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La démocratie, ce n'est pas de voter au sein d'un système antidémocratique - Matière et Révolution
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La démocratie, ce n’est pas de voter au sein d’un système antidémocratique

mercredi 22 mai 2019, par Robert Paris

éditorial

La démocratie, ce n’est pas quand moins d’un pourcent décide pour plus de 99% ! Inutile de cautionner le système par nos votes !

Une fois encore, une élection prétendument démocratique, l’élection européenne, nous appelle à donner nos suffrages. On va nous dire partout, votez ceci, votez cela, mais surtout… VOTEZ !!! Et pourquoi ? Parce qu’on vous demande votre opinion et il faut surtout la donner ! Ou bien, c’est pour faire croire qu’on nous a demandé notre avis et ne surtout pas en tenir compte ensuite comme dans le « grand débat » et autres débats, consultations ou négociations qui sont toujours des belles tromperies, les vraies décisions se prenant ailleurs, sans tenir aucun compte de nos intérêts et de nos avis.

Mais au fait, c’est quoi la démocratie ? On pourrait croire que c’est quand la majorité décide et en rajoutant que la majorité elle-même n’aurait pas le droit d’opprimer, d’exploiter, d’arrêter, de réprimer, de détruire la vie, d’interdire la liberté, ni de tromper, y compris la minorité ! Et bien d’autres choses sur les droits de l’homme et sur les libertés de tous…

Tous ces droits se résumeraient, pour la majorité de la population, au seul droit… de voter ? De mettre un bout de papier dans une urne ? Mais les classes possédantes ont de tous autres droits !!!

Et, en régime capitaliste, celui où moins de un pourcent détient tout pouvoir et toutes richesses, qui plus est dans la phase finale destructrice du système capitaliste où il ne survit plus qu’à coups d’expédients et sur fonds publics, qu’est-ce qu’une démocratie bourgeoisie sinon exactement le contraire de tout ce que l’on vient de dire !

Du coup, rien d’étonnant que le discrédit touche tous les partis, tous les courants et de toutes les couleurs politiques, toutes les organisations qui participent à ces mascarades politiciennes. Cela ne veut pas dire que le peuple travailleur ne veuille pas faire de politique mais il veut en faire par lui-même, comme l’ont montré non seulement les Gilets jaunes, en France et dans le monde, et le peuple travailleur partout dans le monde, de l’Algérie au Soudan et ailleurs.

La démocratie bourgeoise, celle des institutions de l’Etat français, n’a jamais été autre chose que celle des propriétaires et c’est ce qu’elle affirmait fièrement dans la constitution bourgeoise mise en place par les assemblées bourgeoises de la révolution française. Bien sûr, déjà le peuple travailleur révolutionnaire qui était le fer de lance de la révolution, celui des compagnies de piques, celui des comités de bras nus, celui des femmes révolutionnaires, celui des sans culottes les plus radicaux, et se battait pour tout autre chose, pour le pouvoir du peuple.

Ce n’est pas par la démocratie ni par les élections que les propriétaires du capital ont mis en place leur pouvoir mais par le pouvoir de l’argent et par l’oppression d’Etat. Et c’est avec les deux mêmes moyens qu’ils continuent à gérer la société dans l’intérêt d’une minorité de plus en plus infime et riche et contre une majorité de plus en plus nombreuse et pauvre.

Il suffit de voir que, même au sein du monde capitaliste, la démocratie ne règne absolument pas, les petits actionnaires étant sans cesse grugés au sein des assemblées d’actionnaires face aux gros actionnaires et aux PDG et les propriétaires d’épargnes même conséquentes par les banquiers, ou les propriétaires d’appartements au sein des assemblées de copropriétaires par les trusts de l’immobilier et du bâtiment.

