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Nigéria : la terreur blanche contre la colère noire - Matière et Révolution
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Nigéria : la terreur blanche contre la colère noire

mardi 10 janvier 2012

Le pouvoir du Nigéria tente de faire reculer la révolte sociale en pratiquant l’escalade des violences inter-religieuses et inter-ethniques

C’est l’annonce de la hausse du prix des carburants (doublement à la pompe !) qui a mis le feu aux poudres, entraînant une grève générale qui vient de débuter et des affrontements des manifestants avec les forces de l’ordre. La fronde sociale s’est nouée autour de la fin des subventions au carburant qui a entraîné une hausse de l’essence, de 0,30 euro le litre à près de 0,66. Le président Goodluck Jonathan a justifié sa décision en répétant, non sans raison, que le coût de cette aide était devenu insupportable pour le budget de l’État. Le soutien aux prix de l’essence est estimé à 8 milliards de dollars l’an dernier. Ce que le chef de l’État ne dit pas, c’est qu’en 2010 la mesure n’avait coûté que 4 milliards, un doublement sans autre justification que la corruption délirante d’une partie des élites et la gloutonnerie des importateurs. Car c’est là l’un des nombreux paradoxes du Nigeria : second producteur de brut du continent avec 2 millions de barils par jour, il doit importer la majorité de son carburant. La faute en revient à des raffineries, des entreprises publiques et obsolètes. Le gouvernement espère que la fin des subventions les rendra plus concurrentielles.

Pour la population, dont 70% vivent avec moins de 2 dollars par jour, la subvention était le seul petit coup de pouce donné par l’État. Pour eux, les augmentations à la pompe signifient non seulement une flambée des prix des transports, mais aussi, par ricochet, celle de tous les produits de base.

Une foule de miséreux a grossi les rangs des manifestations organisées lundi pour exiger du gouvernement le retrait du projet. Dans le pays, paralysé par la grève, la répression fut, comme toujours au Nigeria, brutale. Trois protestataires ont été tués et au moins 18 autres blessés, presque tous par balles. Un bilan déjà lourd alors que la grève n’est pas terminée, et risque même de se durcir.

Au premier jour d’une grève illimitée menée par les syndicats de travailleurs nigérians lundi 9 janvier, un manifestant a été tué lors d’affrontements avec la police à Lagos, la plus grande ville du pays, selon un responsable syndical. Deux autres personnes ont été tuées à Kano, où une trentaine de manifestants ont été blessés, dont 18 par balles. Un couvre-feu nocturne a depuis été imposé dans cette métropole du nord du pays.

Les syndicats demandent au gouvernement de rétablir les subventions sur les prix du carburant, dont la suppression le 1er janvier a entraîné une brusque augmentation des prix de l’essence dans ce pays, qui est le premier producteur de pétrole africain.

Mais le pouvoir ne s’en est pas tenu là. depuis des années, pour faire reculer le peuple travailleur, il entretient les haines entre pauvres...

Les craintes d’un conflit inter-ethnique ou inter-religieux se précisent, alors qu’il y a des signes de représailles dans le sud du pays contre les attaques dont ont été victimes les chrétiens et les Sudistes dans le nord à majorité musulman de la part de Boko Haram, qui ont tué des dizaines de personnes dans ces attaques au cours du week-end.

Ce lundi, la presse locale regorge d’articles sur le fait que des musulmans du nord résidant dans les villes du sud ont commencé à retourner chez eux.

A Asaba, dans l’état du Delta, 10.000 nordistes ont déjà quitté la ville, selon le président de l’Association des éleveurs de bétail d’Asaba, Alhaji Makuidi Ningi.

Un exode massif similaire a été rapporté à Warri et Sapele (également dans le Delta), où des jeunes en colère ont attaqué vendredi les quartiers musulmans, faisant 50 blessés.

Cet exode a été entretenu par l’ultimatum de 21 jours donné dimanche par le Mouvement indigène pour un changement radical du Delta du Niger aux Nordistes pour qu’ils quittent la région.

