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Nouveaux crimes de guerre d’IsraĂ«l contre les Palestiniens

lundi 24 mai 2021, par Robert Paris

Une fois de plus, IsraĂ«l rĂ©pond Ă  une rĂ©volte spontanĂ©e causĂ©e par une provocation israĂ©lienne (cette fois l’expulsion des Palestiniens de JĂ©rusalem-Est) par une guerre !!!

Articles de WSWS :

IsraĂ«l poursuit ses attaques « avec une force maximale » contre Gaza, soutenu par les États-Unis et plusieurs États arabes

Le premier ministre Benjamin Netanyahu a autorisĂ© lundi les frappes aĂ©riennes les plus lourdes d’IsraĂ«l sur la ville de Gaza. Il a insistĂ© pour dire que la guerre se poursuivrait « aussi longtemps que ce sera nĂ©cessaire » et que les attaques sur Gaza se poursuivront « Ă  force maximale ». IsraĂ«l « veut faire payer un lourd tribut » au Hamas, le groupe des FrĂšres musulmans qui dirige Gaza, a-t-il ajoutĂ©.

Netanyahou poursuit sa guerre criminelle contre un peuple en grande partie sans dĂ©fense avec le soutien total du prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden, qui a dĂ©clarĂ© Ă  plusieurs reprises « le droit d’IsraĂ«l Ă  se dĂ©fendre ». Dimanche, les États-Unis, pour la troisiĂšme fois en une semaine, ont empĂȘchĂ© les Nations unies de lancer un appel inoffensif Ă  un cessez-le-feu.
Un homme palestinien rĂ©agit devant le corps de son pĂšre alors que d’autres le transportent Ă  la morgue aprĂšs qu’il ait Ă©tĂ© tuĂ© lors d’une frappe israĂ©lienne. Celle-ci a dĂ©truit les Ă©tages supĂ©rieurs d’un bĂątiment commercial et causĂ© des dommages au ministĂšre de la SantĂ© et Ă  la clinique de soins de santĂ© primaire situĂ©s Ă  proximitĂ©, dans la ville de Gaza, lundi 17 mai 2021. (AP Photo/Khalil Hamra)

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, AntĂłnio Guterres, avait pourtant averti les puissances impĂ©rialistes que le conflit israĂ©lo-palestinien menaçait de devenir incontrĂŽlable, favorisant l’extrĂ©misme et la violence communautaire, non seulement dans les territoires palestiniens occupĂ©s et en IsraĂ«l, mais aussi dans toute la rĂ©gion. Dimanche soir, Biden a dĂ©clarĂ© qu’il tĂ©lĂ©phonait Ă  Netanyahu mais il a refusĂ© d’appeler Ă  un cessez-le-feu.

Les quatre États arabes qui ont signĂ© les accords d’Abraham et normalisĂ© leurs relations avec le gouvernement Netanyahou – les Émirats arabes unis, le BahreĂŻn, le Maroc et le Soudan – se sont joints aux États-Unis pour la premiĂšre fois, prenant ouvertement parti pour IsraĂ«l. Dans ce qui semble ĂȘtre une rĂ©ponse soutenue par l’État, le hashtag « La Palestine n’est pas ma cause » a circulĂ© aux Émirats arabes unis, Ă  BahreĂŻn et au KoweĂŻt au cours du week-end », rapporte le Guardian.

Les attaques contre Gaza dans la nuit de dimanche à lundi ont été plus intenses, couvrant une zone plus large et durant plus longtemps que le bombardement de la nuit précédente au cours duquel 42 Palestiniens avaient été tués. Quelque 54 avions de chasse ont largué 110 bombes de précision sur 35 cibles en 20 minutes.