On veut, dans l’élection qui vient, nous convaincre une fois encore que c’est notre sort qui intéresse les politiciens, les institutions, les pouvoirs divers, alors que c’est exactement l’inverse : ils ne gouvernent que contre nos intérêts ! Et même la propagande qu’ils déversent à l’occasion de cette élection n’est rien d’autre que des mensonges et du bourrage de crânes. Les uns affirment que ce sont les migrants qui nous menacent, les autres que ce sont les européens, les suivants que ce sont les fonctionnaires, les troisièmes que ce sont les charges sur le capital, les quatrièmes ce sont les chinois, les russes ou les nord-coréens, les cinquièmes tout est de la faute de Trump, les derniers que ce sont les musulmans, en passant poar ceux qui prétendent que ce sont les gilets jaunes (qu’on prétend casseurs) qui nous menacent !!! Pour aucun d’eux, il ne s’agit de remettre en cause l’ordre social. Pas même pour les insoumis, pas même pour Mélenchon ou le PCF, pas même pour les groupes d’extrême gauche qui candidatent mais ne remettent même pas en cause la division et l’inorganisation des luttes savamment organisée par les appareils syndicaux, pourtant de bons piliers de l’ordre bourgeois et pseudo-démocratique appelés « intermédiaires », « tampons » ou « négociateurs », qui monopolisent activement le droit d’expression et d’organisation dans les entreprises contre le droit des salariés.

Non, aucun vote au sein des institutions prétendument démocratiques de la bourgeoisie ne peut exprimer actuellement la défense des intérêts politiques du monde du travail, mis à part ceux qui consistent à se réunir dans les assemblées des Gilets jaunes ou des salariés en grève et d’y décider nous-mêmes, et pas au travers des bureaucraties syndicales, nos décisions pour la lutte ou pour l’avenir de la société.

Les peuples travailleurs, de France, d’Algérie, du Soudan, de Tunisie ou d’Egypte, pour ne citer que ceux-là, ont fait bien plus pour faire changer les choses en se mobilisant et en s’organisant en masses, en descendant dans la rue aussi, en se soulevant, qu’en allant voter pour qui que ce soit.

Quel que soit le parti politicien qui sorte des urnes, dans n’importe quel pays, c’est toujours les mêmes capitalistes, les mêmes trusts, les mêmes banques, les mêmes financiers, qui détiennent le vrai pouvoir, qui imposent leurs suppressions d’emplois, leurs charges de travail, leurs fermetures d’entreprises, leur refus de payer les impôts et les taxes, etc., toute la politique nécessaire à des intérêts privés qui sont diamétralement opposés à ceux de l’immense majorité.

L’entreprise capitaliste, privée comme faussement publique puisque l’Etat est au service d’intérêts privés, est l’image même de cette absence de démocratie : un seul patron peut décider de jeter à la rue tous les salariés sans que ceux-ci ne disposent d’un droit de véto sur une telle décision qui les jette à la rue et dans la misère, qui peut détruire leurs vies et leurs familles ! On ne peut pas mieux démontrer que ce n’est pas sous le capitalisme qu’on peut concevoir une véritable démocratie.

Les liens entre le pouvoir d’Etat et les capitalistes sont encore une belle démonstration de l’illusion démocratique sous le régime capitaliste. Le refus des capitalistes de payer l’impôt, les aides d’Etat aux capitalistes, les soutiens des intérêts privés sur fonds publics, les lois, les décrets, les privatisations, toute la politique d’Etat est de manière ouverte au service du grand capital, et cela est le cas sous tous les gouvernements successifs, quelle que soit leur couleur politique prétendue. Les opposants politiques de ces courants, de la gauche de la gauche à l’extrême droite, n’affirment nullement qu’ils comptent s’en prendre aux intérêts des capitalistes, même ceux qui s’opposent diamétralement aux intérêts du peuple travailleur. Certains dénoncent démagogiquement certains excès mais aucun parti politicien ne veut remettre en cause la fausse démocratie et les droits des possédants du grand capital. Le simple fait que ces partis et hommes politiques acceptent de participer à la grande mascarade des élections bourgeoises en dit long sur leurs mensonges, sur leur soutien à des institutions qui ont mille fois démontré qu’elles ne servent que l’infime minorité des profiteurs et des grands bandits.

C’est déjà une tromperie en effet car il n’existe pas de vote au sein du système qui permette de réellement mettre en cause un seul des pouvoirs réels des capitalistes. Peut-on voter pour les responsables de la banque européenne, la BCE ? Peut-on voter pour les membres de la commission européenne qui est le gouvernement de l’Europe ? Peut-on voter pour les hauts fonctionnaires européens ?

