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Matière et Révolution https://www.matierevolution.org/ Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l'homme et de la société Ce site est complémentaire de https://www.matierevolution.fr/ fr SPIP - www.spip.net Matière et Révolution https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L144xH69/siteon0-31714.jpg https://www.matierevolution.org/ 69 144 Un gilet jaune de Poitiers à propos de la lutte actuelle https://www.matierevolution.org/spip.php?article6712 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6712 2019-12-08T23:05:00Z text/html fr Robert Paris Grève Strike Manifestation Lutte de classes - Class struggle Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles Le comité inter-luttes de Poitiers, composé de gilets jaunes, de salariés, de chômeurs, de précaires, de femmes, de jeunes, d'étudiants appelle à un cortège commun et à une assemblée commune décisionnelleLIRE AUSSI :Nous avons été nombreux à manifester ou à être grève contre la retraite à point du gouvernement. Alors qu'à la SNCF ou à la RATP, les préavis sont reconductibles d'autres entreprises comme Vitalis par exemple sont sur le préavis de 24H de l'intersyndical confédéral. Nous sommes dans une situation (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_13811 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH313/79162679_1609563072519585_5859182410834378752_n-333c3.jpg' width='500' height='313' alt="" style='height:313px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_13812 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH262/78742483_1602251506584075_5701366431703105536_n-4799e.jpg' width='500' height='262' alt="" style='height:262px;width:500px;' /></span>Le comité inter-luttes de Poitiers, composé de gilets jaunes, de salariés, de chômeurs, de précaires, de femmes, de jeunes, d'étudiants appelle à un cortège commun et à une assemblée commune décisionnelle<span class='spip_document_13809 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L188xH267/index-33-271df.jpg' width='188' height='267' alt="" style='height:267px;width:188px;' /></span><span class='spip_document_13802 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/dsc_7317-6d197-fea6d.jpg' width='500' height='333' alt="" style='height:333px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip">LIRE AUSSI :</h3> <dl class='spip_document_13810 spip_documents spip_documents_center'> <dt><a href='https://www.matierevolution.org/IMG/html/Gilets_Jaunes_Poitiers_-_Accueil_Facebook.html' title='HTML - 247.1 ko' type="text/html"><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L52xH52/html-df9ff.png' width='52' height='52' alt='HTML - 247.1 ko' style='height:52px;width:52px;' /></a></dt> </dl> <p><span class='spip_document_13801 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/LDphotographies-GJ-02-02-12-2c3a7.jpg' width='500' height='333' alt="" style='height:333px;width:500px;' /></span>Nous avons été nombreux à manifester ou à être grève contre la retraite à point du gouvernement. Alors qu'à la SNCF ou à la RATP, les préavis sont reconductibles d'autres entreprises comme Vitalis par exemple sont sur le préavis de 24H de l'intersyndical confédéral. Nous sommes dans une situation analogue à 2010 ou seules quelques secteurs seront en grève reconductibles tandis que d'autre reprendront dans l'attente d'une nouvelle journée d'action hypothétique. La grève générale annoncée n'en est pas une. Par même si l'attaque sur les retraites est extrêmement grave, elle fait partie d'un tout. C'est encore plus grave de l'isoler des autres attaques alors que nous sommes face à une offensive sans précédent :</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> La casse des retraites, de l'assurance chômage, de la sécurité sociale, des services publics,</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> La casse de nos salaires et des minima sociaux</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> des suppressions de postes par milliers dans les SP, les licenciements de masse dans le privé</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> des hausses de prix, les hausses de taxes etc</p> <p>Les conséquences sont immédiates : hausse de la pauvreté et des inégalités.</p> <p>Alors que les chiffres du Chômage augmentent (en réalité 27% de la pop Active entre les chômeurs et les allocataires du RSA), le gouvernement casse l'Assurance Chômage.</p> <p>Cette offensive de ce gouvernement au profit des très grandes fortunes et grands groupes capitalistes a pour conséquence : 9 millions 300 mille personnes sous le seuil de pauvreté (14,7 %) de la population.</p> <p>Et les femmes en sont les premières victimes :</p> <p> 53% des personnes pauvres</p> <p> 57% des bénéficiaires du RSA</p> <p> 70% des travailleurs pauvres</p> <p> 82% des emplois précaires</p> <p> 85 % des cheffes de familles monoparentales.</p> <p>Pas étonnant que pour beaucoup on ne puisse finir le mois voire le commencer tout court.</p> <p>La pauvreté et son développement ont pour conséquence le mal logement quand on est logé du tout pour certains. 4 millions de mal logés</p> <p>Sur ces 4 millions :</p> <p>• 91.000 vivent dans une tente, un mobile-home ou une cabane o • 208.000 gens du voyage n'ont pas d'aire aménagée o • 330.000 ont des logements sans eau courante, douche ou WC intérieur o • 1,8 million ont un logement mais souffrent du manque de chauffage, de l'absence d'une cuisine ou avec des fissures profondes dans les façades. Tout le monde se rappelle de cet immeuble qui s'est effondrée à Marseille. o • 934.000 vivent dans les logements surpeuplés o • 143.000 n'ont pas de domicile</p> <p>Et pour faire face au soulèvement que cela peut engendrer dans le peuple comme avec les GJ, le gouvernement remet en cause des droits démocratique même si certains l'étaient déjà depuis longtemps comme l'interdiction du droit de vote pour les travailleurs étrangers ou l'encadrement du droit de grève.</p> <p>Nous sommes face à un État policier qui pratique :</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> les arrestations arbitraires de manifestants</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> la justice punitive et les nombreuses condamnations cette année notamment de GJ</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> l'emprisonnement pour délit d'opinion</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> la répression policière (LBD, GLI F4)</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> l'interdiction des manifestation non déclarées</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> et légifère une loi anti casseurs</p> <p>Nous devons construire une contre-offensive générale. Mais le nombre n'est pas une condition suffisante de victoire. En 2010, nous avons été des millions dans la rue mais nous avons perdus. Contre la loi travail aussi. La dernière grande grève à la SNCF a été également une défaite. Pourquoi auraient-ils reculé quand l'objectif affiché n'était pas de les faire battre en retraite mais d'ouvrir des négociations, qui, au final, ont débouché sur des reculs. Ces gens-là reculent uniquement quand ils craignent de trop perdre comme avec les cheminots de Châtillon, le mouvement des Urgences et maintenant des hôpitaux ou les Gilets Jaunes.</p> <p>Ces trois mouvements ont des points en commun. Ils se sont organisés, ont contrôlé et dirigé eux-mêmes leurs luttes n'ayant confiance qu'en leur propre force. Et dans cette lutte, il doit en être de même. Si nous ne voulons pas d'une nouvelle défaite. Voilà ce que craignent les capitalistes : un peuple qui s'assemble et commence à se diriger lui-même est un peuple qui lutte contre son asservissement et qui ne peut être gouverné. Par contre ils ne craignent pas un peuple qui suite et se laisse balader. Et ils craignent encore moins ces ralliés en parole à la grève générale alors qu'ils l'ont combattu toutes ces années. Comment pourraient-ils vouloir d'une grève générale qui mettent à bas la société des milliardaires alors qu'ils reconnaissent l'État, les élections, ses gouvernements, sa police, sa justice, son armée, bref leur république. Ces faux amis ne sont pas à une entourloupe près. Ils peuvent très bien appeler à reconduire dans certains secteurs comme en 2010 mais sans pour autant créer les liens nécessaires au travers d'assemblées interprofessionnelles décisionnelles, et sans étendre réellement la grève. Avec pour conséquence l'isolement et l'épuisement des plus combatifs. Certains pourront même appeler à l'auto-organisation sans jamais la mettre en œuvre. Alors viendra le faux recul du GVT qui permettra d'enclencher des « négociations-reculs » qui auront soi-disant améliorer le texte et sera présenté comme une victoire partielle. Mais cela n'aura pas empêché les autres attaques contre l'Hôpital, les Services Publics, les privatisations, la casse de la sécu ou de l'assurance chômage ou la remise en cause de nos libertés….</p> <p>Mais cela n'est pas une fatalité si nous faisons comme à Châtillon, aux Urgences ou avec les GJ.</p> <p>Et cela commence par dire ouvertement qu'une journée de grève ne suffira pas. Qu'une grève générale, ce n'est pas juste quelques secteurs en grève reconductibles. Il faut donc l'étendre tout en l'enracinant dans les entreprises déjà en grève. Que se battre sur les retraites uniquement sans la lier aux autres attaques c'est se tirer une balle dans le pied. Comme il ne suffit pas de suivre tel ou tel appel mais d'organiser nous-mêmes la lutte avec nos objectifs et nos rythmes. Pour cela il est nécessaire d'appeler à former des comités de grèves ou de lutte, à ce que ces assemblées ou comités votent leurs revendications et mandatent des délégations élues et révocables pour les prochaines assemblées locales. Mais surtout il faut dès maintenant appeler à une coordination nationale de tous les secteurs en lutte.</p> <p>Même avec cette organisation nous ne sommes pas assurés de les faire battre en retraite mais bien plus que si nous ne nous organisions pas et suivions les artisans des défaites de ces dernières années. Là c'est la défaite assurée.</p></div> Quand l'intersyndicale mène dans le mur le mouvement de défense des retraites et toute la lutte des classes https://www.matierevolution.org/spip.php?article6711 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6711 2019-12-07T23:05:00Z text/html fr Robert Paris Grève Strike Manifestation Syndicalism - le syndicalisme Lutte de classes - Class struggle Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles Si vous voyez dans cet appel de l'intersyndicale, par exemple, la grève illimitée de toute la classe ouvrière et pas l'appel à une journée d'action juste le 5 décembre, c'est que nous ne savons pas lire... Si vous y voyez la liaison avec la lutte des hôpitaux, des cheminots, des enseignants, des chômeurs, etc., c'est que nous ne savons pas lire... Les syndicats prétendaient qu'ils avaient appelé à la grève générale ILLIMITÉE reconductible mais, au lendemain du premier jour de grève, ils appellent à faire (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles</a> <div class='rss_texte'><p>Si vous voyez dans cet appel de l'intersyndicale, par exemple, la grève illimitée de toute la classe ouvrière et pas l'appel à une journée d'action juste le 5 décembre, c'est que nous ne savons pas lire... Si vous y voyez la liaison avec la lutte des hôpitaux, des cheminots, des enseignants, des chômeurs, etc., c'est que nous ne savons pas lire...</p> <p><span class='spip_document_13796 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH889/77160717_2834166363269944_3346292192355287040_o-resp540-aa1e9.jpg' width='500' height='889' alt="" style='height:889px;width:500px;' /></span></p> <p>Les syndicats prétendaient qu'ils avaient appelé à la grève générale ILLIMITÉE reconductible mais, au lendemain du premier jour de grève, ils appellent à faire grève... quatre jours plus tard... le mardi 10 décembre et ils appellent cette action non une grève reconductible mais une "journée d'action". Vous voyez bien qu'ils n'ont fait que semblant d'abandonner leurs traditionnelles et inefficaces journées d'inaction !!!</p> <p>Une grève illimitée reconductible signifiait de voter le 6 décembre pour la grève le 7 décembre et pas que les directions bureaucratiques décident d'un "temps fort" le... 10 décembre !!! Rien avant et rien après !!!</p> <h3 class="spip">Quand l'intersyndicale mène dans le mur le mouvement de défense des retraites et toute la lutte des classes</i></h3> <p>Dans le mouvement actuel en France, l'intersyndicale n'a pas appelé à la grève générale interprofessionnelle reconductible, même si certains le croient ou le font croire, ni à rejoindre les gilets jaunes, ni à s'en prendre au grand capital, ni les salariés à s'organiser à la base, ni à étendre le mouvement, ni à relier le combat sur les retraites à tous les autres sur les services publics, sur l'hôpital, sur la SNCF, la RATP et les aéroports, ni sur la misère, ni sur le chômage, ni contre les guerres, ni contre les attaques sur les libertés, ni....</p> <p><a href="http://matierevolution.org/spip.php?article6042" class='spip_out' rel='external'>Pourquoi les syndicats vont droit dans le mur et nous entraînent avec eux ?</a></p> <p><a href="http://matierevolution.org/spip.php?article6699" class='spip_out' rel='external'>5 décembre et suite : allons-nous laisser à nouveau une mobilisation sociale entre les mains des bureaucraties de l'intersyndicale ?</a></p> <p><a href="http://matierevolution.org/spip.php?breve1194" class='spip_out' rel='external'>5 décembre : les directions syndicales font seulement semblant de prendre la tête d'une grève générale reconductible et interprofessionnelle</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5506" class='spip_out' rel='external'>Pourquoi le gouvernement ne bat pas en retraite devant les bureaucraties syndicales</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1769" class='spip_out' rel='external'>Bilan et leçons du mouvement des retraites de 2010</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1756" class='spip_out' rel='external'>L'Intersyndicale a mené la lutte... dans le mur</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article1756" class='spip_out' rel='external'>Et aussi l'intersyndicale des cheminots</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3775" class='spip_out' rel='external'>Et encore l'intersyndicale des personnels hospitaliers</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1723" class='spip_out' rel='external'>Pour défendre les retraites... et le reste, deux orientations contradictoires : front de classe ou front de collaboration de classes...</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1765" class='spip_out' rel='external'>Méthodes de lutte des centrales syndicales et méthodes ouvrières</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4077" class='spip_out' rel='external'>Pourquoi patronat et gouvernement ne cèdent pas devant les grèves et manifestations ?</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3422" class='spip_out' rel='external'>L'avenir de nos luttes nécessite de tirer des leçons des luttes passées</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4692" class='spip_out' rel='external'>Et l'avenir, c'est l'action directe, la lutte des classes et l'auto-organisation</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4453" class='spip_out' rel='external'>On prend les mêmes trompeurs et on recommence ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4883" class='spip_out' rel='external'>Pourquoi le syndicalisme opposé à la lutte de classe mène à la défaite</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3786" class='spip_out' rel='external'>Le syndicalisme réformiste contre la lutte de classe et la révolution</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5608" class='spip_out' rel='external'>Vive le comité de grève</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5592" class='spip_out' rel='external'>Des Gilets jaunes auto-organisent le 5 décembre et la suite</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/IMG/pdf/-24.pdf" class='spip_out' rel='external'>Formons nos comités de travailleurs</a></p> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=syndicats+et+gilets+jaunes+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=" class='spip_out' rel='external'>Syndicats et auto-organisation des gilets jaunes</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article5713">Ne pas nous laisser piéger entre faux amis et vrais ennemis…</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6712">La suite</a></p></div> Qu'est-ce qu'un comité de grève ? https://www.matierevolution.org/spip.php?article6705 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6705 2019-12-06T23:00:00Z text/html fr Robert Paris Grève Strike Ouvriers Workers prolétaires Lutte de classes - Class struggle Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles Qu'est-ce qu'un comité de grève ? Quelques exemples notamment en France… A Renault Aux Urgences de Saint Antoine Au collectif InterUrgences Au Technicentre de Châtillon A Radio France A Peugeot Comité central de grève des cheminots Conserves de Douarnenez Manufacture d'allumettes A la SNCF A Toyota A la SNCF – Nord-Est parisien A Goodrich Aux montres Lip A la Polymécanique Encore à Renault Toujours à Renault Et en Martinique L'auto-organisation des travailleurs à travers l'histoire (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag">prolétaires</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_13781 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH667/20190609_170031-e26fd-8479a.jpg' width='500' height='667' alt="" style='height:667px;width:500px;' /></span> <span class='spip_document_13783 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/IMG_1196-66937-2-6caa9-302c8.jpg' width='500' height='375' alt="" style='height:375px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip">Qu'est-ce qu'un comité de grève ? Quelques exemples notamment en France… </h3> <p><a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1947/05/14/le-comite-de-greve-repousse-de-nouvelles-propositions-de-m-lefaucheux_1888110_1819218.html" class='spip_out' rel='external'>A Renault</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5317" class='spip_out' rel='external'>Aux Urgences de Saint Antoine</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5581" class='spip_out' rel='external'>Au collectif InterUrgences</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5568" class='spip_out' rel='external'>Au Technicentre de Châtillon</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article4692" class='spip_out' rel='external'>A Radio France</a></p> <p><a href="https://www.preavis.org/breche-numerique/article1253.html" class='spip_out' rel='external'>A Peugeot</a></p> <p><a href="http://www.noisylesec-histoire.fr/2015/06/1910-premiere-greve-generalisee-des-cheminots/" class='spip_out' rel='external'>Comité central de grève des cheminots</a></p> <p><a href="http://bcd.bzh/becedia/fr/douarnenez-1924-1925-les-grandes-greves-de-la-conserve" class='spip_out' rel='external'>Conserves de Douarnenez</a></p> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ve_des_ouvri%C3%A8res_des_manufactures_d%E2%80%99allumettes_%C3%A0_Londres_en_1888" class='spip_out' rel='external'>Manufacture d'allumettes</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article2117">A la SNCF</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve29" class='spip_out' rel='external'>A Toyota</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/IMG/pdf/-24.pdf" class='spip_out' rel='external'>A la SNCF – Nord-Est parisien</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1326" class='spip_out' rel='external'>A Goodrich</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3661" class='spip_out' rel='external'>Aux montres Lip</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve914" class='spip_out' rel='external'>A la Polymécanique</a></p> <p><a href="https://www.marxists.org/francais/barta/1947/05/greve_renault.htm" class='spip_out' rel='external'>Encore à Renault</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5318" class='spip_out' rel='external'>Toujours à Renault</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?breve154" class='spip_out' rel='external'>Et en Martinique</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3580" class='spip_out' rel='external'>L'auto-organisation des travailleurs à travers l'histoire</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5148" class='spip_out' rel='external'>Un appel à la constitution de comités de travailleurs</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3652" class='spip_out' rel='external'>Assemblée générale interprofessionnelle</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article2053" class='spip_out' rel='external'>Et en Pologne</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5082" class='spip_out' rel='external'>Et en Belgique</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5576" class='spip_out' rel='external'>La grève SNCF avec comités de cheminots</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?article6021">Et la grève SNCF sans comités de cheminots…</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article5318" class='spip_out' rel='external'>Perspectives des grèves de cheminots</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article413" class='spip_out' rel='external'>L'auto-organisation des travailleurs, une base indispensable de la lutte des classes et du communisme</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5192" class='spip_out' rel='external'>Travailleurs, organisons nous-mêmes luttes, grèves et insurrection !!!