/315676448571170/?type=3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Lorsqu'on d&#233;pose un d&#233;funt dans cette chambre, au fond du dolmen, c'est pour lui redonner vie, la vie de l'au-del&#224;. [&#8230;] Et si la caverne du dolmen est ut&#233;rine, le menhir est phallique, se dressant vers le ciel non pas pour capter les &#233;nergies cosmiques &#187; Jean Markale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.philomag.com/articles/pourquoi-des-menhirs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.philomag.com/articles/pourquoi-des-menhirs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les statues-menhirs du Rouergue et Haut Languedoc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces st&#232;les et statues-menhirs anthropomorphes d'un culte des anc&#234;tres repr&#233;senteraient des &#171; fondateurs mythiques &#187; masculins et les ascendantes les plus proches. Ces fondateurs seraient alors les &#171; authentiques p&#232;res des lignages, ceux dont on se pr&#233;tendait le descendant, les r&#233;f&#233;rences basiques d'une filiation et le ciment du syst&#232;me de parent&#233; &#187;, tandis que les ascendantes seraient &#171; celles aupr&#232;s desquelles on avait parfois v&#233;cu et dont on conservait ou entretenait la m&#233;moire &#187; et dont l'influence se limiterait &#224; l'espace domestique (Guilaine, 2011, p. 228-229). Il ajoute que &#171; rien ne dit que ces anc&#234;tres bienfaiteurs n'&#233;taient pas aussi des femmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, certaines donn&#233;es arch&#233;o-ethnographiques semblent indiquer que les anc&#234;tres masculins sont plut&#244;t des h&#233;ros fondateurs mythiques, &#233;loign&#233;s dans le temps, tandis que les anc&#234;tres f&#233;minins &#233;taient davantage dans le r&#233;el et le temps proche : &#171; C'&#233;tai[en]t lors les ascendantes des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes dont le souvenir physique &#233;tait conserv&#233; &#187; (Guilaine, 2011, p. 230).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se r&#233;f&#232;re ainsi &#224; un masculin originel, fondateur de la civilisation et de la culture qui &#233;rigent ces repr&#233;sentations. Il donne l'hypoth&#232;se d'un mode de transmission patrilin&#233;aire, &#171; ciment d'un syst&#232;me de parent&#233; &#187;, tandis que les st&#232;les et les statues-menhirs f&#233;minines demeureraient la repr&#233;sentation des femmes qui auraient suivi et qui feraient la transition entre ces p&#232;res &#171; authentiques &#187; et les g&#233;n&#233;rations suivantes. Elles permettraient d'entretenir la m&#233;moire, sans en &#234;tre &#224; l'origine. L&#224; encore, des pr&#233;suppos&#233;s patriarcaux semblent s'accoler &#224; cette th&#233;orisation du culte des anc&#234;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;https://hal.science/hal-04648783v1/file/CPF%2029%20-%20Session%20F10%20Banabera%20BAT.pdf&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;galithisme en Corse&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/dam/2677&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/dam/2677&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> La guerre civile aux &#201;tats-Unis, vue par Marx et Engels</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article8809</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article8809</guid>
		<dc:date>2026-03-29T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>USA</dc:subject>
		<dc:subject>Karl Marx</dc:subject>
		<dc:subject>Engels</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; &#192; mon avis, la morale de tout cela c'est qu'une guerre de ce genre doit &#234;tre faite r&#233;volutionnairement et que les Yankees ont essay&#233; jusqu'ici de la faire constitutionnellement. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx &#224; Engels, le 7 ao&#251;t 1862. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marx et Engels sur la guerre civile am&#233;ricaine &lt;br class='autobr' /&gt; https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1938/02/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre civile aux &#201;tats-Unis &lt;br class='autobr' /&gt;
par K. Marx - F. Engels &lt;br class='autobr' /&gt;
I &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;CONOMIE DES FORCES EN PR&#201;SENCE &lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;3&#232;me chapitre : R&#233;volutions bourgeoises et populaires&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &#192; mon avis, la morale de tout cela c'est qu'une guerre de ce genre doit &#234;tre faite r&#233;volutionnairement et que les Yankees ont essay&#233; jusqu'ici de la faire constitutionnellement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx &#224; Engels, le 7 ao&#251;t 1862.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels sur la guerre civile am&#233;ricaine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1938/02/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www-marxists-org.translate.goog/archive/novack/1938/02/01.htm?_x_tr_sl=auto&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La guerre civile aux &#201;tats-Unis
&lt;p&gt;par K. Marx - F. Engels&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;CONOMIE DES FORCES EN PR&#201;SENCE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karl Marx : LA QUESTION AM&#201;RICAINE EN ANGLETERRE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;New York Daily Tribune, 11 octobre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 18 septembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles que puissent &#234;tre ses qualit&#233;s intrins&#232;ques, la lettre de Mrs Beecher-Stowe &#224; lord Shaftesbury [1] a eu le grand m&#233;rite de contraindre les organes anti-nordistes de la presse londonienne &#224; exposer au grand public les pr&#233;tendues raisons de leur hostilit&#233; au Nord et de leurs sympathies mal dissimul&#233;es pour le Sud. Notons, en passant, que c'est l&#224; une attitude &#233;trange chez des gens qui affectent la plus grande horreur pour l'esclavage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle guerre am&#233;ricaine cause un bien gros tourment &#224; cette presse, car &#171; ce n'est pas un conflit pour l'abolition de l'esclavage &#187;, d'o&#249; il s'ensuit qu'on ne peut demander au citoyen britannique, &#226;me noble, rompue &#224; mener ses propres guerres et &#224; ne s'int&#233;resser &#224; celle des autres peuples que sous l'angle des &#171; grands principes humanitaires &#187;, d'&#233;prouver la moindre sympathie pour ses cousins du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'Economist affirme : &#171; D'abord, il est tout aussi impudent que faux de pr&#233;tendre que le conflit entre le Nord et le Sud soit une querelle pour la libert&#233; des n&#232;gres d'une part, et pour l'esclavage des n&#232;gres de l'autre. &#187; La Saturday Review d&#233;clare que le Nord &#171; ne proclame pas l'abolition, et n'a jamais pr&#233;tendu lutter contre l'esclavage. Le Nord n'a jamais inscrit sur ses drapeaux le symbole sacr&#233; de la justice envers les n&#232;gres. Son cri de guerre n'est pas l'abolition inconditionnelle de l'esclavage. &#187; Enfin, l'Examiner &#233;crit : &#171; Si nous avons &#233;t&#233; tromp&#233;s sur la signification r&#233;elle de ce sublime mouvement, qui en est responsable, sinon les f&#233;d&#233;ralistes eux-m&#234;mes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous faut bien reconna&#238;tre que, dans le premier cas, le point de d&#233;part est juste. La guerre n'a donc pas &#233;t&#233; commenc&#233;e pour abolir l'esclavage, et le gouvernement des &#201;tats-Unis s'est donne lui-m&#234;me le plus grand mal pour rejeter toute id&#233;e de ce genre. Mais alors, il faudrait se souvenir que ce n'est pas le Nord, mais le Sud, qui a commenc&#233; cette guerre, le premier ne faisant que se d&#233;fendre. En effet le Nord, apr&#232;s de longues h&#233;sitations et apr&#232;s avoir fait preuve d'une patience sans &#233;gale dans les annales de l'histoire europ&#233;enne, a fini par tirer l'&#233;p&#233;e, non pas pour briser l'esclavage, mais pour pr&#233;server l'Union. Le Sud, en revanche, a commenc&#233; la guerre en proclamant bien haut que l' &#171; institution particuli&#232;re &#187; &#233;tait le seul et principal but de la r&#233;bellion, mais, en m&#234;me temps, il confessait qu'il luttait pour la libert&#233; de r&#233;duire d'autres hommes en esclavage, libert&#233; qu'en d&#233;pit des d&#233;n&#233;gations du Nord, il pr&#233;tend menac&#233;e par la victoire du Parti r&#233;publicain [2] et par l'&#233;lection de Lincoln &#224; la pr&#233;sidence. Le Congr&#232;s des conf&#233;d&#233;r&#233;s s'est vant&#233; que la, nouvelle Constitution [3] - &#224; la diff&#233;rence de celle de Washington, Jefferson et Adams - a reconnu pour la premi&#232;re fois l'esclavage comme une chose bonne en soi et pour soi, un rempart de la civilisation et une institution divine. Alors que le Nord professe qu'il combat simplement pour pr&#233;server l'Union, le Sud se glorifie d'&#234;tre en r&#233;bellion pour faire triompher l'esclavage. M&#234;me si l'Angleterre anti-esclavagiste et id&#233;aliste ne se sent pas attir&#233;e par la d&#233;claration du Nord, comment se fait-il donc qu'elle n'ait pas &#233;prouv&#233; la plus vive r&#233;pulsion pour les aveux cyniques du Sud ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Saturday Review se tire de ce cruel dilemme, en refusant purement et simplement de croire aux d&#233;clarations des &#201;tats sudistes. Elle voit plus loin et d&#233;couvre &#171; que l'esclavage n'a pas grand-chose &#224; voir avec la s&#233;cession &#187; ; quant aux d&#233;clarations contraires de Jefferson Davis et compagnie, ce ne sont l&#224; que des &#171; poncifs &#187; &#224; peu pr&#232;s aussi d&#233;nu&#233;s de sens que ceux qui sont de r&#232;gle dans les proclamations, &#171; quand il est question d'autels viol&#233;s et de foyers d&#233;shonor&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arsenal des arguments des journaux anti-nordistes est extr&#234;mement r&#233;duit, et on s'aper&#231;oit qu'ils reprennent tous &#224; peu de chose pr&#232;s les m&#234;mes phrases, comme dans les formules d'une s&#233;rie math&#233;matique, qui reviennent &#224; intervalles r&#233;guliers avec de faibles variations ou combinaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Economist s'exclame : &#171; Hier encore, au moment o&#249; le mouvement de s&#233;cession commen&#231;ait &#224; prendre une forme s&#233;rieuse &#224; l'annonce de l'&#233;lection de M. Lincoln, le Nord offrit au Sud, s'il voulait demeurer dans l'Union, toutes les assurances possibles pour que continuent de fonctionner dans l'inviolabilit&#233; ses ha&#239;ssables institutions. Le Nord ne proclama-t-il pas solennellement qu'il renon&#231;ait &#224; s'immiscer dans ses affaires, tandis que les dirigeants nordistes proposaient au Congr&#232;s compromis sur compromis, bas&#233;s tous sur la concession qu'ils ne se m&#234;leraient pas de la question de l'esclavage. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment se fait-il, dit l'Examiner, que le Nord f&#251;t pr&#234;t &#224; r&#233;aliser un compromis, en faisant au Sud les plus larges concessions en mati&#232;re d'esclavagisme ? Comment se fait-il qu'au Congr&#232;s certains aient propos&#233; une zone g&#233;ographique au sein de laquelle l'esclavage devait &#234;tre reconnu comme une institution n&#233;cessaire ? Les &#201;tats du Sud n'&#233;taient pas satisfaits pour autant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'Economist et l'Examiner eussent d&#251; demander, c'est non pas tant pourquoi le compromis Crittenden [4] et d'autres avaient &#233;t&#233; propos&#233;s au Congr&#232;s, mais pourquoi ils n'avaient pas &#233;t&#233; vot&#233;s. En fait ils font mine de croire que le Nord a accept&#233; ces propositions de compromis et que le Sud les a rejet&#233;es, alors qu'en r&#233;alit&#233; elles ont &#233;t&#233; vou&#233;es &#224; l'&#233;chec par le parti du Nord, qui avait assur&#233; l'&#233;lection de Lincoln. Ces propositions n'&#233;tant jamais devenues des r&#233;solutions, du fait qu'elles rest&#232;rent &#224; l'&#233;tat de v&#339;ux pieux, le Sud n'eut jamais l'occasion, et pour cause, de les rejeter ou les accepter. La remarque suivante de l'Examiner nous m&#232;ne au c&#339;ur de la question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Mrs Stowe pr&#233;tend que le parti esclavagiste d&#233;cida d'en finir avec l'Union lorsqu'il constata qu'il ne pouvait plus l'utiliser &#224; ses fins. Elle admet donc que le parti esclavagiste avait utilis&#233; jusque-l&#224; l'Union pour ses fins, mais il serait bon que Mrs Stowe montre clairement quand le Nord a commenc&#233; &#224; se dresser contre l'esclavagisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu croire que l'Examiner et autres oracles de l'opinion publique en Angleterre s'&#233;taient assez familiaris&#233;s avec l'histoire la plus r&#233;cente pour ne pas recourir aux informations de Mrs Stowe sur un point d'aussi grande importance. L'usurpation croissante de l'Union par les puissances esclavagistes &#224; la suite de leur alliance avec le Parti d&#233;mocrate du Nord [5] est pour ainsi dire la formule g&#233;n&#233;rale de l'histoire des &#201;tats-Unis depuis le d&#233;but de ce si&#232;cle. Aux mesures successives de compromis correspond une mainmise progressive sur l'Union transform&#233;e de la sorte en esclave des propri&#233;taires du Sud. Chacun de ces compromis marque une nouvelle pr&#233;tention du Sud et une nouvelle concession du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, aucune des victoires successives du Sud ne fut remport&#233;e sans une chaude bataille pr&#233;alable contre l'une des forces adverses du Nord, qui se pr&#233;sentent sous divers noms de parti, avec de multiples mots d'ordre et sous toutes sortes de couleurs. Si le r&#233;sultat effectif et final de chacun de ces combats singuliers favorisait le Sud, un observateur attentif de l'histoire ne pouvait pas ne pas remarquer que chaque nouvelle avance de la puissance esclavagiste &#233;tait un pas de plus vers sa d&#233;faite finale. M&#234;me au temps du compromis du Missouri [6], les forces en lutte se contrebalan&#231;aient si &#233;troitement que Jefferson craignit - comme il ressort de ses M&#233;moires - que l'Union f&#251;t menac&#233;e d'&#233;clatement &#224; la suite de ce fatal antagonisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;tentions des puissances esclavagistes ne cess&#232;rent d'augmenter, lorsque le Kansas-Nebraska bill [7] d&#233;truisit pour la premi&#232;re fois dans l'histoire des &#201;tats-Unis - comme M. Douglas le reconna&#238;t lui-m&#234;me - toute barri&#232;re l&#233;gale &#224; l'extension de l'esclavagisme dans les territoires des &#201;tats-Unis ; lorsqu'un candidat du Nord [8] acheta sa nomination pr&#233;sidentielle en promettant que l'Union se soumettrait ou ach&#232;terait Cuba pour en faire un nouveau champ de domination des esclavagistes ; lorsque ensuite la d&#233;cision de Dred Scott [9] proclama que l'extension de l'esclavagisme par le pouvoir f&#233;d&#233;ral &#233;tait la loi de la Constitution am&#233;ricaine [10], et qu'enfin le commerce d'esclaves africains &#233;tait rouvert de facto &#224; une &#233;chelle plus vaste qu'&#224; l'&#233;poque de son existence l&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, concurremment &#224; ces coupables faiblesses du Parti d&#233;mocrate du Nord fade aux pires usurpations du Sud, on constata, &#224; des signes ind&#233;niables, que le combat des forces oppos&#233;es devenait si intense que le rapport de force devait bient&#244;t se renverser. La guerre du Kansas [11], la formation du Parti r&#233;publicain et les nombreuses voix en faveur de M. Fr&#233;mont &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1856 [12] &#233;taient autant de preuves tangibles que le Nord avait accumul&#233; assez d'&#233;nergie pour corriger les aberrations que l'histoire des &#201;tats-Unis connaissait depuis un demi-si&#232;cle par la faute des esclavagistes, et pour la ramener aux v&#233;ritables principes de son d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors de ces ph&#233;nom&#232;nes politiques, il y a un fait manifeste, d'ordre statistique et &#233;conomique, qui montre que l'usurpation de l'Union f&#233;d&#233;rale, au profit des esclavagistes avait atteint le point o&#249; ils devaient reculer de gr&#233; ou de force. Ce fait est le d&#233;veloppement du Nord-Ouest, les immenses efforts r&#233;alis&#233;s par sa population de 1850 &#224; 1860 [13], et l'influence nouvelle et revigorante qui en r&#233;sultait pour les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela repr&#233;sente-t-il un chapitre secret de l'histoire ? Fallait-il l' &#171; aveu &#187; de Mrs Beecher-Stowe pour faire d&#233;couvrir &#224; l'Examiner et autres lumi&#232;res politiques de la presse londonienne la v&#233;rit&#233; cach&#233;e, &#224; savoir que jusqu'ici, &#171; le parti esclavagiste avait utilis&#233; l'Union &#224; ses fins &#187; ? Est-ce la faute du Nord am&#233;ricain si les journalistes anglais ont &#233;t&#233; surpris par le heurt violent de forces antagoniques, dont la lutte &#233;tait la force motrice de l'histoire depuis un demi-si&#232;cle ? [14] Est-ce la faute des Am&#233;ricains si la presse anglaise tient pour un caprice &#233;lucubr&#233; en un jour ce qui est le r&#233;sultat venu &#224; maturation apr&#232;s de longues ann&#233;es de lutte ? Le simple fait que la formation et le d&#233;veloppement du Parti r&#233;publicain en Am&#233;rique aient &#224; peine &#233;t&#233; remarqu&#233;s par la presse londonienne montre &#224; l'&#233;vidence que ses tirades contre l'esclavage ne sont que du vent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons, par exemple, les deux antipodes de la presse londonienne, le Times de Londres et le Reynold's Weekly Newspaper, le plus grand organe des classes respectables, et le seul organe de la classe ouvri&#232;re qui subsiste actuellement. juste avant que M. Buchanan n'ach&#232;ve sa carri&#232;re, le premier publia une apologie d&#233;taill&#233;e de son administration et une pol&#233;mique diffamatoire contre le mouvement r&#233;publicain. Pour sa part, le Reynold's, pendant le s&#233;jour &#224; Londres de Buchanan, en fit sa cible favorite et depuis lors n'a pas manqu&#233; une seule occasion de le mettre sur la sellette et de d&#233;noncer en lui un adversaire [15].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer au Nord la victoire du Parti r&#233;publicain, dont le programme se fonde sur l'opposition ouverte aux empi&#233;tements du syst&#232;me esclavagiste et &#224; l'utilisation abusive que font de l'Union les tenants de l'esclavagisme ? En outre, comment se fait-il que la grande majorit&#233; du Parti d&#233;mocrate du Nord se d&#233;tourne de ses liens traditionnels avec les chefs de l'esclavagisme, passe sur des traditions vieilles d'un demi-si&#232;cle et sacrifie de grands int&#233;r&#234;ts commerciaux et des pr&#233;jug&#233;s politiques plus grands encore pour voler au secours de l'actuelle administration r&#233;publicaine et lui offrir hommes et argent avec g&#233;n&#233;rosit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de r&#233;pondre &#224; ces questions, l'Economist s'exclame :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Pouvons-nous oublier que les abolitionnistes sont d'habitude aussi f&#233;rocement pers&#233;cut&#233;s et maltrait&#233;s au Nord et &#224; l'Ouest qu'au Sud ? Peut-on nier que l'ent&#234;tement et l'indiff&#233;rence - pour ne pas dire la mauvaise foi - du gouvernement de Washington ont &#233;t&#233; pendant des ann&#233;es le principal obstacle &#224; nos efforts pour supprimer effectivement le commerce des esclaves sur la c&#244;te africaine ; qu'une partie consid&#233;rable des clippers actuellement engag&#233;s dans ce commerce est construite avec les capitaux du Nord, et exploit&#233;e par des marchands du Nord avec des &#233;quipages du Nord ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, en v&#233;rit&#233;, un chef-d'&#339;uvre de logique. L'Angleterre anti-esclavagiste ne peut sympathiser avec le Nord, qui s'attaque &#224; l'influence n&#233;faste des esclavagistes, parce qu'elle ne peut oublier que le Nord - tant qu'il &#233;tait soumis &#224; l'influence esclavagiste et que ses institutions d&#233;mocratiques &#233;taient souill&#233;es par les pr&#233;jug&#233;s des bourreaux d'esclaves - soutenait le commerce des esclaves et d&#233;criait les abolitionnistes. L'Angleterre ne peut sympathiser avec l'administration de M. Lincoln, parce qu'elle a d&#233;sapprouv&#233; l'administration de M. Buchanan ! En toute &#171; logique &#187;, elle doit fl&#233;trir l'actuel mouvement de renouveau du Nord et encourager ceux qui, au Nord, sympathisent avec le commerce des esclaves stigmatis&#233; par la plate-forme r&#233;publicaine [16], elle doit flirter avec la clique esclavagiste du Sud, qui &#233;difia un empire s&#233;par&#233;, parce que l'Angleterre ne pouvait oublier que le Nord d'hier n'&#233;tait pas le Nord d'aujourd'hui ! S'il. lui faut justifier son attitude par des faux-fuyants &#224; la Old Bailey [17], cela d&#233;montre avant tout que la fraction anti-nordiste de la presse anglaise est pouss&#233;e par des motifs cach&#233;s, c'est-&#224;-dire trop bas et trop inf&#226;mes pour &#234;tre exprim&#233;s ouvertement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des man&#339;uvres favorites de la presse anglaise &#233;tant de reprocher &#224; l'actuelle administration r&#233;publicaine les agissements des pr&#233;c&#233;dentes qui furent pro-esclavagistes, elle s'efforce dans la mesure du possible de persuader le peuple anglais que le New York Herald est le seul organe qui expose authentiquement l'opinion du Nord. Apr&#232;s que le Times de Londres eut ouvert la voie dans cette direction, le noyau esclavagiste des autres organes anti-nordistes, qu'ils soient grands ou petits, lui embo&#238;te le pas. Ainsi, l'Economist pr&#233;tend : &#171; Au plus fort de la guerre civile, il ne manque ni journaux ni politiciens &#224; New York pour exhorter les combattants, maintenant qu'ils ont de grandes arm&#233;es en campagne, &#224; ne pas lutter les uns contre les autres, mais contre la Grande-Bretagne, &#224; cesser toute querelle int&#233;rieure - y compris sur la question esclavagiste - pour envahir sans pr&#233;avis le territoire britannique avec des forces d'une sup&#233;riorit&#233; &#233;crasante. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Economist sait parfaitement que les efforts du New York Herald, qui sont vivement encourag&#233;s par le Times de Londres et visent &#224; entra&#238;ner les &#201;tats-Unis dans une guerre avec l'Angleterre, ont pour seul but d'assurer la victoire de la s&#233;cession et de ruiner le mouvement de renaissance du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la presse anti-nordiste d'Angleterre fait une concession. Et la snob Saturday Review annonce : &#171; Ce qui est contestable dans l'&#233;lection de Lincoln et a pr&#233;cipit&#233; la crise, c'est purement et simplement la limitation de l'esclavage aux &#201;tats o&#249; il existait d&#233;j&#224;. &#187; Et l'Economist de remarquer : &#171; En effet, il est vrai que le but du Parti r&#233;publicain qui &#233;lut M. Lincoln, est d'emp&#234;cher l'extension de l'esclavage aux territoires non encore colonis&#233;s... Il est peut-&#234;tre vrai qu'un succ&#232;s complet et inconditionnel du Nord lui permettrait de limiter l'esclavage aux quinze &#201;tats dans lesquels il existe d&#233;j&#224;, ce qui pourrait &#233;ventuellement conduire &#224; sa disparition - mais ceci est plus vraisemblable que certain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1859 - &#224; l'occasion de l'exp&#233;dition de John Brown &#224; Harper's Ferry [18] - le m&#234;me Economist publiait une s&#233;rie d'articles d&#233;taill&#233;s afin de prouver qu'en raison d'une loi &#233;conomique, l'esclavage am&#233;ricain &#233;tait vou&#233; &#224; s'&#233;teindre graduellement d&#232;s lors qu'il ne serait plus en mesure de cro&#238;tre. Cette loi &#233;conomique fut parfaitement comprise par la clique esclavagiste. &#171; Si d'ici quinze ans, nous ne b&#233;n&#233;ficions pas d'un immense accroissement de terres &#224; esclaves, dit Toombs, nous devrons permettre aux esclaves de fuir de chez les Blancs, &#224; moins que les Blancs ne fuient devant les esclaves. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La limitation de l'esclavage &#224; son territoire l&#233;gal, telle qu'elle fut proclam&#233;e par les r&#233;publicains, constitue le point de d&#233;part &#233;vident de la menace de s&#233;cession formul&#233;e pour la premi&#232;re fois &#224; la Chambre des repr&#233;sentants le 19 d&#233;cembre 1859. M. Singleton (Mississippi) demanda alors &#224; M. Curtis (Iowa) &#171; si le Parti r&#233;publicain n'admettrait plus que le Sud obtienne un pouce de territoire esclavagiste nouveau, tant que l'Union subsisterait &#187;. M. Curtis lui ayant r&#233;pondu que si, M. Singleton lui r&#233;pliqua que, dans ces conditions, l'Union serait dissoute. Il conseilla &#224; l'administration du Mississippi de sortir au plus t&#244;t de l'Union : &#171; Ces messieurs devraient se souvenir que Jefferson Davis a conduit nos forces arm&#233;es au Mexique ; or, il vit toujours, et pourrait fort bien commander l'arm&#233;e du Sud. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abstraction faite de la loi &#233;conomique, selon laquelle l'extension de l'esclavage est une condition vitale pour son maintien dans son territoire l&#233;gal, les leaders du Sud ne se sont jamais fait d'illusion sur la n&#233;cessit&#233; absolue de maintenir leur h&#233;g&#233;monie politique aux &#201;tats-Unis. Pour justifier ses propositions au S&#233;nat le 19 f&#233;vrier 1847, John Calhoun d&#233;clara sans ambages que &#171; le S&#233;nat &#233;tait le seul moyen d'assurer l'&#233;quilibre de pouvoir, laiss&#233; au Sud dans le gouvernement &#187; et que la formation d'&#201;tats esclavagistes nouveaux &#233;tait, devenue n&#233;cessaire &#171; pour conserver l'&#233;quilibre des forces au S&#233;nat &#187; [19]. Au reste, l'oligarchie des trois cent mille propri&#233;taires d'esclaves ne pourrait maintenir son pouvoir sur la pl&#232;be blanche sans l'app&#226;t de futures conqu&#234;tes et l'&#233;largissement de leurs territoires tant &#224; l'int&#233;rieur qu'&#224; l'ext&#233;rieur des &#201;tats-Unis. Si d&#233;sormais -.selon l'oracle de la presse anglaise - le Nord a pris la ferme d&#233;cision de confiner l'esclavage dans ses limites actuelles et de le liquider ainsi par la voie l&#233;gale, cela ne devrait-il pas suffire &#224; lui assurer les sympathies de l'Angleterre &#171; anti-esclavagiste &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que les puritains anglais ne puissent vraiment &#234;tre content&#233;s que par une guerre abolitionniste expresse. L'Economist affirme : &#171; Comme il ne s'agit pas v&#233;ritablement d'une guerre pour l'&#233;mancipation de la race n&#232;gre, sur quelle base veut-on que nous sympathisions si chaleureusement avec la cause des f&#233;d&#233;r&#233;s ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il fut un temps, dit l'Examiner, o&#249; nos sympathies allaient au Nord, parce que nous pensions qu'il s'opposait s&#233;rieusement aux empi&#233;tements des &#201;tats esclavagistes et d&#233;fendait l'&#233;mancipation comme une mesure de justice pour la race noire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans les m&#234;mes num&#233;ros o&#249; ces journaux racontent qu'ils ne peuvent sympathiser avec le Nord parce que sa guerre ne tend pas &#224; une v&#233;ritable abolition, nous lisons : &#171; Le moyen radical de proclamer l'&#233;mancipation des n&#232;gres, c'est d'appeler les esclaves &#224; une insurrection g&#233;n&#233;rale. &#187; Or, c'est l&#224; quelque chose &#171; dont la simple id&#233;e, est r&#233;pugnante et affreuse &#187; ; c'est pourquoi &#171; un compromis est bien pr&#233;f&#233;rable &#224; un succ&#232;s conquis &#224; un tel prix et souill&#233; d'un tel crime &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, les ardeurs anglaises pour une guerre abolitionniste sont purement hypocrites. Mais, on aper&#231;oit le pied fourchu du diable dans les phrases suivantes : &#171; Finalement, dit l'Economist, le tarif Morrill m&#233;rite notre gratitude et notre sympathie ; mais la certitude qu'en cas de triomphe du Nord, le tarif sera &#233;tendu &#224; toute la r&#233;publique est-elle une raison pour que nous aidions bruyamment &#224; son succ&#232;s ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les Am&#233;ricains du Nord, dit l'Examiner, ne prennent rien d'autre au s&#233;rieux que leur tarif douanier qui les prot&#232;ge &#233;go&#239;stement... Les &#201;tats du Sud en ont assez d'&#234;tre d&#233;pouill&#233;s des fruits du travail de leurs esclaves par les tarifs protectionnistes du Nord. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Examiner et l'Economist se compl&#232;tent l'un l'autre. Ce dernier est assez honn&#234;te pour reconna&#238;tre finalement que, pour lui et les siens, la sympathie n'est d&#233;termin&#233;e que par une simple question de tarif douanier, tandis que le premier r&#233;duit la guerre entre le Sud et le Nord &#224; un simple conflit tarifaire, une guerre entre syst&#232;me protectionniste et libre-&#233;changiste. Peut-&#234;tre l'Examiner ne sait-il pas que m&#234;me ceux qui voulurent abroger l'acte de la Caroline du Sud en 1832 - comme le g&#233;n&#233;ral Jackson en t&#233;moigne - n'us&#232;rent du protectionnisme que comme d'un pr&#233;texte [20]. Quoi qu'il en soit, m&#234;me l'Examiner devrait savoir que l'actuelle r&#233;bellion n'a pas attendu l'adoption du tarif Morrill [21] pour &#233;clater. En fait, les sudistes ne pouvaient se plaindre de ce qu'ils &#233;taient d&#233;pouill&#233;s des fruits du travail de leurs esclaves par le syst&#232;me protectionniste du Nord, puisque le syst&#232;me libre-&#233;changiste &#233;tait en vigueur de 1846 &#224; 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son dernier num&#233;ro, le Spectator caract&#233;rise d'une mani&#232;re frappante la pens&#233;e secr&#232;te d'un certain nombre d'organes anti-nordistes : &#171; Que souhaitent donc v&#233;ritablement ces organes anti-nordistes pour justifier la pr&#233;tention qu'ils ont de ne s'appuyer que sur l'inexorable logique ? Ils affirment que la s&#233;cession est d&#233;sirable, parce qu'elle est la seule fa&#231;on possible de faire cesser ce &#171; conflit fratricide qui n'a aucune raison d'&#234;tre. &#187; Mais voil&#224; qu'ils d&#233;couvrent ensuite d'autres raisons adapt&#233;es aux exigences morales du pays, maintenant que l'issue des &#233;v&#233;nements est claire. Bien s&#251;r, ces raisons ne sont mentionn&#233;es, r&#233;flexion faite, que comme humble apologie de la Providence et &#171; justification des voies du Seigneur envers l'homme &#187;, d&#232;s lors que la n&#233;cessit&#233; in&#233;luctable est devenue manifeste aux yeux de tous. On d&#233;couvre ainsi qu'il serait d'un grand avantage pour les &#201;tats d'&#234;tre coup&#233;s en deux groupes rivaux. Chacun tiendrait en &#233;chec les ambitions de l'autre et neutraliserait sa force. Si l'Angleterre entrait en conflit avec l'un d'eux, la simple d&#233;fiance de chaque groupe adverse lui serait d'un grand secours. Et de remarquer qu'il s'ensuivrait une situation tr&#232;s favorable, qui nous lib&#233;rerait de la crainte et encouragerait la &#171; concurrence &#187; politique, cette grande sauvegarde de l'honn&#234;tet&#233; et de la franchise entre &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la situation express&#233;ment mise en &#233;vidence par la th&#233;orie de ceux qui commencent, chez nous, &#224; sympathiser avec le Sud. Traduit en bon anglais - et nous d&#233;plorons qu'un argument anglais ait besoin d'une traduction dans un tel sujet - cela signifie que si nous regrettons que cette &#171; guerre fratricide &#187; ait pris une telle ampleur, c'est pour esp&#233;rer qu'&#224; l'avenir elle continuera de susciter de redoutables convulsions, une s&#233;rie de petites guerres chroniques, de passions et de rivalit&#233;s entre les groupes d'&#201;tats rivaux. La v&#233;rit&#233; effective - et pr&#233;cis&#233;ment ce mode non anglais de ressentir cache cette v&#233;rit&#233;, bien qu'elle f&#251;t voil&#233;e de formules d&#233;centes - est cependant tr&#232;s nette : les groupes rivaux d'&#201;tats am&#233;ricains ne pourront vivre ensemble en paix et en harmonie. La situation d'inimiti&#233;, due aux causes m&#234;mes qui ont suscit&#233; le conflit actuel, deviendrait chronique. On a affirm&#233; que les diff&#233;rents groupes d'&#201;tats avaient des int&#233;r&#234;ts douaniers diff&#233;rents. Non seulement ces diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts tarifaires seraient la source de petites guerres permanentes, d&#232;s lors, que les &#201;tats seraient s&#233;par&#233;s les uns des autres, mais encore l'esclavage - racine de tout le conflit - aggraverait les innombrables inimiti&#233;s, discordes et man&#339;uvres. Bref, il ne serait plus possible de r&#233;tablir un &#233;quilibre stable entre les &#201;tats rivaux. Et pourtant, on affirme que la perspective d'un conflit long et ininterrompu serait l'issue la plus favorable de la grande question qui est en train de se d&#233;cider actuellement. Au fond, ce que l'on juge le plus favorable dans le vaste conflit actuel, qui pourrait r&#233;tablir une unit&#233; politique nouvelle et plus puissante c'est l'alternative d'un grand nombre de petits conflits et d'un continent divis&#233; et affaibli que l'Angleterre n'aurait plus &#224; craindre. Nous ne nions pas que les Am&#233;ricains aient sem&#233; eux-m&#234;mes les germes de cette situation lamentable et regrettable par l'attitude inamicale et fanfaronne, qu'ils adoptent si souvent vis-&#224;-vis de l'Angleterre ; quoi qu'il en soit, nous devons bien avouer que nos propres sentiments sont vils et m&#233;prisables. Nous voyons bien qu'il n'existe aucun espoir d'une paix profonde et durable pour l'Am&#233;rique dans une solution boiteuse, puisqu'elle signifie involution et d&#233;sagr&#233;gation de la nation am&#233;ricaine en peuples et pays hostiles, et cependant nous levons les bras au ciel comme si nous &#233;tions effray&#233;s de l'actuelle guerre &#171; fratricide &#187;, alors qu'elle renferme la perspective d'une solution stable. Nous, souhaitons aux Am&#233;ricains un avenir fait d'innombrables et incessants conflits, qui seraient tout aussi fratricides, mais certainement bien plus d&#233;moralisants : nous le souhaitons uniquement pour &#234;tre lib&#233;r&#233;s de l'aiguillon de la concurrence am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] La femme de lettres am&#233;ricaine Beecher-Stowe participa activement au mouvement pour l'abolition de l'esclavage. En septembre 1861, elle adressa une lettre ouverte &#224; lord Shaftesbury pour d&#233;noncer les conf&#233;d&#233;r&#233;s et exprimer son indignation devant l'attitude de l'Angleterre, qu'elle invitait &#224; prendre fait et cause pour les unionistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le Parti r&#233;publicain fut fond&#233; en r&#233;action aux empi&#233;tements de l'oligarchie esclavagiste. Il repr&#233;sentait les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie industrielle du Nord et jouit de l'appui des populations laborieuses. Pour &#233;liminer la puissance politique et sociale des esclavagistes, il limita l'esclavage &#224; ce qu'il &#233;tait, ce qui signifiait l'&#233;liminer progressivement. Quant aux terres non encore colonis&#233;es de l'Ouest, il en d&#233;cida l'attribution gratuite aux fermiers libres. Le Parti whig disparaissant peu &#224; peu &#224; la suite des &#233;lections de 1852, le champ &#233;tait dangereusement ouvert &#224; l'extension du Parti d&#233;mocrate pro-esclavagiste. L'abrogation du compromis du Missouri en 1854, rendit ce danger plus &#233;vident. D'&#233;normes meetings de protestation contre l'action du Congr&#232;s se tinrent d'un bout &#224; l'autre du Nord. Il en sortit le Parti r&#233;publicain, qui tint sa premi&#232;re convention &#224; Jackson, dans le Michigan, le 6 juillet 1854. Il se d&#233;veloppa rapidement &#224; l'&#233;chelle nationale par suite des &#233;v&#233;nements du Kansas (1854-1856), aggrav&#233;s par l'indignation suscit&#233;e dans le Nord par le manifeste d'Ostende (1854). En 1856, le nouveau parti entreprit sa premi&#232;re campagne pr&#233;sidentielle avec Fr&#233;mont en t&#234;te de liste. Quatre ans plus tard, il remportait l'&#233;lection de Lincoln, avec le mot d'ordre &#171; Libert&#233; d'expression ; libert&#233; d'acc&#232;s &#224; la terre ; libert&#233; du travail ; libert&#233; humaine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La Constitution provisoire fut adopt&#233;e au Congr&#232;s de Montgomery (Alabama) du 4 f&#233;vrier 1861 par six &#201;tats esclavagistes du Sud - Caroline du Sud, G&#233;orgie, Floride, Alabama, Mississippi et Louisiane - qui &#233;taient sortis de l'Union am&#233;ricaine. Ce congr&#232;s proclama la cr&#233;ation de la Conf&#233;d&#233;ration du Sud et choisit Jefferson Davis comme pr&#233;sident provisoire. Le Texas rejoignit la Conf&#233;d&#233;ration le 2 mars, les quatre &#201;tats fronti&#232;res esclavagistes, Virginie, Arkansas, Caroline du Nord et Tennessee, y adh&#233;r&#232;rent le 4 mai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &#192; la veille de la guerre de S&#233;cession, certains membres du Congr&#232;s tent&#232;rent de pr&#233;venir le conflit, en se livrant &#224; une s&#233;rie de man&#339;uvres parlementaires. En d&#233;cembre 1860, Crittenden, du Kentucky, proposa : 1) le vote d'un amendement constitutionnel qui remettrait en vigueur &#171; la ligne de compromis du Missouri &#187;, et 2) la promulgation d'une loi qui garantirait la protection de l'esclavage dans la r&#233;gion de &#171; Columbia &#187;. En ouvrant largement le vaste Sud-Ouest &#224; l'implantation de l'esclavage et en le prot&#233;geant au sein de la capitale f&#233;d&#233;rale, ce plan donnait satisfaction - en grande partie du moins - aux esclavagistes. Ce sont surtout les partisans de l&#224; distribution g&#233;n&#233;rale de la terre libre aux colons, qui s'oppos&#232;rent au projet de Crittenden. Finalement, priv&#233; du soutien n&#233;cessaire de ce groupement d&#233;cisif du Nord, le projet &#233;choua. Les projets de compromis propos&#233;s par Corwin, Weed et MeKean connurent le m&#234;me sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le Parti d&#233;mocrate, fond&#233; en 1828, rassemblait les planteurs, certains groupes de la bourgeoisie ainsi qu'une partie importante de fermiers et de petits-bourgeois des villes. Dans les ann&#233;es 1830 et 1840, il repr&#233;senta de plus en plus les int&#233;r&#234;ts des planteurs et de la grande bourgeoisie financi&#232;re du Nord, qui d&#233;fendait l'esclavage. Lorsque, apr&#232;s l'adoption du Kansas-Nebraska bill en 1854, l'esclavage mena&#231;a de submerger toute l'Union, il y eut une scission au sein du Parti d&#233;mocrate, qui permit la victoire de Lincoln en 1860.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le Compromis du Missouri marqua le d&#233;but d'une s&#233;rie de luttes politiques qui culmin&#232;rent dans la guerre de S&#233;cession. En 1820, le Sud esclavagiste se trouva dans une situation insolite. Le Nord libre avait d&#233;finitivement pris en main le contr&#244;le de la Chambre des repr&#233;sentants. Par cons&#233;quent, le Sud ne pouvait plus s'opposer &#224; l'&#233;laboration de lois favorables au Nord, ou de mesures dirig&#233;es contre le Sud, &#224; moins de dominer le S&#233;nat. Or, la majorit&#233; dans cette assembl&#233;e d&#233;pendait de l'entr&#233;e du Missouri en tant qu'&#201;tat esclavagiste. Pour emp&#234;cher le Sud d'avoir la majorit&#233; dans la Chambre Haute, le Nord demanda l'admission du Maine. A la suite de longs et violents d&#233;bats, les deux &#201;tats furent admis, maintenant ainsi l'&#233;quilibre des forces au S&#233;nat. De plus, le compromis du Missouri pr&#233;vit l'abolition de l'esclavage dans le territoire de la Louisiane situ&#233; au-del&#224; de la ligne du 360&#176; 30' de latitude nord. Ce compromis fut pratiquement annul&#233; en 1854 par l'adoption du Kansas-Nebraska bill.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gravit&#233; de cette lutte au niveau parlementaire fut pleinement comprise &#224; l'&#233;poque. Le 7 f&#233;vrier 1820, Jefferson &#233;crivait &#224; Hugh Nelson au sujet de la question du Missouri : &#171; C'est la plus importante qui ait jamais menac&#233; notre Union. M&#234;me aux plus noirs moments de la guerre r&#233;volutionnaire, je n'ai jamais &#233;prouv&#233; de craintes semblables &#224; celles que me cause cet incident. &#187; (Cf. T. Jefferson, Writings, ed. P. L. Ford, New York, 1899, vol. X, p. 156.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Le Kansas-Nebraska bill fut adopt&#233; en mai 1854 par le Congr&#232;s am&#233;ricain. Il stipulait la cr&#233;ation de deux territoires, en supposant que le Nebraska entrerait comme &#201;tat libre dans l'Union, contrairement au Kansas. Ainsi les forces du Nord et du Sud seraient &#233;galement repr&#233;sent&#233;es au S&#233;nat. En outre, cette loi, pr&#233;voyait l'annulation de la ligne s&#233;parant les &#201;tats libres des &#201;tats esclavagistes (compromis du Missouri). Les esclavagistes obtinrent ainsi ce qu'ils d&#233;siraient le plus ardemment : la reconnaissance que la zone de l'esclavagisme &#233;tait illimit&#233;e aux &#201;tats-Unis. Pour obtenir la sanction des d&#233;mocrates de l'Ouest, cette loi instaura la doctrine de la souverainet&#233; populaire dans chaque &#201;tat sur la question de l'introduction ou non de l'esclavage. Cette loi mena tout droit &#224; la guerre du Kansas, conflit qui servit lui-m&#234;me de prologue &#224; la guerre civile de 1861-1865.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] A titre d'ambassadeur des USA &#224; Londres, Buchanan publia le manifeste d'Ostende conjointement aux repr&#233;sentants diplomatiques de la France et de l'Espagne. Ce manifeste conseillait au gouvernement des USA d'acqu&#233;rir d'une mani&#232;re ou d'une autre l'&#238;le de Cuba qui appartenait &#224; l'Espagne. En 1856, Buchanan devint pr&#233;sident des USA, sous l'&#233;tiquette du Parti d&#233;mocrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] L'esclave Dred Scott suivit son ma&#238;tre le Dr Emerson, dans le territoire de Louisiane situ&#233; au-dessus de la ligne du 360&#176; 30' o&#249;, l&#233;galement, l'esclavage &#233;tait interdit. Dred y v&#233;cut un certain nombre d'ann&#233;es, s'y maria et eut des enfants. Par la suite, les Scott furent ramen&#233;s dans l'&#201;tat esclavagiste du Missouri. A la mort de leur ma&#238;tre, ils furent vendus &#224; un New-Yorkais, Samford, &#224; qui ils firent un proc&#232;s pour obtenir leur libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'affaire fut port&#233;e devant la Cour supr&#234;me qui &#233;tait non seulement en majeure partie compos&#233;e de sudistes, mais encore pr&#233;sid&#233;e par un sudiste, le juge Taney. En r&#233;digeant l'arr&#234;t pris par la majorit&#233;, ce dernier soutint que la Cour du Missouri n'avait pas pouvoir de juridiction dans cette affaire, puisque les Scott n'&#233;taient pas et ne pouvaient &#234;tre des citoyens au sens o&#249; l'entendait la Constitution. Qui plus est, le juge sauta sur l'occasion pour donner un arr&#234;t qui accordait aux esclavagistes ce qu'ils souhaitaient le plus : le droit de transf&#233;rer leurs biens meubles - esclaves y compris - dans n'importe quel territoire des &#201;tats-Unis, et d'y garder les esclaves m&#234;me si la l&#233;gislation de l'&#201;tat local ou du Congr&#232;s s'y opposait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Malgr&#233; l'interdiction l&#233;gale du trafic d'esclaves africains, les planteurs sudistes n'en continuaient pas moins &#224; importer ces &#171; biens meubles &#187; apr&#232;s 1808. En d&#233;pit de l'absence de statistiques pr&#233;cises, des sources de l'&#233;poque montrent que la traite des Noirs &#233;tait plus importante que jamais. En 1840, on n'envoya pas moins de cent cinquante mille esclaves vers le Nouveau-Monde, contre quarante-cinq mille vers la fin du XVIII&#176; si&#232;cle. &#201;videmment, la plupart &#233;taient destin&#233;es aux &#201;tats-Unis. Au cours des ann&#233;es cinquante, on arma ouvertement des vaisseaux n&#233;griers &#224; New York et dans, le Maine ; selon le t&#233;moignage de Du Bois, quatre-vingt-cinq navires se livraient &#224; ce &#171; trafic illicite &#187;. Pendant ce temps, la Grande-Bretagne et les &#201;tats-Unis se livraient &#224; des tentatives hypocrites pour faire cesser le trafic d'esclaves en postant quelques navires au large de la c&#244;te d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Quand la loi Kansas-Nebraska fut vot&#233;e, un groupement anti-esclavagiste du Nord, dirig&#233; par Thayer, du Massachusetts, fonda une Soci&#233;t&#233; d'Aide aux &#233;migr&#233;s. Celle-ci se proposait d'envoyer au Kansas des sympathisants de la th&#233;orie de la terre libre, pour veiller &#224; ce que ce territoire entr&#226;t dans l'Union, en tant qu'&#201;tat libre. Pendant ce temps, les esclavagistes organis&#232;rent des bandes d'hommes de main recrut&#233;s dans la p&#232;gre du Missouri occidental.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces bandes envahirent le Kansas en octobre 1854, mais elles furent repouss&#233;es. Cependant, elles revinrent et impos&#232;rent par la terreur l'&#171; &#233;lection &#187; d'un d&#233;l&#233;gu&#233; pro-esclavagiste au Congr&#232;s. Dans les m&#234;mes conditions, on &#233;lit, en mars 1855, des magistrats favorables aux esclavagistes, mais les partisans de la terre libre refus&#232;rent de les reconna&#238;tre. Ils cr&#233;&#232;rent donc leur propre assembl&#233;e, r&#233;dig&#232;rent une constitution et demand&#232;rent &#224; &#234;tre admis dans l'Union. Entre-temps, Shannon, valet des int&#233;r&#234;ts esclavagistes, fut nomm&#233; gouverneur du territoire. La guerre civile &#233;clata en 1856 : les partisans de la terre libre (free soilers), conduits par le militant abolitionniste John Brown, organis&#232;rent des sections militaires et se mirent &#224; d&#233;sagr&#233;ger les forces esclavagistes. Le gouverneur Shannon fut remplac&#233; par un partisan plus fougueux de l'esclavagisme, un certain Woodson, qui en appela &#224; tous les &#171; bons citoyens &#187; pour &#233;craser l' &#171; insurrection &#187;. De toute &#233;vidence, cet appel s'adressait &#224; la p&#232;gre qui, saisissant l'allusion, envahit de nouveau le Kansas et, cette fois, pilla le pays jusqu'&#224; Ossawattomie. Les partisans de la terre, libre se dirig&#232;rent alors sur Lecompton et ne furent emp&#234;ch&#233;s de prendre la ville que par l'arriv&#233;e des troupes f&#233;d&#233;rales. Entre-temps, fut nomm&#233; un nouveau gouverneur : Geary, de Pennsylvanie ; gr&#226;ce &#224; une man&#339;uvre rapide, il put repousser les bandits hors du territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] En 1856, Fr&#233;mont, le candidat r&#233;publicain, recueillit 1341264 voix, et Buchanan, le candidat d&#233;mocrate, 1 838 169 voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] En 1850, l'Illinois, l'Indiana, l'Iowa, l'Ohio, le Michigan et le territoire du Minnesota groupaient une population de 4 721 551 &#226;mes. Dix ans plus tard, il y avait 7 773 820 habitants dans cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Dans la Mis&#232;re de la Philosophie, Marx s'en prend &#224; Proudhon qui, dans toute cat&#233;gorie &#233;conomique, s'efforce de s&#233;parer le bon c&#244;t&#233; du mauvais, afin de ne retenir que le bon. Or, dit Marx, &#171; ce qui constitue le mouvement dialectique, c'est pr&#233;cis&#233;ment la coexistence de deux c&#244;t&#233;s contradictoires, leur lutte et leur fusion en une cat&#233;gorie nouvelle : rien qu'&#224; poser le probl&#232;me d'&#233;liminer le mauvais c&#244;t&#233;, on coupe court au mouvement dialectique &#187;. C'est ainsi que, d&#232;s 1847, Marx montre que la lutte f&#233;conde entre l'esclavage et le travail libre donne naissance &#224; une cat&#233;gorie nouvelle : le travail salari&#233; (libre et forc&#233;), qui permet l'industrialisation &#224; une &#233;chelle immense et la lutte pour le socialisme, Cf. Mis&#232;re de la Philosophie, chap. II, &#167;2, 4&#176; observation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Dans le texte publi&#233; par la New York Daily Tribune, nous lisons cette phrase qui contredit directement l'opposition qu'&#233;tablit Marx entre l'attitude du Times et du Reynold's en ce qui concerne Buchanan ; &#171; Pour sa part, Reynold's, durant le s&#233;jour de Buchanan &#224; Londres, &#233;tait l'un de ses favoris, et depuis lors n'a pas manqu&#233; une. seule occasion pour le mettre sur la sellette et d&#233;noncer ses adversaires. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
On sait que la New York Tribune ne se g&#234;nait pas pour modifier des passages entiers ou les supprimer, etc., si bien que Marx dut interrompre sa collaboration &#224; ce journal progressiste en mars 1862. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] En ce qui concerne la condamnation du trafic d'esclaves par le Parti r&#233;publicain, cf. le programme r&#233;publicain de 1860, neuvi&#232;me r&#233;solution, in : E. Stanwood, A History of President Elections, Boston 1888, p. 230.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Old Bailey, nom donn&#233; &#224; la citadelle de la prison de Newgate &#224; Londres, o&#249; si&#233;geait le tribunal criminel central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Le 16 octobre 1859, John Brown, &#224; la t&#234;te d'une troupe de vingt-deux hommes, dont cinq Noirs, tenta de s'emparer de l'arsenal f&#233;d&#233;ral et de l'armurerie de Harper's Ferry en Virginie, afin de provoquer un soul&#232;vement des esclaves dont les &#201;tats esclavagistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le colonel E. Lee, futur chef militaire des forces sudistes, fit prisonnier John Brown ainsi qu'un certain nombre de ses hommes. Au milieu de l'agitation populaire, ils furent jug&#233;s pour trahison et d&#233;clar&#233;s coupables. En d&#233;cembre 1859, Brown fut pendu. Le Nord protesta avec v&#233;h&#233;mence contre son ex&#233;cution. Brown encouragea les Noirs dans leur lutte contre l'esclavage et favorisa le rassemblement des forces abolitionnistes du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Cf. J. C. Calhoun, Works, ed. R. K. Crall&#233; (New York 1854), vol. IV, pp. 340, 341, 343.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] En juillet 1832, Jackson signa &#171; un tarif syst&#233;matiquement protectionniste &#187;, qui provoqua un large m&#233;contentement en Caroline du Sud. John C. Calhoun cristallisa dans son &#201;tat le sentiment qu'il fallait annuler le tarif protectionniste et faire s&#233;cession. Une session sp&#233;ciale des magistrats de la Caroline du Sud se r&#233;unit et ordonna la convocation d'une assembl&#233;e. Celle-ci adopta le 24 novembre 1832 une ordonnance annulant le tarif, appelant les citoyens de l'&#201;tat &#224; d&#233;fendre l'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis du pouvoir f&#233;d&#233;ral et mena&#231;ant de faire s&#233;cession. Cette ordonnance devait prendre effet &#224; dater de f&#233;vrier 1833. Entre-temps, le pr&#233;sident Jackson agit en toute h&#226;te. Apr&#232;s avoir annonc&#233; son intention de faire appliquer par la force toutes les lois f&#233;d&#233;rales en Caroline du Sud, il envoya des troupes et des navires &#224; Charleston. Comme aucun des autres &#201;tats sudistes ne r&#233;agit, la Caroline du Sud plia bient&#244;t. Pour la d&#233;claration de Jackson sur le tarif consid&#233;r&#233; comme un pr&#233;texte pour faire s&#233;cession, cf. sa lettre au r&#233;v&#233;rend Andrew J. Crawford, dat&#233;e du 1er mai 1833, in : A. Jackson, Correspondance, ed. J. S. Bassett and J. F. Jameson, Washington 1931, vol. V, p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Le tarif Morrill est un droit douanier de caract&#232;re protectionniste, pr&#233;sent&#233; au Congr&#232;s par le r&#233;publicain Morrill et adopt&#233; en mai 1860. Les taxes douani&#232;res augment&#232;rent sensiblement &#224; la suite de ce tarif. D&#232;s le 4 f&#233;vrier, les d&#233;l&#233;gu&#233;s des six &#201;tats se concert&#232;rent &#224; Montgomery pour former la Conf&#233;d&#233;ration sudiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;CONOMIE DES FORCES EN PR&#201;SENCE&lt;br class='autobr' /&gt;
LA GUERRE CIVILE NORD-AM&#201;RICAINE&lt;br class='autobr' /&gt;
