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Mali : la « guerre asymétrique » de l’impérialisme français - Matière et Révolution
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Mali : la « guerre asymétrique » de l’impérialisme français

samedi 4 mai 2013, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Dans le Nord-Mali, le nouveau local électoral des présidentielles maliennes disposera de rideaux pour un vote secret...

Mali : la « guerre asymétrique » de l’impérialisme français

Quatre mois après le début de l’intervention militaire française au Mali, et alors que 500 soldats français ont déjà quitté le pays, le gouvernement a demandé au Parlement, lundi 22 avril, l’autorisation de la prolonger sa présence militaire qui reste au niveau de plusieurs milliers, au moins 3500 soldats, sans compter ceux déployés juste à côté au Niger. On commence à voir se profiler l’enlisement dans lequel Hollande affirmait avoir décidé de ne pas tomber, lui qui avait estimé plusieurs fois que les troupes françaises allaient quitter rapidement le pays.

"La France doit aider le Mali à gagner la paix", a lancé le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, en demandant formellement la prolongation de l’opération Serval, comme le prévoit la Constitution au bout de quatre mois d’une intervention militaire extérieure. Ce n’est que la deuxième fois que l’article 35-3 de la Constitution, révisé en juillet 2008, est utilisé. La précédente remonte au 22 septembre 2008 : il s’agissait de solliciter l’approbation du Parlement au maintien des forces françaises en Afghanistan, présentes sur le terrain depuis 2001.

Six jours après le début de l’intervention, le 16 janvier, Jean-Marc Ayrault avait déjà présenté aux parlementaires les objectifs de la mission. Sa déclaration, suivie d’un débat, n’avait pas fait l’objet d’un vote. Ce ne sera pas le cas cette fois : à l’Assemblée nationale dans l’après-midi puis au Sénat dans la soirée, les élus se sont prononcé pour la prolongation de l’engagement au Mali au-delà de quatre mois. Seul le Front de Gauche ne l’a pas fait et, hypocrite, il s’est contenté de s’abstenir… Verts armée et socialo-guerriers sont du même côté que la droite cannonière…

Dans cette guerre du Mali, les grands stratèges occidentaux, dont les chefs militaires Français, ont inventé un nouveau concept stratégique : celui de la guerre asymétrique. C’est une guerre dans laquelle il n’y a qu’un seul participant dans sa partie de guerre classique mais bien un adversaire dans la guerre de guérilla et de terrorisme. Une manière hypocrite de reconnaître que le terrorisme de grande puissance n’a pas d’adversaire à sa mesure et que les petits groupes terroristes ne sont pas grand-chose devant ce terrorisme là.

Ce concept est issu d’interventions des grandes puissances dans lesquelles les prétendus adversaires étaient cloués au sol par l’inégalité des forces armées. Saddam Hussein, Noriega, Mollah Omar, Ben Laden, Kadhafi, Gbagbo, Milosevic ou encore les groupes islamistes du nord Mali… auraient déclaré la guerre à l’Amérique, au monde occidental ou au monde entier… Hollande lui-même n’a-t-il pas déclaré que Bamako était un peu une banlieue de Paris et laisser les islamistes y arriver – ce qui était prétendument le risque – c’était laisser le terrorisme attaquer Paris, disait le président français… Voire. Quand ces grandes puissances ont attaqué les dictateurs en question, leurs alliés de la veille, ils n’ont trouvé aucune force militaire sérieuse en face, aucun moyen de destruction massif.