</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.org/spip.php?article2816" class='spip_out' rel='external'>La bourgeoise craint les travailleurs organisés et pas ceux qui suivent des organisations à sa botte</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1230" class='spip_out' rel='external'>Syndicats et comités d'usine</a></p></div> Apocalypse climatique millénariste ou renversement du capitalisme ? https://www.matierevolution.org/spip.php?article6708 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6708 2019-12-05T23:05:00Z text/html fr Robert Paris Révolution Capitalisme Climat Apocalypse climatique millénariste ou renversement du capitalisme ? Le grand cirque de la COP25 est lancé : les Etats, les trusts, les institutions mondiales, les banques, les grandes associations pro-capitalistes, les possesseurs de capitaux, les grands média, les institutions de la science qui se moquent bien de « la planète » et ne se préoccupent que des profits capitalistes jouent les grands hypocrites sans convaincre grand monde. Par contre, ils contribuent à faire croire au mythe (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique150" rel="directory">16- EDITORIAUX DE "LA VOIX DES TRAVAILLEURS" - </a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot277" rel="tag">Capitalisme</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot285" rel="tag">Climat</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_13786 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH236/citation-il-est-plus-facile-d-imaginer-la-fin-du-monde-que-la-fin-du-capitalisme-slavoj-zizek-195031-773f6.jpg' width='500' height='236' alt="" style='height:236px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip">Apocalypse climatique millénariste ou renversement du capitalisme ?</h3> <p>Le grand cirque de la COP25 est lancé : les Etats, les trusts, les institutions mondiales, les banques, les grandes associations pro-capitalistes, les possesseurs de capitaux, les grands média, les institutions de la science qui se moquent bien de « la planète » et ne se préoccupent que des profits capitalistes jouent les grands hypocrites sans convaincre grand monde. Par contre, ils contribuent à faire croire au mythe climatique, à savoir la responsabilité humaine dans la destruction du climat par émission de gaz carbonique, présentée comme pollution numéro un et menace de mort généralisée… L'avantage numéro un est de détourner de la crise du capitalisme. L'avantage numéro deux est de détourner des vraies pollutions comme celles des industries de la Chimie, du Nucléaire, du Pharmaceutique, du Bâtiment, de l'Automobile, de la Sidérurgie, de la Métallurgie, etc. Le troisième avantage est de donner à la jeunesse des objectifs qui paraissent opposés aux revendications économiques et sociales des plus démunis…</p> <p> L'augmentation mondiale de la misère, des maladies, des migrations, des guerres civiles, des guerres, des destructions, des violences, ce ne serait pas dû au capitalisme, ayant atteint ses limites et ne pouvant plus que se tourner de manière destructrice contre ses propres créations, mais au climat, au gaz carbonique, aux hommes, beau mensonge !!!</p> <p>A côté du cirque des sommets, il y a le nouveau courant écologique qui, refusant de combattre le capitalisme, oppose la défense de la planète au développement de l'humanité et à ses besoins.</p> <p>« Les hommes détruisent la planète et il faut non seulement diminuer leurs activités, leur bien-être, et même leur nombre massivement pour… sauver la planète ! » Tel peut être le résumé du nouvel adage planétaire climatique et écologique qui est largement diffusé. L'effondrement capitaliste sert ainsi de base à une thèse qui ne s'en prend pas au capitalisme mais à l'homme, et plus encore aux plus pauvres des hommes, accusés d'être en trop, de polluer. Une thèse tout à fait conforme aux origines malthusiennes du mouvement…</p> <p>« Nous allons tous brûler sur une terre devenue un enfer chaotique, à la fois brûlant d'une chaleur insupportable, ses forêts brûlant et les eaux inondant les terres », voilà le message affolant et délirant délivré par le nouveau courant pseudo-écolo virulent et intolérant. Et une bonne partie des classes possédantes et de leurs valets gouvernementaux ou institutionnels du monde propage le message sous une forme ou une autre. Il s'agit bien sûr de l'excès de gaz carbonique dans l'air qui témoignerait, selon eux, du fait que l'humanité a détruit irrémédiablement la Terre. Le culte des dieux « planète » et « climat » et la diabolisation du CO² ont remplacé chez les nouveaux écolos le combat contre la pollution industrielle et nucléaire du capitalisme. C'est en même temps un culte de la naïveté de la jeunesse qui serait capable, elle, de sauver la terre en délivrant un message de sacrifice du bien-être exagéré exigé par la société et de refus de peupler la terre, la démographie étant présentée comme menace de mort.</p> <p>En somme, le capitalisme parvenu à son terme, incapable de se sortir de sa crise économique, nous présente une alternative sous la forme d'un mouvement militant intégriste millénariste qui ne le remet pas du tout en question puisqu'il est orchestré par les sommets du capitalisme lui-même, des gouvernants, des politiciens, des média, des trusts, des institutions internationales ! C'est le système capitaliste lui-même qui instrumentalise maintenant le millénarisme climatique. Même si ses militants qui organisent les « mobilisations » prétendent en être indépendants, il est clair qu'ils ne se démarquent nullement du fonctionnement du système, ne dénoncent nullement la dictature de la propriété privée des capitaux et des entreprises.</p> <p>Dans la nouvelle foi climatique, on retrouve de nombreux éléments qui la rattachent aux courants de illuminés millénaristes de l'Antiquité et du Moyen-âge :</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> la croyance en un mythe du passé originel paradisiaque, un jardin d'Eden avec une bonne terre, un bon climat, un bon respect des animaux, des plantes, de leur équilibre, avec une biodiversité respectée, avec une activité humaine modérée, ne réclamant pas trop de richesses, ne prétendant pas fabriquer trop d'enfants, avec un climat modéré, avec des pôles en glace, avec des tempêtes, des ouragans, des inondations eux-mêmes modérés, avec des séismes, des tsunamis, des volcans modérés encore, avec une atmosphère saine et non polluée, avec des terres émergées suffisantes, avec des bons glaciers qui ne fondent pas, etc.</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> la menace, brandie contre les diables qui veulent nous tenter par de grandes richesses, d'une catastrophe imminente où toute la terre devienne un enfer pour les hommes (terres brûlées et à la fois inondées par la fonte des glaces et la montée des eaux, et climat brûlant, air irrespirable, tempêtes destructrices et sécheresses catastrophiques), la vie et toute la planète, cette catastrophe punissant des comportements égoïstes, immoraux, irresponsables, méchants et en somme diaboliques d'êtres humains malsains qui détruisent l'avenir pour se comporter en égoïstes, exigeant une vie luxueuse, pleine d'un trop plein de bien-être matériel immédiat en vendant l'avenir de la planète.</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> le Mal, ce ne serait donc pas le capitalisme avec sa propriété privée de toutes les richesses par une infime minorité de capitalistes mais l'avidité de biens, l'envie de bien-être, le goût d'un peu de confort, l'exigence de revendications matérielles par le plus grand nombre.</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> le Bien serait annoncé par les enfants naïfs, « purs », pas encore intoxiqués par le diable de la société de consommation et capables d'accéder à la compréhension du messianisme des origines et du « bien-être de la planète » s'opposant au « bien-être exagéré des hommes »…</p> <p><img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif' width='8' height='11' class='puce' alt="-" style='height:11px;width:8px;' /> Loin d'opposer riches et pauvres, cette « lutte », cette « mobilisation », cette « action directe » des activistes intégristes de la religion du dieu « Planète » s'attaquerait à toutes les « mauvaises pratiques des individus », prêcherait les « bonnes pratiques » dans une nouvelle morale planétaire où les études et l'éducation à la connaissance serait remplacée par le « militantisme climatique de la jeunesse », une jeunesse mobilisable en masse, militarisable même, pour s'opposer éventuellement aux revendications des démunis ou pour détourner le sens de leurs revendications !!!</p> <h3 class="spip">Le capitalisme est en train de nous rejouer le mythe de la fin du monde pour éradiquer les risques de révolution sociale qui marquent la fin du monde capitaliste.</h3> <p>« La planète qui brûle, qui est inondée, qui est renversée par des tremblements de terre, qui étouffe, qui meurt dans les épidémies, qui est contrainte à migrer massivement », voilà revenu au goût du jour le vieux mythe indien des « Cinq soleils », le mythe du déluge, le mythe biblique des plaies d'Egypte, le mythe indien de submersion de la terre de Vishnu Purâna, les mythes de fin du monde cataclysmique d'Héraclite, de Platon, des Indiens, de l'Antéchrist et, pour sauver le monde et l'humanité, le fameux retour aux origines paradisiaques !!! Très réactionnaire que tout ce bric à brac mystique et moraliste s'imposant comme une doctrine indiscutable, non négociable, qui s'opposerait aux revendications matérielles, y compris celles des plus démunis mais sans exiger d'abord qu'on en finisse avec la richesse des milliardaires !!!</p> <p>Voilà un piège cousu de fil blanc et qui se couvre aussi de la science, y compris pour nier la science et le droit d'un quelconque scientifique de les contredire !!!</p> <p>Comme par hasard, ce mouvement se développe justement quand l'effondrement du capitalisme amène sur toute la planète une tout autre mobilisation, celle des plus démunis qui enclenchent la révolution sociale et la prétendue mobilisation climatique du capitalisme cherche surtout à faire du profit sur le dos de la « défense du climat » et à détourner l'attention de la révolution sociale, de la lutte des classes plus exacerbée que jamais…</p> <p>Rappelons qu'il n'y a pas de combat contre la pollution sans renversement du système d'exploitation capitaliste fondé sur la propriété privée des moyens de production, renversement qui ne peut être que le produit de la révolution sociale menée par les exploités et les opprimés.</p> <p>Alors, assez de la morale et des moralistes, assez des menaces climatiques faussement scientifiques, assez des exigences d'austérité malthusiennes !!! Vivent les revendications du peuple travailleur : nous n'avons rien et nous voulons tout ! Nous ne voulons d'une mobilisation de la jeunesse exigeant des sacrifices matériels supplémentaires des plus démunis et ne s'attaquent en rien aux milliardaires et à leur système. Nous ne voulons pas conserver le capitalisme et le rendre plus dur et austère ! Le gaz carbonique n'est pas le mal absolu, c'est le capitalisme qui l'est ! Nous ne voulons pas réduire la nocivité écologique du capitalisme mais en finir avec ce système d'exploitation complètement dépassé et incapable de fonctionner désormais sans aides financières publiques massives, sans détruire les services publics, sans détruire les aides sociales, sans détruire massivement les emplois, sans détruire toute la vie sociale, sans nous menacer de guerres et de terrorismes planétaires. Ne nous laissons pas détourner de la tâche de mettre en place une société dirigée par les plus démunis et pour les plus démunis au nom d'une nouvelle religion prétendant enrégimenter toute la jeunesse et même l'enfance contre la « vieille génération consommatrice et égoïste » !!!</p></div> Garap - Appel à une coordination des grèves dans les hôpitaux et les services publics https://www.matierevolution.org/spip.php?article6567 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6567 2019-12-04T23:10:00Z text/html fr Robert Paris Grève Strike Hôpital Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles Le silence assourdissant des « grands » médias nationaux sur les grèves en cours dans les hôpitaux révèle, s'il en était encore besoin, leurs sujétions au pouvoir et à l'ordre bourgeois. Mais la réalité est têtue. La politique insupportable de casse du service public atteint des limites. Nous essuyons les conséquences de plusieurs décennies de contre-réforme libérale : ordonnances Juppé de 1996, la tarification à l'activité depuis 2003, loi Bachelot de 2009, plan hôpital de 2007 et 2012, loi de modernisation (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique113" rel="directory">12 - QUOI DE NEUF DANS LES ORGANISATIONS REVOLUTIONNAIRES - WHAT'S NEW UPON REVOLUTIONNARY ORGANISATIONS</a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot221" rel="tag">Hôpital</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles</a> <div class='rss_texte'><p>Le silence assourdissant des « grands » médias nationaux sur les grèves en cours dans les hôpitaux révèle, s'il en était encore besoin, leurs sujétions au pouvoir et à l'ordre bourgeois. Mais la réalité est têtue. La politique insupportable de casse du service public atteint des limites. Nous essuyons les conséquences de plusieurs décennies de contre-réforme libérale : ordonnances Juppé de 1996, la tarification à l'activité depuis 2003, loi Bachelot de 2009, plan hôpital de 2007 et 2012, loi de modernisation de 2016. Et désormais la loi Buzyn1 dans le cadre du programme « Ma santé 2022 » de Macron. L'objectif étant à terme d'arriver à la privatisation totale2.</p> <p>Le ras-le-bol est parti des services des urgences de l'AP-HP durant le mois de mars3. Nous subissons de plein fouet les restrictions budgétaires -l'austérité- appliquées par tous les gouvernements et tous les partis au pouvoir à tous les niveaux que ce soit. Nous manquons d'effectifs et de matériels pour assurer une bonne qualité de soins4. Des patients mal informés, mal soignés par manque de temps entraînent agressivités, violences récurrentes dans notre travail quotidien. Nous voyons des services fermer comme on ferme un magasin pas assez rentable5. Mais la santé, le droit à l'accès aux soins, n'a pas de prix, c'est une question d'égalité sociale et de santé publique. On ne gère pas un hôpital comme on gère un centre commercial.</p> <p>Le ras-le-bol se répand aussi dans les hôpitaux de province et s'exprime dans la grève illimitée. Les personnels soignants sont fatigués, au bord du burn-out ou de l'erreur médicale. Ils ne sont pas reconnus à leur juste valeur, ils sont mal payés. Et pourtant de l'argent il y en a. Particulièrement dans les caisses du patronat. On ne compte plus les exonérations et les évasions fiscales6, des milliards d'euros accumulés sur l'exploitation des travailleurs, qui devraient servir l'intérêt général. Pour assurer la lutte, nous mettons en place des caisses de grève7. Grâce à la solidarité nous pouvons nous mettre en grève sans craindre la fin du mois. De l'argent, il y en a aussi dans les caisses des syndicats. Il faut le réclamer, c'est l'argent des adhérents et des subventions de l'état, de l'argent public8.</p> <p>Le gouvernement, relayé par les directions des hôpitaux, peut jouer sur plusieurs tableaux. Soit faire des négociations par hôpital et par service, en lien avec les Agences Régionales de Santé, en misant sur la division. Soit laisser pourrir la situation, en pariant sur le sabotage syndical et la démotivation qu'une longue lutte peut entraîner. Soit risquer l'engrenage de la répression, réquisitionner des grévistes en faisant appel aux forces de l'ordre, obliger des soignants à travailler en les menaçant, et par la même occasion détruire le droit de grève et le droit à l'arrêt maladie9. Le mouvement, s'il veut prendre en puissance, doit s'élargir à tous les services des hôpitaux, mais aussi à tous les services publics. On voit se mettre en place un Collectif Inter-Urgences, ne rassemblant que des collègues des services d'urgence10. On voit aussi des grèves émerger dans le secteur de la petite enfance11, dans les centres médico-psychologique12, sans lien direct avec les collègues du reste de la fonction publique. On sait très bien où mène la séparation des luttes : à la défaite13. Les revendications sont partout les mêmes, c'est pourquoi nous devons diffuser massivement les informations, organiser des assemblées générales dans tous les hôpitaux, services publics et une coordination de lutte pour la grève générale illimitée. Propositions pratiques pour l'organisation de la grève dans la FPH :</p> <p> Le préavis de grève illimitée est déposé par un ou des syndicats, au niveau local et/ou national, comportant les revendications et les motifs, cinq jours avant le déclenchement effectif de la grève. Chaque agent a droit à des heures d'information syndicale sur son temps de travail (12h par an), il faut s'en servir pour préparer la grève en demandant la mise en place d'assemblées générales. Le syndicat, en fonction de sa représentativité dans la boîte, a un quota d'heure de décharge syndicale à utiliser chaque année. Il faut aussi s'en servir pour préparer et répandre la grève. Le droit de grève dans la fonction publique hospitalière est restreint par le service minimum ou continuité de service. Le directeur doit limiter le service minium aux seuls services dont le fonctionnement est indispensable. Les agents assignés pour le service minimum doivent recevoir par courrier recommandé ou par remise en main propre contre signature, la lettre d'assignation signée du directeur. Les agents assignés peuvent se déclarer grévistes aussi. L'assignation ne peut avoir lieu par téléphone, par mail, par bruit de couloir ou par une liste affichée dans les services. Il faut aussi vérifier le règlement propre à chaque hôpital. Dans tous les cas, un agent non assigné ne va pas au travail. Aussi, il ne faut pas prévoir auprès des cadres ses jours de grèves au-delà de 48h à l'avance. Les plannings de roulement sont fait largement en amont pour que la direction ait le temps de prévoir les assignations. Il faut demander aux chefs des services de diminuer le nombre de lits pendant la grève. Création d'un comité de lutte avec tous les collègues grévistes motivés, syndiqués ou pas, pour coordonner le mouvement par la base, pour répartir les tâches (trouver des slogans, fabriquer des banderoles, écrire des tracts, éditer des affiches, autocollants à coller partout…). Utiliser les réseaux sociaux (par exemple une messagerie de groupe sur portable) pour diffuser rapidement les informations et coordonner les actions entre agents en lutte. Ce moyen technique ne doit pas remplacer la mise en place d'assemblées générales, de réunion avec tous les collègues, avec des discussions, des échanges et prises de décisions collectives dans la vie réelle. Il est possible d'écrire des articles à envoyer aux médias pour informer plus largement. Mettre en place une caisse de grève, créer une cagnotte sur internet par un collègue fiable. Pour alimenter la caisse : créer une page facebook, twitter, instagram… (sans montrer nos visages dessus) et partager l'appel sur les réseaux. Tenir des piquets de grève devant l'entrée de l'hôpital avec diffusion des tracts, vente de gâteaux et boissons, livres etc. ; pour permettre d'informer les patients et les collègues non-grévistes. Réclamer de l'argent aux organisations syndicales. Diffuser des tracts avec demande de soutien financier dans les transports publics, les marchés, les centres commerciaux les plus proches de l'hôpital pour informer les habitants. Organiser des concerts, des cantines, des soirées, des réunions de soutien dans les quartiers environnants. Les personnels soignants jouissent d'une très bonne image auprès de la population, il faut s'en servir dans le rapport de force avec la direction et l'État. L'argent à la fin du conflit sera réparti entre tous les agents qui ont perdu des journées de salaire. Pour cela, il faut tenir une comptabilité précise de qui était en grève quel jour. Organiser une crèche de grève, pour garder les enfants et permettre aux collègues de participer aux actions. Ne pas prêter attention aux tentatives de division, d'intimidation et de démoralisation venant de la direction, de l'encadrement ou de certains collègues. L'unité portant sur des revendications précises est la base de la lutte. Aussi plus la grève sera élargie aux autres services, hôpitaux, secteurs, plus le rapport de force sera en notre faveur. Il est évident que lutter est fatiguant nerveusement et physiquement, aussi plus les tâches seront réparties et assurées sérieusement par un groupe solide de collègues, moins il y aura de pressions sur quelques uns avec la possibilité de voir surgir des petits chefs, des railleries entraînant des divisions internes fatales au mouvement. Il faut se méfier évidemment des bureaucrates syndicaux, permanents ou pas, qui voudraient s'approprier et diriger la lutte, ou stopper la grève avec des revendications partiellement satisfaites lors des réunions avec la direction.</p> <p>Nous n'avons rien à perdre. La grève générale illimitée est faite pour gagner !</p> <p>Notes :</p> <p>[1] <a href="https://www.europe1.fr/sante/crise-nationale-aux-urgences-agnes-buzyn-est-en-train-de-tuer-lhopital-public-3902798.amp" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.europe1.fr/sante/crise-...</a></p> <p>[2] <a href="https://www.irdes.fr/documentation/syntheses/historique-des-reformes-hospitalieres-en-france.pdf" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.irdes.fr/documentation/...</a></p> <p>[3] <a href="https://www.lci.fr/population/paris-aphp-hopitaux-les-urgentistes-de-l-hopital-saint-antoine-en-greve-illimitee-agressions-2116103.html" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.lci.fr/population/paris...</a></p> <p>[4] <a href="https://www.francetvinfo.fr/sante/hopital/enquete-franceinfo-manque-de-moyens-personnel-deborde-les-hopitaux-au-bord-de-la-crise-de-nerfs_2726507.html" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.francetvinfo.fr/sante/h...</a></p> <p>[5] <a href="https://www.revolutionpermanente.fr/Hopitaux-en-20-ans-la-moitie-des-maternites-ont-ferme" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.revolutionpermanente.fr...</a></p> <p>[6] <a href="https://www.nouvelobs.com/economie/20190121.OBS8848/en-france-l-evasion-fiscale-c-est-100-milliards-d-euros-par-an-le-budget-de-l-education.html" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.nouvelobs.com/economie/...</a></p> <p>[7] <a href="https://garap.org/communiques/communique47.php" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://garap.org/communiques/commu...</a></p> <p>[8] <a href="https://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/citoyen/participation/syndicat/comment-est-finance-syndicat.html" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.vie-publique.fr/decouve...