Die Presse, 25.10.1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 20 octobre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des mois, les quotidiens et hebdomadaires qui donnent le ton au reste de la presse londonienne, ressassent la m&#234;me litanie sur la guerre civile am&#233;ricaine. Tout en insultant les libres &#201;tats du Nord, ils se d&#233;fendent anxieusement du soup&#231;on de sympathiser avec les &#201;tats esclavagistes du Sud. En fait, ils &#233;crivent toujours deux types d'articles : l'un pour attaquer le Nord, l'autre pour excuser leurs attaques contre le Nord. Qui s'excuse s'accuse. (Fr.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs arguments sont par essence l&#233;nifiants : la guerre entre le Nord et le Sud est un simple conflit tarifaire. Elle n'a donc rien &#224; voir avec les principes, ni avec la question de l'esclavage ; en fait, il s'agit de la soif de pouvoir qu'&#233;prouve le Nord. En outre, m&#234;me si le bon droit &#233;tait du c&#244;t&#233; des nordistes, c'est en vain que l'on tenterait de mettre sous le joug par la violence huit millions d'Anglo-Saxons. Enfin, la s&#233;paration d'avec le Sud n'affranchirait-elle pas le Nord de tout rapport avec l'esclavage des Noirs et ne lui assurerait-elle pas - &#233;tant donn&#233; ses vingt millions d'habitants et son immense territoire - un d&#233;veloppement sup&#233;rieur, dont il ne soup&#231;onne m&#234;me pas l'ampleur ? En cons&#233;quence, le Nord devrait saluer la s&#233;cession comme un &#233;v&#233;nement heureux, au lieu d'essayer de la mater au moyen d'une guerre civile sanglante et inefficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons consid&#233;rer point par point le plaidoyer de la presse anglaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit entre le Nord et le Sud - telle est la premi&#232;re excuse - n'est qu'une simple guerre tarifaire, une guerre entre syst&#232;mes protectionniste et libre-&#233;changiste, l'Angleterre se tenant &#233;videmment du c&#244;t&#233; de la libert&#233; commerciale. Le propri&#233;taire d'esclaves peut-il jouir pleinement des fruits du travail de ses esclaves, ou doit-il en &#234;tre partiellement frustr&#233; par les protectionnistes du Nord ? Telle est la question qui se pose dans cette guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait r&#233;serv&#233; au Times de faire cette brillante d&#233;couverte, l'Economist, l'Examiner, la Saturday Review et tutti quanti s'attachant &#224; exposer ce th&#232;me en d&#233;tail. Il vaut d'&#234;tre not&#233; que cette d&#233;couverte n'a pas &#233;t&#233; faite &#224; Charleston, mais &#224; Londres. Naturellement, chacun sait en Am&#233;rique que le syst&#232;me du libre-&#233;change pr&#233;valait de 1846 &#224; 1861, et qu'il fallut attendre 1861 pour que le repr&#233;sentant Morrill fasse voter son syst&#232;me de protection tarifaire par le Congr&#232;s, apr&#232;s que la r&#233;bellion eut &#233;clat&#233;. Il n'y a donc pas eu de s&#233;cession parce que le Congr&#232;s avait vot&#233; le syst&#232;me tarifaire de Morrill, mais, dans le meilleur des cas, ce syst&#232;me fut adopt&#233; au Congr&#232;s parce que la s&#233;cession avait &#233;clat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la Caroline du Sud eut en 1831 sa premi&#232;re crise de s&#233;cession, les lois protectionnistes de 1828 lui servirent certes de pr&#233;texte, mais seulement de pr&#233;texte, comme on l'a su par la d&#233;claration du g&#233;n&#233;ral Jackson [1]. En fait, on n'a pas repris cette fois-ci ce vieux pr&#233;texte. Au Congr&#232;s de la s&#233;cession de Montgomery, on a &#233;vit&#233; toute allusion &#224; la question tarifaire, parce que la culture sucri&#232;re de la Louisiane - l'un des &#201;tats les plus influents du Sud - d&#233;pend enti&#232;rement de la protection tarifaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la presse londonienne soutient dans son plaidoyer que la guerre des &#201;tats-Unis vise uniquement au maintien de l'Union par la force. Les nordistes ne peuvent se r&#233;soudre &#224; effacer quinze &#233;toiles de leur drapeau. Les Yankees veulent se tailler une place &#233;norme sur la sc&#232;ne mondiale. Certes, il en serait tout autrement si cette guerre &#233;tait men&#233;e pour l'abolition de l'esclavage ! Mais, comme la Saturday Review le d&#233;clare cat&#233;goriquement, cette guerre n'a rien &#224; voir avec la question de l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il faut rappeler que la guerre n'a pas &#233;t&#233; provoqu&#233;e par le Nord, mais par le Sud. Le Nord se trouve sur la d&#233;fensive. Pendant des mois, il a regard&#233; sans broncher les s&#233;cessionnistes s'emparer des forts, des arsenaux militaires, des installations portuaires, des b&#226;timents de douane, des bureaux de paierie, des navires et d&#233;p&#244;ts d'armes de l'Union, insulter son drapeau et faire prisonniers des corps de troupe entiers. Finalement, les s&#233;cessionnistes d&#233;cid&#232;rent de contraindre le gouvernement de l'Union &#224; sortir de sa passivit&#233; par un acte de guerre retentissant, et c'est pour cette seule raison qu'ils bombard&#232;rent Fort Sumter pr&#232;s de Charleston. Le 11 avril (1861), leur g&#233;n&#233;ral Beauregard avait appris, lors d'une rencontre avec le commandant de Fort Sumter, le major Anderson, que la place disposait seulement de trois jours de vivres et devait donc rendre les armes, pass&#233; ce d&#233;lai. Afin de h&#226;ter la reddition, les s&#233;cessionnistes ouvrirent aux premi&#232;res heures du lendemain (12 avril) le bombardement, qui devait aboutir &#224; la chute de la place en quelques heures. A peine cette nouvelle parvint-elle par t&#233;l&#233;graphe &#224; Montgomery, le si&#232;ge du Congr&#232;s de la s&#233;cession, que le ministre de la Guerre Walker d&#233;clara publiquement au nom de la nouvelle Conf&#233;d&#233;ration : &#171; Nul ne peut dire o&#249; finira la guerre commenc&#233;e aujourd'hui. &#187; [2] En m&#234;me temps, il proph&#233;tisa &#171; qu'avant le 1&#176; mai le drapeau de la Conf&#233;d&#233;ration du Sud flotterait sur le d&#244;me du vieux Capitole de Washington et sous peu sans doute aussi sur le Faneuil Hall de Boston &#187;, [3] C'est seulement apr&#232;s qu'il y eut la proclamation, dans laquelle Lincoln rappela soixante quinze mille hommes pour la protection de l'Union. Le bombardement de Fort Sumter coupa la seule voie constitutionnelle possible, &#224; savoir la convocation d'une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du peuple am&#233;ricain, comme Lincoln l'avait propos&#233; dans son adresse inaugurale [4]. Il ne restait plus &#224; Lincoln d'autre choix que de s'enfuir de. Washington, d'&#233;vacuer le Maryland et le Delaware, d'abandonner le Missouri et la Virginie, ou de r&#233;pondre &#224; la guerre par la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la question de savoir quel est le principe de la guerre civile am&#233;ricaine, le Sud lui-m&#234;me r&#233;pond par le cri de guerre lanc&#233; au moment de la rupture de la paix. Stephens, le vice-pr&#233;sident de la Conf&#233;d&#233;ration du Sud, d&#233;clara au Congr&#232;s de la s&#233;cession que ce qui distinguait essentiellement la Constitution nouvellement tram&#233;e &#224; Montgomery de celle de Washington et Jefferson, c'&#233;tait que, d&#233;sormais et pour la premi&#232;re fois, l'esclavage &#233;tait reconnu comme une institution bonne en soi et comme le fondement de tout l'&#233;difice de l'&#201;tat, alors que les p&#232;res de la r&#233;volution, emp&#234;tr&#233;s qu'ils &#233;taient dans les pr&#233;jug&#233;s du XVIII&#176; si&#232;cle, avaient trait&#233; l'esclavage comme un mal import&#233; d'Angleterre et devant &#234;tre &#233;limin&#233; progressivement. Un autre matamore du Sud, M. Speeds, s'&#233;cria, &#171; Il s'agit pour nous de fonder une grande r&#233;publique esclavagiste (a great slave republic). &#187; Comme on le voit, le Nord a tir&#233; l'&#233;p&#233;e simplement pour d&#233;fendre l'Union, et le Sud n'a-t-il pas d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; que le maintien de l'esclavage n'&#233;tait plus compatible pour longtemps avec l'existence de l'Union ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le bombardement de Fort Sumter donna le signal de l'ouverture des hostilit&#233;s, la victoire &#233;lectorale du Parti r&#233;publicain du Nord - l'&#233;lection de Lincoln &#224; la pr&#233;sidence - donna le signal de la s&#233;cession. Lincoln fut &#233;lu le 6 novembre 1860. Le 8 novembre 1860, c'&#233;tait le t&#233;l&#233;gramme de la Caroline du Sud : &#171; La s&#233;cession est consid&#233;r&#233;e ici comme un fait accompli. &#187; Le 10 novembre, l'Assembl&#233;e l&#233;gislative de G&#233;orgie mit en chantier ses plans de s&#233;cession, et le 15 novembre une session sp&#233;ciale d&#233; l'Assembl&#233;e l&#233;gislative du Mississippi &#233;tait convoqu&#233;e pour d&#233;battre de la s&#233;cession. A vrai dire, la victoire de Lincoln elle-m&#234;me n'&#233;tait que le r&#233;sultat d'une scission dans le camp d&#233;mocrate. Durant la bataille &#233;lectorale, les d&#233;mocrates du Nord avaient concentr&#233; leurs voix sur Douglas, et ceux du Sud sur Breckinridge, et cet &#233;parpillement des voix d&#233;mocrates permit la victoire du Parti r&#233;publicain. D'o&#249; provient, d'une part, la sup&#233;riorit&#233; du Parti r&#233;publicain dans le Nord , et, d'autre part, la division au sein du Parti d&#233;mocrate, dont les membres, au Nord et au Sud, op&#233;raient de concert depuis plus d'un demi-si&#232;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sidence de Buchanan repr&#233;senta le point culminant de la domination sur l'Union que le Sud avait fini par usurper gr&#226;ce &#224; son alliance avec les d&#233;mocrates du Nord. Le dernier Congr&#232;s continental de 1787 et le premier Congr&#232;s constitutionnel de 1789-1790 avaient l&#233;galement banni l'esclavage de tous les territoires de la R&#233;publique au nord-ouest de l'Ohio. (Comme on le sait, les territoires sont les noms donn&#233;s aux colonies situ&#233;es &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des &#201;tats-Unis, tant qu'elles n'ont pas atteint le niveau de population constitutionnellement prescrit pour la formation d'&#201;tats autonomes.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le compromis dit du Missouri (1820) [5], &#224; la suite duquel le Missouri est entr&#233; dans les rangs des &#201;tats-Unis en tant qu'&#201;tat esclavagiste, exclut l'esclavage de tout le territoire au-del&#224; du 360&#176; 30' de latitude nord, et &#224; l'ouest du Missouri. Ce compromis fit avancer la zone de l'esclavage de plusieurs degr&#233;s de longitude, tandis que par ailleurs on assignait des limites g&#233;ographiques tr&#232;s pr&#233;cises &#224; sa propagation future. Cette barri&#232;re g&#233;ographique fut &#224; son tour renvers&#233;e en 1854 par ce que l'on appelle le Kansas-Nebraska bill [6], dont. le promoteur fut Stephen A. Douglas, alors leader de la d&#233;mocratie du Nord. Le bill adopt&#233; par les deux chambres du Congr&#232;s abolit le compromis du Missouri, pla&#231;a sur le m&#234;me pied esclavage et libert&#233;, ordonna au gouvernement de l'Union de les traiter avec la m&#234;me indiff&#233;rence, et laissa &#224; la souverainet&#233; populaire le soin de d&#233;cider s'il fallait ou non introduire l'esclavage dans un territoire. Ainsi, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire des &#201;tats-Unis, on abolissait toute limitation g&#233;ographique et l&#233;gale &#224; l'extension de l'esclavage dans les territoires. De par cette nouvelle l&#233;gislation, tout le territoire, jusque-l&#224; libre du Nouveau-Mexique et cinq fois plus grand que l'&#201;tat de New York, fut transform&#233; en pays d'esclavage, et la zone esclavagiste fut prolong&#233;e, de la fronti&#232;re de la R&#233;publique mexicaine, jusqu'au 381&#176; de latitude nord. En 1859, le Nouveau-Mexique fut dot&#233; d'un Code de l'esclavage qui rivalisait de barbarie avec les l&#233;gislations du Texas et de l'Alabama. Cependant, comme le recensement de 1860 l'indique, le Nouveau-Mexique compte &#224; peine une cinquantaine d'esclaves sur environ cent mille habitants. Il a donc suffit au Sud d'envoyer au-del&#224; de la fronti&#232;re une poign&#233;e d'aventuriers avec quelques esclaves pour rassembler, avec l'aide du gouvernement central de Washington, de ses fonctionnaires et fournisseurs du Nouveau-Mexique, un semblant de repr&#233;sentation populaire en vue d'octroyer &#224; ce territoire l'esclavage et d'imposer partout la domination des esclavagistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette m&#233;thode commode ne s'av&#233;ra pas efficace dans les autres territoires. C'est pourquoi, le Sud fit un pas de plus, et le Congr&#232;s en appela &#224; la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis. Cette cour, compos&#233;e de neuf juges, dont cinq appartenant au Sud, &#233;tait depuis longtemps l'instrument le plus docile des esclavagistes. Elle d&#233;cida, en 1857, dans le m&#233;morable cas Dred Scott [7], que chaque citoyen am&#233;ricain avait le droit d'emporter avec lui sur n'importe quel territoire toute propri&#233;t&#233; reconnue par la Constitution. Or, la Constitution reconnaissait la propri&#233;t&#233; d'esclaves ; on obligea ainsi le gouvernement de l'Union &#224; prot&#233;ger cette propri&#233;t&#233;. En cons&#233;quence, sur une base constitutionnelle, les esclaves pouvaient &#234;tre contraints par leurs ma&#238;tres &#224; travailler dans tous les territoires, et il &#233;tait loisible &#224; chaque, esclavagiste en particulier d'introduire l'esclavage - m&#234;me contre la volont&#233; de la majorit&#233; des colons - dans tous les territoires libres jusque-l&#224;. On d&#233;nia ainsi aux assembl&#233;es l&#233;gislatives locales le droit d'interdire l'esclavage, et on imposa au Congr&#232;s et au gouvernement de l'Union le devoir de favoriser les promoteurs de l'esclavagisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le compromis du Missouri de 1820 avait &#233;tendu la limite g&#233;ographique de l'esclavagisme dans les territoires, si le Kansas-Nebraska bill de 1854 avait effac&#233; toute fronti&#232;re g&#233;ographique et l'avait remplac&#233;e par une barri&#232;re politique - la volont&#233; de la majorit&#233; des colons - la Cour supr&#234;me des &#201;tats-Unis, par sa d&#233;cision de 1857, abattait toute entrave politique et transformait tous les territoires de la R&#233;publique, pr&#233;sents et futurs, de libres &#201;tats en serres chaudes de l'esclavagisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, sous le gouvernement de Buchanan, on aggrava en 1850 la l&#233;gislation sur l'extradition des esclaves en fuite ; et on l'appliqua impitoyablement dans les &#201;tats du Nord [8]. Il apparut que le vocation constitutionnelle du Nord &#233;tait de rattraper les esclaves pour les ma&#238;tres du Sud. D'autre part, en vue de freiner autant que possible la colonisation des territoires par de libres colons, le parti esclavagiste mit en &#233;chec toute la l&#233;gislation sur la libert&#233; du sol, c'est-&#224;-dire les r&#232;glements assurant aux colons une quantit&#233; d&#233;termin&#233;e de terres d'&#201;tat libres de charges [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique int&#233;rieure aussi bien qu'ext&#233;rieure des &#201;tats-Unis se mit au service des esclavagistes. De fait, Buchanan avait acc&#233;d&#233; &#224; la dignit&#233; pr&#233;sidentielle gr&#226;ce au manifeste d'Ostende, o&#249; il proclamait que l'acquisition de Cuba, soit &#224; titre on&#233;reux soit par la force des armes, &#233;tait la grande t&#226;che de la politique nationale [10]. Sous son gouvernement, le Nord du Mexique fut d&#233;j&#224; distribu&#233; aux sp&#233;culateurs fonciers am&#233;ricains, qui attendaient avec impatience le signal pour envahir Chihuahua, Coahuila et Sonora [11]. Les continuelles exp&#233;ditions de pirates et de flibustiers contre les &#201;tats d'Am&#233;rique centrale [12] &#233;taient dirig&#233;es, s'il vous pla&#238;t, de la Maison-Blanche de Washington. En liaison intime avec cette politique ext&#233;rieure, qui se proposait ouvertement de conqu&#233;rir des territoires nouveaux afin d'y introduire l'esclavage et la domination des esclavagistes, se situait la r&#233;ouverture du commerce des esclaves secr&#232;tement appuy&#233;e par le gouvernement de l'Union [13]. Stephen A. Douglas lui-m&#234;me d&#233;clara le 20 ao&#251;t 1859 au S&#233;nat am&#233;ricain : &#171; L'an dernier, nous avons import&#233; plus de n&#232;gres d'Afrique que jamais auparavant au cours d'une ann&#233;e, m&#234;me &#224; l'&#233;poque o&#249; le commerce des esclaves &#233;tait encore l&#233;gal. Le nombre des esclaves import&#233;s l'ann&#233;e derni&#232;re se serait &#233;lev&#233; &#224; quinze mille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propagation par la force arm&#233;e de l'esclavage &#224; l'ext&#233;rieur, tel &#233;tait le but avou&#233; de la politique nationale. De fait, l'Union &#233;tait devenue l'esclave des trois cent mille esclavagistes, qui dominaient le. Sud. Ce r&#233;sultat d&#233;coulait d'une s&#233;rie de compromis que le Sud devait &#224; son alliance avec les d&#233;mocrates du Nord. Toutes les tentatives renouvel&#233;es p&#233;riodiquement, depuis 1817, pour r&#233;sister aux empi&#233;tements croissants des esclavagistes &#233;chou&#232;rent devant cette alliance. Enfin, ce fut le tournant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que fut vot&#233; le Kansas-Nebraska bill qui effa&#231;ait la ligne fronti&#232;re de l'esclavage et en soumettait l'application &#224; la volont&#233; des colons dans les territoires nouveaux, les &#233;missaires arm&#233;s des esclavagistes - voyous des r&#233;gions fronti&#232;res du Missouri et de l'Arkansas - se pr&#233;cipit&#232;rent sur le Kansas, le couteau de chasse dans une main et le revolver dans l'autre, afin d'en chasser les colons et les traitant avec une cruaut&#233; sans nom. Ces raids de brigandage trouvaient appui aupr&#232;s du gouvernement central de Washington. D'o&#249; l'immense r&#233;action. Dans tout le nord, et notamment dans le nord-ouest, il se forma une organisation auxiliaire pour apporter au Kansas un soutien en hommes, armes et argent [14]. De cette organisation auxiliaire, naquit le Parti r&#233;publicain, qui doit donc son existence &#224; la lutte pour d&#233;fendre le Kansas. Apr&#232;s l'&#233;chec de la tentative pour transformer par la force le Kansas en un territoire &#224; esclaves, le Sud s'effor&#231;a d'aboutir au m&#234;me r&#233;sultat au moyen d'intrigues politiques. Le gouvernement de Buchanan, en particulier, mit tout en oeuvre pour rel&#233;guer le Kansas parmi les &#201;tats esclavagistes des &#201;tats-Unis, en lui imposant une constitution pro-esclavagiste. D'o&#249; une lutte nouvelle, conduite cette fois pour l'essentiel au Congr&#232;s de Washington. M&#234;me Stephen A. Douglas, le chef des d&#233;mocrates du Nord intervint alors (1857-1858) contre le gouvernement et ses alli&#233;s du Sud, parce que l'octroi d'une constitution esclavagiste contredisait le principe de la souverainet&#233; des colons garantie par le Nebraska bill de 1854. Douglas, s&#233;nateur de l'Illinois, un &#201;tat du nord-ouest, e&#251;t naturellement perdu toute son influence, s'il avait voulu conc&#233;der au Sud le droit de d&#233;poss&#233;der, par la force des armes ou par des actes du Congr&#232;s, les territoires colonis&#233;s par le Nord [15]. Apr&#232;s avoir cr&#233;&#233; le Parti r&#233;publicain, la lutte pour le Kansas provoquait maintenant la premi&#232;re scission au sein du Parti d&#233;mocrate lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti r&#233;publicain se donna une premi&#232;re plate-forme, &#224; l'occasion des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 1856. Bien que son candidat - John Fr&#233;mont - ne f&#251;t pas victorieux, le nombre consid&#233;rable de voix qu'il remporta prouva en tout cas que le parti croissait rapidement notamment au nord-ouest [16]. Lors de leur seconde Convention nationale pour les &#233;lections pr&#233;sidentielles (17 mai 1860), les r&#233;publicains enrichirent leur programme de 1856 de quelques additions seulement. Il contenait essentiellement les points suivants : il ne faut plus c&#233;der le moindre pouce de terrain aux esclavagistes ; il faut que cesse la politique de banditisme vis-&#224;-vis de l'ext&#233;rieur ; il faut stigmatiser la r&#233;ouverture du commerce des esclaves ; enfin, il faut &#233;dicter des lois sur la libert&#233; de la terre, afin de promouvoir la libre colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point d&#233;cisif et vital de ce programme &#233;tait qu'on ne c&#233;derait plus un pouce de terrain nouveau &#224; l'esclavagisme ; au contraire on devait le tenir cantonn&#233; dans les limites des &#201;tats o&#249; il subsistait d&#233;j&#224; l&#233;galement [17]. Ainsi, l'esclavage devait-il formellement &#234;tre confin&#233;. Or, l'extension progressive du territoire et du domaine de l'esclavagisme au-del&#224; de leurs limites anciennes est une loi vitale pour les &#201;tats esclavagistes de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La culture des articles d'exportation du sud - coton, tabac, sucre, etc. - pratiqu&#233;e par les esclaves, est r&#233;mun&#233;ratrice, aussi longtemps seulement qu'elle s'effectue avec de larges apports d'esclaves, sur une vaste &#233;chelle et d'immenses espaces de terres naturellement fertiles, qui n'exigent qu'un travail simple. La culture intensive qui ne d&#233;pend pas tant de la fertilit&#233; du sol que des placements de capitaux, de l'intelligence et de l'&#233;nergie du travailleur, est contraire &#224; la nature de l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste &#224; une rapide transformation d'&#201;tats, tels que le Maryland et la Virginie, qui utilisaient autrefois des esclaves pour produire des articles d'exportation, en &#201;tats qui &#233;l&#232;vent des esclaves pour les exporter ensuite vers les &#201;tats situ&#233;s plus au sud. M&#234;me en Caroline du Sud, o&#249; les esclaves repr&#233;sentent les quatre-septi&#232;mes de la population, la production de coton est rest&#233;e enti&#232;rement stationnaire depuis des ann&#233;es du fait de l'&#233;puisement du sol. Et effectivement, de par la seule force des choses, la Caroline du Sud s'est d&#233;j&#224; partiellement transform&#233;e en un &#201;tat d'&#233;levage des esclaves, puisque chaque ann&#233;e elle vend d&#233;j&#224; pour quatre millions de dollars d'esclaves aux &#201;tats de l'extr&#234;me sud et du sud-ouest. Sit&#244;t que ce point est atteint, il devient indispensable d'acqu&#233;rir des territoires nouveaux pour qu'une partie des ma&#238;tres d'esclaves occupent de nouvelles bandes de terres fertiles, la partie abandonn&#233;e derri&#232;re eux se transformant en territoire d'&#233;levage d'esclaves destin&#233;s &#224; la vente sur le march&#233;. Il ne fait donc aucun doute que, sans l'acquisition de la Louisiane, du Missouri et de l'Arkansas par les &#201;tats-Unis, l'esclavage se serait &#233;teint depuis longtemps en Virginie et au Maryland. Au Congr&#232;s s&#233;cessionniste de Montgomery, l'un des porte-parole du Sud - le s&#233;nateur Toombs - a formul&#233; d'une mani&#232;re frappante la loi &#233;conomique qui commande l'extension continuelle du territoire de l'esclavage : &#171; Si d'ici quinze ans nous ne b&#233;n&#233;ficions pas d'un immense accroissement des terres &#224; esclaves, nous devrons permettre aux esclaves de fuir de chez les Blancs, &#224; moins que les Blancs ne fuient devant les esclaves. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, les mandats des. diff&#233;rents &#201;tats &#224; la Chambre des repr&#233;sentants du Congr&#232;s d&#233;pendent du nombre d'habitants de leur population respective. Comme la population des &#201;tats libres cro&#238;t infiniment plus vite que celle des &#201;tats esclavagistes, le nombre des repr&#233;sentants du Nord doit bient&#244;t d&#233;passer de loin celui des repr&#233;sentants. du Sud. Le v&#233;ritable si&#232;ge de la puissance politique du Sud se d&#233;place toujours plus vers le S&#233;nat am&#233;ricain, o&#249; chaque &#201;tat - que sa population soit forte ou faible - dispose de deux postes de s&#233;nateurs. Pour maintenir son influence au S&#233;nat et, par ce truchement, son h&#233;g&#233;monie sur les &#201;tats-Unis, le Sud a donc besoin de cr&#233;er sans cesse de nouveaux &#201;tats esclavagistes. Or, de n'est possible qu'en gagnant des pays &#233;trangers - le Texas par exemple - ou en transformant les territoires appartenant aux &#201;tats-Unis, d'abord en territoires &#224; esclaves, puis en &#201;tats esclavagistes, comme c'est le cas du Missouri, de l'Arkansas, etc. John Calhoun - adul&#233; par les esclavagistes et consid&#233;r&#233; comme leur homme d'&#201;tat par excellence - d&#233;clarait d&#233;j&#224; le 19 f&#233;vrier 1847 au S&#233;nat, que seule cette Chambre mettait la balance du pouvoir aux mains du Sud, que, l'extension du territoire esclavagiste &#233;tait indispensable pour pr&#233;server cet &#233;quilibre entre le Sud et le Nord au S&#233;nat, et que les tentatives de cr&#233;ation par la force de nouveaux &#201;tats esclavagistes se justifiaient donc pour le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le nombre des actuels, esclavagistes dans le sud de l'Union atteint &#224; peine trois cent mille, soit une oligarchie tr&#232;s mince &#224; laquelle font face des millions de &#171; pauvres Blancs &#187; (poor Whites), dont la masse cro&#238;t sans cesse en raison de la concentration de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, et dont les conditions ne sont comparables qu'&#224; celles des pl&#233;b&#233;iens romains &#224; l'&#233;poque du d&#233;clin extr&#234;me de Rome. C'est seulement par l'acquisition - ou la perspective d'acquisition - de territoires nouveaux, ou par des exp&#233;ditions de flibusterie qu'il est possible d'accorder les int&#233;r&#234;ts de ces &#171; pauvres Blancs &#187; &#224; ceux des esclavagistes, et de donner &#224; leur turbulent besoin d'activit&#233; une direction qui ne soit pas dangereuse, puisqu'elle fait miroiter &#224; leurs yeux l'espoir qu'ils peuvent devenir un jour eux-m&#234;mes des propri&#233;taires d'esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un strict confinement de l'esclavage dans son ancien domaine devrait donc - de par les lois &#233;conomiques de l'esclavagisme - conduire &#224; son extinction progressive, puis - du point de vue politique - ruiner l'h&#233;g&#233;monie exerc&#233;e par les &#201;tats esclavagistes du Sud gr&#226;ce au S&#233;nat, et enfin exposer, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de leurs &#201;tats, l'oligarchie esclavagiste &#224; des dangers de plus en plus mena&#231;ants de la part des &#171; pauvres Blancs &#187;. Bref, les r&#233;publicains attaquaient &#224; la racine la domination des esclavagistes, en proclamant le principe qu'ils s'opposeraient par la loi &#224; toute extension future des territoires &#224; esclaves. La victoire &#233;lectorale des r&#233;publicains devait donc pousser &#224; la lutte ouverte entre le Nord et le Sud. Toutefois, cette victoire &#233;tait elle-m&#234;me conditionn&#233;e par la scission dans le camp d&#233;mocrate, ainsi que nous l'avons d&#233;j&#224; mentionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte pour le Kansas avait d&#233;j&#224; provoqu&#233; une coupure entre le Parti esclavagiste et ses alli&#233;s d&#233;mocrates du Nord. Lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 1860, le m&#234;me conflit &#233;clatait sous une forme encore plus g&#233;n&#233;rale. Les d&#233;mocrates du Nord, avec leur candidat Douglas, firent d&#233;pendre l'introduction de l'esclavage dans les territoires de la volont&#233; de la majorit&#233; des colons. Le parti esclavagiste - avec son candidat Breckinridge - soutint que la Constitution des &#201;tats-Unis - comme la Cour supr&#234;me l'avait d&#233;clar&#233; - entra&#238;nait l&#233;galement l'esclavage dans son sillage ; en soi et pour soi, l'esclavage &#233;tait d&#233;j&#224; l&#233;gal sur tout le territoire et n'exigeait aucune naturalisation particuli&#232;re. Ainsi donc, tandis que les r&#233;publicains interdisaient tout &#233;largissement des territoires esclavagistes, le parti sudiste pr&#233;tendait que tous les territoires de la r&#233;publique &#233;taient ses domaines r&#233;serv&#233;s. Et, de fait, il tenta, par exemple au Kansas, d'imposer de force &#224; un territoire l'esclavage, gr&#226;ce au gouvernement central, contre la volont&#233; des colons. Bref, il faisait maintenant de l'esclavage la loi de tous les territoires de l'Union. Cependant, faire cette concession n'&#233;tait pas au pouvoir des chefs d&#233;mocrates : elle aurait simplement fait d&#233;serter leur arm&#233;e dans le camp r&#233;publicain. Au reste, la &#171; souverainet&#233; des colons &#187; &#224; la Douglas ne pouvait satisfaire le parti des esclavagistes. Ce qu'ils voulaient r&#233;aliser devait se faire dans les quatre ann&#233;es suivantes sous le nouveau pr&#233;sident et par le gouvernement central : aucun d&#233;lai n'&#233;tait permis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'&#233;chappait pas aux esclavagistes qu'une nouvelle puissance &#233;tait n&#233;e, le Nord-ouest, dont la population avait presque doubl&#233; de 1850 &#224; 1860 et qui &#233;tait maintenant sensiblement &#233;gale &#224; la population blanche des &#201;tats esclavagistes [18]. Or, cette puissance n'&#233;tait pas encline, de par ses traditions, son temp&#233;rament et son mode de vie, &#224; se laisser tra&#238;ner de compromis en compromis, comme l'avaient fait les vieux &#201;tats du nord-est. L'Union n'avait d'int&#233;r&#234;t pour le Sud que si elle lui donnait le pouvoir f&#233;d&#233;ral pour r&#233;aliser sa politique esclavagiste. Si ce n'&#233;tait plus le cas, il valait mieux rompre maintenant plut&#244;t que d'assister pendant encore quatre ans au d&#233;veloppement du Parti r&#233;publicain et &#224; l'essor du Nord-Ouest, pour engager la lutte sous des auspices plus d&#233;favorables. Le parti esclavagiste joua donc son va-tout. Lorsque les d&#233;mocrates du Nord refus&#232;rent de jouer plus longtemps le r&#244;le de &#171; pauvres Blancs &#187; du Sud, le Sud donna la victoire &#224; Lincoln en &#233;parpillant ses voix ; il tira ensuite l'&#233;p&#233;e, en prenant cette victoire pour pr&#233;texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, tout le mouvement reposait - et repose encore - sur la question des esclaves. Certes, il ne s'agit pas directement d'&#233;manciper - ou non - les esclaves au sein des &#201;tats esclavagistes existants ; il s'agit bien plut&#244;t de savoir si vingt millions d'hommes libres du Nord vont se laisser dominer plus longtemps par une oligarchie de trois cent mille esclavagistes, si les immenses territoires de la R&#233;publique serviront de serres chaudes au d&#233;veloppement d'&#201;tats libres ou d'&#201;tats esclavagistes, si, enfin, la politique nationale de l'Union aura pour devise la propagation arm&#233;e de l'esclavage au Mexique et en Am&#233;rique centrale et m&#233;ridionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un autre article, nous examinerons ce. que vaut l'assertion de la presse londonienne, selon laquelle le Nord devrait approuver la s&#233;cession comme la solution la plus favorable et au demeurant, la seule possible du conflit en cours [19].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Comme l'indiquent les deux notes pr&#233;c&#233;dentes, la d&#233;claration de Jackson relative au tarif servit de simple pr&#233;texte pour faire s&#233;cession. D&#232;s 1828, la Caroline du Sud fit une premi&#232;re offensive pour son annulation : ses assembl&#233;es nomm&#232;rent un comit&#233; de sept membres pour contester la constitutionnalit&#233; du tarif protectionniste de 1828. Ce comit&#233; mit au point, un rapport, r&#233;dig&#233; en fait par John C. Calhoun, alors vice-pr&#233;sident des &#201;tats-Unis. Ce document, connu par la suite sous le nom de D&#233;claration de la Caroline du Sud, proclamait que la loi sur les tarifs de 1828 &#233;tait inconstitutionnelle et demandait au Congr&#232;s de l'annuler. Les Chambres donn&#232;rent leur accord &#224; ce projet qui fut ensuite envoy&#233; au S&#233;nat o&#249; il fut accept&#233; (f&#233;vrier 1829). Si la Caroline du Sud n'agita pas dans sa D&#233;claration de 1828 une action plus &#233;nergique (c'est-&#224;-dire proclamation publique du droit &#224; la s&#233;cession), c'est parce qu'elle croyait qu'on adopterait un tarif moins &#233;lev&#233; d&#232;s que le pr&#233;sident &#233;lu Jackson serait au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Cf. Times du 27 avril 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Faneuil Hall, connu sous le nom de &#171; Berceau de la libert&#233; &#187; &#233;tait le lieu de rendez-vous des r&#233;volutionnaires de Boston au cours de la guerre d'Ind&#233;pendance. Un riche marchand, Peter Faneuil, en avait fait don &#224; la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Dans son discours inaugural, Lincoln d&#233;clara nettement qu'il &#233;tait d'avis que les populations pouvaient amender la Constitution si elles le d&#233;siraient : &#171; Sans recommander que l'on fasse des amendements, dit-il, je reconnais sans arri&#232;re-pens&#233;e que le peuple exerce pleinement le contr&#244;le sur toute cette question... Je me risquerais m&#234;me &#224; ajouter qu'&#224; mes yeux le syst&#232;me conventionnel est pr&#233;f&#233;rable, en cela m&#234;me qu'il permet au peuple de faire des amendements. &#187; Cf. A. Lincoln, Inaugural Address, March 4, 1861, reproduit dans : H. Greeley, The American Conflict, Hartford 1864, vol I. p. 425.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les suffrages exprim&#233;s lors de l'&#233;lection de 1860 se r&#233;partissent comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombre de voix&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voix au colll&#232;ge &#233;lectoral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lincoln&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 866 452&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;180&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Douglas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 376 957&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;112&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breckinridge&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;849 781&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;72&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bell&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;588 879&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi donc, si l'on ajoute les voix de Douglas &#224; celles de Breckinridge on obtient 360 286 de plus que celles de Lincoln.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le Compromis du Missouri marqua le d&#233;but d'une s&#233;rie de luttes politiques qui culmin&#232;rent dans la guerre de S&#233;cession. En 1820, le Sud esclavagiste se trouva dans une situation insolite. Le Nord libre avait d&#233;finitivement pris en main le contr&#244;le de la Chambre des repr&#233;sentants. Par cons&#233;quent, le Sud ne pouvait plus s'opposer &#224; l'&#233;laboration de lois favorables au Nord, ou de mesures dirig&#233;es contre le Sud, &#224; moins de dominer le S&#233;nat. Or, la majorit&#233; dans cette assembl&#233;e d&#233;pendait de l'entr&#233;e du Missouri en tant qu'&#201;tat esclavagiste. Pour emp&#234;cher le Sud d'avoir la majorit&#233; dans la Chambre Haute, le Nord demanda l'admission du Maine. A la suite de longs et violents d&#233;bats, les deux &#201;tats furent admis, maintenant ainsi l'&#233;quilibre des forces au S&#233;nat. De plus, le compromis du Missouri pr&#233;vit l'abolition de l'esclavage dans le territoire de la Louisiane situ&#233; au-del&#224; de la ligne du 360&#176; 30' de latitude nord. Ce compromis fut pratiquement annul&#233; en 1854 par l'adoption du Kansas-Nebraska bill.&lt;br class='autobr' /&gt;
La gravit&#233; de cette lutte au niveau parlementaire fut pleinement comprise &#224; l'&#233;poque. Le 7 f&#233;vrier 1820, Jefferson &#233;crivait &#224; Hugh Nelson au sujet de la question du Missouri : &#171; C'est la plus importante qui ait jamais menac&#233; notre Union. M&#234;me aux plus noirs moments de la guerre r&#233;volutionnaire, je n'ai jamais &#233;prouv&#233; de craintes semblables &#224; celles que me cause cet incident. &#187; (Cf. T. Jefferson, Writings, ed. P. L. Ford, New York, 1899, vol. X, p. 156.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le Kansas-Nebraska bill fut adopt&#233; en mai 1854 par le Congr&#232;s am&#233;ricain. Il stipulait la cr&#233;ation de deux territoires, en supposant que le Nebraska entrerait comme &#201;tat libre dans l'Union, contrairement au Kansas. Ainsi les forces du Nord et du Sud seraient &#233;galement repr&#233;sent&#233;es au S&#233;nat. En outre, cette loi, pr&#233;voyait l'annulation de la ligne s&#233;parant les &#201;tats libres des &#201;tats esclavagistes (compromis du Missouri). Les esclavagistes obtinrent ainsi ce qu'ils d&#233;siraient le plus ardemment : la reconnaissance que la zone de l'esclavagisme &#233;tait illimit&#233;e aux &#201;tats-Unis. Pour obtenir la sanction des d&#233;mocrates de l'Ouest, cette loi instaura la doctrine de la souverainet&#233; populaire dans chaque &#201;tat sur la question de l'introduction ou non de l'esclavage. Cette loi mena tout droit &#224; la guerre du Kansas, conflit qui servit lui-m&#234;me de prologue &#224; la guerre civile de 1861-1865.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] L'esclave Dred Scott suivit son ma&#238;tre le Dr Emerson, dans le territoire de Louisiane situ&#233; au-dessus de la ligne du 360&#176; 30' o&#249;, l&#233;galement, l'esclavage &#233;tait interdit. Dred y v&#233;cut un certain nombre d'ann&#233;es, s'y maria et eut des enfants. Par la suite, les Scott furent ramen&#233;s dans l'&#201;tat esclavagiste du Missouri. A la mort de leur ma&#238;tre, ils furent vendus &#224; un New-Yorkais, Samford, &#224; qui ils firent un proc&#232;s pour obtenir leur libert&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'affaire fut port&#233;e devant la Cour supr&#234;me qui &#233;tait non seulement en majeure partie compos&#233;e de sudistes, mais encore pr&#233;sid&#233;e par un sudiste, le juge Taney. En r&#233;digeant l'arr&#234;t pris par la majorit&#233;, ce dernier soutint que la Cour du Missouri n'avait pas pouvoir de juridiction dans cette affaire, puisque les Scott n'&#233;taient pas et ne pouvaient &#234;tre des citoyens au sens o&#249; l'entendait la Constitution. Qui plus est, le juge sauta sur l'occasion pour donner un arr&#234;t qui accordait aux esclavagistes ce qu'ils souhaitaient le plus : le droit de transf&#233;rer leurs biens meubles - esclaves y compris - dans n'importe quel territoire des &#201;tats-Unis, et d'y garder les esclaves m&#234;me si la l&#233;gislation de l'&#201;tat local ou du Congr&#232;s s'y opposait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] La loi sur les esclaves en fuite, adopt&#233;e par le Congr&#232;s de 1850, compl&#233;tait la loi de 1793 sur l'extradition des esclaves en fuite. La loi de 1850 pr&#233;voyait en effet que tous les &#201;tats disposeraient de fonctionnaires charg&#233;s de livrer les esclaves fugitifs. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral devait employer tous les moyens dont il disposait pour reprendre possession des esclaves fugitifs, et il d&#233;niait aux esclaves le, droit d'&#234;tre jug&#233;s par un jury ou de t&#233;moigner pour leur d&#233;fense. Pour chaque Noir captur&#233; et renvoy&#233; &#224; l'esclavage, la r&#233;compense se montait &#224; dix dollars. La loi pr&#233;voyait une peine de mille dollars et six mois de prison pour quiconque s'opposait &#224; l'application de la loi. Les masses populaires furent exasp&#233;r&#233;es par cette loi, et le mouvement abolitionniste s'en trouva renforc&#233;. La loi devint pratiquement inapplicable au d&#233;but de la guerre civile, et fut abolie d&#233;finitivement en 1864.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] L'attribution gratuite de parcelles de terre libres dans l'Ouest consid&#233;r&#233; comme domaine d'&#201;tat &#233;tait la revendication essentielle des free soilers, membres d'un parti abolitionniste fond&#233; en 1848 et demandant la libert&#233; des terres. Ces free soilers, qui &#233;taient tout naturellement en comp&#233;tition avec les esclavagistes dans la colonisation des territoires nouveaux devaient exiger l'interdiction de l'esclavage dans les r&#233;gions &#224; coloniser et l'annulation des ventes de terres aux gros propri&#233;taires et sp&#233;culateurs. Le Congr&#232;s et le gouvernement de Washington oppos&#232;rent une vive r&#233;sistance &#224; ces revendications. En 1854, une loi sur la libert&#233; du sol vint en discussion au S&#233;nat ; les d&#233;mocrates du Sud s'y oppos&#232;rent aussit&#244;t, parce qu'elle &#233;tait &#171; teint&#233;e &#187; d'abolitionnisme. Bien qu'ayant &#233;t&#233; adopt&#233;e par la Chambre des repr&#233;sentants, le S&#233;nat refusa de ratifier cette loi. Ce n'est qu'en 1860 qu'elle fut vot&#233;e avec cette restriction cependant : la terre n'&#233;tait pas attribu&#233;e gratuitement, mais contre paiement de vingt-cinq dollars par acre. Pourtant, le pr&#233;sident Buchanan lui opposa son veto. Ce n'est qu'en 1862, apr&#232;s la victoire r&#233;publicaine et la d&#233;faite des &#201;tats esclavagistes, que la loi fut d&#233;finitivement adopt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Pour s'assurer de nouveaux territoires &#224; esclaves, le Sud chercha &#224; s'agrandir non seulement en direction de l'ouest, mais encore du sud. Apr&#232;s avoir spoli&#233; le Mexique de certaines r&#233;gions, les esclavagistes se tourn&#232;rent vers l'Espagne, en vue d'acheter Cuba ou de s'en emparer par les armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] De 1857 &#224; 1859, des capitalistes am&#233;ricains, sous la direction de Charles P. Stone, manifest&#232;rent un grand int&#233;r&#234;t pour les mines et les terres tr&#232;s fertiles de Sonora. Ils commenc&#232;rent par y installer des soci&#233;t&#233;s d'aide aux &#233;migrants : c'&#233;tait le premier pas vers l'annexion. La politique mexicaine du pr&#233;sident Buchanan servait parfaitement ces int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques particuliers. Aussit&#244;t apr&#232;s son entr&#233;e en fonction. Buchanan autorisa le paiement au Mexique d'une somme de douze &#224; quinze millions pour la Basse-Californie et une large portion de Sonora et de Chihuahua. En 1858, il recommanda au Congr&#232;s que le Gouvernement am&#233;ricain assum&#226;t un protectorat temporaire sur Sonora et Chihuahua et y &#233;tablisse des postes militaires. Dans son article sur l'Intervention au Mexique, Marx &#233;voque le fait que Palmerston expropria les cr&#233;anciers anglais de l'&#201;tat mexicain et fit c&#233;der le Texas aux esclavagistes nord-am&#233;ricains. Il &#233;claire ainsi les v&#233;ritables mobiles de l'exp&#233;dition au Mexique de 1860 et le contenu r&#233;el de la collusion imp&#233;rialiste entre les sudistes et l'Angleterre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Au cours des ann&#233;es 1850, les puissances esclavagistes ne convoitaient pas seulement Cuba, et le Nord du Mexique, mais encore l'Am&#233;rique centrale. Des exp&#233;ditions de flibustiers furent organis&#233;es notamment contre le Nicaragua pour en faire la base d'un immense empire esclavagiste. William Walker joua un r&#244;le essentiel dans cette entreprise. En 1855, il s'empara de Grenade ; les esclavagistes du Sud appuy&#232;rent sa proclamation instaurant et l&#233;galisant l'esclavage dans ces pays. Mais, l'aide des esclavagistes ne fut pas assez forte pour le maintenir contre la coalition des &#201;tats d'Am&#233;rique centrale. En 1857, Walker fut renvers&#233;, et ses tentatives ult&#233;rieures de reconqu&#234;te &#233;chou&#232;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] La Constitution am&#233;ricaine de 1787 l&#233;galisa l'esclavage des Noirs dans les &#201;tats o&#249; il existait d&#233;j&#224; et y permit l'achat de Noirs dans d'autres &#201;tats. C'est en mars 1807 seulement que le Congr&#232;s interdit d'importer des esclaves d'Afrique ou d'autres &#201;tats, par une loi qui entra en vigueur le 1er janvier 1808 et pr&#233;voyait certaines mesures contre la traite des Noirs, et notamment la confiscation des navires et chargements transportant les Noirs. En fait, cette loi fut continuellement tourn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme on l'a vu dans la note 10, le commerce des esclaves, quoique interdit d'une certaine mani&#232;re refleurit au cours des ann&#233;es 1850. Malgr&#233; les efforts de la Convention commerciale du Sud de 1859, la traite ne fut pas l&#233;galis&#233;e ; toutes les lois en ce sens &#233;chou&#232;rent m&#234;me en G&#233;orgie, Alabama, Louisiane et au Texas. L'&#233;chec en &#233;tait d&#251; en grande partie &#224; une contradiction au sein m&#234;me de la classe esclavagiste : les &#201;tats fronti&#232;res et orientaux qui pratiquaient l'&#233;levage des Noirs pour les vendre aux &#201;tats esclavagistes en expansion redoutaient la concurrence africaine et une d&#233;pression du prix des esclaves par suite d'une &#171; offre &#187; trop abondante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Des organisations d'aide aux colons du Kansas furent cr&#233;&#233;es en 1854-1855 dans une s&#233;rie d'&#201;tat du Nord et du Nord-Ouest (Massachusetts, New York, Pennsylvanie, Ohio, Illinois, etc.). La premi&#232;re connut le jour en avril 1854 au Massachusetts. Ces organisations se proposaient de lutter contre l'expansion de l'esclavagisme et d'installer des petits, colons au Kansas. Elles s'occupaient du recrutement de colons, du soutien financier, du transport d'appareils agricoles au Kansas, du logement des colons et de leur approvisionnement. Enfin, elles envoy&#232;rent des armes au Kansas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mouvement atteignit son apog&#233;e en &#233;t&#233; 1856 avec la guerre du Kansas. En juillet 1856, le Congr&#232;s de Buffalo d&#233;cida la cr&#233;ation d'un comit&#233; national d'aide au Kansas. Des divergences de vues emp&#234;ch&#232;rent d'organiser cette aide selon un plan unitaire. N&#233;anmoins, cette activit&#233; eut une grande influence sur l'opinion publique et contribua &#224; soutenir les forces qui cr&#233;eront le Parti r&#233;publicain. &#192; la fin de la guerre civile, cette organisation s'occupa de la colonisation de l'Or&#233;gon et de la Floride. Elle exista jusqu'en 1897.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Ainsi, le 9 d&#233;cembre 1857, Douglas, sous la pression de ses &#233;lecteurs d&#233;clara au S&#233;nat : &#171; ... si cette constitution devait nous &#234;tre impos&#233;e de force, en violation aux principes fondamentaux de libre gouvernement, et d'une mani&#232;re qui serait un simulacre et une insulte, je r&#233;sisterais jusqu'au bout... Je tiens au-grand principe de la souverainet&#233; populaire... et je m'efforcerai de le d&#233;fendre contre les assauts de quiconque, &#187; CI. S. A. Douglas, Speech on the President's Message delivered in the Senate of the United States, December 9, 1857, Washington 1857, P. 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Sur les 1 341 264 voix obtenues par Fr&#233;mont en 1856, 559 864 provenaient des &#201;tats du Nord-Ouest (Ohio, Michigan, Indiana, Illinois, Wisconsin et Iowa), soit 41,7 % du total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] &#192; cet &#233;gard, la plate-forme r&#233;publicaine de 1860 affirmait : &#171; La condition normale sur tout le territoire des &#201;tats-Unis est celle de la libert&#233; ; nos anc&#234;tres r&#233;publicains, lorsqu'ils ont aboli l'esclavage sur tout notre territoire national, ont ordonn&#233; que personne ne puisse sans proc&#232;s l&#233;gal et jug&#233;, &#234;tre d&#233;pouill&#233; de sa vie, de sa libert&#233; ou de sa propri&#233;t&#233;. Il est donc de notre devoir... de maintenir ces stipulations de la Constitution contre toute les tentatives de violation. Nous d&#233;nions au Congr&#232;s, aux assembl&#233;es locales ou &#224; quiconque le droit de donner une existence l&#233;gale &#224; l'esclavage en quelque territoire que ce soit des &#201;tats-Unis. &#187; Cf. E. Stanwood, History of Presidential Elections, Boston 1888, pp. 220-230.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] En 1860, les sept &#201;tats du Nord-Ouest (Indiana, Illinois, Iowa, Michigan, Minnesota, Ohio et Wisconsin) avaient une population de 7 773 820 habitants, tandis que la population blanche des quinze &#201;tats esclavagistes du Sud s'&#233;levait &#224; 8 036 940.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] On trouvera cet article dans la partie militaire, sous le titre : &#171; La guerre civile aux &#201;tats-Unis &#187;, in Die Presse, 7 novembre 1861, pp. 76-88.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;CONOMIE DES FORCES EN PR&#201;SENCE&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx : LE COMMERCE BRITANNIQUE DU COTON&lt;br class='autobr' /&gt;
New York Daily Tribune, 14 octobre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 21 septembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La continuelle hausse de prix du coton brut commence &#224; avoir des effets s&#233;rieux sur l'industrie cotonni&#232;re, dont la consommation a diminu&#233; maintenant de vingt-cinq pour cent par rapport &#224; la normale. Ce r&#233;sultat signifie que le taux de production diminue quotidiennement, que les fabriques ne travaillent que trois ou quatre jours par semaine et qu'une partie des machines a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, soit dans les entreprises qui pratiquent la journ&#233;e de travail raccourcie, soit dans celles qui jusqu'ici travaillaient &#224; plein temps, mais sont ferm&#233;es temporairement. Dans certaines localit&#233;s, par exemple &#224; Blackburn, la journ&#233;e de travail raccourcie s'accompagne d'une r&#233;duction de salaires. Quoi qu'il en soit, la tendance &#224; diminuer la journ&#233;e de travail n'en est qu'&#224; ses d&#233;buts, et nous pouvons pr&#233;dire avec certitude que d'ici quelques semaines on passera, dans cette branche de production tout enti&#232;re, aux trois jours de travail par semaine, en m&#234;me temps qu'on arr&#234;tera une grande partie des machines dans la plupart des entreprises. En g&#233;n&#233;ral, les fabricants et n&#233;gociants anglais n'ont pris connaissance que fort lentement et avec r&#233;ticence de l'&#233;tat pr&#233;caire de leur approvisionnement en coton. Ils disaient : &#171; Toute la derni&#232;re r&#233;colte am&#233;ricaine a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; achemin&#233;e vers l'Europe depuis longtemps. Le travail pour la nouvelle r&#233;colte vient tout juste de commencer. Nous n'aurions pas pu obtenir une balle de coton de plus, m&#234;me si nous n'avions pas entendu parler de guerre et de blocus. La saison de. la navigation ne commence pas avant fin novembre, et il faut g&#233;n&#233;ralement attendre fin d&#233;cembre pour qu'aient lieu de larges exportations. Jusque-l&#224;, il est sans grande importance que le coton reste dans les plantations ou qu'il soit achemin&#233; vers les ports sit&#244;t qu'il est mis en balles. Si le blocus s'arr&#234;te &#224; un moment quelconque avant la fin de l'ann&#233;e, nous serons certainement approvisionn&#233;s normalement en coton en mars ou avril, comme si le blocus n'avait pas exist&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au tr&#233;fonds de leur &#226;me de boutiquier, les fabricants nourrissaient l'espoir qu'avant la fin de l'ann&#233;e toute la crise am&#233;ricaine serait termin&#233;e et le blocus avec elle, ou bien que lord Palmerston forcerait le blocus par la violence. Cependant, on a plus ou moins abandonn&#233; cette derni&#232;re id&#233;e, lorsqu'on s'est aper&#231;u &#224; Manchester, entre autres circonstances,- que si le Gouvernement britannique prenait l'offensive sans y avoir &#233;t&#233; provoqu&#233;, il se heurterait &#224; la force unie de deux gigantesques groupes d'int&#233;r&#234;ts, &#224; savoir les capitalistes de la finance qui ont investi un &#233;norme capital dans les entreprises industrielles d'Am&#233;rique du Nord, et les marchands de c&#233;r&#233;ales qui trouvent en Am&#233;rique du Nord leur principale source d'approvisionnement. L'espoir que le blocus serait lev&#233; &#224; temps pour satisfaire les exigences de Liverpool et de Manchester ou que la guerre am&#233;ricaine s'ach&#232;verait par un compromis avec les s&#233;cessionnistes a fait place &#224; un ph&#233;nom&#232;ne inconnu jusqu'ici sur le march&#233; cotonnier anglais, &#224; savoir les op&#233;rations cotonni&#232;res am&#233;ricaines &#224; Liverpool, qui se manifestent soit par des sp&#233;culations, soit par des r&#233;exp&#233;ditions en Am&#233;rique. En cons&#233;quence, le march&#233; cotonnier de Liverpool connaissait une agitation f&#233;brile au cours des deux derni&#232;res semaines, les placements sp&#233;culatifs de capitaux des n&#233;gociants de Liverpool &#233;tant soutenus par les placements sp&#233;culatifs de capitaux des fabricants de Manchester et d'ailleurs, qui cherchaient &#224; s'approvisionner en r&#233;serves de mati&#232;res premi&#232;res pour l'hiver. On constate quelle est, en gros, l'ampleur de ces transactions dans le fait qu'une partie consid&#233;rable des hangars de stockage de Manchester sont d&#233;j&#224; bourr&#233;s de ces r&#233;serves et qu'au cours de la semaine du 15 au 22 septembre la vari&#233;t&#233; du coton de qualit&#233; moyenne est mont&#233;e de trois huiti&#232;mes de dollar par livre et la vari&#233;t&#233; la meilleure de cinq huiti&#232;mes de dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre am&#233;ricaine, le prix du coton n'a cess&#233; de monter, cependant que le d&#233;s&#233;quilibre fatal entre le prix des mati&#232;res premi&#232;res et celui du fil et du tissu ne devint manifeste qu'au cours des derni&#232;res semaines d'ao&#251;t. Jusque-l&#224;, chaque hausse s&#233;rieuse du prix du coton manufactur&#233; qui devait r&#233;sulter de la diminution consid&#233;rable de l'offre am&#233;ricaine, &#233;tait compens&#233;e par une augmentation des r&#233;serves stock&#233;es en premi&#232;re main et par des consignations sp&#233;culatives vers la Chine et l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, ces march&#233;s asiatiques furent bient&#244;t engorg&#233;s. Ainsi, le Calcutta Price Current du 7 ao&#251;t 1861 &#233;crit : &#171; Les r&#233;serves en stock s'accumulent ; depuis notre derni&#232;re parution, les arrivages n'atteignent pas moins de vingt-quatre millions de yards de coton lisse. Les rapports en provenance de la m&#233;tropole nous apprennent que les approvisionnements par bateaux vont se poursuivre bien au-del&#224; de nos besoins. Tant que cela durera, nous ne pourrons esp&#233;rer d'am&#233;lioration... Le. march&#233; de Bombay est, lui aussi, largement satur&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres circonstances contribu&#232;rent aussi &#224; la contraction du march&#233; indien. La derni&#232;re famine dans les provinces du nord-ouest fut suivie des ravages du chol&#233;ra, tandis que dans tout le Bengale inf&#233;rieur les chutes de pluie ininterrompues endommag&#232;rent gravement la r&#233;colte de riz. Des lettres de Calcutta, arriv&#233;es cette semaine en Angleterre, nous apprennent que les ventes donn&#232;rent le prix net de neuf dollars et quart par livre de fil n&#176; 40, alors qu'on ne le trouve pas &#224; moins de onze dollars et trois huiti&#232;mes &#224; Manchester ; de m&#234;me, les ventes de toile de quarante pouces marqu&#232;rent par pi&#232;ce des pertes de sept dollars et demi, neuf dollars et douze dollars, par rapport aux prix pratiqu&#233;s &#224; Manchester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me sur le march&#233; chinois, on assiste &#224; une d&#233;pression des prix due &#224; l'accumulation des stocks de marchandises import&#233;es. Dans ces conditions et la demande de coton manufactur&#233;, britannique diminuant, les prix ne peuvent, certes, aller de pair avec l'augmentation croissante des prix du coton brut ; au contraire, dans de nombreux cas, le filage, le tissage et l'impression du coton cessent de payer les frais de production. Prenons par exemple le cas suivant que nous communique l'un des plus grands fabricants de Manchester, pour ce qui concerne le filage brut :&lt;br class='autobr' /&gt;
17 sept. 1860 : Par livre : Marge de vente : Co&#251;t du filage par livre :&lt;br class='autobr' /&gt;
Co&#251;ts du coton : 6 1/4 d. 4 d. 3 d.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trame 16 vendue pour : 10 1/4 d. &#8212; &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
Profit : &lt;br class='autobr' /&gt;
1 d. par livre.&lt;br class='autobr' /&gt;
17 sept. 1861 : Par livre : Marge de vente : Co&#251;t du filage par livre :&lt;br class='autobr' /&gt;
Co&#251;ts du coton : 9 d. 2 d. 3 1/2 d.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trame 16 vendue pour : 11 d. &#8212; &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
Perte : &lt;br class='autobr' /&gt;