Et il n’y a pas plus de démocratie dans les votes en France. Peut-on voter en France pour les chefs de cabinets, pour les dirigeants des entreprises publiques, semi publiques ou des trusts, des banques, de la finance, de l’assurance, de la bourse, etc., pour les chefs des grandes institutions d’Etat, pour les chefs des média, des religions, des associations et même… des syndicats !!! Non, non et non ! Pas plus que l’on ne peut voter pour les chefs de l’armée, de la police, de la justice, des services spéciaux, des prisons, des finances, de l’administration, etc. Et ce n’est pas un hasard : on ne vote que pour les acteurs et pas pour ceux qui font réellement fonctionner le système. Sinon, il serait impossible d’élire le président et on aurait le droit d’élire le chef de la police !

La classe possédante ne met jamais en jeu ses vrais responsables, son vrai pouvoir, ses vraies régles et lois, le mode de fonctionnement de son système au sein d’aucune élection. Elle ne veut pas d’un RIC où le peuple travailleur pourrait voter contre les licenciements, contre les guerres, contre les ventes d’armes, contre le soutien à des dictateurs, contre la subvention publique aux capitalistes, contre l’impôt pour les travailleurs, contre les suppressions de services publics et on en passe…

Certains affirment que le refus de voter serait démagogique et apporterait de l’eau au moulin de la démagogie fasciste qui veut remettre en question la démocratie en mettant en place de nouvelles dictatures militaires ou de nouveaux fascismes. Certes de tels gens existent, comme on l’a vu avec des généraux ou chefs de la police fascistes, ou ex officiers, qui, comme les généraux Tauzin ou Piquemal et bien d’autres généraux et officiers, déclarent haut et fort viser une telle perspective de dictature militaire ou fasciste en France. Mais ce n’est certainement pas sur la démocratie bourgeoise que l’on peut compter pour les combattre. Dans la France du Front Populaire, pseudo-démocratique, rien dans les institutions n’a servi à empêcher la prise de pouvoir du fasciste Pétain, au contraire tout a servi à sa mise en place. Et il en avait été de même précédemment en Allemagne ou en Espagne.

Il est clair que ce ne sont pas les « forces de l’ordre » qui seraient moins au service des milliardaires ou moins hostiles au peuple travailleur. Le mouvement des Gilets jaunes en France l’a encore démontré, sans parler des répressions violentes des armées dans le monde, ou les interventions armées violentes de la France partout dans le monde, à commencer par l’intervention de l’armée française en faveur du génocide et des génocidaires au Rwanda. Non, ce n’est pas l’appareil d’Etat qui est la « garante de la démocratie ». Aucune des institutions de l’Etat bourgeois ne l’est d’ailleurs. Aucune n’est jamais au monde intervenue pour défendre la démocratie quand elle était attaquée. Aucune n’est intervenue contre aucune guerre, aucun fascisme, aucun génocide.

La vraie démoncratie, elle n’est construite et défendue que par le peuple travailleur, que ce soit hier, lors des révolutions, la révolution française en étant aussi un exemple, qu’aujourd’hui lors des mouvements de masse, les Gilets jaunes comme les autres soulèvements des exploités et des opprimés. C’est dans les comités de ronds-points, dans les assemblées de Gilets jaunes, dans les comités de grève que se construit la démocratie, par la libre confrontation des opinions à la base et pas du tout dans des institutions où aucun membre du peuple travailleur n’a jamais eu accès et où les lobbys capitalistes font la loi. C’est en discutant entre travailleurs, chômeurs, retraités, hommes et femmes, jeunes et vieux, français et étrangers, tous du peuple travailleur, que l’on prépare l’avenir avec l’intervention directe des plus démunis, de ceux qui ne vivent que de leur travail, de tous ceux que la société capitaliste exploite et opprime. La démocratie directe du peuple travailleur, cela n’a rien de démagogique, cela ne favorise nullement le fascisme, cela n’aide aucune sorte de dictature contre l’intérêt général de la population.

Tout cela ne signifie nullement que nous nous mettions à militer pour le vote blanc ou nul ou le refus de vote, pour le boycott, ce qui serait encore une campagne électorale au sein de l’institution, une manière fausse de dire que l’on peut s’exprimer dans les élections mises en place par le pouvoir des milliardaires. Non, nous disons qu’il est inutile de voter mais ne proposons pas de dire aux travailleurs que voter, c’est en soi se piéger.