</a> et <a href="https://www.capital.fr/votre-carriere/la-jolie-hausse-des-subventions-aux-syndicats-1260667" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.capital.fr/votre-carrie...</a></p> <p>[9] <a href="https://www.sudouest.fr/2019/06/04/greve-aux-urgences-le-mouvement-prend-une-ampleur-inedite-des-soignants-requisitionnes-de-force-6166741-4696.php" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.sudouest.fr/2019/06/04/...</a></p> <p>[10] <a href="https://www.lepoint.fr/societe/greve-aux-urgences-65-services-touches-journee-nationale-le-6-juin-25-05-2019-2315013_23.php" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.lepoint.fr/societe/grev...</a> et <a href="https://twitter.com/interurg" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://twitter.com/interurg</a></p> <p>[11] <a href="http://www.pasdebebesalaconsigne.com/" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>http://www.pasdebebesalaconsigne.com/</a></p> <p>[12] <a href="https://www.liberation.fr/france/2019/04/22/la-pedopsychiatrie-publique-du-xixe-arrondissement-de-nouveau-en-greve_1722147" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://www.liberation.fr/france/20...</a></p> <p>[13] <a href="https://garap.org/communiques/communique69.php" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://garap.org/communiques/commu...</a> et <a href="https://garap.org/communiques/communique48.php" class='spip_url spip_out' rel='nofollow external'>https://garap.org/communiques/commu...</a></p> <p><a href="https://garap.org/communiques/communique74.php" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p></div> Qu'est-ce que trafiquent les classes dirigeantes algériennes ? Que fait le peuple travailleur ? https://www.matierevolution.org/spip.php?article6709 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6709 2019-12-03T23:05:00Z text/html fr Robert Paris Révolution Manifestation Algérie Révolte Lutte de classes - Class struggle Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles Qu'est-ce que trafiquent les classes dirigeantes algériennes ? Que fait le peuple travailleur ? Cela bouge en Algérie : non seulement dans les rues, dans le peuple travailleur, mais aussi dans les sommets : élections, arrestations et procès de dirigeants et ex-dirigeants, modifications du code pétrolier, négociations avec la Russie et la Chine, etc. En effet, il ne se discute pas que de démocratie mais bien sûr d'hydrocarbures s'agissant de l'Algérie ! Plus d'un millier de personnes ont déjà (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique99" rel="directory">08- LUTTE DES CLASSES - CLASS STRUGGLE </a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot138" rel="tag">Algérie</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_13788 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH239/DIA-ARTE-lAlgerie-dans-limpasse-36b1a.jpg' width='500' height='239' alt="" style='height:239px;width:500px;' /></span></p> <h3 class="spip">Qu'est-ce que trafiquent les classes dirigeantes algériennes ? Que fait le peuple travailleur ? </h3> <p>Cela bouge en Algérie : non seulement dans les rues, dans le peuple travailleur, mais aussi dans les sommets : élections, arrestations et procès de dirigeants et ex-dirigeants, modifications du code pétrolier, négociations avec la Russie et la Chine, etc.</p> <p>En effet, il ne se discute pas que de démocratie mais bien sûr d'hydrocarbures s'agissant de l'Algérie ! Plus d'un millier de personnes ont déjà manifesté à Alger contre une loi sur les hydrocarbures devant être examinée la même soirée par le Conseil des ministres, en la dénonçant comme un bradage du pays aux multinationales étrangères. Depuis, elle a été adoptée !</p> <p>L'Algérie est secouée depuis le 22 février par un puissant mouvement de contestation qui a poussé Abdelaziz Bouteflika à la démission en avril, après 20 ans à la tête de l'Etat, et se poursuit avec des manifestations chaque mardi et vendredi, en réclamant le départ de l'ensemble du "système".</p> <p>Et, dans le « système algérien » il y a bien entendu le détournement par une classe possédante occulte de l'argent du gaz, du gaz de schiste et du pétrole !!!</p> <p>Le gouvernement, le parlement, les institutions, la justice, tout cela n'est qu'une couverture du détournement de l'argent des hydrocarbures et aussi de détournement du mécontentement du peuple travailleur dont l'indépendance a été aussi volée que l'argent !</p> <p>Les hydrocarbures représentent plus de 95% de ses recettes extérieures et contribuent pour 60% au budget de l'Etat.</p> <p>« Les députés ont adopté à la majorité le projet de loi sur les hydrocarbures », a indiqué sans autre détail un bandeau défilant sur l'A3, l'une des chaînes de télévision nationale.</p> <p>Mais qu'est-ce que la réforme des hydrocarbures ? "L'Etat va donner au concessionnaire une parcelle de terrain sur laquelle tout ce qu'il y découvrira, lui appartiendra", explique le consultant Hocine Malti, ancien vice-président du groupe pétrolier public Sonatrach. C'est très différent : le gouvernement vend non seulement du pétrole mais l'avenir des exploitations d'une région !!!</p> <p>Le gouvernement, le parlement, les classes dirigeantes prétendent ne pas avoir assez d'argent pour chercher de nouveaux gisements et affirment que la nouvelle loi va débloquer cette situation !!! Mensonge ! Il s'agit pour les classes dirigeantes de trouver un nouveau souffle financier face à la révolte populaire pour tenter de la calmer et de la détourner. En vendant l'avenir des hydrocarbures, le gouvernement veut se donner de l'argent et, du coup, du temps qui lui permettrait de laisser le « hirak » s'essouffler…</p> <p>C'est une course de vitesse entre les possédants et le peuple travailleur… A qui aura le meilleur souffle. Mais ce n'est pas tout. Le gouvernement profite du fait que le peuple travailleur reste globalement inorganisé, méfiant dans toutes les sortes d'organisation, y compris si lui-même s'en donnait une, ayant fait l'expérience de la vitesse à laquelle le pouvoir (mais aussi les islamistes, les autonomistes, les activistes de toutes sortes, les petits ambitieux, etc.) détourne toute forme d'organisation !!! Les classes dirigeantes sont ainsi les seules à faire la politique et le face à face peuple-pouvoir continue sans donner de direction politique réelle à la lutte.</p> <p>Liberté, démocratie, fin du système, souveraineté du peuple travailleur restent pourtant le sens inébranlable de la mobilisation. Aucune confiance dans les institutions, dans le personnel politique, dans le pouvoir et même dans l'armée, voilà ce que dit le hirak. Mais il ne présente pas véritablement une alternative car il ne met pas en face les structures organisées de peuple travailleur. Le face à face peut continuer : le peuple travailleur ne sait pas où on va mais les classes dirigeantes non plus ! Le temps, bien entendu, ne résout rien dans la mesure où le peuple travailleur n'a nullement l'intention de se laisser voler cette lutte là, incomparable dans sa durabilité, dans sa confiance en soi, dans son unité, dans sa capacité à redonner une fierté de soi au peuple travailleur…</p> <p>Les élections, les procès, les mics-macs politiciens sont là pour la galerie et ne résolvent évidemment rien… Pas plus que le départ de Bouteflika n'avait rien résolu et que même le départ de Gaïd Salah ne suffirait pas à dénouer la situation.</p> <p>Même si les personnages jugés ne sont pas du menu fretin, le peuple algérien n'a aucune confiance que ces procès règlent quoique ce soit. D'autant que les sommes détournée ne sont nullement récupérées. Le peuple clame qu'il veut juger lui-même comme il veut gouverner lui-même !!!</p> <p>Le changement du personnel politique par les élections n'est pas non plus un vrai changement et les élections sont même devenues le principal motif immédiat de mécontentement populaire !!! Les candidats sont des politiciens qui ont déjà démontré leur caractère véreux quand ils ont participé au pouvoir. Jamais une élection présidentielle n'aura été aussi impopulaire en Algérie ! La campagne électorale n'a pas pu avoir lieu réellement tant le peuple s'y oppose. Mais le chef d'Etat-major des armées Ahmed Gaïd Salah qui gouverne en dictateur militaire tient à avoir son paravent démocratique pour ne plus être en première ligne du mécontentement populaire. Mais, rien n'y fait : le peuple ne veut plus ni de lui ni d'une dictature militaire en Algérie !</p> <p>L'avenir appartient au peuple travailleur. Lui seul peut décider quand il sera temps de s'auto-organiser, de démettre l'Etat-major des armées et de demander aux petits soldats de n'obéir qu'au peuple. Enfin, de s'ériger lui-même en nouveau pouvoir d'un type complètement nouveau : le pouvoir des comités à la base du peuple travailleur !</p> <p>Tour le monde sait que le temps qui passe ne fait qu'aggraver la situation économique, sociale et politique, mais, en attendant, tout le monde, peuple et pouvoir, attendent, avec le doigt sur la gâchette, l'un pour enclencher la révolution radicale et l'autre la contre-révolution sanglante… Pendant ce temps, le peuple est en otage mais le changement c'est que la classe possédante l'est aussi… L'avenir est en attente…</p> <p>L'issue n'est d'ailleurs pas nécessairement proprement algérienne. C'est une crise mondiale, une révolution mondiale et l'issue elle aussi est mondiale : révolution ou contre-révolution… Le peuple travailleur est la seule force mondiale en face du capitalisme mondial ! <span class='spip_document_13789 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH375/D38ZvYzW4AAzDtY-325c5.jpg' width='500' height='375' alt="" style='height:375px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_13790 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH279/ANP-militaires-aff24.jpg' width='500' height='279' alt="" style='height:279px;width:500px;' /></span>Ils préparent la prochaine élection ou... le prochain bain de sang ?!!!<span class='spip_document_13791 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH271/1035799813-c2061.jpg' width='500' height='271' alt="" style='height:271px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_13792 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/Armee-changement-a54d0.jpg' width='500' height='334' alt="" style='height:334px;width:500px;' /></span><span class='spip_document_13795 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH333/000_1gc35p-5a770.jpg' width='500' height='333' alt="" style='height:333px;width:500px;' /></span>Le peuple travailleur prépare tout autre chose !!!<span class='spip_document_13794 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH331/arton15937-2-20759.jpg' width='500' height='331' alt="" style='height:331px;width:500px;' /></span></p> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=alg%C3%A9rie+r%C3%A9volte+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=" class='spip_out' rel='external'>La suite</a></p> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&ei=Ex3oXaWSNpqJjLsPlemB4A8&q=alg%C3%A9rie+classe+dirigeante+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&oq=alg%C3%A9rie+classe+dirigeante+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&gs_l=psy-ab.3...68270.71533..71884...1.0..0.76.1201.20......0....1..gws-wiz.k_ZJe9QDzlg&ved=0ahUKEwjl58Kt8JzmAhWaBGMBHZV0APwQ4dUDCAo&uact=5" class='spip_out' rel='external'>Lire aussi</a><span class='spip_document_13808 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L500xH334/20530993-183d8.jpg' width='500' height='334' alt="" style='height:334px;width:500px;' /></span></p></div> Lutte des classes à l'Hôpital public en décembre 2019 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6707 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6707 2019-12-03T06:46:52Z text/html fr Robert Paris Grève Strike Ouvriers Workers prolétaires Manifestation Syndicalism - le syndicalisme Lutte de classes - Class struggle Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles Pourquoi l'hôpital est miné par la dette ? Annoncée avec emphase par le gouvernement, la reprise partielle de la dette hospitalière par l'État se révèle dérisoire dans les faits. Cet endettement, alourdi parfois par des prêts toxiques, a été voulu, organisé depuis le début des années 2000. La paupérisation du service public hospitalier par la dette continue son œuvre. Il s'agit d'enrichir les prêteurs privés, d'enrichir les entreprises privées du Bâtiment, du Médicament, de l'Informatique. Il s'agit (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique95" rel="directory">10- SYNDICALISME ET AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS - SYNDICALISM AND SELF-ORGANISATION OF WORKERS </a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot46" rel="tag">Grève Strike</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot49" rel="tag">Ouvriers Workers</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot58" rel="tag">prolétaires</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot95" rel="tag">Manifestation</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot110" rel="tag">Syndicalism - le syndicalisme</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot278" rel="tag">Lutte de classes - Class struggle</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot280" rel="tag">Gilets jaunes, Auto-organisation, Comités, Conseils ouvriers, Coordinations, Assemblées interprofessionnelles</a> <div class='rss_texte'><p>Pourquoi l'hôpital est miné par la dette ?</p> <p> Annoncée avec emphase par le gouvernement, la reprise partielle de la dette hospitalière par l'État se révèle dérisoire dans les faits. Cet endettement, alourdi parfois par des prêts toxiques, a été voulu, organisé depuis le début des années 2000. La paupérisation du service public hospitalier par la dette continue son œuvre. Il s'agit d'enrichir les prêteurs privés, d'enrichir les entreprises privées du Bâtiment, du Médicament, de l'Informatique. Il s'agit surtout de justifier par cette « dette » les politiques d'austérité pour supprimer des services, des lits, des hôpitaux et des emplois ! La dette de l'hôpital appartient en totalité à l'Etat et en n'en « reprenant » qu'une partie, il vole la santé, la sécu, l'hôpital public et les impôts de toute la population !</p> <p>La montagne a accouché d'une souris !</p> <p> Une immense manifestation hospitalière après des mois de lutte a mené... au nouveau plan d'urgence de Macron-Buzyn-Hirsch qui ne vaut pas un pet de lapin !!! Pour faire reculer les Hirsch-Macron-Philippe-Buzyn, il ne faudra rien moins que notre mobilisation directe, de notre organisation en comités de grève dans chaque hôpital et que nous prenions nous-mêmes directement les décisions de notre lutte, avec élection de nos délégués de lutte. On ne gagnera pas en économisant sur l'auto-organisation !</p> <p> La lettre de l'âne Martin</p> <p> Cette missive de notre royal patron énonce ce qu'il appelle « plusieurs points majeurs » d'un plan d'ensemble et on constate qu'il ne s'y trouve tout simplement PAS UNE SEULE DE NOS PRINCIPALES REVENDICATIONS !!! En effet, pas la moindre allusion à une augmentation générale des salaires et surtout pas aux 300€ pour tous que nous considérons comme un simple rattrapage face au coût de la vie en hausse alors que cela fait des années que nos salaires dégringolent du fait du blocage des salaires depuis plus de dix ans. Ensuite, pas la moindre allusion à des embauches massives de personnel dans tous les hôpitaux qui sont pourtant non seulement indispensables mais désormais vitales pour les personnels et les patients, pour la sécurité et la santé, pour que l'hôpital ne soit pas un lieu où on tombe malade mais où on soigne !!! Enfin, pas un mot de la fin de la gestion purement rentable, de la T2A, de la pression des charges financières, de la mise en rouge des hôpitaux par les dépenses de bâtiment, d'informatique et de labos pharmaceutiques, en somme pour financer les trusts. La « rallonge » pour l'hôpital, ce n'est pas le dixième du minimum ! Pour terminer, pas un mot de la fin de la destruction de l'hôpital public pour mieux favoriser le privé. Dans ce « plan d'ensemble », il y a, par contre, la confirmation des regroupements, des mutuellisations, des fermetures de lits, des réductions de tout, personnel, matériel et niveaux des soins. En somme, une journée d'action syndicale n'a en rien fait reculer le gouvernement, rien de fondamental en tout cas. Ce n'est que des mesurettes, chargées essentiellement de diviser les personnels, chacun devant se demander s'il est dans la bonne région, dans le bon service, dans la bonne situation personnelle, dans les bonnes grâces de ses chefs pour obtenir… une prime !! Même pas de quoi convaincre une seule personne travaillant à l'hôpital public que la situation catastrophique a été prise en compte. Et pour cause : cette situation est sciemment créée par un gouvernement qui casse non pas l'hôpital public mais tout le service public (transports, énergie, recherche, postes, communications, enseignement, etc.)</p> <p>Macron menteur</p> <p> Macron, commentant la manifestation massive de l'InterHôpitaux : « Ma considération va aux personnels soignants, ma compréhension que rien ne fonctionne plus dans trop d'hôpitaux… On a fait peser sur l'hôpital la maîtrise des dépenses de santé… Les personnels sont épuisés… Dès mon élection, j'ai voulu mettre un coup d'arrêt à cette tendance… Cela nous permet de sortir progressivement de cette tarification à l'activité… Notre plan qui est le bon ne va pas assez vite… La situation est encore plus grave que nous n'avions analysé… Il faudra regrouper certains services… Accélérer les réorganisations qui ont commencé et qui seront accélérées… J'ai conscience de l'urgence de la situation de l'hôpital public… » Baratineur ! Huit mois après que les personnels aient commencé à se mobiliser, il dit qu'il a conscience, et il n'annonce rien de bon, ni d'augmentation de 300 euros des salaires, ni la multiplication des embauches, ni l'arrêt des fermetures de lits, ni la fin des regroupements, ni la fin de la restructuration, ni où iront les milliards débloqués et sur quoi ils seront pris !!!</p> <p>Pour la Psychiatrie, comme pour les Urgences, c'est déjà la catastrophe</p> <p> La catastrophe est dénoncée par les grèves de ses personnels comme au Rouvray !!! Des conditions d'accueil « indignes », des « dysfonctionnements institutionnels graves, susceptibles de constituer un traitement inhumain et dégradant »… Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a publié, mardi 26 novembre, au Journal officiel, des recommandations en urgence relatives à l'hôpital psychiatrique du Rouvray, à Sotteville-lès-Rouen, à côté de Rouen (Seine-Maritime). « Nous avons trouvé des dysfonctionnements extrêmement graves dans chacun des critères étudiés », déclare au Monde Adeline Hazan, la contrôleuse générale, qui appelle à la mise en place rapide d'un projet médical d'établissement. Dans cet établissement où des soignants avaient mené en 2018 une grève de la faim pour dénoncer le manque d'effectifs et les conditions d'accueil des patients, le CGLPL alerte aussi bien sur les atteintes à la liberté d'aller et venir que sur les conditions d'hébergement, les pratiques d'isolement, l'information des patients en soins sans consentement que sur la prise en charge de certains enfants hospitalisés. Les unités sont en permanence suroccupées (101,3 % en moyenne en 2018), des lits de camp étant ajoutés dans les chambres simples ou doubles. « Il n'est pas rare qu'un lit soit installé dans un bureau ou dans le salon de visite des familles, ou qu'un patient soit maintenu en chambre d'isolement », note le CGLPL, pour qui « les conditions de vie sont particulièrement dégradées par la promiscuité, dans la chambre ou dans l'unité ».</p> <p>C'est un comble</p> <p> Nous avons été tous très surpris quand on nous a demandé de ne plus utiliser le sufanios safe. C'est le produit spray, pratique et simple à utiliser pour désinfecter rapidement une surface, et qui se trouve un peu partout, sur nos chariots, dans les chambres... Branle-bas de combat, car il fallait absolument tous les enlever. Un peu compliqué vu qu'il en a un partout, et chaque jour on en trouve encore et encore. Selon un communiqué, ce produit sensé désinfecter serait lui-même contaminé ! Chercher l'erreur ? Mais la meilleure, c'est qu'il fallait le remplacer par les dosettes désinfectantes à diluer et donc moins pratique à utiliser. La politique des économies, c'est toujours infect !</p> <p>Quand le bâtiment va, tout va !</p> <p> En ce moment à Saint-Antoine il y a beaucoup de travaux. La circulation est devenue très difficile aussi bien pour les piétons que pour les véhicules et qui ont de plus en plus de mal à se garer. Aussi o peut s'interroger sur le caractère tellement nécessaire des travaux d'embellissement, quand voit même pousser des grands pots de fleurs. A comparer à l'état de délabrement de bon nombre de services, de manque de matériel, de personnel. On est quand même en droit de se demander où se trouve la priorité des dirigeants de l'APHP, quand ils nous disent qu'il n'y a pas de budget.</p> <p>Alertez les enfants !</p> <p> Après la crise ouverte et permanente des Urgences, des Maternités, de la Gériatrie, de la Psychiatrie, c'est celle de la Pédiatrie !!! Epuisées par les conditions de travail en pédiatrie, infirmières et aides-soignantes jettent l'éponge et il n'y a plus personne pour accueillir les enfants à la veille de la crise des bronchiolites et des grippes enfantines !!! Et il n'y a plus de médecins dans ces services !!! Les hôpitaux, les uns après les autres, ferment massivement les lits de pédiatrie faute de professionnels dans ces services, que ce soit en pédiatrie ou en réa pédiatrique !!!</p> <p>Buzyn régresse</p> <p> La technologie médicale progresse, pas la santé : le nouveau progrès ce serait la consultation de santé dans des constructions modulaires Algeco pour pallier au manque de médecin et de structures médicales !!!</p> <p>A quoi ça mène les négociations et les « Grenelle » avec syndicats et associations</p> <p> Eh oui ! On vient de voir à quoi ça mène avec le Grenelle des violences conjugales ! Exactement comme le nouveau plan Buzyn : tout de la com et du pipeau, des mesurettes qui ne changent rien de fondamental sur un problème dramatique, le nombre de femmes assassinées par leur conjoint qui monte en flèche en France ! Les associations de défense des femmes ont accepté de participer à une réunion nationale avec le pouvoir en déclarant espérer que « ce ne sera pas une vaste opération de communication ». Bien mal défendues ainsi… les femmes par des gens qui croient pactiser avec le pouvoir pour les défendre.