1 1/2 d. par livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation de coton indien augmente rapidement Si les prix continuent de monter, les approvisionnements indiens augmenteront. Cependant, il est impossible de changer, en quelques mois, toutes les conditions de production et de modifier le cours des &#233;changes commerciaux. L'Angleterre est ainsi en train de payer tr&#232;s cher sa longue et odieuse administration du vaste empire indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux principaux obstacles auxquels se heurteront ses tentatives de remplacer le coton am&#233;ricain par l'indien, sont le manque de moyens de transport et de communication sur tout le territoire indien, et la situation mis&#233;rable du paysan indien, qui le rend inapte &#224; exploiter les conditions favorables. Les Anglais eux-m&#234;mes sont &#224; l'origine de ces deux difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie moderne de l'Angleterre repose en g&#233;n&#233;ral sur deux axes &#233;galement mis&#233;rables. L'un est la pomme de terre, qui &#233;tait le seul moyen d'alimentation de la population irlandaise et d'une grande partie de la classe ouvri&#232;re anglaise. Cet axe se brisa, lors de la maladie de la pomme de terre et de la catastrophe qui en r&#233;sulta pour l'Irlande [1]. Il faut trouver maintenant une base plus large pour la reproduction et la conservation de millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second axe de l'industrie anglaise &#233;tait le coton cultiv&#233; par les esclaves des &#201;tats-Unis. L'actuelle crise am&#233;ricaine force l'industrie anglaise &#224; &#233;largir le champ de son approvisionnement et &#224; lib&#233;rer le coton des oligarchies productrices et consommatrices d'esclaves. Aussi longtemps que les fabricants de coton anglais d&#233;pendaient du coton cultiv&#233; par des esclaves, on pouvait affirmer en v&#233;rit&#233; qu'ils s'appuyaient sur un double esclavage : l'esclavage indirect de l'homme blanc en Angleterre, et l'esclavage direct de l'homme noir de l'autre c&#244;t&#233; de l'Atlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Marx fait allusion ici &#224; la disette de pommes de terre en 1845-1847. A la suite de cette catastrophe, les petits tenanciers irlandais, incapables de payer les m&#233;tayages, furent chass&#233;s en masse par leurs propri&#233;taires. La col&#232;re paysanne &#233;clata lors de la r&#233;volte de 1848. La r&#233;pression de ce soul&#232;vement entra&#238;na une &#233;migration massive vers les &#201;tats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le IV&#176; chapitre in&#233;dit du Capital, Marx montre que cette &#233;migration a eu un double effet : en Angleterre, la production augmenta beaucoup plus vite que la population ; l'Am&#233;rique b&#233;n&#233;ficia d'une force vitale qui lui permit de d&#233;passer bient&#244;t l'Angleterre. Dans le Capital, Marx affirme que le capitalisme est un mode de production social historiquement transitoire. &#192; l'exemple de son mod&#232;le anglais, il d&#233;montre donc que le capital na&#238;t, se d&#233;veloppe, d&#233;cline et meurt. Cette loi, Marx l'illustre, dans le VI&#176; chapitre, par l'&#233;migration irlandaise, qui suscite la cr&#233;ation d'un rival capitaliste en Am&#233;rique, et marque le d&#233;clin du capital anglais dans le monde : &#171; La population irlandaise a baiss&#233; de huit &#224; cinq millions et demi environ, au cours de ces quinze derni&#232;res ann&#233;es. Toutefois la production de b&#233;tail s'est quelque peu accrue, et lord Dufferin qui veut convertir l'Irlande en un simple p&#226;turage &#224; moutons, se trouve confirm&#233; dans ses vues lorsqu'il affirme que les Irlandais sont encore trop nombreux. En attendant, ils ne transportent pas seulement leurs os en Am&#233;rique, mais encore leur chair : leur vengeance sera terrible outre-Atlantique. &#187; (Pages &#233;parses). Marx citait l'impr&#233;cation de Didon mourante de Virgile (En&#233;ide) : Exoriare nostris ex ossibus ultor (Qu'un vengeur naisse un jour de nos cendres). Marx notait &#233;galement que l'&#233;migration des capitaux vers les colonies et l'Am&#233;rique eu &#233;gard au fonds annuel d'accumulation d&#233;passait nettement le nombre des &#233;migr&#233;s eu &#233;gard &#224; l'augmentation annuelle de la population : l'imp&#233;rialisme anglais creusait sa propre tombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;CONOMIE DES FORCES EN PR&#201;SENCE&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx : LA CRISE EN ANGLETERRE&lt;br class='autobr' /&gt;
Die Presse, 6 novembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 1er novembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme il y a quinze ans, l'Angleterre est maintenant confront&#233;e &#224; une crise &#233;conomique, qui menace d'attaquer &#224; la racine tout son syst&#232;me &#233;conomique. Comme on sait, la pomme de terre repr&#233;sentait la nourriture exclusive de l'Irlande et d'une partie consid&#233;rable de la classe ouvri&#232;re anglaise, lorsque la maladie de la pomme de terre de 1845 et de 1846 frappa de consomption la racine de vie irlandaise. Les r&#233;sultats de cette grande catastrophe sont connus. La population irlandaise diminua de deux millions, dont une moiti&#233; p&#233;rit de faim et l'autre s'enfuit de l'autre c&#244;t&#233; de l'oc&#233;an Atlantique. En m&#234;me temps, cet affreux malheur contribua &#224; la victoire du parti libre-&#233;changiste anglais ; l'aristocratie fonci&#232;re anglaise fut contrainte de c&#233;der l'un de ses monopoles les plus lucratifs, et l'abolition des lois c&#233;r&#233;ali&#232;res assura une base plus large et plus saine &#224; la reproduction et &#224; la vie de millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le coton est pour la branche d'industrie dominante de la Grande-Bretagne ce que la pomme de terre a &#233;t&#233; pour l'agriculture irlandaise. La subsistance d'une masse de population plus grande que celle de l'&#201;cosse tout enti&#232;re, ou &#233;gale aux deux tiers de l'actuelle population d'Irlande, d&#233;pend du travail de transformation du coton. En effet, d'apr&#232;s le recensement de 1861, la population de l'&#201;cosse s'&#233;l&#232;ve &#224; 3 061 117 habitants, celle de l'Irlande &#224; 5 764 543, tandis que plus de quatre millions de personnes vivent directement ou indirectement de l'industrie cotonni&#232;re en Angleterre et en &#201;cosse. Cette fois, ce n'est certes pas le plant de coton qui est malade. Sa production n'est pas le monopole de certaines r&#233;gions du monde. Au contraire, il n'existe pas une seule plante fournissant le tissu des v&#234;tements qui pousse en des lieux aussi vari&#233;s d'Am&#233;rique, d'Asie et d'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monopole cotonnier des &#201;tats esclavagistes de l'Union am&#233;ricaine n'est pas un produit de la nature, mais de l'histoire. Il naquit et se d&#233;veloppa parall&#232;lement au monopole de l'industrie cotonni&#232;re anglaise sur le march&#233; mondial. En 1793 - vers l'&#233;poque o&#249; se firent les grandes d&#233;couvertes m&#233;caniques en Angleterre - un quaker du Connecticut, Ely Whitney, inventa le cotton gin, une machine &#224; s&#233;parer le duvet de la graine de coton. Avant cette invention, le travail le plus intensif de toute une journ&#233;e d'un Noir ne suffisait pas pour s&#233;parer une livre de duvet de ses graines. Apr&#232;s l'invention de la machine &#224; &#233;grener le coton, une vieille femme noire pouvait facilement fournir en un jour cinquante livres de duvet de coton, et des am&#233;liorations progressives eurent t&#244;t fait de doubler le rendement de cette machine. D&#232;s lors, il n'y eut plus d'entraves &#224; la culture du coton aux &#201;tats-Unis. Il poussa rapidement main dans la main avec l'industrie cotonni&#232;re anglaise qui devint une grande puissance commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette &#233;volution, il y eut des moments o&#249; l'Angleterre sembla prendre peur, du danger que pouvait repr&#233;senter ce monopole am&#233;ricain du coton. Ce fut le cas, par exemple : lorsque l'&#233;mancipation des Noirs dans les colonies anglaises fut achet&#233;e pour vingt millions de livres anglaises. On prit conscience que l'industrie du Lancashire et du Yorkshire reposait sur la souverainet&#233; du fouet esclavagiste en Georgie et en Alabama, au moment m&#234;me o&#249; le peuple anglais s'imposait de grands sacrifices pour abolir l'esclavage dans ses propres colonies. Cependant, la philanthropie ne fait pas l'histoire, et moins que tout l'histoire commerciale. De tels doutes surgirent chaque fois qu'il y eut une disette de coton aux &#201;tats-Unis, d'autant qu'un tel fait naturel &#233;tait exploit&#233; par les esclavagistes pour faire monter au maximum le prix du coton par toutes sortes d'artifices. Les fileurs de coton et les tisserands anglais mena&#231;aient alors de se r&#233;volter contre le &#171; roi du coton. &#187; On &#233;chafauda diff&#233;rents projets pour s'approvisionner en coton dans les pays d'Asie et d'Afrique, par exemple en 1850. Cependant, il suffit &#224; chaque fois qu'une disette soit suivie d'une bonne r&#233;colte aux &#201;tats-Unis pour mettre en pi&#232;ces ces vell&#233;it&#233;s d'&#233;mancipation. Qui plus est, le monopole cotonnier de l'Am&#233;rique atteignit, au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, une ampleur jusqu'ici insoup&#231;onn&#233;e, partie en raison de la l&#233;gislation libre-&#233;changiste, qui abolit le droit de douane suppl&#233;mentaire frappant le coton cultiv&#233; par des esclaves, partie en raison des gigantesques progr&#232;s effectu&#233;s simultan&#233;ment par l'industrie cotonni&#232;re anglaise et la culture du coton en Am&#233;rique au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie. D&#233;j&#224; en 1857, la consommation de coton s'&#233;leva en Angleterre &#224; environ un milliard et demi de livres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici qu'&#224; pr&#233;sent la guerre civile am&#233;ricaine menace soudain ce grand pilier de l'industrie anglaise. L'Union bloque les ports des &#201;tats sudistes, afin de couper la principale. source de revenus de la s&#233;cession, en emp&#234;chant l'exportation de sa derni&#232;re r&#233;colte de coton ; mais, la Conf&#233;d&#233;ration a donn&#233; &#224; ce blocus sa v&#233;ritable force contraignante lorsqu'elle d&#233;cida de ne pas exporter elle-m&#234;me la moindre balle de coton, afin d'obliger l'Angleterre &#224; venir chercher directement son coton dans les ports du Sud. Il s'agissait d'amener l'Angleterre &#224; rompre le blocus par la force, puis &#224; d&#233;clarer la guerre &#224; l'Union, en jetant son &#233;p&#233;e dans la balance en faveur des &#201;tats esclavagistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but de la guerre civile am&#233;ricaine, le prix du coton n'a cess&#233; de monter en Angleterre, quoique pendant longtemps &#224; un degr&#233; moindre qu'on ne s'y attendait. Dans l'ensemble, le monde des affaires anglais semblait consid&#233;rer avec beaucoup de flegme la crise am&#233;ricaine. La raison de cette attitude pleine de sang-froid est &#233;vidente. Depuis longtemps d&#233;j&#224;, toute la derni&#232;re r&#233;colte am&#233;ricaine se trouve en Europe. Le produit de la nouvelle r&#233;colte n'est jamais embarqu&#233; avant la fin novembre, et ce n'est que fin d&#233;cembre que les exp&#233;ditions prennent vraiment de l'ampleur. Jusqu'ici, il est donc relativement indiff&#233;rent que les balles de coton restent dans les plantations ou soient exp&#233;di&#233;es dans les ports du Sud aussit&#244;t apr&#232;s que le coton soit mis en balles. De la sorte, si, &#224; un moment quelconque avant la fin de l'ann&#233;e, le blocus prenait fin, l'Angleterre pouvait &#234;tre assur&#233;e qu'elle recevrait en mars ou en avril son approvisionnement normal en coton, comme s'il n'y avait jamais eu de blocus.,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monde des affaires anglais, dans une large mesure abus&#233; par la presse anglaise, se ber&#231;a de l'illusion folle que le spectacle d'une guerre de six mois s'ach&#232;verait par la reconnaissance de la Conf&#233;d&#233;ration de la part des &#201;tats-Unis. Vers la fin du mois d'ao&#251;t cependant, on vit appara&#238;tre des Am&#233;ricains sur le march&#233; de Liverpool afin d'y acheter du coton, soit en vue de sp&#233;culations en Europe, soit en vue de le r&#233;exp&#233;dier en Am&#233;rique du Nord. Ce fait extraordinaire ouvrit les yeux des Anglais. Ils commenc&#232;rent &#224; comprendre le s&#233;rieux de la situation. Depuis, le march&#233; de Liverpool se trouve en un &#233;tat d'excitation f&#233;brile. Bient&#244;t, le prix du coton monta de cent pour cent au-del&#224; de son niveau moyen. La sp&#233;culation cotonni&#232;re prit le m&#234;me caract&#232;re fr&#233;n&#233;tique que la sp&#233;culation ferroviaire de 1845. Les usines de filage et de tissage du Lancashire et d'autres centres de l'industrie du coton britannique ramen&#232;rent leur temps de travail &#224; trois jours par semaine, une partie arr&#234;ta compl&#232;tement ses machines, et l'in&#233;vitable r&#233;action sur les autres branches d'industrie ne se fit pas attendre. Toute l'Angleterre tremble en ce moment, &#224; l'approche de la plus grande catastrophe &#233;conomique qui l'ait menac&#233;e &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consommation de coton indien est naturellement en train d'augmenter, et les prix &#233;lev&#233;s assureront encore une augmentation ult&#233;rieure des importations de la patrie originelle du coton. Cependant, il est impossible de r&#233;volutionner les conditions de production et le cours des &#233;changes commerciaux pour ainsi dire en quelques mois. L'Angleterre paie maintenant sa longue et catastrophique administration de l'Inde. Ses tentatives d&#233;sordonn&#233;es de remplacer le coton am&#233;ricain par du coton indien se heurtent &#224; deux grands obstacles. Le manque de moyens de communication et de transport en Inde, et la mis&#233;rable condition du paysan indien qui l'emp&#234;che d'exploiter &#224; son profit les circonstances favorables du moment [1]. En outre, il faudrait que la culture du coton indien passe par tout un processus d'am&#233;liorations pour prendre la place du coton am&#233;ricain. M&#234;me dans les conditions les plus favorables, il faudrait des ann&#233;es pour que l'Inde puisse produire la quantit&#233; de coton requise pour l'exportation. Or, il est statistiquement &#233;tabli que le stock de coton de Liverpool sera &#233;puis&#233; d'ici quatre mois. Il ne tiendra jusque-l&#224; que si l'on continue d'appliquer la limitation du temps de travail &#224; trois jours par semaine et l'arr&#234;t total d'une partie plus importante encore des machines. Or, les districts manufacturiers souffrent d&#233;j&#224; des pires maux sociaux. Mais, si le blocus am&#233;ricain se poursuit au-del&#224; de janvier, que se passera-t-il alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le lecteur a constat&#233; sans doute que ce passage de l'article de Die Presse correspond litt&#233;ralement &#224; un passage final de l'article pr&#233;c&#233;dent de la New York Tribune. Lorsque deux articles se recoupent presque enti&#232;rement nous n'en reproduirons qu'un seul, quitte &#224; ajouter en note les passages qui diff&#232;rent et apportent un &#233;claircissement int&#233;ressant pour le sujet trait&#233;. Lorsqu'un article renferme des passages sans aucun rapport avec notre th&#232;me, nous n'en reproduisons que le parties qui int&#233;ressent directement notre sujet. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; I&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;CONOMIE DES FORCES EN PR&#201;SENCE&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx : LE COMMERCE BRITANNIQUE&lt;br class='autobr' /&gt;
New York Daily Tribune, 23 novembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 2 novembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure actuelle, l'Angleterre ne suit aucune ligne politique g&#233;n&#233;rale. Tout le monde, jusqu'au moindre citoyen, est enti&#232;rement absorb&#233; par ses affaires et la crise am&#233;ricaine. Dans un article pr&#233;c&#233;dent, j'ai attir&#233; votre attention sur l'&#233;tat f&#233;brile du march&#233; cotonnier de Liverpool. Au cours des deux derni&#232;res semaines, il a manifest&#233; tous les sympt&#244;mes de la mode, des chemins de fer de 1845. M&#233;decins, dentistes, avocats, cuisini&#232;res, ouvriers, employ&#233;s, lords, com&#233;diens, pasteurs, soldats, marins, journalistes, institutrices, hommes et femmes, tous sp&#233;culent sur le coton. Souvent les op&#233;rations d'achat et de vente, de rachat et de revente ne portent que sur une, deux, trois ou quatre balles. Les quantit&#233;s plus consid&#233;rables restent dans le m&#234;me hangar, mais changent parfois vingt fois de propri&#233;taire. On peut acheter du coton &#224; dix heures, le revendre &#224; onze heures, et faire un b&#233;n&#233;fice d'un demi-penny par livre. Les m&#234;mes balles passent ainsi par plusieurs mains en l'espace, de douze heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il s'est produit cette semaine une sorte de r&#233;action. Il faut l'attribuer au seul fait que le shilling forme un chiffre rond, puisqu'il se compose de douze pence, et que la plupart des sp&#233;culateurs ont d&#233;cid&#233; de vendre sit&#244;t que le prix de la balle de coton atteindrait le shilling. En cons&#233;quence, il y a eu un accroissement subit des offres de coton, et donc une r&#233;action sur son prix. Mais, ce ne peut &#234;tre qu'un ph&#233;nom&#232;ne passager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les Britanniques se seront faits &#224; l'id&#233;e qu'une livre de coton puisse co&#251;ter quinze pence, cette limite passag&#232;re &#224; la sp&#233;culation aura disparu, et la fi&#232;vre de sp&#233;culation redoublera de violence. Cette &#233;volution contient un moment favorable aux &#201;tats-Unis et d&#233;favorable a ceux qui voudraient rompre le blocus [1]. D&#233;j&#224; les sp&#233;culateurs ont publi&#233; des protestations disant, non sans fondement, que tout acte belliqueux du Gouvernement britannique serait un acte d'injustice &#224; l'&#233;gard des hommes d'affaires qui, ayant plac&#233; leur confiance dans le respect du principe de non-intervention proclam&#233; et revendiqu&#233; par le Gouvernement britannique, ont fait leurs calculs sur cette base, ont sp&#233;cul&#233; &#224; l'int&#233;rieur, abandonn&#233; leurs commandes &#224; l'ext&#233;rieur et achet&#233; le coton d'apr&#232;s l'&#233;valuation d'un prix qu'ils comptent obtenir apr&#232;s le d&#233;roulement de processus naturels, probables et pr&#233;visibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Economist d'aujourd'hui publie un article insens&#233; dans lequel les statistiques sur la population et l'extension g&#233;ographique des &#201;tats-Unis l'am&#232;nent &#224; la conclusion qu'on y trouve assez d'espace pour fonder au moins sept empires gigantesques et qu'en cons&#233;quence les unionistes devaient chasser de leur c&#339;ur &#171; le r&#234;ve d'un domaine o&#249; ils r&#233;gneraient sans limites &#187;. La seule conclusion rationnelle que l'Economist e&#251;t pu tirer de ses propres donn&#233;es statistiques, &#224; savoir que les partisans du Nord, m&#234;me s'ils le voulaient, ne pourraient abandonner leurs revendications sans livrer &#224; l'esclavagisme des &#201;tats et des territoires gigantesques, &#171; o&#249; l'esclavage survivrait artificiellement et ne pourrait s'affirmer comme institution permanente &#187;, cette conclusion, la seule rationnelle, ce journal est m&#234;me incapable de l'aborder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Dans l'article intitul&#233; &#171; Notes &#233;conomiques &#187; (Die Presse, 3.11.1861), o&#249; Marx reprend pour le journal viennois certains arguments d&#233;velopp&#233;s dans la New York Tribune, il en vient aussi &#224; la conclusion que l'&#233;volution &#233;conomique joue en faveur des &#201;tats-Unis et restreint en cons&#233;quence les moyens de pression de l'imp&#233;rialisme de I'Angleterre de Palmerston : &#171; Il ressort un fait Important des derni&#232;res statistiques sur le commerce ext&#233;rieur anglais. Alors qu'au cours des neuf premiers mois de cette ann&#233;e, les exportations anglaises vers les &#201;tats-Unis ont baiss&#233; de plus de 25 %, le port de New York * &#224; lui tout seul a augment&#233; de plus de 6 millions de livres ses exportations vers l'Angleterre au cours des huit premiers mois de cette ann&#233;e. Pendant cette m&#234;me p&#233;riode, l'exportation de l'or am&#233;ricain vers l'Angleterre a pratiquement cess&#233;, alors qu'&#224; l'inverse depuis quelques semaines l'or anglais afflue vers New York. En fait, le d&#233;ficit am&#233;ricain est couvert par les achats de l'Angleterre et de la France &#224; la suite des mauvaises r&#233;coltes de ces pays. Par ailleurs, le tarif Morrill et les &#233;conomies ins&#233;parables d'une guerre civile ont ruin&#233; en m&#234;me temps la consommation de produits anglais et fran&#231;ais en Am&#233;rique du Nord. Que l'on compare ces faits statistiques avec les j&#233;r&#233;miades du Times sur la ruine financi&#232;re de l'Am&#233;rique du Nord ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* New York est au centre du compromis final entre le Sud et le Nord pour deux raisons : c'est le si&#232;ge de la traite des esclaves, du march&#233; de la monnaie, des capitaux et des cr&#233;ances hypoth&#233;caires des plantations du Sud, et ensuite l'interm&#233;diaire de l'Angleterre. C'est donc, tout naturellement, la place forte des d&#233;mocrates li&#233;s au Sud. Dans l'article &#171; Affaires am&#233;ricaines &#187; (in Die Presse, 17.12.1861), Marx &#233;crit : &#171; Le lord-maire de Londres n'est un homme d'&#201;tat que dans l'imagination des &#233;crivains de vaudeville et de faits divers parisiens. En revanche, le maire de New York est une v&#233;ritable puissance. Au d&#233;but de la s&#233;cession, le sinistre Fernando Wood, a &#233;chafaud&#233; un plan pour proclamer l'ind&#233;pendance de New York, en tant que r&#233;publique urbaine, en accord bien s&#251;r avec Jefferson Davis. Son plan &#233;choua en raison de l'opposition &#233;nergique du Parti r&#233;publicain de l'Empire City. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;br class='autobr' /&gt;
PHASE MILITAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
Friedrich Engels : LES LE&#199;ONS DE LA GUERRE AM&#201;RICAINE&lt;br class='autobr' /&gt;
The Volunteer journal for Lancashire and Cheshire [1], n&#176; 66 du 6.12.1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques semaines, nous avons attir&#233; l'attention du public sur le proc&#232;s d'&#233;puration qui s'impose dans l'arm&#233;e am&#233;ricaine de volontaires [2]. Nous n'avons alors nullement &#233;puis&#233; les le&#231;ons pr&#233;cieuses que cette guerre donne aux volontaires de ce c&#244;t&#233;-ci de l'Atlantique. Nous nous permettons donc de revenir sur ce th&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mani&#232;re dont on a conduit la guerre jusqu'ici en Am&#233;rique, est effectivement sans pr&#233;c&#233;dent. Du Missouri &#224; la baie de Chesapeake, on trouve face &#224; face un million de soldats divis&#233;s presque dans la m&#234;me proportion entre les deux camps adverses. Or, cette situation dure depuis plus de six mois sans qu'il y ait eu une seule action importante. Dans le Missouri, les deux arm&#233;es avancent tour &#224; tour, se retirent, livrent une bataille, avancent et reculent de nouveau, sans en venir &#224; un r&#233;sultat tangible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui encore, apr&#232;s sept mois de marches en avant et en arri&#232;re, &#224; l'occasion de quoi le pays a sans doute &#233;t&#233; atrocement ravag&#233;, les choses paraissent plus &#233;loign&#233;es que jamais d'une d&#233;cision. Apr&#232;s une p&#233;riode assez longue d'une apparente neutralit&#233; - en r&#233;alit&#233;, de pr&#233;paration - la situation semble analogue au Kentucky ; en Virginie occidentale, nous assistons constamment &#224; de petits accrochages sans r&#233;sultat notable ; et, sur les deux rives du Potomac, le gros des deux arm&#233;es est concentr&#233; &#224; port&#233;e de vue sans que personne n'ait l'intention d'attaquer, prouvant par l&#224; que, dans l'&#233;tat actuel des choses, il serait sans int&#233;r&#234;t de remporter une victoire. De fait, cette mani&#232;re st&#233;rile de conduire la guerre peut encore durer des mois, si certaines circonstances, qui n'ont rien a voir avec cette situation, ne provoquent pas de changements majeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s, les Am&#233;ricains ne disposent pratiquement que de volontaires. Le petit noyau de l'ancienne arm&#233;e r&#233;guli&#232;re des &#201;tats-Unis, ou bien a &#233;t&#233; dissous, ou bien est trop faible pour agir sur les masses &#233;normes de recrues non encore form&#233;es qui sont r&#233;unies sur le th&#233;&#226;tre de guerre. Pour faire de tous ces hommes des soldats, on ne dispose m&#234;me pas d'un nombre suffisant de sergents instructeurs. C'est pourquoi, l'entra&#238;nement des troupes est fort long, et on ne saurait dire combien il faudra de temps pour que l'excellent mat&#233;riel de soldats concentr&#233; sur les deux rives du Potomac soit en &#233;tat d'avancer en masse, afin de livrer ou d'accepter la bataille avec des forces combin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si les soldats pouvaient &#234;tre form&#233;s &#224; l'art militaire, il n'y aurait pas assez d'officiers pour les commander. On manque notamment d'officiers de compagnie - qui &#233;videmment ne peuvent sortir tout pr&#234;ts des rangs des civils - voire d'officiers pour commander les bataillons, m&#234;me si on voulait nommer &#224; un tel poste les lieutenants ou cornettes. Il faut donc un nombre consid&#233;rable de commandants du civil ; mais quiconque est tant soit peu au courant de la situation de nos propres volontaires pensera aussit&#244;t que McClellan ou Beauregard ne font. pas preuve d'une prudence exag&#233;r&#233;e, lorsqu'ils refusent de faire ex&#233;cuter des actions offensives ou des man&#339;uvres strat&#233;giques compliqu&#233;es par des commandants du civil, qui ne sont &#224; ce poste que depuis six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons cependant que cette difficult&#233; soit pour l'essentiel aplanie, que les commandants du civil aient acquis, en m&#234;me temps que leurs uniformes, les connaissances, l'exp&#233;rience et l'assurance n&#233;cessaires &#224; l'ex&#233;cution de leur service, du moins en ce qui concerne l'infanterie. Mais, qu'en est-il de la cavalerie ? Former militairement un r&#233;giment de cavalerie exige plus de temps et d'exp&#233;rience de la part des officiers instructeurs qu'il n'en faut pour former un r&#233;giment d'infanterie. Admettons que tous les hommes qui rejoignent leur corps sachent d&#233;j&#224; monter &#224; cheval - c'est-&#224;-dire s'y tenir correctement, ma&#238;triser la monture, la nourrir et la soigner - il n'en reste pas moins que cela raccourcira a peine le temps qu'il faut pour les instruire. L'&#233;quitation militaire, une ma&#238;trise telle que le cheval se laisse conduire pour tous les mouvements exig&#233;s par les &#233;volutions de la cavalerie, tout cela diff&#232;re enti&#232;rement de l'&#233;quitation propre aux civils. La cavalerie de Napol&#233;on que sir William Napier (History of the Peninsular War) estimait presque plus que la cavalerie anglaise d'aujourd'hui, se composait - comme chacun sait - des cavaliers les plus pi&#232;tres qui aient jamais orn&#233; une selle. Or, beaucoup de nos cavaliers d'occasion trouvent qu'ils ont encore un certain nombre de choses &#224; apprendre, lorsqu'ils entrent dans un corps mont&#233; de volontaires. Il n'est donc pas &#233;tonnant de constater que les Am&#233;ricains n'aient qu'une cavalerie tr&#232;s m&#233;diocre, et que le peu dont ils disposent - quelques troupes d'irr&#233;guliers (rangers) &#224; la mani&#232;re cosaque ou indienne est incapable d'une attaque en ordre compact. En ce qui concerne l'artillerie et les troupes du g&#233;nie, leur situation est sans doute pire encore. Ces deux armes ont un caract&#232;re hautement scientifique et exigent une instruction longue et minutieuse des officiers ainsi que des sous-officiers, instruction plus pouss&#233;e encore que dans l'infanterie. Au surplus, l'artillerie est une arme plus complexe que la cavalerie elle-m&#234;me ; elle exige des batteries de canons, et donc des chevaux dress&#233;s pour leur man&#339;uvre, et deux groupes d'hommes exp&#233;riment&#233;s, les canonniers et les conducteurs. En outre, il faut de nombreux fourgons &#224; munitions, de grands laboratoires pour la poudre, des forges et autres ateliers : tout cela doit &#234;tre &#233;quip&#233; de machines compliqu&#233;es. On dit que les f&#233;d&#233;r&#233;s ont six cents batteries en campagne, mais on s'imagine comment elles sont servies, car on sait qu'en partant de z&#233;ro il est absolument impossible de mettre sur pied, en six mois, cent batteries compl&#232;tes, convenablement &#233;quip&#233;es et bien servies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, admettons une fois de plus que toutes ces difficult&#233;s aient &#233;t&#233; aplanies et que les &#233;l&#233;ments combattants des deux camps ennemis soient pr&#234;ts &#224; entrer en action. Encore faudrait-il qu'ils puissent se d&#233;placer. En outre, il faut approvisionner une arm&#233;e, et dans un pays relativement peu peupl&#233; comme la Virginie, le Kentucky et le Missouri, une grande arm&#233;e doit &#234;tre approvisionn&#233;e essentiellement gr&#226;ce au syst&#232;me des d&#233;p&#244;ts. Il faut constituer des r&#233;serves de munitions ; l'arm&#233;e doit &#234;tre accompagn&#233;e de forgerons militaires, de selliers, de menuisiers et autres artisans, afin de tenir le mat&#233;riel de guerre en bon &#233;tat de fonctionnement. Or, toutes ces choses indispensables faisaient d&#233;faut en Am&#233;rique ; il fallut d'abord commencer par organiser tout cela, et rien ne prouve qu'au moins l'intendance et les transports de l'une des deux arm&#233;es aient d&#233;pass&#233; aujourd'hui le stade pr&#233;paratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Am&#233;rique - le Nord aussi bien que le Sud, la F&#233;d&#233;ration aussi bien que la Conf&#233;d&#233;ration - ne disposait pour ainsi dire d'aucune organisation militaire. L'arm&#233;e de ligne &#233;tait absolument insuffisante, ne serait-ce que du point de vue quantitatif, pour faire campagne contre un adversaire s&#233;rieux. Il n'y avait gu&#232;re de milice. Les guerres pr&#233;c&#233;dentes de l'Union n'exig&#232;rent jamais un gros effort des forces militaires du pays. Dans les ann&#233;es 1812 &#224; 1814, l'Angleterre ne disposait plus gu&#232;re de soldats, et le Mexique se d&#233;fendit surtout avec des bandes d&#233;pourvues de discipline. C'est un fait que l'Am&#233;rique, en raison de sa situation g&#233;ographique, n'avait pas d'ennemi qui e&#251;t pu l'attaquer d'o&#249; que ce soit avec plus de trente &#224; quarante mille soldats, et, pour cette force num&#233;rique, l'immense &#233;tendue du pays repr&#233;sente un obstacle bien plus terrible que toute arm&#233;e que l'Am&#233;rique pourrait lui opposer. Cependant, son arm&#233;e suffisait &#224; constituer le noyau pour quelque cent mille volontaires et &#224; leur assurer une formation militaire en un d&#233;lai appropri&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, d&#232;s lors que la guerre civile oppose entre eux plus d'un million d'hommes, tout le syst&#232;me s'effondre, et il faut tout reprendre par le d&#233;but. Le fait est l&#224;. Deux corps de troupe gigantesques et patauds, chacun craignant l'autre et redoutant presque autant une victoire qu'une d&#233;faite, se font face et cherchent &#224; grands frais &#224; se transformer en une organisation &#224; peu pr&#232;s r&#233;guli&#232;re. Aussi terrible que soit le prix, il doit &#234;tre pay&#233; du fait de l'absence totale d'une base organis&#233;e sur laquelle on pourrait &#233;difier l'arm&#233;e. Il ne peut en &#234;tre autrement, &#233;tant donn&#233; l'ignorance et l'inexp&#233;rience qui r&#232;gnent dans tous les domaines militaires ! Certes, ces d&#233;penses &#233;normes n'apportent qu'un avantage extr&#234;mement faible d'efficacit&#233; et d'organisation, mais peut-il en &#234;tre autrement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les volontaires britanniques peuvent remercier leur bonne &#233;toile, car ils disposent d&#232;s le commencement d'une importante arm&#233;e de m&#233;tier bien disciplin&#233;e et exp&#233;riment&#233;e, qui les prend sous son aile. Abstraction faite des pr&#233;juges propres &#224; tout corps de m&#233;tier, cette arm&#233;e a bien accueilli et convenablement trait&#233; les volontaires. Nous voulons esp&#233;rer que nul ne pense qu'une organisation de volontaires peut, d'une mani&#232;re ou d'une autre, rendre superflue l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re. Si certains volontaires le pensaient, il leur suffirait de jeter un coup d'&#339;il sur l'&#233;tat des deux arm&#233;es am&#233;ricaines de volontaires pour constater leur ignorance et leur pr&#233;somption. Aucune arm&#233;e nouvellement form&#233;e de civils ne peut &#234;tre efficace, si elle n'est pas soutenue et aid&#233;e par les gigantesques ressources intellectuelles et mat&#233;rielles qui se trouvent entre les mains d'une arm&#233;e r&#233;guli&#232;re relativement forte, en ce qui concerne surtout l'organisation, cette force principale des arm&#233;es r&#233;guli&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons que l'Angleterre soit menac&#233;e d'une invasion, et comparons ce qui s'y produirait avec ce qui se passe en Am&#233;rique. En Angleterre, tout le travail suppl&#233;mentaire qu'entra&#238;ne la formation d'une ann&#233;e de volontaires de trois cent mille hommes serait pris en charge par le minist&#232;re de la Guerre, avec l'aide de quelques fonctionnaires qu'il serait facile de trouver parmi les experts militaires bien entra&#238;nes. Il existe assez d'officiers en demi-solde, qui pourraient sans doute prendre sous leur contr&#244;le trois ou quatre bataillons de volontaires, et, avec un peu de peine, chaque bataillon pourrait &#234;tre flanqu&#233; d'un adjudant et d'un commandant. Bien s&#251;r, la cavalerie ne pourrait pas &#234;tre organis&#233;e aussi rapidement, mais une r&#233;organisation &#233;nergique des volontaires de l'artillerie avec des officiers et des conducteurs de l'artillerie royale pourrait doter de nombreuses batteries de campagne d'hommes capables. Les ing&#233;nieurs du pays n'attendent qu'une occasion pour recevoir la formation de l'&#233;l&#233;ment militaire de leur m&#233;tier, de sorte qu'ils seraient des officiers du g&#233;nie de tout premier plan. Les services de l'intendance et des transports sont d&#233;j&#224; sur pied et peuvent facilement &#234;tre am&#233;lior&#233;s pour couvrir les besoins de quatre cent mille hommes aussi bien que ceux de cent mille. Rien ne serait laiss&#233; au hasard, en d&#233;sordre ; partout on aiderait et on soutiendrait les volontaires, qui ne doivent pas aller &#224; t&#226;tons dans l'obscurit&#233;. D&#232;s lors, si l'Angleterre se pr&#233;cipite dans une guerre - abstraction faite des fautes qui sont in&#233;vitables - nous ne voyons aucune raison pour que l'organisation militaire ne soit pas au point en l'espace de six semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de consid&#233;rer l'Am&#233;rique pour se rendre compte de la valeur d'une arm&#233;e r&#233;guli&#232;re pour l'organisation d'une arm&#233;e de volontaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Les articles de Marx et d'Engels, m&#234;me s'ils paraissent dans la &#171; presse bourgeoise &#187;, ont une grande, port&#233;e pratique. En effet, chaque sujet est choisi pour telle presse, am&#233;ricaine ou europ&#233;enne, suivant les probl&#232;mes locaux et imm&#233;diats qui int&#233;ressent directement les acteurs du drame. Ainsi, Marx et Engels font-ils profiter leur &#171; camp &#187; de leur exp&#233;rience &#233;conomique, sociale, politique et militaire, en intervenant avec les moyens dont Ils disposent dans le cours br&#251;lant des &#233;v&#233;nements.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'article ci-dessus a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233; par Engels pour le mouvement des volontaires qui s'&#233;tait cr&#233;&#233; en Angleterre en 1859, au moment de la menace bonapartiste d'invasion. Engels tire, pour ces volontaires, l'exp&#233;rience de la guerre civile am&#233;ricaine. C'est sous cet angle particulier que seront donc analys&#233;s ici les probl&#232;mes militaires am&#233;ricains&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'il soit partisan de la mani&#232;re radicale, Engels explique qu'aux &#201;tats-Unis il est recommandable que les op&#233;rations militaires &#171; tra&#238;nent &#187; tout d'abord pendant un temps assez long, et ce pour des raisons qui ne sont pas purement techniques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cf. &#224; propos de cet article, la correspondance Marx-Engels du 1 d&#233;cembre 1861, l. c., tome VII, pp. 43, 44 (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Engels fait allusion au passage suivant de l'article du 22 novembre 1861 sur les Officiers volontaires : &#171; Lieutenant A. B., chass&#233; de l'arm&#233;e pour conduite d&#233;shonorante ; C. D., ray&#233; des cadres ; capitaine E. F., renvoy&#233; du service des &#201;tats-Unis &#187; - tels sont quelques &#233;chantillons des derni&#232;res nouvelles militaires qui nous parviennent en quantit&#233; d'Am&#233;rique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Les &#201;tats-Unis ont envoy&#233; en campagne une tr&#232;s importante arm&#233;e de volontaires au cours de ces huit derniers mois ; ils n'ont &#233;pargn&#233; ni leur peine ni leur argent pour rendre cette arm&#233;e combative ; en outre, cette arm&#233;e avait l'avantage d'&#234;tre presque tout le temps en contact &#233;troit avec les positions avanc&#233;es de l'ennemi, qui n'osa jamais attaquer en masse ni exploiter &#224; fond une victoire. Ces conditions favorables compensent en r&#233;alit&#233; dans une large mesure les difficult&#233;s que conna&#238;t l'organisation des volontaires am&#233;ricains du fait qu'ils ne b&#233;n&#233;ficient que d'un tr&#232;s faible soutien de la part du tout Petit noyau de l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re et manquent d'adjudants exp&#233;riment&#233;s et d'instructeurs. Par chance, il y a en Am&#233;rique beaucoup d'hommes qui sont &#224; la fois qualifi&#233;s et dispos&#233;s &#224; aider les volontaires &#224; s'organiser. Il s'agit, soit de soldats et officiers allemands, qui ont subi un entra&#238;nement militaire r&#233;gulier et ont d&#233;j&#224; combattu lors des campagnes r&#233;volutionnaires de 1848-1849, soit de soldats anglais, qui ont &#233;migr&#233; au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si, dans ces conditions, il a fallu proc&#233;der malgr&#233; tout &#224; une v&#233;ritable &#233;puration parmi les officiers ; c'est qu'il existe une faiblesse non pas dans le syst&#232;me m&#234;me des volontaires, mais dans le mode de nomination des officiers de volontaires, qui, sans exception, ont &#233;t&#233; choisis par les soldats dans leurs propres rangs. C'est seulement apr&#232;s huit mois de campagne face &#224; l'ennemi que le gouvernement des &#201;tats-Unis se risque &#224; exiger que les officiers volontaires aient une certaine qualification pour la t&#226;che qu'ils ont entrepris de remplir lorsqu'ils ont accept&#233; leur fonction. Or, la cons&#233;quence en est de tr&#232;s nombreux licenciements, volontaires ou forc&#233;s, sans parler des innombrables renvois pour des motifs plus ou moins d&#233;shonorants, Il ne fait pas de doute que si l'arm&#233;e du Potomac faisait face &#224; une troupe bien organis&#233;e et renforc&#233;e d'un nombre appropri&#233; de soldats de m&#233;tier, elle e&#251;t &#233;t&#233; bient&#244;t mise en d&#233;route, malgr&#233; son importance num&#233;rique et l'indubitable courage personnel de ses soldats. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx et Engels ont constamment d&#233;fendu l'id&#233;e qu'il fallait organiser les forces r&#233;volutionnaires spontan&#233;es pour vaincre dans une r&#233;volution, et l'exp&#233;rience de dizaines de r&#233;volutions malheureuses a confirm&#233; ce point de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;br class='autobr' /&gt;
PHASE MILITAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
Friedrich Engels et Karl Marx : LA GUERRE CIVILE AUX &#201;TATS-UNIS&lt;br class='autobr' /&gt;
Die Presse, 26 novembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 19 novembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Laisse-le courir, il ne m&#233;rite pas ta col&#232;re ! &#187; Encore et toujours, la sagesse d'&#201;tat anglaise par la bouche de lord John Russell - adresse au Nord des &#201;tats-Unis ce conseil de Leporello &#224; l'amante d&#233;laiss&#233;e par Don Juan [1]. Si le Nord laisse le champ libre au Sud, il se d&#233;barrasse de toute liaison avec l'esclavage - son p&#233;ch&#233; originel historique - et pose les bases d'un d&#233;veloppement nouveau et sup&#233;rieur [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, si le Nord et le Sud &#233;taient deux pays aussi nettement distincts que l'Angleterre et le Hanovre, par exemple, leur s&#233;paration ne serait pas plus difficile que celle de ces deux &#201;tats [3]. Mais, il se trouve que, par rapport au Nord, le &#171; Sud &#187; ne forme ni un territoire g&#233;ographiquement bien d&#233;limit&#233;, ni une unit&#233; morale. Ce n'est pas un pays, mais un mot d'ordre de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conseil d'une s&#233;paration &#224; l'amiable impliquerait que la Conf&#233;d&#233;ration du Sud, au lieu d'avoir pris l'offensive dans la guerre civile, se batte pour le moins dans un but d&#233;fensif. On fait mine de croire qu'il ne s'agit pour le parti esclavagiste que d'unifier les territoires qu'il dominait jusqu'ici, afin d'en faire un groupe d'&#201;tats ind&#233;pendants, en les soustrayant &#224; l'autorit&#233; de l'Union. Rien n'est plus faux. &#171; Le Sud a besoin de son territoire tout entier. Il veut et doit l'avoir. &#187; C'est en poussant ce cri de guerre que les s&#233;cessionnistes ont envahi le Kentucky. Par &#171; territoire tout entier &#187;, ils entendent d'abord tout ce que l'on appelle les &#201;tats fronti&#232;res (border states) : Delaware, Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Kentucky, Tennessee, Missouri et Arkansas. Ensuite, ils revendiquent tout le territoire situ&#233; au sud de la ligne, qui va de l'angle nord-ouest du Missouri &#224; l'oc&#233;an Pacifique. En cons&#233;quence, ce que les esclavagistes appellent &#171; le Sud &#187;, c'est plus des trois quarts de l'actuel territoire de l'Union. Une large fraction du territoire ainsi revendiqu&#233; se trouve encore en possession de l'Union et devrait d'abord &#234;tre conquise &#224; ses d&#233;pens. Mais, tous les territoires que l'on appelle &#201;tats fronti&#232;res - et m&#234;me ceux qui se trouvent en la possession de la Conf&#233;d&#233;ration - n'ont jamais &#233;t&#233; de v&#233;ritables &#201;tats esclavagistes. Ils constituent bien plut&#244;t le territoire des &#201;tats-Unis, dans lequel les syst&#232;mes de l'esclavage et du travail libre existent c&#244;te &#224; c&#244;te et luttent pour l'h&#233;g&#233;monie ; en fait c'est l&#224; o&#249; se d&#233;roule la bataille entre le Sud et le Nord, entre l'esclavage et la libert&#233;. La Conf&#233;d&#233;ration du Sud ne m&#232;ne donc pas une guerre de d&#233;fense, mais une guerre de conqu&#234;te en vue d'&#233;tendre et de perp&#233;tuer l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cha&#238;ne de montagnes qui commence en Alabama et s'&#233;tend vers le nord jusqu'au fleuve Hudson - v&#233;ritable colonne vert&#233;brale des &#201;tats-Unis - divise le soi-disant Sud en trois parties. La r&#233;gion montagneuse, form&#233;e par les montagnes d'Alleghany avec leurs deux cha&#238;nes parall&#232;les, le Cumberland Range &#224; l'ouest et les Blue Ridge Mountains &#224; l'est, s&#233;pare, tel un coin, les plaines basses de la c&#244;te ouest de l'Atlantique de celles des vall&#233;es m&#233;ridionales du Mississippi. Les deux plaines basses s&#233;par&#233;es par la zone montagneuse, avec leurs immenses marais &#224; riz et leurs vastes plantations de coton, repr&#233;sentent actuellement l'aire proprement dite de l'esclavagisme. Le long coin enfonc&#233; par la zone montagneuse jusqu'au c&#339;ur de l'esclavagisme - avec l'espace libre qui lui correspond, le climat revigorant et un sous-sol riche en charbon, en sel, en calcaire, en minerai de fer, en or, bref en toutes les mati&#232;res. premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; un d&#233;veloppement industriel diversifi&#233; - est d&#233;j&#224; en majeure partie une terre de libert&#233;. De par sa nature physique, le sol ne peut &#234;tre cultiv&#233; ici avec profit que par de petits fermiers libres. Ici, le syst&#232;me esclavagiste ne v&#233;g&#232;te que sporadiquement et n'a jamais pris racine Dans la plupart des &#201;tats fronti&#232;res, les habitants des hauts plateaux forment le noyau de la libre population qui prend parti pour le Nord, ne serait-ce que dans un but d'autopr&#233;servation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rons en d&#233;tail les territoires contest&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Delaware, l'&#201;tat fronti&#232;re qui se situe le plus au nord-est, est, en fait et moralement, en la possession de l'Union. Tous les efforts des s&#233;cessionnistes pour former ne serait-ce qu'une fraction qui leur soit favorable ont &#233;chou&#233; depuis le d&#233;but de la guerre, face &#224; une population unanime. La fraction esclavagiste de cet &#201;tat est depuis fort longtemps en d&#233;cadence. Entre les seules ann&#233;es 1850 et 1860, le nombre des esclaves a diminu&#233; de moiti&#233; : la population totale de 112 218 n'en compte plus maintenant que 1798. Malgr&#233; cela, le Delaware est revendiqu&#233; par la Conf&#233;d&#233;ration du Sud, et, de fait, le Nord ne pourrait plus le tenir militairement, si le Sud s'emparait du Maryland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Maryland, on assiste au m&#234;me conflit entre les hauts plateaux et les basses plaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un total de 687 034 habitants, il y a 87 188 esclaves. Les &#233;lections g&#233;n&#233;rales les plus r&#233;centes ont prouv&#233; de mani&#232;re frappante que la majorit&#233; &#233;crasante du peuple &#233;tait en faveur de l'Union. L'arm&#233;e, forte de trente mille hommes, qui occupe actuellement le Maryland, ne doit pas seulement servir de r&#233;serve &#224; l'arm&#233;e du Potomac, mais encore tenir en &#233;chec la r&#233;bellion esclavagiste &#224; l'int&#233;rieur du pays. On constate ici le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne que dans les &#201;tats fronti&#232;res, o&#249; la grande masse du peuple est pour le Nord, tandis qu'un parti esclavagiste num&#233;riquement insignifiant est pour le Sud. Le parti esclavagiste compense cette faiblesse num&#233;rique par les moyens de force que lui assurent un long exercice du pouvoir dans tous les services de l'&#201;tat, des habitudes h&#233;r&#233;ditaires de l'intrigue politique et la concentration de grands moyens financiers entre quelques mains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Virginie repr&#233;sente actuellement le plus grand cantonnement militaire : le gros des forces de la s&#233;cession et de l'arm&#233;e de l'Union s'y font face. Dans les hauts plateaux du nord-ouest de la Virginie, la masse des esclaves s'&#233;l&#232;ve &#224; quinze mille, tandis qu'une population libre, vingt fois plus nombreuse, est constitu&#233;e de paysans autonomes. Les basses plaines de l'est de la Virginie, en revanche, comptent environ un demi-million d'esclaves. L'&#233;levage et la vente des Noirs dans les &#201;tats du sud repr&#233;sentent sa principale source de revenus. A peine les chefs de bandes des basses plaines eurent-ils fait passer l'ordonnance de s&#233;cession &#224; l'assembl&#233;e l&#233;gislative d'&#201;tat de Richmond et ouvert en toute h&#226;te les portes de la Virginie &#224; l'arm&#233;e sudiste, que le nord-ouest de la Virginie se d&#233;tacha de la s&#233;cession, s'&#233;rigea en &#201;tat nouveau et &#224; pr&#233;sent elle d&#233;fend son territoire les armes &#224; la main sous le drapeau de l'Union, contre les envahisseurs sudistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tennessee, avec 1 109 847 habitants, dont 275 784 esclaves se trouvent entre les mains de la Conf&#233;d&#233;ration du Sud, qui applique &#224; tout le pays la loi martiale et un syst&#232;me de proscription &#233;voquant l'&#233;poque du triumvirat romain. Lorsque, au cours de l'hiver 1861, les esclavagistes voulurent convoquer une assembl&#233;e populaire pour ratifier la s&#233;cession, la majorit&#233; de la population refusa cette convocation, afin de couper court &#224; tout pr&#233;texte au mouvement de s&#233;cession [4]. Plus tard, lorsque le Tennessee fut conquis militairement par la Conf&#233;d&#233;ration du Sud et soumis &#224; un r&#233;gime de terreur, un tiers du corps &#233;lectoral continua de se d&#233;clarer en faveur de l'Union [5]. Comme dans la plupart des &#201;tats fronti&#232;res, le v&#233;ritable centre de la r&#233;sistance contre le parti esclavagiste se trouve dans la r&#233;gion montagneuse, dans l'est du pays. Le 17 juin 1861, une assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale du peuple du Tennessee oriental se r&#233;unit &#224; Greenville et se d&#233;clara pour l'Union. Elle d&#233;l&#233;gua au S&#233;nat de Washington l'ancien gouverneur Andrew Johnson, l'un des plus fervents Unionistes et publia une declaration of grievances, un cahier de dol&#233;ances, qui d&#233;voilait tous les moyens d'escroquerie, d'intrigue et de terreur utilis&#233;s pour faire sortir le Tennessee de l'Union lors des &#171; &#233;lections &#187;. Depuis, l'est du Tennessee est tenu en &#233;chec par les forces arm&#233;es des s&#233;cessionnistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le nord de l'Alabama, le nord-ouest de la G&#233;orgie et le nord de la Caroline du Nord, on trouve les m&#234;mes conditions que dans l'ouest de la Virginie et l'est du Tennessee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus &#224; l'ouest, dans l'&#201;tat fronti&#232;re du Missouri, avec 1 173 317 habitants et 114 965 esclaves - dont la plupart sont concentr&#233;s dans la partie nord-ouest de l'&#201;tat - l'assembl&#233;e populaire s'est prononc&#233;e en faveur de l'Union en ao&#251;t 1861 [6]. Jackson - gouverneur de l'&#201;tat et instrument du parti esclavagiste - s'&#233;tant rebell&#233; contre l'assembl&#233;e l&#233;gislative du Missouri, fut d&#233;clar&#233; hors la loi et se trouve maintenant &#224; la t&#234;te de hordes arm&#233;es. Celles-ci envahirent le Missouri &#224; partir du Texas, de l'Arkansas et du Tennessee, afin de lui faire plier le genou devant la Conf&#233;d&#233;ration et de briser ses liens avec l'Union par l'&#233;p&#233;e. A c&#244;t&#233; de la Virginie, le Missouri constitue actuellement le th&#233;&#226;tre principal de la guerre civile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nouveau-Mexique n'est pas un &#201;tat, mais un simple territoire. Sous la pr&#233;sidence de Buchanan, les sudistes y envoy&#232;rent vingt-cinq esclaves &#224; la suite desquels ils introduisirent une constitution esclavagiste confectionn&#233;e &#224; Washington. Comme le Sud l'admet lui-m&#234;me, cet &#201;tat ne lui a rien demand&#233;. Mais, le Sud veut le Nouveau-Mexique, et vomit en cons&#233;quence une bande d'aventuriers du Texas par-del&#224; ses fronti&#232;res. Le Nouveau-Mexique a implor&#233; la protection du gouvernement de l'Union contre ces &#171; lib&#233;rateurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a not&#233; que nous avons soulign&#233; le rapport num&#233;rique entre esclaves et hommes libres dans les diff&#233;rents &#201;tats fronti&#232;res. De fait, ce rapport est d&#233;cisif. C'est le thermom&#232;tre d'apr&#232;s lequel il faut mesurer le feu vital du syst&#232;me esclavagiste. L'&#226;me de tout le mouvement s&#233;cessionniste est la Caroline du Sud. Elle compte 402 541 esclaves contre 301 271 hommes libres. En second vient le Mississippi qui a donn&#233; &#224; la Conf&#233;d&#233;ration du Sud son dictateur Jefferson Davis. Il compte 436 696 esclaves contre 354 699 hommes libres. En troisi&#232;me, vient l'Alabama avec 435 132 esclaves contre 529 164 hommes libres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dernier des &#201;tats fronti&#232;res contest&#233;s qu'il nous reste &#224; mentionner est le Kentucky. Son histoire la plus r&#233;cente est particuli&#232;rement caract&#233;ristique de la politique de la Conf&#233;d&#233;ration du Sud. Sur 1 135 713 habitants, le Kentucky compte 225 490 esclaves. Dans les trois &#233;lections g&#233;n&#233;rales successives - en hiver 1861, pour le Congr&#232;s des &#201;tats fronti&#232;res ; en juin 1861, pour le Congr&#232;s de Washington, et enfin en ao&#251;t 1861 pour les l&#233;gislatives de l'&#201;tat du Kentucky - une majorit&#233; toujours croissante se pronon&#231;a pour l'Union. En revanche, Mageffin, le gouverneur du Kentucky, et tous les dignitaires de l'&#201;tat sont de fanatiques partisans du parti esclavagiste, tout comme Breckinridge, le repr&#233;sentant du Kentucky au S&#233;nat de Washington, vice-pr&#233;sident des &#201;tats-Unis sous Buchanan et candidat du parti esclavagiste en 1860 lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles. Trop faible pour gagner le Kentucky &#224; la s&#233;cession, l'influence du parti esclavagiste &#233;tait cependant assez forte pour l'amener &#224; une d&#233;claration de neutralit&#233; lorsque la guerre &#233;clata. La Conf&#233;d&#233;ration reconnut la neutralit&#233;, tant qu'elle servait ses int&#233;r&#234;ts et qu'il lui fallait abattre la r&#233;sistance du Tennessee oriental. A peine ce but fut-il atteint, qu'elle frappa aux portes du Kentucky &#224; coups de crosse, en proclamant : &#171; Le Sud a besoin de son territoire tout entier. Il veut et doit l'obtenir ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le sud-ouest et le sud-est, ses corps de francs-tireurs envahirent simultan&#233;ment cet &#201;tat &#171; neutre &#187;. Le Kentucky s'&#233;veilla ainsi de son r&#234;ve de neutralit&#233;, son assembl&#233;e l&#233;gislative prit ouvertement parti pour l'Union, encadra le gouverneur f&#233;lon d'un comit&#233; de salut public, appela le peuple aux armes, d&#233;clara Breckinridge hors la loi et ordonna aux s&#233;cessionnistes d'&#233;vacuer imm&#233;diatement le territoire envahi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait le signal de la guerre. Une arm&#233;e de la Conf&#233;d&#233;ration du Sud fait mouvement vers Louisville, tandis que des volontaires accourent de l'Illinois, de l'Indiana et de l'Ohio pour sauver le Kentucky des &#233;missaires arm&#233;s de l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tentatives de la Conf&#233;d&#233;ration pour annexer le Missouri et le Kentucky, par exemple, contre la volont&#233; de la population d&#233;montrent l'inanit&#233; du pr&#233;texte selon lequel elle lutte pour