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Emeutes en Guinée - Matière et Révolution
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Emeutes en Guinée

dimanche 26 août 2012

Après la grogne syndicale et les ballets de va et vient des leaders politiques dans la cité minière de Fria, c’est autour des jeunes déchainés de prendre le relais. Cette manifestation de la jeunesse de Fria s’est déroulée hier à la tombée de la nuit avec comme principales revendications l’amélioration des conditions de vies des habitants et la desserte sans interruption du courant électrique.

Ces jeunes de la cité minière déchainés ont barricadé plusieurs carrefours stratégiques de la ville empêchant la circulation d’engins roulants. Ces jeunes qui manifesteraient pour exprimer leur ras-le-bol contre la dégradation des conditions de vies des habitants de la ville de Fria mais également contre les délestages du courant électrique. Des habitants joints ont téléphone confirment la paralysie de la ville. « Tout est bloqué. Les jeunes biens organisés tiennent la ville en mains. Nous craignons les affrontements car le préfet organiserait lui aussi une contre manifestation avec une poignée de jeunes recrutés moyennant l’encaissement des billets de banques. Ce sont plusieurs dizaines de millions de francs Guinéens que le préfet aurait donné à ces jeunes acquis à sa cause pour étouffer la grogne » dénoncent plusieurs habitants de la ville de Fria.

De sources gouvernementales, une délégation du pouvoir de Conakry conduite par le premier ministre Saïd Fofana serait attendue dans la journée de ce Samedi pour tenter d’enrayer cette grave crise qui frappe Fria.

Les choses se corsent pour le régime d’Alpha Condé qui est confronté tous les jours à des manifestations tous azimuts à l’intérieur de la Guinée. Après le débordement de la manifestation des jeunes de la cité minière de Fria c’est à la capitale Conakry d’emboîter le pas. Des manifestants pacifiques ayant répondu à l’appel lancé par le comité de crise des tueries de Zogota sont entrain d’en découdre avec les forces de l’ordre aux abords du stade de Nongo dans la haute banlieue de Conakry.

Malgré la demande explicite du comité de crise depuis une dizaine de jours, les autorités communales n’ont attendu qu’hier soir pour manifester leurs oppositions à cette manifestation dont les organisateurs ne demandent que justice soit faite et rien de plus. Mobilisés en nombre impressionnant, les manifestants affronteraient au moment où nous mettons cette dépêche en ligne les forces de l’ordre qui les pourchasseraient à l’aide des gaz lacrymogènes et des tires à balles réelles. Démunis et désemparés, les manifestants répliqueraient à l’aide des cailloux qu’ils lanceraient en direction des forces de l’ordre pour se défendre.

Malgré la confusion en raison de la violence des attaques entre les deux parties, nos équipes présentes sur les lieux dénombrent plusieurs blessés graves et des arrestations parmi les manifestants pacifiques. Des fourgonnettes remplies de manifestants seraient en direction des commissariats de polices et des escadrons mobiles les plus proches.

Nos équipes restent mobiliser pour vous faire vivre en live cette répression d’un autre âge du régime d’Alpha Condé aux manifestants pacifiques car au lieu d’engager une concertation franche pour mettre en place une enquête indépendante, le régime n’a trouvé que la répression comme moyen de réponse.

Prévu au terrain de Nongo, dans la commune de Ratoma, dans la haute banlieue de Conakry, le meeting du comité de crise, créé à l’occasion des douloureux événements survenus à Zogota, a été avorté. Tôt le matin, il y avait la présence des forces de l’ordre notamment des policiers qui ont entouré ledit lieu où était prévu la manifestation, a constaté sur place lejourguinee.