</p> <p>La hausse de la misère frappe les bébés</p> <p> Le 25 mars, un bébé d'un jour est mort dans la rue en Seine-Saint-Denis. Le 1er juillet, un enfant de 6 ans a été retrouvé mort en Guadeloupe. Plus récemment, le 4 novembre, une femme demandeuse d'asile à la rue alors qu'elle était enceinte de jumeaux a perdu un de ses bébés à Paris, après un accouchement d'urgence à seulement cinq mois de grossesse. Au total, huit mineurs sont morts dans la rue depuis le début de l'année...</p> <h3 class="spip">5 décembre : les directions syndicales font seulement semblant de prendre la tête d'une grève générale reconductible et interprofessionnelle</h3> <p> En fait, les appareils syndicaux veulent seulement diriger le mouvement pour le limiter, pour le contrôler, pour éviter que la classe ouvrière ne s'auto-organise et pour ensuite la trahir en la vendant au pouvoir et au grand capital…</p> <p> On peut même dire que, dès maintenant, en négociant par petits bouts, par secteur, avec Macron, ils vendent et trahissent déjà la grève générale du 5 décembre qui, d'ailleurs, si elle se généralise petit à petit, secteur par secteur, n'est nullement appelée comme une grève générale interprofessionnelle reconductible de tous les travailleurs et chômeurs, du moins par les appareils syndicaux de toutes sortes. En effet, secteur par secteur, ce n'est que les travailleurs que les syndicats organisent pour préparer la journée du 5 décembre et les suivantes, non, c'est les négociations avec le pouvoir qu'elles mettent en place ! Et on le voit dans tous les secteurs, dans toutes les catégories, pour tous les syndicats. Tous sont reçus. Tous négocient dans le dos des travailleurs. Tous trahissent dès maintenant !</p> <p> Comment comprendre autrement que ces appareils bureaucratiques, qui se sont toujours dits hostiles à une grève générale illimitée de tous les travailleurs, se prétendent aujourd'hui à son initiative ? En fait, tous les signaux sociaux en France se mettent de plus en plus au rouge et les appareils syndicaux ne veulent pas que chez les cheminots, chez les hospitaliers, chez les pompiers, chez les enseignants, chez les ouvriers de l'Automobile, dans l'Energie, à la RATP, chez les employés de banque, les travailleurs se lancent dans une « grève sauvage » comme viennent de la faire les urgentistes, et deux fois de suite les cheminots ! Rien n'inquiète autant, à la fois les dirigeants syndicaux et les dirigeants gouvernementaux, que le fait que les travailleurs s'auto-organisent, décident eux-mêmes du moment de leur action, de ses buts, des moyens engagés, de leur mode d'action et d'organisation !</p> <p> Le 5 décembre, le mot d'ordre qui est souvent rappelé est celui de la « grève générale illimitée » mais ce qu'en disent les appareils bureaucratiques des syndicats n'a rien de rassurant sur sa signification pour eux étant donné que le caractère « illimité » ne signifient pas qu'ils appellent à faire grève après le 5 et même pas le 6 décembre et que le caractère « général » de l'appel à la grève générale ne signifie pas non plus qu'ils appellent vraiment tous les secteurs de la classe ouvrière à agir ensemble !!!</p> <p> En fait, une véritable action de masse des travailleurs ne peut avoir lieu que si, à la base, les travailleurs s'organisent par eux-mêmes en comités, en collectifs, en conseils, en assemblées, et se coordonnent localement, régionalement et nationalement comme sont en train de le faire les gilets jaunes, comme l'ont fait aussi les urgences des hôpitaux publics dans les collectifs de l'InterUrgences et même dans tout l'hôpital public dans les collectifs de l'InterHôpitaux et comme l'ont fait les cheminots du technicentre de Châtillon.</p> <p> Certes, les média ont parlé de « convergence » entre syndicats et gilets jaunes auto-organisés, mais ce n'est pas au point que les syndicats reconnaissent le droit aux salariés de décider eux-mêmes, pas plus le 5 décembre que pour d'autres actions, des revendications, des modes d'action, des négociations, des objectifs, de la stratégie. Ce que les gilets jaunes, les urgences ou les cheminots du technicentre de Châtillon, c'est-à-dire l'auto-organisation de la lutte, ont imposé n'est toujours pas admis dans les entreprises. Et c'est pourtant ce qui permettrait non seulement d'assurer le contrôle par les travailleurs de leur propre lutte, d'être sûr de ne reprendre le travail notamment que quand on l'a décidé et aux conditions que l'on a voulues, mais aussi de pouvoir se faire craindre des classes possédantes et des gouvernants. Il est évident aujourd'hui que ceux-ci ne craignent nullement les appareils syndicaux car ils les tiennent aux bourses !!! C'est en effet l'Etat et les grands trusts qui financent les syndicats…</p> <p> Alors le 5 décembre, et aussi avant comme après, ne comptons que sur notre organisation par nous-mêmes, travailleurs, pour arracher nos victoires !</p> <p> Et c'est cela qui amène des appareils syndicaux, pour certains ouvertement pro-libéraux et pro-capitalistes, à soutenir la tendance actuelle à la généralisation de l'appel du 5 décembre pour mieux contrôler la montée du mécontentement. Il est à remarquer que c'est la CGT qui passe pour la plus réticente !!! Il faut dire que ces dernières années les secrétaires généraux de la CGT ont clamé que la grève générale était une lubie, que l'auto-organisation était traitresse du mouvement ouvrier. Car ces bureaucrates syndicaux, capables comme Lepaon d'émettre en rapport en faveur de la privatisation de la SNCF, capables comme les élus comité central Renault de voter la confiance à leur PDG Ghosn, capables de se dire favorables à la fusion PSA-Chrysler qui va détruire des emplois en masse pour « synergie », ces gens-là parlent de trahison du mouvement ouvrier dès que les travailleurs s'organisent eux-mêmes. Ainsi, la CGT a refusé que la coordination InterUrgences discute avec le gouvernement et a participé à des négociations dans le dos des grévistes des Urgences. Tous ces appareils syndicaux ont continué à négocier avec Hirsch alors qu'unanimement les personnels des hôpitaux, dans la plus grande grève de ce secteur depuis longtemps, refusaient toute négociation et affichaient leur banderole : « Ce n'est pas négociable ! » et le clamaient sous les fenêtres de la réunion de Hirsch avec ces bureaucrates !!!</p> <p> Oui, nous avons toutes les raisons non seulement de nous méfier de la manière dont ces appareils syndicaux vont organiser la grève générale du 5 décembre, la diriger et la tromper. Mais c'est bien plus que de nous méfier qu'il s'agit : il faut l'organiser dès maintenant nous-mêmes à la base, par des réunions d'organisation regroupant des travailleurs de toutes catégories, des chômeurs, des femmes et des jeunes qui souhaitent le faire, des gilets jaunes, des salariés des entreprises et des démunis de toutes sortes, « auto-entrepreneurs », petits commerçants ou petits artisans, petits pêcheurs, tous pris à la gorge pour le plus grand profit des milliardaires et du fait des politiques du gouvernement des milliardaires !</p> <p> Diriger nous-mêmes, c'est complètement remettre en cause la cadre dans lequel les syndicats veulent enfermer le mouvement. Car d'abord, le sujet du 5 décembre, ce n'est pas seulement les retraites. Y est lié la réforme du chômage, la réforme des aides sociales, la réforme du logement, la réforme des services publics, la réforme de la santé, la réforme de l'hôpital public, la réforme des EPHAD, la réforme de la psychiatrie, la réforme de l'enseignement, la privatisation des aéroports et autres privatisation, la réforme d'EDF-Areva-CEA, la réforme du nucléaire, la réforme de la recherche. Et il faut bien préciser que le terme « « réforme » signifie en clair : DESTRUCTION, mise au service du privé, ponction par le grand capital, par les trusts, par les banques, par la finance, par les bourses, pour le profit des milliardaires et aux dépens des salariés et des plus démunis !!!</p> <p> Diriger nous-mêmes, c'est dire que notre contre-offensive ne vise pas à négocier, à réformer… la réforme, à pactiser avec nos adversaires, à trahir ainsi le mouvement a commencé bien avant que les « leaders » de toutes les défaites passées prétendent aujourd'hui nous conduire à quelle victoire ?!!!!</p> <p> Diriger nous-mêmes, c'est faire comme l'ont fait avant nous les gilets jaunes, les urgences, les cheminots ! C'est mettre en place nos propres formes d'organisation, décider nous-mêmes des buts de notre action, nous organiser par delà des divisions de toutes sortes, corporatistes, locales, de site, d'entreprise, de secteur, de nationalité, de race, d'ethnie, de religion.</p> <p> Diriger nous-mêmes, c'est mettre en place de manière durable, comme le sont les assemblées de gilets jaunes, l'InterUrgence et l'InterHôpitaux, des structures d'organisation pour décider non seulement sur le terrain économique, revendicatif, mais aussi politique, pour dire ce que sera la société de demain.</p> <p> Diriger nous-mêmes, c'est nous placer dans le même cadre que les révolutions sociales qui parcourent la planète, de l'Irak à l'Equateur et du Chili au Soudan, comme de Haïti à la France !</p> <p> Nous ne voulons pas de la réforme des retraites mais, en disant cela, nous n'oublions pas que nous ne voulons pas de la réforme de la SNCF, de l'EDF, de France Telecom, de la réforme du chômage, de la réforme de l'enseignement, de la réforme de la recherche, de la réforme des banques, des secteurs de l'Automobile, de la santé, de l'hôpital, des EPHAD et on en passe… Nous ne voulons pas davantage des discours fascistes de Trump contre les musulmans, contre les migrants, contre les étrangers qui visent à nous diviser et à effacer du premier plan la lutte sociale des plus démunis !</p> <p> En fait, nous ne voulons plus du pouvoir des milliardaires sur l'appareil d'Etat, du pouvoir des trusts au travers du gouvernement des lobbys, du gouvernement spécialiste du conflit d'intérêt, de la concussion, de la prévarication, du vol des fonds publics au service d'intérêts privés de moins de un pourcent de milliardaires plus riches que jamais. Nous ne voulons plus de ce partage des richesses ! Nous ne voulons plus de cet ordre social et de cet ordre policier ! Nous ne voulons plus non plus de cet ordre militaire qui trouve des milliards pour faire des guerres aux peuples aux quatre coins du monde et y soutenir des dictateurs et des massacreurs !</p> <p> Oui, si nous nous mobilisons en masse, ce n'est pas pour donner du crédit et du poids à une bande de bureaucrates qui n'auront rien de plus pressé que de négocier dans notre dos des avantages pour leurs propres appareils ! Non ! il est temps de décider nous-mêmes et d'arrêter de nous promener comme des moutons derrière nos bergers qui nous amènent à tous les abattoirs !</p> <p> Avant le 5 décembre comme après, constituons nos comités de direction de la lutte, lions-nous aux gilets jaunes pour cela, structurons nous localement, régionalement et nationalement ! Si nous le faisons, l'avenir est à nous !</p></div> Quels sont aujourd'hui les arguments rationnels des créationnistes, autres que ceux de la croyance ? https://www.matierevolution.org/spip.php?article6602 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6602 2019-12-02T23:37:00Z text/html fr Robert Paris Emergence évolution des espèces Quels sont aujourd'hui les arguments rationnels des créationnistes, autres que ceux de la croyance ? Les créationnistes sont des adversaires « naturels » de la théorie de l'évolution darwinienne et ils ne peuvent nullement s'en accommoder alors qu'ils se sont « adaptés » aux autres sciences, notamment à la physique et ont même prétendu l'annexer, notamment la physique quantique et le Big bang. Pas étonnant : la sélection naturelle nie directement toute création des espèces vivantes par une force supra (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique35" rel="directory">Evolution ou révolution des espèces ?</a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot71" rel="tag">Emergence</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot282" rel="tag">évolution des espèces</a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip">Quels sont aujourd'hui les arguments rationnels des créationnistes, autres que ceux de la croyance ?</h3> <p>Les créationnistes sont des adversaires « naturels » de la théorie de l'évolution darwinienne et ils ne peuvent nullement s'en accommoder alors qu'ils se sont « adaptés » aux autres sciences, notamment à la physique et ont même prétendu l'annexer, notamment la physique quantique et le Big bang. Pas étonnant : la sélection naturelle nie directement toute création des espèces vivantes par une force supra naturelle. On ne peut même pas dire que ce seraient les athées qui exploiteraient les thèses de Darwin, car ce dernier a clairement donné à sa thèse un sens matérialiste et antireligieux, et particulièrement anti-créationniste et anti-biblique, à sa théorie…</p> <p>La sélection naturelle ne fonde nullement un univers conçu par avance, un monde parfait, un monde pour l'homme, mais un monde qui se transforme de lui-même et en aveugle, sans direction préétablie. L'homme n'est pas le roi de l'évolution dans la théorie darwinienne, contrairement à la thèse créationniste biblique.</p> <p>Bien entendu, les créationnistes, notamment toutes les institutions religieuses n'allaient pas se laisser déposséder de leur domination idéologique sans réagir. Elles ont investi elles aussi le domaine scientifique, fondant l'Université interdisciplinaire de Paris UIP, l'Institut catholique, l'université catholique de l'Ouest et l'Université catholique de Louvains, fondant des thèses « scientifiques » à elles. Les protestants ont l'université protestante. Les musulmans développent la « science musulmane » qui, elle aussi, nie l'évolution darwinienne. On se souvient du père Teilhard de Chardin et de son homme de Piltdown… Et, bien entendu, du père Lemaitre et de son Big bang… La papauté est, elle aussi, mobilisée à favoriser, y compris financièrement, les scientifiques qui s'affirmeraient plutôt pro-religions, pro-création, ouverts au mystique, ou que l'on pourrait faire passer comme tels. Et ils se servent des moyens modernes, des réseaux internet, des films qui affirment sur youtube que Darwin avait tout faux ! Ils assènent sans cesse de nouvelles « preuves contre la sélection naturelle », comme si l'intervention de dieu par la création, vérité révélée, avait besoin de preuves scientifiques !</p> <p>Mais, le premier argument « scientifique » des créationnistes, ce sont les anticréationnistes qui le leur donnent : les débats internes de la théorie évolutionniste servent de preuve de la prétendue fausseté du darwinisme. En effet, la science, contrairement aux religions, est en permanence en débats, et conteste sans cesse toute étape à laquelle elle est parvenue. Elle le fait avec les moyens, les méthodes et les buts de la science qui ne sont jamais les méthodes, les moyens et les buts de la croyance.</p> <p>Quels sont ces débats qui ont parcouru les évolutionnistes et dont les créationnistes font leurs choux gras ? Il y en a de nombreux et ils remettent en cause bien des points des raisonnements des successeurs de Darwin, mais il convient de préciser qu'ils ne remettent jamais en question les fondements même de la théorie de Darwin, ce que les créationnistes vont toujours essayer de faire croire… Et comme, en religion, l'essentiel c'est de croire, alors qu'en science, l'essentiel, c'est de vérifier et de ne rien tenir pour sûr… ils ont beau jeu. Les scientifiques ne cessent de remettre en question les points avancés par la science et il suffit de leur faire dire que cela remet en cause le darwinisme. Et, même si ces scientifiques critiques affirment le contraire, le tour est joué : les créationnistes utilisent ces critiques pour en faire des preuves que le darwinisme aurait échoué.</p> <p>Quels sont donc ces fameux points litigieux du darwinisme ?</p> <p>Ces points ne visent pas spécialement des critiques de ce qu'a écrit Darwin mais bien plus des reproches à ce qu'ont écrit ses successeurs, les néo-darwiniens.</p> <p>Les points en débat entre scientifiques, et dont les créationnistes s'emparent comme aveux de faiblesse de la théorie de l'évolution darwinienne, portent aussi bien sur : le rôle exclusif ou pas de la sélection naturelle dans l'apparition d'espèces nouvelles (rôle de la sélection sexuelle par exemple), le rôle exclusif ou pas de la génétique dans l'évolution (rôle de l'épigénétique), les différences entre microévolution et macroévolution, l'émergence de structures entièrement nouvelles au cours de l'évolution, les discontinuités évolutives brutales, les rythmes de l'évolution décrits par la théorie de l'évolution ponctuée de Stephen Jay Gould et les changements de rythmes, les discontinuités d'évolution correspondant aux différents niveaux hiérarchiques du Vivant, les causes et le rôle des extinctions de masse dans l'histoire de l'évolution des espèces, le caractère continu ou discontinu, progressif ou pas, linéaire ou pas, émergent ou pas de l'évolution darwinienne, etc.</p> <p>Mais ces diverses discussions, inévitables en sciences, apportent-elles réellement de l'eau au moulin des créationnistes ? Y a-t-il des espèces apparues à partir de rien ou n'émergeant pas des espèces précédentes ? Pas du tout !</p> <p>Au contraire, tous les progrès des connaissances démontrent que toutes les espèces sont apparues les unes à partir des autres et pas créées à partir de rien ! Tous les progrès de la biochimie démontrent que les homéogènes des différentes espèces, gènes qui structurent leur développement, c'est-à-dire la fabrication de l'individu à partir de l'œuf fécondé, ont les mêmes origines et fonctionnent pour les autres espèces. Tous les progrès des connaissances sur les différents niveaux hiérarchiques du Vivant ne font qu'élargir la notion de sélection naturelle à ces divers niveaux. La sélection sexuelle n'est nullement contradictoire avec les thèses de Darwin qui l'avait déjà prise en compte et n'avait jamais affirmé que la sélection naturelle agissait seule mais qu'elle était le mécanisme dominant de l'évolution des espèces. Quant à la discussion sur génétique/épigénétique, elle est bien entendu extérieure à la théorie de Darwin puisqu'à son époque la génétique ne lui était pas connue. La découverte de la génétique, et de l'épigénétique, n'entre nullement en contradiction avec les idées de Darwin mais donnent au contraire un fondement aux variations naturelle qu'il s'agit ensuite de sélectionner. Les thèses sur l'émergence de structure n'ont aucun point commun avec la notion de « création » des religieux. Elle est, au contraire, spontanée et ne nécessitant aucune intervention extérieure ni supranaturelle.</p> <p>Le deuxième élément, permettant aux créationnistes de fonder de manière pseudo-scientifique leurs thèses, se base sur les aveux d'ignorance des scientifiques : ignorance de l'origine historique de la vie et de son mécanisme biochimique, ignorance de l'origine du code génétique, ignorance de l'origine des premières cellules, ignorance du caractère terrestre ou extraterrestre de la naissance du Vivant, ignorance sur l'existence de la vie dans l'Univers, ignorance des formes possibles de la vie ailleurs que sur Terre, ignorance des limites du vivant et du non-vivant avec notamment les virus, ignorance des bases matérielles de la formation de la conscience humaine, ignorance des particularités de l'homme, ignorance sur l'existence ou pas d'autres êtres conscients dans l'Univers, etc. L'ignorance apparaît ainsi comme le fondement des créationnismes, alors que la connaissance est le fondement des sciences…</p> <p>Mais il est certain que les connaissances sur le Vivant, loin d'opposer ce dernier à l'ierte abec ses lois de la Physique et de la Chimie, l'y relient. Ce sont les lois des atomes, des molécules, les lois de la physique quantique notamment, qui sont à l'œuvre en biochimie, notamment dans la chimie des macromolécules du Vivant, dans les relations entre protéines et gènes, dans la formation des gènes, dans la reproduction de l'ADN, des protéines, des gènes et dans leurs interactions. Les propriétés particulières du vivant émergent de celles de la matière inerte et cette dernière démontre, à d'autres niveaux non vivants, de capacités de produire le phénomène dit d'émergence de structures nouvelles. Ce processus est spontané à la matière et n'a en rien besoin de création ex nihilo. La matière des particules est sans cesse créée et les apparitions-destructions des particules au sein du vide quantique ne font appel à aucune « force mystique » d'aucune sorte. La raison en est simple : les particules dites réelles ne sont rien d'autre que des particules virtuelles du vide qui ont reçu une quantité d'énergie déterminée, ce que l'on appelle un boson de Higgs. Elles apparaissent et disparaissent donc en gagnant ou en perdant un boson !!!</p> <p>L'émergence est une propriété de la matière. On en connaît de nombreux exemples puisque nous vivons justement à un niveau de structure de la matière qui est émergent : le niveau dit macroscopique dont les paramètres émergent tous du grand nombre des interactions des niveaux de structures inférieurs. Ainsi, à la base, il n'existe pas de température ni de pression et ces paramètres émergent à notre échelle.</p> <p>Il est remarquable que toutes les religions se soient particulièrement emparées des critiques du paléontologue Stephen Jay Gould pour leurs arguments anti-darwiniens, alors que les thèses évolutionnistes de ce grand savant ne méritaient pas un pas du tout une telle exploitation !</p> <p>Rappelons que Gould est parti d'une remarque sur l'absence des « chaînons manquants » de l'évolution, non pas pour nier l'évolution mais pour discuter des discontinuités de l'évolution des espèces, non pas pour nier le processus de la sélection naturelle de Darwin mais pour finir par la généraliser aux différents niveaux hiérarchiques du Vivant, affirmant qu'il y a aussi une sélection naturelle pour des évolutions cellulaires et aussi pour des familles d'espèces, sans compter tous les niveaux d'organisation du vivant situés entre les deux !!! Ce seraient ces sauts entre niveaux hiérarchiques qui expliqueraient le caractère discontinu de l'évolution des espèces.