Le nombre de victimes s’élĂšve dĂ©jĂ  Ă  plus de 200, dont deux mĂ©decins, au moins 35 femmes et 58 enfants, et Ă  environ 1.300 blessĂ©s depuis qu’IsraĂ«l a commencĂ© Ă  bombarder cette enclave assiĂ©gĂ©e lundi dernier. Plus de 700 maisons et 80 bĂątiments ont Ă©tĂ© dĂ©truits, entraĂźnant le dĂ©placement de 34.000 personnes qui manquent dĂ©sormais des produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, notamment de nourriture. On dĂ©nombre 10 morts en IsraĂ«l, dont deux enfants et un soldat, tuĂ©s par quelque 3.100 projectiles lancĂ©s depuis Gaza.

Ce sont les civils qui ont le plus souffert des attaques israĂ©liennes. L’agence de presse palestinienne Wafa a indiquĂ© que les raids avaient visĂ© des maisons et des bĂątiments publics, notamment une maison de quatre Ă©tages prĂšs de l’hĂŽpital al-Shifa, le principal Ă©tablissement mĂ©dical de Gaza. Selon d’autres mĂ©dias locaux, les frappes aĂ©riennes ont Ă©galement touchĂ© la principale route cĂŽtiĂšre Ă  l’ouest de la ville, des enceintes de sĂ©curitĂ© et des espaces ouverts. La compagnie de distribution d’électricitĂ© de Gaza a dĂ©clarĂ© que les frappes aĂ©riennes avaient endommagĂ© une ligne d’alimentation de l’unique centrale Ă©lectrique qui dessert une grande partie du sud de la ville de Gaza.

Le brigadier-général Hidai Zilberman, porte-parole des forces de défense israéliennes (FDI), a indiqué que les avions de combat des FDI avaient frappé pour la troisiÚme fois 15 kilomÚtres du réseau de tunnels souterrains du Hamas, ainsi que neuf habitations appartenant, selon les FDI, à des commandants de haut rang du Hamas. Cela fait suite à la destruction des maisons du chef du Hamas Yahya Sinwar et de son frÚre Muhammed, ainsi que de plusieurs autres maisons de responsables et commandants du Hamas.

Le Jihad islamique a indiquĂ© qu’une frappe aĂ©rienne israĂ©lienne avait tuĂ© Hussam Abu Harbeed, l’un des dirigeants du groupe. Le Hamas avait prĂ©cĂ©demment confirmĂ© qu’IsraĂ«l avait assassinĂ© 20 de ses dirigeants, bien que les FDI affirment que le total des hauts responsables militants est bien plus Ă©levĂ©.

Le ministre palestinien des Affaires Ă©trangĂšres Riyad al-Maliki et B’tselem, l’association israĂ©lienne de dĂ©fense des droits de l’homme, ont accusĂ© IsraĂ«l de commettre Ă  Gaza des crimes de guerre contre des civils ; ils ont citĂ© le bombardement d’une maison dans un camp de rĂ©fugiĂ©s, qui a tuĂ© 10 personnes, ne laissant en vie de toute une famille qu’un bĂ©bĂ©, d’un bĂątiment qui abritait des organismes de mĂ©dias, dont l’Associated Press et Al Jazeera, et d’un immeuble de bureaux et d’appartements de 13 Ă©tages. Les FDI ont publiĂ© des photos avant-aprĂšs, se vantant de leurs crimes.

Les FDI ciblent des sites soi-disant « militaires » sachant pertinemment que la mort de civils est inĂ©vitable. Le Guardian cite le bureau du porte-parole de l’armĂ©e israĂ©lienne dĂ©clarant que lundi, IsraĂ«l avait frappĂ© « l’infrastructure militaire souterraine » du Hamas. Le bureau avait rĂ©vĂ©lĂ© qu’à la suite de cette frappe, « l’installation souterraine s’est effondrĂ©e, entraĂźnant l’effondrement des fondations des maisons civiles situĂ©es au-dessus, ce qui a fait des victimes involontaires ».

Les forces de sĂ©curitĂ© israĂ©liennes ont Ă©galement intensifiĂ© leur campagne de terreur contre les Palestiniens de Cisjordanie occupĂ©e. Selon le ministĂšre de la SantĂ© de l’AutoritĂ© palestinienne (AP), 21 Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s depuis le 7 mai, et 3.728 blessĂ©s, dont au moins 441 par des tirs Ă  balles rĂ©elles. La plupart ont Ă©tĂ© tuĂ©s ou blessĂ©s au cours des manifestations ayant dĂ©ferlĂ© sur le territoire occupĂ© et culminĂ© avec le Jour de la Nakba [la Catastrophe] ; ce qui en fait la journĂ©e la plus meurtriĂšre depuis avril 2002.