Un ultimatum similaire avait été donné par Boko Haram aux Sudistes pour qu’ils quittent le Norddu Nigeria.

Le président nigérian, Goodluck Jonathan, a déjà reconnu la gravité de cette crise, déclarant qu’elle est pire que la guerre civile qui avait ravagé le pays entre 1967 et 1970, affirmant que Boko Haram avaient infiltré le gouvernement et le Parlement du pays.

’Durant la guerre civile, nous savions et nous pouvions même prédire d’où l’ennemi venait, vous pouviez même savoir quel itinéraire il empruntait, quel calibre d’arme il utiliserait. Mais le problème que nous avons aujourd’hui est plus compliqué », a-t-il déclaré samedi.

’Certains d’entre eux sont dans la branche exécutive du gouvernement, d’autres dans la branche parlemantaire/législative du gouvernement tandis que d’autres se trouvent même dans la branche judiciaire. D’autres sont également dans les rangs des forces armées, de la police et des autres services de sécurité. Certains continuent à plonger leur main dans le même bol et à manger avec vous et vous ne ne savez pas qui va pointer une arme sur vous ou déposer une bombe derrière votre maison’, a-t-il ajouté.

Alors que la tension monte, le Conseil des jeunes Ijaw du Delta du Niger, d’où est originaire le président Jonathan, a affirmé dimanche que des personnes dont il n’a pas révélé l’identité projetaient d’assassiner le chef de l’Etat, le président du Sénat, David Mark, et le chef d’état-major de l’armée, le général Onyeador Ihejirika.

Il a déclaré que le pays traverserait une autre crise s’il arrivait quoi que ce soit à l’un de ces trois responsables originaire du Deltat.

Les assassinats de manifestants et de grévistes sont une part de la réaction des classes dirigeantes. La menace de bain de sang général inter-religieux, inter-ethnique et inter-régional est l’autre partie du bâton !

Pour lire sur ces thèmes :

Depuis longtemps, les classes dirigeantes et l’Etat organisent les massacres

Depuis longtemps aussi, les centrales syndicales du Nigéria promènent les travailleurs

3 Messages de forum

  • Les syndicats ont annoncé lundi la « suspension » d’une grève générale qui a paralysé le Nigeria pendant huit jours peu après une concession du pouvoir et une intervention massive des forces de sécurité. « Les syndicats et leurs partenaires annoncent formellement la suspension de la grève, des rassemblements et des manifestations à travers le pays », a déclaré à la presse à Abuja le chef de la puissante centrale Nigeria Labour Congress, Abdulwahed Omar. Il n’a pas fixé de durée à cette suspension.

    La grève avait commencé lundi 9 janvier, après la suppression des subventions aux carburants qui avait provoqué une flambée des prix à la pompe dans le premier producteur de brut et pays le plus peuplé d’Afrique. A Lagos, la métropole économique, quelque 300 manifestants ont protesté dans la rue, jugeant insuffisant le geste du président Goodluck Jonathan qui avait annoncé dans la matinée une baisse du nouveau prix de l’essence d’environ 30%.
    Baisse du prix du carburant approuvée par le gouvernement

    Les forces de sécurité ont tiré en l’air et utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule tandis que les autorités prenaient des mesures pour empêcher les rassemblements dans le pays. Toujours à Lagos, la police a effectué un raid d’une vingtaine de minutes dans les bureaux de la chaîne de télévision américaine CNN, sans qu’on sache si cette intrusion était liée au mouvement de protestation. La police a averti lundi, quelques heures après la suspension de la grève, que tout manifestant serait arrêté et ceux appelant à un « changement de régime » seraient poursuivis pour trahison.

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  • Dans un rapport publié jeudi, Amnesty International accuse les forces de défense et de sécurité camerounaise de nombreuses violations des droits de l’homme dans l’extrême-nord du pays. Ces violences ont été justifiées par la "lutte contre Boko Haram" !

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  • L’armée nigériane prétendait cibler des terroristes de Boko Haram, mais a tiré un missile sur le camp de Rann, près de la frontière avec le Cameroun, faisant cinquante morts parmi les réfugiées !!!

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