d&#233;fendre les droits des divers &#201;tats, face aux empi&#233;tements de l'Union. Certes, elle reconna&#238;t le droit aux diff&#233;rents &#201;tats formant - d'apr&#232;s elle - le &#171; Sud &#187; de se s&#233;parer de l'Union, mais leur d&#233;nie celui d'y rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique la guerre contre l'ext&#233;rieur, la dictature militaire &#224; l'int&#233;rieur, et l'esclavage partout, leur donnent pour l'heure un semblant d'harmonie, les &#201;tats esclavagistes eux-m&#234;mes ne manquent pas d'&#233;l&#233;ments r&#233;calcitrants. Un exemple frappant en est le Texas avec 180 388 esclaves contre 601 039 habitants. La loi de 1845 en vertu de laquelle le Texas est entr&#233; dans les rangs des &#201;tats-Unis, en tant qu'&#201;tat esclavagiste, lui donnait le droit de former de son territoire non seulement un, mais cinq &#201;tats. Ainsi, le Sud e&#251;t gagn&#233; dix nouvelles voix, au lieu de deux, au S&#233;nat am&#233;ricain ; or, l'augmentation du nombre de ses voix au S&#233;nat &#233;tait l'un des buts principaux de sa politique d'alors. Cependant, de 1845 &#224; 1860, les esclavagistes ne r&#233;ussirent m&#234;me pas &#224; d&#233;couper en deux &#201;tats le Texas, o&#249; la population allemande joue un r&#244;le important, car, dans le second &#201;tat, le parti du travail libre l'e&#251;t emport&#233; sur le parti esclavagiste [7]. Est-il meilleure preuve de la force de l'opposition contre l'oligarchie esclavagiste au Texas m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Georgie est le plus grand et le plus peupl&#233; des &#201;tats esclavagistes. On y compte 462 230 esclaves sur un total de 1 057 327 habitants, soit environ la moiti&#233; de la population. Malgr&#233; cela, le parti esclavagiste ne parvint pas jusqu'ici &#224; faire sanctionner par un vote g&#233;n&#233;ral de la population la Constitution octroy&#233;e au Sud &#224; Montgomery [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'assembl&#233;e d'&#201;tat de la Louisiane, qui se r&#233;unit le 21 mars 1861 &#224; La Nouvelle-Orl&#233;ans, Roselius, le v&#233;t&#233;ran politique de l'&#201;tat d&#233;clara : &#171; La Constitution de Montgomery n'est pas une constitution, mais une conspiration. Elle n'instaure pas un gouvernement du peuple, mais une oligarchie d&#233;testable qui ne conna&#238;t pas de limites. Il ne fut pas permis au peuple d'intervenir &#224; cette occasion. L'assembl&#233;e de Montgomery a creus&#233; la tombe de la libert&#233; politique, et l'on nous invite aujourd'hui &#224; assister &#224; ses obs&#232;ques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, l'oligarchie des trois cent mille esclavagistes n'utilisa pas seulement l'assembl&#233;e de Montgomery pour proclamer la s&#233;paration du Sud d'avec le Nord, mais l'exploita encore pour bouleverser la constitution interne des &#201;tats esclavagistes et compl&#233;ter l'asservissement de la partie blanche de la population, qui entendait conserver encore quelque ind&#233;pendance sous la protection et la constitution d&#233;mocratique de l'Union. D&#233;j&#224;, entre 1856 et 1860, les porte-parole politiques, les juristes, les autorit&#233;s morales et religieuses du parti esclavagiste n'avaient pas tant cherch&#233; &#224; d&#233;montrer que l'esclavage des Noirs &#233;tait justifi&#233;, mais que la couleur de la peau n'y faisait rien, la classe ouvri&#232;re &#233;tant partout n&#233;e pour l'esclavage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, au sens le plus plein, la guerre de la Conf&#233;d&#233;ration du Sud est une guerre de conqu&#234;te, destin&#233;e &#224; l'extension et &#224; la perp&#233;tuation de l'esclavage. La plus grande partie des &#201;tats fronti&#232;res et des territoires ne se trouve pas encore aux mains de l'Union, bien qu'ils aient pris parti pour elle par le moyen des urnes, puis par celui des armes. Cependant, la Conf&#233;d&#233;ration les compte dans le &#171; Sud &#187; et cherche &#224; les arracher de force &#224; l'Union. Dans les &#201;tats fronti&#232;res qu'elle occupe pour le moment, la Conf&#233;d&#233;ration tient en &#233;chec par la loi martiale les r&#233;gions montagneuses en grande partie favorables au mode de vie libre. A l'int&#233;rieur des &#201;tats esclavagistes proprement dits, elle supplante la d&#233;mocratie existant jusqu'ici en instaurant le pouvoir sans bornes de l'oligarchie des trois cent mille esclavagistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En abandonnant ses plans de conqu&#234;te, la Conf&#233;d&#233;ration du Sud renoncerait &#224; son principe vital et au but de la s&#233;cession. De fait, la s&#233;cession ne s'est produite que parce qu'au sein de l'Union la transformation des &#201;tats fronti&#232;res et des territoires en &#201;tats esclavagistes ne semble pas r&#233;alisable ind&#233;finiment. Au reste, s'il c&#233;dait pacifiquement &#224; la Conf&#233;d&#233;ration du Sud les territoires contest&#233;s, le Nord abandonnerait &#224; la r&#233;publique esclavagiste plus des trois quarts de tout le territoire des &#201;tats-Unis. Le Nord perdrait enti&#232;rement le golfe du Mexique, l'oc&#233;an Atlantique, &#224; l'exception d'une mince bande de terre s'&#233;tendant de la baie de Pensacola &#224; celle du Delaware, et se couperait elle-m&#234;me de l'oc&#233;an Pacifique. Le Missouri, le Kansas, le Nouveau-Mexique, l'Arkansas et le Texas entra&#238;neraient &#224; leur suite la Californie [9]. Incapables d'arracher &#224; la R&#233;publique esclavagiste ennemie l'embouchure du Mississippi au sud, les grands &#201;tats agricoles, situ&#233;s dans le bassin entre les Montagnes-Rocheuses et les Alleghanys, dans les vall&#233;es du Mississippi, du Missouri et de l'Ohio, seraient contraints, de par leurs int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques, &#224; se d&#233;tacher du Nord et &#224; entrer dans la Conf&#233;d&#233;ration du Sud. A leur tour, ces &#201;tats du nord-ouest entra&#238;neraient, dans la m&#234;me ronde de la s&#233;cession, tous les &#201;tats nordistes situ&#233;s plus &#224; l'est, &#224; l'exception peut-&#234;tre de la Nouvelle-Angleterre [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ce ne serait pas la dissolution de l'Union, mais sa r&#233;organisation sur la base de l'esclavage, sous le contr&#244;le reconnu de l'oligarchie esclavagiste. Le plan d'une telle r&#233;organisation a &#233;t&#233; ouvertement proclam&#233; par les principaux porte-parole du Sud au Congr&#232;s de Montgomery. Il explique le paragraphe de la nouvelle constitution, qui ouvre la porte de la nouvelle Conf&#233;d&#233;ration &#224; tout &#201;tat de l'ancienne Union. Le syst&#232;me esclavagiste empesterait toute l'Union. Dans les &#201;tats du Nord, o&#249; l'esclavage est pratiquement irr&#233;alisable, la classe ouvri&#232;re blanche serait progressivement abaiss&#233;e &#224; la condition d'ilote. Ce serait purement et simplement l'application du principe hautement proclam&#233;, selon lequel seules certaines races seraient aptes &#224; &#234;tre libres : comme, dans le Sud, le travail proprement dit est r&#233;serv&#233; aux Noirs, il serait r&#233;serv&#233; dans le Nord aux Allemands et aux Irlandais, ou &#224; leurs descendants directs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuelle lutte entre le Sud et le Nord est donc essentiellement un conflit entre deux syst&#232;mes sociaux, entre le syst&#232;me de l'esclavage et celui du travail libre. La lutte a &#233;clat&#233;, parce que les deux syst&#232;mes ne peuvent pas coexister plus longtemps en paix sur le continent nord-am&#233;ricain. Elle ne peut finir qu'avec la victoire de l'un ou de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#201;tats fronti&#232;res et les territoires contest&#233;s, o&#249; les deux syst&#232;mes sont en lutte pour l'h&#233;g&#233;monie, sont comme une &#233;pine dans la chair du Sud, il ne faut pas m&#233;conna&#238;tre, par ailleurs, qu'au cours de la guerre ils ont repr&#233;sent&#233; jusqu'ici le point faible du Nord. Sur ordre des conjur&#233;s du Sud, une fraction des esclavagistes de ces districts a simul&#233; hypocritement sa loyaut&#233; au Nord, tandis qu'une autre fraction trouvait que ses int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats et ses id&#233;es traditionnelles la rapprochaient de l'Union. Ces deux fractions ont pareillement paralys&#233; le Nord. La crainte d'alt&#233;rer l'humeur des esclavagistes &#171; loyaux &#187; des &#201;tats fronti&#232;res et de les jeter dans les bras de la s&#233;cession, en d'autres termes : les m&#233;nagements empreints de prudence vis-&#224;-vis des int&#233;r&#234;ts, pr&#233;jug&#233;s et sentiments de ces alli&#233;s douteux, c'est ce qui a frapp&#233; l'Union depuis le d&#233;but de la guerre d'une faiblesse incurable, en la poussant dans la voie des demi-mesures, en l'amenant &#224; manquer hypocritement aux principes inh&#233;rents &#224; la guerre, en &#233;pargnant le point le plus vuln&#233;rable de l'ennemi, la racine du mal : l'esclavage lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, r&#233;cemment encore, Lincoln a r&#233;voqu&#233; pusillanimement la proclamation du Missouri de Fr&#233;mont sur l'&#233;mancipation des Noirs appartenant aux rebelles [11], c'est uniquement en &#233;gard aux violentes protestations des esclavagistes &#171; loyaux &#187; du Kentucky. Quoi qu'il en soit, un tournant a &#233;t&#233; atteint en cette mati&#232;re. Avec le Kentucky, le dernier &#201;tat fronti&#232;re a pris rang parmi les champs de bataille entre Sud et Nord. D&#232;s lors qu'il s'agit d'une v&#233;ritable guerre pour les &#201;tats fronti&#232;res dans les &#201;tats fronti&#232;res eux-m&#234;mes, leur perte ou leur conqu&#234;te est soustraite &#224; la sph&#232;re des d&#233;bats diplomatiques ou parlementaires. Une fraction des esclavagistes jettera bas le masque de la loyaut&#233;, l'autre se satisfera de la perspective d'une indemnisation mon&#233;taire, telle que la Grande-Bretagne en versa aux planteurs de l'Inde occidentale [12]. Les &#233;v&#233;nements eux-m&#234;mes poussent &#224; la proclamation du mot d'ordre d&#233;cisif : l'&#233;mancipation des esclaves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les plus but&#233;s parmi les d&#233;mocrates et diplomates du Nord se sentent attir&#233;s par cette formule, comme le montrent diverses manifestations tout &#224; fait r&#233;centes. Dans une lettre ouverte, le g&#233;n&#233;ral Cass, ministre de la Guerre sous Buchanan et, jusqu'ici, l'un des alli&#233;s les plus z&#233;l&#233;s du Sud, a proclam&#233; que l'&#233;mancipation des esclaves &#233;tait la condition sine qua non du salut de l'Union. Dans sa derni&#232;re &#171; revue &#187; d'octobre, le Dr Brownson - le porte-parole du parti catholique du Nord et, selon son propre aveu, l'adversaire le plus d&#233;cid&#233; de l'&#233;mancipation des esclaves de 1836 &#224; 1860 - publie un article en faveur de l'abolition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si nous avons combattu l'abolition, dit-il entre autres, tant que nous estimions qu'elle mena&#231;ait l'Union, il nous faut lutter aujourd'hui d'autant plus &#233;nergiquement contre le maintien de l'esclavage que nous sommes persuad&#233;s qu'il est d&#233;sormais incompatible avec la continuation de l'Union ou de la nation comme libre &#201;tat r&#233;publicain. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le World, organe new-yorkais des diplomates du cabinet de Washington, conclut l'un de ses derniers articles &#224; sensation contre les abolitionnistes par ces mots :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le jour o&#249; l'on d&#233;cidera que c'est, ou bien l'esclavage, ou bien l'Union qui doit dispara&#238;tre, on aura prononc&#233; la sentence de mort de l'esclavage. Si le Nord ne peut vaincre sans l'&#233;mancipation, il vaincra avec l'&#233;mancipation. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cf. l'op&#233;ra Don Juan de Mozart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Cf. &#224; propos de cet article, la correspondance Marx-Engels des 3 et 5 d&#233;cembre 1861, l. c., tome VII, pp. 47-48 et 50-56. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &#192; la mort du dernier repr&#233;sentant de la dynastie des Hanovre en 1837, ce fut la fin de l'union personnelle entre l'Angleterre et le Hanovre, qui subsistait depuis 1714.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Au d&#233;but 1861, le peuple du Tennessee s'opposa &#224; la convocation d'une assembl&#233;e devant d&#233;lib&#233;rer du probl&#232;me de la s&#233;cession, par 69 673 voix contre 57 798. Le bastion de l'Union qu'&#233;tait le Tennessee oriental vota contre ce projet par une majorit&#233; de 25 611, tandis que le Tennessee central ne r&#233;unit qu'une faible majorit&#233; et que le Tennessee occidental l'accepta par 15 118 voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Le 16 juin 1861, le peuple du Tennessee vota comme suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tennessee oriental&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14 780&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32 923&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tennessee central&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;58 265&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 198&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tennessee occidental&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 127&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 117&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camps militaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 741&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;104 913&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;47 238&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] En mars 1861, une convention, r&#233;unie au Missouri, s'opposa &#224; la s&#233;cession par 89 voix contre 1. Cependant, les esclavagistes dominaient l'administration d'&#201;tat au point que le Missouri fut lentement, mais s&#251;rement aiguill&#233; dans l'orbite de la Conf&#233;d&#233;ration. Pour r&#233;agir contre *cette &#233;volution, une convention refl&#233;tant les v&#233;ritables sentiments de la population, se r&#233;unit &#224; Jefferson City fin juillet. Le gouverneur Jackson, chef du parti esclavagiste, y fut d&#233;pos&#233;, et remplac&#233; par un partisan de l'Union, Gambie. Ainsi, en ao&#251;t 1861, le gouvernement de l'&#201;tat du Missouri passa d&#233;finitivement aux c&#244;t&#233;s de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Avant 1848, un nombre consid&#233;rable d'Allemands, esp&#233;rant instaurer un &#201;tat ind&#233;pendant, arriv&#232;rent eu Texas o&#249; ils furent bien accueillis par l'administration., Ils furent suivis, en 1848 et 1849, par des milliers de r&#233;volutionnaires allemands. En 1850, la population de souche allemande formait environ le cinqui&#232;me de la population blanche de cet &#201;tat ; &#201;videmment, les anciens r&#233;volutionnaires allemands &#233;taient en grande majorit&#233; anti-esclavagistes. En 1853, ils organis&#232;rent une soci&#233;t&#233; abolitionniste, le Prier Verein. Un an plus tard, une convention r&#233;unie &#224; San Antonio r&#233;clama la fin de l'esclavagisme. Au moment o&#249; &#233;clata la guerre civile, la plupart des Allemands se s&#233;par&#232;rent de l'&#201;tat esclavagiste et rest&#232;rent fid&#232;les au gouvernement de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Plut&#244;t que de courir le risque d'un rejet de la Constitution de Montgomery par la population, les esclavagistes la soumirent pour ratification &#224; l'assembl&#233;e d'&#201;tat. Cette derni&#232;re, sous le contr&#244;le esclavagiste, l'accepta sans autre forme de proc&#232;s, le 16 mars 1861. Cette m&#233;thode fut reprise par d'autres &#201;tats du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] En 1860-1861, les partisans des &#201;tats sudistes s'efforc&#232;rent de s&#233;parer la Californie de l'Union nord-am&#233;ricaine en cr&#233;ant une r&#233;publique &#171; neutre &#187; sur l&#224; c&#244;te du Pacifique. Le gouvernement de Lincoln sut d&#233;jouer &#224; temps ces intrigues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] La Nouvelle-Angleterre, situ&#233;e au nord-est des USA, &#233;tait constitu&#233;e par un groupe de six &#201;tats fortement industrialis&#233;s (Maine, Massachusetts Connecticut, Rhode Island, Vermont, New Hampshire). C'&#233;tait le centre du mouvement abolitionniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] En ao&#251;t 1861, le g&#233;n&#233;ral, Fr&#233;mont proclama la confiscation des biens de toute personne, qui, au Missouri, prendrait les armes contre le gouvernement de Washington ou aiderait l'ennemi de quelque fa&#231;on que ce soit. Le manifeste d&#233;clarait en outre que les esclaves de ces tra&#238;tres seraient &#233;mancip&#233;s. Pour appliquer ces d&#233;cisions, le g&#233;n&#233;ral Fr&#233;mont cr&#233;a des bureaux pour l'abolition de l'esclavage et les d&#233;clarations de libert&#233;. Lincoln ordonna officiellement &#224; Fr&#233;mont de mettre sa proclamation en accord avec la loi sur la confiscation et d'annuler les d&#233;cisions relatives &#224; l'affranchissement des esclaves (la loi adopt&#233;e le 6 ao&#251;t 1861 par le Congr&#232;s ne pr&#233;voyait que la lib&#233;ration des esclaves qui avaient &#233;t&#233; directement utilis&#233;s par les rebelles &#224; des fins militaires). Comme Fr&#233;mont refusa d'ex&#233;cuter les ordres pr&#233;sidentiels, il fut d&#233;mis de son poste de commandant en chef de l'arm&#233;e du Missouri en octobre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Apr&#232;s le soul&#232;vement des esclaves noirs de la Jama&#239;que, le parlement anglais adopta en 1833 la loi sur l'abolition de l'esclavage dans les colonies. En Inde occidentale, le gouvernement versa aux propri&#233;taires deux livres sterling par esclave affranchi. Les sommes vers&#233;es devaient &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;es par des imp&#244;ts ult&#233;rieurs frappant la population, et en premier les Noirs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;br class='autobr' /&gt;
PHASE MILITAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx : LA DESTITUTION DE FR&#201;MONT&lt;br class='autobr' /&gt;
Die Presse, 26 novembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 19 novembre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destitution de Fr&#233;mont du poste de commandant en chef du Missouri marque un tournant historique dans le cours de la guerre civile am&#233;ricaine. Fr&#233;mont a expi&#233; deux p&#233;ch&#233;s graves. Il fut le premier candidat du Parti r&#233;publicain &#224; la dignit&#233; pr&#233;sidentielle (1856), et c'est le premier g&#233;n&#233;ral du Nord, qui (le 30 ao&#251;t 1861) mena&#231;a les esclavagistes de l'&#233;mancipation des esclaves [1]. Il reste donc un rival pour les futurs candidats &#224; la pr&#233;sidence et un obstacle pour les actuels faiseurs de compromis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant les deux derni&#232;res d&#233;cennies, une singuli&#232;re pratique s'est d&#233;velopp&#233;e aux &#201;tats-Unis : &#233;viter de faire &#233;lire &#224; la pr&#233;sidence un homme ayant occup&#233; une place d&#233;cisive dans son propre parti. Certes, on utilise le nom de ces personnalit&#233;s au cours de la campagne &#233;lectorale, mais sit&#244;t qu'on aborde l'affaire elle-m&#234;me, on les laisse choir pour les remplacer par des m&#233;diocrit&#233;s inconnues et d'influence purement locale. C'est de cette fa&#231;on que Polk, Pierce, Buchanan, etc., devinrent pr&#233;sidents. Il en fut de m&#234;me de A. Lincoln. En fait, le g&#233;n&#233;ral Andrew Jackson fut le dernier pr&#233;sident des &#201;tats-Unis &#224; devoir sa dignit&#233; &#224; son importance personnelle, alors que tous ses successeurs la doivent au contraire &#224; l'insignifiance de leur personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de l'ann&#233;e &#233;lectorale de 1860, les noms les plus distingu&#233;s du Parti r&#233;publicain &#233;taient Fr&#233;mont et Seward. Connu pour ses aventures durant la guerre du Mexique [2], son audacieuse exp&#233;dition de Californie et sa candidature de 1856, Fr&#233;mont &#233;tait un personnage trop repr&#233;sentatif pour entrer en consid&#233;ration, sit&#244;t qu'il s'agissait non plus d'effectuer une d&#233;monstration r&#233;publicaine, mais de viser un succ&#232;s r&#233;publicain. C'est pourquoi, il ne fut pas candidat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va autrement de Seward, s&#233;nateur r&#233;publicain au Congr&#232;s de Washington, gouverneur de l'&#201;tat de New York et, depuis la naissance du Parti r&#233;publicain, indiscutablement son meilleur orateur. Il fallut toute une s&#233;rie de d&#233;faites mortifiantes pour amener M. Seward &#224; renoncer &#224; sa propre candidature et &#224; patronner de sa voix celui qui, &#224; l'&#233;poque, &#233;tait encore plus ou moins un inconnu, A. Lincoln. Cependant, d&#232;s qu'il s'aper&#231;ut de l'&#233;chec de sa propre candidature, il s'imposa lui-m&#234;me, en tant que Richelieu r&#233;publicain, &#224; un homme qu'il tenait lui-m&#234;me pour un Louis XIII r&#233;publicain. Il contribua donc &#224; faire de Lincoln le pr&#233;sident, &#224; condition qu'il f&#238;t de lui le secr&#233;taire d'&#201;tat, dignit&#233; que l'on peut comparer dans une certaine mesure &#224; celle d'un premier ministre anglais. De fait, &#224; peine Lincoln &#233;tait-il &#233;lu pr&#233;sident, que Seward fut assur&#233; du secr&#233;tariat d'&#201;tat. On assista aussit&#244;t &#224; un curieux changement d'attitude du D&#233;mosth&#232;ne du Parti r&#233;publicain, devenu c&#233;l&#232;bre, parce qu'il proph&#233;tisa un &#171; conflit irr&#233;pressible &#187; entre le syst&#232;me du travail libre et celui de l'esclavage. Bien s&#251;r qu'il f&#251;t &#233;lu le 6 novembre 1860, Lincoln ne devait acc&#233;der &#224; la fonction pr&#233;sidentielle que le 4 mars 1861. Dans l'intervalle, au cours de la session d'hiver du Congr&#232;s, Seward se fit le centre de toutes les tentatives de compromis. Les organes sudistes dans le Nord - par exemple le New York Herald, dont la b&#234;te noire avait &#233;t&#233; jusqu'ici Seward - se mirent soudain &#224; vanter ses m&#233;rites d'homme d'&#201;tat de la r&#233;conciliation et, effectivement, ce ne fut pas sa faute si la paix a tout prix ne fut pas conclue. Manifestement, Seward utilisait le secr&#233;tariat d'&#201;tat comme tremplin et se pr&#233;occupait moins du pr&#233;sent &#171; conflit irr&#233;pressible &#187; [3] que de la future pr&#233;sidence. Il a prouv&#233; une fois de plus que les virtuoses de la langue &#233;taient des hommes d'&#201;tat dangereux auxquels on ne peut faire confiance. Qu'on lise ses d&#233;p&#234;ches d'&#201;tat ! C'est un m&#233;lange ignoble de grands mots et de petit esprit, de force apparente et de faiblesse r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Seward, Fr&#233;mont &#233;tait un rival dangereux qu'il fallait perdre. Cette entreprise apparut d'autant plus facile que, conform&#233;ment &#224; ses habitudes d'avocat, Lincoln a une aversion pour tout ce qui est g&#233;nial, s'accroche anxieusement &#224; la lettre de la Constitution et redoute tout pas qui pourrait d&#233;cevoir les &#171; loyaux &#187; esclavagistes des &#201;tats fronti&#232;res. Le caract&#232;re de Fr&#233;mont offrit un autre pr&#233;texte. C'est manifestement un homme de pathos, quelque peu excessif et hyperbolique, port&#233; aux envol&#233;es m&#233;lodramatiques. Le gouvernement l'incita tout d'abord &#224; d&#233;missionner volontairement en l'accablant de toutes sortes de chicanes. Lorsque cette m&#233;thode &#233;choua, il lui enleva son commandement, au moment pr&#233;cis o&#249; l'arm&#233;e qu'il avait organis&#233;e lui-m&#234;me se trouvait face &#224; face avec l'ennemi dans le sud-ouest du Missouri et qu'il fallait livrer la bataille d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fr&#233;mont est l'idole des &#201;tats du nord-ouest qui le c&#233;l&#232;brent comme pathfinder (&#233;claireur). Ils consid&#232;rent sa destitution comme une injure personnelle. Si le gouvernement de l'Union subit encore quelques revers comme ceux de Bull Run et de Balls Bluff [4], il aura donn&#233; lui-m&#234;me John Fr&#233;mont pour chef &#224; l'opposition, qui se dressera alors contre lui et brisera l'actuel syst&#232;me diplomatique de conduite de la guerre. Nous reviendrons plus tard sur les accusations publi&#233;es par le minist&#232;re de la Guerre de Washington contre le g&#233;n&#233;ral destitu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] En ao&#251;t 1861, le g&#233;n&#233;ral, Fr&#233;mont proclama la confiscation des biens de toute personne, qui, au Missouri, prendrait les armes contre le gouvernement de Washington ou aiderait l'ennemi de quelque fa&#231;on que ce soit. Le manifeste d&#233;clarait en outre que les esclaves de ces tra&#238;tres seraient &#233;mancip&#233;s. Pour appliquer ces d&#233;cisions, le g&#233;n&#233;ral Fr&#233;mont cr&#233;a des bureaux pour l'abolition de l'esclavage et les d&#233;clarations de libert&#233;. Lincoln ordonna officiellement &#224; Fr&#233;mont de mettre sa proclamation en accord avec la loi sur la confiscation et d'annuler les d&#233;cisions relatives &#224; l'affranchissement des esclaves (la loi adopt&#233;e le 6 ao&#251;t 1861 par le Congr&#232;s ne pr&#233;voyait que la lib&#233;ration des esclaves qui avaient &#233;t&#233; directement utilis&#233;s par les rebelles &#224; des fins militaires). Comme Fr&#233;mont refusa d'ex&#233;cuter les ordres pr&#233;sidentiels, il fut d&#233;mis de son poste de commandant en chef de l'arm&#233;e du Missouri en octobre 1861.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Les &#201;tats-Unis firent la guerre au Mexique, de 1846 &#224; 1848 ; les &#201;tats-Unis conquirent pr&#232;s de la moiti&#233; du pays, notamment tout le Texas, la Nouvelle-Californie et le Nouveau-Mexique. Les planteurs du Sud et la bourgeoisie financi&#232;re furent &#224; l'origine de cette campagne de brigandage imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] L'expression est de Seward, cf. son discours du 25 octobre 1858 &#224; Rochester, in : W.H. Seward, Works, ed. G.E. Baker, Boston 1884, vol. IV, pp. 289-302.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Sur la rivi&#232;re Bull Run, pr&#232;s de la ville de Mannassas, au sud-ouest de Washington, eut lieu le 21 juillet 1861 la premi&#232;re bataille importante de la guerre civile am&#233;ricaine. L'arm&#233;e du Sud triompha des troupes nordistes plus nombreuses, mais mal pr&#233;par&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de la bataille de Balls Bluff, au nord-ouest de Washington, les arm&#233;es sudistes an&#233;antirent le 21 octobre 1861 plusieurs r&#233;giments de l'arm&#233;e du g&#233;n&#233;ral Stone qui avaient travers&#233; le Potomac sans renforts. Ces deux batailles mirent en &#233;vidence les lacunes s&#233;rieuses au sein de l'organisation et de la direction des arm&#233;es nordistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;br class='autobr' /&gt;
PHASE MILITAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
Karl Marx : AFFAIRES AM&#201;RICAINES&lt;br class='autobr' /&gt;
Die Presse, 26 f&#233;vrier 1862.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Londres, le 3 mars 1862.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident Lincoln n'ose pas faire un pas en avant tant que le cours des &#233;v&#233;nements et l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral de l'opinion publique permettent de temporiser. Mais, une fois qu' &#171; Old Abe &#187; s'est convaincu lui-m&#234;me qu'un tel tournant s'est produit, il surprend autant ses amis que ses ennemis par la soudainet&#233; d'une op&#233;ration men&#233;e avec le moins de bruit possible. Ainsi, de la mani&#232;re la moins voyante, il vient d'ex&#233;cuter un coup, qui, six mois auparavant, e&#251;t pu lui co&#251;ter le si&#232;ge de pr&#233;sident et qui, il y a peu de mois encore e&#251;t suscit&#233; une temp&#234;te de protestations. Nous parlons de l'&#233;limination de McClellan de son poste de commandant en chef de toutes les arm&#233;es de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, Lincoln avait remplac&#233; le ministre de la Guerre Cameron par un juriste &#233;nergique et implacable, Mr Edwin Stanton. Celui-ci lan&#231;a aussit&#244;t un ordre du jour aux g&#233;n&#233;raux Buell, Halleck, Sherman et autres commandants de services entiers ou de chefs d'exp&#233;ditions, leur enjoignant d'attendre &#224; l'avenir que leur parviennent directement tous les ordres, publics et secrets, du minist&#232;re de la Guerre, et, de m&#234;me, de r&#233;pondre directement a ce minist&#232;re. Enfin, Lincoln donna quelques ordres qu'il signa lui-m&#234;me en tant que &#171; commandant en chef de l'arm&#233;e et de la marine &#187;, titre qui lui revenait de par la Constitution. De cette mani&#232;re &#171; tranquille &#187;, le &#171; jeune Napol&#233;on &#187; [1] fut d&#233;pouill&#233; du commandement supr&#234;me qu'il exer&#231;ait jusque-l&#224; sur toutes les arm&#233;es et fut r&#233;duit &#224; la seule direction de l'arm&#233;e du Potomac, bien qu'il gard&#226;t le titre de &#171; commandant en chef &#187; [2]. Les succ&#232;s remport&#233;s au Kentucky, au Tennessee et sur la c&#244;te Atlantique ont inaugur&#233; favorablement la prise en main du commandement supr&#234;me par le pr&#233;sident Lincoln.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poste de commandant en chef, occup&#233; jusque-l&#224; par McClellan, a &#233;t&#233; l&#233;gu&#233; aux &#201;tats-Unis par l'Angleterre et correspond &#224; peu pr&#232;s a la dignit&#233; de grand conn&#233;table dans l'arm&#233;e fran&#231;aise de l'ancien r&#233;gime. Pendant la guerre de Crim&#233;e, l'Angleterre elle-m&#234;me d&#233;couvrit que cette vieille institution &#233;tait d&#233;sormais inad&#233;quate. Elle r&#233;alisa donc un compromis gr&#226;ce auquel une partie des attributs du commandant en chef fut transmise au minist&#232;re de la Guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour juger de la tactique fabienne, [3] de McClellan, nous manquons encore du mat&#233;riel voulu. Mais, il ne fait pas de doute que son action entravait la conduite des op&#233;rations militaires en, g&#233;n&#233;ral. On peut dire de McClellan ce que Macaulay disait d'Essex : &#171; Les fautes militaires d'Essex d&#233;coulent essentiellement de ses sentiments politiques timor&#233;s. Certes, il est honn&#234;te, mais il n'est nullement attach&#233; &#224; la cause du Parlement : en dehors d'une grande d&#233;faite, il ne craint rien davantage qu'une grande victoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la plupart des officiers form&#233;s &#224; West Point et appartenant &#224; l'arm&#233;e r&#233;guli&#232;re, McClellan est plus ou moins li&#233; par l'esprit de corps &#224; ses anciens camarades qui se trouvent dans le camp ennemi. Il jalouse, lui aussi, les parvenus que sont &#224; ses yeux les &#171; soldats du civil &#187;. Pour lui, la guerre doit &#234;tre men&#233;e de mani&#232;re purement technique, comme une affaire, en ayant toujours en vue de restaurer l'Union sur sa base ancienne, et c'est pourquoi il convient avant tout de se tenir en dehors de toute tendance et principe r&#233;volutionnaires. En v&#233;rit&#233;, c'est l&#224; une bien curieuse conception d'une guerre qui est essentiellement une guerre de principes ! Les premiers g&#233;n&#233;raux du Parlement anglais partageaient la m&#234;me erreur. &#171; Mais, dit Cromwell dans son adresse au parlement-croupion du 4 juillet 1653, comme tout cela a chang&#233; lorsque la direction a &#233;t&#233; assum&#233;e par des hommes p&#233;n&#233;tr&#233;s de l'esprit de religiosit&#233; et de foi ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Star de Washington, l'organe particulier de McClellan, d&#233;clare encore dans son dernier num&#233;ro : &#171; Le but de toutes les combinaisons militaires du g&#233;n&#233;ral McClellan est le r&#233;tablissement de l'Union sous la forme exacte o&#249; elle existait avant que n'&#233;clat&#226;t la r&#233;bellion. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien d'&#233;tonnant donc si, sur le Potomac, l'arm&#233;e &#233;tait employ&#233;e sous les yeux du commandant en chef &#224; la chasse aux esclaves ! Tout r&#233;cemment encore, McClellan fit expulser du camp par ordre expr&#232;s la famille des musiciens Kutchinson, qui y chantait des chansons... anti-esclavagistes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A part de telles manifestations &#171; contre les tendances &#187;, McClellan prenait sous sa haute protection les tra&#238;tres de l'arm&#233;e unioniste. Par exemple, il promut Maynard &#224; un grade sup&#233;rieur, bien que ce f&#251;t un agent des s&#233;cessionnistes, comme le prouvent les documents officiels du comit&#233; d'enqu&#234;te de la Chambre des repr&#233;sentants. Du g&#233;n&#233;ral Patterson, dont la trahison provoqua la d&#233;faite de Manassas, jusqu'au g&#233;n&#233;ral Stone, qui organisa la d&#233;faite de Balls Bluff en connivence directe avec l'ennemi. McClellan savait soustraire tout tra&#238;tre militaire &#224; la cour martiale, voire le plus souvent l'emp&#234;cher d'&#234;tre renvoy&#233; de son poste. A ce sujet, le comit&#233; d'enqu&#234;te du Congr&#232;s a r&#233;v&#233;l&#233; les faits les plus surprenants. Lincoln r&#233;solut de d&#233;montrer par une mesure &#233;nergique, que lorsqu'il assumait le commandement supr&#234;me, l'heure des tra&#238;tres &#224; &#233;paulettes avait sonn&#233;, et qu'un tournant s'&#233;tait produit dans la politique de guerre. Sur son ordre, le g&#233;n&#233;ral Stone fut arr&#234;t&#233; dans son lit le 10 f&#233;vrier &#224; deux heures du matin et conduit au fort Lafayette. Quelques heures plus tard, parvint l'ordre de son arrestation, sign&#233; de Stanton et contenant l'accusation de haute trahison passible de la cour martiale. L'arrestation de Stone et sa mise en accusation ont eu lieu sans que le g&#233;n&#233;ral McClellan en f&#251;t inform&#233; au pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant qu'il restait inactif et portait les lauriers tress&#233;s &#224; l'avance, McClellan &#233;tait manifestement r&#233;solu &#224; ne pas permettre qu'un autre g&#233;n&#233;ral le devan&#231;&#226;t. Les g&#233;n&#233;raux Halleck et Pope avaient pr&#233;par&#233; un mouvement combin&#233; pour contraindre &#224; une bataille d&#233;cisive le g&#233;n&#233;ral Price, qui avait d&#233;j&#224; &#233;chapp&#233; une fois &#224; Fr&#233;mont par suite d'une intervention de Washington. Un t&#233;l&#233;gramme de McClellan leur interdit de mener &#224; bien leur entreprise. Un t&#233;l&#233;gramme semblable, adress&#233; au g&#233;n&#233;ral Halleck, &#171; annula l'ordre &#187; d'enlever le fort Columbus, &#224; un moment o&#249; ce fort se trouvait &#224; moiti&#233; sous l'eau. McClellan avait express&#233;ment d&#233;fendu aux g&#233;n&#233;raux de l'Ouest de correspondre entre eux. Chacun devait commencer par s'adresser &#224; Washington, s'il voulait combiner un mouvement. Le pr&#233;sident Lincoln vient de leur rendre leur indispensable libert&#233; d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de, lire le pan&#233;gyrique que le New York Herald dresse sans arr&#234;t au g&#233;n&#233;ral McClellan pour juger de la qualit&#233; de sa politique militaire. C'est le h&#233;ros, selon le c&#339;ur du Herald. Le fameux Bennett, propri&#233;taire et r&#233;dacteur en chef du Herald, r&#233;gnait dans le temps sur les administrations de Pierce et de Buchanan par l'entremise de ses &#171; repr&#233;sentants sp&#233;ciaux &#187;, alias correspondants &#224; Washington. Sous l'administration Lincoln, il essaya de reconqu&#233;rir ce m&#234;me pouvoir par un d&#233;tour gr&#226;ce &#224; son &#171; repr&#233;sentant sp&#233;cial &#187;, le Dr Ives, sudiste notoire et fr&#232;re d'un officier ayant d&#233;sert&#233; pour la Conf&#233;d&#233;ration et qui avait r&#233;ussi &#224; gagner la faveur de McClellan. Sous le patronage de McClellan, il semble que cet Ives ait joui de grandes privaut&#233;s, notamment &#224; l'&#233;poque o&#249; Cameron fut &#224; la t&#234;te du minist&#232;re de la Guerre. Il attendait manifestement que Stanton lui accord&#226;t les m&#234;mes privil&#232;ges et, en cons&#233;quence, il se pr&#233;senta le 8 f&#233;vrier au bureau militaire, o&#249; le ministre de la Guerre, son secr&#233;taire en chef et quelques membres du Congr&#232;s d&#233;lib&#233;raient sur des mesures militaires &#224; prendre. On le mit &#224; la porte, mais il se dressa sur ses ergots et, en battant en retraite, il mena&#231;a de faire ouvrir le feu par le Herald sur l'actuel minist&#232;re de la Guerre, s'il lui retirait son &#171; privil&#232;ge particulier &#187;, &#224; savoir &#234;tre dans la confidence des d&#233;lib&#233;rations de cabinet, des t&#233;l&#233;grammes, informations g&#233;n&#233;rales et nouvelles de guerre. Le lendemain 9 f&#233;vrier, le Dr Ives avait r&#233;uni tout l'&#233;tat-major de McClellan pour un d&#238;ner au champagne. Mais, la malchance vient vite. Un sous-officier suivi de six hommes, qui s'empara du puissant Ives et l'emmena au fort MacHenry, o&#249; - comme l'ordre du ministre de la Guerre le dit express&#233;ment - il est tenu sous surveillance &#233;troite en tant qu'espion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Nom donn&#233; &#224; McClellan par ses partisans d&#233;mocrates, parce qu'il avait &#233;t&#233; nomm&#233; commandant en chef des troupes de l'Union d&#232;s l'&#226;ge de trente-quatre ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En mars 1862, Lincoln lan&#231;a &#224; l'arm&#233;e l' &#171; ordre du jour g&#233;n&#233;ral n&#176; 3 &#187; dans lequel il enjoignait &#224; McClellan de prendre &#171; la t&#234;te de l'arm&#233;e du Potomac jusqu'&#224; nouvel ordre &#187; et l'informait qu'il &#233;tait &#171; relev&#233; du commandement des autres d&#233;partements militaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Le g&#233;n&#233;ral romain Quintus Fabius Maximus surnomm&#233; Cunctator (temporiseur), s'effor&#231;a au cours de la seconde guerre punique (218-201 av. J.-C.) d'utiliser les immenses avantages et r&#233;serves d'ordre militaire dont il disposait pour s'attirer les bonnes gr&#226;ces de l'arm&#233;e. Son plan consistait &#224; &#233;viter toute bataille d&#233;cisive et &#224; se d&#233;fendre dans des camps retranch&#233;s. Chaque erreur de l'adversaire &#233;tait utilis&#233;e pour remonter le moral de l'arm&#233;e romaine par de petites victoires et effacer l'effet d&#233;primant des d&#233;faites pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&lt;br class='autobr' /&gt;
PHASE MILITAIRE&lt;br class='autobr' /&gt;
Friedrich Engels et Karl Marx : LA GUERRE CIVILE AM&#201;RICAINE&lt;br class='autobr' /&gt;
Die Presse, 26 et 27 mars 1862.&lt;br class='autobr' /&gt;
I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous quelque angle qu'on la consid&#232;re, la guerre civile am&#233;ricaine pr&#233;sente un spectacle sans parall&#232;le dans les annales de l'histoire militaire. L'immense &#233;tendue du territoire disput&#233;, l'ampleur des lignes d'op&#233;ration et du front, la puissance num&#233;rique des arm&#233;es ennemies, dont la cr&#233;ation n'a pu pratiquement s'appuyer sur aucune base d'organisation ant&#233;rieure, le co&#251;t fabuleux de ces arm&#233;es, leur mode de direction et les principes g&#233;n&#233;raux de tactique et de strat&#233;gie r&#233;gissant cette guerre, tout cela est nouveau pour l'observateur europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conspiration s&#233;cessionniste, organis&#233;e, patronn&#233;e et soutenue bien avant qu'elle n'&#233;clat&#226;t par l'administration de Buchanan, a donn&#233; au Sud un avantage initial, gr&#226;ce auquel seule elle pouvait esp&#233;rer atteindre ses buts. Menac&#233; par sa population d'esclaves [1] et par d&#233; forts &#233;l&#233;ments unionistes parmi les Blancs, disposant d'un nombre d'hommes libres trois fois moins &#233;lev&#233; que le Nord, mais plus prompt &#224; l'attaque gr&#226;ce &#224; ses innombrables oisifs, assoiff&#233;s d'aventures, tout d&#233;pendait pour le Sud d'une offensive rapide, audacieuse, voire t&#233;m&#233;raire. Si les sudistes parvenaient &#224; s'emparer de Saint-Louis, de Cincinnati, de Washington, de Baltimore et peut-&#234;tre de Philadelphie, ils pouvaient soulever un mouvement de panique, cependant que la diplomatie et la corruption eussent assur&#233; &#224; tous les &#201;tats esclavagistes la reconnaissance de leur ind&#233;pendance. En revanche, si cette premi&#232;re offensive &#233;chouait - du moins sur ses points d&#233;cisifs - leur situation devait empirer de jour en jour, parall&#232;lement au d&#233;veloppement des forces du Nord. C'est ce que comprirent parfaitement les hommes qui, dans un esprit v&#233;ritablement bonapartiste, organis&#232;rent la conspiration s&#233;cessionniste, puis ouvrirent la campagne. Leurs bandes d'aventuriers submerg&#232;rent le Missouri et le Tennessee, tandis que les troupes plus r&#233;guli&#232;rement organis&#233;es envahirent la Virginie orientale et pr&#233;par&#232;rent un coup de main en direction de Washington. Ce coup ayant &#233;chou&#233;, la campagne sudiste &#233;tait perdue du point de vue militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nord entra en guerre &#224; contrec&#339;ur dans un demi-sommeil, comme il fallait s'y attendre &#233;tant donn&#233; le d&#233;veloppement plus &#233;lev&#233; de son industrie et de son commerce. Le m&#233;canisme social &#233;tait infiniment plus complexe ici qu'au Sud, et il fallut bien plus de temps pour imprimer &#224; son appareil une direction aussi inhabituelle. L'enr&#244;lement des volontaires pour trois mois s'av&#233;ra &#234;tre une grave erreur, encore qu'elle f&#251;t sans doute in&#233;vitable [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique du Nord devait consister d'abord &#224; se tenir sur la d&#233;fensive sur tous les points d&#233;cisifs, afin d'organiser ses forces, les exercer et les pr&#233;parer &#224; des batailles d&#233;cisives par des op&#233;rations de faible envergure et peu risqu&#233;es ; puis - d&#232;s que l'organisation se trouvait quelque peu renforc&#233;e et que les &#233;l&#233;ments f&#233;lons &#233;taient plus ou moins &#233;cart&#233;s de son arm&#233;e - &#224; passer &#224; une offensive &#233;nergique et ininterrompue, en vue de reconqu&#233;rir avant tout le Kentucky, le Tennessee, la Virginie et la Caroline du Nord. La transformation des civils en soldats devait co&#251;ter plus de temps au Nord qu'au Sud. Mais, une fois cela achev&#233;, on pouvait se fier &#224; la sup&#233;riorit&#233; individuelle du nordiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En gros, si nous faisons abstraction des erreurs qui ont une source plus politique que militaire, le Nord a agi conform&#233;ment &#224; ces principes : la petite guerre au Missouri et en Virginie occidentale, tandis qu'elle prot&#233;geait les populations unionistes, accoutumait les troupes au service de campagne et au feu, sans les exposer &#224; des d&#233;faites d&#233;cisives. La grave humiliation de Bull Run [3] &#233;tait, d'une certaine mani&#232;re, la cons&#233;quence d'une erreur ant&#233;rieure : l'enr&#244;lement des volontaires pour trois mois. Il est absurde de demander &#224; de nouvelles recrues d'attaquer de front une puissante position, situ&#233;e sur un terrain difficile et occup&#233;e par un adversaire &#224; peine inf&#233;rieur en nombre. La panique qui s'empara au moment d&#233;cisif de l'arm&#233;e unioniste, et dont la cause n'a toujours pas &#233;t&#233; clarifi&#233;e, ne pouvait surprendre quiconque est tant soit peu familiaris&#233; avec l'histoire des guerres populaires. De tels incidents se produisirent fr&#233;quemment chez les troupes fran&#231;aises de 1792-1795 [4], mais n'emp&#234;ch&#232;rent aucunement ces m&#234;mes soldats de gagner les batailles de Jemappes et de Fleurus, de Montenotte, Castiglione et Rivoli. Les railleries de la presse europ&#233;enne sur la panique de Bull Run n'ont qu'une seule excuse &#224; leur sottise : les fanfaronnades d'une partie de la presse nord-am&#233;ricaine avant le d&#233;clenchement de la bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;pit de six mois cons&#233;cutif &#224; la d&#233;faite de Manassas fut exploit&#233; plus efficacement par le Nord que par le Sud. Non seulement les rangs nordistes grossirent bien plus que les rangs sudistes, mais leurs officiers re&#231;urent une meilleure instruction ; la discipline et l'entra&#238;nement des troupes ne se heurt&#232;rent pas aux m&#234;mes obstacles qu'au Sud. Les tra&#238;tres et les incapables furent en grande partie &#233;cart&#233;s : le temps de la panique de Bull Run appartient au pass&#233;. Certes, il ne faut pas juger les deux arm&#233;es selon les crit&#232;res propres aux principales arm&#233;es europ&#233;ennes, voire &#224; l'ancienne arm&#233;e r&#233;guli&#232;re des &#201;tats-Unis. En fait, Napol&#233;on r&#233;ussit &#224; parfaire en un mois, dans ses casernes, l'entra&#238;nement des bataillons de nouvelles recrues, puis &#224; les entra&#238;ner &#224; la marche dans le second, et les conduire &#224; l'ennemi le troisi&#232;me. Mais, alors, chaque bataillon recevait un compl&#233;ment suffisant d'officiers et de sous-officiers &#233;prouv&#233;s ; et, enfin, on attribuait &#224; chaque compagnie de vieux soldats, pour qu'au jour de la bataille les jeunes troupes fussent entour&#233;es, ou mieux encadr&#233;es par les v&#233;t&#233;rans. Or, toutes ces conditions font d&#233;faut &#224; l'Am&#233;rique. Sans la masse consid&#233;rable de l'exp&#233;rience militaire de ceux qui ont &#233;migr&#233; en Am&#233;rique, &#224; la suite des convulsions r&#233;volutionnaires de 1848-1849, l'organisation des arm&#233;es de l'Union e&#251;t exig&#233; un temps plus long encore [5]. Le nombre tr&#232;s r&#233;duit des morts et des bless&#233;s par rapport au nombre total des troupes engag&#233;es (habituellement de un sur vingt) d&#233;montre que la plupart des engagements, m&#234;me les plus r&#233;cents, au Kentucky et au Tennessee, ont &#233;t&#233; effectu&#233;s principalement en utilisant des armes &#224; feu &#224; longue distance, et que les rares charges &#224; la ba&#239;onnette s'arr&#234;taient bient&#244;t devant le feu de l'ennemi, ou bien mettaient l'adversaire en fuite avant m&#234;me qu'on en v&#238;nt au corps &#224; corps. Dans l'intervalle, la nouvelle campagne s'est ouverte sous des auspices plus favorables, avec l'avance de Buell et Halleck &#224; travers le Kentucky en direction du Tennessee.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir reconquis le Missouri et la Virginie occidentale, l'Union ouvrit la campagne en avan&#231;ant en direction du Kentucky [6]. Les s&#233;cessionnistes tenaient l&#224; trois fortes positions ou camps retranch&#233;s : Columbus sur le Mississippi &#224; leur gauche ; Bowling Green au centr&#233; ; Mill Springs sur la rivi&#232;re de Cumberland &#224; leur droite. Leur ligne s'&#233;tendait d'ouest en est, sur plus de trois cents milles. L'ampleur de cette ligne enlevait aux trois corps engag&#233;s toute possibilit&#233; de se soutenir mutuellement, et offrait aux troupes de l'Union la chance de pouvoir attaquer chacun d'eux isol&#233;ment et avec des forces sup&#233;rieures. La grande erreur des s&#233;cessionnistes fut, dans la disposition de leurs forces, de vouloir tenir tout le terrain occup&#233;. Le Kentucky e&#251;t &#233;t&#233; d&#233;fendu avec bien plus d'efficacit&#233; au moyen d'un seul camp puissamment fortifi&#233;, au centre du pays, pr&#233;par&#233; comme champ de bataille pour un engagement d&#233;cisif et tenu par le gros de l'arm&#233;e : ou bien il aurait attir&#233; le gros des forces unionistes, ou bien il les aurait mises dans une position p&#233;rilleuse, d&#232;s lors qu'elles eussent tent&#233; d'attaquer une concentration de troupes aussi forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les conditions donn&#233;es, les unionistes r&#233;solurent d'attaquer les trois camps l'un apr&#232;s l'autre, en cherchant &#224; en faire sortir l'ennemi par une s&#233;rie de man&#339;uvres en vue de l'obliger &#224; accepter le combat en rase campagne. Ce plan correspondant &#224; toutes les r&#232;gles de l'art militaire fut ex&#233;cut&#233; avec d&#233;cision et rapidit&#233;. Vers la mi-janvier, un corps d'environ quinze mille unionistes marcha sur Mill Springs [7], tenu par vingt mille s&#233;cessionnistes. Les unionistes man&#339;uvr&#232;rent si bien qu'ils firent croire &#224; leurs adversaires qu'ils n'avaient affaire qu'&#224; un faible d&#233;tachement. Le g&#233;n&#233;ral Zollicoffer tomba aussit&#244;t dans le pi&#232;ge : il sortit de son camp retranch&#233; et attaqua les unionistes. Trop tard, il se rendit compte qu'il avait en face de lui une force sup&#233;rieure. Il fut tu&#233;, et ses troupes subirent une d&#233;faite aussi compl&#232;te que les unionistes &#224; Bull Run. Mais, cette fois-ci, la victoire fut tout autrement exploit&#233;e. L'arm&#233;e vaincue fut &#233;troitement talonn&#233;e jusqu'&#224; ce que, &#233;puis&#233;e, d&#233;moralis&#233;e, ayant perdu son artillerie de campagne et ses trains d'&#233;quipage, elle parvint &#224; son camp de Mill Springs. Ce camp ayant &#233;t&#233; &#233;difi&#233; sur le c&#244;t&#233; nord de la rivi&#232;re de Cumberland, en cas d'une nouvelle d&#233;faite, la garnison avait la retraite coup&#233;e, hormis par le fleuve, au moyen de quelques navires a vapeur ou de barques de rivi&#232;re. Nous avons not&#233; qu'en g&#233;n&#233;ral les camps s&#233;cessionnistes sont &#233;difi&#233;s sur la rive ennemie des fleuves. Il n'est pas seulement de r&#232;gle, mais encore pratique de s'aligner de la sorte, mais &#224; condition d'avoir un pont &#224; dos. Dans ce cas, le camp sert de t&#234;te de pont et donne &#224; ceux qui le tiennent le privil&#232;ge de jeter leurs forces &#224; volont&#233; sur l'une ou l'autre rive du fleuve, c'est-&#224;-dire de dominer compl&#232;tement le cours d'eau. En revanche, un camp sur le c&#244;t&#233; ennemi du fleuve, sans pont &#224; dos, coupe toute voie de retraite apr&#232;s un engagement malheureux, et force les troupes &#224; capituler ou les expose au massacre et &#224; la noyade, comme ce fut le cas pour les unionistes pr&#232;s de Ball's Bluff sur la rive ennemie du Potomac o&#249; la trahison du g&#233;n&#233;ral Stone les avait envoy&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les s&#233;cessionnistes vaincus eurent atteint leur camp de Mill Springs, ils comprirent aussit&#244;t qu'il leur fallait ou bien repousser l'attaque de l'ennemi contre leurs retranchements, ou bien capituler sous peu. Or apr&#232;s l'exp&#233;rience du matin, ils avaient perdu confiance en leur capacit&#233; de r&#233;sistance. En cons&#233;quence, lorsque les unionistes avanc&#232;rent le lendemain pour attaquer le camp, ils s'aper&#231;urent que l'ennemi avait mis la nuit &#224; profit pour traverser le fleuve, en leur abandonnant le camp, les trains d'&#233;quipage, l'artillerie et l'approvisionnement. De cette mani&#232;re, l'extr&#233;mit&#233; droite de la ligne s&#233;cessionniste &#233;tait repouss&#233;e vers le Tennessee, et le Kentucky oriental, o&#249; la masse de la population est hostile au parti esclavagiste, fut reconquis par l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au m&#234;me moment - vers la mi-janvier - les unionistes commenc&#232;rent les pr&#233;paratifs pour d&#233;loger les s&#233;cessionnistes de Columbus et de Bowling Green. Une puissante flotte de vaisseaux &#224; mortiers et de canonni&#232;res blind&#233;es &#233;tait tenue pr&#234;te, et la nouvelle fut lanc&#233;e aux quatre vents qu'elle servirait &#224; convoyer une nombreuse arm&#233;e le long du Mississippi, de Cairo &#224; Memphis et &#224; La Nouvelle-Orl&#233;ans. En fait, toutes les d&#233;monstrations sur le Mississippi n'&#233;taient que de simples man&#339;uvres de diversion. Au moment d&#233;cisif, les canonni&#232;res furent achemin&#233;es sur l'Ohio, puis de l&#224; sur le Tennessee qu'elles remont&#232;rent jusqu'&#224; Fort Henry. Avec Fort Donelson sur la rivi&#232;re de Cumberland, cette place forte constituait la seconde ligne de d&#233;fense des s&#233;cessionnistes au Tennessee. La position avait &#233;t&#233; bien choisie, car, en cas de retraite derri&#232;re le Cumberland, ce cours d'eau couvrirait leur front tout comme le Tennessee prot&#233;geait leur flanc gauche, l'&#233;troite bande de terre entre les deux fleuves &#233;tant suffisamment couverte par les deux forts ci-dessus mentionn&#233;s. Cependant, gr&#226;ce &#224; une action rapide, les unionistes enfonc&#232;rent m&#234;me la seconde ligne, avant qu'ils aient attaqu&#233; l'aile gauche et le centre de la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la premi&#232;re semaine de f&#233;vrier, les canonni&#232;res unionistes firent leur apparition devant Fort Henry, qui fut enlev&#233; apr&#232;s un court bombardement. La garnison put s'&#233;chapper et rejoindre Fort Donelson, car les forces terrestres, dont disposait l'exp&#233;dition n'&#233;taient pas assez nombreuses pour encercler la place. Les canonni&#232;res redescendirent donc le Tennessee jusqu'&#224; l'Ohio et, de l&#224; par le Cumberland, remont&#232;rent jusqu'&#224; Fort Donelson. Une canonni&#232;re isol&#233;e remonta hardiment le Tennessee, en plein c&#339;ur de l'&#201;tat du m&#234;me nom, en fr&#244;lant l'&#201;tat du Missouri ; elle progressa jusqu'&#224; Florence dans le nord de l'Alabama, o&#249; une s&#233;rie de marais et de bancs (connus sous le nom de Muscle Shoals) interdit toute poursuite de la navigation. Le fait qu'une seule canonni&#232;re ait pu accomplir cette longue croisi&#232;re d'au moins cent cinquante milles et revenir ensuite sans avoir subi la moindre attaque prouve que les sentiments unionistes pr&#233;valent le long du fleuve et seront fort utiles le jour o&#249; les troupes de l'Union avanceront jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exp&#233;dition fluviale sur le Cumberland combinait cependant ses mouvements avec ceux des forces terrestres, sous le g&#233;n&#233;ral Halleck et Grant. Les s&#233;cessionnistes stationn&#233;s &#224; Bowling Green furent induits en erreur par la d&#233;monstration des unionistes. Ils rest&#232;rent tranquillement dans leur camp pendant la semaine qui suivit la chute de Fort Henry, tandis que Fort Donelson &#233;tait encercl&#233; c&#244;t&#233; terre par quarante mille unionistes et que le c&#244;t&#233; fleuve &#233;tait menac&#233; par une puissante flotte de canonni&#232;res. Comme le camp de Mill Springs et Fort Henry, Fort Donelson a le cours d'eau &#224; dos, sans disposer d'un pont pour la retraite. C'est la place la plus forte que les unionistes aient attaqu&#233;e jusqu'ici. Les travaux de fortification avaient &#233;t&#233; effectu&#233;s avec le plus grand soin ; en outre, la place &#233;tait assez vaste pour contenir et loger vingt mille hommes. Au premier jour de l'attaque, les canonni&#232;res r&#233;duisirent au silence les batteries, dont le feu &#233;tait dirig&#233; sur le c&#244;t&#233; du fleuve, et bombard&#232;rent