Les Palestiniens sont descendus dans la rue pour protester contre l’assaut israĂ©lien de la mosquĂ©e al Aqsa pendant le ramadan et contre l’expulsion prĂ©vue de familles palestiniennes des quartiers de Sheikh Jarrah et de Silwan, adjacents Ă  la vieille ville de JĂ©rusalem-Est occupĂ©e. Ces mesures font partie du vaste programme israĂ©lien de nettoyage ethnique, visant Ă  en Ă©liminer les Palestiniens.

Les villageois palestiniens sont eux aussi confrontĂ©s Ă  une escalade de violence de la part des colons armĂ©s. Ces derniers ont montĂ© des attaques sous la protection de soldats qui tirent sur ceux qui s’opposent Ă  ces pogroms avec des balles en caoutchouc ou des balles rĂ©elles. Les FDI ont maintenant dĂ©ployĂ© 24 bataillons en Cisjordanie, soit prĂšs du double du nombre habituel, en remplacement de la police des frontiĂšres envoyĂ©e pour Ă©craser l’agitation palestinienne croissante en IsraĂ«l.

Netanyahou et les dirigeants politiques israĂ©liens ont donnĂ© le feu vert Ă  leurs alliĂ©s fascistes pour envoyer des bandes de colons armĂ©s, des hooligans de droite et des bigots ultra-nationalistes dans les villes oĂč vivent des citoyens palestiniens.

Les violences se sont poursuivies au cours du week-end dans toutes les villes du pays, y compris Ă  JĂ©rusalem-Est. Elles ont entraĂźnĂ© la mort d’une douzaine et l’arrestation de prĂšs d’un millier de personnes, dont 850 Palestiniens. À Lod, les autoritĂ©s ont dĂ©clarĂ© l’état d’urgence, imposĂ© un couvre-feu nocturne et interdit aux non-rĂ©sidents d’entrer dans la ville aprĂšs le meurtre d’un Palestinien par un suprĂ©maciste juif.

Le Haut comitĂ© de suivi des citoyens palestiniens d’IsraĂ«l a appelĂ© Ă  une grĂšve gĂ©nĂ©rale mardi Ă  propos du conflit Ă  la mosquĂ©e d’Al-Aqsa et de la violence des colons dans les villes Ă  population mixte ; la grĂšve fut trĂšs largement suivie.

Jusqu’à prĂ©sent, les procureurs de l’État n’ont engagĂ© des poursuites que contre les Palestiniens. Sur 116 inculpations, la plupart concernent des agressions contre des policiers. Ils ont informĂ© le journal Ha’aretz qu’ils prĂ©voyaient d’autres inculpations « bientĂŽt », y compris, prĂ©tendument contre des citoyens juifs impliquĂ©s dans la violence anti-palestinienne.

Vendredi, la police a arrĂȘtĂ© le cheikh Kamal Al-Khatib, chef adjoint de la branche nord du Mouvement islamique en IsraĂ«l, dans la ville de Kfar Kana, dans le nord du pays, au motif d’inciter Ă  la violence ; cela a provoquĂ© des affrontements violents au cours desquels 28 personnes ont Ă©tĂ© blessĂ©es, dont quatre griĂšvement.

Selon Ha’aretz, la police a confiĂ© les cas de violence les plus graves Ă  l’agence d’espionnage intĂ©rieure israĂ©lienne Shin Bet. Cela fait suite Ă  la promesse de Netanyahu que la police ne devait craindre aucune enquĂȘte sur ses actions de rĂ©pression des Ă©meutes et des affrontements.

