Matière et Révolution
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69144Phrases et réalités sur la situation internationale
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https://www.matierevolution.org/spip.php?article81402025-01-11T23:18:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyFascisme
<p>Léon Trotsky <br class='autobr' />
Phrases et réalités sur la situation internationale <br class='autobr' />
19 septembre 1938 <br class='autobr' />
Ces lignes sont écrites au cœur même du pire imbroglio diplomatique autour de la question des Allemands des Sudètes. Chamberlain s'est envolé avec le vain espoir de trouver dans le ciel une solution aux contradictions impérialistes. Que la guerre éclate maintenant ou que, ce qui est plus vraisemblable, les maîtres du monde parviennent — pas longtemps à coup sûr — à la retarder quelque temps, c'est une (…)</p>
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<div class='rss_texte'><p>Léon Trotsky</p>
<h2 class="spip">Phrases et réalités sur la situation internationale</h2>
<p>19 septembre 1938</p>
<p>Ces lignes sont écrites au cœur même du pire imbroglio diplomatique autour de la question des Allemands des Sudètes. Chamberlain s'est envolé avec le vain espoir de trouver dans le ciel une solution aux contradictions impérialistes. Que la guerre éclate maintenant ou que, ce qui est plus vraisemblable, les maîtres du monde parviennent — pas longtemps à coup sûr — à la retarder quelque temps, c'est une question qui n'a pas été encore réglée définitivement. Aucun de ces messieurs ne veut la guerre. Tous ont peur de ses conséquences. Mais ils devront combattre. Ils n'échapperont pas à la guerre. Leur économie, leur politique, leur militarisme, tout conduit à la guerre.</p>
<p>Les dépêches d'aujourd'hui nous apprennent que, dans toutes les églises du monde dit « civilisé », on a fait des prières publiques en faveur de la paix. Elles sont venues à leur heure, couronnant une série de meetings, banquets et congrès pacifistes. Lequel de ces deux moyens est le plus efficace, les prières pieuses ou les bêlements pacifistes, ce n'est pas aisé à décider. De toute façon, ce sont les uniques recours qui restent à la disposition du vieux monde.</p>
<p>Quand un paysan ignorant prie (pour la paix), il veut vraiment la paix. Quand un ouvrier ordinaire, ou un citoyen d'un pays opprimé, s'élève contre la guerre, on peut le croire : il veut réellement la paix, bien qu'il ignore souvent comment l'obtenir. Mais les bourgeois dans leurs églises ne prient pas pour la paix, mais pour le maintien et l'agrandissement de leurs marchés et de leurs colonies, si c'est possible, pacifiquement (c'est moins cher), et si c'est impossible, par les armes. Exactement de la même façon, ce n'est pas du tout pour la paix que s'inquiètent les « pacifistes » impérialistes (Jouhaux, Lewis et compagnie), mais de conquérir les sympathies et les appuis pour leur impérialisme national.</p>
<p>Il y a trois millions et demi d'Allemands des Sudètes. Si la guerre éclate, il y aura vraisemblablement quatre ou cinq fois plus de morts, peut-être même dix fois plus de blessés, de mutilés, d'aliénés et, avec eux, un interminable cortège d'épidémies et d'autres maux. Et pourtant, cet argument ne peut exercer la moindre influence sur l'un ou l'autre des deux camps ennemis. Car, en fin de compte, pour tous ces brigands, il ne s'agit en aucune façon de trois millions et demi d'Allemands, mais de la domination sur l'Europe et le monde.</p>
<p>Hitler parle de la « nation », de la « race », de l'unité du « sang ». En réalité, sa tâche consiste à élargir la base militaire de l'Allemagne avant de commencer la lutte pour les colonies. Le drapeau national n'est ici que la feuille de vigne de l'impérialisme.</p>
<p>C'est le même rôle que joue, dans l'autre camp, le principe de la « démocratie ». Il sert aux impérialistes à couvrir leurs anciennes conquêtes, violations et pillages, et à en préparer de nouvelles. Ce fait apparaît très clairement dans la question des Allemands des Sudètes. La démocratie signifie le droit de chaque nation à disposer d'elle-même. Pourtant ce droit démocratique des Allemands des Sudètes, comme des Autrichiens, comme de nombreux autres groupes nationaux, Hongrois, Bulgares, Ukrainiens, etc. a été foulé aux pieds par le traité de Versailles, élaboré par les représentants les plus éminents des états les plus démocratiques : la France, l'Angleterre, l'Italie, qui avait à l'époque un régime parlementaire, et les États-Unis</p>
<p>C'est pour des considérations stratégiques de l'impérialisme vainqueur de l'Entente, que ces messieurs les démocrates, avec l'appui de la IIe Internationale, ont laissé les Allemands des Sudètes aux mains des jeunes impérialistes de Tchécoslovaquie. La social-démocratie allemande, avec la docilité d'un chien, attendait alors les faveurs des démocraties de l'Entente ; elle a attendu, et attendu en vain. Le résultat est connu : l'Allemagne démocratique, incapable de supporter le joug de Versailles, s'est jetée par désespoir dans la voie du fascisme. Il semblait que la démocratie tchécoslovaque, qui était placée sous l'auguste protection de la démocratie franco-britannique et de la bureaucratie « socialiste » de l'U.R.S.S. aurait eu toutes les possibilités de démontrer dans la réalité aux Allemands des Sudètes les gros avantages d'un régime démocratique sur un régime fasciste. Si cela avait été fait, il est évident que Hitler ne se serait pas risqué à s'en prendre au pays sudète. Sa principale force réside en effet précisément, aujourd'hui, dans le fait que les Allemands des Sudètes eux-mêmes revendiquent l'unification avec l'Allemagne. Cette aspiration leur a été inspiré par le régime rapace et policier de la « démocratie » tchécoslovaque, qui « luttait » contre le fascisme en imitant ses pires méthodes.</p>
<p>La super-démocratique Autriche était, jusqu'à une époque récente, sous la sollicitude attentive de l'Entente démocratique, qui considérait pour ainsi dire comme sa tâche de ne laisser l'Autriche ni vivre ni mourir. Cela s'est terminé quand l'Autriche s'est jetée dans les bras de Hitler. Une expérience analogue s'est déroulée auparavant, à une échelle plus réduite, dans la région de la Sarre, laquelle a été pendant quinze ans aux mains de la France et, après avoir expérimenté sur elle-même les bienfaits de la démocratie impérialiste, a préféré, à une majorité écrasante, se réunir à l'Allemagne. Ces leçons de l'Histoire sont plus importantes que tous les congrès pacifistes.</p>
<p>Seuls de misérables bavards ou des escrocs fascistes peuvent, à propos du destin des Allemands de la Sarre, d'Autriche, des Sudètes, parler de « la voix du sang ». Les Allemands de Suisse, par exemple, ne veulent, pour rien au monde, aller en esclavage sous Hitler, parce qu'ils se sentent les maîtres dans leur pays et Hitler y réfléchira à dix fois avant d'essayer de s'en prendre à eux. Il faut des conditions sociales et politiques intolérables pour que les citoyens d'un pays « démocratique » se tournent vers le pouvoir fasciste. Les Allemands de Sarre en France, les Allemands d'Autriche dans l'Europe de Versailles, les Allemands des Sudètes en Tchécoslovaquie, se sentent des citoyens de troisième zone. « Ce ne sera pas pire », disent-ils. En Allemagne, ils seront, au moins, opprimés dans les mêmes conditions que le reste de la population. Les masses populaires préféreront, dans ces conditions, l'égalité dans la servitude à l'humiliation dans l'inégalité. La force temporaire de Hitler réside dans la faillite de la démocratie impérialiste.</p>
<p>Le fascisme est une forme de désespoir des masses populaires petites-bourgeoises, qui entraînent avec elle dans l'abîme une partie du prolétariat. Le désespoir, on le sait, commence lorsque toutes les voies du salut sont coupées. La pré-condition des succès du fascisme a été une triple faillite : celle de la démocratie, celle de la social-démocratie et celle du Comintern. Toutes les trois avaient lié leur destin à l'impérialisme. Toutes les trois n'ont apporté aux masses que le désespoir et ont ainsi aidé le fascisme à vaincre.</p>
<p>Le principal objectif de la clique bonapartiste de Staline au cours des dernières années a consisté à démontrer aux « démocraties » son propre conservatisme prudent et son amour de l'ordre. C'est au nom de cette alliance tant convoitée avec les démocraties impérialistes que la clique bonapartiste a amené le Comintern jusqu'au dernier degré de la prostitution politique. Deux grandes « démocraties », la France et l'Angleterre, ont conseillé à Prague de céder devant Hitler, qui était soutenu par Mussolini. Il ne restait plus apparemment à Prague qu'à accepter ces conseils « amicaux ». Personne en outre ne s'est soucié de Moscou. Personne ne s'est intéressé à l'opinion de Staline ou à celle de Litvinov. Le résultat de sa répugnante servilité et des faux sanglants qu'il a commis au service de l'impérialisme, particulièrement en Espagne, c'est que le Kremlin est plus isolé que jamais.</p>
<p>Quelles en sont les causes ? Il y en a deux. La première consiste en ce que, s'étant définitivement fait le laquais de l'impérialisme démocratique, Staline n'ose pourtant pas mener en U.R.S.S. ce travail jusqu'au bout, c'est-à-dire jusqu'au rétablissement de la propriété privée des moyens de production et la suppression du monopole du commerce extérieur. Mais, à défaut de ces mesures, il demeure aux yeux des impérialistes un parvenu révolutionnaire, un aventurier indigne de confiance, un faussaire couvert de sang. La bourgeoisie impérialiste n'est pas disposée à miser lourd sur Staline.</p>
<p>Elle pourrait naturellement l'utiliser à des fins particulières et temporaires. Mais il apparaît ici la deuxième cause de l'isolement du Kremlin : dans sa lutte pour son auto-conservation, la clique bonapartiste débridée a affaibli l'armée et la marine, ébranlé l'économie, démoralisé et abattu le pays. Personne ne se fie aux proclamations patriotiques d'une clique « défaitiste » en réalité. Il est évident que les impérialistes ne miseront pas sur Staline, même à des fins militaires épisodiques.</p>
<p>Dans cette situation internationale, les agents du G.P.U. traversent l'océan et se réunissent dans l'hospitalier Mexique pour « lutter » contre la guerre. Le moyen est simple : il faut unir toutes les démocraties contre le fascisme ! « J'ai été invité ici, déclare le servile agent de la Bourse française, Jouhaux, pour lutter contre le fascisme et en aucune manière contre l'impérialisme. » Celui qui lutte contre un impérialisme « démocratique », c'est-à-dire pour la liberté des colonies françaises, est un allié du fascisme, un agent de Hitler, un trotskyste. Trois cent cinquante millions d'indiens doivent se résigner à leur esclavage pour soutenir la « démocratie » britannique dont les maîtres, au même moment, avec les esclavagistes de la France « démocratique », sont en train de livrer le peuple espagnol à l'esclavage sous Franco ! Les peuples d'Amérique doivent supporter que pèse sur leurs nuques le pied de l'impérialisme anglo-saxon uniquement parce que ce pied est chaussé d'une botte démocratique ! Infâmie, honte, cynisme sans bornes !</p>
<p>Les démocraties de l'Entente de Versailles ont facilité la victoire de Hitler par l'oppression totale à laquelle elles ont soumis l'Allemagne vaincue. A présent, les laquais de l'impérialisme démocratique de la IIe et de la IIIe Internationales s'emploient de toutes leurs forces à la consolidation future du régime de Hitler. Que signifierait en réalité un bloc militaire des démocraties impérialistes contre l'Allemagne ? Une nouvelle édition des chaînes de Versailles, sous une forme plus pesante, plus sanglante et plus intolérable encore. Naturellement, aucun ouvrier allemand n'en veut. Renverser Hitler par une révolution, c'est une chose, mais étrangler l'Allemagne par une guerre impérialiste en est une autre, bien différente. Les hurlements des chacals « pacifistes » de l'impérialisme démocratique constituent par conséquent le meilleur des accompagnements pour les discours de Hitler. « Vous voyez, dit-il au peuple allemand, même les socialistes et les communistes de tous les pays ennemis soutiennent leur armée et leur diplomatie ; si vous ne vous rassemblez pas autour de moi, qui suis votre chef, vous irez à la ruine ! ». Staline, en sa qualité de laquais de l'impérialisme démocratique et tous les laquais de Staline, les Jouhaux, les Toledano et consorts, sont les meilleurs des auxiliaires pour permettre à Hitler de tromper, de berner et de terroriser les ouvriers allemands.</p>
<p>La crise tchécoslovaque a révélé avec une grande clarté que le fascisme, en tant que facteur indépendant, n'existe pas. Il n'est qu'un des instruments de l'impérialisme. La « démocratie » est son autre instrument. L'impérialisme s'appuie sur les deux. Il utilise l'un ou l'autre selon les nécessités, parfois les oppose et parfois les combine à l'amiable. Lutter contre le fascisme en étant allié à l'impérialisme, c'est comme si on luttait, en alliance avec le diable, contre ses cornes et ses sabots.</p>
<p>La lutte contre le fascisme exige avant tout l'exclusion des rangs de la classe ouvrière des agents de l'impérialisme « démocratique ». Seul le prolétariat révolutionnaire de France, d'Angleterre, d'Amérique et de l'U.R.S.S., après avoir déclaré une guerre à mort à son propre impérialisme et à son agence, la bureaucratie de Moscou, peut éveiller des espoirs révolutionnaires au cœur des ouvriers allemands et italiens et, en même temps, unir autour de lui les centaines de millions d'esclaves et de demi-esclaves de l'impérialisme dans le monde entier. Pour assurer la paix entre les peuples, il faut abattre l'impérialisme sous tous ses masques. Seule la révolution prolétarienne peut le faire. Pour la préparer, il faut opposer implacablement les ouvriers et les peuples opprimés à la bourgeoisie impérialiste et les unir dans une armée révolutionnaire internationale unique. Cette immense tâche libératrice n'est menée aujourd'hui que par la IVe Internationale. C'est pour cette raison qu'elle est à ce point haïe par les fascistes, les impérialistes « démocrates », les social-patriotes, les laquais du Kremlin. C'est le signe sûr que les opprimés sont en train de s'unir sous le même drapeau.</p>
<p>Source : <a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/09/situation.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/09/situation.htm</a></p></div>
Dix textes de Léon Trotsky sur la Deuxième Guerre mondiale
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8303
https://www.matierevolution.org/spip.php?article83032024-03-15T23:03:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyGuerre War
<p>Dix textes de Léon Trotsky sur la Deuxième Guerre mondiale <br class='autobr' />
Texte 1 <br class='autobr' />
Texte 2 <br class='autobr' />
Texte 3 <br class='autobr' />
Texte 4 <br class='autobr' />
Texte 5 <br class='autobr' />
Texte 6 <br class='autobr' />
Texte 7 <br class='autobr' />
Texte 8 <br class='autobr' />
Texte 9 <br class='autobr' />
Texte 10</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory">00- La deuxième guerre mondiale : inter-impérialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de Léon Trotsky</a>
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</figure>
</div><h2 class="spip">Dix textes de Léon Trotsky sur la Deuxième Guerre mondiale</h2>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/10/381010.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 1</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/02/guerremond.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 2</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/06/lt19400612b.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 3</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/00/lt19400000.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 4</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/06/lt19400615.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 5</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/06/lt19400630.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 6</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma9.htm" class="spip_out" rel="external">Texte 7</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1110" class="spip_out" rel="external">Texte 8</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article60" class="spip_out" rel="external">Texte 9</a></p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4228" class="spip_out" rel="external">Texte 10</a></p></div>
L'héritage de Léon Trotsky et les tâches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8111
https://www.matierevolution.org/spip.php?article81112023-06-19T22:10:00Ztext/htmlfrRobert ParisUSATrotskyGuerre War1943-1947Japon Japan
<p>L'héritage de Léon Trotsky et les tâches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945 <br class='autobr' />
Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la réaction engendrée par la guerre impérialiste, notre grand leader et maître, le camarade Trotsky, a péri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons commémoré alors comme un grand homme d'idées, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les idées (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag">1943-1947</a>,