l'int&#233;rieur du p&#233;rim&#232;tre fortifi&#233;, tandis que les troupes terrestres repoussaient les avant-postes ennemis et for&#231;aient le gros des s&#233;cessionnistes &#224; chercher protection juste sous les canons de leurs propres travaux fortifi&#233;s. Le second jour, il semble que les canonni&#232;res, qui avaient &#233;t&#233; tr&#232;s &#233;prouv&#233;es la veille, n'aient pas r&#233;alis&#233; grand-chose. En revanche, les troupes terrestres eurent &#224; mener une bataille longue et chaude par endroits avec les colonnes de la garnison, qui tentaient de percer l'aile droite de l'ennemi pour s'assurer une ligne de retraite en direction de Nashville. Cependant, une attaque &#233;nergique de l'aile droite des unionistes sur l'aile gauche des s&#233;cessionnistes et d'importants renforts au profit de l'aile gauche unioniste d&#233;cid&#232;rent de la victoire des assaillants. Diff&#233;rents postes fortifi&#233;s ext&#233;rieurs furent pris d'assaut. Coinc&#233;e dans sa ligne de d&#233;fense int&#233;rieure, sans aucune voie de retraite et manifestement hors d'&#233;tat de r&#233;sister &#224; un nouvel assaut, la garnison se rendit sans condition le lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Fort Donelson, l'artillerie, le train d'&#233;quipage et le mat&#233;riel de guerre de la garnison tomb&#232;rent entre les mains des unionistes ; trente mille s&#233;cessionnistes se rendirent le jour de la capitulation ; mille autres le lendemain, et sit&#244;t que l'avant-garde des vainqueurs parut devant Clarksville, cette ville situ&#233;e sur le cours sup&#233;rieur du Cumberland ouvrit ses portes. Les s&#233;cessionnistes y avaient &#233;galement stock&#233; d'importantes r&#233;serves de vivres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prise de Fort Donelson cache cependant un petit myst&#232;re : la fuite du g&#233;n&#233;ral Floyd avec cinq mille hommes le second jour du bombardement. Ces fuyards &#233;taient trop nombreux pour dispara&#238;tre comme par enchantement durant la nuit, sur les bateaux &#224; vapeur. Quelques mesures de pr&#233;caution de la part des assaillants eussent pu pr&#233;venir leur fuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept jours apr&#232;s la reddition de Fort Donelson, les f&#233;d&#233;r&#233;s occup&#232;rent Nashville. La distance entre ces deux localit&#233;s est d'environ cent milles anglais. Il leur a donc fallu faire quinze milles par jour, sur des routes d&#233;fonc&#233;es et durant la saison la plus mauvaise de l'ann&#233;e : cela fait honneur aux troupes unionistes. A la nouvelle de la chute de Fort Donelson, les s&#233;cessionnistes &#233;vacu&#232;rent Bowling Green ; une semaine plus tard, ils abandonn&#232;rent Columbus et se retir&#232;rent sur une &#238;le du Mississippi, quarante-cinq milles plus au sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union avait ainsi enti&#232;rement reconquis le Kentucky. Il se trouve que les s&#233;cessionnistes ne pourront tenir le Tennessee que s'ils livrent et gagnent une grande bataille [8]. Il semble qu'ils aient concentr&#233; plus de soixante-cinq mille hommes dans ce but. Cependant, rien n'emp&#234;che les unionistes de leur opposer une force encore bien sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conduite des op&#233;rations dans la campagne du Kentucky m&#233;rite les plus vifs &#233;loges. La reconqu&#234;te d'un territoire aussi vaste, l'avance en direction de l'Ohio jusqu'au Cumberland en un seul mois, tout cela r&#233;v&#232;le une &#233;nergie, une d&#233;cision et une rapidit&#233; d'ex&#233;cution que les arm&#233;es r&#233;guli&#232;res d'Europe ont rarement &#233;gal&#233;es. Que l'on compare, par exemple, la lente progression des Alli&#233;s de Magenta &#224; Solferino en 1859, sans poursuite de l'ennemi en retraite, sans tentative d'isoler les tra&#238;nards ou de d&#233;border et d'encercler des corps de troupe entiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Halleck et Grant en particulier donnent de bons exemples de conduite militaire &#233;nergique. En laissant compl&#232;tement de c&#244;t&#233; Columbus et Bowling Green, ils concentr&#232;rent leurs forces aux points d&#233;cisifs - Fort Henry et Fort Donelson - qu'ils attaqu&#232;rent rapidement et avec &#233;nergie, rendant ainsi Columbus et Bowling Green intenables. Ensuite, ils se mirent aussit&#244;t en marche vers Clarksville et Nashville, sans laisser le temps aux s&#233;cessionnistes en retraite d'occuper de nouvelles positions, dans le nord du Tennessee. Durant cette rapide poursuite, le corps d'arm&#233;e s&#233;cessionniste de Columbus resta compl&#232;tement coup&#233; du centre et de l'aile droite de son arm&#233;e. Des journaux anglais ont injustement critiqu&#233; cette op&#233;ration. M&#234;me si l'attaque de Fort Donelson e&#251;t &#233;chou&#233;, les s&#233;cessionnistes pouvaient &#234;tre retenus pr&#232;s de Bowling Green par le g&#233;n&#233;ral Buell : ils n'eussent donc pu d&#233;tacher une troupe suffisante pour permettre &#224; la. garnison de poursuivre les unionistes en rase campagne et menacer leur retraite. Par ailleurs, Columbus est si &#233;loign&#233; qu'ils ne pouvaient en aucun cas intervenir dans les op&#233;rations conduites par Grant. De fait, lorsque les unionistes eurent nettoy&#233; le Missouri des s&#233;cessionnistes, Columbus n'&#233;tait plus pour ces derniers qu'un poste d&#233;pourvu de tout int&#233;r&#234;t. Les troupes de sa garnison durent se retirer en toute h&#226;te sur Memphis ou m&#234;me l'Arkansas, afin de ne pas &#234;tre oblig&#233;s de rendre leurs armes sans gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la suite du nettoyage du Missouri et de la reconqu&#234;te du Kentucky, le th&#233;&#226;tre de guerre s'est r&#233;tr&#233;ci au point que les diff&#233;rentes arm&#233;es peuvent coop&#233;rer dans une certaine mesure sur toute la ligne d'op&#233;ration et s'entraider pour atteindre certains r&#233;sultats. En d'autres termes, c'est maintenant seulement que la guerre prend un caract&#232;re strat&#233;gique et que la configuration g&#233;ographique du pays rev&#234;t un int&#233;r&#234;t nouveau. C'est &#224; pr&#233;sent aux g&#233;n&#233;raux nordistes de d&#233;couvrir le talon d'Achille des &#201;tats cotonniers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; la prise de Nashville, il ne pouvait y avoir d'op&#233;ration strat&#233;gique commune aux arm&#233;es du Kentucky et &#224; celles du Potomac, s&#233;par&#233;es par de trop longues distances. Certes, elles se trouvaient sur la m&#234;me ligne de front, mais leurs lignes d'op&#233;ration &#233;taient compl&#232;tement diff&#233;rentes. C'est seulement avec l'avance victorieuse dans le Tennessee que les mouvements des arm&#233;es du Kentucky prennent de l'importance pour le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations tout entier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les journaux am&#233;ricains influenc&#233;s par McClellan ont fait grand bruit de la th&#233;orie &#171; anaconda &#187; d'enveloppement, qui pr&#233;conise qu'une immense ligne d'arm&#233;es encercle la r&#233;bellion, resserre progressivement ses membres et &#233;trangle finalement l'ennemi. C'est pur enfantillage. C'est un r&#233;chauff&#233; du soi-disant syst&#232;me de cordon invent&#233; en Autriche vers 1770, utilis&#233; contre les Fran&#231;ais de 1792 &#224; 1797 avec tant d'obstination et marqu&#233; par les &#233;checs incessants que l'on sait. A Jemappes, Fleurus et, tout particuli&#232;rement &#224; Montenotte, Millesimo, Dego, Castiglione et Rivoli, le syst&#232;me de l'&#233;tranglement a fait long feu. Les Fran&#231;ais coupaient en deux l' &#171; anaconda &#187;, en concentrant leur attaque sur un point avec des forces sup&#233;rieures, puis ils mettaient en pi&#232;ces, l'un apr&#232;s l'autre, les morceaux de l' &#171; anaconda &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#201;tats plus ou moins peupl&#233;s et centralis&#233;s, il existe toujours un centre, dont l'occupation par l'ennemi brise le plus souvent la r&#233;sistance nationale. Paris en est un exemple frappant. Cependant, les &#201;tats esclavagistes ne poss&#232;dent pas un tel centre. Ils sont peu peupl&#233;s et ne poss&#232;dent gu&#232;re de grandes villes, sauf &#231;&#224; et l&#224; sur la c&#244;te. Cependant, il faut se demander s'il existe au moins un centre de gravit&#233; militaire, dont la capture briserait les reins de la r&#233;sistance, ou bien - comme ce fut le cas de la Russie jusqu'en 1812 - faut-il, pour remporter la victoire, occuper chaque village et chaque localit&#233;, en un mot : occuper toute la p&#233;riph&#233;rie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jetons donc un coup d'&#339;il sur la configuration g&#233;ographique de Secessia, avec sa longue bande c&#244;ti&#232;re sur l'Atlantique et sur le golfe du Mexique. Aussi longtemps que les conf&#233;d&#233;r&#233;s tenaient le Kentucky et le Tennessee, son territoire formait un ensemble bien compact. La perte de ces deux &#201;tats a enfonc&#233; dans leur territoire un gigantesque coin qui s&#233;pare les &#201;tats situ&#233;s sur la c&#244;te nord de l'oc&#233;an Atlantique des &#201;tats situ&#233;s sur le golfe du Mexique. La route directe de la Virginie et des deux Carolines au Texas &#224; la Louisiane, au Mississippi et m&#234;me, en partie, &#224; l'Alabama, passe par le Tennessee que les unionistes viennent d'occuper. La seule route qui, apr&#232;s la conqu&#234;te totale du Tennessee par l'Union, relie les deux sections des &#201;tats esclavagistes, passe par la G&#233;orgie. Cela d&#233;montre que la G&#233;orgie est la cl&#233; de Secessia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En perdant la G&#233;orgie, la Conf&#233;d&#233;ration a &#233;t&#233; coup&#233;e en deux sections qui ne disposent plus d'aucune communication entre elles. Or, il est impensable que les s&#233;cessionnistes puissent reconqu&#233;rir la G&#233;orgie, car les forces militaires unionistes y seraient concentr&#233;es en une position centrale, tandis que leurs adversaires, divis&#233;s en deux camps, auraient &#224; peine suffisamment de forces pour mener une attaque conjointe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faudrait-il conqu&#233;rir toute la G&#233;orgie, y compris la c&#244;te sud de Floride, pour mener &#224; bien une telle op&#233;ration ? Nullement. Dans un pays ou les communications, notamment entre deux points &#233;loign&#233;s, d&#233;pendent bien plus du chemin de fer que des routes terrestres, il suffit d'enlever la voie ferr&#233;e. La ligne de chemin de fer la plus m&#233;ridionale entre les &#201;tats du golfe du Mexique et ceux de la c&#244;te nord de l'Atlantique passe par Macon et Gordon, pr&#232;s de Milledgeville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'occupation de ces deux points couperait donc Secessia en deux et permettrait aux unionistes de battre une partie apr&#232;s l'autre. Il ressort de ce que nous venons de dire qu'aucune r&#233;publique sudiste n'est viable sans la possession du Tennessee. En effet, sans le Tennessee, le point vital de la G&#233;orgie ne se trouve qu'&#224; huit ou dix jours de marche de la fronti&#232;re. Le Nord tient donc sans cesse le Sud &#224; la gorge : &#224; la moindre pression de son poing, le Sud doit c&#233;der ou reprendre la lutte pour survivre, dans des conditions o&#249; une seule d&#233;faite lui enl&#232;ve toute perspective de victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;coule de ces consid&#233;rations que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Potomac n'est pas la position la plus importante du th&#233;&#226;tre de guerre. La prise de Richmond et l'avance de l'arm&#233;e du Potomac vers le sud - difficiles &#224; cause des nombreux cours d'eau qui coupent la ligne de marche - pourraient avoir un terrible effet psychologique, mais du point de vue purement militaire, elles ne d&#233;cideraient rien du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision de la campagne repose sur l'arm&#233;e du Kentucky, qui occupe actuellement le Tennessee, territoire sans lequel la s&#233;cession ne peut vivre. Il faudrait donc renforcer cette arm&#233;e, aux d&#233;pens des autres et en sacrifiant toutes les op&#233;rations mineures. Ses prochains points d'attaque seraient Chattanooga et Dalton sur le Tennessee sup&#233;rieur, ces villes &#233;tant les n&#339;uds ferroviaires les plus importants de tout le Sud. Apr&#232;s leur occupation, les &#201;tats de l'est et de l'ouest de Secessia ne seraient plus reli&#233;s que par les lignes de communication de G&#233;orgie. Il ne resterait plus qu'&#224; couper la ligne de chemin de fer suivante de l'Atlanta en G&#233;orgie, et enfin de d&#233;truire la derni&#232;re liaison entre les deux sections, en occupant Macon et Gordon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, si le plan &#171; anaconda &#187; &#233;tait poursuivi, en d&#233;pit de tous les succ&#232;s remport&#233;s localement et m&#234;me sur le Potomac, la guerre pourrait se prolonger &#224; l'infini, cependant que les difficult&#233;s financi&#232;res et les complications diplomatiques pourraient cr&#233;er une nouvelle marge de man&#339;uvre pour le Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] En 1860, l'Alabama, la G&#233;orgie, la Louisiane, le Mississippi, la Floride, la Caroline du Sud et le Texas avaient au total 4 969 141 habitants, dont 46,5 %, soit 2 312 350, &#233;taient des esclaves. Dans deux de ces &#201;tats - la Caroline du Sud et le Mississippi - les esclaves &#233;taient plus nombreux que l'ensemble des Blancs et Noirs libres. La Virginie, le Tennessee, la Caroline du Nord et l'Arkansas comptaient 4 134 191 habitants en 1860, dont 29,2 % d'esclaves soit 1208 758. Ne serait-ce que du point de vue militaire, une politique radicalement abolitionniste e&#251;t cass&#233; les reins aux sudistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] En r&#233;ponse aux actes de guerre de la Conf&#233;d&#233;ration du Sud, le gouvernement de Lincoln avait appel&#233;, le 15 avril 1861, soixante-quinze mille volontaires au service arm&#233;, croyant pouvoir r&#233;gler le conflit en trois mois. En fait, la guerre de S&#233;cession tra&#238;na jusqu'en 1865.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Sur la rivi&#232;re Bull Run, pr&#232;s de la ville de Mannassas, au sud-ouest de Washington, eut lieu le 21 juillet 1861 la premi&#232;re bataille importante de la guerre civile am&#233;ricaine. L'arm&#233;e du Sud triompha des troupes nordistes plus nombreuses, mais mal pr&#233;par&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Dans sa lettre &#224; Marx du 26.9.1851, Engels explique que la premi&#232;re phase d'une r&#233;volution implique toujours la spontan&#233;it&#233; et l'anarchie, qui affectent et dissolvent l'ancien r&#233;gime : &#171; Il est &#233;vident que la d&#233;sorganisation des arm&#233;es et le rel&#226;chement absolu de la discipline furent aussi bien la condition que le r&#233;sultat de toute r&#233;volution qui ait triomph&#233; jusqu'ici. La France dut attendre 1792 pour r&#233;organiser une petite arm&#233;e de soixante &#224; quatre-vingt mille hommes, celle de Dumouriez, qui cependant se d&#233;composa bient&#244;t. On peut donc dire qu'il n'y eut pratiquement aucune arm&#233;e organis&#233;e en France jusqu'&#224; la fin 1793. &#187; Et de montrer que la discipline d&#233;pend des buts politiques poursuivis, et non de la dictature militaire, du moins en p&#233;riodes r&#233;volutionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Comme durant la premi&#232;re r&#233;volution am&#233;ricaine, des forces progressives de plusieurs nations europ&#233;ennes aid&#232;rent l&#232;s Am&#233;ricains dans leur lutte au cours de la guerre anti-esclavagiste. parmi les r&#233;volutionnaires allemands de 1848 qui avaient &#233;migr&#233; aux &#201;tats-Unis, il y avait des bourgeois lib&#233;raux tels que Schurz et Kapp, et des amis communistes de Marx et d'Engels tels que Weydemeyer et Anneke (cf. Correspondance Marx-Engels, des 29.5. et 4.6.1862, l. c., pp. 113-116 : Anneke informait directement Engels de ce qui se passait sur le th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations am&#233;ricain). On estime &#224; deux cent mille le nombre des Allemands qui se port&#232;rent volontaires pour aider le Nord &#224; combattre les esclavagistes. Ils firent profiter de leur exp&#233;rience les arm&#233;es nordistes peu aguerries et mal organis&#233;es au d&#233;but des hostilit&#233;s.. Certains r&#233;volutionnaires de 1848 organis&#232;rent leurs propres d&#233;tachements, par exemple le 8&#176; r&#233;giment de volontaires allemands. L'action de Marx et d'Engels en faveur du Nord anti-esclavagiste se relie &#233;videmment &#224; ce mouvement concret aux &#201;tats-Unis. Comme on le sait, Marx avait envisag&#233;, &#224; un moment donn&#233;, d'&#233;migrer aux &#201;tats-Unis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par comparaison, voici les chiffres en ce qui concerne la participation des Noirs (ou esclaves) &#224; la lutte aux c&#244;t&#233;s du Nord : on n'a compt&#233; que 186 017 hommes de couleur ayant servi dans les arm&#233;es nordistes durant la guerre. Sur ce chiffre, 123 156 &#233;taient en service en juillet 1865 (on sait que les Noirs furent tardivement accept&#233;s de mani&#232;re officielle dans l'arm&#233;e). Les Noirs se battirent avec un courage extraordinaire, et perdirent 68 178 hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Du point de vue militaire et politique, la campagne du Kentucky de 1862 fut d'une importance d&#233;cisive. La ligne de d&#233;fense des conf&#233;d&#233;r&#233;s, de Columbus &#224;, Bowling Green, avait deux centres vitaux au Tennessee, Fort Henry et Fort Donelson. Ces places fortes d&#233;fendaient deux importants passages au c&#339;ur du Sud, les rivi&#232;res Cumberland et Tennessee. Leur prise ne permit pas seulement aux nordistes d'ouvrir une br&#232;che profonde dans la Conf&#233;d&#233;ration sudiste, mais encore de rendre intenable la position des sudistes au Kentucky. C'est pourquoi, ces deux forts furent l'objectif imm&#233;diat de la campagne de l'Union, et Grant les occupa les 6 et 15.2.1862. La prise de Fort Donelson entra&#238;na l'&#233;vacuation des positions de Bowling Green, de Columbus et de Nashville (au Tennessee).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces victoires de l'Union eurent de grandes cons&#233;quences militaires. Par le fleuve du Tennessee, les nordistes purent p&#233;n&#233;trer jusqu'au nord de l'Alabama et m&#234;me en G&#233;orgie. Ce fut la premi&#232;re amorce pour enfoncer un coin jusqu'au golfe du Mexique et couper la Conf&#233;d&#233;ration sudiste en deux parties isol&#233;es l'une de l'autre. En outre, ces succ&#232;s permirent d'occuper le Kentucky, &#201;tat fronti&#232;re vital, et de r&#233;cup&#233;rer une partie du Tennessee. Les nordistes avanc&#232;rent en tout de deux cents milles. Par ailleurs, ces victoires eurent un grand retentissement politique. Elles montr&#232;rent &#224; l'Europe - et notamment &#224; l'Angleterre - que le Sud n'&#233;tait pas invincible sur les champs de bataille. Enfin, elles enlev&#232;rent les derniers doutes qui pouvaient subsister sur le r&#244;le du Kentucky dans le conflit, et permirent d'entreprendre une guerre plus r&#233;volutionnaire contre les esclavagistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] En ce qui concerne l'&#233;tude d&#233;taill&#233;e du rapport des forces arm&#233;es lors des diff&#233;rentes op&#233;rations, aux divers moments de la guerre de S&#233;cession am&#233;ricaine, cf. The War of the Rebellion : A Compilation of the Official Records of the Union en cinquante-six volumes. La s&#233;rie I traite particuli&#232;rement de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] De fait, les conf&#233;d&#233;r&#233;s engag&#232;rent une double campagne au Kentucky et au Maryland en septembre 1862, mais ils furent battus. Cf. les articles ci-apr&#232;s : &#171; La situation en Am&#233;rique du Nord &#187; (10 novembre 1862), et &#171; Les &#233;v&#233;nements d'Am&#233;rique du Nord &#187; (12 octobre 1862). Comme Marx et Engels l'ont mis en &#233;vidence, le Sud devait attaquer en raison de la nature m&#234;me de ses conditions sociales, tandis que le Nord, en raison de ses. h&#233;sitations essentiellement politiques, se tenait sur la d&#233;fensive, bien qu'il jou&#238;t d'une sup&#233;riorit&#233; sociale et militaire incontestable. (N. d. T.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire la suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1862/05/km18620520.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/1862/05/km18620520.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/gcus/gcus.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/gcus/gcus.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Egypte, le grand pays des r&#233;volutions !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>Antiquit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>1952</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'Egypte est le pays des premi&#232;res gr&#232;ves et r&#233;volutions sociales des exploit&#233;s et opprim&#233;s de l'Histoire !De nombreuses ruptures dans la civilisation &#233;gyptienne...R&#233;volution de 1919R&#233;volution du wafd R&#233;volution de 2011 : ouvriers en t&#234;teR&#233;voltes et r&#233;volutions de l'Egypte, des temps anciens &#224; l'&#233;poque contemporaine : contre l'image pharaonique trompeuse d'un peuple doux et soumis. &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; l'image d'un peuple de serfs heureux et ob&#233;issants sous les Pharaons, l'Egypte est un pays (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;1er chapitre : La marque sociale des r&#233;volutions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Antiquit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot126" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot185" rel="tag"&gt;1952&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Egypte est le pays des premi&#232;res gr&#232;ves et r&#233;volutions sociales des exploit&#233;s et opprim&#233;s de l'Histoire !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
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&lt;p&gt;De nombreuses ruptures dans la civilisation &#233;gyptienne...&lt;/p&gt;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/png/chronologie_mesopotamie_2-2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH709/chronologie_mesopotamie_2-2-7a62a.jpg?1780115190' width='500' height='709' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH281/hq720-2-4c735.jpg?1780115190' width='500' height='281' alt='' /&gt;
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&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17206 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L194xH259/imageslm-1ef5f.jpg?1780115190' width='194' height='259' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L259xH194/imagessddf-45126.jpg?1780115190' width='259' height='194' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/image-3-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH291/image-3-2-d8679.jpg?1780115190' width='500' height='291' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_17209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L185xH273/imageshj-2-3a868.jpg?1780115190' width='185' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution de 1919&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/egypte_1919.webp' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/IMG/webp/egypte_1919.webp?1769173098' width=&#034;997&#034; height=&#034;700&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volution du wafd&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17212 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH308/received_1026671349312003-6133e.jpg?1780115190' width='500' height='308' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;R&#233;volution de 2011 : ouvriers en t&#234;te&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17213 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L460xH275/2014-635277283447617367-761-4f087.jpg?1780115190' width='460' height='275' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions de l'Egypte, des temps anciens &#224; l'&#233;poque contemporaine : contre l'image pharaonique trompeuse d'un peuple doux et soumis.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'image d'un peuple de serfs heureux et ob&#233;issants sous les Pharaons, l'Egypte est un pays qui a connu plus de r&#233;volutions sous les Pharaons comme avant et apr&#232;s que&#8230; la France !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Egypte antique : l'Etat et la R&#233;volution !&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'Etat n'y est pas n&#233; pour permettre l'irrigation du Nil, mais pour permettre la stabilit&#233; sociale. Le Pharaon disait : je lutte contre le chaos. Quel chaos ? Aucune arm&#233;e voisine ne mena&#231;ait l'Egypte &#224; cette &#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chaos qui mena&#231;ait sans cesse les riches des grandes villes avait un autre nom : la r&#233;volution sociale qui emportait r&#233;guli&#232;rement la soci&#233;t&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat s'est b&#226;ti pour &#233;radiquer la r&#233;volution... Parce que la r&#233;volution sociale est apparue bien avant l'Etat. Plusieurs civilisations sont n&#233;es en Egypte avant l'Etat des Pharaons et ont chut&#233; par la r&#233;volution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un contre-sens de confondre la fondation de l'Etat des Pharaons avec la formation de la civilisation en Egypte et une erreur d'attribuer la civilisation &#224; une cr&#233;ation des Pharaons. Les classes riches d'Egypte n'ont pas attendu l'apparition de l'Etat central pour mettre en place l'exploitation, pour d&#233;velopper l'&#233;conomie agraire, l'artisanat, le commerce et les villes. Les pyramides et autres palais ne sont pas un t&#233;moignage du progr&#232;s, de l'art, de la religion, une source d'admiration. Elles sont avant tout une d&#233;monstration de force, en vue du maintien de l'oppression et de la dictature, et une &#233;norme ponction sur les capacit&#233;s &#233;conomiques des paysans par des travaux forc&#233;s qui ne sont justifi&#233;s que par la n&#233;cessit&#233; d'un pouvoir &#233;crasant, visant &#224; impressionner, s'imposant aux exploit&#233;s &#171; du haut de ces pyramides &#187;. Le pouvoir d'Etat s'est impos&#233; aussi aux classes dirigeantes d&#232;s lors que les classes dirigeantes n'&#233;taient pas capables de se faire ob&#233;ir des exploit&#233;s. D'ailleurs, ce n'est pas la civilisation qui a produit directement (et comme une n&#233;cessit&#233; d'&#233;vidence) l'Etat, et encore moins l'Etat qui aurait produit la civilisation. Entre la naissance de la civilisation et la naissance de l'Etat, il y a g&#233;n&#233;ralement plusieurs centaines et m&#234;me milliers d'ann&#233;es. Et parfois, la civilisation ne donne pas naissance &#224; l'Etat et dispara&#238;t avant que l'Etat n'apparaisse. La r&#233;alisation principale de l'Etat est un appareil de stabilisation de la soci&#233;t&#233; et d'oppression des classes populaires. L'&#233;gyptologue Dominique Valbelle &#233;crit dans l'ouvrage collectif &#171; L'Egypte ancienne, les secrets du Haut-Nil &#187; : &#171; L'administration &#233;gyptienne est indissociable d'un Etat &#233;gyptien, n&#233; avec elle. Elle en est l'&#226;me. Elle a &#233;t&#233; mise &#224; mal lorsque celui-l&#224; &#233;tait menac&#233;. Elle a &#233;t&#233; reconstitu&#233;e en m&#234;me temps que le pouvoir pharaonique. Elle repr&#233;sente donc un facteur de stabilit&#233; et l'assurance d'une continuit&#233; des institutions. &#187; Mais ce facteur de stabilisation est loin d'&#234;tre n&#233; imm&#233;diatement en Egypte comme dans le reste du monde. Il n'est pas le premier pas de la civilisation. Celle-ci est n&#233;e du d&#233;veloppement de l'activit&#233; agricole, puis, gr&#226;ce &#224; celle-ci de l'accumulation de la plus value, de l'accroissement des capacit&#233;s techniques de l'homme, de la division du travail, du d&#233;veloppement d'un grand commerce, de la naissance des villes, de la culture, de la naissance d'une classe dirigeante et des in&#233;galit&#233;s sociales. Ce bond en avant n'a pas eu besoin de l'Etat. Ainsi, tout le d&#233;veloppement des villes et de la civilisation grecques ne conna&#238;t pas l'Etat qui ne fait une premi&#232;re tentative d'apparition que sur la fin. Par contre, le d&#233;veloppement de l'agriculture, de l'artisanat, et du commerce a permis l'&#233;mergence d'une importante classe de citadins, d'artisans, de commer&#231;ants, de banquiers, une v&#233;ritable bourgeoisie. C'est elle qui est domine la ville. La premi&#232;re dynamique sociale de la civilisation est le produit de la division entre villes et campagnes. La seconde est celle qui oppose riches et pauvres dans les villes. Enfin, l'apparition et le d&#233;veloppement de l'Etat va mener &#224; de nouvelles oppositions : entre guerriers, religieux et bourgeoisie. La relation entre classes dominantes et Etat est contradictoire. Les classes riches des villes ont fini par &#234;tre menac&#233;es par les exploit&#233;s et elles ont ressenti le besoin de se prot&#233;ger derri&#232;re le bouclier de l'Etat. Mais cette n&#233;cessit&#233; n'&#233;tait pas sans r&#233;ticences. Partout dans le monde, la civilisation des villes avait pr&#233;exist&#233; &#224; l'Etat. C'est &#224; ses d&#233;pens que l'Etat a d&#233;velopp&#233; ses pr&#233;rogatives. La ville a parfois r&#233;sist&#233; durement &#224; la mise en place de la domination &#233;tatique. La lutte entre les classes riches des villes, prenant parfois la t&#234;te des pauvres, et le pouvoir royal a m&#234;me &#233;t&#233; un des axes essentiels de la lutte politique et sociale dans l'Antiquit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la r&#233;volution sociale qui a rendu n&#233;cessaire la formation de l'Etat, in&#233;vitable m&#234;me. Indispensable, du moins, aux classes dirigeantes qui, sous la menace des opprim&#233;s, ont d&#251; se s&#233;parer, en faveur de cet organe de centralisation des d&#233;cisions et des forces de r&#233;pression, d'une grande partie de leur pouvoir local urbain, de leurs privil&#232;ges et de leurs revenus. Et cet ordre n'a pas &#233;t&#233; synonyme de progr&#232;s mais seulement de conservation sociale. C'est la transformation qui avait, bien avant l'apparition de l'Etat, entra&#238;n&#233; un certain progr&#232;s, relatif. La concentration dans les villes des richesses, des moyens techniques, des connaissances et des personnages les plus influents et les plus riches suppose une accumulation primitive consid&#233;rable de richesses tir&#233;es du travail agraire. Loin de dater du Moyen Age, les villes sont d'une apparition tr&#232;s ancienne dans l'Antiquit&#233;. Par exemple, en M&#233;sopotamie Ur, Uruk, Lagash et Umma datent entre -4000 av JC et -3500 av JC, alors que le premier empire date de -2340 avant JC (empire akkadien). M&#234;me l'Etat-cit&#233; y date de -2340 avant JC (dynasties archa&#239;ques). Les civilisations sont le saut qualitatif, r&#233;volutionnaire, une structure &#233;mergente produite par le succ&#232;s de l'&#233;conomie agraire, qui a permis un grand d&#233;veloppement de l'artisanat et du commerce, de multiples succ&#232;s dans lequel l'Etat n'a eu aucune part. L'apparition de l'agriculture, son am&#233;lioration technique, l'irrigation, la sp&#233;cialisation professionnelle et l'organisation du travail collectif, par exemple, qui sont d'immenses progr&#232;s de l'homme ne datent pas de l'apparition de l'Etat mais de bien avant. L'image de l'Etat organisateur de la production agricole et de l'irrigation n'est pas totalement fausse, mais elle est beaucoup plus r&#233;cente ; elle ne fait que succ&#233;der, beaucoup plus tard, &#224; une &#233;poque o&#249; les classes dirigeantes locales, qui ont succ&#233;d&#233; &#224; la soci&#233;t&#233; tribale et villageoise, ont elles-m&#234;mes mis en place ces activit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce qui avait pouss&#233;, lors de la fondation de l'Etat, les classes dirigeantes &#224; se dessaisir de leur pouvoir sur chaque ville au profit d'un pouvoir sup&#233;rieur, centralis&#233;, celui d'un roi divinis&#233; ? Bien s&#251;r, l'une des origines de cette centralisation est la conqu&#234;te militaire. Vers -3000 avant J.-C, le royaume de Haute Egypte conquiert celui de Basse Egypte, fondant le &#171; royaume du double pays &#187;. Mais, le choix des classes dirigeantes de se mettre sous la coupe d'un pharaon est bien plus ancien et a une toute autre origine que la guerre. Guy Rachet l'expose dans son &#171; Dictionnaire de la civilisation &#233;gyptienne &#187; que &#171; L'isolement de la vall&#233;e du Nil, s&#233;par&#233;e du reste du monde par de vastes d&#233;serts, a fait que, de l'&#233;poque pr&#233;thinite &#224; la fin du Moyen Empire, la civilisation &#233;gyptienne a &#233;volu&#233; en vase clos (...) On oublie trop souvent de souligner que, depuis l'unification de l'Egypte, qui voit &#233;clore l'empire thinite, jusqu'&#224; la fin de l'Ancien Empire, le peuple &#233;gyptien conna&#238;t un mill&#233;naire de paix continue ! &#187; Alors que l'Etat est n&#233; en Egypte plus de 3000 ans avant J.-C, c'est seulement en 608 avant J.-C que l'Etat &#233;gyptien aura &#224; se heurter &#224; un puissant voisin, Babylone. Auparavant, il n'aura eu affaire qu'aux maigres troupes des b&#233;douins, n'ayant eu aucun contact avant Nagada II avec un pays voisin et n'ayant connu d'invasion qu'&#224; partir de 1300 avant J.-C. Par contre, les r&#233;voltes sociales et politiques ont d&#233;but&#233; bien avant la fondation d'un Etat au Nord, au Sud puis unifi&#233;. Les classes dirigeantes n'ont &#233;t&#233; convaincues de se soumettre &#224; l'Etat, de renoncer &#224; leurs privil&#232;ges locaux, que, contraintes et forc&#233;es, par la n&#233;cessit&#233; de d&#233;tenir une forme d'organisation militaire permanente face aux r&#233;voltes des opprim&#233;s. Et, m&#234;me alors cette conscience des classes dirigeantes n'a pas &#233;t&#233; sans heurts et r&#233;sistances, sans retours en arri&#232;re. On conna&#238;t l'exemple de la r&#233;volte de la ville d'Hermopolis contre la formation d'un Etat unifi&#233; &#224; H&#233;liopolis. Ce ne sont donc pas les voisins mena&#231;ants militairement qui expliquent la n&#233;cessit&#233; d'&#233;lever un tel &#233;difice &#233;tatique si co&#251;teux. L'ennemi dangereux pour ces riches, c'est le peuple, prompt &#224; se r&#233;volter contre son exploitation et les travaux forc&#233;s qui s'y rajoutent. Si l'id&#233;ologie dominante explique que l'ordre sur terre ne se maintient que par l'intercession de ce roi-dieu, ce n'est pas simplement le produit d'une croyance, mais aussi d'une r&#233;alit&#233; : l'&#233;difice social ne subsiste que si le r&#233;gime du pharaon tient debout. D&#232;s que le r&#233;gime central perd de son pouvoir, non seulement la classe dirigeante, momentan&#233;ment mat&#233;e, redresse la t&#234;te, cesse d'ob&#233;ir, revendique des revenus et des pouvoirs, mais les classes pauvres se r&#233;voltent, convaincant &#224; nouveau les riches (noblesse, gouverneurs, bourgeoisie, chefs militaires, chefs religieux, et hauts fonctionnaires) de se jeter sous la protection de la dictature pharaonique. La n&#233;cessit&#233; de l'appareil d'Etat est apparue d'abord pour &#233;viter que la lutte des classes ne finisse par faire chuter l'&#233;difice social. Les r&#233;volutions ont pr&#233;exist&#233; &#224; l'Etat &#233;gyptien et m&#234;me aux divers &#233;tats r&#233;gionaux. Les soci&#233;t&#233;s diverses &#233;gyptiennes, appel&#233;es par les arch&#233;ologues Nagada 1, 2 et 3, ont successivement chut&#233; sous les coups des contradictions sociales. Il n'y a pas eu de continuit&#233;, mais plusieurs tentatives avant que des rois &#233;gyptiens ne fassent leur apparition, avant qu'apparaissent des policiers, des militaires, des fonctionnaires d'un Etat centralis&#233;. La r&#233;volution sociale va continuer &#224; marquer l'Etat &#233;gyptien et &#224; le modeler. Et tout particuli&#232;rement la principale r&#233;volution, celle de moins 2260 avant J.-C qui est rapport&#233;e par Guy Rachet : &#171; Le pays fut le th&#233;&#226;tre d'une v&#233;ritable r&#233;volution sociale qui mit un terme &#224; l'Ancien Empire. A la fin du long r&#232;gne de P&#233;pi II, dernier roi de la Vie dynastie, le pouvoir royal s'&#233;tait amenuis&#233; et les nomarques de Haute Egypte s'&#233;taient rendus ind&#233;pendants. Une r&#233;volution populaire d'une violence inou&#239;e &#233;clata alors, dirig&#233;e contre la noblesse et le roi. Si les documents officiels restent muets sur ces &#233;v&#233;nements, la litt&#233;rature contemporaine ou &#224; peine post&#233;rieure est pleine d'&#233;chos significatifs. (...) &#187;. C'est dans les &#171; Admonitions d'un sage Egyptien &#187; qu'on trouve le tableau le plus complet de la r&#233;volution : ''Le pays est pleine &#233;bullition et le laboureur porte un bouclier. Les lois de la Salle de justice sont dispers&#233;es (...) les portes et les murailles sont incendi&#233;es (...) les pauvres sont riches et les riches sont d&#233;pouill&#233;s (...) les fils de nobles sont jet&#233;s &#224; la rue (...) le roi est enlev&#233; par les pauvres (...) des hommes de rien ont renvers&#233; la royaut&#233;, ils ont os&#233; se r&#233;volter contre l'uraeus d&#233;fenseur de R&#234;.(...)'' Cette haine fantastique contre le pharaon s'est report&#233;e contre toute la lign&#233;e des rois de l'Ancien Empire et c'est ce qui explique les sarcophages des pyramides bris&#233;s et vid&#233;s de leurs restes humains, et surtout les statues des rois jet&#233;es au fond de puits ou cass&#233;es jusqu'&#224; &#234;tre r&#233;duites en minuscules morceaux. Si cette r&#233;volution ouvre l'&#233;poque d'anarchie de la premi&#232;re p&#233;riode interm&#233;diaire, si elle brise toutes les structures sociales de l'Ancien Empire, ses cons&#233;quences pour la vie morale du peuple &#233;gyptien sont sans doute incommensurables : le privil&#232;ge de l'immortalit&#233; solaire, qui n'appartenait qu'au pharaon et &#224; ceux que sa volont&#233; royale avait &#233;lus, est donn&#233; d&#233;sormais &#224; tout Egyptien &#224; quelque classe qu'il appartienne. &#187; La &#171; d&#233;mocratisation &#187; juridique, administrative, politique et religieuse est une cons&#233;quence institutionnelle de la r&#233;volution. D&#233;sormais les paysans vont pouvoir aller en justice contre leur noble. Ils seront prot&#233;g&#233;s par les temples auxquels ils n'avaient autrefois aucun acc&#232;s. La classe moyenne est d&#233;velopp&#233;e en nombre et en moyens, car il faut &#233;largir l'assise du r&#233;gime. Les gouverneurs qui, par corruption, ne maintiendraient pas les greniers &#224; grains pour les cas de famine seraient condamn&#233;s &#224; avoir la t&#234;te coup&#233;e. Mais en m&#234;me temps, le r&#233;gime met en place pour la premi&#232;re fois une arm&#233;e permanente contre tout nouveau risque r&#233;volutionnaire. Jusque l&#224;, l'arm&#233;e &#233;tait d'assez peu d'utilit&#233; n'ayant aucun concurrent dangereux au voisinage et ne servant qu'&#224; faire des razzias en Nubie, en Palestine ou en Libye, notamment pour ramener des esclaves (seulement 2% de la population). La police n'avait en effet pas suffi &#224; contenir la r&#233;volution sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands monuments des Pharaons, et notamment les pyramides ou les sphynx et autres grands monuments, n'ont d'autre but que d'impressionner le peuple exploit&#233; et opprim&#233; et de lui laisser penser que le r&#233;gime est li&#233; aux dieux et donc inattaquable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7811&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7811&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions qui ont renvers&#233; plusieurs civilisations qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; les Pharaons&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avant 7000 ans avant J.-C., il y a trois r&#233;gions o&#249; se d&#233;veloppent trois soci&#233;t&#233;s diff&#233;rentes, trois civilisations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* une &#233;conomie produisant des poteries &#224; Khartoum (Haute-Nubie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* la soci&#233;t&#233; dite de Nabta Playa 1 en Basse-Nubie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* la soci&#233;t&#233; dite Garounien au Fayoum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de 6900 ans avant J.-C. &#224; 6400 avant J.-C., civilisation de Nabta Playa 2 en Basse-Nubie&lt;br class='autobr' /&gt;
puis un &#034;trou&#034; de 600 ans au moins, dans lequel on ne trouve plus aucune trace de civilisation... sans qu'il y ait une trace qu'une guerre, qu'une invasion ait d&#233;truit les soci&#233;t&#233;s pr&#233;c&#233;dentes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au 6&#232;me mill&#233;naire, une phase aride, avec baisse consid&#233;rable du niveau du Nil, entra&#238;ne la chute de la civilisation, probablement par r&#233;volte sociale et d&#233;stabilisation politique.&lt;br class='autobr' /&gt; de 5800 &#224; 5400 ans avant J.-C., civilisation n&#233;olithique du Fayoum&lt;br class='autobr' /&gt; de 5400 &#224; 5000 ans avant J.-C., civilisation de M&#233;rind&#233; Beni Salam&#233;, au nord de la vall&#233;e du Nil&lt;br class='autobr' /&gt; de 5000 &#224; 4500 ans avant J.-C., il y a simultan&#233;ment deux civilisations diff&#233;rentes :&lt;br class='autobr' /&gt;
*Celle d'El Omari au nord de la vall&#233;e du Nil&lt;br class='autobr' /&gt;
* celle n&#233;olithique de Khartoum en Haute-Nubie&lt;br class='autobr' /&gt; de 4200 &#224; 3800 ans avant J.-C., la culture dite de Badari dans le sud de la Moyenne-Egypte, ensemble culturel homog&#232;ne dont le mat&#233;riel fun&#233;raire r&#233;v&#232;le d&#233;j&#224; une soci&#233;t&#233; complexe et in&#233;galitaire.&lt;br class='autobr' /&gt; de 3800 &#224; 3500 ans avant J.-C., la civilisation Nagada 1 ou Amratien, en Haute-Egypte a une aire d'occupation qui s'&#233;tend vers le Sud, l'agriculture c&#233;r&#233;ali&#232;re s'intensifie et le ph&#233;nom&#232;ne de hi&#233;rarchisation s'acc&#233;l&#232;re. Cette phase porte le nom d'Amratien (du site d'El Amrah) ou Nagada I.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la m&#234;me &#233;poque en Basse-&#201;gypte se d&#233;veloppe une culture de pasteurs-agriculteurs entretenant des relations privil&#233;gi&#233;es avec le Proche-Orient. En revanche, les importations de Haute-&#201;gypte sont tr&#232;s modestes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux autres soci&#233;t&#233;s coexistaient en Egypte avec Nagada 1 :&lt;br class='autobr' /&gt; de 4000 &#224; 3300 ans avant J.-C., la culture dite du &#034;groupe A&#034; de Basse-Nubie&lt;br class='autobr' /&gt; de 4100 &#224; 3500 ans avant J.-C., les cultures du nord de la vall&#233;e du Nil avec les villes de Maadi, Ouadi Digla, H&#233;liopolis et Bouto&lt;br class='autobr' /&gt; de 3500 &#224; 3400 ans avant J.-C., la civilisation Nagada 2 au nord de la vall&#233;e du Nil (Maadi). La situation change au milieu du IVe mill&#233;naire. Les chefferies nagadiennes s'&#233;tendent vers le Nord jusqu'au-del&#224; du Delta et vers le Sud jusqu'&#224; la deuxi&#232;me cataracte. Le processus de hi&#233;rarchisation s'accentue, les tombes de l'&#233;lite r&#233;v&#232;lent des objets luxueux : poignards au manche d&#233;cor&#233;, bijoux, palettes &#224; fard... On donne &#224; cette phase le nom de Gerz&#233;en (du site de Gerzeh) ou Nagada II.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Gerz&#233;en, c'est 3500 ans avant J.-C. en Nubie (actuel sud Egypte et Soudan) soit 350 ans avant le premier roi et 800 ans avant le premier Pharaon ! Et ce n'&#233;taient pas les premiers &#224; d&#233;velopper une civilisation en Egypte...&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; partir de 3000 ans avant J.-C., la civilisation dite Nagada s'unifie dans la vall&#233;e du Nil et le delta. C'est Nagada 3. Elle est marqu&#233;e par le d&#233;but de l'&#233;criture et le d&#233;veloppement de la direction politique de la soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une soci&#233;t&#233; tr&#232;s civilis&#233;e, tr&#232;s riche d&#233;j&#224;, qui fait du grand commerce, qui conna&#238;t quasi toutes les techniques, arts et artisanat qui seront ceux de l'Egypte des Pharaons. Elle se d&#233;veloppe pendant deux cent ans, mais elle est menac&#233;e par une nouvelle crise sociale r&#233;volutionnaire du type de celles qui ont d&#233;truit de multiples civilisations en Egypte pr&#233;c&#233;demment.&lt;br class='autobr' /&gt; 3000 ans avant J.-C., d&#233;veloppement des villes de This, Memphis, Saqqarah avec constructions en brique crue et pierres de taille&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; partir de 3100 ans avant J.-C., les premi&#232;re tentatives de construire un ordre social stable en cr&#233;ant une direction centralis&#233;e commencent. Ce sont les souverains de Hi&#233;rakonpolis qui tentent de gouverner &#224; la fois la haute et la basse Egypte&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; partir de 2700 ans avant J.-C., naissance de l'Etat pharaonique de l'Ancien Empire&lt;br class='autobr' /&gt; 2600 ans avant J.-C., structuration de l'administration&lt;br class='autobr' /&gt; 2480 ans avant J.-C., renforcement de la hi&#233;rarchie du clerg&#233; et d&#233;veloppement de la bureaucratie&lt;br class='autobr' /&gt; 2260 ans avant J.-C., la r&#233;volution sociale renverse pour 150 ans l'Etat pharaonique&lt;br class='autobr' /&gt; 2110 ans avant J.-C., naissance du deuxi&#232;me empire pharaonique dit Moyen Empire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2102&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des r&#233;volutions ont fait chuter les civilisations dites Nagada I puis Nagada II puis Nagada III, la derni&#232;re en moins 3150 avant J.-C., la pr&#233;c&#233;dente en moins 3500 avant J.-C. et encore avant en moins 3650 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore avant, la civlisation badarienne avait chut&#233; en 3900&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auparavant, une r&#233;volution avait fait chuter la civilisation Nabta Playa 2 en moins 6400 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_pr%C3%A9dynastique_%C3%A9gyptienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9riode_pr%C3%A9dynastique_%C3%A9gyptienne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quatre r&#233;volutions et quelques r&#233;voltes au temps des Pharaons les ont durablement fait disparaitre : -2260 avant J.-C. ; -1735 avant J.-C. ; -1200 avant J.-C. ; 1069 avant J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Lors de plusieurs grandes vagues de r&#233;volution sociale et politique, le peuple travailleur d'Egypte a non seulement renvers&#233; le roi mais renvers&#233; aussi le r&#233;gime pharaonique et tout le syst&#232;me d'exploitation. Mais les peuples guerriers voisins en ont souvent profit&#233; pour envahir militairement et conqu&#233;rir l'Egypte. Toutes les attaques militaires ext&#233;rieures qui ont r&#233;ussi ont correspondu &#224; des crises int&#233;rieures &#233;conomiques, sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 2260 avant notre &#232;re, l'Egypte se morcelle, une r&#233;volution brutale et sanglante &#233;clate, les riches sont ruin&#233;s, leurs biens pill&#233;s, leurs tombeaux d&#233;truits et livr&#233;s aux pilleurs de tombes. &#171; La r&#233;sidence royale a &#233;t&#233; ravag&#233;e en une heure &#187;, &#233;crit un scribe. &#171; Je m&#233;dite, raconte un autre scribe, sur les &#233;v&#233;nements. Des changements s'op&#232;rent, ce n'est d&#233;j&#224; plus comme l'an dernier, chaque ann&#233;e est plus pesante que l'autre. Le pays est boulevers&#233;. &#187; Le pharaon, si proche des dieux, croyait-on avec certitude quelques ann&#233;es auparavant, a perdu peu &#224; peu beaucoup de son prestige. Si certains Egyptiens se lamentent de ces bouleversements, cette r&#233;volution est b&#233;n&#233;fique pour d'autres. Profitant des troubles, le peuple s'approprie les proc&#233;d&#233;s rituels et magiques des rites fun&#233;raires, jusqu'alors r&#233;serv&#233;s au roi et aux grands, et acc&#232;de &#224; son tour &#224; l'immortalit&#233; : De nouvelles notions religieuses et morales se font jour dans le pays : la diffusion du culte d'Osiris, parti de Bousiris dans le Delta, s'&#233;tend sur tout le territoire ; le peuple voit aussi s'ouvrir devant lui l'acc&#232;s aux charges de l'Etat. Des rois sans pouvoir se bousculent pour le tr&#244;ne et se succ&#232;dent &#224; un rythme effr&#233;n&#233;. &#034;Soixante-dix rois en soixante-dix jours&#034;, &#233;crira, des si&#232;cles plus tard, l'historien Man&#233;thon dans son Histoire d'Egypte, dont seuls quelques fragments, transcrits par des historiens plus tardifs, nous sont parvenus. Plus on s'&#233;loigne de Memphis, plus les princes refusent ob&#233;issance au pharaon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;poques de crise et d'insurrections populaires sont intitul&#233;es &#171; &#226;ges sombres &#187; pour la chute de la civilisation de l'Indus, &#171; troubles int&#233;rieurs &#187; (en M&#233;sopotamie en &#8211;1750) ou &#171; interr&#232;gne &#187; (&#224; propos du renversement du r&#233;gime des pharaons d'Egypte, en &#8211; 2260), ou encore &#171; p&#233;riode sombre &#187; (pour les r&#233;volutions de la Gr&#232;ce antique en &#8211;1200). Il ne s'agit pas d'&#233;v&#233;nements sans grande importance puisqu'&#224; chaque fois la destruction est de grande ampleur, la civilisation est balay&#233;e, le r&#233;gime d&#233;truit et l'est souvent pour des dur&#233;es consid&#233;rables, sinon &#224; jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guy Rachet, qui le cite, raconte ainsi : &#171; Le pays fut le th&#233;&#226;tre d'une v&#233;ritable r&#233;volution sociale qui mit un terme &#224; l'Ancien Empire. (...) Une r&#233;volution d'une violence inou&#239;e &#233;clata alors contre la noblesse et le roi. &#187; Et de citer certains textes d'&#233;poque : &#171; Il n'y a plus de droit et le Mal si&#232;ge dans la chambre du conseil. (&#8230;) Il advint ce qui ne s'&#233;tait jamais vu. On forge des lances en cuivre pour gagner son pain dans le sang. &#187; Rachet commente ainsi les &#233;v&#233;nements : &#171; Cette haine fanatique contre le pharaon s'est report&#233;e sur toute la lign&#233;e des rois de l'Ancien Empire et c'est ce qui explique les sarcophages des pyramides bris&#233;s et vid&#233;s de leurs restes humains et surtout les statues des rois jet&#233;es au fond des puits ou cass&#233;es jusqu'&#224; &#234;tre r&#233;duites en minuscules morceaux. Si cette r&#233;volution ouvre l'&#233;poque d'anarchie de la premi&#232;re p&#233;riode interm&#233;diaire, si elle brise toutes les structures sociales de l'Ancien Empire, ses cons&#233;quences pour la vie morale du peuple &#233;gyptien sont sans doute incommensurables : le privil&#232;ge de l'immortalit&#233; solaire, qui n'appartenait qu'au pharaon et &#224; ceux que sa volont&#233; royale avait &#233;lu, est donn&#233; d&#233;sormais &#224; tout Egyptien &#224; quelque classe qu'il appartienne. Le renversement des institutions politiques fut un acte transitoire, mais la d&#233;mocratisation des croyances fun&#233;raires fit sentir son effet dans toute la suite de l'histoire de l'Egypte. &#187; Les pharaons, connaissant les capacit&#233;s r&#233;volutionnaires du peuple et apprendront d&#233;sormais &#224; s'en m&#233;fier et &#224; les combattre, comme le montrent &#171; Les enseignements pour M&#233;rikar&#233; &#187; cit&#233;s par Guy Rachet : &#171; Le roi enseigne &#224; son fils le m&#233;tier de roi &#171; qui reste une bonne fonction &#187;. Apr&#232;s avoir d&#233;crit la crise sociale qui suivit la r&#233;volution de la fin de l'Ancien Empire, le souverain expose comment le roi doit agir pour r&#233;tablir l'ordre et rendre son lustre &#224; la monarchie. &#171; L'homme violent jette le d&#233;sordre dans la cit&#233; et cr&#233;e des partis chez les jeunes gens. (...) Si tu rencontres un fauteur de d&#233;sordre, supprime-le. &#187; Beaucoup plus tard, le Nouvel Empire succ&#233;da au Moyen Empire apr&#232;s de nouveaux troubles ayant fait chuter le r&#233;gime, un interr&#232;gne attribu&#233; &#224; tort aux envahisseurs asiatiques (qui avaient, au contraire, su r&#233;tablir un pharaon), et les m&#234;mes enseignements &#233;taient donn&#233;s alors par le pharaon Amn&#233;n&#233;m&#232;s &#224; son jeune fils, cit&#233;s par Rachet : &#171; Ecoute ce que je te dis maintenant que tu es roi de la terre, maintenant que tu r&#232;gnes sur les trois r&#233;gions, afin que tu puisse &#234;tre meilleur que tes pr&#233;d&#233;cesseurs. Arme-toi contre tous tes subordonn&#233;s. Le peuple donne son attention &#224; celui qui le terrorise. Ne t'approche pas seul de lui. &#187; Renverser Pharaon, ce n'est pas seulement balayer un chef de gouvernement mais casser un Etat. A l'&#233;poque, Pharaon n'est pas le nom d'un roi, mais le nom de la &#171; maison &#187; royale, c'est-&#224;-dire des fonctionnaires. Ils sont l'&#339;il du pouvoir dans la population et contre elle. Ils s'assurent que les exploit&#233;s produisent suffisamment. Ils v&#233;rifient qu'ils ne complotent pas. Ils d&#233;montrent au peuple qu'il est sans cesse surveill&#233;. C'est ce que l'on appellerait aujourd'hui l'appareil d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article222&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moins 2260 av J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Premi%C3%A8re_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moins 1735 av J.-C. : l'invasion Hyksos ne peut se produire que parce que le peuple se r&#233;volte contre l'ordre social et politique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Deuxi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moins 1200 av J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-egypte-des-pharaons-a-sombre-et-pourquoi-cela-devrait-nous-alerter-192281.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-egypte-des-pharaons-a-sombre-et-pourquoi-cela-devrait-nous-alerter-192281.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Moins 1069 avant J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troisi%C3%A8me_P%C3%A9riode_interm%C3%A9diaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; R&#233;volte en moins 215 avant J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 215 avant notre &#232;re, Th&#232;bes et la Haute-&#201;gypte se r&#233;voltent contre le pouvoir d'Alexandrie. Il faut attendre -186 pour voir le pouvoir ptol&#233;ma&#239;que s'imposer de nouveau dans le sud du pays. Cette grande r&#233;volte pousse les Lagides &#224; r&#233;former le sud de l'&#201;gypte et &#224; y appliquer l'organisation de la Basse-&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_antique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_antique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; La grande r&#233;volte th&#233;baine est un soul&#232;vement de la Th&#233;ba&#239;de &#224; la fin du IIIe si&#232;cle av. J.-C. contre l'autorit&#233; de la dynastie ptol&#233;ma&#239;que contr&#244;lant alors l'&#201;gypte.