Au Mali comme ailleurs, la guerre n’a eu lieu que d’un seul côté et ces armées sont rentrées dans ces pays comme dans du beurre, ce qui justifie cette expression de « guerre asymétrique » où la violence est d’un seul côté. Bien sûr, les groupes en question existent et les impérialismes occidentaux ne les ont pas inventés mais ces groupes eux-mêmes n’ont pu naître, se financer et s’armer que grâce à la politique des puissances occidentale. Dans le cas du Mali une partie de ces bandes armées a été directement formé par les pays « respectables » comme la France, les USA ou l’Algérie et pas par la Libye de Kadhafi. Ces bandes étaient bien moins fortes que ne le disait l’impérialisme pour justifier son intervention. Si l’Etat malien n’a pas pu les combattre, ce n’est pas du fait de leur nombre ni de leur surarmement, mais du fait que l’Etat malien était bien avant l’avancée des groupes armés au nord Mali, tombé complètement en décrépitude, à l’instars de nombreuses armées africaines. Ce n’est pas l’attaque islamiste, ni l’attaque touarègue, ni la révolte des petits soldats qui ont entrainé l’invasion du nord Mali. C’est l’effondrement des classes dirigeantes de Bamako et du pouvoir d’Etat qui est à la racine de la chute, chute qui a elle-même servi ensuite de justification à l’intervention de l’armée française.

En tout cas, on constate que les forces armées françaises ne se sont pas heurtées à des forces importantes de terroristes djihadistes capables d’envahir Bamako comme elles l’ont prétendu pour justifier leur intervention et leurs bombardements au nord. Tout simplement parce que le départ (momentané) des forces islamistes du Nord-Mali avait été négocié préalablement par la France avec l’Algérie, permettant à l’armée française une victoire facile mais ne garantissant nullement l’avenir puisque l’essentiel des groupes armés est simplement reparti par le chemin du Sahel d’où il était venu, essentiellement vers la Libye via l’Algérie… Donc la France est victorieuse d’une guerre qu’elle n’a quasiment pas eu à mener et où le peuple malien n’a aucune raison de crier victoire car rien n’est venu améliorer sa situation présente ou à venir.

Cependant, l’armée française a quand même bombardé, tiré, tué et nombre de civils notamment. Combien ? La question n’est même pas posée dans les média français. Au moins, on ne pourra pas les accuser de mentir sur ce sujet puisque… ils n’en disent rien. Ça permet de continuer à expliquer que la guerre de la France au Mali est une victoire du Bien sur le Mal… Pas de risque qu’on mette face à face le terrorisme des bandes armées inofficielles et celui des bandes armées officielles…

Les soldats français rentrés en France, une toute petite partie des troupes qui ont occupé le pays, vont devoir, en rentrant, multiplier les rendez vous chez des psychologues, des psychiatres ou des psychanalystes parce qu’ils sont choqués par ce qu’ils ont fait ou par ce qu’ils ont vu et vécu… Et cela en dit long. Quelles exactions ont été commises par eux ou sous leurs yeux, on ne le saura évidemment pas. Quels massacres, quels bombardements de populations civiles ? Tout juste certains témoignages de soldats de retour permettent-il de l’imaginer. Ces soldats ont rapporté qu’ils étaient choqués parce qu’ils s’attendaient à devoir tirer sur des terroristes djihadistes islamistes et qu’ils se sont retrouvés à devoir assassiner des vieillards et des enfants en bas âge que l’on avait postés derrière des armements qu’ils étaient incapables de mettre en action, des témoignages fort peu relayés par la presse française d’ailleurs. Quelles visions d’horreur, de la violence des forces armées, française, malienne ou africaine, ces soldats ont-ils maintenant en mémoire, la plupart ne le diront pas à un journaliste ni à une commission d’enquête, et d’autant moins que cette commission n’existe pas et qu’aucun journaliste français ne souhaite faire dire des choses pareilles, pas plus dans la presse de droite, de gauche ou d’extrême droite. Combien de victimes civiles de ces bombardements des villes du nord du Mali où les maisons civiles étaient réputées protéger des combattants. Un avion qui bombarde va-t-il répertorier quelle maison contient vraiment des combattants et laquelle n’est-elle qu’un domicile de paisibles citoyens ? Depuis quant aurait-on de telles préoccupations dans les armées en guerre ? Combien de victimes des exactions des troupes maliennes par ailleurs préoccupées de se venger des pertes subies, à commencer par la perte de leur crédit. Il n’y aura pas de statistiques sur les pertes civiles, sur les gens retrouvés assassinés et jetés dans des puits, pas plus que sur les corps des civils retrouvés morts dans les maisons suite aux bombardements.