</p> <p>Mais cette interprétation, tout à fait matérialiste, tout à fait fondée sur la sélection naturelle même si elle élargit le darwinisme, a été utilisée par les créationnistes qui proclament : « Vous voyez bien, Gould lui-même reconnaît que le darwinisme ne marche pas ! »</p> <p>Bien entendu, le darwinisme ne pouvait pas tout expliquer puisque, déjà, il ne connaissait pas la cause matérielle des variations, la dérive génétique ! L'héritage génétique lui était entièrement inconnu. Il ne pouvait qu'imaginer le mode de sélection parmi les diverses variations. Mais, là encore, si la génétique et l'épigénétique modifient notablement l'interprétation, elles ne renversent nullement l'édifice darwinien, Darwin lui-même ayant affirmé qu'on ne connaissait pas encore la base matérielle de l'hérédité, ni la manière dont ce mode de conservation avec transformation se produisait. En tout cas, l'interprétation génétique et épigénétique ne donne aucune base au créationnisme. Les deux donnent une base matérielle à la formation avec transformation de la descendance, ce qui était exactement la thèse de Darwin.</p> <p>Il y a toujours bien des éléments controversés dans le darwinisme et Gould lui-même n'a pas rallié tous les suffrages des spécialistes mais c'est normal : toujours la science discute et rediscute chaque point. Cela ne signifie pas qu'elle patine, qu'elle recule, qu'elle échoue…</p> <p>Inversement, le créationnisme ne discute pas, on ne remet pas en question le message divin, tombé du ciel, au sens strict. Du coup, même si certains créationnistes se servent de découvertes scientifiques qui nous font rediscuter le darwinisme, ils ne peuvent pas vraiment s'appuyer sur les progrès de la science puisque le message divin ne peut pas progresser, ne peut pas mieux comprendre le monde, l'omniscience du créateur étant indiscutable !!!</p> <p>La découverte que les gènes homéotiques sont communs aux êtres vivants démontre l'origine commune des espèces qui n'ont, du coup, pas besoin d'avoir été créées l'une après les autres, selon le schéma créationniste. La découverte également des espèces ayant eu un ancêtre commun par les voies des comparaisons génétiques montre aussi que la vie n'a pu être créée qu'une seule fois et non autant de fois que d'espèces ou de familles d'espèces. La « descendance avec modification » de Darwin est bien vérifiée même si on continue à discuter ses rythmes, sa discontinuité, ses niveaux d'intervention ou l'existence d'autres mécanismes tout aussi matérialistes comme la sélection sexuelle, etc. L'absence des chaînons manquants, étapes d'une continuité de l'évolution, a posé problème au darwinisme mais la thèse de Gould notamment lui donne une réponse matérialiste qui n'offre aucune place au créationnisme, même si des théoriciens des religions musulmane ou chrétienne le prétendent.</p> <p>Chaque avancée scientifique apportant de nouvelles questions, les créationnistes ne risquent pas d'être à court d'arguments. Ainsi, la génétique apporte de nouveaux éléments matériels fondant les mécanismes du Vivant et les expliquant, mais les créationnistes peuvent toujours demander : qui a fondé le code génétique, qui a fabriqué le premier ADN, le premier ARN, la première protéine, qui a fabriqué la première cellule procaryote, qui a fabriqué la première cellule eucaryote, qui a fabriqué le premier œil, etc…</p> <p>Le fait que les espèces nouvelles ne soient pas dans la continuité de leur prédécesseurs, qu'il y ait des sauts de l'évolution, particulièrement de la spéciation comme le souligne Stephen Jay Gould, cela ne signifie nullement que la sélection naturelle ait fait erreur. On remarque notamment que la génétique retrouve les filiations et les descendances. On retrouve même la filiation des évolutions cellulaires !!! Il est clair maintenant que toutes les espèces vivantes qui ont existé sur la Terre ont les mêmes origines. Il n'est plus nécessaire d'un créateur qui aurait inventé d'un côté les animaux, de l'autre les plantes ou les mousses et, surtout, d'un troisième l'homme !!! Il n'est même pas nécessaire d'inventer séparément les cellules eucaryotes après les cellules procaryotes. Les éléments biochimiques permettent de retrouver les traces des chemins de l'évolution, par transformation en suivant la descendance. Les espèces nous indiquent à quel point elles sont proches ou lointaines et à quand remonte leur ancêtre commun ! L'horloge de l'évolution est de plus en plus précise.</p> <p>Nos connaissance sur l'évolution des singes, des australopithèques, des homo nous disent que ces espèces sont cousines, même si l'arbre de l'évolution n'est pas linéaire, est bien plus buissonnant qu'on ne le pensait, et avec de multiples branches mortes ! Bien sûr, les créationnistes peuvent faire leurs choux gras du fait que les paléoanthropologues doivent sans cesse révolutionner leurs thèses ! Aucun arbre de l'évolution des hominidés ne tient de nombreuses années. A l'inverse, la Bible ou le Coran peuvent affirmer n'avoir jamais dû subir une nouvelle édition corrigée ! Ce sont seulement les interprétations religieuses de leurs messages mythiques qui changent !</p> <p>On ne peut pas vraiment retrouver dans les textes révélés ni les trous noirs, ni la matière noire, ni l'expansion de l'Univers, et encore moins les cellules vivantes, le code génétique, les mécanismes épigénétiques ou bien les nouveautés structurelles de l'évolution, le système sanguin, la colonne vertébrale, le système nerveux, le cerveau, le passage des singes à l'homme… Dire que tout était déjà écrit dans les textes révélés nécessite non des faits scientifiques qui détruisent Darwin, mais une croyance très bien ancrée et refusant tout fondement scientifique !</p> <p>Les religions révélées n'ont pas besoin des contradictions de la recherche, elles affirment toujours la même chose : Dieu créa la lumière, dieu créa les cieux, dieu créa les étoiles, dieu créa la Terre, dieu créa l'homme… La croyance que « Dieu créa… » n'est pas une interprétation de quelconques faits établis scientifiquement mais un acte de foi. Elle n'est pas sujette à vérification car elle ne décrit rien, ne relie aucun fait à un autre, n'indique aucun mécanisme réel et donc rien qui pourrait être sujet à étude scientifique, même si les croyances, s'adaptant à un monde scientifique, tentent d'affirmer le contraire.</p> <p>Stephen Jay Gould dans « La structure de la théorie de l'évolution » :</p> <p>« L'essence même du darwinisme tient en une seule phrase : la sélection naturelle est la principale force créatrice du changement évolutif. Personne ne nie que la sélection naturelle joue un rôle négatif en éliminant les inadaptés. Les théories darwiniennes sous-entendent qu'elle crée en même temps les adaptés. La sélection doit accomplir cette tâche en mettant en place des adaptations en une série d'étapes, tout en préservant à chaque phase le rôle avantageux dans une gamme de variations génétiques dues au hasard. La sélection doit gouverner le processus de création et non pas se contenter d'écarter les inadaptés après qu'une quelque autre force a soudainement produit une nouvelle espèce complètement achevée dans une perfection primitive. On peut très bien imaginer une théorie non darwinienne du changement discontinu , c'est-à-dire d'une modification génétique profonde et brutale créant par hasard (de temps à autre) et d'un seul coup une nouvelle espèce. Hugo de Vries, le célèbre botaniste hollandais, fut le défenseur de cette théorie. Mais ces notions semblent se heurter à des difficultés insurmontables. (…) Les perturbations apportées aux systèmes génétiques dans leur totalité ne produisent pas de créatures jouissant d'avantages inconnus de leurs descendants – et elles ne sont même pas viables. Mais toutes les théories du changement discontinu ne sont pas antidarwiniennes, comme l'avait souligné Huxley il y a près de cent vingt ans. Imaginons qu'un changement discontinu dans une forme adulte naisse d'une petite modification génétique. Les problèmes d'incompatibilité avec les autres membres de l'espèce ne se posant pas, cette mutation importante et favorable peut alors se répandre dans la population à la manière darwinienne. Imaginons que ce changement de grande ampleur ne produise pas de suite une forme parfaite, mais serve plutôt d'adaptation clef permettant à son possesseur d'adopter un nouveau modèle d'existence. La poursuite de cette nouvelle vie réussie demande un large ensemble de modifications annexes, tant dans la morphologie que dans le comportement ; ces dernières peuvent survenir en suivant un itinéraire progressif, plus traditionnel, une fois que l'adaptation clef a entraîné une profonde mutation des pressions sélectives. Les partisans de la synthèse actuelle ont donné à Goldschmidt le rôle de Goldstein en associant son expression imagée – le monstre prometteur – aux notions non darwiniennes de perfection immédiate résultant d'un profond changement génétique. Mais ce n'est pas tout à fait ce que Goldschmidt soutenait En fait, l'un de ses mécanismes entraînant la discontinuité des formes adultes reposait sur la notion de petit changement génétique sous-jacent. Goldschmidt était un spécialiste du développement de l'embryon. Il passa la plus grande partie du début de sa carrière à étudier les variations géographiques de la noctuelle « Lymantria dyspar ». Il découvrit que de grandes différences dans la répartition des couleurs des chenilles provenaient de petits changements dans le rythme du développement : les effets d'un léger retard ou d'un renforcement de la pigmentation au début de la croissance augmentaient à travers l'ontogenèse et entraînaient de profondes différences chez les chenilles ayant atteint leur plein développement. Goldschmidt parvint à identifier les gènes responsables de ces petits changements de rythme et démontra que les grandes différences que l'on observe à la fin du développement proviennent de l'action d'un ou de plusieurs gènes commandant les taux de changement agissant au début de la croissance. Il codifia la notion de « gène de taux de changement » (rate genes) en 1918 et écrivit vingt ans plus tard : « Le gène mutant produit son effet (…) en changeant les taux des processus partiels de développement. Il peut s'agir des taux de croissance ou de différenciation, des taux de production des éléments nécessaires à la différenciation, des taux de réactions entraînant des situations physiques ou chimiques précises à des moments précis du développement, des taux de ces processus responsables de la ségrégation des forces embryonnaires à des moments donnés. » (…) Selon ma propre opinion, très partiale, le problème de la réconciliation entre l'évidente discontinuité de la macro-évolution et le darwinisme est en grande partie résolu si l'on observe que les changements de faible ampleur survenant tôt dans le développement de l'embryon s'accumulent pendant la croissance pour produire de profondes différences chez l'adulte. En prolongeant dans la petite enfance le rythme élevé de la croissance prénatale du cerveau du singe, on voit sa taille se rapprocher de celle du cerveau humain. (...) En réalité, si l'on n'invoque pas le changement discontinu par de petites modifications dans les taux de développement, je ne vois pas comment peuvent s'accomplir la plupart des principales transitions de l'évolution. » Peu de systèmes présentent une résistance plus grande au changement que les adultes complexes, fortement différenciés, des animaux « supérieurs ». Comment pourrait-on convertir un rhinocéros adulte ou un moustique en quelque chose de foncièrement différent ? Cependant les transitions entre les groupes principaux se sont bien produites au cours de l'histoire de la vie. D'Arcy Wentworth Thomson (…) écrit dans « Croissance et forme » : « (...) Nous ne pouvons pas transformer un invertébré en vertébré, ni un cœlentéré en vert, par n'importe déformation simple et légitime (…) La nature passe d'un type à un autre. (…) Chercher des marchepieds pour franchir les écarts séparant ces types, c'est chercher en vain à jamais. » La solution de D'Arcy Wentworth Thomson était la même que celle de Goldschmidt : la transition peut se produire dans les embryons qui sont plus simples et plus semblables entre eux que les adultes fortement divergents qu'ils forment. Personne ne songerait à transformer une étoile de mer en souris, mais les embryons de certains échinodermes et de certains protovertébrés sont presque identiques…</p> <p>Le gradualisme représente peut-être la conviction la plus centrale de Darwin, résidant à la fois au sein de sa pensée et la sous-tendant totalement. Cette notion l'a guidé dans le choix de ses sujets d'étude bien avant qu'il ne se préoccupe de la sélection naturelle et l'a conduit à se pencher sur des thèmes situés largement au-delà de cette dernière. Le gradualisme constitue le cadre explicatif de son premier livre important qui traitait des récifs coralliens (1842) et celui de son dernier ouvrage sur la formation des sols arables et la modification de la topographie par les vers de terre (1881), deux volumes qui ne font pratiquement pas référence à la sélection naturelle. Le principal maître à penser de Darwin, Charles Lyell, avait posé le signe égal entre gradualisme et rationalité. Tous les historiens et les évolutionnistes ont remarqué l'importance centrale du gradualisme, à la fois dans l'ontogenèse (Gruber et Barrett, 1974) et dans la logique (Mayr, 1991) de la pensée de Darwin. (…) La sélection ne devient créative qu'à la condition d'imprimer une direction à l'évolution, ce qu'elle fait en présidant à la lente et constante accumulation des variations favorables retenues au sein de l'ensemble isotrope des variations. Si le gradualisme n'accompagne pas ce processus de changement, la sélection doit renoncer à ce rôle créatif, et alors le darwinisme ne peut pas rendre compte de l'innovation évolutive. Si d'importantes nouvelles caractéristiques, ou de nouveaux taxa entiers, apparaissent grâce à des variations discontinues de grande ampleur, alors la créativité réside dans la genèse de la variation elle-même. La sélection n'engendre plus désormais l'évolution, et se cantonne dans le rôle de l'exécuteur des hautes œuvres éliminant l'inadapté, ne faisant donc que faciliter des changements apparus d'autre façon. Le gradualisme est donc la conséquence logique de la mise en œuvre de la sélection naturelle sur le mode créatif envisagé par Darwin. Il imprègne aussi totalement la méthodologie génialement inventée par Darwin, parce que la thèse uniformitariste de l'extrapolation ne peut fonctionner si le changement à la plus grande des échelles ne se réalise pas par la sommation au cours du temps de petites variations, immédiates et appréhendables… Au niveau le plus large, le gradualisme est un concept qui soutient simplement qu'un lien historique continu relie des ancêtres et des descendants, sans mention du mode ou du rythme avec lequel s'effectue la transition des uns aux autres. Si les nouvelles espèces apparaissent en tant que création ex nihilo par l'intervention divine, alors il n'y aurait pas de lien unissant des ancêtres et des descendants. Dans ce sens le plus large, l'affirmation du gradualisme revient à celle de l'évolution en tant que fait. Cette assertion était bien entendu vitale pour fonder la révolution promue par Darwin,mais le sens ainsi considéré du gradualisme ne se réfère qu'à l'existence de l'évolution, et ne dit rien de la façon dont elle se déroule ; le lien logique entre gradualisme et sélection naturelle ne peut pas se situer à ce niveau. Certains évolutionnistes de notre époque ont commis l'erreur de croire que les débats contemporains au sujet du gradualisme portaient sur ce premier sens, de nos jours allant de soi et nullement sujet à controverse… Par conséquent, ce premier sens, « trop grand », du gradualisme atteste l'existence de l'évolution elle-même (par opposition au créationnisme), mais ne caractérise pas le mécanisme proposé par Darwin, ou par qui que ce soit d'autre, en matière de changement évolutif… La seconde façon, « juste comme il faut », de comprendre le gradualisme ne porte pas sur la durée que doit prendre une transition, ou sur la variabilité éventuelle de la vitesse du changement. Dans ce second sens, le concept du gradualisme stipule simplement que, en passant d'un état A à un autre B, substantiellement différent, l'évolution doit nécessairement parcourir une longue série d'étapes intermédiaires qui diffèrent insensiblement les unes des autres. En d'autres termes, un ancêtre et un descendant doivent être reliés par une série de changements, chacun se situant dans la gamme de ce que peut édifier la sélection naturelle à partir de la variabilité ordinaire. Sans le gradualisme considéré sous cette forme, de grandes variations sur le mode morphologique discontinu pourraient fournir la force créative du changement évolutif, au lieu que ce rôle revienne à la sélection naturelle. Mais si la minuscule augmentation apportée par chaque étape demeure peu importante par elle-même, alors la capacité créative doit nécessairement résider dans la sommation de ces étapes en quelque chose d'important : or, la sélection naturelle, selon la théorie de Darwin, intervient précisément en tant qu'agent d'accumulation. Ce sens du gradualisme sous-tend l'invocation souvent formulée par Darwin du vieil aphorisme de Leibniz et de Linné : Natura non facit saltum (« la nature ne fait pas de sauts »). Cet attachement à ce postulat ne peut que nous frapper comme immodéré et, au regard des normes d'aujourd'hui, comme nettement exagéré. Ainsi, Darwin écrit (dans l' « Origine des espèces ») : « Si l'on arrivait à démontrer qu'il existe un organe complexe qui n'a pas pu se former par une série de nombreuses modifications graduelles et légères, ma théorie ne pourrait certes plus se défendre. » Et, de crainte que nous ne doutions que « ma théorie » se réfère spécifiquement au mécanisme de la sélection naturelle (et non simplement à l'affirmation de l'évolution), Darwin pose souvent un lien explicite entre la sélection comme agent créatif et le gradualisme comme conséquence nécessaire : « Indubitablement, rien ne peut être réalisé par le biais de la sélection naturelle, si ce n'est l'addition de changements infiniment petits ; et si l'on pouvait montrer que… les stades de transition sont irréalisables, la théorie s'effondrerait. » (dans « Natural Selection », voir Stauffer, 1975, p. 250). Et dans le chapitre de conclusion de l' « Origine des espèces » : « Comme la sélection naturelle n'agit qu'en accumulant des variations légères, successives et favorables, elle ne peut agir qu'à pas lents et courts. Cette théorie rend facile à comprendre l'axiome « Natura non facit saltum ». (p. 471) Mais est-il vrai que la théorie de la sélection naturelle « ne pourrait certes plus se défendre » si un seul organe (sans parler d'un organisme entier) pouvait apparaître par des changements de grandes dimensions et discontinus ? Est-il vrai que le darwinisme demande d'obéir à la formulation extrême suivant : « La sélection naturelle n'agit que par la conservation et par l'accumulation d'infimes modifications héréditaires » (p. 95) ? A un certain niveau de discontinuité, la forte formulation de Darwin doit sûrement être vérifiée. Si la morphologie modifiée caractérisant les nouvelles espèces apparaissait souvent en une seule étape grâce à des macromutations fortuites, la sélection perdrait alors son rôle créatif et n'agirait que comme force auxiliaire et secondaire pour propager la soudaine bonne conformation au sein de la population. Mais peut-on appliquer légitimement aux organes isolés cette conception de Darwin ? Supposez (comme cela doit arriver souvent) qu'une hétérochronie de développement détermine un changement majeur de forme et de fonction en deux ou trois étapes sans formes intermédiaires. La plupart du temps, la dimension de ces stades peut se situer hors de la « gamme normale » de variation pour la majorité des populations, mais non au-delà des possibilités d'un programme génétique de développement… La théorie de la sélection naturelle s'effondrerait-elle si les changements sur ce mode étaient fréquents ? Je ne le crois pas. La théorie darwinienne demanderait quelques ajustements et quelques compromis (en particulier elle devrait être plus tolérante sur le non-respect de l'isotropie des variations et prendre beaucoup plus en compte la notion de contrainte interne dans le domaine de la génétique et du développement… Je pense donc que la défense vigoureuse, voire pugnace, du gradualisme strict par Darwin reflète une prise de position systématique, de portée bien plus vaste que la simple reconnaissance d'un corollaire logique de la sélection naturelle. En fait, je crois que cette conviction forte correspondait à une attitude générale qui recouvrait l'adhésion à la thèse de Lyell selon laquelle le gradualisme allait de pair avec la rationalité et reflétait aussi le penchant culturel pour le gradualisme à l'époque où la Grande-Bretagne connaissait sa plus grande période d'expansion industrielle et coloniale (Gould, 1984a). Le jugement perspicace de Huxley à propos de l' « Origine des espèces » résonne encore de nos jours d'un accent de vérité. Dans sa célèbre lettre à Darwin, écrite juste après que cet ouvrage avait été publié, ilse disait prêt à « monter sur le bûcher » pour défendre les conceptions de Darwin, mais il y avait aussi avancé sa critique majeure : « Vous vous êtes imposé une difficulté qui était superflue en adoptant avec si peu de réserve la formule « Natura non facit saltum ». » (L. Huxley, 1901, p.189). (…) Le chapitre 9 sur les preuves géologiques, où le lecteur non initié pourrait s'attendre à trouver de puissant arguments en faveur de l'évolution à partir des données les plus directement révélatrices – celles des archives fossils – révèle en lieu et place de cela une longue argumentation visant (légitimement) à excuser une discordance grave entre les données et la théorie : les archives fossiles sont dominées à première vue par des lacunes et des discontinuités, alors que la théorie de la sélection naturelle demanderait des transitions insensibles…. Darwin, tout le monde le sait, a résolu cette discordance en qualifiant les archives d'extrêmement imparfaites (tel un livre qui