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; d'autres r&#233;voltes rapidement r&#233;prim&#233;es par les Ptol&#233;m&#233;es, cette r&#233;volte se distingue par son maintien sur la dur&#233;e et sur une grande partie de la Haute-&#201;gypte. La grande r&#233;volte th&#233;baine s'illustre &#233;galement par l'instauration d'un v&#233;ritable &#201;tat, bas&#233; sur les institutions de &#201;gypte pharaonique, les leaders s'&#233;tant d'ailleurs fait couronner pharaon. Apr&#232;s vingt ans d'existence, l'&#201;tat pharaonique cr&#233;&#233; durant ce soul&#232;vement est d&#233;fait par les Ptol&#233;m&#233;es qui r&#233;cup&#232;rent le contr&#244;le total de l'&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Grande_r%C3%A9volte_th%C3%A9baine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La premi&#232;re gr&#232;ve ouvri&#232;re connue a eu lieu en 1155 avant J.-C. en Egypte sous le Pharaon Rams&#232;s III&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement social se place dans une phase de d&#233;stabilisation du r&#233;gime. Qu'il y ait eu une crise &#233;conomique, au sens moderne du terme, peut expliquer une partie des &#233;v&#233;nements (Grandet, 1997). Pharaon doit remplacer ses vizirs. L'administration ne fonctionne plus bien. Mais Rams&#232;s se rend responsable de la situation. Un complot visant &#224; l'assassiner, tram&#233; par Tiyi, seconde &#233;pouse royale, est m&#234;me d&#233;couvert [7]&#034;Le harem n'est pas seulement un lieu de plaisir, mais &#233;galement un lieu de pouvoir et d'&#233;ducation, o&#249; les ma&#238;tresses rivalisent d'adresse pour &#233;tendre leurs privil&#232;ges et essayer de placer leurs enfants &#224; des postes importants&#034;. &lt;a href=&#034;http://www.egypte-bd.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.egypte-bd.com&lt;/a&gt;. C'est cette id&#233;e de d&#233;cadence qui a conduit les &#233;gyptologues &#224; voir dans l'&#233;pisode de la conspiration, l'aboutissement in&#233;luctable du long r&#232;gne de Rams&#232;s III (Grimal, 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ouvriers, les &#171; hommes de la tombe &#187;, comme on les appelait, obtinrent un accord avec les autorit&#233;s devant lesquelles ils r&#233;clamaient de la nourriture, des boissons et des v&#234;tements, et que leurs r&#233;clamations soient port&#233;es avec la plus grande urgence devant les hautes hi&#233;rarchies de l'&#201;tat, le Premier ministre (Vizir [9]&#8220;Vizir&#8221;, bien que ce terme ne soit pas &#233;gyptien, il d&#233;signe aussi le premier magistrat, tjaty en &#233;gyptien, second personnage apr&#232;s le pharaon, dans l'&#201;gypte antique.) et le Pharaon. Selon le Papyrus d&#233;nomm&#233; de la gr&#232;ve et d'apr&#232;s quelques ostraca trouv&#233;s &#224; Deir el-M&#233;dineh (gard&#233;s dans les mus&#233;es du Caire, de Berlin et d'autres villes), la gr&#232;ve a commenc&#233; le 10 du mois de P&#233;ret dans l'ann&#233;e 29 de Rams&#232;s III &#224; cause d'un retard de paiement par le Gouverneur de l'ouest de Th&#232;bes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1901&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_ouvriers_de_Deir-el-Medineh&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_ouvriers_de_Deir-el-Medineh&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ce ne sont pas des films d'&#233;poque&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Gi2i9UxL_t8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Gi2i9UxL_t8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=1K9svs7N3O8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=1K9svs7N3O8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exploitation de l'homme dans l'Egypte antique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5117&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5117&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volte copte en 832&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 831, une r&#233;volte copte &#233;clate en Haute-&#201;gypte. Le roi de Makurie, Zacharie III Isra&#235;l en profite pour cesser de payer tribut, mais il doit reprendre les versements &#224; la suite d'une intervention arm&#233;e du pouvoir de Bagdad. De m&#234;me, en 854, des affrontements ont lieu entre l'&#201;gypte et les nomades Bedjas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes au temps de Napol&#233;on 1er&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on, en emmenant l'arm&#233;e fran&#231;aise en Egypte, a fait un calcul politique tr&#232;s avanc&#233; : battre le colonialisme anglais en soulevant une r&#233;volution panarabe et islamiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/napoleon-et-lislam-lanti-croisade/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/napoleon-et-lislam-lanti-croisade/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les &#201;gyptiens vont-ils accueillir l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais dans leur pays ? Pour r&#233;pondre, il convient d'examiner d'abord ce que Bonaparte va leur offrir. Le premier manifeste adress&#233; au peuple d'&#201;gypte promet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) l'&#233;limination du pouvoir des Turco-circassiens qui occupent, exploitent et oppriment le pays,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) la participation des Egyptiens dans les affaires de leur pays,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) le respect des traditions religieuses,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) une am&#233;lioration des conditions &#233;conomiques et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un programme qui ne peut que satisfaire les aspirations &#233;gyptiennes. Pourtant, d&#232;s le d&#233;but, il y a une contradiction entre les buts r&#233;els de la conqu&#234;te et les promesses. De l'entreprise coloniale, telle qu'elle est d&#233;finie dans les instructions du Directoire, &#224; l'id&#233;ologie r&#233;volutionnaire dans ce qu'elle a de g&#233;n&#233;reux, les interpr&#233;tations pr&#234;tent &#224; embarras.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a aucun doute que les &#201;gyptiens sont s&#233;duits par la perspective d'une lib&#233;ration du joug des mamelouks, mais les r&#233;alit&#233;s de la guerre les inqui&#232;tent. Il y a les militaires et il y a l'Institut. Le trait d'union est uniquement le g&#233;n&#233;ral Bonaparte qui insiste sur son titre officiel de commandant en chef et de membre de l'Institut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet embarras est bien ressenti par Michelet quand il &#233;crit : &#171; La France, &#224; travers ses trag&#233;dies internes et son &#233;pop&#233;e militaire, se complaisait dans l'id&#233;e de la lib&#233;ration universelle. C'est en ce moment que le grand enchanteur lui montra l'inconnu, l'Asie, l'&#201;gypte et le r&#233;veil d'un monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Confier aux &#201;gyptiens la direction de leurs affaires est une d&#233;cision politique qui en d&#233;finitive est la seule possible. Bonaparte s'explique l&#224;-dessus en &#233;crivant : &#171; Pour les diriger, nous avons besoin d'avoir des interm&#233;diaires. Nous devons leur donner des chefs, sans quoi ils s'en donneront eux-m&#234;mes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, une telle promesse prend aussit&#244;t une signification qui engage le commandant en chef, le contraint d'&#233;carter &#224; tout prix la tentation de se substituer &#224; ceux qu'il qualifie d'exploiteurs et d'oppresseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;limination des Turco-circassiens signifie l'&#233;limination des non arabes. Les &#201;gyptiens saisissent l'occasion au vol. Et voil&#224; sem&#233;s les germes d'un nationalisme qui est pr&#234;t de d&#233;passer les limites de l'&#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;veiller chez les Arabes l'id&#233;al de leur grandeur pass&#233;e c'est agir dans la perspective de la fin de l'empire ottoman. Ainsi s'amorce la premi&#232;re tentative de soul&#232;vement du monde arabe, con&#231;ue dans l'intention d'acqu&#233;rir un soutien pour une initiative de colonisation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les contemporains des &#233;v&#233;nements ont-ils mesur&#233; la port&#233;e de la r&#233;volution qui s'accomplit &#224; leurs yeux ? Pris entre les promesses fran&#231;aises et la propagande turco-anglaise, &#233;cras&#233;s sous le poids d'une guerre qui fait de leur pays un champ de bataille, ils ne voient d'abord dans l'exp&#233;dition fran&#231;aise qu'un cataclysme qui s'abat sur le pays. Ainsi, Djabarti, le chroniqueur de l'&#233;poque, repr&#233;sentant type de l'&#233;lite musulmane des Ul&#233;mas, &#233;lev&#233; dans la plus stricte tradition coranique de l'Universit&#233; mill&#233;naire d'Al-Azhar, nous fait des &#233;v&#233;nements le tableau suivant : &#171; L'an mil deux cent treize (de l'H&#233;gire : 1798) est le commencement de grandes batailles, d'&#233;v&#233;nements terribles, de faits d&#233;sastreux, de calamit&#233;s &#233;pouvantables, en un mot c'est le commencement d'une s&#233;rie de grands malheurs &#187;. Et le pieux cheikh conclut dans un verset coranique : &#171; Le Seigneur n'an&#233;antit point injustement les cit&#233;s dont les habitants sont justes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, une fois qu'il entre dans le d&#233;tail, Djabarti change d'optique ; aux visions apocalyptiques succ&#232;dent des faits qu'il appr&#233;cie avec int&#233;grit&#233;. Ce membre du Divan &#224; l'&#233;poque de Menou est un honn&#234;te homme. Il a un tel souci de la v&#233;rit&#233; qu'il finit par m&#233;contenter tout le monde. Par les Fran&#231;ais il est trait&#233; de fanatique, par les Turcs il est regard&#233; comme pro-fran&#231;ais. Apr&#232;s sa mort, ses chroniques seront censur&#233;es par Mohammed-Ali dont il d&#233;nonce l'arbitraire ; elles ne verront le jour qu'&#224; la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la r&#233;action des &#233;lites &#233;gyptiennes, c'est-&#224;-dire des cheikhs et des fonctionnaires coptes apr&#232;s l'entr&#233;e du g&#233;n&#233;ral Bonaparte au Caire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cheikhs d'abord. Le commandant en chef les d&#233;crit ainsi : &#171; Ils ont des moeurs douces, aiment la justice, sont riches et anim&#233;s de bons principes de morale. Ce sont les plus honn&#234;tes gens du pays. Ils ne savent pas monter &#224; cheval, n'ont l'habitude d'aucune manoeuvre militaire, sont peu propres &#224; figurer &#224; la t&#234;te d'un mouvement arm&#233;. Ils ont &#233;t&#233; le canal dont je me suis servi pour gouverner le pays. J'ai accru leur fortune, je leur ai fait rendre les honneurs militaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant ces cheikhs &#224; l'oeuvre. Aussit&#244;t entr&#233; au Caire, Bonaparte constitue un Divan, compos&#233; de cheikhs et de Coptes. Le mot Divan signifie administration, minist&#232;re ; en l'occurrence il a, dans la phras&#233;ologie turco-arabe, le sens d'un conseil des ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Divan choisit le cheikh Abdallah-Al-Charkawi comme pr&#233;sident. Qui est donc Charkawi ? Il est issu d'un milieu fort modeste ; &#224; force de travail et de pers&#233;v&#233;rance, il gravit p&#233;niblement tous les &#233;chelons qui m&#232;nent &#224; la plus grande charge de l'universit&#233; d'Al-Azhar ; &#224; l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais il est le chef de la v&#233;n&#233;rable institution. Djabarti, qui ne l'aime pas, nous apprend qu'une fois parvenu &#224; la dignit&#233; de cheikh, il s'&#233;lance dans une course &#233;perdue aux richesses. Le peuple raille son turban, car il l'agrandit si d&#233;mesur&#233;ment que les Cairotes disent ironiquement &#171; grand comme le turban du cheikh &#187;. Le peintre Rigo a reproduit fid&#232;lement ce d&#233;tail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais il a d&#233;pass&#233; la soixantaine. Bonaparte le comble de faveurs. Mais le pr&#233;sident du Divan reste sur la d&#233;fensive. Un jour, le commandant en chef fait venir les cheikhs ; il sort un instant et revient portant &#224; la main des &#233;charpes tricolores ; il en met une sur l'&#233;paule de Charkawi, celui-ci la rejette brusquement en rougissant de col&#232;re et donne sa d&#233;mission. L'interpr&#232;te a beau expliquer aux cheikhs r&#233;unis que le commandant en chef veut les honorer en leur faisant porter les m&#234;mes insignes que lui, ils lui r&#233;pondent : &#171; Nous serons d&#233;consid&#233;r&#233;s devant Dieu et dans le coeur de nos coreligionnaires &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre cette attitude, il faut remonter un peu plus haut, aux d&#233;buts de la R&#233;volution. Ce serait une erreur de croire que les &#233;v&#233;nements de France n'avaient pas eu d'&#233;chos au Caire. D&#232;s 1790, de violentes divisions d&#233;chirent les Fran&#231;ais en Egypte. Faisant l'int&#233;rim de Mure, consul de France, Butet &#233;crit : &#171; Le fl&#233;au de l'insubordination et de la licence a voulu propager ses ravages dans ces Echelles. Ces troubles se concentrent sur l'affaire de la cocarde tricolore et la c&#233;l&#233;bration du 14 juillet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns refusent de porter la cocarde ; ceux qui l'acceptent ne veulent pas prendre part au Te Deum dans la chapelle consulaire. Butet tente des compromis ; un banquet r&#233;unira tous les Fran&#231;ais et l'on boira successivement &#224; la Nation, &#224; la Loy et au Roy. Sa suggestion est repouss&#233;e. Ainsi, avant le d&#233;barquement de Bonaparte, est propag&#233; un pr&#233;jug&#233; assimilant le port de la cocarde &#224; une attitude anti-religieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commandant en chef en souffrira. Autant le programme nationaliste color&#233; de romantisme historique para&#238;t s&#233;duire, autant sa politique musulmane suscite des r&#233;serves. Ainsi, Djabarti ne cache pas son scepticisme quant &#224; la sinc&#233;rit&#233; des intentions pro-musulmanes de Bonaparte. Un autre chroniqueur de l'&#233;poque, Nicolas Turk, partage la m&#234;me opinion : &#171; Bonaparte leur promettait d'embrasser leur religion, de faire construire une mosqu&#233;e en son nom et de faire tout le bien possible &#224; la religion musulmane. Les Ul&#233;mas n'&#233;taient pas s&#233;duits par ces paroles. Ce sont des mensonges, disaient-ils, qu'il prof&#232;re pour s'&#233;tablir en Egypte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec une patience &#224; toute &#233;preuve, Bonaparte continue &#224; rechercher l'amiti&#233; de Charkawi. Celui-ci la lui rend, mais &#224; sa fa&#231;on. Il accepte avec empressement la partie nationaliste du programme politique du commandant en chef, mais est sur la r&#233;serve pour tout ce qui viserait &#224; une substitution de la domination fran&#231;aise &#224; la domination turque. Charkawi montre pourtant une grande confiance dans les promesses de Bonaparte. Jamais, comme en &#201;gypte, ce dernier ne fera preuve d'autant de bonne volont&#233;. Il accueille les membres du Divan avec le sourire, s'asseoit au milieu d'eux sur des tapis &#233;tendus &#224; terre. Pendant des heures il discute avec eux, dans un langage fleuri entrecoup&#233; de citations coraniques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Charkawi et ses coll&#232;gues sont fascin&#233;s par ces &#233;gards auxquels depuis de longs si&#232;cles, les Egyptiens ne sont plus habitu&#233;s. Ils offrent au commandant en chef banquet sur banquet. Bonaparte qui n'a jamais support&#233; que des repas pris &#224; la h&#226;te, s'impose l'&#233;preuve d'interminables d&#238;ners. Plats de viande, de poisson, de l&#233;gumes, de volailles, de douceurs orientales se succ&#232;dent des heures durant. Mais si le Divan est s&#233;duit, dans la cour de l'universit&#233; mill&#233;naire, cheikhs, Ul&#233;mas et &#233;tudiants murmurent. Ils ne sont pas loin de traiter leur chef de &#171; ren&#233;gat qui veut avilir l'&#226;me musulmane en se laissant gagner par de l'argent &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;pit du premier soul&#232;vement du Caire, les rapports restent amicaux entre le Divan bient&#244;t r&#233;tabli et le g&#233;n&#233;ral Bonaparte. Ce n'est qu'apr&#232;s son d&#233;part que le climat changera brutalement. Aux liens personnels succ&#232;dent des rapports d&#233;riv&#233;s uniquement des froides r&#233;alit&#233;s de la guerre. Avec Kl&#233;ber, il n'est plus question d'exotisme romantique. Charkawi devient suspect ; ses coll&#232;gues sont accus&#233;s de duplicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa carri&#232;re ne souffrira pas du d&#233;part des Fran&#231;ais. Bien au contraire, sa position aupr&#232;s des Turcs, plus tard de Mohammed-Ali, en sortira renforc&#233;e. L'arm&#233;e fran&#231;aise ayant d&#233;truit la puissance militaire des mamelouks, Charkawi et ses coll&#232;gues sont alors la seule autorit&#233; politique susceptible de tenir le pays. La promesse du g&#233;n&#233;ral Bonaparte de confier aux Egyptiens les affaires de leur pays devient une r&#233;alit&#233;, mais apr&#232;s le d&#233;part des Fran&#231;ais. De l'&#233;chec militaire de la Campagne d'Egypte na&#238;t le succ&#232;s du programme politique. Bient&#244;t les cheikhs de l'ancien Divan imposeront &#224; l'empire ottoman la nomination de Mohammed-Ali. L'Egypte gravit lentement depuis lors le douloureux chemin qui va la mener &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charkawi meurt en 1812. D&#233;crivant ses fun&#233;railles, Djabarti note ironiquement : &#171; on mit sur sa tombe un turban encore plus grand que celui qu'il portait pendant sa vie : &#233;toffe de coton vert entour&#233;e d'un chale de cachemire rouge &#187;. Le tableau peint par Rigo a donn&#233; au turban du cheikh une couleur blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cheikh Aboul-Anouar Al-Sadate. Si Charkawi sort d'un milieu modeste, Sadate, lui, appartient &#224; la bourgeoisie ais&#233;e. Le personnage est fier et Bonaparte l'entoure de grands &#233;gards. Mais Sadate est sur la r&#233;serve. A un d&#238;ner qu'il offre au commandant en chef, celui-ci lui demande : &#171; pourquoi les Arabes qui avaient cultiv&#233; jadis les sciences et les arts, sont-ils aujourd'hui dans une si profonde ignorance ? &#187; Sadate se sent bless&#233; par cette brutale question. &#171; Il leur reste le Coran, ce Livre contient toutes les v&#233;rit&#233;s &#187;, r&#233;pond Sadate. Bonaparte agac&#233; r&#233;torque : &#171; Enseigne-t-il &#224; fondre le canon ? &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le d&#233;part de Bonaparte, Sadate devient suspect aux autorit&#233;s fran&#231;aises. On l'accuse d'avoir encourag&#233; l'insurrection du Caire. Rien n'est plus injuste ; bien au contraire, on peut mesurer l'honn&#234;tet&#233; du personnage par le fait suivant : un messager turc vient lui demander de soutenir le soul&#232;vement contre les Fran&#231;ais, apr&#232;s le retrait des troupes ottomanes du Caire ; voici la r&#233;ponse de Sadate, telle qu'elle est rapport&#233;e par Djabarti :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Tu as viol&#233; la parole en ob&#233;issant &#224; de vils tyrans et en t'associant &#224; leurs forfaits. La licence de vos soldats &#233;tait sans bornes. Pour eux la guerre est le pillage ou les amusements dans les lieux prohib&#233;s. A cause d'eux les Musulmans sont accabl&#233;s de tous les maux, la ruine, la famine, l'incendie, la mort du commerce. Quel &#233;chec pour votre arm&#233;e ! mais il n'en pouvait &#234;tre autrement, car les chefs m&#234;mes de cette arm&#233;e disputaient aux artisans le fruit de leur travail, aux ouvriers leurs salaires, aux petits marchands leurs biens. La ville jouissait de la paix et de la s&#233;curit&#233;, vous y avez introduit le feu de l'insurrection. Puis vous vous &#234;tes sauv&#233;s comme des souris poursuivies par un chat, laissant le pauvre peuple &#224; la merci des vainqueurs &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; bien un langage nouveau ! Ce rejet de l'arbitraire tel qu'il est formul&#233; dans cette lettre est, en fait, le rejet de tout le syst&#232;me qui s&#233;vissait avant l'arriv&#233;e des Fran&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reproduisant cette lettre, Djabarti &#233;tablit des parall&#232;les entre deux styles de gouvernement. Il souligne que les Fran&#231;ais refusent de faire usage de la corv&#233;e ; qu'ils paient les ouvriers qu'ils embauchent. Mais ce qui surtout le remplit d'admiration est l'application de la loi pour tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le jour o&#249; un soldat fran&#231;ais coupable de pillage et de violence a &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;, une v&#233;ritable r&#233;volution s'est op&#233;r&#233;e dans les esprits. Le ch&#226;timent pouvait donc s'abattre sans discrimination, m&#234;me quand il s'agit de la caste militaire conqu&#233;rante. Cette innovation &#233;tait impensable sous le r&#233;gime turc et elle ressort de la lettre de Sadate de fa&#231;on tr&#232;s claire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sadate ne se retirera des affaires qu'en 1817, apr&#232;s avoir d&#233;sign&#233; son successeur pour lui succ&#233;der &#224; la t&#234;te de la secte des Nobles. Il mourra peu apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/lexpedition-degypte-vue-par-les-auteurs-egyptiens/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/lexpedition-degypte-vue-par-les-auteurs-egyptiens/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Napol&#233;on 1er mise sur la r&#233;volte des Egyptiens contre les occupants mamelouks mais Le Caire se r&#233;volte aussi contre l'occupation fran&#231;aise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_du_Caire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_du_Caire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volte Urabi est un soul&#232;vement nationaliste en &#201;gypte de 1879 &#224; 1882.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ahmed Urabi, un officier de l'arm&#233;e natif non europ&#233;en, s'&#233;l&#232;ve dans l'arm&#233;e au rang de colonel. En raison de son &#233;ducation paysanne et de sa formation traditionnelle, il en vient &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233; par beaucoup comme la voix authentique du peuple &#233;gyptien. Pour eux, il repr&#233;sente une population paysanne frustr&#233;e par les &#233;trangers exon&#233;r&#233;s d'imp&#244;ts et les riches propri&#233;taires locaux. Urabi impose le respect et le soutien non seulement de la paysannerie, mais aussi d'une grande partie de l'arm&#233;e &#233;gyptienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_%CA%BBUrabi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volte_%CA%BBUrabi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions sous les occupations romaine et byzantine&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes antijuives d'Alexandrie ont eu lieu &#224; Alexandrie, dans la province romaine d'&#201;gypte, en 38 apr. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_antijuives_d%27Alexandrie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89meutes_antijuives_d%27Alexandrie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; guerre de Kitos ou r&#233;volte des exil&#233;s &#187; (115-117), qui avait pris naissance dans l'Empire parthe, s'&#233;tend rapidement &#224; toutes les grandes cit&#233;s du pourtour m&#233;diterran&#233;en o&#249; r&#233;sident d'importantes colonies juives. Paysans grecs et &#233;gyptiens prennent alors les armes contre les Juifs dont la communaut&#233; d'Alexandrie est presque compl&#232;tement an&#233;antie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le successeur de Trajan, Hadrien (r. 117 &#8211; 138), doit faire face &#224; une r&#233;volte promptement supprim&#233;e en 122.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que la peste antonine ravage le pays (165 &#224; 180), une r&#233;volte de la population &#233;gyptienne qui avait d&#233;but&#233; en 171 n'est &#233;cras&#233;e qu'en 175 par le gouverneur de la Syrie romaine voisine, Avidius Cassius, lui-m&#234;me fils d'un ancien pr&#233;fet d'&#201;gypte, lequel se h&#226;te de se faire proclamer empereur par ses troupes alors que se r&#233;pand la rumeur de la mort de l'empereur Marc Aur&#232;le (r. 161 &#8211; 180). D&#233;clar&#233; &#171; ennemi public &#187; par le S&#233;nat de Rome, Avidius Cassius s'appr&#234;te &#224; faire face aux forces rassembl&#233;s par l'empereur lorsqu'il est tu&#233; par l'un de ses propres soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'assassinat de Caracalla, c'est un Berb&#232;re venant de Maur&#233;tanie c&#233;sarienne (aujourd'hui l'Alg&#233;rie), Macrin (r. 217 - 218), qui monte sur le tr&#244;ne. Premier empereur &#224; &#234;tre issu de la classe &#233;questre, il rompt avec la tradition, et probablement pour se concilier le S&#233;nat, nomme &#224; la fois un nouveau praefectus Aegypti ainsi qu'un s&#233;nateur pour gouverner l'&#201;gypte. Sit&#244;t Macrin et son fils Diadum&#233;nien renvers&#233;s, la population d'Alexandrie se r&#233;volte, tue le s&#233;nateur et &#233;vince le pr&#233;fet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t 262, Alexandrie est la proie d'une guerre civile entre les partisans d'Aemilianus et de Gallien, combats qui voient la disparition des deux-tiers de la population de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_romaine_et_byzantine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89gypte_romaine_et_byzantine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volte de l'Egypte sous Diocl&#233;tien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1938_num_55_1_7286&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/mefr_0223-4874_1938_num_55_1_7286&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;volutions &#233;gyptiennes sous les Lagides&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;volution populaire dite &#171; du wafd &#187; en 1919&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; La r&#233;volution &#233;gyptienne &#233;clata en mars 1919 apr&#232;s que les Britanniques eurent arr&#234;t&#233; Sa'd Zaghloul, le chef du parti Wafd, le principal parti nationaliste &#233;gyptien, et plusieurs autres wafdistes. Ils furent ensuite d&#233;port&#233;s &#224; Malte. L'exil de ces dirigeants populaires provoqua des manifestations &#233;tudiantes qui d&#233;g&#233;n&#233;r&#232;rent rapidement en gr&#232;ves massives d'&#233;tudiants, de fonctionnaires, de professionnels, de femmes et de travailleurs des transports. Le m&#233;contentement nationaliste avait &#233;t&#233; aliment&#233; par le protectorat &#233;tabli par les Britanniques au d&#233;but de la guerre, les p&#233;nuries de produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, l'augmentation des prix, la conscription forc&#233;e des paysans comme ouvriers militaires et la pr&#233;sence d'un grand nombre de soldats occidentaux en &#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Wafd &#233;tait le principal parti politique &#233;gyptien depuis sa cr&#233;ation en 1918 jusqu'&#224; la r&#233;volution militaire de 1952. &#192; l'automne 1918, peu avant la fin de la Premi&#232;re Guerre mondiale, une d&#233;l&#233;gation, ou Wafd, de nationalistes &#233;gyptiens, dirig&#233;e par Saad Zaghloul, rencontra Reginald Wingate, le haut-commissaire britannique, pour discuter de l'avenir de l'&#201;gypte. Au cours de la r&#233;union, les d&#233;l&#233;gu&#233;s exig&#232;rent l'ind&#233;pendance compl&#232;te (Istiqlal Tam). Wingate informa les d&#233;l&#233;gu&#233;s que la question serait soumise aux autorit&#233;s de Londres et, dans sa correspondance avec le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res, il recommanda la tenue de n&#233;gociations. Cependant, le minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res &#233;tait occup&#233; par des questions plus urgentes concernant l'Allemagne et ce qui devait &#234;tre fait en Europe apr&#232;s la guerre, et le gouvernement n'&#233;tait pas dispos&#233; &#224; abandonner son contr&#244;le sur le canal de Suez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les demandes du Wafd furent cat&#233;goriquement rejet&#233;es et les d&#233;l&#233;gu&#233;s se virent refuser l'autorisation d'assister &#224; la Conf&#233;rence de paix de Paris. Lorsque Zaghloul et d'autres furent arr&#234;t&#233;s et d&#233;port&#233;s au printemps 1919, des manifestations &#233;clat&#232;rent dans tout le pays. Une r&#233;volution massive &#224; grande &#233;chelle en r&#233;sulta, les &#201;gyptiens de toutes les classes, des deux sexes, de toutes les religions et de toutes les professions se joignant &#224; des gr&#232;ves, des boycotts et des manifestations exigeant l'ind&#233;pendance et la lib&#233;ration des dirigeants du Wafd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des centaines de personnes furent tu&#233;es et les Britanniques furent oblig&#233;s d'envoyer des renforts de troupes pour r&#233;primer la r&#233;volte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://kiosquedz.net/fr/2025/03/26/le-wafd-et-la-revolution-egyptienne/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://kiosquedz.net/fr/2025/03/26/le-wafd-et-la-revolution-egyptienne/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_1919&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_1919&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1919 &#224; 1952...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/01/egypte.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/01/egypte.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions au temps de Farouk et de Nasser&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La domination colonialiste de l'Angleterre (et m&#234;me de la France) sur l'Egypte et la dictature corrompue sont, avec la grande mis&#232;re du peuple face &#224; la richesse de la haute soci&#233;t&#233; multinationale qui vit au Caire et &#224; Alexandrie, la cause d'une grande r&#233;volte populaire dont vont profiter Nasser et les &#171; officiers libres &#187;. Mais ces derniers vont acc&#233;der au pouvoir en prenant bien garde de ne le faire que par des coups d'&#233;tat et en arr&#234;tant la r&#233;volution et en emprisonnant les militants ouvriers et communistes (les staliniens vont aussi en prison bien qu'ils ont soutenu le coup d'&#233;tat militaire, jetant &#224; la poubelle leur costume communiste, mais les trotskistes eux aussi sont arr&#234;t&#233;s, souvent donn&#233;s &#224; la police par leurs annemis staliniens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Nasser a supprim&#233; la dictature royale et la mainmise coloniale anglaise mais il a confisqu&#233; une r&#233;volution prol&#233;tarienne et communiste qui montait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1758&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1758&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article450&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article450&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4530&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4530&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1760&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1760&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1607&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1607&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1759&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1759&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5633&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5633&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1761&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1761&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1907&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1907&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article206&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article206&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/08/egypte.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/francais/baer/works/1952/08/egypte.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_1952_en_%C3%89gypte&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Coup_d%27%C3%89tat_de_1952_en_%C3%89gypte&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte_depuis_1952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27%C3%89gypte_depuis_1952&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions en 1968&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La situation de l'Egypte devient tr&#232;s dangereuse pour le r&#233;gime de Nasser avec la vague gauchiste mondiale de 1968 et plus encore du fait de la d&#233;faite cuisante de l'arm&#233;e &#233;gyptienne face &#224; Isra&#235;l lors de la guerre des six jours&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5034&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5034&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Caire, f&#233;vrier 1968. La ville sort de trois jours d'affrontements avec la police, entre pav&#233;s et gaz lacrymog&#232;nes, apr&#232;s l'occupation de l'Institut Polytechnique par des &#233;tudiants. La vague de protestation a commenc&#233; quelques jours plus t&#244;t, apr&#232;s que des ouvriers d'Helwan aient occup&#233; un poste de police pr&#232;s du si&#232;ge du parti de Nasser. Malgr&#233; la r&#233;pression, les &#233;tudiants de l'Universit&#233; du Caire les rejoignent dans plusieurs manifestations devant les bureaux d'Al-Ahram, le palais pr&#233;sidentiel ou encore l'Assembl&#233;e Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques ann&#233;es apr&#232;s la R&#233;volution de 1952, l'esprit de r&#233;volte est encore pr&#233;sent en Egypte, mais les protestations de 1968 sont d'abord la cons&#233;quence de la d&#233;faite de 1967. Contraint de l&#226;cher du lest face &#224; Isra&#235;l, Nasser est vivement critiqu&#233;. En f&#233;vrier 1968, les tra&#238;tres militaires de 67 sont jug&#233;s condamn&#233;s &#224; des peines tr&#232;s indulgentes ; c'est l'&#233;tincelle qui d&#233;clenche le mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nasser acc&#232;de aux demandes des &#233;tudiants et augmente les salaires, tout en pronon&#231;ant quelques discours &#224; la gloire des luttes du peuple palestinien. Il parvient ainsi &#224; maintenir le calme jusqu'en d&#233;cembre 68, o&#249; une incursion de l'arm&#233;e de l'air isra&#233;lienne entra&#238;ne une coupure d'&#233;lectricit&#233; dans tout le sud de l'Egypte. Les soul&#232;vements reprennent et l'URSS fournit l'arm&#233;e &#233;gyptienne en dispositifs anti-&#233;meutes. A Alexandrie, les &#233;tudiants occupent l'universit&#233; et kidnappent le gouverneur pour obtenir la lib&#233;ration de leurs camarades arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lepetitjournal.com/le-caire/actualites/societe-mai-68-vu-degypte-8721&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lepetitjournal.com/le-caire/actualites/societe-mai-68-vu-degypte-8721&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations de 1968 en &#201;gypte ont donn&#233; lieu &#224; des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales et &#224; des protestations contre le gouvernement de Gamal Abdel Nasser, exigeant la fin de la corruption. Le 9 juin 1967, Nasser avait d&#233;missionn&#233; apr&#232;s la d&#233;faite de l'&#201;gypte face &#224; Isra&#235;l lors de la guerre des Six Jours. Le lendemain, des centaines de milliers de ses partisans se sont ralli&#233;s &#224; lui pour qu'il reste au pouvoir. Les manifestations ont d&#233;but&#233; &#224; Helwan en f&#233;vrier 1968 et se sont rapidement propag&#233;es &#224; tout le pays. Les troubles ont dur&#233; jusqu'en mars, date &#224; laquelle l'arm&#233;e les a r&#233;prim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/1968_protests_in_Egypt&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en.wikipedia.org/wiki/1968_protests_in_Egypt&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://grokipedia-com.translate.goog/page/1968_protests_in_egypt?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://grokipedia-com.translate.goog/page/1968_protests_in_egypt?_x_tr_sl=en&amp;_x_tr_tl=fr&amp;_x_tr_hl=fr&amp;_x_tr_pto=sc&amp;_x_tr_hist=true&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;R&#233;voltes et r&#233;volutions en Egypte dans les ann&#233;es 2000&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le &#171; printemps arabe &#187; qui va parcourir le monde commence notamment en Egypte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, en fait, il a d&#233;marr&#233; dans ce pays bien avant 2011 sur le terrain social et m&#234;me prol&#233;tarien&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_2011&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9volution_%C3%A9gyptienne_de_2011&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lutte des classes en Egypte en 2006-2009 - C'est la classe ouvri&#232;re qui a commenc&#233; &#224; &#233;branler le r&#233;gime et c'est elle qui peut le remplacer au pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1900&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1900&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 avril 2008, des manifestations avaient d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en affrontements dans la cit&#233; industrielle de Mahalla al-Kobra, un foyer de la contestation sociale situ&#233; dans le delta du Nil, faisant trois morts et des dizaines de bless&#233;s. Plus de 300 personnes avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles &#233;taient intervenues dans un climat de forte tension en raison d'une flamb&#233;e des prix et d'une crise du pain subventionn&#233;, les ouvriers de l'usine textile de Mahalla r&#233;clamant une augmentation des salaires et d'autres mesures pour combattre la chert&#233; de la vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
La majorit&#233; des condamn&#233;s sont ainsi des ouvriers de ce secteur, &#226;g&#233;s de 30 &#224; 40 ans, a pr&#233;cis&#233; le responsable de la s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 2006, la m&#234;me usine avait &#233;t&#233; le point de d&#233;part d'un grand mouvement de contestation qui avait gagn&#233; le secteur textile public, le second au sein de l'industrie &#233;gyptienne, concentr&#233; dans le nord du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article834&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article834&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 2008 : les ouvriers &#233;gyptiens et la population d&#233;fient le r&#233;gime de Moubarak&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de l'usine de textile Ghazl El-ahalla en &#201;gypte on organis&#233; une manifestation de masse dimanche dernier (17 f&#233;vrier 2008), appelant &#224; la fin du r&#233;gime, appuy&#233; par les USA, de Hosni Moubarak.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'usine de textile est la plus grande du Moyen-Orient. Ses 27 000 -travailleurs ont jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant pour amener le r&#233;gime &#224; des concessions &#233;conomiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les travailleurs sont sortis en masse de leur usine de chantant : &#034;&#192; bas, &#224; bas Moubarak ! Ton r&#233;gime, c'est la merde ! &#034;. Tandis qu'ils se r&#233;pandaient dans cette ville du Delta du Nil ville, ils ont &#233;t&#233; rejoints par environ 10 000 habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article315&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article315&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;pression polici&#232;re en 2006&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de ces trois derni&#232;res ann&#233;es, l'Egypte a connu une puissante vague de gr&#232;ves, visant principalement &#224; lutter contre la privatisation, par le gouvernement Moubarak, de plusieurs compagnies d'Etat. Toutes ces gr&#232;ves sont &#171; ill&#233;gales &#187;. Fin 2004, elles ont d'abord affect&#233; le secteur textile, puis se sont &#233;tendues &#224; d'autres industries, les salari&#233;s ayant &#233;t&#233; encourag&#233;s par le fait que la plupart de ces gr&#232;ves se soldent par des victoires. Elles sont souvent accompagn&#233;es d'occupations. Depuis la fin de l'ann&#233;e 2006, cette vague de gr&#232;ves a atteint un niveau particuli&#232;rement &#233;lev&#233;. Comme &#224; son habitude, le gouvernement tente de trouver un bouc-&#233;missaire. Dans un certain nombre de villes, il a pris des mesures contre le Centre de Services pour les Syndicats et les Ouvriers (CTUWS). Le CTUWS est une structure ind&#233;pendante du gouvernement, qui d&#233;fend les travailleurs et les informe de leurs droits. Un article publi&#233; dans Al-Ahram, un hebdomadaire anglophone publi&#233; en Egypte, pr&#233;tend qu'un &#171; complot communiste &#187; est derri&#232;re ce mouvement. Les bureaucrates du gouvernement, la police et les tortionnaires des services secrets souscrivent tous &#224; cette th&#233;orie du complot. Ils accusent &#233;galement les Islamistes. Pour eux, il n'est pas imaginable que des ouvriers puissent avoir d'authentiques revendications, et que la d&#233;gradation de leurs conditions de vie les pousse &#224; se mobiliser. Il doit forc&#233;ment y avoir un conspirateur secret, un agitateur communiste ou islamiste derri&#232;re tout cela ! Cependant, pour quiconque regarde les choses en face, les racines du mouvement actuel sont &#233;videntes. La majeure partie de l'industrie &#233;gyptienne avait &#233;t&#233; nationalis&#233;e par Nasser, dans les ann&#233;es 60. Mais au cours des ann&#233;es 90, le gouvernement Moubarak, suivant les &#171; conseils &#187; du FMI, a mis en &#339;uvre un programme de privatisation massive de l'industrie &#233;gyptienne. Depuis 1999, plus de 100 entreprises publiques ont &#233;t&#233; vendues. L'un des secteurs les plus touch&#233;s fut l'industrie textile : le secteur priv&#233; contr&#244;le 58 % du filage du coton, contre 8 % avant les privatisations. R&#233;cemment, le gouvernement a lanc&#233; une deuxi&#232;me vague de privatisations, qui fut la cause directe de l'actuel mouvement de gr&#232;ves. Les ouvriers craignent de perdre leur statut de travailleurs du secteur public, avec les avantages et la s&#233;curit&#233; d'emploi qui y sont associ&#233;s. Le site internet du Middle East Report Online (MERIP) a publi&#233; un compte-rendu tr&#232;s int&#233;ressant d'une gr&#232;ve qui a &#233;clat&#233;, en d&#233;cembre 2006, dans une importante entreprise textile, &#224; Mahallah Al-Kubra, dans le delta du Nil. La gr&#232;ve a commenc&#233; lorsque les 24 000 ouvriers ont appris qu'une prime, qui leur avait &#233;t&#233; promise par le gouvernement, ne leur serait finalement pas pay&#233;e. La gr&#232;ve a dur&#233; quatre jours et fut accompagn&#233;e d'une occupation de l'usine. Quand la police est intervenue, le deuxi&#232;me jour du mouvement, les ouvriers en appel&#232;rent &#224; la solidarit&#233; des autres ouvriers et de la population de la localit&#233;. En r&#233;ponse, 20 000 personnes encercl&#232;rent l'entreprise pour d&#233;fendre les gr&#233;vistes. La police a du battre en retraite, et les gr&#233;vistes l'emport&#232;rent. Il est int&#233;ressant de noter le r&#244;le crucial qu'ont jou&#233; les femmes, dans cette gr&#232;ve. De fait, elles ont &#233;t&#233; encore plus militantes que les hommes. La gr&#232;ve a commenc&#233; lorsque 3000 ouvri&#232;res ont quitt&#233; leur poste et parcouru l'usine en chantant : &#171; O&#249; sont les hommes ? Voici les femmes ! &#187; Un t&#233;moin relate : &#171; les femmes &#233;taient encore plus d&#233;termin&#233;es que les hommes. Elles ont &#233;t&#233; l'objet d'intimidations et de menaces, mais elles ont tenu bon. &#187; Lorsqu'un mouvement mobilise les couches les plus opprim&#233;es &#8211; et habituellement les plus passives &#8211;, c'est un indice clair de sa profondeur et de son caract&#232;re potentiellement r&#233;volutionnaire. La victoire des gr&#233;vistes de Mahallah a encourag&#233; d'autres ouvriers &#224; passer &#224; l'action. Dans les mois qui ont suivi, des dizaines de milliers d'ouvriers du textile se sont mobilis&#233;s, dans le delta du Nil et &#224; Alexandrie. Cette magnifique gr&#232;ve eut &#233;galement des r&#233;percussions dans d'autres secteurs industriels que le textile, malgr&#233; l'absence d'une v&#233;ritable coordination. En d&#233;cembre, les travailleurs de cimenteries, &#224; Helwan et Tura, se mirent en gr&#232;ve, de m&#234;me que les salari&#233;s de l'industrie automobile, &#224; Mahallah. En janvier, ce fut le tour des cheminots, qui bloqu&#232;rent le train de premi&#232;re classe reliant le Caire &#224; Alexandrie, et furent spontan&#233;ment soutenus par les conducteurs du m&#233;tro du Caire. Les gr&#233;vistes expliqu&#232;rent qu'ils avaient &#233;t&#233; encourag&#233;s par la victoire des travailleurs de Mahallah. Des &#171; gr&#232;ves sauvages &#187; ont &#233;galement &#233;clat&#233; chez les &#233;boueurs, les conducteurs de minibus et de camions, ainsi que dans d'autres secteurs de la fonction publique. Les gr&#233;vistes ont protest&#233; contre l'accusation du gouvernement selon laquelle les islamistes &#233;taient derri&#232;re leur mouvement. Les ouvriers d'une usine, &#224; Kafr EL-Dawwar, &#171; ont &#233;nergiquement ni&#233; toute implication des Fr&#232;res Musulmans &#187;, selon le compte-rendu du MERIP. Mais l'une des caract&#233;ristiques les plus int&#233;ressantes de ces mouvements r&#233;side dans le fait que les ouvriers se rendent compte qu'ils ne luttent pas seulement pour des revendications imm&#233;diates, mais aussi, plus g&#233;n&#233;ralement, contre la politique du gouvernement. C'est probablement pour cette raison que, dans plusieurs endroits &#8211; y compris &#224; Mahallah &#8211;, les travailleurs s'efforcent de construire leurs propres organisations ind&#233;pendantes, d&#233;fiant les &#171; syndicats &#187; affili&#233;s &#224; l'Etat. Le MERIP rapporte : &#171; Il y a des signes clairs indiquant que les militants ouvriers du textile travaillent &#224; l'&#233;laboration d'un syst&#232;me de coordination nationale de leurs luttes. Un mois apr&#232;s la victoire de la gr&#232;ve &#224; Kafr Al-Dawwar, un texte sign&#233; par les Ouvriers de Kafr Al-Dawwar pour un Changement a &#233;t&#233; distribu&#233;, dans l'usine, et en appelait &#224; &#034; l'extension de la collaboration entre les ouvriers des entreprises qui ont fait gr&#232;ve, de fa&#231;on &#224; cr&#233;er des liens de solidarit&#233; et de partager notre exp&#233;rience &#034; &#187;. Voil&#224; ce qui inqui&#232;te le plus le gouvernement. C'est pour cela que, tout en faisant des concessions aux revendications des gr&#233;vistes, il s'attaque &#224; toute organisation susceptible de faciliter la coordination de l'action des travailleurs. Les bureaux du CTUWS, &#224; Najaa Hamadi et Mahalah, ont &#233;t&#233; ferm&#233;s, et la police a arr&#234;t&#233; des militants ouvriers dans tout le pays. L'image g&#233;n&#233;rale qui &#233;merge de ces conflits est celle d'une classe ouvri&#232;re en plein essor, qui gagne en confiance et commence &#224; tirer de s&#233;rieuses conclusions politiques. Selon Saber Barakat, du Comit&#233; de Coordination des Ouvriers, &#171; l'Egypte est au seuil d'une situation r&#233;volutionnaire. Le r&#233;gime est affaibli. Moubarak est occup&#233; &#224; organiser sa succession au profit de son fils, Gamal, mais pour la premi&#232;re fois depuis longtemps, nous pouvons dire avec confiance qu'une r&#233;volution ouvri&#232;re pointe &#224; l'horizon. &#187; Y. Malek&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article164&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article164&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avril 2008. &#034;De cette r&#233;volte du pain pourrait na&#238;tre une r&#233;volution&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche, dans une ville du nord-est de l'Egypte, ce qui devait n'&#234;tre qu'une simple gr&#232;ve de travailleurs a tourn&#233; &#224; l'&#233;meute, causant la mort d'une personne et provoquant au moins 150 arrestations. Un t&#233;moin de ces incidents et un membre des Fr&#232;res musulmans &#233;gyptiens commentent ce que les m&#233;dias ont d&#233;j&#224; surnomm&#233; &#034;la r&#233;volte du pain&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout est parti d'un pr&#233;avis de gr&#232;ve, lanc&#233; par des ouvriers de Mahalla el-Kobra, pour demander l'augmentation du salaire minimum - actuellement de 115 livres &#233;gyptiennes (environ 15 euros). La gr&#232;ve n'a finalement pas eu lieu, mais elle a mis sous tension une population d&#233;j&#224; exasp&#233;r&#233;e par la vie ch&#232;re. Les &#233;meutes ont &#233;clat&#233; ce dimanche. Elles se sont calm&#233;es aujourd'hui, mais semblent pouvoir reprendre &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;C'est de ce type de r&#233;volte populaire que peut na&#238;tre une r&#233;volution&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article794&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article794&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 2011, l'Egypte ouvri&#232;re a d&#233;j&#224; initi&#233; l'auto-organisation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1886&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1886&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;ploiements policiers massifs, gaz lacrymog&#232;nes, bastonnades, arrestations : dimanche 6 avril, la &#034;Journ&#233;e de col&#232;re&#034; doubl&#233;e d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1606&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1606&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte, en 2008, ce sont les ouvriers du textile qui lan&#231;aient pour la premi&#232;re fois des mouvements de r&#233;volte contre la dictature via internet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6948&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6948&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La r&#233;volution contre la dictature de Moubarak&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;25 janvier 2011. Journ&#233;e de r&#233;volte en Egypte : le commencement de la fin pour Moubarak ? Environ 15.000 personnes ont d&#233;fil&#233; mardi dans les rues du Caire o&#249; la police a tir&#233; des gaz lacrymog&#232;nes. D'autres rassemblements ont eu lieu dans tout le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1875&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1875&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29 janvier 2011. Il y a le feu &#224; la maison Moubarak&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Moubarak d&#233;clare : &#034;J'ai pleinement conscience des aspirations l&#233;gitimes du peuple et je connais bien l'ampleur de leurs pr&#233;occupations et de leurs souffrances. (... ) La jeunesse d'Egypte est son atout le plus pr&#233;cieux.&#034; Mais selon lui, &#034;la fronti&#232;re est mince entre la libert&#233; et le chaos, et je penche pour la libert&#233; des gens &#224; exprimer leurs opinions autant que je tiens &#224; la n&#233;cessit&#233; de maintenir la s&#233;curit&#233; et la stabilit&#233; de l'Egypte&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des propos qui n'ont pas suffit &#224; calmer les rues du Caire, o&#249; soldats et habitants continuaient d'arpenter les rues apr&#232;s la forte mobilisation et les troubles de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1882&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1882&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 janvier 2011. L'anarchie r&#232;gne sur Le Caire apr&#232;s des manifestations meurtri&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