Dans le discours officiel, la phase militaire directe est terminée et on est passés à une nouvelle phase. On n’est plus dans Serval ont-ils commencé à dire pour finir par annoncer que la mission Serval n’est pas finie… même si on est déjà passés à la phase stabilisation de l’Etat malien dont une étape essentielle est paraît-il la mise en place d’ « élections démocratiques ».

Mais dans la réalité, la guerre est loin d’être finie. La France est amenée à le reconnaître puisque Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, a déclaré que « La France restera militairement présente au Mali, en gardant un ensemble d’un millier de soldats ». Rien ne prouve qu’elle quittera jamais le sol du Mali…

« La mission n’est pas terminée. » a-t-il rajouté. Il n’a pas dit s’il était possible qu’à un moment elle le soit puisque les troupes islamistes sont rentrées pour l’essentiel en Libye via l’Algérie avant même l’attaque française, du fait d’un accord entre l’Algérie et la France… Et ces troupes islamistes peuvent revenir à tout moment.

Comme dans toutes les interventions impérialistes pour « sauver des peuples », on sait quand elles commencent et on ne sait pas quand elles finissent. Les troupes étrangères n’ont jamais quitté le Zaïre, le Kosovo, l’Afghanistan, ni Haïti…En tout cas, pour le moment, même dans la capitale Bamako, à l’aéroport notamment, il y a plus de soldats de troupes étrangères que de civils maliens…

Toutes ces troupes ne vont pas « sécuriser » ou faire la guerre dans le nord du pays, la seule zone où agissaient les groupes armés islamistes ou touarègues. Elles occupent aussi Bamako ou le sud du Mali. Et pour y faire quoi ?

La thèse officielle de l’intervention française et internationale est qu’il faut renforcer et sécuriser l’Etat malien et particulièrement l’armée. Ce second volet serait réalisé particulièrement par la formation d’un gouvernement reconnu mis en place par des élections puisque le pouvoir actuel a été nommé par les dictateurs africains en liaison avec la France et sans aucune élection. Mais rien ne prouve que le pouvoir actuel se laisse écarter par des élections.

Une bonne élection bien démocratique va donc être mise en place avec aucun recensement possible, pas d’argent dans les caisses pour l’organiser, avec 400.000 Maliens qui ont fui à l’étranger et ne peuvent toujours pas rentrer, avec aucune possibilité d’expression libre dans un pays en guerre et quadrillé où la liberté de la presse n’est pas tolérée…

La question des élections, prévues en juillet malgré le fait que les déplacés et réfugiés du nord du Mali soient encore loin d’être de retour chez eux, est loin d’être la seule préoccupation des populations du Mali. Le nord souffre de la faim, du manque de logements, de la misère, de l’absence de travail. Le sud est à peine mieux loti dans les milieux populaires. Bien des activités économiques n’ont pas repris, laissant les salariés au chômage.

Même si la France et les puissances occidentales y tiennent, le président de la commission électorale, notamment, a écrit au ministre de l’Administration territoriale pour lui demander de revoir le calendrier électoral. Selon lui, les délais ne seront pas tenables.

Mais, dans la réalité, il est tout à fait symbolique que l’on s’apprête à voter dans un pays privé de la fraction de la population du nord-Mali qui a dû fuir les exactions des bandes armées islamistes et la guerre, puisque les réfugiés des camps n’a pour l’essentiel pas pu rentrer dans ses foyers, si ceux-ci existent encore et n’ont pas été bombardés ou brûlés.

La thèse des puissance qui gèrent la situation, dont la France, est que l’ordre des opérations est d’abord la remise en selle de l’armée, les élections, le calme politique et social, et seulement ensuite… les problèmes urgents de la population comme la nourriture ou l’eau dans le nord, l’emploi partout dans le pays et les logements en particulier pour ceux dont les maisons sont détruites… Un calendrier qui n’est certainement pas celui des milieux populaires !