Les crimes de guerre d’IsraĂ«l et l’hypocrisie de l’impĂ©rialisme des droits de l’homme

La sortie du secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Antony Blinken, mercredi, lors d’une confĂ©rence de presse du dĂ©partement d’État, a dĂ©montrĂ© clairement le cynisme absolu de l’impĂ©rialisme des « droits de l’homme » auquel il est identifiĂ©.

Blinken a profitĂ© de l’évĂ©nement, qui visait ostensiblement Ă  prĂ©senter un rapport sur la « libertĂ© religieuse internationale », pour dĂ©noncer la Chine et l’accuser de commettre des « crimes contre l’humanitĂ© et un gĂ©nocide contre les OuĂŻghours musulmans ».
De la fumĂ©e s’élĂšve aprĂšs des frappes aĂ©riennes israĂ©liennes sur un immeuble rĂ©sidentiel dans la ville de Gaza, jeudi 13 mai 2021. (AP Photo/Hatem Moussa)

Il a Ă©tĂ© imitĂ© par le responsable du dĂ©partement d’État pour la « libertĂ© religieuse », Daniel Nadel, qui a dĂ©clarĂ© : « Les horreurs qui se dĂ©roulent au Xinjiang, perpĂ©trĂ©es par le gouvernement de la RPC, sont absolument claires. Et nous continuerons Ă  les dĂ©noncer parce que nous le devons ».

Ces deux reprĂ©sentants de l’impĂ©rialisme amĂ©ricain se sont exprimĂ©s alors que les frappes aĂ©riennes Ă  Gaza faisaient des dizaines de victimes, dont 17 enfants, tout en terrorisant l’ensemble de la population du territoire occupĂ© appauvri en renversant des tours d’habitation avec des missiles.

En IsraĂ«l mĂȘme, le gouvernement de droite corrompu et instable du premier ministre Benjamin Netanyahu dĂ©clenche le type de rĂ©pression auparavant rĂ©servĂ© aux territoires occupĂ©s de Gaza et de Cisjordanie contre une rĂ©volte sans prĂ©cĂ©dent des citoyens israĂ©liens palestiniens. Plusieurs centaines de manifestants ont Ă©tĂ© blessĂ©s par la police antiĂ©meute et les unitĂ©s montĂ©es. Le gouvernement envoie des troupes frontaliĂšres et peut-ĂȘtre mĂȘme des unitĂ©s de l’armĂ©e rĂ©guliĂšre pour rĂ©primer la rĂ©sistance interne, tandis que Netanyahu a dĂ©clarĂ© jeudi qu’il Ă©tait prĂȘt Ă  instituer la « dĂ©tention administrative » contre les « Ă©meutiers », ce qui permet un emprisonnement indĂ©fini sans inculpation ni procĂšs.

Personne au dĂ©partement d’État n’est particuliĂšrement troublĂ© par ces crimes de guerre et ces « horreurs » ni portĂ© Ă  les dĂ©noncer.

Au contraire, Blinken et d’autres porte-parole amĂ©ricains rĂ©pĂštent inlassablement le refrain qu’« IsraĂ«l a le droit de se dĂ©fendre », tout en insistant sur le fait qu’il ne peut y avoir de comparaison entre l’État sioniste qui « cible les terroristes » et le groupe « terroriste » Hamas qui « fait pleuvoir des roquettes sans discernement » sur IsraĂ«l.

Le prĂ©sident Joe Biden a dĂ©clarĂ© jeudi qu’« il n’y a pas eu de rĂ©action excessive » de la part d’IsraĂ«l. Il a ainsi donnĂ© un feu vert sans Ă©quivoque Ă  l’escalade du massacre des Palestiniens, et signalĂ© que le flux d’armes et d’argent amĂ©ricains qui le rend possible va se poursuivre sans interruption.

En effet, il n’y a aucune comparaison entre les roquettes primitives de Gaza et la machine Ă  tuer « high-tech » des forces de dĂ©fense israĂ©liennes. Comme dans la quasi-totalitĂ© des affrontements de ce type au cours des 15 derniĂšres annĂ©es, le nombre de morts parmi les Palestiniens de Gaza dĂ©passe celui des IsraĂ©liens dans une proportion de plus de 10 pour 1. Une fois encore, les infrastructures de base de ce qui a Ă©tĂ© dĂ©crit Ă  juste titre comme la plus grande prison Ă  ciel ouvert du monde sont rĂ©duites en miettes, condamnant la population Ă  une pauvretĂ© encore plus abjecte.