Des soldats faisant des &#034;V&#034; de la victoire &#224; l'adresse des manifestants, des sc&#232;nes de pillages, des bless&#233;s qui affluent dans les h&#244;pitaux : l'anarchie r&#233;gnait vendredi soir dans la capitale &#233;gyptienne apr&#232;s une journ&#233;e de manifestations meurtri&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques heures apr&#232;s l'imposition d'un couvre-feu par le pr&#233;sident &#233;gyptien Hosni Moubarak, des camions militaires circulaient dans le centre-ville du Caire, pr&#232;s de la place de l'Op&#233;ra, et des militaires faisaient des &#034;V&#034; de la victoire &#224; la population, recueillant des applaudissements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des manifestants sont m&#234;me mont&#233;s sur des chars avec des militaires, et des policiers ont serr&#233; la main de manifestants, a constat&#233; un journaliste de l'AFP.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous ne voulons plus de Moubarak, nous ne voulons plus de ce gouvernement. Mais nous aimons l'arm&#233;e, les Egyptiens aiment leur arm&#233;e&#034;, a d&#233;clar&#233; Ehab Aley, un jeune manifestant, dont les propos ont re&#231;u l'assentiment des jeunes aux alentours.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Nous ne savons pas encore de quel c&#244;t&#233; est l'arm&#233;e (. . . )&#034;, a ajout&#233; un autre manifestant qui marchait avec des milliers d'autres dans le quartier Dokki deux heures apr&#232;s l'imposition du couvre-feu &#224; 18H00 (16H00 GMT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e a boucl&#233; le centre du Caire avec des chars d'assaut. &#034;L'arm&#233;e doit choisir entre l'Egypte et Moubarak&#034;, pouvait-on lire sur une grande banderole d&#233;ploy&#233;e dans le centre-ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?article1885&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?article1885&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er f&#233;vrier 2011, date clef, l'Egypte populaire s'est soulev&#233;e contre Moubarak, le pouvoir et l'imp&#233;rialisme sont d&#233;bord&#233;s... Le peuple travailleur doit dicter sa loi et s'organiser dans ce but !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1892&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : la r&#233;volte sociale doit lib&#233;rer les soldats pour gagner... L'arm&#233;e du c&#244;t&#233; du peuple, c'est l'organisation des soldats ind&#233;pendante des officiers !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1891&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1891&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soldats, cessez d'ob&#233;ir &#224; un pouvoir assassin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1885&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : La derni&#232;re manoeuvre sanglante du pharaon... Le r&#233;gime manipule des faux manifestants &#034;pro-Moubarak&#034;, des policiers en civil ont charg&#233; les manifestants &#224; coups de b&#226;ton et de couteau, ou &#224; cheval et &#224; dos de dromadaire. Ce sont des assassins policiers et forces sp&#233;ciales en civil qui attaquent violemment les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1896&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1896&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Egypte, le pouvoir fabrique le chaos et se pr&#233;sente comme la seule garantie face au chaos ! Une seule issue : casser l'unit&#233; de l'arm&#233;e, entra&#238;ner les soldats avec le peuple travailleur, organis&#233;s tous les deux en comit&#233;s populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir a l&#226;ch&#233; ses assassins contre le peuple r&#233;volt&#233;, mensong&#232;rement appel&#233;s &#034;manifestants pro-Moubarak comme si des manifestants vont arriver tous en m&#234;me temps avec la m&#234;me fabrique de drapeaux, avec les m&#234;mes armes, des machettes et des grenades lacrymog&#232;nes (o&#249; de simples citoyens auraient pris ces armes ?) et il nous joue la com&#233;die selon laquelle il est en train d'essayer de s&#233;parer les combattants..... !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1899&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1899&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les flammes de la col&#232;re se r&#233;pandent &#224; travers toute l'Egypte, et rien ne peut les arr&#234;ter. Le sort du r&#233;gime de Moubarak est en jeu. La seule perspective : gouvernement ouvrier en Egypte !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1902&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1902&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une crise sociale qui traverse le Maghreb et le monde arabe et elle ne va pas &#234;tre r&#233;solue seulement en changeant quelques t&#234;tes gouvernantes. il faut un changement social radical. Seuls les travailleurs et les jeunes peuvent, en s'unissant aux soldats, offrir une issue ... le pouvoir aux travailleurs !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1903&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1903&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : le mar&#233;chal Tantaoui, nouveau pharaon d'Egypte, pr&#233;tend interdire les gr&#232;ves ouvri&#232;res mais l'Egypte enti&#232;re est en train de se mettre en gr&#232;ve. Il veut manipuler les soldats contre le peuple travailleur et il faut que les soldats, eux aussi, entrent en gr&#232;ve...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution &#034;tunisienne&#034; atteint l'Egypte. Le r&#233;gime de Moubarak vascille. Faisons le chuter !!! Dehors les g&#233;n&#233;raux assassins !!! Dehors les exploiteurs !!! Dehors le dictateur et dehors l'imp&#233;rialisme !!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1926&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1926&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : multiplication des gr&#232;ves ouvri&#232;res dans la foul&#233;e des manifestations contre Moubarak. La classe ouvri&#232;re donne un tour nouveau &#224; la lutte. La premi&#232;re gr&#232;ve de six mille travailleurs du canal de Suez a notamment commenc&#233;... et tous les secteurs sont concern&#233;s : Textile, Tourisme, Sant&#233;, Employ&#233;s, Ouvriers agricoles, A&#233;roport du Caire, T&#233;l&#233;communications, journalistes, etc... Le prol&#233;tariat est en marche. Nul ne peut dire jusqu'o&#249; il va aller....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1918&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1918&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisation monstre en Egypte le mardi 8 f&#233;vrier 2011. Cet apr&#232;s-midi, des dizaines de milliers de manifestants &#233;taient de nouveau rassembl&#233;s place Tahrir (&#034;Lib&#233;ration&#034;). Cette place du centre du Caire est devenue l'&#233;picentre d'un mouvement de contestation sans pr&#233;c&#233;dent qui r&#233;clame le d&#233;part du pr&#233;sident Moubarak. La r&#233;volte populaire entre dans sa troisi&#232;me semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1916&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1916&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation populaire dirige fermement Moubarak vers la sortie, qu'il le veuille ou pas... Dehors le dictateur mais surtout dehors la dictature !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1910&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1910&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en jeu, ce n'est pas le sort du seul dictateur qu'il s'appelle Moubarak ou Ben Ali qui importe, c'est celui de la domination des classes dirigeantes sur l'Egypte, le monde arabe, le Maghreb et m&#234;me le monde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prol&#233;tariat d'Egypte a fait chuter Pharaon Moubarak - Lui seul peut en finir avec le syst&#232;me - Ce n'est qu'un d&#233;but, le combat continue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1925&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re victoire de la r&#233;volution en Egypte. Mensonges, mythes, calomnies et pi&#232;ges sur la r&#233;volution qui a d&#233;gag&#233; Moubarak. Rire, pleurer mais aussi comprendre...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1922&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1922&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moubarak est d&#233;gag&#233; mais la r&#233;volution ne fait que commencer !!!! Moubarak a quitt&#233; Le Caire avec sa famille et il a quitt&#233; le pouvoir. C'est une grande victoire mais rien n'est r&#233;gl&#233;. L'arm&#233;e est toujours au pouvoir ainsi que les exploiteurs. L'Egypte est &#224; la fronti&#232;re entre une r&#233;volution sociale s'attaquant aux classes dirigeantes et d&#233;truisant l'Etat dictatorial de la bourgeoisie et une contre-r&#233;volution sanglante de l'arm&#233;e... On ne peut pas rester longtemps devant un tel abime...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1921&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1921&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves ouvri&#232;res face au pouvoir militaire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#232;ve partout ...&lt;br class='autobr' /&gt;
Des gr&#232;ves ont &#233;clat&#233; dans toutes les branches de l'industrie : chez les travailleurs des t&#233;l&#233;com, les m&#233;caniciens du secteur ferroviaire, dans les arsenaux de Port-Sa&#239;d, et aussi gr&#232;ves de plusieurs dizaines de milliers d'ouvriers d'usines de charbon, de coton, de textile, de m&#233;dicaments, de ciment, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e &#233;gyptienne, aux commandes du pays depuis que le pr&#233;sident Hosni Moubarak a d&#233;missionn&#233; et lui a remis le pouvoir, a appel&#233; lundi citoyens et syndicats &#224; cesser les gr&#232;ves, au moment o&#249; les mouvements sociaux prenaient de l'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1929&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dehors Mar&#233;chal Tataoui ! Dehors le Pharaon ! L'arm&#233;e dehors du pouvoir !! Le pouvoir au peuple ! D&#233;gage ! D&#233;gage !!!&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le peuple veut la chute du Moushir [mar&#233;chal] ! &#187; entonnaient hier matin quelques centaines d'entre eux, visant directement le mar&#233;chal Tantawi, &#224; la t&#234;te du conseil militaire et pendant vingt ans ministre de la D&#233;fense sous Moubarak. D'autres pointaient du doigt les policiers. &#171; Ils emploient les m&#234;mes m&#233;thodes que sous Moubarak. &#034;Le r&#233;gime militaire est mort, est mort&#034;, crient les manifestants. &#034;Libert&#233;, libert&#233; !&#034; entend-on aussi. &#034;D&#233;gage !&#034;, &#034;Que tombe le gouvernement des militaires !&#034;, &#034;R&#233;volution, r&#233;volution, jusqu'&#224; la victoire !&#034; et &#034;Ni Tantawi, ni Ganzouri !&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte : &#224; bas le pouvoir militaire ! A bas la r&#233;pression ! Tout le pouvoir au peuple travailleur !&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e a charg&#233; samedi &#224; la matraque des manifestants sur la place Tahrir du Caire au lendemain de graves violences qui ont fait neuf morts et plus de 300 bless&#233;s en plein processus &#233;lectoral en Egypte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces violences montrent que la tension ne retombe dans le pays arabe le plus peupl&#233;, dix mois apr&#232;s la chute de Hosni Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2181&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2181&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ao&#251;t 2017. Des milliers de travailleurs du textile en &#201;gypte font gr&#232;ve pour des salaires plus &#233;lev&#233;s et de meilleures conditions de travail en d&#233;fiant la dictature brutale du g&#233;n&#233;ral Abdel Fatah al-Sissi qui est soutenue par l'Occident.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeudi, le site d'information Middle East Eye a rapport&#233; qu'au moins 16 000 travailleurs sont impliqu&#233;s dans le d&#233;brayage &#224; l'usine Misr Spinning and Weaving Company (MSWC), la plus importante usine textile d'&#201;gypte qui est situ&#233;e dans la ville de Mahalla al-Kubra, dans le Delta du Nil. MSWC emploi au total plus de 25 000 travailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Six mille travailleurs ont d&#233;bray&#233; le 5 ao&#251;t pour exiger une augmentation des salaires et des avantages sociaux ainsi que le versement de primes dues. Le 8 ao&#251;t, 10 000 travailleurs suppl&#233;mentaires rejoignaient la gr&#232;ve en refusant de reprendre le travail apr&#232;s que la direction ait rencontr&#233; des repr&#233;sentants des travailleurs et offert une hausse de 10 pour cent du salaire de base. Les travailleurs ont rejet&#233; cette offre et ont d&#233;clar&#233; ne mettre fin &#224; la gr&#232;ve que si leurs revendications, qui incluent &#233;galement une augmentation de leur participation aux b&#233;n&#233;fices de la soci&#233;t&#233;, une augmentation de la contribution alimentaire et des changements dans la politique de promotion au sein de l'entreprise, &#233;taient respect&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des travailleurs en gr&#232;ve, qui a parl&#233; sous couvert de l'anonymat au journal en ligne &#233;gyptien Mada Masr, a signal&#233; que la gr&#232;ve s'&#233;tait &#233;tendue dans toute l'entreprise, dont huit filatures, sept usines de fabrication de v&#234;tements, une usine de filage de laine, un atelier, 11 usines de textile, ainsi que les services en charge du parc de v&#233;hicules, de l'&#233;lectricit&#233; et de l'eau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors d'un entretien avec le quotidien &#233;gyptien Al Ahram, Faisal Loksha, un dirigeant de la gr&#232;ve, a d&#233;crit la gr&#232;ve comme une &#171; derni&#232;re escalade &#187;. Il a dit : &#171; Au cours de ces derni&#232;res semaines, nous avons organis&#233; &#224; l'int&#233;rieur de l'usine, en dehors des heures de travail, des rassemblements de courte dur&#233;e pour exiger ces augmentations. Nos demandes n'ayant pas &#233;t&#233; respect&#233;es, nous avons d&#233;cid&#233; de faire une gr&#232;ve totale &#224; l'usine. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mahalla al-Kubra est un centre historique de la lutte ouvri&#232;re en &#201;gypte. Les travailleurs de MSWC avaient organis&#233; en 2006 et en 2008 des gr&#232;ves massives contre le r&#233;gime de l'ancien dictateur Hosni Moubarak en jouant un r&#244;le cl&#233; dans les luttes r&#233;volutionnaires de masse en 2011 qui ont fait chuter Moubarak. En d&#233;cembre 2012, en plein milieu de l'opposition croissante de la classe ouvri&#232;re au pr&#233;sident islamiste Mohamed Morsi, les travailleurs et les &#233;tudiants de Mahalla s'&#233;taient d&#233;clar&#233;s &#171; ind&#233;pendants &#187; de ce qu'ils ont appel&#233; &#171; l'&#201;tat des Fr&#232;res musulmans &#187; de Morsi.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'actuelle gr&#232;ve &#224; Mahalla refl&#232;te l'opposition croissante de la classe ouvri&#232;re &#224; la dictature militaire contre-r&#233;volutionnaire d'al-Sissi qui, depuis le coup d'&#201;tat militaire de juillet 2013 contre Morsi, a tu&#233; et emprisonn&#233; des dizaines de milliers d'opposants politiques et s'appr&#234;te maintenant &#224; perp&#233;trer une attaque g&#233;n&#233;ralis&#233;e contre la classe ouvri&#232;re. Le 22 mai, les forces de s&#233;curit&#233; avaient violemment dispers&#233; une gr&#232;ve sur le tas &#224; l'usine de ciment Tourah Cement Company au sud du Caire. 32 travailleurs de cette usine priv&#233;e furent emprisonn&#233;s pour avoir exig&#233; des contrats &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.fr/spip.php?breve610&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.fr/spip.php?breve610&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A un an du d&#233;but de la r&#233;volution, alors que Moubarak est jug&#233; pour ses violences contre le peuple, la r&#233;pression violente est toujours exerc&#233;e par le pouvoir militaire qui lui a succ&#233;d&#233;. Le pouvoir tue plus que jamais les r&#233;volt&#233;s d'Egypte...&lt;br class='autobr' /&gt;
L'arm&#233;e cherche aujourd'hui &#224; s'attribuer le m&#233;rite d'avoir renvers&#233; Moubarak alors qu'elle ne pouvait &#224; l'&#233;poque r&#233;primer sans prendre le risque d'une r&#233;volte des soldats et d'une r&#233;volution prol&#233;tarienne dans les entreprises. C'est mensonger de pr&#233;tendre que la hi&#233;rarchie militaire ait pris le parti des manifestants ! Ils ont fait la part des choses : plut&#244;t l&#226;cher Moubarak pour garder le pouvoir politique et &#233;conomique ! C'est aussi le choix que leur conseillait l'imp&#233;rialisme...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conseil militaire qui dirige l'Egypte depuis la chute de Moubarak est l'organisateur de la r&#233;pression &#224; grande &#233;chelle contre quiconque pr&#233;tend le renverser. Il n'a fait chuter le Ra&#239;s que parce celui-ci provoquait un soul&#232;vement qui d&#233;passait largement la jeunesse et &#233;tait en train de s'&#233;tendre massivement &#224; toute la classe ouvri&#232;re. En s'appuyant sur les syndicats, en l&#226;chant du lest sur le terrain social, en proposant aux islamistes de gouverner, en s'acoquinant avec quelques &#034;d&#233;mocrates&#034;, la classe dirigeante esp&#232;re se sortir de la r&#233;volution. Il s'agit de ramener le peuple travailleur &#224; l'&#233;poque o&#249; la peur faisait taire, o&#249; le peuple ne s'exprimait pas, ne s'organisait pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte qui a &#233;t&#233; men&#233;e contre Moubarak d'abord puis contre l'arm&#233;e ne peut pas s'arr&#234;ter aux portes du pouvoir. Elle d&#233;passe le cadre d'une &#034;d&#233;mocratisation&#034; du r&#233;gime et de la soci&#233;t&#233; &#233;gyptienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte de l'arm&#233;e contre le peuple d&#233;passe, elle aussi, une simple remise &#224; l'ordre. Elle vise l'&#233;crasement du peuple travailleur et de la jeunesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;thodes sont la r&#233;pression et une campagne de discr&#233;dit contre les r&#233;volutionnaires tax&#233;s d'&#234;tre vendus &#224; des forces &#233;trang&#232;res. D'o&#249; les enqu&#234;tes et arrestations de militants pour fabriquer une th&#232;se du complot contre l'Egypte. Le haut conseil militaire d&#233;fend ainsi les int&#233;r&#234;ts de la classe dirigeante dont il est une part importante, l'arm&#233;e &#233;gyptienne s'&#233;tant sous Sadate et Moubarak, empar&#233;e des entreprises les plus juteuses du pays...&lt;br class='autobr' /&gt;
Les forces arm&#233;es ont trouv&#233; un point d'appui solide pour maintenir leur ordre en la personne des organisations islamistes. Celles-ci ont encore un certain cr&#233;dit populaire et ont profit&#233; de l'absence d'autres organisations aupr&#232;s des masses les plus d&#233;munies. Elles ont profit&#233; aussi du r&#233;formisme des organisations syndicales qui les am&#232;ne &#224; refuser tout r&#244;le politique ind&#233;pendant &#224; la classe ouvri&#232;re. R&#233;sultat : les islamistes acc&#232;dent au pouvoir progressivement en acceptant le gouvernement impos&#233; par la conseil des forces arm&#233;es et en discutant avec la bourgeoisie &#233;gyptienne et l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain ! Voil&#224; un beau soutien &#224; l'exploitation et &#224; l'oppression. Les forces islamistes se donnent souvent un petit air radical et populaire, mais elles n'ont jamais remis en cause la bourgeoisie et sa domination. Elles se pr&#233;sentent en Egypte en sauveur du pouvoir bourgeois. Cela doit &#234;tre soulign&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;volution en Egypte a encore bien des moyens de nous surprendre. Les analystes, ne l'oublions pas, avaient affirm&#233; que Ben Ali pouvait tomber mais pas Moubarak. Aujourd'hui ils minimisent la part prise par les gr&#232;ves ouvri&#232;res dans la d&#233;cision des autorit&#233;s d'&#233;carter Moubarak et aujourd'hui de la juger.&lt;br class='autobr' /&gt;
La classe dirigeante, elle, ne minimise pas le risque de r&#233;volution prol&#233;tarienne dans un pays dont la capitale est l'une des plus prol&#233;taris&#233;es du monde ! Mais elle a d'autant plus de raison de ne rien c&#233;der sur le fond...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2192&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2192&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Egypte en 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
L'apparente opposition des chefs militaires &#224; la venue au pouvoir des Fr&#232;res Musulmans, leur semblant d'h&#233;sitation, leur refus d'ent&#233;riner le parlement islamiste, leur acceptation apparemment forc&#233;e du nouveau pr&#233;sident, est indispensable &#224; l'arm&#233;e pour faire de cette opposition une v&#233;ritable base de la soci&#233;t&#233;. C'est l&#224; le jeu des chefs militaires contre la r&#233;volution. Les Fr&#232;res Musulmans sont, les militaires le savent, favorables aux classes dirigeantes, m&#234;me s'ils ont une v&#233;ritable base populaire et ils sont hostiles au prol&#233;tariat. Ils peuvent servir aux classes dirigeantes, en grande partie d'origine militaire, de paravent et d&#233;tourner une partie du m&#233;contentement populaire, du moins dans un premier temps. Ensuite, quand ils se seront suffisamment discr&#233;dit&#233;s, les militaires estiment que la r&#233;volution sera assez d&#233;courag&#233;e et d&#233;boussol&#233;e pour qu'ils puissent reprendre leur dictature sous une forme classique ou en rempla&#231;ant le pr&#233;sident par une &#233;manation de la caste militaire. Ils ne savent pas eux-m&#234;mes si un tel stratag&#232;me sera vraiment suffisant pour calmer le volcan politique et social que repr&#233;sente l'Egypte post-Moubarak. Ils ne savaient pas hier s'il aurait suffi de l&#226;cher le Ra&#239;s et aujourd'hui ils ignorent s'il suffira de d&#233;velopper un jeu &#224; deux avec les islamistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui est certain, c'est qu'aucun des probl&#232;mes &#233;conomiques, politiques et sociaux du pays ne peuvent &#234;tre r&#233;gl&#233;s dans le cadre que les islamistes sont appel&#233;s &#224; g&#233;rer. Et ce pour plusieurs raisons fondamentales. La premi&#232;re est que la r&#233;volution d'Egypte n'est pas fond&#233;e seulement sur une hostilit&#233; &#224; Moubarak ni m&#234;me sur une simple aspiration &#224; plus de libert&#233;. Il y a une demande sociale profonde, et m&#234;me prol&#233;tarienne, dans toute la r&#233;volution du Maghreb et du monde arabe et aussi une perte g&#233;n&#233;rale de confiance dans les perspectives offertes par les classes dirigeantes dans le cadre d'un capitalisme en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2416&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article2416&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident islamiste Morsi et le parti des fr&#232;res musulmans au gouvernement ont &#233;chou&#233; &#224; r&#233;tablir le calme en Egypte, &#233;chou&#233; &#224; faire repartir l'&#233;conomie, &#233;chou&#233; &#224; obtenir le soutien de la population des villes, &#233;chou&#233; &#224; satisfaire les aspirations des milieux populaires, &#233;chou&#233; &#224; r&#233;duire le ch&#244;mage et la mis&#232;re, &#233;chou&#233; &#224; &#233;craser les manifestants malgr&#233; des moyens de r&#233;pression impressionnants, &#233;chou&#233; en somme &#224; d&#233;tourner la r&#233;volution sociale commenc&#233;e par la chute de Moubarak. Cela ne veut pas dire que la r&#233;volution n'ait pas encore devant elle de nombreuses tromperies et surtout celle de l'arm&#233;e. L'arm&#233;e pourrait en effet en profiter pour pr&#233;senter le g&#233;n&#233;ral Sissi comme un recours et comme un leader populaire, ce que le g&#233;n&#233;ral Tantaoui n'avait jamais &#233;t&#233; depuis la chute de Moubarak&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;alit&#233;, l'incapacit&#233; des fr&#232;res musulmans &#224; accoucher d'un programme socio-&#233;conomique authentique, diff&#233;rent et en m&#234;me temps alternatif &#224; celui de la d&#233;funte oligarchie de Moubarak, se fait de plus en plus sentir dans les milieux populaires. Elle provient justement du fait qu'ils ne sont que le cache-sexe de la dictature &#233;conomique des cadres de l'arm&#233;e, patrons des trusts &#233;gyptiens. C'est pour ce r&#244;le que les dirigeants de l'arm&#233;e les ont laiss&#233; se discr&#233;diter au pouvoir en pensant clairement : ils vont s'y user&#8230;. Et apr&#232;s, on verra bien, on pourra toujours les renverser !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les islamistes et les forces polici&#232;res se sont seulement discr&#233;dit&#233;s aux yeux des r&#233;volt&#233;s des grandes villes d'Egypte. La r&#233;pression f&#233;roce avec des viols syst&#233;matiques des manifestantes organis&#233;s par des bandes de tueurs pay&#233;s par les services d'Etats, tout cela a contribu&#233; &#224; semer encore plus la haine du nouveau pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2635&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2635&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi la r&#233;volution doit continuer en Egypte...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1955&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1955&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ouvriers &#233;gyptiens sont toujours contre le pouvoir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=qlDRFWAWJZg&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=qlDRFWAWJZg&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est toujours de la classe ouvri&#232;re que le pouvoir &#233;gyptien a eu peur&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=H-FZyfD2VN8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=H-FZyfD2VN8&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le lien entre catastrophes (&#233;ruptions volcaniques, s&#233;ismes, m&#233;t&#233;orologie...) et les r&#233;voltes et r&#233;volutions</title>
		<link>https://www.matierevolution.org/spip.php?article9452</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.matierevolution.org/spip.php?article9452</guid>
		<dc:date>2026-03-26T23:41:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Robert Paris</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le lien entre &#233;ruptions volcaniques, s&#233;ismes, catastrophes m&#233;t&#233;orologiques ou climatiques et&#8230; r&#233;voltes ou r&#233;volutions politiques et sociales&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Quand les peuples ont saisi l'occasion d'un tremblement de terre, d'une &#233;ruption volcanique, d'une catastrophe m&#233;t&#233;orologique ou climatique comme signal du moment o&#249; il fallait en finir avec une dictature insupportable et en crise&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ou quand une catastrophe naturelle a tellement frapp&#233; la soci&#233;t&#233; humaine que sa structure s'est compl&#232;tement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;1er chapitre : La marque sociale des r&#233;volutions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag"&gt;R&#233;volte&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le lien entre &#233;ruptions volcaniques, s&#233;ismes, catastrophes m&#233;t&#233;orologiques ou climatiques et&#8230; r&#233;voltes ou r&#233;volutions politiques et sociales&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quand les peuples ont saisi l'occasion d'un tremblement de terre, d'une &#233;ruption volcanique, d'une catastrophe m&#233;t&#233;orologique ou climatique comme signal du moment o&#249; il fallait en finir avec une dictature insupportable et en crise&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou quand une catastrophe naturelle a tellement frapp&#233; la soci&#233;t&#233; humaine que sa structure s'est compl&#232;tement effondr&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas seulement entrain&#233; parfois un changement de r&#233;gime mais aussi &#233;ventuellement un changement de mode de production ou m&#234;me la fin d'une civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard que l'on compare souvent les r&#233;volutions &#224; des catastrophes naturelles. On appelle la r&#233;volution : &#171; le volcan social &#187;, &#171; le s&#233;isme r&#233;volutionnaire &#187;, &#171; le maelstr&#246;em &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les catastrophes naturelles n'ont pas fait la R&#233;volution fran&#231;aise &#224; elles seules, mais elles ont pr&#233;par&#233; le terrain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;cheresses, inondations, gels, orages&#8230; La m&#233;t&#233;o ex&#233;crable des ann&#233;es 1787 et 1788 a fait flamber les prix du pain et pouss&#233; les Fran&#231;ais dans la rue. Si elle n'a pas caus&#233; la R&#233;volution, elle a lanc&#233; la m&#233;canique de la r&#233;bellion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/le-grand-orage-de-la-revolution-francaise-1780518&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/le-grand-orage-de-la-revolution-francaise-1780518&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 juin 1783, le Laki, un volcan islandais, entre dans une terrible &#233;ruption qui va durer huit mois. La terre s'ouvre sur 25 kilom&#232;tres et 130 crat&#232;res vomissent quelque 15 kilom&#232;tres cubes de lave. &#171; Il a r&#233;gn&#233; cette ann&#233;e, pendant les trois premi&#232;res semaines de juillet, des brouillards fort &#233;pais &#187;, note le cur&#233; de Cogny (Rh&#244;ne). Dans le m&#234;me temps au Japon, le mont Asama est aussi en &#233;ruption. De mai &#224; ao&#251;t 1783, le volcan nippon crache ses fum&#233;es dans l'atmosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet conjugu&#233; des deux &#233;ruptions produit un nuage de cendres si dense qu'il occulte le rayonnement solaire, faisant baisser les temp&#233;ratures en Europe. &#171; Ces fameux brouillards secs bleu&#226;tres d'odeur sulfureuse, r&#233;sultat de rejet d'a&#233;rosols sulfat&#233;s par le volcan, sont d&#233;crits en Allemagne, en Ecosse, aux Pays-Bas &#187;, explique le volcanologue Philippe Rocher, directeur adjoint au BRGM (service g&#233;ologique national). A partir de 1783, la France conna&#238;t hivers frigorifiques et printemps catastrophiques, avec orages, pluies diluviennes, gr&#234;les ou s&#233;cheresses. On compte les morts par milliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une s&#233;rie d'ann&#233;es difficiles, la r&#233;colte de 1788 est m&#233;diocre et l'hiver glacial (&#8211; 6,8 &#176;C en moyenne en d&#233;cembre &#224; Paris). Le prix du bl&#233; flambe. La situation des paysans est d&#233;sesp&#233;r&#233;e. La R&#233;volution &#233;clate en 1789 sur fond de disette. Le 5 octobre 1789, un cort&#232;ge de 7 000 Parisiennes se met en marche vers Versailles. Elles crient : &#171; Du pain ! &#187;, fourche et pique &#224; la main. Leur col&#232;re contraint le roi et sa cour &#224; quitter le palais du Roi-Soleil pour Paris. Pour la monarchie, les d&#233;s sont jet&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.caminteresse.fr/histoire/quand-les-catastrophes-naturelles-accelerent-lhistoire-11149783/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.caminteresse.fr/histoire/quand-les-catastrophes-naturelles-accelerent-lhistoire-11149783/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;ruptions du Laki, en Islande et de l'Asama, au Japon sont-elles la cause de la r&#233;volution Fran&#231;aise ? Le volcanologue le penserait certainement. L'historien, sans doute, nuancerait cette affirmation en &#233;mettant l'id&#233;e qu'elles furent probablement un &#233;l&#233;ment d&#233;clencheur de l'Histoire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/volcanologie-14-juillet-volcans-revolution-654/page/4/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/dossiers/volcanologie-14-juillet-volcans-revolution-654/page/4/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains opposent, dans la chute de civilisations, les causes naturelles aux r&#233;volutions alors que les deux ne s'opposent pas mais se composent&#8230; Par contre, il est faux de dire que ce seraient les d&#233;sordres climatiques qui, tous seuls, auraient provoqu&#233; l'effondrement des grandes civilisations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://matierevolution.org/spip.php?article8661&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://matierevolution.org/spip.php?article8661&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi les civilisations sont-elles vou&#233;es &#224; dispara&#238;tre ... brutalement ? Parce que tout syst&#232;me social a des limites et que, lorsque celles-ci sont atteintes, les exploit&#233;s se r&#233;voltent et veulent le renverser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2078&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien des auteurs ne veulent surtout pas voir une lutte de classes comme cause de la chute des anciennes civilisations, non pas pour des raisons scientifiques mais pour exclure la lutte des classes du prol&#233;tariat comme cause de chute du monde capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1677&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2563&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2563&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centr&#233;e sur la soci&#233;t&#233; de l'&#238;le de P&#226;ques, l'ouvrage &#171; Effondrement &#187; de Jared Diamond pr&#233;sente la th&#232;se &#233;cologiste de l'environnement comme cause premi&#232;re des effondrements de civilisations. M&#234;me si c'est effectivement sa th&#232;se centrale, l'auteur ne s'en est pas content&#233;. Il a &#233;t&#233; amen&#233; &#224; relever que les soci&#233;t&#233;s ont chang&#233;, ou sont disparues, du fait de r&#233;volutions. S'il d&#233;bute en r&#233;sumant sa th&#232;se en expliquant que : &#171; L'histoire de l'&#238;le de P&#226;ques nous rapproche aussi pr&#232;s que possible d'un cas &#171; pur &#187; d'effondrement d&#251; &#224; des facteurs &#233;cologistes &#8211; ici la d&#233;forestation totale qui conduisit &#224; la guerre, au renversement des &#233;lites, ainsi qu'&#224; la disparition massive de la population. &#187; Jared Diamond a particuli&#232;rement d&#233;velopp&#233; cette derni&#232;re th&#232;se dans les cas des Vikings, du peuple des pierres dress&#233;es de l'ile de P&#226;ques et des Mayas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1750&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons d'abord que le cas des 5.000 Vikings du Groenland, dont Diamond fait grand cas, doit &#234;tre mis &#224; l'&#233;cart puisque, selon l'auteur lui-m&#234;me, l'effondrement de cette colonie s'expliquerait par l'incapacit&#233; et le refus de ses membres de changer leur mode de vie pour s'adapter au &#171; Petit Age Glaciaire &#187; : il s'agirait donc d'une catastrophe naturelle, pas d'une catastrophe &#233;cologique &#171; anthropique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas l'absence de traces de r&#233;volutions sociales qui guide de tels travaux mais un choix social et politique : &#233;carter ces faits. M&#234;me s'il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due &#224; des causes sociales qui a d&#233;cim&#233; sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe &#233;cologique li&#233;e &#224; la surexploitation des ressources agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas exact que tous les scientifiques rejoignent la th&#232;se de Jared Diamond et des des &#233;colo-climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici, par exemple, une interview de Norman Yoffee :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La notion d'effondrement des civilisations a aujourd'hui une grande r&#233;sonance &#224; cause des inqui&#233;tudes suscit&#233;es par le r&#233;chauffement climatique. (...) de nombreuses recherches ont &#233;t&#233; effectu&#233;es, par exemple dans le best seller de Jared Diamond &#034;Collapse of civilisations&#034;. mais il faut les lire avec pr&#233;caution (...) Lorsqu'on &#233;tudie de pr&#232;s les raisons qui ont conduit des soci&#233;t&#233;s du pass&#233; &#224; de profonds changements - en M&#233;sopotamie mais aussi dans la vall&#233;e de l'Indus avec la civilisation d'Harappa, o&#249; entre 3000 et 2000 avant notre &#232;re les villes fleurissent avant d'&#234;tre totalement abandonn&#233;es, ou encore en Am&#233;rique, o&#249; les Mayas fondent des grandes villes &#224; partir de 200 avant notre &#232;re pour en abandonner certaines aux alentours de 900 - on s'aper&#231;oit que ces changements, pour la plupart, ne sont pas dus &#224; une d&#233;gradation de l'environnement. Certes, les hommes ont alt&#233;r&#233; leur environnement de nombreuses mani&#232;res. Ils ont coup&#233; les for&#234;ts, tu&#233; certains animaux, en ont introduit d'autres. Aucun syst&#232;me politique ne s'est pourtant jamais effondr&#233; du fait de ces seules alt&#233;rations. (...) Je voudrais dire un mot d'un autre exemple, souvent cit&#233; en mati&#232;re d'effondrement, celui des Mayas. Dans la r&#233;gion habit&#233;e autrefois par les Mayas, certaines villes ont tr&#232;s certainement &#233;t&#233; abandonn&#233;es. Manifestement un &#233;v&#233;nement grave s'est produit. (...) Comment des Etats riches et puissants, aux souverains redout&#233;s et aux monuments grandioses, ont-ils pu dispara&#238;tre compl&#232;tement de la surface de la Terre au point que parfois la signification m&#234;me de leurs ruines a sombr&#233; dans l'oubli ? La question a fascin&#233; toutes les &#233;poques : les penseurs du 17&#232;me et 18&#232;me si&#232;cle ont tent&#233; d'y r&#233;pondre sa r&#233;f&#233;rant &#224; des auteurs de la Renaissance - qui &#224; son tour cite des Romains, qui eux-m&#234;mes renvoient &#224; H&#233;rodote et autres Grecs... Pour les fondateurs du communisme, le renversement violent des formes sociales d&#233;pass&#233;es &#233;tait dans la logique naturelle de l'&#233;volution historique. (...) La fragilit&#233; naturelle des soci&#233;t&#233;s humaines, surtout au-del&#224; d'un certain degr&#233; de complexit&#233;, a &#233;t&#233; soulign&#233;e par de nombreux sp&#233;cialistes. (...) Les soci&#233;t&#233;s poss&#233;dant un Etat et une soci&#233;t&#233; urbaine sont facilement d&#233;stabilis&#233;es par des perturbations (...) L'anthropologue am&#233;ricain George Cowgil met lui aussi en garde contre la tentation de supposer que les soci&#233;t&#233;s sont naturellement des entit&#233;s stables : &#034;J'incline fortement &#224; penser que l'id&#233;e que n'importe quel Etat ait jamais fonctionn&#233; v&#233;ritablement harmonieusement n'est qu'un mythe propag&#233; par les &#233;lites dirigeantes. M&#234;me dans les meilleurs jours, la plupart des Etats ont probablement &#233;t&#233; des &#233;difices assez brinquebalants, aux mieux &#224; moiti&#233; compris par les gens qui les ont construits, maintenus, subis ou combattus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1046&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours que l'on entend tous les jours dans les m&#233;dias, devenu pens&#233;e unique, est le suivant : l'homme veut trop de richesses et a &#233;puis&#233; la terre. Il doit faire des sacrifices s'il veut la pr&#233;server pour les g&#233;n&#233;rations futures. Cette vision, pr&#233;tendument fond&#233;e sur les sciences, dresse le tableau d'une crise de l'humanit&#233; qui ne serait pas celle du capitalisme, pourtant bel et bien pr&#233;sente, mais celle des individus qui en veulent trop. Elle se fonde sur l'id&#233;e que la terre serait fond&#233;e sur des &#233;quilibres que l'homme d&#233;truirait : &#233;quilibre de la biodiversit&#233; ou &#233;quilibre du climat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle pr&#233;tend surfer sur l'ambiance de peur caus&#233;e par la crise syst&#233;mique du capitalisme afin de la d&#233;tourner et m&#234;me d'en profiter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Philosophiquement et scientifiquement, elle est infond&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'image d'un pass&#233; &#233;quilibr&#233; au plan de la biodiversit&#233; et du climat est totalement imaginaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les m&#233;canismes du climat et ceux du vivant sont fond&#233;s non sur un &#233;quilibre fixe mais sur des multiples &#233;quilibres instables sans cesse remis en question et qui sont construits successivement par des m&#233;canismes de r&#233;troactions fond&#233;s sur des contradictions et agissant non &#224; un seul niveau de structure mais entre plusieurs niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1790&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis toujours synonymes de catastrophes, les s&#233;ismes ont marqu&#233; l'histoire des hommes comme un acc&#233;l&#233;rateur des transformations sociales ou &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/la-terre-les-oceans-le-climat/les-seismes-et-les-risques-sismiques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/utls/la-terre-les-oceans-le-climat/les-seismes-et-les-risques-sismiques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement se produit lorsque l'alt&#233;ration du climat met en p&#233;ril l'&#233;quilibre entre la population et les ressources disponibles pour le maintenir, g&#233;n&#233;rant g&#233;n&#233;ralement un conflit qui conduit &#224; la gen&#232;se de ph&#233;nom&#232;nes violents tels que des r&#233;volutions ou des guerres, car les m&#233;canismes r&#233;gulateurs internes des formations sociales n'existent plus ou sont incapables de contrecarrer ses effets n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5336&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ruption de Th&#233;ra (Santorin, Gr&#232;ce) vers 1 600 av. J.-C. a &#233;t&#233; l'une des plus puissantes de l'histoire. Elle a eu un impact majeur sur la florissante civilisation minoenne et des r&#233;percussions sur la proche civilisation myc&#233;nienne, commercialement li&#233;e aux Minoens. Une quantit&#233; massive de cendres a recouvert l'&#238;le de Santorin et lors de la formation d'une caldeira, une partie de l'&#238;le a &#233;t&#233; submerg&#233;e dont la ville antique d'Akrotiri. Cette &#233;ruption pourrait d'ailleurs avoir inspir&#233; le mythe de l'Atlantide, racont&#233; par Platon dans ses &#171; Dialogues &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ces impacts majeurs mais locaux, l'&#233;ruption de Th&#233;ra a projet&#233; une immense quantit&#233; de cendres et d'a&#233;rosols dans l'atmosph&#232;re, provoquant des changements climatiques temporaires. L'&#171; hiver volcanique &#187; li&#233; aux a&#233;rosols a pu modifier le cycle des moussons et s&#233;cheresses contribuant &#224; de mauvaises r&#233;coltes dont t&#233;moigne le Papyrus &#233;gyptien d'Ipou-Our, d&#233;crivant de telles famines, ainsi que diverses catastrophes naturelles sous le r&#232;gne d'Ahm&#244;sis I&#7497;&#691; (vers 1550-1525 avant J.-C.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, d'autres &#233;ruptions majeures ont marqu&#233; l'histoire et notamment &#224; la fin du XVIII si&#232;cle (1783-1784), lorsque le volcan Laki (Lakagigar) entra en &#233;ruption en Islande : 12 km de lave s'&#233;chapp&#232;rent alors d'une fissure de 30 km de long lib&#233;rant de grandes quantit&#233;s de fluorures dans l'atmosph&#232;re. Ces compos&#233;s, une fois retomb&#233;s sur les p&#226;turages, provoqu&#232;rent une contamination massive intoxiquant le b&#233;tail (maladies osseuses, dentaires et mort de nombreuses b&#234;tes). Pr&#232;s de 50 % du b&#233;tail islandais aurait p&#233;ri et 20 % de la population islandaise (soit environ 10 000 personnes) aurait succomb&#233; &#224; la famine cr&#233;&#233;e par cet &#233;v&#232;nement causant l'une des plus grandes catastrophes d&#233;mographiques dans l'histoire de l'&#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; de l'Islande, les &#233;missions de gaz soufr&#233;s du Laki ont &#233;t&#233; suffisamment massives pour entrainer un refroidissement global (hiver volcanique) et un hiver particuli&#232;rement froid en Europe, affectant les r&#233;coltes, notamment en France, et contribuant &#224; des p&#233;nuries alimentaires qui ont exacerb&#233; les tensions &#233;conomiques et sociales. Ces conditions ont &#233;t&#233; le terreau de la R&#233;volution fran&#231;aise (1789) qui elle-m&#234;me a inspir&#233; multiples soul&#232;vements en Europe et dans le monde. L'histoire politique a ainsi &#233;t&#233; mise en mouvement par une &#233;ruption volcanique pourtant tr&#232;s peu explosive, et dont les volumes &#233;mis peuvent para&#238;tre d&#233;risoires, notamment s'ils sont compar&#233;s &#224; d'autres &#233;v&#232;nements &#233;ruptifs document&#233;s aux &#233;chelles de temps g&#233;ologiques comme la mise en place des grandes provinces magmatiques (Deccan, Sib&#233;rie, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.sudouest.fr/environnement/comment-les-grandes-eruptions-volcaniques-ont-influence-l-histoire-mondiale-22054556.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sudouest.fr/environnement/comment-les-grandes-eruptions-volcaniques-ont-influence-l-histoire-mondiale-22054556.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Egypte en 2200 avant J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Voici le genre de commentaires que l'on lit souvent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;L'&#201;gypte des pharaons, autrefois prosp&#232;re gr&#226;ce aux crues du Nil, a vu son empire s'effondrer sous l'effet de s&#233;cheresses prolong&#233;es. Ces bouleversements climatiques ont entra&#238;n&#233; famines, r&#233;voltes et invasions, pr&#233;cipitant la chute du Nouvel Empire. Cette histoire met en lumi&#232;re l'impact crucial du climat sur les civilisations.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-legypte-des-pharaons-sest-effondree-et-ce-que-cela-revele-sur-notre-propre-civilisation-192281.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-legypte-des-pharaons-sest-effondree-et-ce-que-cela-revele-sur-notre-propre-civilisation-192281.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, c'est surtout le r&#244;le des r&#233;volutions que cela souligne. Le climat n'est pas la seule catastrophe qui d&#233;stabilise une soci&#233;t&#233;. Il y a aussi les tremblements de terre, les volcans et bien d'autres catastrophes qui prennent un caract&#232;re catastrophique dans une soci&#233;t&#233; d&#233;j&#224; d&#233;stabilis&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;gypte, la chute de l'Ancien Empire, &#224; la fin du r&#232;gne de P&#233;pi II en 2200 avant J.-C. : une insurrection a fait chuter durablement le r&#232;gne des Pharaons&#8230; C'est la r&#233;volution qui a pill&#233; la tombe de P&#233;pi II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=mop2hbEDeIU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=mop2hbEDeIU&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de faits climatiques ne supprime pas l'importance des r&#233;volutions sociales et politiques qui ont men&#233; &#224; la chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=S-sRdMRU2cc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=S-sRdMRU2cc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un tremblement de terre &#224; la chute de l'empire romain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 365 apr&#232;s J.-C. ! Un tremblement de terre titanesque suivi d'un tsunami d&#233;vastateur a laiss&#233; une marque ind&#233;l&#233;bile sur l'histoire, secouant des villes jusqu'en Cr&#232;te, &#201;gypte et au Levant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VJQ8UEdFkps&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=VJQ8UEdFkps&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la seconde ann&#233;e du r&#232;gne de Valentinien et de Valens, le 21 du mois de juillet, pendant la matin&#233;e, un tremblement de terre violent et destructeur &#233;branla presque toute la surface du globe occup&#233;e par l'Empire romain. Le mouvement se communiqua aux mers ; les rives baign&#233;es ordinairement par la M&#233;diterran&#233;e rest&#232;rent &#224; sec ; on prit &#224; la main une quantit&#233; immense de poissons. De grands vaisseaux se trouv&#232;rent enfonc&#233;s dans la bourbe, et la retraite des flots offrit &#224; l'&#339;il ou plut&#244;t &#224; l'imagination, flatt&#233;e de ce singulier tableau[1], des montagnes et des vall&#233;es, qui, depuis la formation du monde, n'avaient jamais &#233;t&#233; expos&#233;es aux rayons du soleil. Mais au retour de la mar&#233;e, les eaux s'&#233;lanc&#232;rent avec une imp&#233;tuosit&#233; et un poids irr&#233;sistibles, qui caus&#232;rent les plus grands d&#233;sastres sur les c&#244;tes de la Sicile, de la Dalmatie, de la Gr&#232;ce et de l'&#201;gypte. De grands bateaux furent entra&#238;n&#233;s et plac&#233;s sur les toits des maisons, ou &#224; la distance de deux milles du rivage ordinaire. Les maisons englouties disparurent avec leurs habitans, et la ville d'Alexandrie a perp&#233;tu&#233;, par une c&#233;r&#233;monie annuelle, le souvenir de l'inondation funeste qui co&#251;ta la vie &#224; cinquante mille de ses citoyens. Cette calamit&#233;, dont le r&#233;cit s'exag&#233;rait en passant d'une province &#224; l'autre, frappa tout l'empire d'&#233;tonnement et d'&#233;pouvante, et les imaginations effray&#233;es &#233;tendirent les cons&#233;quences d'un malheur momentan&#233;. On se rappelait les tremblemens de terre pr&#233;c&#233;dens, qui avaient d&#233;truit les villes de la Palestine et de la Bithynie, et les Romains &#233;taient dispos&#233;s &#224; regarder ces coups terribles comme l'annonce de malheurs encore plus affreux. Leur vanit&#233; timide confondait les sympt&#244;mes du d&#233;clin de leur empire avec ceux de la fin du monde[2]. On avait alors pour habitude d'attribuer tous les &#233;v&#233;nemens extraordinaires &#224; une volont&#233; particuli&#232;re de la Divinit&#233;. Tous les ph&#233;nom&#232;nes de la nature se trouvaient li&#233;s par une cha&#238;ne invisible aux opinions morales ou m&#233;taphysiques de l'esprit humain, et les plus profonds th&#233;ologiens pouvaient indiquer, d'apr&#232;s l'esp&#232;ce de leurs pr&#233;jug&#233;s, comment l'&#233;tablissement de l'h&#233;r&#233;sie tendait n&#233;cessairement &#224; produire le tremblement de terre ; par quelle cause l'inondation devait in&#233;vitablement r&#233;sulter des progr&#232;s de l'erreur et de l'impi&#233;t&#233;. Sans pr&#233;tendre discuter la probabilit&#233; de ces sublimes sp&#233;culations, l'historien doit se contenter d'observer, sur l'autorit&#233; de l'exp&#233;rience, que les passions des hommes sont plus funestes au genre humain que les convulsions passag&#232;res des &#233;l&#233;mens. Les effets destructeurs d'un tremblement de terre, d'une temp&#234;te, d'une inondation ou de l'&#233;ruption d'un volcan, sont tr&#232;s-peu de chose, compar&#233;es aux calamit&#233;s ordinaires de la guerre, m&#234;mes adoucies comme elles le sont maintenant par la prudence ou par l'humanit&#233; des souverains de l'Europe, lorsqu'ils amusent leurs loisirs ou exercent le courage de leurs sujets par la pratique de l'art militaire. Cependant les m&#339;urs et les lois de l'Europe moderne prot&#232;gent la vie et la libert&#233; du soldat vaincu, et le citoyen paisible a rarement &#224; se plaindre que sa personne ou m&#234;me sa fortune ait eu &#224; souffrir des malheurs de la guerre. &#192; l'&#233;poque d&#233;sastreuse de la chute de l'Empire romain, que nous pouvons dater du r&#232;gne de Valens, la s&#251;ret&#233; de tous les citoyens &#233;tait personnellement attaqu&#233;e. Les arts et les travaux, fruits de l'industrie d'une longue s&#233;rie de si&#232;cles, disparaissaient sous les mains f&#233;roces des Barbares d'Allemagne et de Scythie. [Les Huns et les Goths, A. D. 376.]L'invasion des Huns pr&#233;cipita sur les provinces de l'Occident la nation des Goths, qui, en moins de quarante ans, envahirent depuis les bords du Danube jusqu'&#224; l'oc&#233;an Atlantique, et ouvrirent, par leurs succ&#232;s, une route aux incursions de tant de hordes encore plus sauvages. Les contr&#233;es recul&#233;es du globe recelaient le principe de cette grande commotion ; et l'examen attentif de la vie pastorale des Scythes ou Tartaresjettera du jour sur la cause cach&#233;e de ces &#233;migrations d&#233;vastatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_d%C3%A9cadence_et_de_la_chute_de_l%E2%80%99Empire_romain,_traduction_Guizot,_tome_5/XXVI#chapXXVI&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_de_la_d%C3%A9cadence_et_de_la_chute_de_l%E2%80%99Empire_romain,_traduction_Guizot,_tome_5/XXVI#chapXXVI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des chutes de civilisations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Des catastrophes ont parfois effac&#233; certaines civilisations au point de n'en laisser presque aucune trace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=DWYTfNLSG6E&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=DWYTfNLSG6E&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau s&#233;isme a frapp&#233; l'ancien berceau de la civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.middleeasteye.net/fr/opinionfr/syrie-turquie-seisme-frappe-patrimoine-histoire-berceau-civilisation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.middleeasteye.net/fr/opinionfr/syrie-turquie-seisme-frappe-patrimoine-histoire-berceau-civilisation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Effondrements de cvilisations de l'&#226;ge du bronze r&#233;cent en M&#233;dit&#233;rran&#233;e&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En &#8211; 1200 avant J.-C., de nombreuses civilisations m&#233;diterran&#233;ennes chutent les unes &#224; la suite des autres, comme un jeu de cartes&#8230; L'interpr&#233;tation de ces &#233;v&#233;nements marquants est toujours en discussion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1250-1200 : destructions massives et simultan&#233;es des palais myc&#233;niens (Myc&#232;nes, Tirynthe...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1210-1205 : les Hittites perdent le contr&#244;le des territoires de la c&#244;te ouest de l'Anatolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1208-1182 : les textes &#233;gyptiens mentionnent des destructions massives en Anatolie, &#224; Chypre et au Proche-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1200 : selon H&#233;rodote, les Tyrrh&#233;niens (de Lydie) fuient l'Anatolie et se r&#233;fugient en Italie (o&#249; ils prennent le nom de Etrusques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1190 : destructions des cit&#233;s hittites, puis effondrement de la civilisation hittite en Anatolie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moins 1150-1100 : effondrement puis disparition de la civilisation &#034;myc&#233;nienne&#034; en Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les destructions d'Ougarit par des s&#233;ismes et&#8230; par des r&#233;volutions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abimilki, roi de Tyr, annon&#231;a au pharaon Am&#233;nophis IV la catastrophe : &#171; La ville royale d'Ougarit a &#233;t&#233; d&#233;truite par le feu. La moiti&#233; de la ville a &#233;t&#233; la proie des flammes. L'autre moiti&#233; n'existe plus. &#187; On se demande encore &#224; la suite de quels &#233;v&#233;nements du quatorzi&#232;me si&#232;cle avant J.-C. Ougarit, la ville de Cnossos en Cr&#232;te, Troie et d'autres m&#233;tropoles ont subi au m&#234;me moment de vastes destructions. Un tremblement de terre peut-il toucher simultan&#233;ment tant de centres fort &#233;loign&#233;s les uns des autres ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5259&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ougarit&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Ougarit&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Des tremblements de terre ont &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;s comme cause possible de certaines destructions de sites qui surviennent &#224; l'&#226;ge du bronze r&#233;cent notamment &#224; Myc&#232;nes, &#224; Troie ou &#224; Ougarit. Une proposition avance m&#234;me l'hypoth&#232;se d'un s&#233;isme exceptionnel qui aurait caus&#233; la destruction des citadelles du P&#233;loponn&#232;se. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Effondrement_de_l%27%C3%A2ge_du_bronze_r%C3%A9cent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que s'est-il pass&#233; &#224; la fin de l'&#226;ge du Bronze :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les g&#233;ologues ont relev&#233; des traces de s&#233;ismes le long de nombreuses failles de la r&#233;gion (Louxor, Myc&#232;nes, Th&#232;bes, Tyrinthe&#8230;). Les cit&#233;s qui ont su r&#233;sister &#224; ces bouleversements &#233;taient alors plus vuln&#233;rables : les tremblements de terre ont endommag&#233; les r&#233;seaux hydriques, les faibles r&#233;coltes ont entra&#238;n&#233; des famines et de &#233;pid&#233;mies, ces deux ph&#233;nom&#232;nes conduisant &#224; des r&#233;voltes comme ce fut le cas sous Rams&#232;s III avec l'une des premi&#232;res gr&#232;ves de travailleurs de l'Histoire &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.francetelevisions.fr/et-vous/notre-tele/a-ne-pas-manquer/science-grand-format-lapocalypse-a-lage-du-bronze-18061&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=mVtj6zQtBWs&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=mVtj6zQtBWs&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ce qui est clairement connu, c'est qu'entre environ 1250 et 1150 AEC, de grandes cit&#233;s furent d&#233;truites, des civilisations enti&#232;res tomb&#232;rent, les relations diplomatiques et commerciales furent rompues, des syst&#232;mes d'&#233;criture disparurent, et qu'il y eut une d&#233;vastation g&#233;n&#233;ralis&#233;e et des morts &#224; une &#233;chelle jamais connue auparavant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les principales causes avanc&#233;es sont :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Catastrophes naturelles (tremblements de terre)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Changement climatique (causant s&#233;cheresse et famine)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	R&#233;bellions internes (r&#233;voltes de classe)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Invasions (principalement par les Peuples de la Mer)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	D&#233;sorganisation des relations commerciales / effondrement des r&#233;seaux (instabilit&#233; politique)&lt;br class='autobr' /&gt;