Ce que le peuple malien a constaté en tout cas, c’est que les mœurs des classes dirigeantes n’ont nullement changé, ni celles de la bourgeoisie, ni des hommes politiques bourgeois, ni de la hiérarchie militaire, ni des forces de répression : toujours le même mépris, toujours les mêmes exactions, toujours la même corruption…

Le bruit des détournements de fonds n’a pas diminué avec la guerre, bien au contraire. Si on parlait, avant la guerre, des attributions bizarres licence de la téléphonie globale, on parle maintenant de l’octroi du marché de véhicules de l’armée à hauteur de 9 milliards Fcfa à un certain Babouya Sylla, en complicité avec certains responsables de l’Amrtp. Les profiteurs de guerre, ça existe au Mali, pas moins qu’ailleurs… En tout cas, c’est une manière de rappeler qu’il n’y aucune différence entre les membres du gouvernement actuel et ceux des précédents gouvernements.

Si l’opération « Serval » a réussi à passer pour inévitable aux yeux d’une grande partie de la population malienne, cela ne signifie pas que la partie soit gagnée pour la bourgeoisie malienne qui avait été contrainte à se taire et à se terrer momentanément à Bamako vue la large révolte populaire qui dépassait largement les petits soldats.

Certes, tout a été fait par tous les dirigeants politiques et sociaux de tous les milieux pour faire passer en douce l’intervention impérialiste pour un acte de solidarité de la France face à une menace vitale sur le pays, les djihadistes étant présentés comme capables d’aller jusqu’à Bamako. Si, depuis, cette menace s’est révélée complètement inventée et invraisemblable, une fraction importante de la population continue de croire que cette guerre de la France au Mali était inévitable. Il est à remarquer qu’elle a été soutenue par la quasi-totalité des courants politiques qui ne sont pourtant d’accord quasiment sur rien par ailleurs. Même le capitaine Sanogo qui déclarait autrefois ne pas laisser un seul soldat étranger rentrer à Bamako a soutenu l’opération Serval. Aucun courant politique ou social n’a expliqué la signification de cette guerre, les objectifs des grandes puissances, les possibilités pour les masses populaires dans une situation de déstabilisation de l’Etat.

Au contraire, même les courants de gauche dits radicaux défendent l’armée, affirment qu’ils veulent un Etat fort, que l’essentiel est la défense du territoire et autres mensonges comme tous les autres courants bourgeois et petits bourgeois.

Quand l’Etat est tombé comme un fruit pourri, ce n’est pas les bandes armées djihadistes qui l’ont fait chuter, ni même les petits soldats, bérets verts, les gavroches des armées africaines qui sont traités comme des misérables qui l’ont fait chuter. Il s’était démoli de lui-même comme l’a fait après lui l’Etat centrafricain. Les petits soldats ne savaient même pas d’avance que leur action allait entraîner la chute du dictateur ATT. Ils avaient encore moins planifié une suite politique et ont été trop contents de recevoir le soutien d’un capitaine, intimidés à l’idée de développer une perspective politique. Rien ne pouvait préparer ces petits soldats à jouer un rôle de direction révolutionnaire, qui était pourtant le rôle qu’il aurait fallu jouer. Quant à Sanogo, tout à ses manœuvres personnelles, allant d’atermoiements en bravades, et de retournements en reniements, il n’était nullement le leader dont ils avaient rêvé. D’où aussi la possibilité pour les classes dirigeantes de se tirer d’un cauchemar qu’elles ont cru définitif. Toute la situation tournait pourtant contre elles : leurs détournements, leur corruption, leur mépris, leurs exactions, leur abandon, leurs lâchetés comme leurs gourmandises avaient entraîné la catastrophe générale et livré le pays. C’était évident pour tous. Rien ne pouvait en être caché.

La révolte populaire était générale mais cela ne servait pas à donner une direction politique et sociale à la révolte car les bérets verts n’étaient pas cette direction et les syndicats ou associations, ni encore les partis politiques, même ceux d’opposition dite radicale.

Cela ne signifie pas qu’il sera facile de ramener l’ordre politique, militaire et social au Mali car aucun problème n’est réglé.

Le but de l’intervention française n’est nullement de permettre au peuple malien de se sortir d’affaire mais seulement de protéger les classes dirigeantes maliennes. Et il y est momentanément parvenu, faisant ainsi une démonstration en direction des classes dirigeantes africaines.

Les vrais buts impérialistes français au Mali ne sont cependant pas l’altruisme même en direction des bourgeois maliens.