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<div class='rss_texte'><h2 class="spip">L'héritage de Léon Trotsky et les tâches de ses disciples - Le bombardement d'Hiroshima et de Nagasaki - James Patrick Cannon - 22 septembre 1945</h2>
<p>Il y a cinq ans aujourd'hui, alors que le monde se trouvait au plus profond de la réaction engendrée par la guerre impérialiste, notre grand leader et maître, le camarade Trotsky, a péri des mains d'un assassin stalinien. Nous l'avons commémoré alors comme un grand homme d'idées, non encore reconnu par le monde, mais un homme dont les idées représentaient l'avenir de l'humanité. Aujourd'hui, à l'occasion du cinquième anniversaire de sa mort tragique et prématurée, alors que nous nous trouvons au début de la plus grande crise révolutionnaire de l'histoire du monde, alors que les pensées et les paroles doivent être transformées en actes, nous rendons aujourd'hui un hommage reconnaissant à Trotsky, l'homme d'action.</p>
<p>Lorsque nous avons célébré le 10e anniversaire de notre parti en 1938, lors d'une grande réunion commémorative, le camarade Trotsky était l'un des orateurs. Il n'avait pas pu venir à New York, mais il nous avait parlé par un disque phonographique pressé pour l'occasion — une salutation à notre parti pour son dixième anniversaire. Beaucoup d'entre vous ont sans doute entendu ce discours. Vous vous souviendrez qu'il avait dit que nous avons le droit de prendre le temps de célébrer les réalisations passées uniquement comme préparation pour l'avenir. Dans le même sens nous pouvons dire que si nous prenons le temps ce soir de commémorer nos nobles et illustres morts, nous le faisons avant tout comme un moyen de préparer et d'organiser la lutte des vivants pour le but qu'il nous ont indiqué.</p>
<p>Les idées principales de Trotsky, les idées pour lesquelles il a vécu et est mort, sont relativement simples. Il a vu le grand problème de la société résultant du fait que l'industrie moderne, qui est nécessairement exploitée socialement par de grandes masses humaines, est entravée et restreinte par l'anachronisme de la propriété privée et de son exploitation pour le profit privé, plutôt que pour les besoins humains. Il a vu que les forces productives modernes ont largement débordé des barrières artificielles des États nationaux. Ces deux grandes contradictions - la propriété privée des moyens de production et leur exploitation pour le profit privé, et l'étouffement de l'industrie dans le cadre dépassé des États nationaux - sont à l'origine des grands maux de la société moderne - la pauvreté, le chômage, le fascisme et la guerre.</p>
<p>Trotsky a vu la seule issue pour l'humanité dans le renversement révolutionnaire du capitalisme se survivant à lui-même. L'industrie doit être socialisée et exploitée sur la base d'un plan, selon les besoins généraux et non pour un but lucratif. Les antagonismes nationaux des États capitalistes séparés doivent céder la place à une fédération internationale : les États-Unis socialistes du monde. L'économie socialisée et planifiée peut produire et fournir l'abondance pour tous les peuples, non seulement pour une nation, mais pour toutes les nations. Les nations socialistes séparées, n'ayant ni besoin ni motivation d'exploiter les autres, n'ayant pas de conflits de marchés, de sphères d'influence et de domaines d'investissement, n'ayant pas besoin de colonies à exploiter et à asservir, ces nations socialistes séparées s'uniront nécessairement dans la paix et la coopération fondées sur une division mondiale du travail. La force d'une nation deviendra la force de tous, les pénuries de l'un seront comblées par la pléthore des autres. L'humanité organisera l'échange coopératif de toutes les conquêtes de l'art et de la science pour l'usage de tous les peuples de toutes les terres.</p>
<p>Trotsky a enseigné que seuls les ouvriers peuvent opérer cette transformation révolutionnaire. Seule la classe ouvrière, la seule classe vraiment progressiste et révolutionnaire dans la société moderne, se tenant à la tête de tous les opprimés, démunis, exploités et esclaves, peut mener à bien cette grande transformation révolutionnaire et cette réorganisation de la société. Les ouvriers sont la seule classe progressiste, et ils sont la classe la plus puissante en raison de leur nombre et de leur position stratégique dans la société. Il suffit aux travailleurs de prendre conscience de leurs intérêts historiques et de leur pouvoir, et de s'organiser pour le rendre effectif.</p>
<p>Trotsky a enseigné que cette lutte pour la transformation révolutionnaire du monde, qui est actuellement à l'ordre du jour de l' histoire, nécessite la direction d'un parti. Mais — a souligné le camarade Trotsky — pas un parti comme les autres partis. C'était son message à notre réunion de 10e anniversaire : « pas un parti comme les autres partis », pas un parti sans conviction, pas un parti réformiste, pas un parti de palabres et de compromis, mais un parti révolutionnaire à fond, un parti pensant et agissant. Un parti irrémédiablement opposé au capitalisme sur tous les fronts et à la guerre capitaliste en particulier. Un tel parti, a-t-il dit, est nécessaire pour mener ce grand assaut contre un système social dépassé.</p>
<p>Les travailleurs du monde avaient besoin des idées de Trotsky en 1940. Toutes les conditions matérielles pour la transformation de la société du capitalisme au socialisme avaient mûri depuis longtemps. Ce qui était en retard, c'était la conscience et la compréhension des masses ouvrières et de leurs organisations. Ils avaient besoin des idées de Trotsky lorsqu'il s'est prononcé – seule grande voix du monde – contre le massacre de la seconde guerre impérialiste. Mais ils n'étaient pas encore prêts, ils n'étaient pas encore bien organisés, pour comprendre les idées de Trotsky et pour agir en conséquence.</p>
<p>Les grandes organisations ouvrières, politiques et syndicales, étaient tombées sous la direction d'hommes qui n'étaient en effet pas des représentants des intérêts des ouvriers, mais des agents de la bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier. Les partis sociaux-démocrates ; les partis communistes du Komintern, devenus traîtres au communisme et au prolétariat ; et les grands syndicats — tous ont rejeté le programme révolutionnaire de Trotsky. Ils soutenaient tous les gouvernements capitalistes ; et les gouvernements ont plongé le peuple dans le chaos sanglant de la guerre.</p>
<p>Trotsky est mort confiant dans la victoire de la Quatrième Internationale, comme il l'a dit dans ce dernier message que nous inscrivons au-dessus de notre tribune ce soir. Il est mort confiant dans la victoire, mais sans avoir eu l'occasion d'y participer et de la vivre.</p>
<p>Nous avons eu six ans de guerre. La guerre qui a été soutenue par les dirigeants syndicaux. La guerre qui a été défendue par les professeurs et les intellectuels. La guerre qui a été bénie par l'église. Et maintenant, nous pouvons compter les résultats. Quels sont les fruits de cette guerre qui, c'était promis, allait être bénéfique pour l'humanité ? Regardez l'Europe ! Regardez l'Asie ! Ou, plus près de chez vous, regardez les usines qui ferment et les longues files d'attente devant les bureaux de chômage, des files qui s'allongeront et deviendront plus affamées, des files dans lesquelles les soldats de retour, fatigués, prendront bientôt leurs places - s'ils reviennent des champs de bataille vivants et capables de marcher.</p>
<p>Sous le capitalisme, les usines fonctionnaient à plein régime pour produire les instruments de destruction, mais elles ne peuvent pas rester ouvertes pour produire pour les besoins humains en temps de prétendue paix. Toute l'Europe, toute la grande Europe cultivée, est un continent de faim, de désespoir, de dévastation et de mort.</p>
<p>Les vainqueurs de Potsdam annonçaient à l'Europe les fruits de la victoire et de la libération. Ils ont décrété le démantèlement de l'industrie allemande, l'industrie la plus puissante et la plus productive du continent européen. Ils ont annoncé que le niveau de vie de l'Allemagne industrialisée, l'atelier de l'Europe, ne pourrait pas être plus élevé que celui des États agricoles arriérés dévastés. Ne pas élever les plus bas au niveau des plus élevés, mais entraîner les pays les plus élevés, les plus développés et les plus cultivés au niveau des pays les plus bas et les moins avancés, tel est le programme explicite des artisans de la prétendue paix. Tel est le programme pour l'Europe.</p>
<p>Et quels sont les résultats en termes d'êtres humains ? J'ai lu aujourd'hui une dépêche dans le New York Times de Francfort. Il s'agit d'une information factuelle dont je cite une référence à un rapport officiel sur la situation dans cette région. « Les chiffres, précise le correspondant du Times montrent que le consommateur moyen de cette zone vit avec 1 100 à 1 300 calories par jour, contrairement à la ration de l'armée qui est de 3 600 calories. Moins d'un tiers de la nourriture estimée par l'armée nécessaire pour maintenir les soldats au niveau d'efficacité voulu est alloué au peuple « libéré » d'Allemagne dans la zone américaine. Le peuple européen développera certainement un grand amour et une grande appréciation pour les libérateurs.</p>
<p>Les fondations sont certainement posées pour une paix de mille ans. Le capitalisme à l'agonie entraîne l'humanité dans l'abîme. Le capitalisme se manifeste chaque jour de plus en plus, dans la soi-disant paix comme dans la guerre, comme l'ennemi du peuple. Bombardez les gens à mort ! Brûlez-les à mort avec des bombes incendiaires ! Brisez leurs industries et affamez-les à mort ! Et si ce n'est pas assez horrible, alors balayer-les de la surface de la Terre avec des bombes atomiques ! C'est le programme du capitalisme libérateur.</p>
<p>[Quel éblouissant commentaire sur la nature réelle du capitalisme dans sa phase décadente, que cette conquête scientifique du merveilleux secret de l'énergie atomique qui aurait dû être rationnellement utilisée pour alléger les fardeaux de l'humanité et qui est employée pour détruire massivement en un jour un demi million d'humains.</p>
<p>Hiroshima, la première cible, avait une population de 340.000 habitants. Nagasaki, la deuxième cible, avait une population de 253.000 habitants. Au total, pour les deux villes, à peu près 600.000 habitants. Villes à constructions légères où, selon les reporters, les maisons étaient construites toit contre toit.</p>
<p>Combien de morts ? Combien de Japonais tués pour célébrer la découverte du secret de la bombe atomique. D'après les indications, d'après les rapports que nous avons reçus, presque tous étaient tués ou blessés]</p>
<p>Dans le Times aujourd'hui, il y a un reportage de la radio de Tokyo sur Nagasaki qui déclare que "le centre de la ville autrefois prospère a été transformé en une vaste dévastation, avec rien d'autre que des décombres à perte de vue". Des photographies montrant les dommages causés par la bombe ont fait la une du journal japonais Mainichi. Le rapport dit : « L'une de ces images a révélé une scène tragique à 10 miles du centre de l'attaque aérienne atomique », où des maisons de ferme ont été soit détruites, soit les toits déchirés. L'émission citait un photographe du Yamaha Photographic Institute, qui s'était précipité dans la ville immédiatement après l'explosion de la bombe, comme ayant déclaré : « Nagasaki est maintenant une ville morte, toutes les zones étant littéralement rasées. Il ne reste que quelques bâtiments, debout ostensiblement dans leurs cendres. »</p>
<p>[A Nagasaki le photographe disait : "La souffrance de la population est immense et même les quelques survivants n'ont pas échappé aux blessures."</p>
<p>La presse japonaise a cité seulement un survivant à Hiroshima.</p>
<p>Avec 2 coups calculés, 2 bombes atomiques, l'impérialisme américain a tué ou blessé un demi-million d'êtres humains. Les jeunes et les vieux, les enfants au berceau, les âgés et les infirmes, les nouveaux mariés, les bien portants et les malades, femmes et enfants, ils devaient tous mourir en deux coups, à cause d'une querelle entre les impérialistes de Wall Street et la même bande au Japon.</p>
<p>Voici comment l'impérialisme américain apporte la civilisation à l'Orient. Quelle atrocité inexprimable !</p>
<p>Quelle honte est arrivée d'Amérique, l'Amérique qui, autrefois, a édifié dans le port de New-York la statue de la Liberté éclairant le Monde !</p>
<p>Maintenant le monde recule d'horreur à son nom.</p>
<p>Même quelques-uns de ces prêcheurs qui bénissent la guerre ont protesté. Ils ont dit dans une interview à la presse : "L'Amérique a perdu sa position morale".</p>
<p>Sa position morale ? Oui. Elle l'a perdue, ça c'est vrai.</p>
<p>Et les monstres impérialistes qui lancèrent les bombes le savent. Mais, voyez ce qu'ils ont gagné. Ils ont gagné le contrôle des richesses illimitées d'Orient, ils ont gagné le pouvoir d'exploiter et d'asservir des centaines de millions d'hommes en Extrême-Orient. Ils allèrent à la guerre non pour un but moral, mais pour le profit.</p>
<p>Un autre prédicateur cité dans la presse, se rappelant quelque chose qu'il avait déjà lu dans la Bible sur le faible et doux Jésus, dit qu'il serait inutile d'envoyer encore des missionnaires en Extrême-Orient. Cela soulève une question très intéressante qu'ils discuteront (j'en suis sûr) entre eux. On peut imaginer une discussion très intéressante ayant lieu dans les cercles intimes de la Maison de Rockefeller, de la Maison de Morgan qui sont en un seul et même instant, tout à fait par hasard naturellement, piliers de finance et piliers d'église et soutien des entreprises missionnaires de toutes sortes. "Que ferons-nous avec les païens en Orient !" Enverrons-nous des missionnaires pour les conduire au paradis chrétien ou enverrons-nous des bombes atomiques pour les expédier en enfer ? C'est un sujet pour débat sur un thème macabre mais de toutes façons vous pouvez être sûr que partout où l'impérialisme américain est introduit l'enfer obtiendra de beaucoup le plus grand nombre de clients.</p>
<p>L'impérialisme américain ennemi de l'humanité</p>
<p>L'impérialisme américain a attiré sur lui la crainte et la haine du monde entier. Aujourd'hui l'impérialisme américain est considéré à travers le monde comme l'ennemi du genre humain. La première guerre mondiale a coûté 12 millions de morts. 12 millions ! La deuxième guerre mondiale, un quart de siècle après, a déjà coûté pas moins de 30 millions de morts et il n'y a pas moins de 30 millions en plus qui sont morts de faim avant qu'on ait fait le total des résultats de la guerre.</p>
<p>Quelle moisson de morts a répandu sur la terre le capitalisme ! Si les squelettes de toutes ces victimes pouvaient être rassemblés et empilés en une seule pyramide, quelle haute montagne cela ferait. Quel monument des exploits du capitalisme ce serait et quel juste symbole de ce qu'est réellement le capitalisme. Je crois qu'il ne manquerait qu'une chose pour le rendre parfait, une grande enseigne électrique sur la pyramide de squelettes proclamant la promesse ironique des 4 Libertés. Les morts, du moins, sont délivrés du besoin et de la peur, mais les survivants sont affamés et pleins de terreur pour l'avenir.</p>
<p>Qui a gagné la guerre qui a coûté 30 millions de morts ?</p>
<p>Notre caricaturiste, dans "The Militant", avec talent et beaucoup de perspicacité, l'a expliqué en quelques coups de plume, lorsqu'elle a dessiné ce portrait du capitaliste tenant dans ses mains des sacs d'argent, debout sur le Monde, un pied sur un cimetière et l'autre sur les cités détruites. Avec cette légende, "le seul vainqueur". Le seul gagnant est l'impérialisme américain et ses satellites des autres pays.</p>
<p>Comment nos maîtres voient-ils l'avenir après ce grand succès de la guerre de six ans ?</p>
<p>Avant que la 2ème guerre mondiale, avec toute son horreur et ses destructions de vies, soit formellement finie, ils pensent déjà à la 3ème et préparent leur plan.</p>
<p>Ne devons-nous pas arrêter ces fous et retirer le pouvoir de leurs mains ? Pouvons-nous douter que les peuples du monde entier pensent que cela ne peut plus durer, qu'il doit y avoir un moyen de changer cela ?</p>
<p>Il y a longtemps que les révolutionnaires marxistes ont dit que l'alternative qui se présente à l'humanité est, soit le socialisme, soit une nouvelle barbarie, que le capitalisme menace d'aller à la ruine et entraîne la civilisation avec lui.</p>
<p>Mais, éclairés par ce qui a été développé dans cette guerre et est projeté pour l'avenir, je pense que nous pouvons dire maintenant que l'alternative peut être même posée d'une façon précise : "L'alternative qui se présente à l'humanité, c'est le socialisme ou l'annihilation ; c'est le problème de : ou le capitalisme subsiste ou la race humaine survivra sur cette planète".</p>
<p>Le peuple se révoltera.</p>