Le secrĂ©taire d’État Blinken et son adjoint ont ajoutĂ© Ă  leur dĂ©fense des frappes aĂ©riennes d’IsraĂ«l une dĂ©claration pour la forme selon laquelle les Palestiniens ont droit Ă  la « sĂ»retĂ© et Ă  la sĂ©curitĂ© ». Pourtant, ce droit est systĂ©matiquement niĂ© par la force d’occupation israĂ©lienne, qui tire, tue et mutile rĂ©guliĂšrement des Palestiniens, les emprisonne – y compris des enfants – sans procĂ©dure rĂ©guliĂšre, leur refuse la libertĂ© de mouvement, s’empare de leurs terres et dĂ©truit leurs maisons au bulldozer pour faire place Ă  l’expansion maligne des colonies sionistes.

Les États-Unis ont utilisĂ© leur droit de veto au Conseil de sĂ©curitĂ© des Nations unies cette semaine pour bloquer mĂȘme une rĂ©solution non contraignante soutenue par le reste des membres de l’organe parce qu’elle suggĂ©rait qu’il fallait limiter les crimes les plus flagrants pour empĂȘcher la guerre.

Peut-on douter de la rĂ©action de Blinken et de ses cohortes du dĂ©partement d’État si PĂ©kin exerçait au Xinjiang ne serait-ce qu’une fraction de la violence exercĂ©e par l’État israĂ©lien ? Washington a dĂ©jĂ  insistĂ© sur le fait que la politique de la Chine Ă  l’égard des OuĂŻghours constitue un « gĂ©nocide », une allĂ©gation dĂ©libĂ©rĂ©ment incendiaire.

S’il ne fait aucun doute que PĂ©kin emploie des mĂ©thodes de rĂ©pression Ă©tatique au Xinjiang comme ailleurs en Chine, aucune preuve n’existe pour Ă©tayer l’accusation de gĂ©nocide. Et Washington, dont les victimes au cours de 20 annĂ©es de guerres ininterrompues en Afghanistan et au Moyen-Orient se comptent par millions, est mal placĂ© pour pointer du doigt.

Mais le dĂ©partement d’État poursuit la stratĂ©gie dĂ©crite par le chef de la propagande nazie Joseph Goebbels : « Si vous dites un mensonge suffisamment gros et que vous le rĂ©pĂ©tez sans cesse, les gens finiront par le croire ».

Cette campagne de propagande contre la Chine reçoit un soutien sans faille des grands mĂ©dias, qui en rajoutent. En tĂ©moigne l’article de novembre 2019 Ă©crit par Fred Hiatt, rĂ©dacteur en chef de la page Ă©ditoriale du Washington Post, intitulĂ© « En Chine, chaque jour est une Nuit de cristal ».

La rĂ©fĂ©rence est aux Ă©vĂ©nements sanglants des 9 et 10 novembre 1938, au cours desquels les troupes de choc nazies ont lancĂ© un pogrom vicieux contre les Juifs Ă  travers l’Allemagne. Au total, 1.400 synagogues ont Ă©tĂ© incendiĂ©es. Des milliers d’entreprises juives ont Ă©tĂ© dĂ©truites, des maisons pillĂ©es, des personnes attaquĂ©es et des cimetiĂšres profanĂ©s. Environ 30.000 Juifs ont Ă©tĂ© enfermĂ©s dans des camps de concentration et prĂšs de 1.500 ont Ă©tĂ© assassinĂ©s, lançant ainsi un processus qui allait aboutir Ă  l’extermination de millions de personnes.

Le mieux que Hiatt ait pu trouver pour Ă©tayer l’accusation selon laquelle quelque chose de similaire se produit « tous les jours » au Xinjiang est le tĂ©moignage d’un certain Bahram Sintash selon lequel des mosquĂ©es ont Ă©tĂ© dĂ©molies et des cimetiĂšres dĂ©truits au bulldozer.