Il s’agit bel et bien des intérêts particuliers de l’impérialisme français puisque les USA s’offusquent des refus de la France de placer ses forces armées sous l’égide du mandat de l’ONU. Les conseillers de Fabius ont déclaré que « Washington ne veut pas que les Français dictent leur loi au Conseil de Sécurité. » Belle défense de l’ONU par les USA… quand cela l’arrange.

Mais il est vrai qu’hormis l’opinion publique qui croit à l’aide désintéressée de la France, le monde politique sait à quoi s’en tenir.

Un rapport parlementaire français consacré à l’intervention militaire française au Mali vient de fournir quelques révélations sur les intérêts de la France dans la région qui ont dicté, selon le document, le déclenchement de l’opération Serval, le 13 janvier 2013, contre les factions islamistes en route vers Bamako.

Le rapport, qui met l’accent, notamment, sur « une intervention justifiée confirmant la capacité des forces françaises et révélant les faiblesses de l’Europe de la défense », note, en effet, que « les intérêts européens et français en jeu se sont combinés avec l’appel au secours d’un pays central en Afrique de l’Ouest pour justifier pleinement l’intervention française ».

Le rapport parlementaire français évoque par ailleurs l’importante présence de ressortissants et d’entreprises françaises dans cette région, en particulier, et en Afrique en général pour légitimer cette intervention militaire française. Selon ce document, 6 000 Français et 1 000 Européens résident au Mali, alors qu’ils sont 35 000 Français dans la bande sahélo-saharienne et 80 000 pour toute l’Afrique de l’Ouest. Pour le continent africain, il existerait selon les estimations, quelque 200 000 ressortissants français qui y vivent et travaillent. « De très nombreuses entreprises françaises y exercent des activités », insiste le document élaboré par la commission parlementaire.

Sur le plan purement stratégique, le rapport parlementaire ne perd pas de vue les prévisions démographiques et économiques de l’Afrique pour les décennies à venir. « La France ne peut se désintéresser de l’Afrique qui est depuis des décennies sa profondeur stratégique, qui sera demain plus peuplée que l’Inde et la Chine (en 2050, l’Afrique aura 1,8 milliard d’habitants, contre 250 millions en 1950), qui recèle la plupart des ressources naturelles, désormais raréfiées, et qui connaît un décollage économique certes inégal mais sans précédent, qui n’est plus seulement porté par l’envolée du cours des matières premières mais aussi par l’émergence d’une véritable classe moyenne », estiment, surtout, les rédacteurs du rapport. Conclusion : on a bien fait d’agir militairement au Mali disent conjointement droite et gauche française. Dans l’intérêt de la bourgeoisie française bien entendu. Pas dans celui du peuple malien…

Cependant, les rapporteurs français de l’impérialisme n’ont pas insisté sur le fait que le peuple malien n’avait pas grand-chose à gagner à cette guerre, par exemple que le coût du plan de campagne agricole 2013-2014 au Mali, comprenant le riz, le maïs, le blé, le sorgho, le mil, le niébé et le coton, dépassera 111,9 milliards de francs CFA soit 170 millions d’euros. L’intervention militaire française au Mali a déjà coûté plus de 200 millions d’euros. Cette comparaison aussi en dit long…

Ils n’ont pas non plus calculé le coût pour le peuple malien des destructions dues aux bombardements des villes du nord ni dit qui les reconstruira… Quant à l’effondrement économique qui en est résulté, nul ne peut dire quand on sera revenu au niveau économique d’avant guerre…

Dans cette guerre, le peuple est toujours dans le camp des vaincus. C’est cela aussi la « guerre asymétrique » ! Mais ce n’est ni les média, ni les gouvernants, ni les rapports parlementaires qui le diront….