<p>Nous croyons que le peuple du monde s'éveillera devant cette alternative effrayante et agira à temps pour se sauver. Nous croyons qu'avant que l'impérialisme américain, nouveau maître du monde, ait le temps de consolider ses victoires, il sera attaqué des deux côtés et battu. D'un côté, les peuples du monde transformés en esclaves coloniaux de Wall-Street se révolteront contre le maître impérialiste comme les provinces soumises se levèrent contre la Rome impériale. Simultanément avec ce soulèvement et coordonnant notre lutte avec lui, nous, le parti trotskyste, conduirons les ouvriers et le peuple d'Amérique dans un assaut révolutionnaire contre notre ennemi principal, ennemi principal de l'humanité : les impérialistes.]</p>
<p>Il y a cinq ans aujourd'hui, nous avons pleuré et commémoré pour la première fois notre grand théoricien, le camarade Trotsky. Aujourd'hui, alors que l'action révolutionnaire devient une nécessité vitale pour des centaines de millions de personnes, alors que nous nous préparons à passer des théories à l'action - à l'action guidée par les idées - nous commémorons Trotsky comme le grand homme d'action, l'organisateur des ouvriers, le leader des révolutions. C'est dans cet esprit que nous commémorons ce soir le camarade Trotsky.</p>
<p>Il nous a enjoint avant tout de construire un parti. Et je répète encore ce qu'il a dit : « Pas un parti comme les autres partis », mais un parti apte à mener une révolution, un parti qui ne barbote pas, ne va pas à mi-chemin, mais mène la lutte jusqu'au bout.</p>
<p>Si vous êtes sérieux ; si vous êtes sérieux, si vous voulez prendre part au combat pour une vie meilleure pour vous-même et pour le salut de l'humanité, nous vous invitons à vous joindre à nous dans ce parti et à participer à ce grand combat.</p>
<p>Il n'y a pas de place pour les pessimistes ou les timides dans notre parti, pas de place pour les égoïstes, les carriéristes et les bureaucrates. Mais la porte est grande ouverte aux travailleurs déterminés, déterminés à changer le monde et prêts à mettre leur tête sur la question.</p>
<p>Trotsky nous a légué un grand héritage. Il nous a donné un grand système d'idées qui constituent notre programme. Et il nous a donné l'exemple d'un homme qui était un révolutionnaire modèle, qui a vécu et est mort pour la cause de l'humanité, et qui, surtout, a montré comment appliquer la théorie à l'action dans la plus grande révolution de l'histoire.</p>
<p>Avec cet héritage, nous sommes armés et blindés pour la lutte et pour la victoire. Tout ce dont nous, disciples de Trotsky, avons besoin pour cette victoire, c'est de comprendre ces idées clairement, de les assimiler dans notre chair et notre sang, d'y être fidèles et, surtout, de les appliquer dans l'action.</p>
<p>Si nous faisons cela, nous pouvons construire un parti qu'aucune puissance sur Terre ne pourra briser. Nous pouvons construire un parti apte à diriger les masses américaines – à opposer au programme impérialiste de guerre contre les peuples du monde, le programme de la révolution chez nous et de la paix avec les peuples du monde.</p></div>
Ce qu'a écrit Trotsky l'année de son assassinat par Staline
https://www.matierevolution.org/spip.php?article8288
https://www.matierevolution.org/spip.php?article82882023-04-12T22:05:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyStalinisme1940Trotskisme
<p>Ce qu'a écrit Trotsky l'année de son assassinat par Staline <br class='autobr' />
Le 17 août 1940, Léon Trotsky prédisait que Staline allait le faire assassiner <br class='autobr' />
https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6008 <br class='autobr' />
La tentative d'assassinat <br class='autobr' />
https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5997&_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr <br class='autobr' />
L'assassinat de Trotsky <br class='autobr' />
https://www.google.fr/search?hl=fr&q=assassinat+trotsky+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.ma</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory">00- La deuxième guerre mondiale : inter-impérialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de Léon Trotsky</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag">Trotsky</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag">Stalinisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot104" rel="tag">1940</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag">Trotskisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Ce qu'a écrit Trotsky l'année de son assassinat par Staline</h2>
<p>Le 17 août 1940, Léon Trotsky prédisait que Staline allait le faire assassiner</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6008" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article6008</a></p>
<p>La tentative d'assassinat</p>
<p><a href="https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5997&_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www-matierevolution-fr.translate.goog/spip.php?article5997&_x_tr_sl=en&_x_tr_tl=fr&_x_tr_hl=fr</a></p>
<p>L'assassinat de Trotsky</p>
<p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=assassinat+trotsky+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.google.fr/search?hl=fr&q=assassinat+trotsky+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=</a></p>
<p>Le Manifeste de 1940</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1110" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1110</a></p>
<p>Ecrits sur la deuxième guerre mondiale</p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article60" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">http://www.matierevolution.fr/spip.php?article60</a></p>
<p>Les syndicats à l'époque de décadence impérialiste</p>
<p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article260" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.matierevolution.fr/spip.php?article260</a></p>
<p>L'avenir des armées de Hitler</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/00/lt19400000.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/00/lt19400000.htm</a></p>
<p>Testament</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/journal/journal08_09.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/journal/journal08_09.htm</a></p>
<p>La Deuxième Guerre mondiale</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/02/guerremond.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/02/guerremond.htm</a></p>
<p>Œuvres Janvier à Mai 1940</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2023.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2023.pdf</a></p>
<p>Œuvres Mai 1940</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt194005.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/05/lt194005.htm</a></p>
<p>Juin 1940</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/06/lt194006.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/06/lt194006.htm</a></p>
<p>Juillet 1940</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/07/lt194007.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/07/lt194007.htm</a></p>
<p>Août 1940</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/08/lt194008.htm" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1940/08/lt194008.htm</a></p>
<p>Œuvres Mai à Août 1940</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2024.pdf" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/volumes/Tome%2024.pdf</a></p>
<p>La dernière année de Trotsky</p>
<p><a href="https://www.wsws.org/fr/articles/2020/08/25/trot-a25.html" class="spip_url spip_out auto" rel="nofollow external">https://www.wsws.org/fr/articles/2020/08/25/trot-a25.html</a></p></div>
Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald
https://www.matierevolution.org/spip.php?article6143
https://www.matierevolution.org/spip.php?article61432019-03-22T23:03:00Ztext/htmlfrRobert Paris1943-1947FascismecommunismeTrotskisme
<p>Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald <br class='autobr' />
Avril 1945 <br class='autobr' />
IV° Internationale <br class='autobr' /> La situation internationale du capitalisme <br class='autobr' /> Avec l'issue de la Deuxième Guerre mondiale, l'Italie, l'Allemagne et le Japon perdent leur position en tant que grandes puissances impérialistes, alors que la France est gravement ébranlée. <br class='autobr' /> Les contradictions et les conflits impérialistes entre les USA et la Grande Bretagne dominent les zones de tempête de la politique impérialiste (…)</p>
-
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory">00- La deuxième guerre mondiale : inter-impérialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de Léon Trotsky</a>
/
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot129" rel="tag">1943-1947</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag">Fascisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot229" rel="tag">communisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot283" rel="tag">Trotskisme</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Déclaration des communistes internationalistes de Buchenwald
<p>Avril 1945</p>
<p>IV° Internationale</p>
</h2>
<p> La situation internationale du capitalisme</p>
<p> Avec l'issue de la Deuxième Guerre mondiale, l'Italie, l'Allemagne et le Japon perdent leur position en tant que grandes puissances impérialistes, alors que la France est gravement ébranlée.</p>
<p> Les contradictions et les conflits impérialistes entre les USA et la Grande Bretagne dominent les zones de tempête de la politique impérialiste mondiale. Dès le début de cette guerre mondiale, la Russie est sortie de son isolement et se trouve actuellement devant le problème de réaliser politiquement et militairement ses succès militaires contre les aspirations des puissances impérialistes victorieuses. La Chine, malgré ses grands efforts, reste l'objet des grandes puissances impérialistes, c'est une conséquence nécessaire de la victoire de la bourgeoisie chinoise sur le prolétariat chinois.</p>
<p> L'unanimité affirmée démonstrativement aux conférences impérialistes internationales de paix doit cacher aux masses les contradictions immanentes des puissances capitalistes. Les intérêts militaires concordants contre l'Allemagne ne peuvent cependant empêcher l'éclatement des contradictions dans le camp allié. A ces contradictions s'ajoutent les crises inévitables et les bouleversements sociaux du mode de production capitaliste en déclin. Une analyse exacte de la situation internationale en appliquant les méthodes du marxisme-léninisme est la condition indispensable pour une politique révolutionnaire couronnée de succès.</p>
<p> La situation internationale de la classe ouvrière</p>
<p> Cette évolution donne au prolétariat allemand la possibilité de se lever à brève échéance de sa défaite la plus profonde et de se mettre à nouveau à la tête du prolétariat européen dans la lutte pour abattre le capitalisme. La révolution russe, isolée par l'échec de la révolution en Europe, a pris une évolution qui l'a éloignée de plus en plus des intérêts du prolétariat européen et international. La politique du « socialisme dans un seul pays » représentait d'abord les seuls intérêts de la clique bureaucratique dominante et conduit actuellement l'Etat russe à une politique de nationalisme côte à côte avec les puissances impérialistes. Quelle que soit l'évolution en Russie, le prolétariat international doit se libérer de toute illusion concernant cet Etat et arriver par une analyse marxiste claire au constat que la caste de bureaucrates et de militaires actuellement au pouvoir défend exclusivement ses propres intérêts et que la révolution internationale doit renoncer à tout soutien de la part de ce gouvernement.</p>
<p> La complète débâcle militaire, politique et économique de la bourgeoisie allemande ouvre pour le prolétariat allemand la voie de sa libération. Pour empêcher la renaissance de la bourgeoisie allemande favorisée par les contradictions impérialistes, la classe ouvrière doit mener sa lutte révolutionnaire dans chaque pays contre sa propre bourgeoisie. La classe ouvrière a été privée de sa direction révolutionnaire par la politique des deux organisations ouvrières internationales qui avaient combattu activement et saboté la révolution prolétarienne ; elles seules auraient pu empêcher cette guerre. La IIe Internationale est un instrument de la bourgeoisie. La III° Internationale est devenue, depuis la mort de Lénine, une agence de la politique étrangère de la bureaucratie russe. Toutes les deux ont participé activement à la préparation et à la conduite de cette guerre impérialiste pour laquelle elles sont coresponsables. Ceux qui rendent responsable ou coresponsable de cette guerre la classe ouvrière continuent simplement à servir la bourgeoisie.</p>
<p> Le prolétariat ne peut réaliser sa tâche historique que sous la direction d'un nouveau parti mondial révolutionnaire. La construction de ce parti est la tâche immédiate de tous les éléments les plus avancés de la classe ouvrière. Dans la lutte contre le capitalisme et ses agents réformistes et staliniens, des cadres révolutionnaires internationaux se sont déjà rassemblés pour la construction de ce parti mondial. Pour réaliser cette tâche difficile, un détour en direction du mot d'ordre conciliateur pour une nouvelle Internationale 2 ½ n'est pas possible. Une telle formation intermédiaire empêche la clarification idéologique nécessaire et freine l'efficacité révolutionnaire.<br class='autobr' /> Plus jamais de 9 novembre 1918 !</p>
<p> Dans la période prérévolutionnaire imminente, il s'agit de mobiliser, les masses travailleuses dans la lutte contre la bourgeoisie et de préparer la construction d'une nouvelle Internationale révolutionnaire qui réalisera l'union de la classe ouvrière dans l'action révolutionnaire.</p>
<p> Toutes les théories et illusions concernant un « Etat populaire », « Démocratie populaire », ont conduit la classe ouvrière au cours des luttes de classes sous la société capitaliste dans les défaites les plus sanglantes. Seule la lutte intransigeante contre l'Etat capitaliste jusqu'à sa destruction et l'instauration de l'Etat des conseils ouvriers et paysans peuvent empêcher d'autres défaites. La bourgeoisie et la petite bourgeoisie déracinée ont porté le fascisme au pouvoir. Le fascisme est une création du capitalisme. Seule l'action indépendante et victorieuse de la classe ouvrière contre le capitalisme peut anéantir le mal du fascisme avec ses racines. Dans cette lutte, la petite bourgeoisie hésitante suivra le prolétariat révolutionnaire dans sa poussée, comme l'histoire des grandes révolutions nous l'a appris.</p>
<p> Pour rester victorieuse dans les luttes de classes à venir, la classe ouvrière allemande doit se battre pour la réalisation des revendications suivantes :</p>
<p> Liberté d'organisation, de réunion et de presse ! Liberté d'association et rétablissement immédiat de toutes les conquêtes sociales d'avant 1933 !</p>
<p> Suppression complète de toutes les organisations fascistes ! Saisie de leurs fortunes en faveur des victimes du fascisme ! Tous les représentants de l'Etat fasciste doivent être jugés par des tribunaux populaires librement élus !</p>
<p> Dissolution de la Wehrmacht et son remplacement par des milices ouvrières !</p>
<p> Elections immédiates et libres de conseils ouvriers et paysans dans toute l'Allemagne et convocation d'un congrès général des conseils !</p>
<p> Tout en utilisant toutes les institutions parlementaires de la bourgeoisie pour la propagande révolutionnaire, il faut maintenir et élargir les conseils !</p>
<p> Expropriation des banques, de l'industrie lourde et des propriétaires fonciers ! Contrôle de la production par les syndicats et les conseils ouvriers !</p>
<p> Pas un homme, pas un pfennig pour les dettes de guerre et de réparations de la bourgeoisie ! La bourgeoisie doit payer !<br class='autobr' /> Pour la révolution socialiste dans toute l'Allemagne, contre le démembrement de l'Allemagne !</p>
<p> Fraternisation révolutionnaire avec les prolétaires des armées d'occupation ! Pour une Allemagne des conseils dans une Europe des conseils ! Pour la révolution prolétarienne mondiale !</p>
<p>Les communistes internationalistes de Buchenwald (IV° Internationale), le 20 avril 1945</p>
<p>Pour mémoire : Karl FISCHER, Marcel BAUFRERE, Ernst FEDERN, Florent GALLOY.</p>
<div class='spip_document_11106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Retour-de-Buchenvald-Baufrere.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH706/Retour-de-Buchenvald-Baufrere-dc9a0.jpg?1792846715' width='500' height='706' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_11105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/Camp-poeme-elle-fume-baufrere.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH712/Camp-poeme-elle-fume-baufrere-cec97.jpg?1792846715' width='500' height='712' alt='' /></a>
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</div><div class='spip_document_11107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH314/hochzeitsfoto-28573.jpg?1792846715' width='500' height='314' alt='' />
</figure>
</div></div>
Qu'est-ce que la pacte germano-soviétique d'août 1939 ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4721