Les policiers ont tenté d’empêcher tout attroupement aux alentours du terrain de Nongo. Ainsi, le comité de crise piloté par Faya Millimono, Etienne Soropogui, Daniel Kolié, etc, est arrivé à 12h dans leurs véhicules accompagnés des jeunes apparemment membres du Comité de crise. A leur descente, ils ont aperçu l’attroupement des policiers avec lequel il y a eu des tirements, des échanges verbaux très chauds entre les deux parties. Après ces discussions très houloeuses, le comité a déjusté face au refus des policiers de leur permettre d’accéder au terrain. Faya Millimono et Cie ont promis de revenir pour manifester leur « indignation et réclamer justice pour les innocents tués à Zogota ».

Ainsi, devant la presse, Dr Faya L. Millimono, a déclaré ce qui suit : « A Zogota, à Siguiri, dans tous les foyers, dans toutes les zones minières, il y a des problèmes. Vous avez vu à kiniérou dans Kourousa, à Siguiri, un peu partout à travers le pays, il y a des manifestations. Hier, même à Fria, il y a eu des émeutes. A Zogota, ce n’est pas dans le cadre d’une manifestation. On a tué des gens qui dormaient. Cela pouvait être chacun de nous. C’est pourquoi nous apprécions à juste valeur le déplacement qui vous (la presse) avez effectué aujourd’hui pour assister à notre événement. Vous voyez bien la circonstance qui a empêché la mobilisation (allusion au meeting). Elle aurait pu être grande. Nous sommes entrain de vivre dans un régime de terreur désormais. Parce qu’on a envoyé depuis jeudi (23 août, ndlr) nous avons des camions de la police et de la gendarmerie. Tous ceux qui devaient être là ont été effrayés, dispercés et partis. Le message que nous avons à passer est celui-ci. Ce que nous cherchons, ce n’est pas de faire de vandalisme. Nous réclamons simplement la justice dans ce pays. C’est un droit. C’est des citoyens guinéens qui ont été tués pour qu’une commission d’enquête indépendante que nous exigeons puissse prospérer. Il faut que les ministres qui ont donné l’ordre soient destitués et mis aux arrêts. Il faut que le gouverneur de N’Zérékoré soit mis en examen et destitué. La hiérarchie militaire de N’Zérékoré devait être écartée également pour que l’enquête puisse aboutir. C’est ce que nous venons demander et nous continuerons de le demander à grâce à vous les médias tant que la justice n’aura pas été faite pour nos compatriotes qui sont morts depuis toujours. Nous continuerons à réclamer la justice parce que c’est ce qui nous reste. C’est la manière d’honnorer leur mémoire parce qu’on ne peut pas construire un pays dans l’injustice. La paix n’est pas synonyme de manque de conflits. Elle est réellement l’existence d’une justice. Aussi longtemps que nous n’avons pas une justice dans notre pays, nous devons nous sentir tous menacés y compris nos frères et sœurs qui sont en uniformes ».

« Les intimidations ne marcheront pas » Etienne Soropogui De son côté, le vice-président des Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), Etienne Soropogui, a renchéri en ces termes : « Nous sommes là pour que tous les Guinéens soient indignés de ce qui s’est passé à Zogota. C’est pourquoi, nous avons évité la marche pour organiser un meeting pour qu’il n’y ait pas de casse. Personne n’a le droit de nous interdire de nous manifester. On peut reporter notre meeting. On veut que ce qui s’est passé à Zogota n’arrive plus. Si on veut construire la démocratie, on peut permettre les manifestations. Les intimidations ne marcheront pas ». Alors que pour Daniel Kolié : « la présence des forces de l’ordre ne nous découragera pas ». Ajoutant que le Comité de crise a déjà porté plainte contre les autorités administratives et militaires de N’Zérékoré.

Une violente manifestation de commerçants, révoltés par l’insécurité, a été réprimée avec brutalité, mardi, à Siguiri, dans le nord-est de la Guinée. Au moins une personne a été tuée par balle et cinq autres blessées.