Dernière nouvelle :

La France a récupéré le Français qui se prétendait dirigeant islamiste d’une armée occupant une zone du nord-Mali, et nommé Gilles Le Guen, si jamais c’est son vrai nom. On pourrait croire qu’il va être accusé d’agression armée contre son propre pays mais le gouvernement a déclaré qu’il n’avait « rien contre lui » et allait seulement enquêter sur son cas. Cela signifie, comme on s’en doutait, que c’est probablement un homme des services spéciaux infiltré chez les islamistes et que l’Etat français va de nouveau ramener discrètement dans ses services en France. Les services spéciaux forment ainsi de nombreux islamistes prétendus comme Merah en était un… Allez savoir après si les crimes ici ou là sont le fait de vrais islamistes ou de ses agents secrets…

3 Messages de forum

  • À la sale guerre des groupes islamistes au nord vient désormais se rajouter la sale guerre de la France et des troupes maliennes. Exactions contre exactions et les populations civiles, loin d’être sauvées, sont doublement menacées. Ceux qui ont échappé aux uns vont être la cible des autres, accusées de complicité, volées, violées, bombardées. Les troupes maliennes n’ont de cesse que de démontrer leur capacité de violence, elles qui avaient été accusées de molesse, quitte à prendre des victimes comme accusés et à les fusiller sans jugement pour augmenter leur tableau de chasse. Délit de faciès de touareg, délit de contestation sociale, délit de détention d’une arme, délit de désir de se déplacer, tout est devenu un délit dans ce pays en guerre pris entre deux feux, entre islamistes et anti-islamistes. L’anti-terrorisme a bon dos pour justifier de terroriser en réalité les populations civiles.