https://www.matierevolution.org/spip.php?article47212015-05-07T23:53:00Ztext/htmlfrRobert ParisStalinisme1940
<p>Qu'est-ce que la pacte germano-soviétique d'août 1939 ? <br class='autobr' />
Le Pacte germano-soviétique ou traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union soviétique (nom officiel) comprend les accords diplomatiques et militaires signés entre le IIIe Reich et l'URSS le 23 août 1939 au Kremlin à Moscou entre le ministre des Affaires étrangères de l'URSS, Viatcheslav Molotov, et celui du IIIe Reich, Joachim von Ribbentrop, en présence de Staline. Il est également connu comme pacte Molotov-Ribbentrop, pacte (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory">00- La deuxième guerre mondiale : inter-impérialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de Léon Trotsky</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot99" rel="tag">Stalinisme</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot104" rel="tag">1940</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_6110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L485xH345/-1230-b4c13.jpg?1792825123' width='485' height='345' alt='' />
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</div><div class='spip_document_6111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L400xH493/-1231-a19ec.jpg?1792825123' width='400' height='493' alt='' />
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</div><div class='spip_document_6113 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH308/-1233-96483.jpg?1792825123' width='450' height='308' alt='' />
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</div><div class='spip_document_6114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-1234.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH169/-1234-14c29.jpg?1792846715' width='500' height='169' alt='' /></a>
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</div><h2 class="spip">Qu'est-ce que la pacte germano-soviétique d'août 1939 ?</h2>
<p>Le Pacte germano-soviétique ou traité de non-agression entre l'Allemagne et l'Union soviétique (nom officiel) comprend les accords diplomatiques et militaires signés entre le IIIe Reich et l'URSS le 23 août 1939 au Kremlin à Moscou entre le ministre des Affaires étrangères de l'URSS, Viatcheslav Molotov, et celui du IIIe Reich, Joachim von Ribbentrop, en présence de Staline. Il est également connu comme pacte Molotov-Ribbentrop, pacte Ribbentrop-Molotov (surtout en Occident) ou pacte Hitler-Staline (surtout dans les pays concernés) et Pacte de non-agression de 1939 (surtout en Russie et Biélorussie).</p>
<p>Le 28 septembre 1939, l'Allemagne signe avec l'URSS le « Traité germano-soviétique de délimitation et d'amitié », qui définit la collaboration, les zones d'influence et les frontières entre les deux puissances. C'est la frontière actuelle de la Pologne qui est retenue (un peu plus à l'Ouest que ligne Curzon de 1920 : cette frontière est dénommée ligne Curzon B par les sources soviétiques). Il stipule aussi que l'URSS fournira des matières premières à l'Allemagne : métaux, phosphates et pétrole, matières indispensables à la guerre, et prévoit des échanges de réfugiés politiques, communistes allemands livrés à la Gestapo (dont Margarete Buber-Neumann) et russes blancs ou dissidents livrés au NKVD.</p>
<p>Un des protocoles stipulait que, en cas de partage de la Pologne, les deux parties avaient l'obligation de prendre des mesures pour prévenir et empêcher toute action de la Résistance polonaise. Des consultations mutuelles à propos de toutes les actions répressives qui sembleraient utiles était prescrites :</p>
<p>« Aucune des deux parties ne tolèrera sur son territoire d'agitation polonaise quelconque qui menacerait le territoire de l'autre partie. Chacune écrasera sur son propre territoire tout embryon d'une telle agitation, et les deux s'informeront mutuellement de tous les moyens adéquats pouvant être utilisés à cette fin. »</p>
<div class='spip_document_6112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH248/-1232-fdeb8.jpg?1792846715' width='500' height='248' alt='' />
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</div>
<p>Einsatzgrupppen en Pologne</p>
<p>Les Juifs, soit une importante fraction de la population prolétarienne des villes de Pologne, se radicalisaient à cette époque et représentaient une menace pour la bourgeoisie. Dans la révolution en Europe de 1917-1923, le prolétariat avait attiré à lui les Juifs révoltés. L'accord entre Staline et Hitler en 1939 pour l'envahissement et le partage de la Pologne devait rompre durement cette attraction.</p>
<p>Nazisme et stalinisme ont partagé la Pologne et massacré conjointement les Juifs de leur partie.</p>
<p>1939 en Pologne : rafle massive des Juifs avant le massacre</p>
<div class='spip_document_6120 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH322/-1239-6c8ce.jpg?1792846715' width='500' height='322' alt='' />
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</div>
<p>Extraits de « La destruction des Juifs d'Europe » de Raoul Hilberg :</p>
<p><i>« Au bout du compte, les Einsatzgrupppen avaient quelques milliers d'hommes, et les Juifs étaient plusieurs millions. Puisqu'ils n'étaient pas préparés à se battre contre les Allemands, on est en droit de se demander pourquoi ils ne cherchèrent pas leur salut dans la fuite. (…) les Juifs étaient d'autant moins vigilants que la presse et la radio soviétiques avaient tu ce qui se passait au-delà des frontières (traité germano-soviétique oblige). (…) Ils n'avaient pas compris qu'il y avait péril à demeurer. (…) les opérations étaient organisées de telle sorte que la population s'en aperçut à peine. Même les Juifs survivants gardaient l'impression que les victimes avaient simplement été transférées ailleurs. »</i></p>
<p>Ce que craignaient le plus les chefs politiques des classes dirigeantes du monde aussi bien que la bureaucratie stalinienne, ce sont les risques révolutionnaires et ils avaient conscience que la situation des Juifs d'Europe augmentait ces risques. La révolution russe avait déjà montré que l'oppression des Juifs, loin de se contenter de mener au fatalisme prétendument traditionnel, pouvait entraîner une fraction notable des Juifs aux côtés de la révolution sociale. Et dans des pays comme la Pologne, le risque était décuplé par le fait que les Juifs, très opprimés, représentaient une fraction importante de la population et encore plus grande de celle des villes, y compris une fraction non négligeable de la classe ouvrière et la majorité des petits artisans, y compris dans des grandes villes comme Varsovie ou Lodz. Loin de vouloir s'attaquer aux racines du mal, à l'oppression des Juifs, aux pogromes dont la cause était la technique des classes dirigeantes visant à noyer le mécontentement dans le pogrome, ces dirigeants des grandes « démocraties » de France, d'Angleterre et des USA avaient d'abord et avant tout besoin des fascismes contre la révolution. L'Allemagne allait bien le démontrer en 1918-19 avec la bourgeoisie allemande organisant sur ordre de la social-démocratie l'écrasement dans le sang de la révolution ouvrière par les « corps francs » fascistes. Si la vague révolutionnaire est vaincue, elle l'est en s'appuyant sur des régimes d'Europe de type semi-fasciste comme la dictature antisémite de Pologne du général Pilsudski. La situation qui précède la deuxième guerre mondiale est une nouvelle mobilisation des Juifs opprimés d'Europe, comme elle connaît une nouvelle mobilisation du prolétariat, à nouveau menaçant. Il faut d'abord rappeler qu'en 1936, les ouvriers et les jeunes Juifs ont été nombreux à être attirés par le courant communiste stalinien. L'accord entre Staline et Hitler en 1939 pour l'envahissement et le partage de la Pologne devait rompre durement cette attraction. Il n'en subsistait pas moins que les Juifs, soit une importante fraction de la population prolétarienne des villes de Pologne, se radicalisaient à cette époque et représentaient une menace pour la bourgeoisie.</p>
<div class='spip_document_6121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-1240.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH330/-1240-87e8d.jpg?1792846715' width='500' height='330' alt='' /></a>
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</div>
<p>Les deux armées, allemande et russe, côte à côte, entrant conjointement en Pologne</p>
<p>Quand les Russes (prétendument "soviétiques") annexèrent l'est de la Pologne, en juin 1941, environ 300 000 réfugiés juifs en provenance des territoires polonais occupés par l'Allemagne se trouvèrent pris au piège. La grande majorité d'entre eux resta en Pologne occupée par les Soviétiques. En 1940 et 1941, les officiers de la police secrète soviétique arrêtèrent et déportèrent - en tant qu'"éléments non-assimilables" - des centaines de milliers d'habitants de Pologne de l'est, y compris des milliers de réfugiés juifs en provenance des territoires polonais occupés par l'Allemagne. Ces gens furent déportés en Sibérie, en Asie centrale, et vers d'autres lieux à l'intérieur de l'Union soviétique. Environ 40 000 réfugiés juifs fuirent encore la Pologne, craignant d'être arrêtés et persécutés, aussi bien dans les territoires polonais occupés par les Allemands que dans ceux occupés par les Soviétiques. Plus de la moitié de ces réfugiés gagnèrent la Roumanie et la Hongrie. 15 000 se rendirent en Lituanie, principalement à Vilna, à Kovno (aujourd'hui Kaunas), et dans les régions avoisinantes.</p>
<p>Entre septembre 1939 et 1941, 400 000 Juifs polonais sont déportés par les autorités russes dans les provinces asiatiques du centre de l'URSS.</p>
<p>Quand Staline attaqua la Finlande, la presse de Hitler, la seule au monde, proclama sa solidarité totale avec le Kremlin.</p>
<p>Ce « pacte », voulu par la bureaucratie stalinienne, loin de protéger la Russie d'une attaque venue de l'Allemagne, l'a affaibli face à celle-ci. Elle a fait un pas de plus pour détruire toute boussole lutte de classe dans le mouvement ouvrier face à la marche à la guerre, le parti stalinien devenant un fervent partisan d'une alliance avec le principal pouvoir fasciste, alors que « deux minutes » avant il prônait de supprimer la lutte des classes pour mieux s'entendre avec les « bourgeoisies démocratique » au nom de la « lutte contre le fascisme » !</p>
<p>Le prétexte d'écarter la guerre mondiale est grossier. Le Pacte germano-soviétique est signé le 23 août, la presse communiste interdite le 26. La Pologne est attaquée le 1er septembre et la guerre déclarée le 3 septembre de la même année. Le pacte a ouvert la voie à la guerre mondiale en libérant l'Allemagne sur un des fronts, celui de l'Est. Et cela n'a même pas protégé la Russie d'une attaque ultérieure.</p>
<p>La raison principale de ce pacte Hitler-Staline n'a rien à voir avec des raisons militaires ou stratégiques mais a des causes profondément politiques et sociales. C'est l'entente entre les deux ennemis mortels de la révolution sociale qui prônent tous deux l'écrasement de toute forme d'organisation du prolétariat, le fascisme de l'Etat bourgeois et le fascisme de l'Etat issu de la révolution ouvrière mais se retournant contre elle à la faveur de la dissolution du mouvement vivant des soviets russes.</p>
<p>Les staliniens affirment que cette alliance avait un but défensif face aux divers impérialismes et que c'est une tactique qu'aurait acceptée Lénine qui aurait affirmé, selon eux, qu'on pouvait signer une alliance avec un impérialisme contre les autres, si c'était pour défendre le pouvoir d'Etat des travailleurs. C'est une présentation fallacieuse. Le seul « accord » que l'Etat ouvrier ait signé du vivant de Lénine est la paix de Brest-Litovsk qui a été imposée par l'armée allemande et pas pour faire alliance avec l'impérialisme allemand contre les autres.</p>
<p>Leurs justifications se contredisent d'ailleurs puisqu'ils affirment que ce pacte provenait du fait que les impérialistes occidentaux soutenaient Hitler et s'apprêtaient à le laisser attaquer l'URSS, le pacte aurait permis à la Russie de se préparer militairement à la guerre et, ultérieurement, d'imposer un pacte entre Russie et Angleterre-USA.</p>
<p>C'est un très gros mensonge sur tous les plans. Non seulement le pacte a permis d'accélérer l'entrée dans la guerre mondiale mais il n'a nullement servi à la Russie à se préparer à se défendre militairement. Staline a voulu croire vraiment à l'amitié indéfectible du fascisme allemand et du fascisme russe, que Trotsky appelle des jumeaux, et il a désarmé ses forces militaires, arrêté ses généraux, lancé des purges massives dans l'armée. Il a été complètement pris par surprise par l'offensive allemande contre la Russie.</p>
<p>En août 1939, Aragon écrit pour le parti stalinien français que nous répugnons à appeler communiste :</p>
<p><i>« Le pacte de non-agression avec l'Allemagne, imposé à Hitler qui n'avait pas d'autre possibilité que de capituler ainsi ou de faire la guerre, c'est le triomphe de cette volonté de paix soviétique. (…) Et que ne vienne pas ici comparer le pacte de non-agression germano-soviétique qui ne suppose aucun abandon de la part de l'URSS aux pactes « d'amitié » qu'ont signés les gouvernements toujours en exercice en France et en Angleterre avec Hitler : ces pactes d'amitié avaient pour base la capitulation de Munich… L'URSS n'a jamais admis et n'admettra jamais de semblables crimes internationaux. Silence à la meute antisoviétique ! Nous sommes au jour de l'effondrement de ses espérances. Nous sommes au jour où l'on devra reconnaître qu'il y a quelque chose de changé dans le monde et que, parce qu'il y a l'URSS, on ne fait pas la guerre comme on veut. Il existe entre la France et la Pologne un traité d'assistance mutuelle. C'est-à-dire que si la Pologne est victime d'une agression, la France doit venir à son aide. Et tout bon français qui ne veut pas voir se répéter la honte de Munich, et l'abandon de nos alliés de Tchécoslovaquie, souhaitera comme nous que la France tienne ses engagements internationaux. »</i></p>
<p>Au moment où les staliniens traitaient les révolutionnaires communistes internationalistes d' « hitléro-trotskistes », la véritable alliance entre le stalinisme et le nazisme se montrait au grand jour.</p>
<p>En effet, c'est, d'abord et avant tout, un pacte contre-révolutionnaire qui vise à écraser les potentialités révolutionnaires prolétariennes en Europe de l'Est, notamment en massacrant les Juifs de Pologne. Stalinisme et nazisme convergent sur des bases réelles car ils ont un but commun : agir contre le prolétariat révolutionnaire. Ce sera encore sur de telles bases que la Russie s'alliera cette fois avec les USA et l'Angleterre…</p>
<p>Trotsky écrivait :</p>
<p><i>« Le régime totalitaire de Hitler a surgi de la peur des classes possédantes d'Allemagne devant une révolution socialiste. Hitler a été mandaté par les possédants pour sauver la propriété des menaces du bolchevisme, à tout prix, et pour aménager une ouverture de l'Allemagne vers l'arène mondiale. Le régime totalitaire de Staline a surgi de la peur de la nouvelle caste de parvenus révolutionnaires devant le peuple révolutionnaire qu'elle étrangle. »</i></p>
<p>Ce pacte démontre le mensonge du pacte suivant, celui entre la Russie et les impérialismes US et anglais. Ce mensonge est celui de la « guerre contre le fascisme ». La Russie des bureaucrates n'a rien de fondamentalement opposée au fascisme et comptait même avoir une alliance durable de fond avec lui. Les bourgeoisies occidentales elles aussi comptaient sur le fascisme pour détruire le communisme en Allemagne, en Europe de l'Est et en Russie.</p>
<p>Tous ne se réconcilieront que pour mener ensemble la suite de la guerre contre le communisme, la bureaucratie russe n'étant pas moins foncièrement hostile au prolétariat révolutionnaire que la grande bourgeoisie mondiale, comme elle l'a notamment montré en Espagne.</p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/defmarx/dma3.htm" class="spip_out" rel="external">Le point de vue de Trotsky en 1937</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/09/lt04091939.htm" class="spip_out" rel="external">Le point de vue de Trotsky en septembre 1939</a></p>
<p><a href="https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/12/lt04121939.htm" class="spip_out" rel="external">Le point de vue de de Trotsky en décembre 1939</a></p>
<p><a href="http://www.wsws.org/francais/hiscul/2009/aou2009/pact-a28.shtml" class="spip_out" rel="external">70 ans après…</a></p>
<div class='spip_document_6115 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L450xH636/-1235-24ee1.jpg?1792825124' width='450' height='636' alt='' />
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</div><div class='spip_document_6116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <a href='https://www.matierevolution.org/IMG/jpg/-1236.jpg' class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH414/-1236-49502.jpg?1792846716' width='500' height='414' alt='' /></a>
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</div></div>
La deuxième guerre mondiale était-elle un combat des démocraties contre le fascisme ?