n'aurait plus que quelques pages et seulement quelques lettres préservées sur chaque page) au point que toute continuité véritablement insensible est largement effacée pour donner l'apparence, dans les traces restantes, d'une série de sauts abrupts : « Pourquoi donc chaque formation géologique, dans chacune des couches qui la composent, ne regorge-t-elle pas de ces formes intermédiaires ? La géologie ne révèle assurément pas une série organique si bien graduée, et c'est en cela, peut-être, que consiste l'objection la plus sérieuse que l'on puisse faire à ma théorie. Je crois que l'explication se trouve dans l'extrême insuffisance des documents géologiques… Quiconque n'admet pas ces conceptions sur la nature des archives géologiques doit avec raison repousser ma théorie tout entière. » Darwin s'est aussi fait l'avocat de la forme la plus contraignante du gradualisme… Il ne supposait pas simplement que l'information fût transmise continûment de génération en génération, et pas simplement que le passage entre les innombrables étapes de transition fût insensible. Il demandait aussi que le changement fût graduel même à la plus vaste échelle des temps géologiques et que le mouvement continu (avec des variations de rythme, bien sûr) représentât une caractéristique habituelle de la nature. Cette acceptation du gradualisme, aux vastes visées, n'est pas étroitement liée, sur le plan logique, au mécanisme de la sélection naturelle. Le changement pourrait se faire de façon épisodique et brutale, à l'échelle des temps géologiques, mais néanmoins se réaliser par d'insensibles étapes intermédiaires, vues sous l'angle de la succession des générations, car, en vertu du principe crucial relatif aux changements d'échelle, la durée correspondant à la succession de milliers de générations ne représente qu'un petit moment à l'échelle des temps géologiques… Ces deux principes (la mise en œuvre du mécanisme au niveau exclusif des organismes en tant qu'agents de la sélection ; la capacité créative de la sélection se traduisant par le façonnement de l'adaptation) définissent le noyau biologique central de la théorie darwinienne. En d'autres termes, ils décrivent le « fonctionnement » biologique permettant d'envisager la troisième et dernière composante fondamentale d'une vision darwinienne du monde : la thèse uniformitariste selon laquelle les résultats de l'action de la sélection naturelle trouvent, par extrapolation, une complète traduction à toutes les échelles et à toutes les époques de l'histoire de la vie… La théorie de Darwin, dans un contraste révolutionnaire puissant, présente, pour la première fois, une explication en termes de mécanismes d' « origine externe », dans laquelle le changement évolutif est contingent, c'est-à-dire constitué par l'addition d'adaptations locales imprévisibles. Il ne correspond donc pas au déploiement déterministe de potentialités intrinsèques en fonction de règles biologiques internes : en fait, ce changement contingent est réalisé par l'interaction entre un matériau brut organique (la variation non orientée) et le milieu qui lui impose une orientation (la sélection naturelle). Darwin renversa toutes les traditions antérieures en attribuant ainsi au milieu externe le rôle d'une force orientant la direction du changement évolutif (le « milieu » étant bien sûr conçu comme l'ensemble des facteurs biotiques et abiotiques, mais cependant externes à l'organisme, même lorsqu'ils étaient intrinsèquement liés à l'organisme lui-même et même largement définis par lui)… Si le caractère unique en son genre du darwinisme, et aussi son caractère révolutionnaire, réside largement dans la formulation de la sélection naturelle, en tant que théorie de l'interaction entre un « intérieur » biologique et un « extérieur » représenté par le milieu (de sorte que cette théorie évolutionniste n'est pas une théorie de l' « évolution » au sens de déploiement de potentialités intrinsèques), alors l' « extérieur » doit faire lui aussi l'objet d'une discussion explicite… Le milieu externe, en tant qu'agent darwinien actif, ne doit pas être trop calme : en particulier, une absence de changement dans l'environnement conduirait probablement l'évolution à s'arrêter, par la diminution des pressions sélectives en faveur des modifications adaptatives (voir Stenseth et Maynard Smith, 1984). Les interactions purement biotiques pourraient peut-être déterminer la progression du changement évolutif pendant un certain temps après l'arrêt du changement dans l'environnement, mais probablement pas indéfiniment. On a rarement envisagé que l'évolution darwinienne pourrait être compromise par une éventuelle insuffisance de changement, en grande partie parce que les archives géologiques semblent clairement indiquer que le danger réside plutôt dans l'autre direction… En particulier, si le catastrophisme en géologie était la règle, ou même s'il était juste assez important en fréquence relative, alors le darwinisme perdrait sa place en tant qu'agent primordial du façonnement de l'histoire évolutive de la biosphère… En passant en revue générale, et en ordre inverse, les critiques adressées aux trois principes centraux du darwinisme, on peut donc dire, premièrement, que la prise en compte des extinctions de masse catastrophiques, et plus généralement du caractère fortuit des extinctiosn déclenchées, à tous les niveaux par des facteurs abiotiques, met en question la conception fondamentale de Darwin sur la fréquence relative dominante de la lutte entre les organismes suscitée par le surpeuplement du milieu… Deuxièmement, l'idée générale de contrainte (plutôt conçue comme un facteur positif canalisant le changement depuis l'intérieur des organismes que comme facteur négatif limitant la variation susceptible de conduire à des modifications fonctionnelles (voir Gould, 1989a) contredit la notion darwinienne cruciale d'isotropie du matériau brut et, par conséquent, celle de la maîtrise par la sélection naturelle de l'orientation de la trajectoire évolutive… Troisièmement, et de façon encore plus importante dans la mesure où cette critique fait le mieux la synthèse des trois, la théorie hiérarchique de la sélection naturelle, affirmant que la sélection s'exerce de façon considérable en fréquence relative à tous les niveaux, depuis celui des gènes jusqu'à celui des espèces, met en question la première patte du trépied – celle de la thèse selon laquelle la sélection n'œuvre pratiquement qu'au niveau des organismes, thèse qui joua un rôle crucial en permettant à Darwin de radicalement renverser le système de Paley via le recours à Adam Smith… Si la prochaine génération d'évolutionnistes reprend et élargit l'approche ainsi proposée en ce début de nouveau millénaire, comme le laissent présager les travaux et les recherches préliminaires qui ont été menées par tant de scientifiques à la fin du précédent, alors nous devons encore rendre plus hommage à la vitalité des définitions rigoureuses et des principes solides proposés par Darwin lui-même lorsqu'il a fondé notre discipline. Car peu de théroies proposent ces vastes capacités explicatives et cette intrication de logique nécessaires à l'édification d'une structure conceptuelle qui continue aujourd'hui à être fascinante et à fournir une aide pertinente aux travaux en cours. Cependant, ce n'est pas traiter Darwin avec le respect qu'il mérite que de considérer ses principes centraux seulement comme des idées révérées et intouchables ; pour honorer l'évolutionnisme britannique, il faut au contraire prendre maintenant ceux-ci comme des points de départ pour tenter de les reformuler, presque cent cinquante ans après qu'ils ont été énoncés. »</p> <p>Stephen Jay Gould, d'après Dominique Lecourt, in Le Monde, 15 septembre 2006 :</p> <p>« Du darwinisme classique, Gould n'admettait ni que la sélection opère presque exclusivement au niveau des organismes ; ni que la sélection soit seule à façonner le changement évolutif, ni que des changements infimes accumulés puissent expliquer l'histoire tout entière de la vie. Il décrétait dès 1980 "la mort du darwinisme moderne" et prophétisait l'émergence d'"une nouvelle théorie générale de l'évolution". Il donnait ainsi une impulsion à des recherches audacieuses qui ont trouvé des appuis jusque dans la "biologie du développement", laquelle s'interroge elle aussi sur la stabilité des formes vivantes. Mais de son propre aveu, il péchait par arrogance. Au terme de son parcours, Gould tient plutôt à souligner que son travail ne porte nulle atteinte à la charpente, la "structure", de la théorie darwinienne, du moins affranchie de sa philosophie initiale. Pour ce faire, il prend appui sur l'histoire. D'où la première partie du présent ouvrage : "L'histoire du darwinisme : sa logique et sa critique" qui va d'une exégèse de L'Origine des espèces (1859) à un examen détaillé de la dite "théorie synthétique de l'évolution", base d'une orthodoxie marquée par un déterminisme génétique exclusif avec lequel il propose de prendre ses distances. Cette histoire n'est pas décorative ; fondée sur un examen direct des textes originaux, elle vise à éclairer les embarras du présent pour dessiner un avenir qui ne serait pas le simple prolongement du passé. Comment ne pas souhaiter que sur ce point Gould fasse école chez ses collègues scientifiques ? Professeur à Harvard depuis 1977, on a pu le considérer à la fin des années 1980 comme le plus populaire des scientifiques américains. On a vu son visage en couverture de Newsweek, il a même figuré comme personnage de la célèbre série télévisée des "Simpson". Il ne doit évidemment pas cette renommée à son seul travail théorique dont l'ouvrage de 1977 Ontogeny and Phylogeny a marqué le premier point d'orgue, ni à son exceptionnelle compétence en histoire des sciences, mais à son talent d'écrivain scientifique tenant sans interruption dans la revue Natural History une rubrique ("This View of Life") chaque mois pendant vingt-cinq ans. Autant de brefs et brillants essais qui furent rassemblés au fil des années en dix ouvrages, dont certains, comme Le Pouce du panda ou La vie est belle, sont des best-sellers internationaux. En 2002, parut le dernier recueil qu'on a traduit en 2004 sous le titre Cette vision de la vie : dernières réflexions sur l'histoire naturelle. Nombre de ces petits essais témoignent de l'engagement de Gould dans quelques-uns des plus vifs débats intellectuels de son temps. Il a ainsi combattu avec une rare pugnacité, et non parfois sans injustice, la sociobiologie de son collègue Edward O. Wilson qu'il considérait comme le rejeton idéologique pernicieux d'un "généticisme" obtus, gardien d'un ordre social injuste. Il s'en prit aussi avec éclat aux spéculations visant à fonder sur la mesure du "quotient intellectuel" de supposées différences d'aptitudes entre les races. En 1981, son livre traduit en français sous le titre La Mal-Mesure de l'homme : l'intelligence sous la toise des savants rencontra un succès international. Bataille Juridique Mais c'est peut-être son inlassable combat sur le terrain du créationnisme qui le mobilisa le plus durant les vingt dernières années de sa vie. En décembre 1981, il avait témoigné, au nom de l'American Civil Liberties Union, l'organisation de défense des droits civiques, au procès de Little Rock organisé pour juger des prétentions épistémologiques du "créationnisme scientifique", une doctrine fantaisiste élaborée sur la base d'une lecture littérale de la Bible par des fondamentalistes protestants de toutes obédiences. L'enjeu du débat était politique : il s'agissait de savoir si, conformément à une loi passée en Arkansas et dans une douzaine d'Etats, on pourrait dans l'enseignement public du second degré enseigner le récit biblique de la création comme une hypothèse de même valeur scientifique que la théorie darwinienne de l'évolution. Gould dénonçait une infraction au premier amendement de la Constitution américaine qui veut qu'aucune religion ne bénéficie d'une reconnaissance officielle dans les institutions. Et il s'était montré d'autant plus cinglant que lesdits créationnistes avaient cru pouvoir s'autoriser de ses propres déclarations contre l'orthodoxie darwinienne pour enrôler son oeuvre à leur cause. La bataille juridique dura jusqu'en 1987. Dans un ouvrage traduit en français en 2000, Et Dieu dit : que Darwin soit !, Gould présentait une réflexion de fond sur les rapports de la science et de la religion, où il n'épargnait pas plus le scientisme de ses collègues biologistes que les prétentions scientifiques exorbitantes de certains théologiens américains. Il proposait un principe, le NOMA (Non Overlapping Magisteria), invitant chacun à exercer ses compétences dans son domaine propre sans empiéter sur les autres. Ce faisant il ne se contentait pas de proposer un cessez-le-feu, il désignait une tâche philosophique dont nul ne saurait aujourd'hui nier l'importance pour notre avenir à tous. La Structure de la théorie de l'évolution vient couronner son oeuvre, elle porte l'écho de toutes les querelles et de tous les combats auxquels son auteur a pris part. De là sans doute qu'il irrite autant qu'il fascine aussi nombre de ses lecteurs. Il se montre, à l'occasion, partial ; il pratique outre mesure l'autocélébration. Mais c'est aussi pourquoi, malgré sa masse, ce livre est si intensément vivant. »</p> <h3 class="spip">Lire aussi :</h3> <p><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9ationnisme" class='spip_out' rel='external'>Le créationnisme</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1405" class='spip_out' rel='external'>Matérialiste, l'évolutionniste Darwin ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3989" class='spip_out' rel='external'>Expliquez-nous l'évolution et le darwinisme, monsieur Stephen Jay Gould</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4947" class='spip_out' rel='external'>L'évolution darwinienne des espèces est-elle continue, régulière, progressive, graduelle ?</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3584" class='spip_out' rel='external'>Que savons-nous du passage de l'inerte au vivant ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4643" class='spip_out' rel='external'>Faut-il opposer diamétralement la matière vivante et la matière inerte ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article27" class='spip_out' rel='external'>Le fonctionnement révolutionnaire du vivant</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article5131" class='spip_out' rel='external'>La notion d'émergence en sciences, cela n'a rien à voir avec du créationnisme</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article3620" class='spip_out' rel='external'>Le monde est-il transcendant, immanent ou émergent ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4665" class='spip_out' rel='external'>La vie, l'homme et la conscience s'opposent-ils aux lois physiques de la matière ?</a></p> <p><a href="https://www.hominides.com/html/references/knm-er-1470-est-il-un-homme2.php" class='spip_out' rel='external'>Quand les créationnistes se mêlent de la science de l'évolution de l'homme</a></p> <p><a href="https://www.pseudo-sciences.org/Mon-pere-n-est-pas-un-singe-Histoire-du-creationnisme" class='spip_out' rel='external'>Histoire du créationnisme</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article1984" class='spip_out' rel='external'>La science donne-t-elle la preuve de la non-existence de dieu ?</a></p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4979" class='spip_out' rel='external'>Hubert Reeves, un vulgarisateur et passeur de sciences ou bien un mage mystique ?</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article7" class='spip_out' rel='external'>Faut-il une philosophie en sciences ?</a></p> <p><a href="http://www.matierevolution.fr/spip.php?article211" class='spip_out' rel='external'>La discontinuité de la vie : de la création d'espèces à la création de l'homme et à la création humaine et des civilisations</a></p> <p><a href="http://www.prisedeconscience.org/project/lerreur-de-darwin-leffondrement-de-la-theorie-de-levolution-par-la-science-partie-1/" class='spip_out' rel='external'>Un exemple de propagande anti-darwinienne actuelle</a></p> <p>Stephen Jay Gould dans « La structure de la théorie de l'évolution » :</p> <p>« Le détournement de l'équilibre ponctué par le créationnisme</p> <p>« Les créationnistes d'aujourd'hui (particulièrement ceux qui, croyant au dogme du « jeune âge » de la Terre, sont obligés de faire tenir la totalité des archives géologiques dans le petit nombre de milliers d'années autorisé par l'interprétation littérale de la chronologie biblique) ne peuvent invoquer absolument aucun argument relevant de la logique correcte ou des faits observés. Par conséquent, ils ont toujours eu pour stratégie fondamentale de s'appuyer sur des citations inexactes des références scientifiques. Ils ont distordu sans vergogne tous les évolutionnistes majeurs pour les besoins de leur cause, y compris les gradualistes les plus fervents de Synthèse moderne. Il est particulièrement amusant de voir comment ils se sont appropriés Dobzhansky et Simpson.</p> <p>Puisque l'équilibre ponctué se prête encore plus facilement à cette forme de malhonnêteté intellectuelle (ou de stupidité grossière, si les accuser de malhonnêteté revient à leur accorder trop de perspicacité), personne ne devrait être surpris que nos idées aient fourni du grain à moudre à leurs entreprises de détournement. On m'a dit que Duane Gish, leur chef de file en matière de propagande, parle de son répertoire de citations partielles et distordues tirées de mes travaux en le qualifiant de « mine d'or gouldienne ».</p> <p>La littérature créationniste classique sur l'équilibre ponctué fait rarement autre chose que recycler continuellement deux interprétations erronées : l'assimilation de l'équilibre ponctué avec le saltationnisme vrai des « monstres prometteurs » de Goldschmidt ; et la transition erronée à une autre échelle de l'authentique discontinuité entre espèces invoquée par l'équilibre ponctué pour dire qu'il n'existe pas d'intermédiaires dans lec as des très grandes transitions morphologiques entre classes et phyla.</p> <p>Je considère cette distorsion comme particulièrement énorme, parce que la théorie de l'équilibre ponctué permet justement de comprendre comment les intermédiaires interviennent dans le cadre de tendances affectant de grandes structures. Il s'agit, si vous voulez, du modèle de l'évolution « en escalier » par opposition à celui de « la balle remontant un plan incliné régulier »…</p> <p>Pour prendre un exemple typique chez les « poids lourds » de ce courant (Bliss, Parker et Gish, 1980, p. 60), le texte suivant comporte la première erreur classique… « Gould et Eldredge déclarent que les fossiles, de même que les formes vivantes, ne varient que légèrement autour de la moyenne (autrement dit de l' « équilibre ») de chaque espèce. Mais, disent-ils, l'apparition d'un « monstre prometteur » est capable d'interrompre (autrement dit de « ponctuer ») cet équilibre. Selon cette nouvelle conception, appelée la théorie de l' « équilibre ponctué », les fossiles ne montrent pas de formes intermédiaires. Les formes nouvelles apparaissent soudainement par grandes étapes. »</p> <p>De son côté, le créationniste Everett Williams semble au moins avoir été au courant des idées nouvelles débattues à son époque, bien qu'il ait, dans un article de journal de 1980, non seulement commis la même distorsion, mais aussi donné une mauvaise dénomination à notre théorie : « La toute dernière version du processus est appelée « évolution ponctuelle » (sic). Dans cette version, on voit l'évolution se réaliser par poussées gigantesques, puis stagner pendant des périodes incommensurables. »</p> <p>Un grand journal basé à Hillsborough (Caroline du Nord) a publié un article intitulé « Des scientifiques de Harvard l'admettent : l'évolution est un canular !!! » Ce texte ne fait pas les choses à moitié en nous assimilant à sa propre version du créationnisme :</p> <p>« Les faits sur lesquels se fonde l' « équilibre ponctué », que Gould, Eldredge, Stanley et d'autres biologistes de haut niveau forcent les darwinistes à admettre, s'accordent avec le tableau sur lequel Bryan a insisté et que Dieu nous a révélé dans la Bible. Chaque espèce d'organisme a été créée séparément durant les six « jours » de la Création (…). C'est la doctrine enseignée aussi bien par l'Ecriture que par Cuvier (le père de la paléontologie), et la biologie moderne est en train de forcer les darwinistes à l'accepter. »</p> <p>Dans « The Genesis Connection », J.L. Wiester commet la même erreur sur les échelles de temps concernées (et d'une façon maximale cette fois-ci), et nous cite également comme des partisans cachés de son explication, la seule, la vraie :</p> <p>« La théorie de l'équilibre ponctué soutient que la vie n'a pas évolué à la façon lente et uniforme que Darwin avait envisagée, mais qu'elle a plutôt procédé par des poussées évolutives rapides de changement majeur appelées des radiations adaptatives. L'explosion cambrienne des organismes marins fut l'une de ces radiations adaptatives… La théorie nouvelle de l'équilibre ponctué amène la pensée scientifique remarquablement plus près de la vision biblique. Il est frappant de voir que plus les scientifiques font de nouvelles découvertes (ou n'arrivent pas à trouver ce qu'ils auraient voulu trouver), plus la théorie scientifique s'approche de la conception biblique fixiste. »</p> <p>Si certains observateurs espéraient trouver des comptes rendus plus exacts ou plus honnêtes dans les publications « officielles » des deux plus grandes organisations créationnistes des Etats-Unis (par opposition aux auteurs « indépendants » cités plus haut), ils s'exposeraient à une plus grande déconvenue. Le journal des Témoins de Jéhovah, « Awake », a publié un article concernant le congrès de Chicago sur la macroévolution dans son numéro du 22 septembre 1981, article grevé de l'erreur numéro un, la référence à Goldschmidt :</p> <p>« Cette vision révisée de l'évolution est appelée « équilibre ponctué » : elle soutient qu'une espèce donnée reste pendant des millions d'années dans les archives fossiles, qu'elle disparaît soudain et qu'une nouvelle espèce apparaît tout aussi soudainement dans les archives fossiles. Cependant, ce n'est pas vraiment une proposition nouvelle. Goldschmidt l'avait avancée dans les années 1930, l'appelant