A la suite de l'effondrement, la r&#233;gion m&#233;diterran&#233;enne entra dans un '&#226;ge des t&#233;n&#232;bres' dans lequel le fer rempla&#231;a le bronze comme m&#233;tal de choix, les relations diplomatiques et commerciales devinrent presque inexistantes, et l'art, l'architecture et la qualit&#233; de vie en g&#233;n&#233;ral en souffrirent tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10433/effondrement-de-lage-du-bronze/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manuels de pr&#233;histoire nous enseignent que la disparition des civilisations de l'&#226;ge du bronze en M&#233;diterran&#233;e orientale et en Asie Mineure, vers le xiie si&#232;cle av. J.&#8208;C., fut caus&#233;e par l'invasion des Doriens, venus de Russie m&#233;ridionale, qui poss&#233;daient d&#233;j&#224; des &#233;p&#233;es en fer. C'est ainsi que Myc&#232;nes, de m&#234;me que les villes de l'empire hittite, au nord&#8208;est de l'Anatolie, et les cit&#233;s syriennes comme Ougarit, auraient disparu, ravag&#233;es par les hordes doriennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un arch&#233;ologue fran&#231;ais, Claude Schaeffer, sugg&#233;ra que les ruines de la fin de l'&#226;ge du bronze que r&#233;v&#233;laient les fouilles arch&#233;ologiques pouvaient &#234;tre dues &#224; un tremblement de terre, plut&#244;t qu'aux destructions du fait des envahisseurs. L'id&#233;e n'eut pas grand succ&#232;s. On fit remarquer que la d&#233;marche qui consistait &#224; utiliser les tremblements de terre pour rendre compte des lacunes dans la s&#233;quence des civilisations n'avait aucune justification historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la diff&#233;rence des guerres et des &#233;pid&#233;mies, les s&#233;ismes, dans les derniers vingt&#8208;cinq si&#232;cles, n'avaient eu que peu ou pas d'influence &#224; long terme sur l'histoire du Proche et Moyen&#8208;Orient ; ils n'avaient jamais caus&#233; la ruine d'un &#201;tat culturellement avanc&#233;, et &#224; plus forte raison d'une civilisation. En outre, les &#233;v&#233;nements catastrophiques qui marquaient cette p&#233;riode s'&#233;talaient sur une dur&#233;e d'environ cinquante ans, approximativement entre 1225 et 1175 av. J.&#8208;C., et ne pouvaient &#234;tre dus &#224; un s&#233;isme unique, d'autant que les sites frapp&#233;s pouvaient &#234;tre distants d'un millier de kilom&#232;tres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/quand-la-terre-tremblait--9782738113702-page-109?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/quand-la-terre-tremblait--9782738113702-page-109?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Disparition des Hittites, Akkadiens, Minoens... : le climat ne serait pas le seul responsable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.caminteresse.fr/histoire/disparition-des-hittites-akkadiens-minoens-le-climat-ne-serait-pas-le-seul-responsable-11192295/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.caminteresse.fr/histoire/disparition-des-hittites-akkadiens-minoens-le-climat-ne-serait-pas-le-seul-responsable-11192295/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cr&#234;te minoenne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La civilisation minoenne de la Cr&#234;te d&#233;truite par le volcan de Santorin dont l'&#233;uption et le tsunami qui a suivi ont entrain&#233; des r&#233;voltes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-peuples-amerique-du-sud-dans-les-andes-les-restes-douvriers-incas-sont-analyses&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/video/histoire-peuples-amerique-du-sud-dans-les-andes-les-restes-douvriers-incas-sont-analyses&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/ce-jour-la-un-volcan-explose-en-mer-egee-fin-d-une-civilisation-8925183&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-cours-de-l-histoire/ce-jour-la-un-volcan-explose-en-mer-egee-fin-d-une-civilisation-8925183&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1450 av. J.-C., les palais sont de nouveaux d&#233;truits, ce qui marque le d&#233;but du d&#233;clin de la civilisation minoenne. Pendant longtemps, la fin de la civilisation minoenne fut associ&#233;e &#224; l'explosion du volcan de Santorin, qui aurait entra&#238;n&#233; une s&#233;rie de s&#233;ismes d&#233;vastateurs, d&#233;pos&#233; une couche de cendres volcaniques et d&#233;clench&#233; un puissant raz-de-mar&#233;e qui balaya toute la c&#244;te nord de la Cr&#232;te, an&#233;antissant la flotte minoenne. Cette th&#233;orie fut mise en avant dans les ann&#233;es 1930 par Spyridon Marinatos qui attribua la destruction de la villa des Lys (de) &#224; Amnisos &#224; l'explosion du volcan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette th&#233;orie fut maintes fois reprise, elle commen&#231;a &#224; &#234;tre contredite puis quasi abandonn&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1980. Les arch&#233;ologues estiment que l'explosion du volcan eut lieu vers la fin du XVIIe si&#232;cle av. J.-C. et non vers 1450 av. J.-C. De plus, ils admettent que la destruction des palais est issue de trois catastrophes diff&#233;rentes, intervenues &#224; un intervalle de 70 &#224; 100 ans. La premi&#232;re, vers 1620-1600 av. J.-C., due &#224; l'explosion de Santorin, eut un effet limit&#233;, les palais ayant &#233;t&#233; imm&#233;diatement r&#233;par&#233;s. La seconde vers 1520-1500 av. J.-C., limit&#233;e elle aussi, eut pour cons&#233;quence l'abandon de certains palais et demeures (Galatas, Amnisos, Vathypetros, Sitia). La troisi&#232;me, plus importante, eut des cons&#233;quences plus s&#233;rieuses, et de nombreux sites importants furent abandonn&#233;s. Tous les centres palatiaux semblent avoir &#233;t&#233; d&#233;truits et incendi&#233;s, sauf celui de Knossos. Dans certains villages, comme &#224; Myrtos Pyrgou, seules les demeures plus importantes des gouverneurs locaux sont d&#233;truites, alors que le reste des habitations est intact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;cartant la th&#232;se de l'&#233;ruption volcanique, d'autres th&#233;ories sont mises en avant, pour tenter d'expliquer le d&#233;clin de la civilisation minoenne, comme les s&#233;ismes, les incendies, la conqu&#234;te myc&#233;nienne et les actions guerri&#232;res &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur de la Cr&#232;te. Pour Theocharis E. Detorakis, des causes sont &#224; chercher au sein m&#234;me de la soci&#233;t&#233; et de l'&#233;conomie cr&#233;toise. Ainsi, selon lui, la fabrication de produits agricoles et artisanaux atteignit ses limites et ne satisfaisait plus la demande. Dans le m&#234;me temps, les conditions de gestion du commerce chang&#232;rent &#224; la suite de l'apparition de nouveaux facteurs, comme la revendication des m&#234;mes zones de commerce que les habitants de Gr&#232;ce continentale. D'autre part, une diminution du stock des mati&#232;res premi&#232;res n'est pas &#224; exclure. La situation qui en r&#233;sulta eut comme principale caract&#233;ristique le trouble et la d&#233;stabilisation qui entra&#238;n&#232;rent l'abandon et la destruction de la plupart des sites. La destruction des palais de Phaistos, Aghia Triada et Tylissos pourrait &#234;tre le dernier &#233;pisode d'une lutte les opposant &#224; Knossos. Mais vers 1400 av. J.-C., la capitale succombe &#224; son tour pour des raisons mal identifi&#233;es. Le palais est pill&#233; et incendi&#233;. L'hypoth&#232;se du tremblement de terre est de nouveau r&#233;currente. Evans en voyait la cause dans une r&#233;volte de la pl&#232;be minoenne contre une monarchie &#224; tendance militariste. Wace quant &#224; lui a sugg&#233;r&#233; le soul&#232;vement des Cr&#233;tois contre un dynaste ach&#233;en venu du continent. On cite la l&#233;gende de Th&#233;s&#233;e comme support de la th&#233;orie d'une invasion ach&#233;enne venue du continent, la mort du Minotaure symbolisant la destruction de la puissance minoenne par ses ex-vassaux. Mais le d&#233;chiffrement des tablettes en argile de Knossos d&#233;montra que la langue grecque &#233;tait d&#233;j&#224; la langue officielle &#224; Knossos et que par cons&#233;quent le dynaste, au moment o&#249; le palais fut d&#233;truit, &#233;tait ach&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_minoenne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Civilisation_minoenne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un puissant s&#233;isme en Cr&#234;te antique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=xoa9KBYp4gw&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=xoa9KBYp4gw&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Troie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Troie VI a &#233;t&#233; d&#233;truit autour de 1300 AVANT J&#201;SUS CHRIST, probablement par tremblement de terre. Seulement une pointe de fl&#232;che simple a &#233;t&#233; trouv&#233;e en cette couche, et aucuns restes des corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4146&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Troie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Troie, lors de l'&#233;boulement des grandes pierres, elles se sont toutes trouv&#233;es dans la m&#234;me direction et &#224; une certaine distance de leur origine. Cela permet d'imaginer un s&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=qct1d-r8j9A&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=qct1d-r8j9A&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il serait n&#233;cessaire de relier la chute de Troie avec celle de nombre d'autres cit&#233;s et d'autres pouvoirs. Vers 1200, on note la destruction d'Ougarit, Tyr, Sidon, Troie, Cnossos, Pylos, Myc&#232;nes, Hattousa et de tous les centres hittites comme grecques et de toute la r&#233;gion. Disparition du syst&#232;me palatial en Gr&#232;ce. Des troubles sont not&#233;s &#224; Iolkos, Korakou, Myc&#232;nes, Tirynthe puis Lefkandi en Eub&#233;e et Teikhos Dymaion pr&#232;s de Patras. Effondrement des Puissances maritimes. Disparition du commerce et de l'&#233;criture. Diminution consid&#233;rable de l'esp&#233;rance de vie. Effondrement complet de l'empire hittite.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1200 av J.-C, c'est la crise &#233;conomique : le commerce du Delta avec le monde &#233;g&#233;en est tari, Pharos est presque ruin&#233;e, les ports ph&#233;niciens sont dans une situation critique. 1200, c'est aussi la p&#233;riode de la chute de la civilisation minoenne et l'entr&#233;e dans une p&#233;riode de troubles marqu&#233;e notamment par l'&#233;crasement de Troie. En Egypte, une situation plus ou moins anarchique marque la fin de la XIXe dynastie en 1188-1186. &#192; la mort de Ramses 2, la crise dynastique &#233;vit&#233;e jusque-l&#224; ne peut &#234;tre contenue et la dispute qui s'en suit risque d'entra&#238;ner le pays dans une p&#233;riode d'anarchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5429&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Cuicuilco&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vers l'an 100, &#224; la fin de la p&#233;riode pr&#233;classique, Cuicuilco acquiert le caract&#232;re d'un centre urbain r&#233;gional dont la population, comme on l'a d&#233;j&#224; dit, est estim&#233;e &#224; environ 20 000 habitants, comparable &#224; Teotihuac&#225;n &#224; cette &#233;poque (cf. Sanders, 1981), un d&#233;veloppement qui est tronqu&#233; au sud du bassin du Mexique apr&#232;s l'&#233;ruption du Xitle, formant une couche de lave recouvrant partiellement ou totalement les structures architecturales civiques et c&#233;r&#233;moniales et r&#233;sidentielles de la ville de Cuicuilca, dont l'extension est les infers sont devenus 400 hectares&lt;br class='autobr' /&gt;
Son d&#233;clin a commenc&#233; au d&#233;but du deuxi&#232;me si&#232;cle de notre &#232;re. C., promouvant la mont&#233;e de Teotihuac&#225;n en tant que centre d'influence culturelle et religieuse. Entre 250 et 300 apr&#232;s J.-C., le volcan Xitle, situ&#233; &#224; proximit&#233; imm&#233;diate de la cha&#238;ne de montagnes d'Ajusco (Nahuatl : atl, xochitl, co, 'eau, s'&#233;panouir, o&#249;' 'for&#234;t d'eau' '), &#233;galement connu sous le nom de Sierra del Ajusco-Chichinauhtzin, est entr&#233; en &#233;ruption ensevelir et d&#233;truire Cuicuilco et Copilco (un village mineur contemporain). Cette catastrophe a provoqu&#233; la dispersion de la culture Cuicuilca vers Toluca et Teotihuac&#225;n, o&#249; l'on suppose qu'ils ont h&#233;berg&#233; une grande partie des Cuicuilcas et incorpor&#233; de nombreuses caract&#233;ristiques de cette culture.&lt;br class='autobr' /&gt;
On consid&#232;re que le d&#233;clin de Cuicuilco a commenc&#233; en raison de l'&#233;mergence du volcan Xitle, qui se traduit par la pr&#233;sence de divinit&#233;s au feu.&lt;br class='autobr' /&gt;
En d&#233;pit de l'abandon de Cuicuilco en tant que grand centre c&#233;r&#233;moniel, les offrandes continu&#232;rent jusqu'&#224; ce que la ville soit recouverte par les laves du volcan Xitle, datant d'environ 250 ans av.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5495&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Monte Alb&#225;n (Oaxaca, Mexique)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'agonie de Monte Alban de la fin de la p&#233;riode classique montre un d&#233;clin consid&#233;rable de la richesse relative, associ&#233; &#224; une crise &#233;conomique consid&#233;rable, &#224; un net d&#233;clin des ressources disponibles, &#224; un d&#233;clin d&#233;mographique notable et &#224; une augmentation alarmante des troubles sociaux. Tous ces param&#232;tres constituent un panorama d&#233;vastateur qui annonce son effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5345&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Monte_Alb%C3%A1n&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une &#233;ruption volcanique au Moyen-Age&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;1257, &#171; ann&#233;e sombre &#187; : jusqu'o&#249; peuvent aller les catastrophes naturelles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://actuelmoyenage.wordpress.com/2017/12/07/1257-annee-sombre-jusquou-peuvent-aller-les-catastrophes-naturelles/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://actuelmoyenage.wordpress.com/2017/12/07/1257-annee-sombre-jusquou-peuvent-aller-les-catastrophes-naturelles/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lejournal.cnrs.fr/articles/enquete-sur-leruption-qui-a-marque-le-moyen-age&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lejournal.cnrs.fr/articles/enquete-sur-leruption-qui-a-marque-le-moyen-age&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;En 536 apr&#232;s J.-C., plusieurs &#233;ruptions volcaniques au Danemark&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 536 apr. J.-C., une s&#233;rie d'&#233;ruptions volcaniques massives projette d'&#233;normes quantit&#233;s de cendres et de gaz sulfureux dans l'atmosph&#232;re. Les rayons du soleil, &#034;p&#226;le et froid comme la lune&#034;, se retrouvent bloqu&#233;s. Les temp&#233;ratures globales chutent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cons&#233;quences sont bien document&#233;es dans les sources historiques &#233;crites d'Orient et d'Occident : les &#233;toiles ne sont plus visibles durant un an ; les r&#233;coltes ne m&#251;rissent plus dans les champs. Famine g&#233;n&#233;ralis&#233;e, propagation d'&#233;pid&#233;mie, troubles internes&#8230; La catastrophe climatique a eu de lourdes cons&#233;quences sur les soci&#233;t&#233;s de cette p&#233;riode de l'Antiquit&#233; tardive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/la-catastrophe-climatique-de-536-a-l-origine-du-mythe-nordique-du-ragnarok-fimbulvinter-eruptions-volcaniques-temperatures-arbres-222692&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/la-catastrophe-climatique-de-536-a-l-origine-du-mythe-nordique-du-ragnarok-fimbulvinter-eruptions-volcaniques-temperatures-arbres-222692&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du VIe si&#232;cle, la r&#233;gion est touch&#233;e par la peste de Justinien comme le reste de l'Europe. &#192; ceci s'ajoute l'impact climatique sur la d&#233;mographie de plusieurs &#233;ruptions volcaniques survenues entre 536 et 547 en Islande. Cette situation, jointe &#224; un refroidissement climatique, provoque de mauvaises r&#233;coltes et des crises alimentaires. Cette chute des temp&#233;ratures pousse la population &#224; renoncer l'exploitation de certaines r&#233;gions. Combin&#233; &#224; l'&#233;pid&#233;mie de peste, les pertes d&#233;mographiques ont pu atteindre 50%, comparable au choc provoqu&#233; dans le bassin m&#233;diterran&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Danemark&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_Danemark&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux &#233;tudes r&#233;centes, men&#233;es par des arch&#233;ologues, qui tendent &#224; d&#233;montrer que la fin du monde accompagn&#233;e d'un hiver terrible, racont&#233;e dans la l&#233;gende nordique du Ragnar&#246;k, pourrait bien avoir un lien avec un terrible hiver remontant &#224; l'an 536.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les 39 sites arch&#233;ologiques &#233;tudi&#233;s au Danemark, les chercheurs ne distinguent presque plus de production c&#233;r&#233;ali&#232;re &#224; ce moment-l&#224;&#8230; Comme si tous les fermiers avaient abandonn&#233; leurs champs, ou avaient succomb&#233; &#224; un mal inconnu. Et ce constat d&#233;chirant rejoint d'autres &#233;tudes arch&#233;ologiques men&#233;es en Scandinavie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi emp&#234;cher les r&#233;coltes de pousser et de m&#251;rir ; les historiens imaginent de terribles famines, quelques &#233;tudes sugg&#232;rent la disparition de la moiti&#233; de la population en Su&#232;de et en Norv&#232;ge. Certains chercheurs parlent m&#234;me de l'ann&#233;e 553, comme de la pire ann&#233;e de l'histoire de l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-billet-sciences-du-week-end/les-vikings-ont-survecu-a-l-apocalypse_6834308.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/replay-radio/le-billet-sciences-du-week-end/les-vikings-ont-survecu-a-l-apocalypse_6834308.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nement_climatique_de_535-536&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nement_climatique_de_535-536&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ann&#233;e-l&#224;, des bouleversements climatiques rapides (nouvelle fen&#234;tre), li&#233;s &#224; d'importantes &#233;ruptions volcaniques, ont engendr&#233; des famines, pr&#233;cipit&#233; des bouleversements sociaux et contribu&#233; &#224; l'&#233;closion d'&#233;pid&#233;mies &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1137669/climat-volcan-eruption-europe-cendres-glacier-epidemie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1137669/climat-volcan-eruption-europe-cendres-glacier-epidemie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;B&#226;le en 1356&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un s&#233;isme a d&#233;truit B&#226;me en 1356 et frapp&#233; les environs. C'est le plus grave s&#233;isme en Europe occidentale au cours du dernier mill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/sciences/sciences-vraie-histoire-seisme-detruisit-bale-1356?srsltid=AfmBOooYz-ZnGkavSSAPVZGJsVurDT4bInCwh65jRMbkkNbLhtJ8E58v&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.letemps.ch/sciences/sciences-vraie-histoire-seisme-detruisit-bale-1356?srsltid=AfmBOooYz-ZnGkavSSAPVZGJsVurDT4bInCwh65jRMbkkNbLhtJ8E58v&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/sciences/plus-grave-seisme-dernier-millenaire-europe-occidentale?srsltid=AfmBOopeI8YR7EijVqNQD5UUjjEVmblMC6J393ACCAT1K4okAWwgBQhD&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.letemps.ch/sciences/plus-grave-seisme-dernier-millenaire-europe-occidentale?srsltid=AfmBOopeI8YR7EijVqNQD5UUjjEVmblMC6J393ACCAT1K4okAWwgBQhD&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1356_%C3%A0_B%C3%A2le&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1356_%C3%A0_B%C3%A2le&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;P&#233;rou, 1868, le grand tremblement de terre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe repr&#233;sente la mat&#233;rialisation de la menace et se trouve en relation directe avec le degr&#233; de vuln&#233;rabilit&#233; qui affecte une soci&#233;t&#233;. Une r&#233;flexion a &#233;t&#233; propos&#233;e sur le sens &#224; donner &#224; l&#8223;affirmation selon laquelle les d&#233;sastres ne sont pas naturels, ce qui &#233;quivaudrait &#224; souligner que le poids de la composante sociale est sup&#233;rieur &#224; celui de la composante naturelle dans la formation d&#8223;un d&#233;sastre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://theses.hal.science/tel-01321847/document&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://theses.hal.science/tel-01321847/document&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sparte en 465 av J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 465/4 av. J.-C., Sparte a subi un tremblement de terre d&#233;sastreux. Diodore affirme que plus de 20 000 personnes sont mortes, tandis que Plutarque dit que toutes les maisons de la ville ont &#233;t&#233; d&#233;truites, &#224; l'exception de cinq. Lorsqu'ils ont appris la catastrophe, les hilotes et certains des p&#233;ri&#232;ques se sont r&#233;volt&#233;s pour tenter de d&#233;truire Sparte pour de bon. Mais les Spartiates, sous le r&#232;gne du roi Archidamos, ont r&#233;ussi &#224; s'organiser pour leur d&#233;fense juste &#224; temps, et finalement les insurg&#233;s ont &#233;t&#233; chass&#233;s vers une forteresse sur le mont Ithome en Mess&#233;nie. Les Spartiates, incapables de prendre la forteresse, ont appel&#233; leurs alli&#233;s &#224; l'aide. &#192; l'&#233;poque, l'ancienne alliance contre les Perses tenait toujours, et Ath&#232;nes &#233;tait un alli&#233; de Sparte. Les Ath&#233;niens ont donc envoy&#233; une arm&#233;e en Mess&#233;nie pour aider les Spartiates &#224; &#233;craser la r&#233;volte des hilotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, &#224; l'arriv&#233;e de l'arm&#233;e ath&#233;nienne, les Spartiates sont devenus nerveux et les ont renvoy&#233;s chez eux, seuls de tous les contingents alli&#233;s. Les Ath&#233;niens ont pris ce rejet de leur aide sinc&#232;rement offerte comme une grave insulte. Ils ont renonc&#233; &#224; leur alliance et &#224; leur politique pro-spartiate, ont ostracis&#233; le commandant pro-spartiate Cimon, et ont forg&#233; de nouvelles alliances avec Argos et la Thessalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas exactement pourquoi les Spartiates ont renvoy&#233; la force ath&#233;nienne. Thucydide (1.102.3) et Diodore (11.64.2) affirment que c'&#233;tait parce qu'ils craignaient que les Ath&#233;niens d&#233;mocrates ne soient tent&#233;s de se ranger du c&#244;t&#233; des rebelles et de trahir Sparte. Plutarque (Vie de Cimon 16.8) ajoute que le r&#233;formateur ath&#233;nien &#201;phialt&#232;s s'est en fait oppos&#233; &#224; l'id&#233;e d'envoyer de l'aide, mais Cimon a convaincu l'Assembl&#233;e de soutenir leur alli&#233; ; les Spartiates ont quand m&#234;me rejet&#233; leur aide, mais seulement parce qu'ils craignaient l'audace ath&#233;nienne (17.2). Aucune des deux explications ne semble tr&#232;s convaincante, mais toutes les autres ne sont que sp&#233;culations. Peut-&#234;tre que Sparte ne voulait pas qu'on la voie d&#233;pendre d'Ath&#232;nes pour s'occuper de ses probl&#232;mes, surtout maintenant qu'Ath&#232;nes &#233;tait clairement devenue la puissance dominante dans le monde grec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, m&#234;me si Thucydide affirme qu'il s'agissait de &#034;la premi&#232;re querelle ouverte entre les Lac&#233;d&#233;moniens et les Ath&#233;niens&#034; et que Diodore dit &#034;les Ath&#233;niens ont pris cet incident comme la premi&#232;re cause de l'&#233;loignement des deux &#201;tats&#034;, le rejet spartiate de l'aide ath&#233;nienne n'&#233;tait ni la premi&#232;re fissure dans l'alliance ni la cause imm&#233;diate de leur guerre ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 479/8 av. J.-C., alors que les Perses venaient d'&#234;tre vaincus, un conflit &#233;clata entre Ath&#232;nes et Sparte parce qu'Ath&#232;nes commen&#231;a &#224; reconstruire ses remparts. Les Spartiates pr&#233;f&#233;raient de loin qu'Ath&#232;nes reste sans d&#233;fense, ils protest&#232;rent donc contre les travaux et tent&#232;rent de les emp&#234;cher ; les Ath&#233;niens envoy&#232;rent Th&#233;mistocle pour gagner du temps et distraire les Spartiates pendant qu'ils construisaient leurs remparts suffisamment pour leur permettre de d&#233;fier les exigences spartiates. Plus tard, lorsque Thasos se r&#233;volta contre le nouvel Empire ath&#233;nien en 465 av. J.-C., Thasos envoya une demande d'aide &#224; Sparte contre Ath&#232;nes, et Sparte &#233;tait dispos&#233;e &#224; y acc&#233;der. En fait, c'est le tremblement de terre qui les a emp&#234;ch&#233;s de d&#233;clarer la guerre &#224; Ath&#232;nes (Thuc. 1.101.2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la catastrophe fut suffisamment grave pour d&#233;tourner les Spartiates de nouvelles aventures. Les alliances qu'Ath&#232;nes a conclues &#224; la fin des ann&#233;es 460 &#233;taient troublantes, et la guerre a &#233;clat&#233; en 461/0 av. J.-C. (la soi-disant premi&#232;re guerre du P&#233;loponn&#232;se), mais il s'agissait principalement d'un conflit entre Ath&#232;nes et Corinthe. Sparte a concentr&#233; ses efforts sur le contr&#244;le de son rival local Argos. Les arm&#233;es d'Ath&#232;nes et de Sparte ne se sont affront&#233;es qu'une seule fois, lors de la bataille de Tanagra (457 av. J.-C.), ce qui ne s'est produit que parce que les Ath&#233;niens ont intercept&#233; une force spartiate pour d'autres affaires. La d&#233;faite que Sparte a inflig&#233;e &#224; Ath&#232;nes &#224; Tanagra n'a pas &#233;t&#233; d&#233;cisive. Il est finalement devenu clair qu'aucune des deux parties ne pouvait &#234;tre facilement amen&#233;e &#224; c&#233;der, et une tr&#234;ve de trente ans a &#233;t&#233; sign&#233;e en 446/5 av. J.-C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://remacle.org/bloodwolf/historiens/thucydide/livre1.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.hisoma.mom.fr/bhelly/pdf/BH052.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hisoma.mom.fr/bhelly/pdf/BH052.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Petra&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Petra capitale des Nabat&#233;ens : les origines de sa chute&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/moyen-orient-petra-des-origines-a-la-chute-de-la-cite-antique-jordanie-desert-nabateens-romains-archeologie-fouille&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nationalgeographic.fr/histoire/moyen-orient-petra-des-origines-a-la-chute-de-la-cite-antique-jordanie-desert-nabateens-romains-archeologie-fouille&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabat%C3%A9ens&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Nabat%C3%A9ens&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Teotihuac&#225;n en 650 apr&#232;s J.-C.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des r&#233;voltes et r&#233;volutions qui ont renvers&#233; Teotihuac&#225;n, mais des catastrophes naturelles ont pu y jouer un r&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5238&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; D'apr&#232;s de nouvelles analyses une s&#233;rie de tremblements de terre au Mexique aurait jou&#233; un r&#244;le fondamental dans la chute de la ville de Teotihuacan. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/de-violents-tremblements-de-terre-a-l-origine-de-la-chute-de-la-cite-de-teotihuacan-il-y-a-1-300-ans-219789&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/de-violents-tremblements-de-terre-a-l-origine-de-la-chute-de-la-cite-de-teotihuacan-il-y-a-1-300-ans-219789&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment des m&#233;gas&#233;ismes ont conduit &#224; la chute de la cit&#233; de T&#233;otihuacan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-des-megaseismes-ont-conduit-a-la-chute-de-la-cite-preazteque-de-teotihuacan-134377.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science-et-vie.com/science-et-culture/comment-des-megaseismes-ont-conduit-a-la-chute-de-la-cite-preazteque-de-teotihuacan-134377.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;gas&#233;isme aurait contribu&#233; &#224; renverser la grande cit&#233; de T&#233;otihucan !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-megaseisme-aurait-contribue-renverser-grande-cite-teotihuacan-113701/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/terre-megaseisme-aurait-contribue-renverser-grande-cite-teotihuacan-113701/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Antioche en 526&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mai 526, la ville antique d'Antioche, situ&#233;e dans l'actuelle Turquie, a &#233;t&#233; quasi compl&#232;tement d&#233;truite par un s&#233;isme d'une magnitude &#233;valu&#233;e &#224; environ 7. Selon les sources historiques, la catastrophe aurait fait quelque 250.000 morts dans la r&#233;gion et d&#233;clench&#233; des incendies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.geo.fr/histoire/comment-la-ville-antique-dantioche-fut-detruite-par-un-seisme-meurtrier-en-526-209732&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.geo.fr/histoire/comment-la-ville-antique-dantioche-fut-detruite-par-un-seisme-meurtrier-en-526-209732&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lisbonne en 1755&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;isme de 1755 &#224; Lisbonne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe intensifia les tensions politiques au Portugal et perturba profond&#233;ment les ambitions coloniales du pays au XVIIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sous l'influence du tremblement de terre de Lisbonne, qui a touch&#233; l'esprit europ&#233;en &#224; une &#233;poque des plus sensibles, la m&#233;taphore du fondement a compl&#232;tement perdu son apparente innocence ; elle n'&#233;tait d&#233;sormais plus une simple figure de style. &#187; Hamacher affirme que les certitudes bien fond&#233;es de Ren&#233; Descartes ont commenc&#233; &#224; &#234;tre &#233;branl&#233;es &#224; la suite du s&#233;isme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la vie politique interne du Portugal, le tremblement de terre fut d&#233;vastateur. Le Premier ministre du roi &#233;tait un favori, mais l'aristocratie le m&#233;prisait pour ses origines de simple &#233;cuyer de campagne (son titre de marquis de Pombal ne lui fut octroy&#233; qu'en 1770). Le Premier ministre, en retour, d&#233;testait les nobles de souche, qu'il consid&#233;rait comme corrompus et incapables de la moindre action. Avant le 1er novembre 1755, la lutte pour le pouvoir et les faveurs du roi &#233;tait constante, mais la tr&#232;s grande comp&#233;tence dont fit preuve le marquis apr&#232;s la catastrophe eut pour effet de couper les vieilles factions aristocratiques du pouvoir. Une opposition silencieuse et rancuni&#232;re commen&#231;a &#224; se former &#224; l'encontre du roi Joseph Ier, qui atteignit son paroxysme lors d'une tentative d'assassinat du roi, suivie de l'&#233;limination du puissant duc d'Aveiro et de la famille T&#225;vora (voir &#171; Proc&#232;s des T&#225;vora &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1755_%C3%A0_Lisbonne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1755_%C3%A0_Lisbonne&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/dans-l-oeil-du-seisme-rousseau-contre-voltaire-face-aux-catastrophes-naturelles-1886139&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/dans-l-oeil-du-seisme-rousseau-contre-voltaire-face-aux-catastrophes-naturelles-1886139&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Effrondrement de la civilisation maya&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il rapporte que la population maya a subi une violente guerre civile due &#224; des causes sociales qui a d&#233;cim&#233; sa population, Jared Diamond recherche la raison de la disparition de la civilisation maya dans une catastrophe &#233;cologique li&#233;e &#224; la surexploitation des ressources agricoles. Le sp&#233;cialiste en g&#233;ophysique Larry Peterson a relu attentivement l'ouvrage de Jared Diamond et note dans la revue &#171; Pour la science &#187; que les causes climatiques et environnementales n'enl&#232;vent pas la possibilit&#233; d'autres &#233;v&#233;nements : &#171; des guerres intestines en augmentation et une classe dirigeante sans vision &#224; long terme &#187;. Il rajoute &#171; N&#233;anmoins, J. Diamond avance que le changement climatique, en l'occurrence les s&#233;cheresses, a pu amener la soci&#233;t&#233; maya &#224; son point de rupture en d&#233;clenchant une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements d&#233;stabilisants. (...) D'autres changements climatiques ont semble-t-il &#233;t&#233; responsables d'&#233;v&#233;nements importants dans l'histoire humaine. L'effondrement de l'empire akkadien en M&#233;sopotamie, il y a environ 4200 ans, le d&#233;clin de la culture mochica sur les c&#244;tes du P&#233;rou il y a environ 1500 ans, et la fin de la culture tivanaku sur l'altiplano bolivien-p&#233;ruvien il y a environ 1000 ans, sont tous associ&#233;s &#224; des s&#233;cheresses r&#233;gionales persistantes. &#187; A l'explication des guerres et des invasions, on rajoute donc les causes climatiques. Mais cela ne devrait nullement effacer les r&#233;volutions. On pourrait dire ainsi que les conditions climatiques qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; 1789 ont d&#233;termin&#233; la r&#233;volution ! Bien des causes ont pu d&#233;stabiliser des r&#233;gimes, mais nous savons parfaitement qu'un r&#233;gime d'exploitation et d'oppression, qu'une structure sociale, ne chute pas toute seule. On peut lire : &#171; Une s&#233;rie d'&#233;v&#233;nements d&#233;stabilisants &#187;, &#171; La soci&#233;t&#233; maya &#224; son point de rupture &#187;, &#171; Des guerres intestines &#187; ou encore &#171; Une classe dirigeante sans vision &#224; long terme &#187;. On croirait qu'il s'agit de l'Ancien R&#233;gime de Louis XVI avant sa chute, mais c'est du r&#233;gime maya qu'il est question ! Mais le mot &#171; r&#233;volution &#187; n'est pas prononc&#233;, en ce qui concerne la chute des Mayas&#8230; Un r&#233;gime &#233;conomique, un r&#233;gime social et un r&#233;gime politique au bout du rouleau, des guerres civiles qui d&#233;stabilisent un pouvoir. Rien ne peut cacher que, pour renverser le pouvoir maya, il a fallu que les masses entrent en lutte, d'o&#249; le caract&#232;re radical du changement. D'o&#249; aussi la disparition compl&#232;te non seulement d'un r&#233;gime, mais d'un mode d'existence, de tout un peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5243&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Effonrement de la civilisation mochica&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'effondrement de Mochica, plus qu'un effet de catastrophe naturelle, semble donc avoir &#233;t&#233; un rejet des formes d'organisation par un peuple qui se sentait tromp&#233; par ses dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5278&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Byzance en 557&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Regards crois&#233;s sur le s&#233;isme de 557 &#224; Byzance. Un tremblement de terre ne secoue pas seulement les fondements g&#233;ologiques d'une cit&#233;, il met en p&#233;ril l'ordre social et met en branle l'imaginaire religieux qui t&#226;che de maintenir une prise sur ce qui se produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.canal-u.tv/chaines/humanites-texte/regards-croises-sur-le-seisme-de-557-a-byzance-histoire-archeologie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.canal-u.tv/chaines/humanites-texte/regards-croises-sur-le-seisme-de-557-a-byzance-histoire-archeologie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent mauvais r&#233;v&#232;le toute la fragilit&#233; voir le pourrissement des soci&#233;t&#233;s Myc&#233;nienne et Hittite qui semblaient prosp&#233;rer.. sur le dos autres. &#034;Ces soci&#233;t&#233;s surexploitaient les classes inf&#233;rieures pour tous leurs projets d'ing&#233;nierie, les travaux, par exemple le drainage de la r&#233;gion du Caucase. Et ces classes sociales inf&#233;rieures, &#233;videmment, &#233;taient ravies de voir les &#233;lites s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/effondrement-des-civilisations-un-sentiment-de-deja-vu-6448025&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/effondrement-des-civilisations-un-sentiment-de-deja-vu-6448025&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tokyo en 1923&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;gas&#233;isme de Tokyo a entrain&#233; la r&#233;volte de la population qui a &#233;t&#233; tourn&#233;e par les fascistes japonais notamment contre les Cor&#233;ens&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a, d&#232;s le lendemain du s&#233;isme, impos&#233; la loi martiale et adress&#233; &#224; chaque ville une directive demandant de &#171; prendre les mesures appropri&#233;es &#187; contre les &#171; Cor&#233;ens rebelles &#187;, avec le concours de la population. Des groupes d'autod&#233;fense japonais, soutenus par la police et l'arm&#233;e, ont &#233;t&#233; form&#233;s, et pour certains d'entre eux, massacr&#232;rent des Cor&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profitant du climat de panique qui suivit le s&#233;isme, la police militaire japonaise (Kenpeitai) et la police politique (Tokk&#333;) commirent des assassinats politiques visant les socialistes, les anarchistes et les syndicalistes. Ainsi, le couple d'anarchistes Noe It&#333; et Sakae &#332;sugi, ainsi que le neveu de celui-ci, furent mis &#224; mort par le lieutenant Masahiko Amakasu &#8212; &#233;pisode connu sous le nom d'incident d'Amakasu&#8212;, tandis que dans le quartier ouvrier de Kameido, dix syndicalistes, dont Hirasawa Keishichi, furent ex&#233;cut&#233;s au cours de &#171; l'incident de Kameido &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;tude gouvernementale de 2009, sans doute encore tr&#232;s en-dessous de la r&#233;alit&#233;, fait &#233;tat de 2 600 &#224; 6 600 victimes cor&#233;ennes, ainsi que de plusieurs centaines de Chinois, mais aussi des militants politiques japonais. 362 civils japonais furent arr&#234;t&#233;s et condamn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1923_du_Kant%C5%8D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme_de_1923_du_Kant%C5%8D&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_d%27Amakasu&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_d%27Amakasu&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Kameido&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.wikipedia.org/wiki/Incident_de_Kameido&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le s&#233;isme de Tokyo en 1923 montre que le choc d'une catastrophe naturelle peut aussi servir &#224; lancer&#8230; la contre-r&#233;volution&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/epoque-contemporaine/tokyo-1923-un-seisme-devient-le-terreau-du-nationalisme-japonais-95336.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.histoire-et-civilisations.com/thematiques/epoque-contemporaine/tokyo-1923-un-seisme-devient-le-terreau-du-nationalisme-japonais-95336.php&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Popayan (Colombie) en 1983&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un tremblement de terre de 1983 qui a affect&#233; la ville de Popayan&lt;br class='autobr' /&gt;
(Colombie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://archipel.uqam.ca/2957/1/M11345.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archipel.uqam.ca/2957/1/M11345.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Lima en 1746&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le tremblement de terre de Lima de 1746&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un s&#233;isme indescriptible, qui aurait atteint de nos jours le degr&#233; 9 sur l'&#233;chelle de Richter, d&#233;truit la ville avant d'&#234;tre relay&#233; par un tsunami aussi d&#233;vastateur. La catastrophe de Lima, qui recouvre avec ses sp&#233;cificit&#233;s les notions de &#171; d&#233;sastre &#187; et de &#171; calamit&#233; &#187;, va faire 6000 morts. Cet &#233;v&#233;nement naturel inattendu bouleverse alors, dans un temps limit&#233;, les composantes de la soci&#233;t&#233; lim&#233;nienne par ses d&#233;clinaisons contingentes : secousses, inondations, incendies, &#233;pid&#233;mies... Il met aussi &#224; l'&#233;preuve les autorit&#233;s coloniales qui doivent lutter contre les maladies, la famine, les vols, et qui animent les d&#233;bats architecturaux et urbanistiques. Ce d&#233;sastre, avec sa violence soudaine et son ampleur qui r&#233;veillent des peurs ancestrales dans une atmosph&#232;re de fin de monde, m&#233;rite donc d'&#234;tre r&#233;habilit&#233; et sa dimension &#233;v&#233;nementielle hors du commun doit figurer parmi les grandes catastrophes telluriques et historiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/e-spania/20760&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://journals.openedition.org/e-spania/20760&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une ville engloutie au Kirghizstan
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XVe si&#232;cle, &#224; la suite d'un terrible tremblement de terre, la ville fut engloutie par les eaux du lac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.franceinfo.fr/culture/patrimoine/archeologie/au-kirghizstan-une-cite-engloutie-decouverte-dans-un-celebre-lac_7624286.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.franceinfo.fr/culture/patrimoine/archeologie/au-kirghizstan-une-cite-engloutie-decouverte-dans-un-celebre-lac_7624286.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Une preuve que les classes dirigeantes savent parfaitement qu'un tremblement de terre peut donner le signal d'un soul&#232;vement r&#233;volutionnaire : leur occupation militaire pr&#233;ventive d'Ha&#239;ti&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ha&#239;ti occup&#233;e militairement par les forces arm&#233;es les plus f&#233;roces de plusieurs pays veut dire que les classes dirigeantes du monde ont si peur des opprim&#233;s que les prol&#233;taires de la moiti&#233; d'une ile qui pourraient se rebeller les inqui&#232;tent au point d'occuper militairement et massivement de fa&#231;on pr&#233;ventive .... L'inqui&#233;tude des grandes puissances, ce sont les r&#233;actions populaires et pas les victimes &#224; sauver et les populations survivantes &#224; aider, contrairement ce que l'on cherche &#224; nous faire croire ici. Si les forces arm&#233;es du monde se sont empress&#233;es d'intervenir, c'est pour &#233;viter que le vide du pouvoir, caus&#233; par le tremblement de terre qui a mis &#224; bas les &#233;difices publics, les b&#226;timents de l'Etat et des forces arm&#233;es d'occupation &#233;trang&#232;res, ne se transforme en tremblement de terre... social. Et ces forces cachent leur crainte du peuple d'Ha&#239;ti derri&#232;re de pr&#233;tendus pillages, mais, quand on cr&#232;ve de faim, se servir dans les magasins, c'est simplement vital, ce n'est pas un crime ! Les vrais bandits, ce sont les grandes puissances qui pillent Ha&#239;ti depuis des centaines d'ann&#233;es, lui imposent des dictatures, n'ont rien fait pour les d&#233;barrasser des escadrons de la mort, macoutes ou autres, militaires, paramiliaires ou milices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre le r&#244;le des arm&#233;es &#233;trang&#232;res en Ha&#239;ti, il faut se rappeler que l'intervention militaire am&#233;ricaine, onusienne ou fran&#231;aise ne date pas du tremblement de terre. Elle pr&#233;tendait d&#233;j&#224; d&#233;fendre la s&#233;curit&#233; de la population civile alors que les petites gens n'ont cess&#233; d'&#234;tre ran&#231;onn&#233;es et assassin&#233;es par les bandes arm&#233;es. Le v&#233;ritable but des interventions arm&#233;es &#233;trang&#232;res, celle des USA en premier, &#233;tait d&#233;j&#224; de combattre la r&#233;volte sociale du peuple travailleur qui a commenc&#233; en 1986, lorsque le peuple ha&#239;tien s'est d&#233;barrass&#233; de la dictature des Duvalier que soutenaient les pays occidentaux. Oui, le peuple travailleur d'Ha&#239;ti a v&#233;cu une r&#233;volution, en s'attaquant aux barbares &#171; tontons macoutes &#187; et en renversant la dictature de &#171; B&#233;b&#233; doc &#187; Duvalier, soutenue par les USA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1558&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8430&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://www.matierevolution.org/spip.php?article8430&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2458&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2458&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1571&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1571&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1566&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1556&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1556&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Des exemples de catastrophes naturelles et pourtant de cause sociale et politique&#8230;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Turquie-Syrie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Martin, Mexique, Houston&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4618&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4618&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fukushima&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2000&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2000&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe de la r&#233;gion de Marrakech et du Haut Atlas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7358&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article7358&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2958&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2958&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1978&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1978&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hongrie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1737&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1737&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore Fukushima&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1981&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1981&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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