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4501
https://www.matierevolution.org/spip.php?article45012015-02-17T02:38:00Ztext/htmlfrRobert ParisCrise CrisisGuerre War1940Fascisme
<p>L'impérialisme anglo-saxon était l'ami de tous les fascismes, à commencer par celui de Staline <br class='autobr' />
La deuxième guerre mondiale était-elle un combat des démocraties contre le fascisme ? <br class='autobr' />
Toutes les déclarations actuelles des gouvernants et de tous les partis bourgeois, réformistes et staliniens y compris de tous les syndicats, le rappellent, comme toutes les cérémonies militaires, des USA à la Russie en passant par l'Europe, le monde actuel est fondé sur le grand mensonge de la deuxième guerre (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory">00- La deuxième guerre mondiale : inter-impérialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de Léon Trotsky</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot47" rel="tag">Crise Crisis</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot104" rel="tag">1940</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot136" rel="tag">Fascisme</a>
<div class='rss_texte'><div class='spip_document_5618 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'>
<figure class="spip_doc_inner"> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L220xH229/-839-d8ac5.jpg?1792812390' width='220' height='229' alt='' />
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<p>L'impérialisme anglo-saxon était l'ami de tous les fascismes, à commencer par celui de Staline</p>
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</div><h2 class="spip">La deuxième guerre mondiale était-elle un combat des démocraties contre le fascisme ?</h2>
<p>Toutes les déclarations actuelles des gouvernants et de tous les partis bourgeois, réformistes et staliniens y compris de tous les syndicats, le rappellent, comme toutes les cérémonies militaires, des USA à la Russie en passant par l'Europe, le monde actuel est fondé sur le grand mensonge de la deuxième guerre mondiale présentée comme une lutte libératrice des peuples contre le fascisme : d'un côté les puissances capitalistes occidentales (USA, Angleterre et empire anglais, la bourgeoisie coloniale étant présentée comme exemple de démocratie…) alliées à la bureaucratie du Kremlin (drôle de démocratie qui écrase déjà toute organisation indépendante du prolétariat et qui vient de contribuer à lancer le monde dans la guerre en s'unissant d'abord avec l'Allemagne fasciste pour dépecer la Pologne et y écraser notamment les Juifs), deux camps censés représenter la démocratie... De l'autre, les fascismes (Allemagne et Japon mais aussi Italie, Espagne, France vichyste, etc.) Le capitalisme occidental se serait donc mobilisé pour défendre les peuples. Il n'est pas de mensonge aussi éhonté. Les mouvements stalinien et social-démocrate comme les bureaucraties syndicales se sont faites les défenseurs jusqu'à nos jours de cet odieux baratin de défense des buts guerriers impérialistes.</p>
<p>En fait, la bourgeoisie mondiale, pas seulement celle des pays fascistes, a toujours fait le choix du fascisme (et de la guerre) face à la menace prolétarienne. C'est cette dernière qu'il s'agit d'éradiquer dans le fascisme. Ce n'est pas la démocratie bourgeoise mais la démocratie ouvrière qu'il faut assassiner. Ce n'est pas un quelconque fanatisme qui y pousse les gouvernants et la bourgeoisie. C'est une nécessité de classe. C'est ou la bourgeoisie ou le prolétariat, sous la forme : ou le fascisme ou le communisme !</p>
<p>La bourgeoisie mondiale risquait d'autant moins de combattre (militairement ou politiquement) le fascisme que celui-ci n'est parvenu au pouvoir que dans des situations où la seule alternative était la révolution prolétarienne ! Face à la crise du système, parvenue à un état critique dans un pays, la bourgeoisie n'a d'autre choix que de détruire tout droit démocratique pour le prolétariat, y compris toute forme d'organisation réformiste, politique ou syndicale. La terreur contre les masses prolétariennes violemment écrasées, c'est cela que le fascisme permet.</p>
<p>La guerre elle-même n'a pas d'autre but. Les pays en guerre n'ont plus rien de démocratique. Le mouvement ouvrier y est entièrement soumis aux classes dirigeantes, sous prétexte de défense de la patrie, de nécessités de l'industrie d'armement ou de défaitisme considéré comme une trahison.</p>
<p>La guerre mondiale n'est pas causée par la nécessité de lutter contre le fascisme. Elle est, tout comme le fascisme, un produit de la crise de la domination capitaliste, suite à la crise économique mondiale de 1929, à un moment où les classes dirigeantes estiment qu'il est plus sûr d'attaquer que d'attendre la prochaine montée révolutionnaire.</p>
<p>La guerre, le fascisme, les dictatures militaires sont des réponses bourgeoises à une situation où les classes dirigeantes s'estiment trop faibles pour gouverner de manière classique, en s'appuyant sur le réformisme, en s'appuyant sur la petite bourgeoisie et sur une fraction plus aisée du prolétariat.</p>
<p>La terreur blanche, le massacre, la guerre, le fascisme sont des manières d'écraser la classe laborieuse. Les classes dirigeantes ont, bien avant le capitalisme, utilisé ce type de méthodes, y compris celles consistant à mobiliser certains milieux populaires ou paupérisés en masse contre la révolution sociale. La noblesse en avait fait autant avec les paysans vendéens et bretons ou le tsarisme avec les paysans cosaques.</p>
<p>Dans la lutte entre la féodalité et la bourgeoisie, les féodaux ont plusieurs fois mobilisés des milieux populaires paupérisés et affolés contre le camp révolutionnaire, comme la noblesse et la royauté a utilisé les parisiens pauvres et catholiques contre les protestants lors de la Saint-Barthélemy.</p>
<p>On peut citer parmi les exploits barbares des régimes féodaux, utilisant des méthodes fascistes contre les mouvements révolutionnaires dirigés par la bourgeoisie : le massacre du peuple chinois des années 184 à 192 (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Turbans_jaunes" class="spip_out" rel="external">révolution des Turbans jaunes</a>), le massacre des Protestants de la Saint-Barthélemy, à partir du 24 août 1572 (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article403" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), la « terreur blanche » contre la révolution française (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_blanche_%28France%29" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>, <a href="http://ahrf.revues.org/11265" class="spip_out" rel="external">voir là</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Soul%C3%A8vement_de_Lyon_contre_la_Convention_nationale#La_r.C3.A9pression" class="spip_out" rel="external">Ici aussi</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_blanche_de_1815" class="spip_out" rel="external">Encore là</a>), et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ultraroyaliste#L.27apparition_d.27une_r.C3.A9action_contre-r.C3.A9volutionnaire" class="spip_out" rel="external">ici aussi</a>)), le massacre des Arméniens et des Assyro-Chaldéens par l'Empire Ottoman (<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4408" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>).</p>
<p>La bourgeoisie capitaliste n'a fait que reprendre les méthodes de la terreur contre-révolutionnaire et du fascisme : le bonapartisme du coup d'Etat de 1851 (<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3105" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), les massacres contre les révolutions ouvrières de 1848 et 1871 (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article201" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>, les massacres de l'empire colonial dont celui de l'insurrection des Boers d'Afrique du sud (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1552" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), et l'ensemble des crimes des bourgeoisies occidentales contre les révolution des peuples colonisés et opprimés (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Contre-insurrection" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), etc.</p>
<p>Voici un exemple de contre-révolution du colonialisme français au Vietnam : <a href="http://rha.revues.org/7512" class="spip_out" rel="external">ici</a></p>
<p>On comprend, du coup, que la bourgeoisie impérialiste, qui se dit démocratique, n'a jamais renoncé à l'arme du fascisme, pas plus que du massacre, de la guerre civile et même du génocide contre la classe ouvrière : la terreur blanche en Russie (<a href="http://www.marxists.org/francais/inter_com/1919/ic1_19190300f.htm" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_blanche_%28Russie%29" class="spip_out" rel="external">et aussi ici</a>), en Finlande (<a href="http://www.gauchemip.org/spip.php?article995" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), en Hongrie (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_blanche_%28Hongrie%29" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), dans les fascismes italien (<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3605" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), allemand (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3101" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>) et espagnol (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Terreur_blanche_%28Espagne%29" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>).</p>
<p>Le fascisme n'est pas un phénomène ancien, dépassé, qui n'était lié qu'à la situation de la fin des années trente. Il est faux de dire que maintenant les peuples sont assez conscients pour ne pas retomber dans cette erreur. Car, du côté des classes dirigeantes, ce n'était pas une erreur et c'était même une nécessité de classe.</p>
<p>C'est bel et bien pour détruire le mouvement ouvrier que les bourgeoisies se sont tournées vers le fascisme et, après la deuxième guerre mondiale, elles n'y ont pas renoncé (<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2108" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>).</p>
<p>On a vu dans la période récente que la bourgeoisie est très loin d'avoir abandonné le fascisme comme politique pour écraser le mouvement ouvrier : on l'a vu au Chili (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article107" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), on l'a vu en Grèce (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article2065" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), on l'a vu au Rwanda (<a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2245" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), on l'a vu en Algérie (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article123" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), on l'a vu avec Al Qaïda fondé par les USA (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article97" class="spip_out" rel="external">voir ici</a>), etc…</p>
<p>Jamais la bourgeoisie n'a choisi, même dans les périodes calmes, de se débarrasser des fascistes car elle sait qu'elle peut en avoir besoin, y compris dans les pays riches dits démocratiques. On le voit par exemple en ce moment en Grèce ou en Italie. Elle n'a aucune réticence à utiliser des forces supplétives d'assassins dans ses interventions militaires contre les peuples révoltés d'Afrique et du Moyen Orient. Elle n'a pas plus de réticence à les utiliser contre les peuples révoltés des pays riches, si cela s'avère nécessaire du fait de la crise mondiale et de la déstabilisation qu'elle engendre.</p>
<p>Dans la crise politique et sociale qui a suivi la crise mondiale de 1929, il en a été de même. La bourgeoisie mondiale a accueilli avec un soulagement immense et même pas caché la victoire d'Hitler contre la révolution communiste en Allemagne. Ce n'est pas par sympathie que la bourgeoisie allemande avait choisi Hitler et il en va de même de la bourgeoisie mondiale. C'était une nécessité pour en finir avec le plus grand danger pour sa domination : le risque que le prolétariat allemand s'unisse au prolétariat russe, rompe l'isolement de ce dernier, remette en question la bureaucratisation en redonnant espoir et force aux prolétaires russes. La bourgeoisie mondiale avait accueilli aussi avec soulagement la victoire de Mussolini onze ans avant contre la révolution communiste italienne.</p>
<p>Elle a encore accueilli avec soulagement la victoire de Franco contre la révolution communiste espagnole. Les forces bourgeoises démocratiques et staliniennes ont été un auxiliaire puissant de Franco tout comme les mêmes forces avaient été des auxiliaires puissants de la victoire fasciste en Italie et en Allemagne. Mais là comme au Japon, ce sont les classes dirigeantes qui avaient basculé le pays dans le fascisme et elles ne l'avaient pas fait par hasard ou par folie mais par un choix délibéré lié à des intérêts clairs de classe.</p>
<p>A ce moment, aucune nation bourgeoisie n'avait levé le petit doigt pour s'opposer à la montée fasciste. Si Hitler a envoyé ses avions bombarder l'Espagne républicaine, les pays démocratiques n'ont pas envoyé un soldat et la Russie n'en a envoyé que pour mieux détourner la révolution et assassiner les révolutionnaires.</p>
<p>Et pour cause : lutter contre le fascisme signifie soulever les peuples de manière révolutionnaire et ce n'est pas ces nations exploiteuses du monde, oppresseuses de la planète entière qui allaient appeler les peuples à se soulever !!! Ce n'est pas les USA génocidaires des Indiens et écrasant les Noirs et les travailleurs, ainsi que les peuples d'Amérique latine, qui allaient combattre le fascisme, eux qui conservaient précieusement toutes leurs ligues nazies et autre Ku Klux Klan. Ce n'est pas l'impérialisme britannique qui massacrait notamment en Inde qui allait soulever les peuples contre les méthodes fascistes ! Le stalinisme qui ne devait son existence qu'au retard de la révolution mondiale était le pire ennemi de tout soulèvement révolutionnaire et les bourgeoisies menacées depuis la crise mondiale ne l'étaient pas moins…</p>
<p>Le fascisme et la guerre mondiale allaient donner des milliers de preuves que l'opposition entre démocratie bourgeoise et fascisme n'a rien d'une opposition diamétrale. Le camp dit démocratique allait des milliers de fois utiliser des méthodes fascistes comme de raser des villes entières aux bombes incendiaires. Il n'allait pas, durant toute la guerre, dénoncer les méthodes d'extermination des nazis mais aussi du stalinisme, devenu principal allié, méthodes d'extermination qui avaient commencé en Pologne, avant même que se déclenche la guerre. Jamais les Alliés n'allaient se rappeler que la Russie stalinienne avait pris part au massacre des Juifs de Pologne ! Jamais au cours de la guerre, ils n'allaient non plus se rappeler que le régime stalinien était tout aussi fasciste (destruction de tout mouvement ouvrier libre) en Russie elle-même !</p>