l'hypothèse du « monstre prometteur », ce qui lui avait été beaucoup reproché. L' « équilibre ponctué » est une désignation qui fait bien plus sérieux. »</p> <p>Dans le numéro de septembre 1982 de « Signs », le plus grand journal des Adventistes du Septième Jour, H.W. Clark a discuté du procès de l'Arkansas sur le créationnisme en commettant l'erreur numéro deux, l'interprétation à la mauvaise échelle conduisant à nier l'existence de formes de transition entre classes et phyla. Il a mis, en effet, le signe égal entre nos conceptions sur les ponctuations et les discontinuités de faunes d'une période géologique à l'autre. Un encadré qualifie ensuite d'une mauvaise désignation l'un des auteurs de la théorie de l'équilibre ponctué, tout en déformant cette dernière :</p> <p>« Merci, Dr Jay Gould : le Dr Jay Gould est le paléontologiste distingué de Harvard qui a déclenché une tempête dans les cercles évolutionnistes avec sa nouvelle théorie de l' « équilibre ponctué ». Bien que non intentionnellement, il a annoncé au monde scientifique que Darwin s'était trompé et que les créationnistes avaient raison. Il n'avait pas prévu d'en arriver là, bien sûr ! Darwin avait admis que la théorie de l'évolution demandait que les fossiles changeant graduellement se succèdent de façon ininterrompue. Voici maintenant qu'arrive le Dr Jay Gould, tombant d'accord avec les créationnistes : il n'y a pas de chaînon manquant et n'y en a jamais eu. Merci, Dr Gould ! » Mais il n'a vraiment pas de quoi ! (…)</p> <p>Tandis qu'aux Etats-Unis les créationnistes proviennent presque exclusivement des milieux fondamentalistes protestants (du moins chez les propagandistes principaux du mouvement), d'autres religions sont également confrontées à des fléaux du même genre. On m'a envoyé en 1983 un article créationniste hindouiste, écrit par un certain Satyaraja Dasa, et intitulé « L'effondrement de l'idiote théorie ». Un article de Barbara Sofer dans un récent numéro de « Hadassah Magazine » traite de ce phénomène rare, le créationnisme israélien, et évoque de la façon suivante les propos de l'un des militants du mouvement :</p> <p>« Schroeder souligne que les nouvelles théorie de l'évolution ponctuée se rapprochent de la description donnée par la Bible. » (…)</p> <p>Ma déposition, ainsi que mon interrogatoire par le procureur, lors du procès de l'Arkansas, a duré presque une journée et s'est concentrée sur deux sujets : l'absurdité de croire que la totalité des archives fossiles ait pu résulter d'un seul événement, le déluge de Noé (explication classiquement invoquée par les créationnistes pour faire tenir la totalité de l'histoire géologique de la Terre dans une simple période de 6 000 ans environ) ; et la nature pseudoscientifique du créationnisme , illustrée par sa présentation manifestement distordue à dessein de la théorie de l'équilibre ponctué…</p> <p>En 1997, le député Russel Capps a recouru devant l'Assemblée de Caroline du Nord à une « classique » citation tronquée de l'un de mes articles de vulgarisation sur l'équilibre ponctué pour demander la promulgation d'une loi qui interdirait l'enseignement de l'évolution, pour autant que celle-ci serait présentée comme un fait. Les enseignants pourraient la présenter en tant qu'hypothèse. Voici ma réponse écrite :</p> <p>« Mon article ne vise pas du tout une mise en cause de l'évolution : il vise à expliquer comment l'évolution, correctement interprétée, donne les résultats que nous voyons réellement dans les archives fossiles. La première partie de la citation est exacte, mais elle concerne les vitesses de changement, non la question de savoir si l'évolution prend ou ne prend pas place. La seconde partie de la citation (« cela n'a jamais été observé dans les strates sédimentaires ») paraît ainsi nier que l'évolution se produise. Mais si on lit le texte complet, en tenant compte de la partie qui a été coupée dans la citation, il est évident que le pronom « cela » se réfère au gradualisme en tant que modalité du changement évolutif, non à l'évolution elle-même. Si on lit le reste de l'essai, le propos est excessivement clair. Par exemple, je déclare : « La théorie moderne de l'évolution ne requiert pas le changement graduel… C'est le gradualisme qu'il faut rejeter, non le darwinisme. » On peut donc voir que mon essai dit exactement le contraire de ce que prétend la fausse citation invoquée par votre collègue. »</p></div> Et si l'australopithèque était un homme et pas un singe https://www.matierevolution.org/spip.php?article6603 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6603 2019-12-01T23:05:00Z text/html fr Robert Paris Et si l'australopithèque était un homme et pas un singe Faut-il réhabiliter les Australopithèques ? Et si l'australopithèque (ou certains types d'australopithèques) était un homme et pas un singe ? Et s'il n'y avait pas de frontière nette entre singes et hommes ? Il y a du changement dans la paléoanthropologie : il n'y a pas si longtemps, on vous aurait dit clairement que les australopithèques étaient des singes, et même les singes du sud. Mais les fouilles ne semblent plus aller dans ce sens !!! La (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique37" rel="directory">Formation et filiation de l'homme</a> <div class='rss_texte'><p><span class='spip_document_13495 spip_documents spip_documents_center'> <img src='https://www.matierevolution.org/local/cache-vignettes/L300xH431/MtmpZQ3PFVUydpTViEE2QkDsq9A-a9767.jpg' width='300' height='431' alt="" style='height:431px;width:300px;' /></span></p> <h3 class="spip"> Et si l'australopithèque était un homme et pas un singe </h3> <p>Faut-il réhabiliter les Australopithèques ?</p> <p>Et si l'australopithèque (ou certains types d'australopithèques) était un homme et pas un singe ? Et s'il n'y avait pas de frontière nette entre singes et hommes ?</p> <p>Il y a du changement dans la paléoanthropologie : il n'y a pas si longtemps, on vous aurait dit clairement que les australopithèques étaient des singes, et même les singes du sud. Mais les fouilles ne semblent plus aller dans ce sens !!! La bipédie de l'australopithèque Lucy et les outils fabriqués par certains autralopithèques sont passés par là… Et nous sommes moins affirmatifs sur la nécessité dun gros cerveau pour devenir un homme… L'australopithèque dispose probablement d'un langage rudimentaire, d'une vie sociale. Il fabrique des outils en vue d'une utilisation immédiate.</p> <p>Australopithecus est la preuve que l'apparition de la bipédie a largement précédé celle d'un cerveau plus volumineux et plus complexe. On débat toujours pour savoir comment la bipédie est apparue il y a plus de 7 millions d'années (plusieurs théories s'affrontent toujours). La bipédie avait notamment pour avantages de libérer les mains pour pouvoir attraper des objets, tandis que les yeux pouvaient mieux examiner au-dessus des grandes herbes pour trouver des sources d'aliments possibles ou repérer des prédateurs. Les changements radicaux dans la morphologie sont survenus avant la séparation entre Australopithèques et Homo. La structure du bassin et des pieds les distinguent en effet à peine des hommes modernes. Les dents présentent aussi le même alignement avec des petites canines. Pourtant, l'évolution vers les Paranthropes a donné naissance à une denture plus grande et plus robuste. Les Australopithèques devaient faire face à un défi particulier en vivant dans la savane. Ils étaient les primates les plus lents à se déplacer de leur temps et beaucoup d'entre eux ont fini au menu des carnivores africains (comme les lions, et Dinofelis aujourd'hui éteint). La structure des mains des australopithèques est proche de celle des humains. L'articulation de la première phalange du pouce ne permet pas tous les mouvements d'une main d'homme moderne. Cette structure analogue indique cependant que les australopithèques étaient peut-être capables de façonner des outils rudimentaires.</p> <p>Les Australopithèques apparaissent à l'Est et au Sud de l'Afrique, le long du sillon éthiopien, il y a 4 millions d'années. Leur évolution se poursuit pendant près de 2 millions d'années. Un des derniers connus, l'Australopitecus garhi, commence à tailler des pierres.</p> <p>Il existe plusieurs espèces. Les plus connus sont :</p> <p>Australopithecus anamensis</p> <p>Australopithecus afarensis</p> <p>Australopithecus africanus</p> <p>Australopithecus garhi</p> <p>Australopithecus bahrelghazali</p> <p>Les Paranthropus sont également classés dans les Australopithèques.</p> <p>La découverte d'outils humains vieux de 3,3 millions années, annoncée dans la revue Nature, révolutionne les connaissances sur l'évolution humaine.</p> <p>La découverte, faite à l'ouest du lac Turkana au Kenya, recule de 700 000 ans l'apparition des premiers outils de pierre taillée. A ce jour, les plus anciens instruments dataient de 2,5 millions d'années. Ils avaient été découverts sur le site de Gona en Ethiopie.</p> <p>Ces nouveaux vestiges sont également 500 000 ans plus anciens que les premiers restes du genre Homo, notre ancêtre direct.</p> <p>« Alors que la communauté scientifique a longtemps supposé que les premiers outils de pierre avaient été fabriqués par le genre Homo, notre découverte montre qu'un autre genre d'hominidé, peut-être une forme d'australopithèque plus ancienne, avait déjà toutes les capacités cognitives et motrices nécessaires à la fabrication d'outils », explique Sonia Harmand, de l'université Stony Brook, chargée de recherche au CNRS.</p> <p>Jusqu'à maintenant les scientifiques considéraient que les Australopithèques étaient capables d'utiliser des outils, mais incapables de les fabriquer.</p> <p>« Notre découverte réfute l'hypothèse de longue date selon laquelle Homo habilis a été le premier fabricant d'outils », poursuit la chercheuse française qui codirige le West Turkana Archaeological Projet.</p> <p>Ces nouveaux instruments mis au jour sont en majorité des blocs de lave, lourds et volumineux servant d'enclume, des percuteurs, des éclats ou des nucléus (des blocs de pierre débités pour produire des éclats ou des lames).</p> <p>Ces objets évoquent deux modes de fabrication d'outils : la technique dite « sur enclume » - le bloc est maintenu sur l'enclume par une main pendant que l'autre utilise le percuteur pour frapper et obtenir des éclats tranchants - et la technique dite « sur percuteur dormant » - le bloc à tailler est directement percuté sur l'enclume.</p> <p>Selon le CNRS, la grande variété des objets trouvés montre clairement que l'intention de ces hominidés était de créer des outils.</p> <p>« Il est difficile de reconstituer le mode de vie des premiers hommes et des Australopithèques », commente Sonia Harmand : « On en sait plus sur leurs caractéristiques anatomiques grâce à la découverte de leurs restes osseux, que sur leurs comportements de subsistance ou même leur organisation sociale ».</p> <p>« L'idée que les outils ont servi à découper de la viande (pour les éclats tranchants) ou à avoir accès à la moelle des os (pour les plus gros blocs) est la plus conventionnelle », souligne-t-elle. « Mais à ce stade de nos recherches, il est trop tôt pour en dire plus ».</p> <p>Qu'est-ce qui oppose ou, au moins, distingue les Homo aux Australopithèques ? C'est beaucoup moins probant qu'on pourrait le penser…</p> <p>Jean-Paul Demoule répond dans « Les dix millénaires oubliés qui ont fait l'histoire » :</p> <p>« Le genre « Homo » regroupe l'ensemble des formes humaines à partir de 2,5 millions d'années environ. Toutefois, les ancêtres des humains se sont séparés des autres primates il y a entre huit et dix millions d'années environ. Il y a donc une série d'espèces humaines ou préhumaines qui ne sont pas rangées strictement dans le genre « Homo », comme les Australopithèques. On a traditionnellement utilisé le terme « Homo » à partir du moment où on pouvait identifier des outils taillés… bien que des animaux utilisent outils ; d'où le terme d' « Homo habilis », homme habile, donné en 1964 à la première forme humaine possédant avec certitude des outils. Toutefois, la découverte d'outils associés à des Australopithèques est venue récemment brouiller ces classifications…</p> <p>Le plus vieux de la lignée humaine est aujourd'hui Toumaï, découvert au Tchad et qui date de 7 millions d'années. Après diverses formes successives ou parallèles émergent les différentes variantes des Australopithèques (dont Lucy, il y a environ 3,5 millions d'années), qui fabriquent les premiers outils certains, en pierre…</p> <p>Les Australopithèques (dont le nom signifie en grec « singe du Sud ») émergent progressivement des lignées humaines précédentes il y a environ quatre à cinq millions d'années, dans toute la partie orientale de l'Afrique. Ils sont les premiers à tailler des outils en pierre certains. Ils se tenaient debout, mais avaient encore de bonnes dispositions anatomiques pour grimper aux arbres…</p> <p>Les préhistoriens ne parlent habituellement d' « hommes », d' »Homo » dans les dénominations savantes, forcément latines, qu'à partir du moment où ils retrouvent des outils associés à des hommes préhistoriques… Cette définition de l'homme pourrait paraître une évidence. Le problème, c'est que d'autres primates, classés « animaux » ont des outils… Il n'y aurait donc aucune raison de penser que les primates humains, antérieurs aux « Homo » officiels, n'auraient pas manié d'outils… Tout a changé en 2015, quand une équipe française a découvert au Kenya, sur le site de Lomekwi, de lourds outils en pierre, datés de… 3,3 millions d'années, donc bien avant « Homo habilis ». Ils n'ont donc pu avoir été fabriqués que par des « singes du Sud », dont une variante, le Kenyanthrope (ou, plus exactement le « Kenyanthropus platyops », l'homme du Kenya à face plate), vivait à proximité – même s'il n'est attesté jusqu'à présent que par les restes fragmentaires d'un seul individu à face plate…</p> <p>Les premiers objets fabriqués par les humains, du moins ceux qui sont parvenus jusqu'à nous, n'étaient pas particulièrement beaux. C'étaient de grosses pierres éclatées, pesant plusieurs kilos, que maniaient des Australopithèques du côté du Kenya il y a près de trois millions et demi d'années… »</p> <p>Des outils de pierre taillée ont été découverts à Lomekwi, au Kenya, et sont datés de 3,3 millions datés, ce qui signifie qu'ils précèdent de 700.000 ans les plus anciens outils connus jusque là. Cela n'est pas le problème essentiel de cette découverte. Elle signifie quelque chose de bien plus renversant : les êtres humains n'existaient pas sur terre quand ces outils ont été taillés !!! Les outils trouvés à Lomecki sont bien plus vieux que l'homo habilis, plus vieux de 700.000 ans, ce n'est pas rien ! Il devient donc nécessaire de supposer qu'avant ce que nous appelons jusqu'à présent l'homme, à l'époque des hominines comme Kenyanthropus playtyops dont les fossiles sont, eux, datés de 3,5 à 3,3 millions d'années. Si ce n'était pas lui, l'auteur de ces tailles de pierres, cela devrait être un autre australopithèque comme Australopithecus afarensis du type de Lucy, dont les fossiles sont datés entre 4,1 et 3 millions d'années. Ou encore quelqu'un comme Australopithecus deyiremeda, Australopithecus bahrelghazali ou Australopithecus africanus. En tout cas, il y a plus de trois millions d'années, un ancêtre des hommes qui pouvait aussi être un ancêtre des singes a été capable de tailler des pierres, capacité qui n'est pas à réserver à l'homme. On pourrait se dire : pas de problème, c'est la datation des outils qui est fausse mais il ne semble pas. Plusieurs méthodes ont été employées par les chercheurs. D'autres part, les sédiments et les cendres volcaniques qui entourent les outils rendent la datation plus sure. En fait, une telle découverte aurait pu être devinée sachant que les grands singes ne sont jamais bien loin de l'utilisation et de la fabrication d'outils. Les techniques employées pour tailler des outils sur ce site sont simples mais pas tout à faité élémentaires et il y a même deux sortes différentes de tailles de la pierre (technique bipolaire sur enclume et technique sur percuteur dormant). Elles nécessitent déjà une certaine évolution de la capacité manuelle et de la compréhension des manières de se servir de la structure de la pierre pour détacher les éclats. L'étude scientifique révèle qu'il s'agissait d'hominines bipèdes qui devaient mesurer entre un mètre et un mètre cinquante. Il faut remarquer que ce n'est pas la première fois que l'on découvre des pierres taillées datées d'époques qui dépassent les homos et qui ont été sans doute produits par des australopithèques. Ainsi, Jean Chaline remarque dans « Un million de générations – Aux sources de l'humanité » : « Les plus anciens outils découverts à ce jour sont ceux exhumés par Hélène Roche et Silashi Semaw en Ethiopie dans les régions de Kada Gona et Kada Hadar. Ils dateraient de – 2,6 à – 2,5 millions d'années, bien avant l'apparition des premiers hommes vers – 2 à – 1,8 million d'années, ce qui suggère leur réalisation matérielle par des australopithèques d'Ethiopie. »</p> <p>Quentin Mauguit : « Au départ, nous avons interprété les capacités des Hommes un peu à l'envers. Pour utiliser les outils et parler, il faut être intelligent. Pour ce faire, il faut avoir un gros cerveau. Donc nous nous sommes d'abord dit que les australopithèques ne pouvaient pas faire d'outils, que c'était forcement propre au genre Homo. D'autres erreurs similaires ont été commises concernant les capacités de langage. Seul Homo sapiens aurait été capable de parler. Il aurait été le seul à posséder un cerveau suffisamment grand. Plusieurs découvertes récentes ont montré que les australopithèques et les paranthropes fabriquaient des outils. Au final, la taille du cerveau n'a pas un lien direct avec ces capacités. « Nous montrons maintenant que tous les ancêtres de l'Homme possédaient des cerveaux asymétriques. Ils ont donc tous au moins un support anatomique dont on sait qu'il joue un rôle dans les capacités manuelles et dans les capacités de langage. Cela enlève cette idée très simplificatrice voulant que seul Homo sapiens ait été capable de parler et d'utiliser des outils. »</p> <p>Claudine Cohen dans sa conférence pour l'Université de tous les savoirs en janvier 2000 :</p> <p>« L'évolution humaine a commencé par les pieds aimait à dire par provocation André Leroi-Gourhan, insistant sur le fait que l'acquisition de la bipédie précède dans l'histoire humaine précède dans l'histoire humaine le développement du cerveau. De fait, des découvertes récentes ont montré que la bipédie a sans doute été acquise très tôt dans l'histoire de la famille humaine, il y a 3 ou 4 millions d'années. Les études menées sur la locomotion des australopithèques ont conclu que ceux-ci marchaient déjà sur leurs deux pieds, même s'il leur arrivait parfois de se déplacer par brachiation – en se suspendant à l'aide des bras. Les traces de pas découvertes en 1977 à Laetoli (Tanzanie) et datées de 3,6 millions d'années sont bien celles de deux individus parfaitement bipèdes, marchant côte à côte… Elles ont confirmé le fait que la station redressée et la marche bipède étaient déjà acquises par ces hominidés primitifs – bien avant que la taille du cerveau n'atteigne son développement actuel. Le développement du cerveau est certainement le trait le plus remarquable de la morphologie humaine. (...) La question reste cependant posée du « Rubicon cérébral » - elle implique qu'il existerait une capacité endocrânienne au delà de laquelle on pourrait légitimement considérer qu'on a affaire à des représentants du genre Homo, dignes d'entrer dans la galerie de nos ancêtres…La définition, longtemps discutée, d'Homo Habilis comme premier représentant du genre humain, a fait reculer cette frontière à 600 cm3 … et peut-être encore moins : il faut bien admettre que le développement du cerveau n'a pas été l'unique « moteur » du développement humain ; il s'associe à d'autres traits anatomiques propres à l'homme, station redressée, bipédie, morphologie de la main, fabrication et utilisation d'outils, usage d'un langage articulé… (...) L'avènement d'une « conscience » proprement humaine se situerait donc du côté de ses productions techniques. L'outil est-il autant qu'on le pensait naguère porteur de la différence irréductible de l'homme ? (...) Si l'outil définit l'homme, l'apparition de l'homme proprement dit ne coïncide pas avec celle de l'outil. Certains grands singes savent utiliser et même fabriquer des outils. (...) Certains chercheurs n'hésitent pas à parler de « comportements culturels » chez ces singes. D'autre part, les première industries de pierre sont probablement l'œuvre des australopithèques : ces hominidés au cerveau guère plus volumineux que celui d'un gorille sont-ils des auteurs des pebble tools ou des industries sur éclats vieilles d'environ 2,5 millions d'années – qui ont été trouvées associées à eux dans certains sites africains ? (...) Il a donc fallu repenser les « seuils » qui naguère semblaient infranchissables, non seulement entre grands singes et premiers hominidés, mais aussi entre les différents représentants de la famille humaine. »</p> <p>Sophie de Beaune : « Chronologiquement d'abord, doit-on considérer que la préhistoire commence avec l'histoire de l'homme, comme le suggère Henri-Irénée Marrou ? Si oui, s'agit-il de l'homme anatomiquement moderne, auquel cas elle débuterait il y a 100 000 ou 150 000 ans, dates susceptibles de reculer en fonction des découvertes ? Ou bien doit-on y inclure les premiers représentants du genre « Homo » et remonter alors plus de 2 millions d'années ? On peut aussi la faire débuter avec les premiers outils, il y a quelque 3 millions d'années, et y inclure alors les Australopithèques car il n'est pas exclus que ces outils soient leur œuvre. (…) Pour les préhistoriens eux-mêmes, il va de soi que la préhistoire inclut aussi l'étude des Australopithèques ou des premiers représentants du genre Homo, mais si vous interrogez d'autres archéologues, en particulier ceux travaillant sur des périodes plus récentes de la protohistoire aux périodes historiques, certains vous répondront sans hésiter que ces très hautes époques relèvent du domaine des sciences naturelles – paléoanthropologie ou paléontologie. (…) En 1960, lorsque Mary Leakey découvre dans le célèbre site kenyan d'Olduvaï des fragments humains crâniens et postcrâniens, elle n'hésite pas à donner à ce nouveau spécimen le nom d' « Homo habilis » en raison de la présence d'outils en pierre taillée dans des niveaux contemporains, datés de 1,75 millions d'années. Un niveau aussi ancien avait pourtant livré l'année précédente un crâne de « Paranthropus boisei », une variante de ce qu'on appelait alors les Australopithèques robustes. il ne vint bien entendu à personne l'idée que cet Australopithèque aurait ou être l'auteur de ces outils taillés. Pourtant, des découvertes plus récentes laissent planer le doute et on ignore aujourd'hui qui, des Australopithèques, ou des premiers Homo, ont taillé pour la première fois la pierre…</p> <p>L'étude du squelette quasi complet d'un enfant australopithèque permettra peut-être de mieux cerner la généalogie de ces hominidés bipèdes et, plus généralement, de la lignée humaine dont les origines font l'objet de virulentes polémiques entre les chercheurs. De fait, si on a longtemps présenté Lucy -une Australopithecus afarensis découverte en Éthiopie en 1974 et vieille de 3,2 millions d'années - comme la « mère » de l'humanité, l'origine et la place des australopithèques dans l'évolution de l'humanité semblent aujourd'hui beaucoup moins claires pour les anthropologues.