Sintash est un agent du Projet des droits de l’homme ouĂŻghour, qui forme une branche du CongrĂšs ouĂŻghour mondial et de l’Association ouĂŻghoure amĂ©ricaine. Ce sont deux organismes financĂ©s par la « Dotation nationale pour la dĂ©mocratie » (National Endowment for Democracy – NED), une agence créée pour mener des opĂ©rations publiques de financement faites auparavant en secret par la CIA. La NED s’est vantĂ©e en 2020 d’avoir fourni prĂšs de 9 millions de dollars Ă  des groupes sĂ©paratistes ouĂŻghours depuis 2004. LiĂ©s aux forces d’extrĂȘme droite aux États-Unis et Ă  l’international, ces groupes cherchent Ă  se tailler un ethno-État dans le Xinjiang et appellent ouvertement Ă  la « chute de la Chine ».

En d’autres termes, les preuves du « gĂ©nocide » sont fournies par des Ă©lĂ©ments directement financĂ©s par Washington, une opĂ©ration de propagande d’État circulaire dans laquelle des journaux comme le Post et le New York Times servent de relais volontaires.

Pendant ce temps, ceux qui dĂ©noncent les crimes d’IsraĂ«l se trouvent qualifiĂ©s d’« antisĂ©mites » dans un exercice qui dĂ©forme ce terme au-delĂ  de toute reconnaissance, en faisant une calomnie contre quiconque exprime le dĂ©goĂ»t et la colĂšre ressentis par les gens du monde entier, y compris des millions de Juifs, face aux crimes de guerre en cours Ă  Gaza. En fait, cette dĂ©finition est elle-mĂȘme antisĂ©mite, en associant les Juifs du monde entier aux politiques criminelles d’un État qui gouverne dans l’intĂ©rĂȘt d’une petite oligarchie financiĂšre et industrielle en IsraĂ«l.

Le vaste fossĂ© qui sĂ©pare l’indiffĂ©rence de l’impĂ©rialisme amĂ©ricain Ă  l’égard de tels crimes de l’« horreur » qu’il exprime et son invocation des « droits de l’homme » par rapport au Xinjiang prouve une fois de plus que toute morale est une morale de classe. L’indignation morale des agents impĂ©rialistes comme Blinken n’est activĂ©e que lorsqu’elle est nĂ©cessaire pour justifier les guerres d’agression et de pillage et faire avancer les intĂ©rĂȘts de l’oligarchie financiĂšre amĂ©ricaine.

La banniĂšre immonde des « droits de l’homme », prĂ©cĂ©demment brandie pour justifier les guerres dans les Balkans, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, est maintenant dĂ©ployĂ©e pour prĂ©parer un conflit de « grande puissance » avec la Chine et la Russie. Cela donne la mesure des tensions et des dangers extrĂȘmes de la situation mondiale. Les Ă©vĂ©nements Ă  Gaza et la crise de plus en plus incontrĂŽlable en IsraĂ«l mĂȘme ont le potentiel de mettre le feu aux poudres, ouvrant la voie Ă  une guerre catastrophique.

Stop Ă  la guerre d’IsraĂ«l contre Gaza et au nettoyage ethnique Ă  JĂ©rusalem

Le World Socialist Web Site condamne catĂ©goriquement l’assaut israĂ©lien contre la population de Gaza, ainsi que l’opĂ©ration de nettoyage ethnique Ă  JĂ©rusalem qui a prĂ©cĂ©dĂ© le conflit et lui a donnĂ© le ton. Les travailleurs du monde entier, y compris la classe ouvriĂšre israĂ©lienne, doivent s’opposer Ă  l’agression en cours contre le peuple palestinien.