<p>Le premier soulèvement d'un peuple contre un pouvoir fasciste a eu lieu en Italie et la réaction des Alliés a été très caractéristique : ils ont bombardé la population des villes soulevées contre Mussolini en 1943 !!! Et ils ont essayé de s'entendre avec les dirigeants mussoliniens pour s'appuyer sur une partie du régime fasciste… <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article94" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p>Face à toute situation révolutionnaire, les Alliés étaient d'abord alliés au fascisme !</p>
<p>Ils n'ont jamais dénoncé le massacre des Juifs d'Europe de l'Est parce que ce massacre fasciste avait un but : détruire une situation révolutionnaire critique de cette région due au risque d'union des travailleurs et des Juifs, situation qui s'était produite dans la vague révolutionnaire en 1917-1923. (<a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article85" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p>La bourgeoisie et les staliniens n'ont soutenu aucun soulèvement contre le nazisme, pas plus celui des Juifs <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3558" class="spip_out" rel="external">voir ici</a> et <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1264" class="spip_out" rel="external">aussi là</a> que des Polonais ou d'autres encore et ils se sont même gardés de diffuser des informations sur eux.</p>
<p>De nombreux événements ont démontré que les Alliés étaient prêts à pactiser avec les fascistes. Non seulement, ils avaient attendu 1939 pour s'attaquer à Hitler qui, rappelons-le, venu au pouvoir en 1933, n'avait aucune armée encore deux ans après. Non seulement, ils avaient laissé celui-ci s'emparer de l'Autriche et de la Pologne mais les USA ont attendu bien plus longtemps pour faire leur prétendue « guerre aux fascismes » : septembre1941 contre l'Allemagne et décembre 1941 contre le Japon.</p>
<p>Durant la guerre, les actes fascistes des Alliés n'ont pas manqué et ce n'est pas seulement les bombardements de <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article104" class="spip_out" rel="external">Hiroshima et Nagasaki</a> ou de <a href="http://blogs.mediapart.fr/blog/dossantos/150209/dresde-crimes-de-guerre-allies-pendant-la-ii-guerre-mondiale-notre-herita" class="spip_out" rel="external">Dresde</a>, Hambourg et Berlin. <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?breve357" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p>Les Américains ont récupéré des nazis allemands qu'ils ont intégrés à leur appareil d'Etat ou à celui de leurs dépendances sud-américaines…</p>
<p>Quand ils ont créé des camps de soldats allemands prisonniers aux USA, ils ont donné la direction de ceux-ci aux anciens nazis. <a href="http://rha.revues.org/7698" class="spip_out" rel="external">Voir le livre de Costelle, « Les prisonniers »</a></p>
<p>En Grèce, ils ont remis en place les fascistes contre l'insurrection communiste : <a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2022" class="spip_out" rel="external">voir ici</a></p>
<p>En Espagne, ils ont laissé en place Franco et l'empereur du Japon y est resté lui aussi. Le fascisme portugais a lui aussi été sauvegardé.</p>
<p>La nuit des longs couteaux en Allemagne avait bien montré que, si les masses petites bourgeoises fanatisées dans les sections d'assaut y avaient servi contre le prolétariat, elles n'étaient nullement arrivées au pouvoir et que c'est la grande bourgeoisie capitaliste qui avait tiré les marrons du feu. <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article931" class="spip_out" rel="external">Voir ici</a> et <a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3101" class="spip_out" rel="external">là</a></p>
<h2 class="spip">Conclusions :</h2>
<p>1°) Le fascisme, le bras droit de la bourgeoisie dont la démocratie n'est que le bras gauche, est un danger permanent dans la société bourgeoise du fait de la crise de la domination de la bourgeoisie débutée en 2007. Car c'est en période de crise systémique que la bourgeoisie peut faire appel au fascisme.</p>
<p>2°) En effet, le fascisme, ce n'est pas seulement des petits groupes ou grands groupes nazis, c'est une politique des classes dirigeantes dans les périodes où la crise de la société bourgeoise entraîne des risques révolutionnaires prolétariens.<br class='autobr' />
3°) En ce sens, le fascisme est inséparable de la société bourgeoise. Il est, avec la démocratie bourgeoise, l'autre face de la même pièce. On ne peut combattre résolument le fascisme qu'en combattant pour en finir avec la domination de la bourgeoisie. On ne peut pas compter sur la démocratie bourgeoise et ses institutions pour combattre le fascisme. Les partis démocratiques bourgeois, inéluctablement liés aux intérêts de la bourgeoisie, sont incapables d'éradiquer ce qui est l'une de ses solutions en cas de crise.</p>
<p>4°) Le fascisme est un changement radical par rapport au choix classique de la bourgeoisie, hors des crises graves, et qui se caractérise d'abord par la décision de détruire les organisations de collaboration de classe de la classe ouvrière : syndicats, associations et partis. C'est la montée de la menace révolutionnaire du prolétariat qui amène la classe bourgeoise et ses représentant à la tête de l'Etat bourgeois à prendre une telle décision.</p>
<p>5°) Le fascisme n'est pas une rupture avec la bourgeoisie, ni dans Etat, ni avec ses méthodes de classe. Il est au contraire la continuité de la domination de la bourgeoisie et de la défense de ses intérêts. C'est la situation économique, sociale et politique qui a changé. Ce n'est pas le produit de partis méchants, violents, dangereux mais de la nécessité de maintenir la domination de la bourgeoisie quand les masses risquant d'entrer en mouvement, la classe dirigeante a besoin de dépasser les moyens classiques de répression pour aller piocher dans le lumpen prolétariat, dans les couches arriérées aussi de la petite bourgeoisie apeurée par la crise et même dans certaines couches pourries de la classe ouvrière ou de ses chômeurs, ou encore de la jeunesse, afin de les mobiliser contre les travailleurs et les organisations qui y sont plus ou moins liées.</p>
<p>6°) Les classes dirigeantes se garderont toujours de se débarrasser de leurs fascistes car, en période de crise grave, ils peuvent en avoir besoin. C'est une preuve que les classes dirigeantes conservent toujours à l'esprit le danger révolutionnaire du prolétariat, même quand les prolétaires eux-mêmes ont oublié qu'ils appartiennent à une classe révolutionnaire ou même ont oublié qu'ils sont des prolétaires !</p>
<p>7°) Le premier danger, dans cette situation, provient d'abord des organisations prétendument réformistes. Ce sont elles qui, en muselant l'élan de lutte des travailleurs, lui brisent les reins, étouffent la révolution, la détournent, la calment et permettent ensuite aux fascistes et aux forces de répression de détruire la classe ouvrière. En pleine mobilisation massive des travailleurs, les tentatives fascistes n'ont d'autre effet que de faire monter la révolution. Quand les dirigeants réformistes ont pu diriger les luttes vers le mur, c'est là que viennent les risques fascistes.</p>
<h2 class="spip">Lire aussi :</h2>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article60" class="spip_out" rel="external">La deuxième guerre mondiale</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article365" class="spip_out" rel="external">La démocratie et le fascisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article3501" class="spip_out" rel="external">Comment je vois la lutte contre le fascisme</a></p>
<p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique42" class="spip_out" rel="external">L'alliance entre le stalinisme et le capitalisme n'avait pas lieu contre le fascisme mais contre le communisme</a></p>
<h2 class="spip"> Justifier la guerre impérialiste par la nécessité de combattre pour la démocratie est un leurre. Combattre le fascisme sans renverser le capitalisme est un mensonge des démocrates bourgeois et des réformistes syndicalistes et staliniens. C'est le principal piège pour les travailleurs et les peuples. </h2></div>
Débarquement de juin 1944 : Massacres et manipulations capitalistes
https://www.matierevolution.org/spip.php?article4287
https://www.matierevolution.org/spip.php?article42872014-06-07T12:19:50Ztext/htmlfrRobert Paris
<p>Débarquement de juin 1944 : Massacres et manipulations capitalistes <br class='autobr' />
La classe dominante ne lésine devant aucune dépense lorsqu'il s'agit de mettre en place des spectacles visant à faire accepter leur sort aux exploités et aux opprimés. Déjà, dans la Rome antique, les Empereurs savaient qu'il fallait fournir à la plèbe du pain et du cirque ("panem et circenses") pour qu'elle accepte son sort. Et quand le pain se faisait rare, on en rajoutait un peu sur le cirque. Dans la chrétienté, les (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory">00- La deuxième guerre mondiale : inter-impérialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de Léon Trotsky</a>
<div class='rss_texte'><h2 class="spip">Débarquement de juin 1944 : Massacres et manipulations capitalistes </h2>
<p>La classe dominante ne lésine devant aucune dépense lorsqu'il s'agit de mettre en place des spectacles visant à faire accepter leur sort aux exploités et aux opprimés. Déjà, dans la Rome antique, les Empereurs savaient qu'il fallait fournir à la plèbe du pain et du cirque ("panem et circenses") pour qu'elle accepte son sort. Et quand le pain se faisait rare, on en rajoutait un peu sur le cirque. Dans la chrétienté, les fastes de la messe avaient fondamentalement le même objectif. Mais là aussi, comme avec les jeux du cirque, il ne s'agissait pas seulement de fournir aux opprimés une petite dose de divertissement afin de leur faire oublier leur triste quotidien. Il s'agissait aussi de chanter la toute puissance et la toute bienfaisance des autorités du moment. De ce point de vue, la bourgeoisie n'a rien inventé, mais elle a développé et sophistiqué ce genre de spectacles avec tous les moyens que lui donnent tant l'expérience des anciennes classes exploiteuses que la maîtrise de la science et de la technologie que la société capitaliste a permise. Au quotidien, grâce en particulier à la télévision, le "bon peuple" a droit à toutes sortes de "reality shows", tournois sportifs et autres célébrations des fastes de la société actuelle (y compris les mariages princiers, plusieurs siècles après le renversement du pouvoir politique de l'aristocratie !). Et quand le calendrier s'y prête, alors on célèbre les grands événements historiques afin, non seulement "d'amuser le peuple" mais de lui bourrer le crâne d'un maximum de mensonges et de fausses leçons à propos de ces événements. Le 60e anniversaire du débarquement allié du 6 juin 1944 en a été un nouvel exemple ; un exemple particulièrement significatif.</p>
<p>Tous les journalistes qui ont couvert "l'événement" l'ont constaté : les cérémonies de 60e anniversaire du débarquement ont dépassé en faste, en participation des "personnalités", en "couverture médiatique" et en "ferveur populaire" celles du cinquantenaire. C'est un paradoxe que ces mêmes journalistes ont essayé de comprendre. Les explications ont été variées et quelques fois un peu surprenantes : c'est parce que ces cérémonies permettent de sceller l'amitié retrouvée entre la France et les États-Unis après la brouille liée à la guerre en Irak ; ou bien parce que c'était la dernière fois qu'on verrait participer les rescapés de cet épisode de l'histoire, ces vieux messieurs couverts de médailles qui, une fois dans leur vie de mineur des Appalaches, de paysan de l'Oklahoma ou de chauffeur-livreur de Londres, feraient l'objet de la gratitude universelle, seraient considérés comme des V.I.P. Les communistes ne célèbrent pas le débarquement de juin 1944, comme ils pourraient le faire pour la Commune de Paris de 1871 ou la Révolution d'octobre 1917. Cependant, il leur appartient à l'occasion de cet anniversaire et des cérémonies qu'il l'ont entouré de rappeler ce que fut vraiment cet événement, ce que fut sa signification afin d'opposer à la marée des mensonges bourgeois une petite digue au service de la petite minorité qui, aujourd'hui, peut les entendre.</p>
<p>La plus grande opération militaire de l'histoire</p>
<p>Jamais avant le 6 juin 1944, l'espèce humaine, dont l'histoire est pourtant riche en guerres, n'avait réalisé une opération militaire de l'envergure du débarquement allié en Normandie. Ce sont 6939 bâtiments qui, dans la nuit du 5 au 6 juin, ont traversé la Manche dont 1213 navires de guerre, 4126 bâtiments de débarquement, 736 bâtiments de servitude et 864 navires marchands. Au dessus de cette armada,11590 appareils zèbrent le ciel : 5050 chasseurs, 5110 bombardiers, 2310 avions de transport, 2600 planeurs et 700 avions de reconnaissance. Sur le plan des effectifs, ce sont 132715 hommes qui sont débarqués le "Jour J", ainsi que 15000 américains et 7000 britanniques qui ont été parachutés la veille derrière les lignes adverses par 2395 avions. Malgré leur énormité, ces chiffres sont encore loin de représenter toute l'ampleur de l'opération militaire. Avant même le débarquement, des dragueurs de mines avaient tracé cinq immenses chenaux permettant le passage de l'armada alliée. Le débarquement lui-même ne vise qu'à établir une tête de pont permettant de débarquer des troupes et des moyens matériels en quantité bien plus considérable. C'est ainsi que, en moins d'un mois, ce sont un million et demi de soldats Alliés qui sont débarqués avec tout leur équipement, notamment des dizaines de milliers de véhicules blindés (le tank Sherman à lui seul a été construit à 150 000 exemplaires). Pour ce faire, des moyens matériels et humains ahurissants sont mobilisés. Pour que les navires puissent décharger leur cargaison ou leurs passagers, il faut aux Alliés un port en eau profonde tel que Cherbourg ou Le Havre. Mais comme ces villes ne sont pas prises d'emblée, ils créent de toutes pièces au large de deux petites localités, Arromanches et Saint-Laurent, deux ports artificiels en acheminant d'Angleterre des centaines de caissons flottants en béton qui ensuite ont été immergés pour servir de digues et de quais (opération "Mulberry"). Pendant quelques semaines, Arromanches est devenue le plus grand port du monde avant que le relais ne soit passé à Cherbourg qui est pris par les Alliés un mois après le débarquement et dont le trafic s'élève alors au double de celui du port de New York en 1939. Enfin, dès le 12 août, les Alliés peuvent commencer à utiliser PLUTO (Pipe Line Under The Ocean), un pipe line sous-marin assurant l'approvisionnement en carburant depuis l'île de Wight jusqu'à Cherbourg. Ces moyens matériels et humains démesurés sont en soi un véritable symbole de qu'est devenu le système capitaliste, un système qui engloutit en vue de la destruction des quantités ahurissantes de moyens technologiques et de travail humain. Mais au-delà de son côté démesuré, il faut rappeler que l'opération "Neptune" (nom de code désignant le débarquement en Normandie), préparait un des plus grands carnages de l'histoire (l'opération "Overlord", l'ensemble des plans militaires en Europe occidentale à la mi-1944). Le long des côtes de la Normandie on peut voir ces immenses alignements de croix blanches témoins du terrible tribut payé par toute une génération de jeunes américains, anglais, canadiens, allemands, etc. dont certains avaient à peine 16 ans. Ces cimetières militaires ne comptabilisent pas les civils, femmes, enfants, vieillards, qui ont été tués lors des affrontements et dont le nombre, dans certains cas, est presque aussi élevé que celui des soldats tombés dans les combats. La bataille de Normandie, pendant laquelle les troupes allemandes ont tenté d'empêcher les troupes Alliées de prendre pied puis de progresser en France se solde par des centaines de milliers de morts au total.</p>