Après les violences policières de la nuit de vendredi à samedi qui ont fait cinq morts dans le sud-est du pays, lors d’une manifestation de villageois contestant la politique de recrutement de la société minière brésilienne Vale, la Guinée a été mardi 7 août le théâtre de nouveaux heurts à Siguiri, dans le nord-est.

Excédés par l’insécurité grandissante dans cette ville minière – lundi des hommes armés portant l’uniforme de l’armée guinéenne ont tenté de voler le coffre-fort du bureau d’un vendeur d’or - des commerçants sont descendus dans la rue avec la ferme intention de marcher sur la préfecture. Les forces de l’ordre ont tiré des coups de feu en l’air pour stopper la progression des manifestants qui se sont retranchés derrière des barricades. Après avoir mis le feu à des pneus, ils ont pris d’assaut et saccagé le domicile du préfet, qui, selon les mêmes sources, a été contraint de se réfugier avec sa famille dans un camp militaire. Les assaillants ont alors pris pour cible ce même camp à coups de pierres et de bâton enflammés, incendiant deux véhicules de l’armée et cinq motos.

« Les forces de l’ordre ont tué à balle réelle une personne, un jeune d’une vingtaine d’années ce (mardi) matin et blessé cinq autres lorsque nous avons tenté de marcher sur la préfecture » de la ville, a affirmé un témoin joint depuis Conakry.

Des propos qui ont été confirmés par un responsable de la Croix rouge guinéenne et par un officier de police, Sény Camara. De son côté, le gouvernement a fait savoir qu’une enquête avait été ouverte pour élucider les circonstances dans lesquelles ces manifestants ont été abattus.

« Nous sommes révoltés, exaspérés face à l’insécurité qui grandit dans cette ville alors qu’il y a deux camps militaires, une brigade de gendarmerie et deux commissariats de police », a indiqué un manifestant.

« Aujourd’hui, personne ne va travailler ici. Nous tenons la ville. Nous voulons savoir pourquoi il y a tant d’insécurité dans notre cité », a affirmé un autre manifestant, avant d’ajouter que « si c’est à cause de l’or qui est exploité ici, on va fermer la société Ashanti goldfields (SAG) ».

« Les autorités préfectorales ont reçu le gouverneur de région, Nawa Damet, qui a promis des sanctions contre le laxisme de certains éléments des forces de l’ordre », a déclaré l’officier de police Sény Camara, ajoutant que « les forces de l’ordre ont été mis en alerte jusqu’à la fin de la semaine ».

Ce mardi 30 juillet 2012, des émeutes ont éclaté dans la zone minière de Zogota dans la préfecture de N’Zérékore, située au Sud-est du pays. Les populations autchtones se sont révoltées contre la société brésilienne VALE qui a signé une convention avec le gouvernement guinéen pour l’exploitation des minerais de fer dans cette localité, réputée très riche.

Selon nos sources, la manifestation contre la société est due au fait que lors du recrutement des travailleurs, les citoyens de la localité auraient été lesés. Mohamed L. Diallo, un fonctionnaire en poste dans la région, nous a confié que « les habitants de Zogota n’ont pas la qualification qu’il faut pour être recrutés tous ». Il a ensuite affirmé que « la journée du mardi a été pertubée par cette manifestation qui a paralysé toutes les activités ». Avant d’ajouter que les autorités locales de la région ont fait le déplacement pour tenter de calmer les esprits. Notre source rajoute également que : « ceux qui étaient censés intervenir ont fait des dérapages en volant et emportant les matériels et les ordinateurs de ladite société ».

Dans cette région, les sociétés minières sont souvent confrontées aux hostilités des populations locales qui s’estiment souvent lesées et passent par la méthode brutale pour se faire justice. L’on se rappelle, récemment, la SIMFER était confrontée à la même situation. A l’allure où vont les choses, l’Etat doit prendre des dispositions draconniennes pour protéger les sites des sociétés évoluant en Guinée sous préetexte d’éviter que ce genre d’actes ne décourage les investisseurs.

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