Se piéger, ce serait de ne pas nous organiser au travers des luttes, parmi les Gilets jaunes, avec les travailleurs, chômeurs, retraités, les jeunes et les femmes en lutte, ce serait de ne pas nous attribuer à nous- mêmes la capacité de décider de notre avenir, de celui de toute la société, ce serait de croire que les classes possédantes seraient mieux à même de savoir ce qui est bon pour nous, ce serait de croire à la pérennité du système d’exploitation capitaliste au moment même où il n’est plus capable de nous offrir qu’un avenir de sang et de larmes, de chômage, de misère et de guerre.

Non, nous votons et nous voterons par nous-mêmes au sein de nos propres élections, de notre propre mode d’organisation, de la démocratie du peuple travailleur et nous lutterons pour la porter au pouvoir en renversant la dictature des milliardaires, qu’elle se masque ou pas derrière la fausse démocratie !

3 Messages de forum

  • Bonjour ,

    J aimerai avoir votre opinion sur les GAFA, google ,
    Facebook ... ne sont elle pas des entreprises
    nées par le geni de leurs créateur ? les capitalistes
    Les donnent en exemple quand il faut justifier
    La nécessité de la.propriété prive ,un exemple
    Ou le gain est finalement lié au geni et non au vol .
    ne sont elles pas des entreprises nées sans
    Cumule prealable de richesse amassées par la.guerre
    Et autre stratège de rapine ? Qu en.pensez vous ?

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  • Le capitalisme n’est ni moral ni immoral : il vise seulement à accumuler de l’argent et il ne vise aucun but humain, moral ou social. On ne peut pas être contre tel ou tel capitaliste, telle ou telle forme de capitalisme, tel ou tel comportement du capitalisme. On est pour ou contre le système lui-même. Nous sommes contre le capitalisme et nous constatons de plus que le capitalisme est lui-même amené à reconnaître qu’il a atteint ses limites. Pas seulement les plus rapineurs des capitalistes mais tout le système !

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  • On le dit depuis le début du mouvement : on ne veut pas de changement de personnel politique, on ne veut pas remplacer Macron par Le Pen ou Mélenchon ou qui que ce soit. On veut autre chose. On n’a pas besoin de chef, de leader, on ne veut pas de représentants, de pantins opportunistes-carriéristes pour fonder un nouveau parti. On le dit depuis le début : notre mouvement se situe hors de la politique institutionnelle, hors des partis, des syndicats, nous ne voulons pas devenir des « partenaires sociaux » du pouvoir qui ne servent qu’à conforter l’image démocratique du système et préserver l’ordre établi.

    Les listes étiquetées « Gilets jaunes » aux Européennes ne sont que pure récupération politique. Ce sont des tentatives de nous faire rentrer dans le rang, tout comme les prétendu·e·s représentant·e·s des Gilets jaunes qui déclarent les manifestations en préfecture. Tout cela vise un retour à la normale en passant par autre chose que la méthode policière : ce qui est recherché est le maintien de l’ordre en changeant simplement quelques têtes.

    Mais nous ne voulons pas quelques miettes lâchées à contrecœur par le pouvoir politique, nous voulons une révolution sociale. Un changement profond, qui nous dépasse tout autant que Macron (lui qui voudrait qu’on se contente de dialoguer avec ses sous-fifres, qu’on crée des listes électorales, qu’on perpétue le système contre lequel on lutte…).

    Exploité·e·s et dominé·e·s ici et à l’autre bout du monde par les mêmes politicien·ne·s, les mêmes capitalistes, nos perspectives de changement social ne sont pas « simples », car il y a tout à renverser, ici comme ailleurs. Nos solutions n’entrent pas dans les cases légales du système et on a bien compris que le pouvoir nous mettrait des bâtons dans les roues à chaque initiative autonome, à chaque moment qui sort de son contrôle. Mais on ne lâchera pas l’affaire : assemblées, occupation de ronds-points, construction de cabanes, manifestations, actions de toutes sortes, nous vivons désormais à travers la lutte contre ce système basé sur les inégalités sociales, mais nous vivons aussi l’entraide, l’auto-organisation, l’expérimentation sociale.
    Nous sommes le présent et le futur.

    Le 26 mai, on n’ira pas voter.
    On a bien mieux à faire !

    Mai 2019, Paname,

    Collectif Gilets jaunes Rungis Île-de-France

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