</p> <p>Plusieurs espèces d'australopithèques ont été identifiées, toutes en Afrique, depuis la découverte du premier spécimen d'Australopithecus africanus en 1924 . La plus connue du grand public est sans doute Australopithecus afarensis , l'espèce à laquelle appartenait Lucy et l'enfant de 3 ans récemment mis à jour. Les Afarensis, qui ont vécu dans l'est de l'Afrique entre 4 et 2,7 millions d'années, ont longtemps été les plus anciens hominidés bipèdes connus. A ce titre, on les considérait comme les ancêtres directs des autres australopithèques contemporains d'Homo habilis , mais aussi de l'Hommes moderne.</p> <p>Cette hypothèse a été sérieusement remise en question par la découverte, au nord du Kenya puis en Ethiopie , de plusieurs spécimens d'Australopithecus anamensis. Cet hominidé bipède qui a vivait entre 4,1 et 3,9 millions d'années pourrait donc être l'ancêtre des afarensis. C'est en tout cas ce que pensent Tim White et l'équipe internationale de paléoanthropologues qui ont récemment mis à jour une trentaine de fossiles d'anamensis dans des zones où l'on a aussi découvert des fossiles d'afarensis.</p> <p>Dans un article publié en avril par Nature, ces chercheurs proposent d'ailleurs un nouvel ancêtre commun à tous les australopithèques : Ardipithecus ramidus. Bien que manifestement bipède, cet hominidé qui aurait vécu entre 5,8 et 4 millions d'années, possédait aussi beaucoup de caractères simiesques.</p> <p>Par ailleurs, en 2000, Brigitte Senut et Martin Pickford du Musée National d'Histoire Naturelle de Paris ont identifié une mâchoire appartenant à un hominidé vieux de plus de 6 millions d'années baptisé Orrorin tugenensis . Orrorin possède un mélange de caractères humains et simiesques. Mais bien que 3 millions d'années plus vieux que les Australopithèques comme Lucy, il semble anatomiquement plus proche de l'homme moderne que ne l'est notre prétendue ancêtre. Selon Brigitte Senut, cette découverte force les anthropologues à revoir les scénarios sur les origines de l'homme. Elle suggère notamment que les Australopithèques ne sont pas nos ancêtres directs, mais représentent en fait une branche latérale, et désormais éteinte, de notre arbre généalogique.</p> <p>Datés entre 1,78 et 1,95 million d'années, deux fossiles fragmentaires préhumains compliquent l'enquête sur l'origine du genre humain, Homo. Trouvés ensemble, les deux spécimens proviennent de la grotte de Malapa, dans la province sud-africaine du Gauteng ; ils ont conduit Lee Berger, de l'Université du Witwatersrand, et ses collègues suisses, américains et australiens à définir une nouvelle espèce d'australopithèque, qu'ils ont nommée Australopithecus sediba, d'après le mot qui désigne « fontaine » (sediba) en langage sesotho.</p> <p>Au. sediba descend probablement de Au. africanus, un australopithèque qui a vécu en Afrique il y a entre 3,5 et 2,5 millions d'années, et dont la plupart des fossiles ont été découverts en Afrique du Sud. Plutôt gracile, Au. africanus passe pour plus proche de l'homme moderne que Au. afarensis (4,1 à 3 millions d'années) apparu en Afrique orientale. De fait, les deux spécimens de Malapa montrent plus de caractéristiques crâniennes et postcrâniennes (tout le squelette hors le crâne) en commun avec les premières espèces humaines qu'avec aucune autre espèce d'australopithèque.</p> <p>La signification de ces traits communs avec nombre de fossiles généralement attribués au genre Homo n'est pas claire. Les caractéristiques du squelette de Au. sediba font penser autant à celles de Homo rudolfensis (2,4 à 1,6 millions d'années), ancêtre envisagé de Homo erectus (1 million d'années à 300 000 ans) – ce qui suggèrerait une trajectoire évolutive Au. sediba —> H. rudolfensis —> H. erectus – qu'à celles de Homo habilis (2,5 à 1,8 millions s'années) – ce qui indiquerait une trajectoire évolutive Au. sediba —> H. habilis —> H. erectus.</p> <p>Si les traits du squelette de Au. sediba en font sans aucun doute un australopithèque, certaines caractéristiques de son os coxal (os recevant l'articulation de la hanche) le rapprochent bien plus des espèces humaines « récentes », telle H. erectus (l'« homme dressé »), que des anciennes (H. habilis ou H. rudolfensis) ou des autres australopithèques. Et nombre des traits du crâne de Au. sediba apparaissent chez H. erectus aussi, mais pas chez H. habilis et H. rudolfensis. Ainsi, Au. sediba semble être un ancêtre de H. erectus sans être nécessairement celui de H. habilis ou de H. rudolfensis, ses « contemporains » en termes de datation. Pour compliquer encore la situation, il existe des fossiles attribués au genre Homo plus anciens que Au. sediba. L'ancêtre australopithèque du genre humain aurait donc vécu avant les spécimens de la grotte de Malapa, ce qui, sauf à remettre en cause le caractère humain des plus vieux fossiles attribués au genre Homo, ne milite pas pour que Au. sediba soit notre ancêtre…</p> <p>Qu'en conclure ? Que le nouvel australopithèque aux caractéristiques si humaines pourrait être notre ancêtre ou… ne pas l'être. Quoi qu'il en soit, il est clair que le genre Homo est apparu au cours d'un bourgeonnement évolutif du rameau australopithèque qui a produit de nombreuses formes proches.</p> <p><a href="https://www.matierevolution.fr/spip.php?article4386" class='spip_out' rel='external'>La suite</a></p> <p><a href="https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/nos-ancetres-taillaient-deja-des-outils-il-y-a-3-3-millions-d-annees_2782" class='spip_out' rel='external'>Lire aussi</a></p> <p><a href="https://www.hominides.com/html/actualites/little-foot-cerveau-composite-1319.php" class='spip_out' rel='external'>Australopithecus prometheus</a></p> <p><a href="https://www.hominides.com/html/ancetres/australopithecus-sediba.php" class='spip_out' rel='external'>Australopithecus sediba</a></p> <p><a href="https://www.hominides.com/html/ancetres/australopithecus-africanus.php" class='spip_out' rel='external'>Australopithecus africanus</a></p> <p><a href="https://www.hominides.com/html/ancetres/kenyanthropus-playtops.php" class='spip_out' rel='external'>Kenyanthropus platyops</a></p> <p><a href="https://www.hominides.com/html/ancetres/australopithecus-garhi.php" class='spip_out' rel='external'>Australopithecus garhi</a></p> <p><a href="https://www.hominides.com/html/ancetres/ancetres-australo-bahrelghazali.php" class='spip_out' rel='external'>Australopithecus bahrelghazali</a></p></div> 1793 : le peuple exploité au pouvoir https://www.matierevolution.org/spip.php?article6572 https://www.matierevolution.org/spip.php?article6572 2019-11-30T23:05:00Z text/html fr Robert Paris 1789-1793 France Révolution Révolution bourgeoise Révolte LIRE AUSSI : La révolution de 1793 « En l'an 1793, le peuple de Paris a réussi à détenir le pouvoir entre ses mains pour une courte durée (Rosa Luxembourg) Extrait d'un article paru en juillet 1893 dans la revue polonaise Sprawa Robotnicza (la Cause ouvrière), éditée à Paris et diffusée clandestinement en Pologne. Rosa Luxemburg en était la principale animatrice. Ce texte, rédigé « à l'occasion du centième anniversaire de 1793 », était inédit depuis lors. Paru dans le journal L'Humanité, du 15 janvier (...) - <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?rubrique29" rel="directory">3ème chapitre : Révolutions bourgeoises et populaires</a> / <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot34" rel="tag">1789-1793</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot42" rel="tag">France</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot45" rel="tag">Révolution</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot112" rel="tag">Révolution bourgeoise</a>, <a href="https://www.matierevolution.org/spip.php?mot139" rel="tag">Révolte</a> <div class='rss_texte'><h3 class="spip">LIRE AUSSI :</h3> <p><a href="https://www.google.fr/search?hl=fr&q=1793+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.fr+OR+site%3Ahttp%3A%2F%2Fwww.matierevolution.org&btnG=Recherche&meta=" class='spip_out' rel='external'>La révolution de 1793</a></p> <p>« En l'an 1793, le peuple de Paris a réussi à détenir le pouvoir entre ses mains pour une courte durée (Rosa Luxembourg)</p> <p>Extrait d'un article paru en juillet 1893 dans la revue polonaise Sprawa Robotnicza (la Cause ouvrière), éditée à Paris et diffusée clandestinement en Pologne. Rosa Luxemburg en était la principale animatrice. Ce texte, rédigé « à l'occasion du centième anniversaire de 1793 », était inédit depuis lors. Paru dans le journal L'Humanité, du 15 janvier 2009, grâce à l'historien polonais Feliks Tych (Varsovie) qui a permis d'authentifier ce document rédigé par Rosa Luxemburg. L'année 1793 ! Cent ans sont passés depuis ce temps auquel les ennemis du peuple travailleur, les tsars, les rois, la noblesse, les princes, les patrons d'usine et tous les autres riches (les capitalistes) ne peuvent songer encore aujourd'hui sans éprouver de la terreur. Leurs âmes tremblent dès que l'on prononce ce mot : l'année 1793 ! Pourquoi cela ? Parce que, dans ces années-là, le peuple travailleur en France, et particulièrement dans sa capitale, Paris, s'est débarrassé pour la première fois du joug multi-séculaire et a entrepris de tenter d'en finir avec l'exploitation et de commencer une vie nouvelle et libre. (...) [R.L. évoque les premières étapes de la Révolution]</p> <p>« Pour quelle raison ai-je combattu ? Pourquoi ai-je versé mon sang ? » s'interroge le peuple français trompé dans ses espérances. Pour quoi ai-je offert ma poitrine aux balles des soldats du roi ? Seulement pour remplacer un oppresseur par un autre ? Pour arracher le pouvoir et les honneurs à la noblesse et le transmettre à la bourgeoisie ? Et le peuple de Paris engagea un nouveau combat. Ce fut la deuxième révolution - la révolution populaire -, le 10 août 1792. Ce jour-là, le peuple prit d'assaut le Palais royal et l'Hôtel de ville. La bourgeoisie était du côté du roi, qui, doté d'un pouvoir affaibli, défendait ses intérêts contre ceux du peuple. Cela n'empêcha pas le peuple de renverser le trône. La bourgeoisie tenait l'Hôtel de ville et l'administration municipale d'une main ferme et voulut dominer le peuple avec sa police et la Garde nationale. Cela n'empêcha pas le peuple de prendre d'assaut l'Hôtel de ville, d'en expulser la bourgeoisie et de tenir dans ses mains calleuses l'administration municipale de Paris. En ce temps-là, l'administration de la Commune de Paris était totalement indépendante de l'administration de l'État. La Commune , s'appuyant sur le peuple révolutionnaire victorieux, obligea la Convention (la nouvelle Assemblée nationale), qui se réunit en septembre 1792 et proclama aussitôt la République, à faire d'importantes concessions. Sans la puissance menaçante de ce peuple, la Convention aurait probablement fait aussi peu de choses que les Assemblées précédentes pour les masses populaires. La grande majorité des membres de la Convention étaient hostiles aux changements imposés par la révolution du 10 août. Une partie de la Convention - le parti de la Gironde (ainsi nommé, car ses principaux dirigeants provenaient de ce département) - mena une lutte ouverte contre la souveraineté de la Commune révolutionnaire de Paris. Les Girondins, représentants de la moyenne bourgeoisie républicaine, étaient d'ardents partisans de la République et des adversaires acharnés de toute réforme économique d'ampleur au profit du peuple travailleur. Seule la minorité de la Convention, la Montagne (ainsi nommée parce que ses membres occupaient les bancs les plus hauts dans la salle de la Convention), défendait fidèlement la cause du peuple travailleur. Aussi longtemps que les girondins siégèrent à la Convention, ceux de la Montagne ne purent la plupart du temps pratiquement rien faire, car les girondins avaient évidemment toujours la majorité de leur côté (...).</p> <p>[R.L. évoque la chute des girondins sous la pression populaire les 31 mai et 2 juin 1793.]</p> <p>Examinons ce que le peuple travailleur obtint au cours de sa brève période où il exerça un rôle dominant. Les dirigeants du peuple, comme les membres de l'administration municipale et les montagnards souhaitaient ardemment la complète libération économique du peuple. Ils aspiraient sincèrement à la réalisation de l'égalité formelle de tous devant la loi, mais aussi à une réelle égalité économique. Tous leurs discours et tous leurs actes étaient basés sur une idée : dans la république populaire, il ne devrait y avoir ni riches ni pauvres ; la république populaire, cela veut dire que l'État libre bâti sur la souveraineté populaire ne pourrait rester longtemps en place si le peuple, souverain politiquement, se trouvait dépendant des riches et dominé économiquement.</p> <p>Mais comment réaliser l'égalité économique pour tous ? À notre époque, les partis ouvriers sociaux-démocrates de tous les pays ont inscrit sur leur bannière comme aboutissement de leur combat l'égalité économique pour tous. Et pour réaliser cet objectif, ils exigent l'abolition de la propriété privée de tous les outils de travail ; la propriété de la terre, des usines, des ateliers, etc., doit être transférée à l'ensemble du peuple travailleur. Le parti de la Montagne chercha à résoudre ce problème tout autrement. Très peu parmi eux, et aussi parmi les membres de la Commune, partageaient le point de vue de la social-démocratie d'aujourd'hui... Seules quelques voix isolées, qui disparurent dans la masse des autres. Elles ne trouvèrent même pas une écoute favorable auprès de la partie la plus progressiste du peuple de Paris : le prolétariat. Au contraire, ni le prolétariat ni les montagnards ne pensaient à l'abolition de la propriété privée des moyens de travail. Ils voulaient réaliser l'égalité économique de tous en donnant à tous les citoyens français qui ne possédaient rien une parcelle de propriété privée. En un mot, ni le prolétariat parisien d'alors ni les montagnards n'étaient socialistes. (...)</p> <p>Tout autre était la situation il y a cent ans. En France, comme dans d'autres États, le prolétariat représentait à peine une petite partie de la masse du peuple travailleur. La paysannerie, qui constitue la plus grande part du peuple français, était satisfaite de ce qu'elle avait obtenu pendant la Révolution. En effet, comme nous l'avons signalé, seuls les cultivateurs les plus riches pouvaient acheter des terres. La partie la plus pauvre de la paysannerie française ne souhaitait pas la propriété collective socialiste, mais une augmentation de leur part de propriété. Les montagnards avaient justement l'intention de remettre aux paysans toutes les terres de la noblesse et du clergé qui n'avaient pas encore été vendues. La distance entre les montagnards et le socialisme est démontrée par le fait que, en accord avec les autres conventionnels, ces derniers ont partagé à quelques paysans ce qu'il restait des anciens biens communaux (prairies, champs, terrains en friches). (...)</p> <p>Après tout cela, il est clair que les montagnards, malgré toute leur bonne volonté, étaient incapables de réaliser leur désir ardent : l'égalité économique de tous. Cette aspiration n'était pas réalisable en ce temps-là. En outre, les moyens dont on se servait n'eurent comme effet que de retarder pour une brève période le développement de la constitution du capitalisme, c'est-à-dire la plus grande inégalité économique. (...) Tant que la Montagne était entre leurs mains , ils ont dû trouver leur salut dans des moyens économiques coercitifs, notamment pour empêcher le peuple de Paris de mourir de faim. Ces moyens étaient les suivants : la fixation d'un prix maximal pour le pain et pour d'autres denrées alimentaires, des emprunts obligatoires auprès des riches et, tout particulièrement à Paris, l'achat de pain de la part de la commune afin de le distribuer au peuple au prix le plus bas possible. Tout cela n'était que des interventions purement et simplement superficielles dans la vie économique française. Tout cela ne pouvait que mener à la paupérisation de gens riches et ne fournir qu'une aide momentanée au peuple affamé - rien de plus. Et même si les intentions du parti des montagnards de donner des terres à tous ceux qui désiraient travailler avaient été atteintes, l'égalité économique n'aurait pas pourtant été acquise pour longtemps. À la fin du siècle dernier, la France occupait dans le système capitaliste la même position que les autres pays d'Europe de l'Ouest. Elle devait rechercher inéluctablement la transformation des petits propriétaires en prolétaires et l'unification de l'ensemble des biens - y compris de la propriété foncière - dans les mains de quelques riches .</p> <p>(...) Après la chute de la Commune et de la Montagne, le prolétariat parisien pris par la faim se souleva encore quelques fois contre la Convention , en criant : « Du pain et la Constitution de 1793. » Ce n'étaient toutefois plus que des faibles sursauts d'une flamme révolutionnaire en voie d'extinction. Les forces du prolétariat étaient épuisées ; quant à la conjuration organisée en 1796 par le socialiste Babeuf contre le gouvernement d'alors, dans le but d'introduire une constitution socialiste, il fut tout aussi infructueux. Babeuf avait bien compris que l'égalité économique n'était pas compatible avec la propriété privée des moyens de production, qu'il voulait socialiser. Il se trompait toutefois lorsqu'il supposait pouvoir l'appliquer dans la France d'alors avec l'aide d'une poignée de conjurés. Babeuf et ses amis pouvaient encore moins compter sur un succès que les montagnards. Ses projets socialistes ont été étouffés dans l'oeuf.</p> <p>(...) La conjuration de Babeuf n'a pu troubler qu'un instant le calme de la bourgeoisie française repue qui s'enrichissait. Elle avait déjà oublié les « frayeurs de l'an 1793 ». C'est bien elle et non le prolétariat qui a récolté tous les fruits de la Révolution française. L'ampleur de la violence que la Montagne a déployée contre la noblesse et ses biens n'a pas servi au prolétariat mais à la bourgeoisie. La majeure partie des biens [du clergé] réquisitionnés - « les biens nationaux » - ont été achetés et sont tombés dans les mains de la bourgeoisie aisée. La paupérisation du clergé et de la noblesse n'a fait que renforcer les pouvoirs économiques, sociaux et politiques de la bourgeoisie française.</p> <p>(...) Tels sont les effets sociaux immédiats de la Révolution française. Actuellement, un siècle plus tard, nous voyons clairement les conséquences ultérieures de la Grande Révolution. Elle a certes installé la bourgeoisie sur le trône, mais le règne de la bourgeoisie est indissociable du développement du prolétariat.</p> <p>Et c'est maintenant particulièrement que nous voyons de nos propres yeux à quel point son succès conquis sur la noblesse court à sa ruine. (...)</p> <p>La tentative bien trop précoce du prolétariat français d'enterrer dès 1793 la bourgeoisie fraîchement éclose devait avoir une issue fatale. Mais après cent ans de règne, la bourgeoisie s'affaiblit sous le poids des ans. Enterrer cette vieille pécheresse est aujourd'hui une bagatelle pour le prolétariat débordant d'énergie. À la fin du siècle dernier, le prolétariat - peu nombreux et sans aucune forme de conscience de classe - a disparu en se fondant dans la masse des petits-bourgeois . À la fin de notre siècle, le prolétariat se trouve à la tête de l'ensemble du peuple travailleur des pays les plus importants et gagne à sa cause la masse de la petite-bourgeoisie des villes ainsi que, plus récemment, la paysannerie.</p> <p>À l'époque de la grande Révolution française, les meilleures personnalités étaient du côté de la bourgeoisie. De nos jours, les personnalités les plus nobles issues de la bourgeoisie (de la « couche intellectuelle ») sont passées du côté du prolétariat.</p> <p>À la fin du siècle dernier, la victoire de la bourgeoisie sur la noblesse était une nécessité historique. Aujourd'hui, la victoire du prolétariat sur la bourgeoisie est au même titre une nécessité historique.</p> <p>Mais la victoire du prolétariat signifie le triomphe du socialisme, le triomphe de l'égalité et de la liberté de tous. Cette égalité économique, qui était il y a un siècle le grand rêve de quelques idéalistes, prend aujourd'hui forme dans le mouvement ouvrier et dans le mouvement social-démocrate. La devise « Liberté, Égalité, Fraternité » n'était à la l'époque de la grande Révolution française qu'un slogan de parade dans la bouche de la bourgeoisie, et un faible soupir dans la bouche du peuple - ce mot d'ordre est aujourd'hui le cri de guerre menaçant d'une armée de plusieurs millions de travailleurs.</p> <p>Le jour approche où il prendra corps et deviendra réalité.</p> <p>En l'an 1793, le peuple de Paris a réussi à détenir le pouvoir entre ses mains pour une courte durée ; mais il a été incapable d'utiliser ce pouvoir pour se libérer économiquement. De nos jours, le prolétariat de tous les pays mène résolument et inlassablement un combat à la fois politique et économique.</p> <p>Le jour où le prolétariat détiendra le pouvoir politique sera aussi le jour de sa libération économique. »</p> <p><a href="http://www.gauchemip.org/spip.php?article9031" class='spip_out' rel='external'>Source</a></p></div>