    L’armée française et l’armée malienne ne valent pas mieux en matière de défense des populations civiles que les armées islamistes et touaregues. Il suffit de rappeler que le général commandant l’opération de la France au Mali est un ancien officier supérieur commandant l’opération de la France au Rwanda, commandant le génocide donc puisque la France de Miterrand-Léotard était l’organisateur du massacre de 1994. Les bombardements par avions rafale n’ont pas cessé et les habitations civiles peuvent aussi bien en faire les frais que de vrais camps des bandes armées du nord. Et ce n’est qu’un début…
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    Les Maliens ont parfaitement conscience que toutes les interventions armées étrangères en Afrique se sont soldées par une aggravation des violences, de la misère et de la dictature. Elles en ont vu le résultat tout récemment en Côte d’Ivoire où résidaient de nombreux maliens. Les troupes françaises et américaines avaient réussi à changer de dictateur pour mettre le leur mais n’ont pas supprimé la dictature et la misère est plus grande que jamais.
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    La première chose qu’il aurait fallu dire, c’est que ce désert du nord Mali intéressait la France parce que sa partie ouest, c’est le gaz et le pétrole et que sa partie est, c’est l’uranium, celui qui est frontalier de l’uranium du Niger et qu’exploite le trust français Areva ! Ce n’est pas tout à fait secondaire dans l’intervention militaire de la France… Et ce n’est pas les seuls buts de guerre qui en font une intervention impérialiste !
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    Quand le gouvernement français a choisi d’envoyer l’armée au Mali, il ne répondait pas seulement à la nécessité pour lui de sécuriser ses profits dans la région, en particulier l’uranium d’Areva. Il avait aussi un objectif et social : faire face à la situation sociale et politique explosive à Bamako et dans les villes maliennes, avec l’effondrement de l’Etat, le discrédit des chefs militaires imposant leur dictature et détournant les profits, la haine montante des classes dirigeantes dévouées à l’impérialisme. Cette situation sociale explosive a pris un tour nouveau avec l’envahissement du nord Mali par des bandes armées islamistes venues de Libye et des groupes armés touarègues. Cette attaque n’a fait que dévoiler le pourrissement et l’effondrement de l’Etat malien.
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    Ainsi, peu avant l’action militaire des troupes françaises, la capitale Bamako a connu une grève spontanée et explosive des transports de bus, bloquant la ville. Se saisissant de l’appel des dirigeants syndicaux de la Sotrama, les travailleurs ont transformé les deux heures de débrayage prévues en grève générale illimitée, sans que les bureaucrates syndicaux puissent dire leur mot. Les chauffeurs de bus tenaient à exprimer ainsi leur ras-le-bol du rançonnage exercé par les forces de l’ordre sous prétexte de contrôle des papiers. Cette grève spectaculaire des transports dans la capitale, débordant les cadres syndicaux, est symptomatique de la crise sociale et politique à Bamako. Ceux qui dirigent d’habitude sans difficulté les luttes étaient eux-mêmes débarqués comme le sont les partis politiques classiques et les organisations religieuses, elles-mêmes remises en question.
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    Si la relative popularité, au début, de l’intervention militaire française a permis de faire accepter l’occupation militaire de Bamako, alors que la population s’était opposée violemment à une telle occupation même par des troupes africaines et plus encore par des troupes françaises, rien ne prouve que l’opération de remise à l’ordre dans la capitale soit facile. Sanogo, le capitaine qui s’était fait connaitre en prenant la tête de la révolte des petits soldats refusant l’autorité de la hiérarchie militaire, a lui-même tenu à cautionner publiquement l’intervention française, laissant croire que la France allait réussir à sauver le peuple malien des bandes armées. Mais, là encore, rien n’est moins sûr. Même si l’intervention française contre les bandes armées du nord peut garder une certaine popularité, un certain temps, l’intervention au sud contre la révolte, pour remettre en selle l’Etat, l’armée, la hiérarchie, les classes dirigeantes, risque d’être beaucoup plus délicate. Rien ne dit que les bérets verts (les révoltés) et les bérets rouges (favorables à la hiérarchie) se réconcilient aisément. Rien ne dit que les classes dirigeantes reviennent facilement au pouvoir.
    17/01/2013, Une guerre au Mali et de l’uranium au Niger : des islamistes très utiles au pouvoir français, Le Grand Soir
    De la même façon qu’au moment de l’intervention militaire contre Kadhafi en Libye, il est insupportable de se retrouver sommé de soutenir une intervention militaire déployée par ceux qui sont largement responsables de la gravité de la situation.
    Qui plus est, qui peut vraiment croire qu’il s’agit d’une opération "pour la démocratie au Mali" ? Cela fait des décennies qu’elle est bafouée dans ce pays par des régimes corrompus largement soutenus par la France. Alors, pourquoi cette subite urgence "démocratique" ?De même, qui croira qu’il s’agit de "sécuriser la région" ? En réalité, il s’agit de sécuriser l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises en uranium : ce dernier est en effet extrait dans les mines du nord du Niger, zone désertique seulement séparée du Mali. par une ligne sur les cartes géographiques.
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    La France a soutenu avec la plus grande constance les gouvernements corrompus qui se sont succédé au Mali, aboutissant à un délitement total de l’État. C’est probablement cet effondrement qui a amené les groupes islamistes à s’enhardir et à avancer vers Bamako.
    De même, la France a maintenu depuis 40 ans le pouvoir du Niger dans un état de faiblesse et de dépendance par rapport à l’ancienne puissance coloniale et son entreprise d’extraction de l’uranium, la Cogéma devenue Areva. Alors que les dirigeants nigériens essaient tant bien que mal de contrôler ce que fait Areva, la France reprend totalement la main avec son intervention militaire.

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  • Longtemps présenté comme un bon élève sur le continent en matière de démocratie et de liberté de la presse, le Mali a connu la plus forte chute au niveau mondial selon le dernier classement de RSF. Il a donc perdu 74 places et occupe le 99ème rang. Précisons qu’au Mali, des exactions ont été relevées par RSF avant l’intervention militaire de janvier 2013.

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  • François Hollande a reçu mercredi à Paris le Prix de l’Unesco pour la paix en présence des principaux dirigeants ouest-africains, venus lui rendre hommage pour l’action militaire de la France au Mali, le jour même où des combats reprenaient dans le nord entre l’armée malienne aux rebelles touareg.

    Cinq mois après le déclenchement de l’opération Serval, le 11 janvier, neuf chefs d’Etat et de gouvernement africains, au premier rang desquels le Malien Dioncounda Traoré, ont dit leur "gratitude" au président français, récompensé "pour sa contribution considérable à la paix et à la stabilité en Afrique".

    Les leaders impérialistes se féléicitent ainsi entre eux faisant assaut d’hypocrisie et le pire est qu’on les laisse prétendre que le peuple de France cautionne...

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