<p>Les vérités que la bourgeoisie veut cacher</p>
<p>Tous ces éléments, les discours et commentaires des médias bourgeois ne les cachent en aucune façon. On a même l'impression que les commentateurs en rajoutent lorsqu'ils évoquent la terrible boucherie de cet été 1944. Cependant, c'est dans l'interprétation de ces faits que se trouve le mensonge. Les soldats qui ont débarqué le 6 juin 1944 et les jours suivants sont présentés comme les soldats de la "liberté" et de la "civilisation". C'est ce qu'on leur avait dit avant le Débarquement pour les convaincre de donner leur vie ; c'est ce qu'on a dit aux mères de tous ceux que la mort a frappés au sortir de l'enfance ; c'est ce qu'ont déclaré une nouvelle fois les politiciens qui, en nombre, ont fait le déplacement sur les plages normandes le 6 juin 2004, les Bush, Blair, Poutine, Schröder, Chirac. Et les commentateurs de rajouter : "où en serions-nous si ces soldats n'avaient pas fait ces terribles sacrifices ? Nous serions encore sous la botte du nazisme !" Tout est dit : cette boucherie, aussi effroyable qu'elle fut, était un "mal nécessaire" pour "sauver la civilisation et la démocratie". Face à ces mensonges, qui sont partagés unanimement par tous les ennemis d'hier (le chancelier allemand avait été invité aux cérémonies) et que reprennent pratiquement toutes les forces politiques, de la droite la plus réactionnaire aux trotskistes, il est indispensable de réaffirmer quelques vérités élémentaires.</p>
<p>La première vérité à affirmer, c'est qu'il n'y avait pas dans la Seconde Guerre mondiale un "camp de la démocratie" contre un "camp du totalitarisme", à moins de continuer à considérer que Staline était un grand champion de la démocratie. À cette époque, c'est ce que prétendaient d'ailleurs les partis dits "communistes", et les autres partis ne faisaient pas beaucoup d'efforts pour les démentir. Les véritables communistes, pour leur part, dénonçaient depuis des années le régime stalinien, fossoyeur de la révolution d'Octobre 1917 et fer de lance de la contre-révolution mondiale. En réalité, il y avait dans la Seconde Guerre mondiale, tout comme dans la Première, deux camps impérialistes qui se disputaient les marchés, les matières premières et les zones d'influence du monde. Et si l'Allemagne, comme lors de la Première Guerre mondiale, apparaissait comme la puissance agressive, "celle par qui la guerre arrive", c'est tout simplement parce qu'elle avait été la plus mal lotie dans le partage du gâteau impérialiste à la suite du traité de Versailles concluant la première boucherie impérialiste, un traité qui avait aggravé encore à son détriment le partage qui lui était déjà défavorable avant 1914 du fait du retard avec lequel elle était arrivée sur la scène impérialiste (des petits pays comme la Hollande ou la Belgique avaient un empire colonial plus vaste que celui de l'Allemagne).</p>
<p>La deuxième vérité est celle-ci : malgré tous les discours sur "la défense de la civilisation", ce n'est pas cette dernière qui préoccupait les dirigeants Alliés qui ont pu faire preuve, à l'occasion, d'une barbarie tout à fait comparable à celle des pays de l'Axe. Et nous ne parlons pas seulement du Goulag stalinien qui valait bien les camps nazis. Les pays "démocratiques" se sont également illustrés dans ce domaine. Nous n'allons pas ici passer en revue l'ensemble des crimes et actes de barbarie commis par les valeureux "défenseurs de la civilisation" (à ce sujet voir notamment notre article "Les massacres et les crimes des 'grandes démocraties'" dans la Revue internationale n° 66). Il nous suffit de rappeler qu'avant la Seconde Guerre mondiale, et même avant l'arrivée des nazis au pouvoir, ces pays avaient "exporté" leur "civilisation" vers les colonies non seulement par le goupillon mais aussi, et surtout par le sabre, les canonnières et les mitrailleuses, sans compter les gaz asphyxiants et la torture. Quant aux preuves indiscutables de "civilisation" dont les Alliés ont fait preuve aux cours de la Seconde Guerre mondiale, rappelons quelques un de leurs hauts faits d'arme. Les premiers qui viennent à l'esprit, ce sont évidemment les bombardements de Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945 où fut employée pour la première et unique fois de l'histoire l'arme atomique tuant en une seconde près de cent mille civils et plus de cent mille autres au terme de mois et d'années de souffrance. Mais le terrible bilan de ces bombardements n'est sont pas seulement dû au fait qu'ils ont fait appel à une arme nouvelle, encore mal connue.<br class='autobr' />
C'est avec des moyens totalement "classiques" que les fers de lance de la civilisation ont massacré des populations uniquement civiles : - bombardements de Hambourg en juillet 1943 : 50 000 morts ; - bombardement de Tokyo en mars 1945 : 80 000 morts ; - bombardement de Dresde les 13 et 14 février 1945 : 250 000 morts. Ce dernier bombardement est particulièrement significatif. À Dresde il n'y avait ni concentration militaire, ni objectif économique ou industriel. Il y avait surtout des réfugiés venant des autres villes qui avaient déjà été rasées. En outre, la guerre était déjà gagnée par les Alliés. Mais pour ces derniers il fallait provoquer la terreur dans la population allemande, et particulièrement parmi les ouvriers, afin qu'il ne leur prenne pas l'idée de recommencer ce qu'ils avaient fait à la fin de la Première Guerre mondiale : des combats révolutionnaires en vue de renverser le capitalisme. Au procès de Nuremberg qui s'est tenu après la guerre ont été jugés les "criminels de guerre" nazis. En fait, ce qui leur a valu leur condamnation, ce n'est pas tant l'ampleur de leurs crimes que le fait qu'ils appartenaient au camp des vaincus. Sinon, à leur côté, il aurait fallu voir Churchill et Truman principaux "décideurs" des massacres évoqué ci-dessus. Enfin, il faut affirmer une dernière vérité face à l'argument suivant lequel l'humanité aurait connu des souffrances bien pires encore si les Alliés n'étaient pas venus libérer l'Europe. En premier lieu, la ré-écriture de l'histoire est en général un exercice vain. Bien plus féconde est la compréhension de pourquoi l'histoire a pris tel cours plutôt que tel autre. Comme dans le cas présent ("si les Alliés avaient perdu la guerre"), cet exercice est en général effectué par ceux-là qui veulent justifier l'ordre existant qui serait finalement le "moins mauvais" ("La Démocratie est la pire forme de gouvernement à l'exception de toutes les autres", Churchill). En réalité, la victoire de la "démocratie" et de la "civilisation" lors de la Seconde Guerre mondiale n'a aucunement mis fin à la barbarie du monde capitaliste. Depuis 1945, il y a eu autant de victimes de la guerre qu'au cours des deux guerres mondiales réunies. En outre, le maintien en place d'un mode de production, le capitalisme, dont les deux guerres mondiales, de même que la crise économique des années 30 et la crise actuelle font la preuve qu'il a fait son temps, a valu à l'humanité la poursuite et aujourd'hui l'aggravation de toutes sortes de calamités particulièrement meurtrières (famines, épidémies, catastrophes "naturelles" dont on pourrait éliminer les conséquences dramatiques, etc.). Sans compter que le système capitaliste, en se perpétuant, hypothèque de plus en plus l'avenir de l'espèce humaine en détruisant de façon irréversible l'environnement et en préparant de nouvelles catastrophes naturelles, notamment climatiques, aux conséquences effrayantes. Et si le système capitaliste a pu survivre plus d'un demi-siècle après la Seconde Guerre mondiale, c'est que la "victoire de la Démocratie" a représenté une terrible défaite pour la classe ouvrière ; une défaite idéologique qui est venu parachever la contre-révolution qui s'était abattue sur elle après l'échec de la vague révolutionnaire des années 1917-1923. C'est justement et principalement parce que la bourgeoisie, avec l'aide de tous les partis politiques qui se prétendent "ouvriers" (des "socialistes" jusqu'aux trotskistes, en passant par les "communistes"), a réussi à faire croire aux ouvriers des principaux pays capitalistes, notamment ceux des grandes concentrations industrielles d'Europe occidentale, que la victoire de la Démocratie était "leur victoire" que ces derniers n'ont pas engagé des combats révolutionnaires au cours et à la fin de la Seconde Guerre mondiale, comme ils l'avaient fait lors de la Première. En d'autres termes, la "victoire" de la Démocratie, et notamment le Débarquement qu'on a tant encensé ces derniers jours, a donné un sursis au capitalisme décadent, lui permettant de poursuivre pendant plus d'un demi siècle son cours catastrophique et barbare. Voila une vérité dont aucun média ne s'est fait l'écho, évidemment. Au contraire, le zèle tout particulier avec lequel tous les puissants du monde et leurs larbins ont célébré ce "grand moment de la Liberté" est à la hauteur de l'inquiétude nouvelle que la classe dominante commence à ressentir face à la perspective d'une reprise des combats de la classe ouvrière à mesure que la crise du capitalisme fera chaque jour plus la preuve de la faillite historique de ce système et de la nécessité de le renverser. Et justement, il est un autre enseignement très important que les opérations "Neptune" et "Overlord" doivent apporter à la classe ouvrière : c'est l'immense compétence dont est capable la bourgeoisie pour faire croire à ses mensonges.</p>
<p>Le rempart des mensonges</p>
<p>A la conférence de Téhéran qui s'est tenue entre les principaux dirigeants Alliés en décembre 1943, Churchill a déclaré à Staline : "En temps de guerre, la vérité est si précieuse qu'elle devrait toujours être protégée par un rempart de mensonges". Ce n'était pas une nouveauté. Au 6e siècle avant Jésus-Christ, le stratège chinois Sunzi énonçait déjà ainsi les règles principales de l'art de la guerre : "Imposer sa volonté à l'adversaire, l'obliger à se disperser ; agir du fort au faible, et en secret, mais être renseigné en permanence sur l'adversaire ; feindre, car tout acte de guerre est fondé sur la duperie". (L'art de la guerre, Flammarion, Paris, 1972) Et pour s'assurer du succès de la plus grande opération militaire de l'histoire, "Neptune", il fallait mettre en oeuvre une des entreprises de mystification les plus vastes qui aient jamais existé. Cette entreprise avait pour nom de code "Fortitude" et elle visait a induire les dirigeants allemands en erreur au moment du débarquement. Son élaboration avait été confiée à la Section de Contrôle de Londres (LCS), un organisme secret créé par Churchill et auquel collaboraient les principaux responsables des renseignements anglais et américains. Nous n'allons pas énumérer ici l'ensemble des moyens qui ont été mis en oeuuvre afin de tromper l'état-major allemand. Nous nous contenterons d'en signaler les plus significatifs. Au cours de la première moitié de 1'année 1944, l'évolution de la guerre avait permis aux dirigeants allemands de comprendre que les Alliés allaient ouvrir un front en Europe occidentale. En d'autres termes, qu'ils allaient débarquer dans cette zone. Là dessus, les Alliés savaient bien qu'il était impossible de tromper leur adversaire. Cependant, la question restait posée du moment et surtout du lieu précis de ce débarquement et l'objectif des "Moyens spéciaux" (terme utilisé par les britanniques) était de faire croire que celui-ci allait avoir lieu à une date et en un lieu autres que le 6 juin 1944 sur les plages normandes. Théoriquement, le débarquement pouvait avoir lieu en n'importe quel point de la côte entre le Golfe de Gascogne et la Norvège (c'est-à-dire plusieurs milliers de kilomètres). Cependant, dans la mesure où c'est en Angleterre que les Alliés avaient installé l'essentiel de leurs moyens militaires, il paraissait logique que le débarquement ait lieu quelque part entre la Bretagne et la Hollande. Plus précisément, Hitler était persuadé qu'il aurait lieu dans le Pas-de-Calais, là où les côtes anglaises sont les plus proches du continent, ce qui devait permettre à la chasse anglaise, dont le rayon d'action était limité, de participer aux combats. Grâce à leurs moyens d'espionnage, les Alliés avaient eu connaissance de cette conviction des dirigeants allemands et le but central de "Fortitude" était qu'ils la conservent le plus longtemps possible, y compris après le Débarquement en Normandie qui devait être interprété comme une diversion préparant le véritable Débarquement dans le Pas-de-Calais. Et le fait est que pendant plusieurs semaines, Hitler a attendu ce dernier ce qui l'a conduit à refuser d'envoyer vers la Normandie d'énormes moyens militaires basés dans le Nord de la France et en Belgique. Quand il a compris de quoi il retournait, il était trop tard : les Alliés avaient réussi à débarquer suffisamment d'hommes et de matériel pour leur permettre de remporter la bataille de Normandie et de commencer leur offensive vers Paris puis vers l'Allemagne. Les Alliés n'ont pas lésiné sur les moyens pour tromper leur adversaire. Certains des moyens employés étaient d'ailleurs assez cocasses : c'est ainsi qu'un acteur provincial dans le civil, Meyrick Edward Clifton James, a joué en mai 1944 le plus grand rôle de sa vie en étant présenté comme le maréchal Montgomery, le militaire anglais le plus prestigieux de la Seconde Guerre mondiale, à qui avait été confiée la direction opérationnelle du Débarquement. Sosie presque parfait de "Monty", soigneusement habillé et maquillé par des spécialistes, James est arrivé le 26 mai à Gibraltar avant de rejoindre Alger, ce qui avait pour objectif de faire croire que le débarquement des Alliés dans le sud de la France (qui finalement a eu lieu le 15 août en Provence) devait précéder celui du nord-ouest. (1) Il existe une foule d'autres épisodes de ce type, même si moins "folkloriques". Cependant, le moyen le plus décisif destiné à convaincre les dirigeants allemands que le débarquement aurait lieu dans le Pas-de-Calais est la constitution du FUSAG (Premier groupe d'armée des États-Unis) commandé par le général Patton, un des officiers supérieurs américains les plus en vue, et qui s'est installé dans le Sud-Est de l'Angleterre, donc face au Pas-de-Calais. La particularité de ce groupe d'armée, supposé comporter un million d'hommes, c'est qu'il était complètement fictif. Les tanks que les avions de reconnaissance allemands avaient pu photographier étaient des baudruches gonflables, les avions étaient en bois, les baraquements militaires en carton, etc. Quant aux messages radio qui partaient de ce rassemblement militaire, ils empruntaient la voix d'acteurs américains et canadiens de confiance. (2) Parmi les autres moyens employés pour renforcer la conviction allemande sur le débarquement dans le Nord de la France, certains révèlent tout le cynisme dont est capable la classe dominante. C'est ainsi que des agents de la "France libre" travaillant pour les britanniques ont été envoyés saboter des canons allemands qui défendaient cette partie de la côte. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est qu'ils allaient être livrés à la Gestapo par ceux-là même qui leur avaient confié cette mission afin qu'ils parlent sous la torture et communiquent des informations supposées "sensibles". (3) Ce qui frappe lorsqu'on prend connaissance des "moyens spéciaux" employés par les deux camps de la Seconde Guerre mondiale, et particulier les Alliés, c'est l'incroyable machiavélisme qui a été mis en �uvre pour tromper l'ennemi. Un des chapitres du livre de référence sur les opérations d'intoxication de la Seconde Guerre mondiale, "Bodygard of Lies" ("La Guerre secrète", en français) de Anthony Cave Brown, s'intitule d'ailleurs "Fortitude Nord, les machiavéliques stratagèmes". De fait, pendant longtemps, le gouvernement américain a tenté de cacher ces moyens (par un mémorandum du 28 août 1945, le président Truman a interdit toute divulgation d'information sur ce sujet). Les sphères dirigeantes de la classe dominante ne sont pas intéressées à ce qu'on soupçonne le degré de machiavélisme dont elles sont capables, surtout dans une période historique où la guerre est permanente. Après tout, si un stratagème n'a pas été éventé, il peut rendre de nouveaux services. Ainsi, l'attaque japonaise contre la base navale de Pearl Harbor, en décembre 1941, avait été voulue et favorisée par les dirigeants anglais et américains pour "forcer la main" à la population américaine et aux secteurs bourgeois qui étaient hostiles à l'entrée en guerre des États-Unis. Cette réalité a toujours été démentie par les autorités américaines (qui l'ont entourée jusqu'à aujourd'hui d'un "rempart de mensonges"). Si, comme c'est fortement probable, l'attaque contre les Twin Towers du 11 septembre 2001 a été voulue et favorisée par les services spécialisés de l'État américain qui ont "laissé faire" Al Qaïda, afin de préparer la guerre contre l'Irak, on comprend que le mensonge sur la réalité de Pearl Harbor continue d'être utile aujourd'hui. (4) Enfin, il est un élément que la classe ouvrière ne doit jamais perdre de vue : l'incroyable machiavélisme dont est capable la classe dominante lorsqu'elle fait la guerre, elle est parfaitement capable de l'employer contre les exploités. Et on peut même dire que c'est face au prolétariat qu'elle déploie avec le plus de sophistication tous ses talents dans l'art de la mystification : car là, l'enjeu de l'affrontement n'est plus pour la bourgeoisie une simple question de suprématie impérialiste, mais une question de vie ou de mort. En d'autres termes, dans la guerre de classe que la bourgeoisie livrera au prolétariat, encore plus que dans la guerre entre ses composantes nationales, elle "protège la vérité par un rempart de mensonges". Les flonflons de la célébration du débarquement du 6 juin 1944 se sont tus. Mais la classe ouvrière ne doit jamais oublier les véritables leçons de cet événement : - le capitalisme décadent ne peut mettre fin aux guerres, il ne peut qu'accumuler ruines sur ruines, que semer la mort à grande échelle ; - la bourgeoisie est prête à toutes les infamies, à tous les mensonges pour préserver sa domination sur la société ; - le prolétariat ne doit jamais sous estimer l'intelligence de la classe exploiteuse, sa capacité à mettre en oeuvre les mystifications les plus sophistiquées pour conserver son pouvoir et ses privilèges.</p>
<p>Fabienne</p>
<p>(1) Dans ce registre, il faut également signaler l'opération "Chair à pâté" ("Mincemeat") destinée à faire croire à l'État-major allemand que le débarquement en Sicile de juillet 1943 n'est qu'une diversion pour un débarquement beaucoup plus important en Grèce et en Sardaigne. Pour ce faire, on a largué près des côtes espagnoles le cadavre d'un homme, le major William Martin, qui n'avait jamais existé et qui portait attachée à son poignet une serviette contenant des documents propres à accréditer la mystification préparée par les Alliés. Ces documents, avant que d'être restitués aux anglais par les autorités franquistes, avaient néanmoins été photocopiés par les services secrets allemands. L'opération "Mincemeat", jointe à d'autres manoeuvres du même type, a pleinement réussi puisque Hitler a envoyé à Athènes son plus brillant officier supérieur, Rommel lui-même, diriger des moyens militaires qui n'ont jamais servi.</p>
<p>(2) Il faut noter que le FUSAG était complété par la 4e armée britannique, forte de 350 000 hommes, basée en Écosse et supposée préparer un débarquement en Norvège. Elle aussi était totalement fictive, ce qui ne l'a pas empêché, dès qu'à commencé le débarquement en Normandie, de se déplacer vers le Sud pour rejoindre le FUSAG en vue d'un débarquement à venir dans le Pas-de-Calais.</p>
<p>(3) Cet exploit peu glorieux des "Moyens spéciaux" est rapporté de façon romancée par le journaliste et romancier américain Larry Collins (co-auteur de "Paris brûle-t-il ?") dans son roman "Fortitude". Cet épisode n'est évidemment pas le seul où s'est exprimé le cynisme des dirigeants Alliés. Dans ce domaine, il vaut la peine de rappeler le débarquement sur Dieppe du 19 août 1942. Cette opération où ont été engagés 5000 soldats canadiens et 2000 britanniques ne visait nullement à prendre position en France. Dès le départ, les dirigeants Alliés savaient qu'ils envoyaient tous ces jeunes soldats au massacre. L'opération avait comme unique objectif de tester "en réel" les moyens de défense allemands et de récolter de l'information sur les différents problèmes qu'il faudrait résoudre lors du véritable débarquement.</p>
<p>(4) Voir à ce sujet notre article "Pearl Harbor 1941, les 'Twin Towers' 2001, Le machiavélisme de la bourgeoisie", Revue internationale 108. A ceux qui critiquent nos articles mettant en évidence le machiavélisme de la classe dominante en affirmant que celle-ci n'est pas capable de réaliser les agissements que nous lui attribuons, nous conseillons de lire "La Guerre secrète", ou plus simplement "L'espion qui venait du froid" écrit par un ancien agent secret anglais, John Le Carré. Ce sont d'excellent remèdes contre la naïveté comme celle dont sont affligés nos détracteurs. <strong>Source : CCI</p>
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Devant une nouvelle guerre mondiale
https://www.matierevolution.org/spip.php?article3183
https://www.matierevolution.org/spip.php?article31832013-03-10T03:08:00Ztext/htmlfrRobert ParisTrotskyGuerre War
<p>Devant une nouvelle guerre mondiale <br class='autobr' />
de Léon Trotsky – août 1937 <br class='autobr' />
Tous les jours, les journaux scrutent l'horizon, y cherchant flammes et fumée. Or, si l'on voulait énumérer les foyers de guerre éventuels, un manuel complet de géographie serait nécessaire. Au demeurant, les antagonismes internationaux sont si complexes et si embrouillés que personne ne peut prédire avec certitude non seulement sur quel point la guerre éclatera mais encore comment se grouperont les parties belligérantes. On (…)</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory">00- La deuxième guerre mondiale : inter-impérialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de Léon Trotsky</a>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot29" rel="tag">Trotsky</a>,
<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot48" rel="tag">Guerre War</a>
<div class='rss_texte'><p>Devant une nouvelle guerre mondiale</p>
<p>de Léon Trotsky – août 1937</p>
<p>Tous les jours, les journaux scrutent l'horizon, y cherchant flammes et fumée. Or, si l'on voulait énumérer les foyers de guerre éventuels, un manuel complet de géographie serait nécessaire. Au demeurant, les antagonismes internationaux sont si complexes et si embrouillés que personne ne peut prédire avec certitude non seulement sur quel point la guerre éclatera mais encore comment se grouperont les parties belligérantes. On se battra, mais qui se battre contre qui, nul ne le sait. (…)</p>
<p>Il n'y a pas très longtemps, les pacifistes de toutes nuances croyaient ou faisaient semblant de croire qu'avec l'aide de la Société des Nations, des congrès de parade, des referendums et autres mises en scène théâtrales (dont la plupart étaient financées par le budget de l'URSS) on pouvait écarter une nouvelle guerre. Que reste-t-il de ces illusions ? Sur sept grandes puissances, trois – les Etats-Unis, le Japon, l'Allemagne – sont en dehors de la Société des nations, et la quatrième, l'Italie, la démolit de l'intérieur. (…)</p>
<p>Ne peut-on attendre cependant que la résistance au danger de guerre vienne d'en bas, des masses ouvrières, sous forme de grèves générales, d'insurrections, de révolutions ? Théoriquement, cela n'est pas impossible. Néanmoins, si l'on ne prend pas ses désirs ou ses craintes pour des réalités, il faut reconnaître que cette perspective est peu probable. Les masses travailleuses du monde entier se trouvent aujourd'hui sous le joug des effroyables défaites qu'elles ont subies en Italie, en Pologne, en Chine, en Allemagne, en Autriche, en Espagne, dans une certaine mesure en France et dans plusieurs petits pays. Les anciennes internationales, que ce soit la deuxième, la troisième ou la Fédération syndicale internationale, sont étroitement liées aux gouvernements démocratiques et participent à la préparation de la guerre « contre le fascisme ». Il est vrai qu'à l'égard de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon, les social-démocrates comme les communistes sont défaitistes ; mais cela revient à dire qu'ils ne combattent la guerre que dans les pays où ils n'ont aucune influence. Pour se soulever contre le militarisme, les masses devraient au préalable rejeter la tutelle des Internationales officielles. Ce n'est pas un problème facile. Il ne sera résolu ni en un jour, ni en un mois. De toute façon, aujourd'hui, le réveil politique du prolétariat s'accomplit avec plus de lenteur que la préparation d'une autre guerre.</p>
<p>Pour justifier leur politique militariste et chauvine, la Deuxième et la Troisième Internationales répandent l'idée qu'une nouvelle guerre aurait prétendument pour mission de défendre la liberté et la civilisation contre les agresseurs fascistes. Il y aurait d'un côté, les pays « pacifiques » ayant à leur tête les grandes démocraties de l'ancien et du nouveau monde, et de l'autre côté, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, la Hongrie, la Pologne et le Japon. Semblable classification appelle le doute, même d'un point de vue purement formel. La Yougoslavie n'est pas moins un Etat « fasciste » que la Hongrie et la Roumanie n'est pas plus proche de la démocratie que la Pologne. La dictature militaire domine non seulement au Japon, mais aussi en Chine. Le régime politique de Staline se rapproche de plus en plus du régime de Hitler. En France, le fascisme peut balayer la démocratie avant même que la guerre éclate : les gouvernements de « Front populaire » font, de toute manière, ce qu'ils peuvent pour faciliter cette substitution. Comme on le voit, il n'est pas facile dans le système mondial actuel de séparer les loups des agneaux !</p>
<p>Quant à la lutte des « démocraties » contre le fascisme, il est préférable, plutôt que de vouloir deviner l'avenir, de regarder ce qui se passe dans la péninsule ibérique. Tout d'abord, les démocraties ont soumis au blocus le gouvernement légal de l'Espagne pour ne pas fournir un « motif » à l'intervention de l'Italie et de l'Allemagne. Mais lorsque Mussolini et Hitler se sont passés de motif, les « démocraties » se sont empressées – dans l'intérêt de la « paix » - de capituler devant leur intervention. L'Espagne est à feu et à sang. Pendant ce temps, les représentants des démocraties s'amusent à discuter des meilleurs moyens… de continuer la non-intervention. Le gouvernement de Moscou s'efforce vainement par des gesticulations radicales de camoufler sa participation à la politique honteuse et criminelle qui a facilité la tâche du général Franco et fortifié les positions générales du fascisme. (…)</p>
<p>La classification des Etats que nous donnons plus haut a, certes, son sens historique, mais ce sens n'est nullement celui que lui donnent des écrits pacifistes trop faciles… Avant tout, sont venus au fascisme ou aux autres formes de dictature les pays dont les contradictions internes avaient atteint le plus d'acuité ; les pays dépourvus de matières premières et de débouchés suffisants sur le marché mondial (Allemagne, Italie, Japon) ; les pays qui ont connu la défaite (Allemagne, Hongrie, Autriche) ; enfin les pays où la crise du système capitaliste est aggravée par des survivances précapitalistes (Japon, Pologne, Roumanie, Hongrie). (…)</p>
<p>Tout montre que la crise qui vient laissera loin derrière elle la crise de 1929 et des années suivantes. Dans ces conditions la diplomatie de l'attente passive deviendra impossible... La nouvelle crise posera brutalement tous les problèmes et poussera les gouvernants aux mesures décisives qui ne pourront être que des mesures de désespoir.</p>
<p>Ainsi la guerre pourra se déclencher au bout des trois ou quatre années prochaines, c'est-à-dire juste au moment où l'achèvement des programmes d'armement devrait « assurer la paix ». Bien entendu, nous ne donnons ce délai que dans un but d'orientation générale. Les événements politiques peuvent rapprocher ou retarder le moment de la conflagration. Mais elle est rendue fatale par le dynamisme de l'économie, des antagonismes sociaux, de même que par le dynamisme des armements. (…)</p>
<p>Notre diagnostic peut paraître sombre. Ce n'est pas notre faute si, sur notre palette, nous n'avons pas trouvé de rose ou de bleu. Nous avons cherché à tirer nos conclusions des réalités et non point de nos désirs. Le vieux Spinoza enseignait avec raison : ni pleurer, ni rire, mais comprendre.</p></div>
Le point de vue de Trotsky sur la deuxième guerre mondiale
https://www.matierevolution.org/spip.php?article1538
https://www.matierevolution.org/spip.php?article15382010-07-27T17:20:40Ztext/htmlfr
<p>Lire ici - Read here</p>
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<a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique43" rel="directory">00- La deuxième guerre mondiale : inter-impérialiste ou anti-fasciste ? Le point de vue de Léon Trotsky</a>
<div class='rss_texte'><p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?rubrique43" class="spip_out" rel="external">Lire ici - Read here</a></p></div>