Des dizaines de Palestiniens ont Ă©tĂ© tuĂ©s par les bombes et les missiles israĂ©liens qui se sont abattus sur au moins 500 sites dans une zone qui n’est pas plus grande que les villes de Detroit ou de Philadelphie, avec une population de plus de deux millions d’habitants.
Cette frappe aĂ©rienne israĂ©lienne est la derniĂšre d’une sĂ©rie d’assauts sur des cibles dans la bande de Gaza aprĂšs les frappes aĂ©riennes israĂ©liennes sur la ville de Gaza, mercredi 12 mai 2021. (AP Photo/Khalil Hamra)

Certains dirigeants des groupes militants palestiniens du Hamas et du Jihad islamique ont Ă©tĂ© tuĂ©s, dans des circonstances qui restent floues. Mais il semble s’agir d’une combinaison d’assassinats dĂ©libĂ©rĂ©s Ă  l’aide de missiles et d’une campagne de bombardement plus gĂ©nĂ©ralisĂ©e qui vise Ă  dĂ©truire les bĂątiments utilisĂ©s par le Hamas, qui dirige Gaza depuis 2007.

La victime la plus connue est Bassem Issa, commandant de la brigade de la ville de Gaza de la force militaire du Hamas. Le premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahou a jubilĂ© : « Nous avons Ă©liminĂ© des commandants supĂ©rieurs du Hamas et ce n’est que le dĂ©but
 Nous allons leur infliger des coups dont ils ne pourraient mĂȘme pas rĂȘver ».

Les Forces de dĂ©fense israĂ©liennes (FDI) ont mobilisĂ© 5.000 rĂ©servistes, dont des unitĂ©s blindĂ©es et des parachutistes, les dĂ©ployant le long de la frontiĂšre de Gaza, en position d’envahir l’enclave si le cabinet de sĂ©curitĂ© israĂ©lien, qui Ă©tait sur le pied de guerre mercredi, en donne l’ordre. Il s’agit de la plus grande dĂ©monstration de force depuis l’invasion israĂ©lienne de Gaza en 2014 qui a tuĂ© des milliers de Palestiniens au cours d’un mois de massacre.

Le ministre de la DĂ©fense, Benny Gantz, en visite dans la ville d’Ashkelon, dans le sud du pays, prĂšs de Gaza, qui a Ă©tĂ© la cible de tirs de roquettes grossiers et largement inefficaces du Hamas, a indiquĂ© que l’opĂ©ration israĂ©lienne se poursuivrait pendant un certain temps. L’armĂ©e « continuera Ă  frapper et apportera un calme complet sur le long terme », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Actuellement, aucune date de fin n’est fixĂ©e ».

Le porte-parole des FDI, Hidai Zilberman, a reconnu que des civils palestiniens Ă©taient susceptibles d’ĂȘtre blessĂ©s ou tuĂ©s par les attaques israĂ©liennes, mais a affirmĂ© que le Hamas utilisait dĂ©libĂ©rĂ©ment des civils comme « boucliers humains » pour ses opĂ©rations, une justification bidon utilisĂ©e d’innombrables fois par l’impĂ©rialisme amĂ©ricain et l’État sioniste pour le massacre de civils.

Plus significatifs sur le plan politique : l’appel Ă  huit bataillons de rĂ©serve de la police des frontiĂšres pour un dĂ©ploiement Ă  l’intĂ©rieur d’IsraĂ«l contre des villes comptant une importante population arabe israĂ©lienne, plutĂŽt que les cibles habituelles en Cisjordanie. Les Palestiniens israĂ©liens ont largement protestĂ© contre les efforts israĂ©liens qui visaient Ă  expulser les rĂ©sidents palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah Ă  JĂ©rusalem-Est, ainsi que contre les attaques israĂ©liennes dirigĂ©es contre les Palestiniens participant Ă  des services religieux Ă  la mosquĂ©e Al-Aqsa Ă  JĂ©rusalem. La police des frontiĂšres a Ă©tĂ© envoyĂ©e Ă  Lod, dans le centre d’IsraĂ«l, oĂč l’état d’urgence a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©, et Ă  Acre, sur la cĂŽte nord.

Les menaces d’expulsions israĂ©liennes Ă  Sheikh Jarrah ont un caractĂšre particuliĂšrement provocateur, Ă©tant accompagnĂ©es de manifestations dans les quartiers ciblĂ©s par des sionistes d’extrĂȘme droite scandant « Mort aux Arabes ». Comme l’indique une tribune publiĂ©e dans le New York Times par la militante et cinĂ©aste Rula Salameh, « les familles de Sheikh Jarrah menacĂ©es d’expulsion sont des rĂ©fugiĂ©s palestiniens qui ont Ă©tĂ© chassĂ©s de leurs maisons Ă  HaĂŻfa et Jaffa pendant la guerre de 1948 ». Ils ont ensuite Ă©tĂ© rĂ©installĂ©s Ă  JĂ©rusalem-Est par le gouvernement de Jordanie, qui a contrĂŽlĂ© la zone jusqu’à la guerre de 1967.

Sheikh Jarrah jouxte directement la porte de Damas, l’entrĂ©e principale du quartier arabe de la vieille ville, la partie historique fortifiĂ©e de JĂ©rusalem qui comprend le mur des Lamentations et la mosquĂ©e Al-Aqsa, le troisiĂšme lieu saint de l’islam. Les autoritĂ©s israĂ©liennes ont fermĂ© la porte de Damas le mois dernier et expulsent Ă  prĂ©sent des familles palestiniennes du quartier situĂ© Ă  l’extĂ©rieur de cette porte, ce qui pourrait ĂȘtre bien une prĂ©paration au nettoyage complet du quartier arabe.

Le gouvernement Netanyahou est tout Ă  fait capable de prendre des mesures aussi radicales et pourrait considĂ©rer une telle provocation comme une nĂ©cessitĂ© politique, Ă©tant donnĂ© la lutte de Netanyahou pour former un gouvernement – et ainsi Ă©chapper personnellement Ă  une condamnation dans son procĂšs en cours pour corruption criminelle. AprĂšs l’échec initial du premier ministre Ă  obtenir une majoritĂ© au sein du parlement israĂ©lien fracturĂ©, le prĂ©sident israĂ©lien Ruben Rivlin a donnĂ© au chef de l’opposition Yair Lapid une chance de former un gouvernement de coalition.

Un responsable de l’ONU, le coordinateur spĂ©cial pour le processus de paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland, a averti que la crise Ă  Gaza « s’aggrave en direction d’une guerre Ă  grande Ă©chelle ». Ses appels Ă  la « dĂ©sescalade » sont toutefois restĂ©s lettre morte, tant au sein du cabinet de guerre israĂ©lien qu’à Washington, principal soutien d’IsraĂ«l sur la scĂšne internationale.

Mercredi, Wennesland a prĂ©sentĂ© un rapport sur la crise au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU, qui s’est vu empĂȘcher par les États-Unis d’adopter une rĂ©solution, rĂ©digĂ©e par la NorvĂšge et la Tunisie, qui condamnait les expulsions israĂ©liennes dans les quartiers de Sheikh Jarrah et de Silwan Ă  JĂ©rusalem-Est, et appelant IsraĂ«l Ă  « cesser les activitĂ©s de colonisation, les dĂ©molitions et les expulsions ».

Cela est typique du rĂŽle des Nations unies, un salon de discussion politique qui n’est capable d’agir que lorsque les puissances impĂ©rialistes le considĂšrent comme un Ă©cran appropriĂ© pour leur propre agression. Les rares fois oĂč le Conseil de sĂ©curitĂ© a adoptĂ© des rĂ©solutions sur le Moyen-Orient, IsraĂ«l les a tout simplement ignorĂ©es en toute impunitĂ©.

Depuis que la crise a Ă©clatĂ©, le gouvernement Biden s’est engagĂ© dans une frĂ©nĂ©sie d’activitĂ©s pro-israĂ©liennes. Le secrĂ©taire d’État Antony Blinken, le secrĂ©taire Ă  la dĂ©fense Lloyd Austin et le conseiller Ă  la sĂ©curitĂ© nationale Jake Sullivan ont passĂ© des appels tĂ©lĂ©phoniques rĂ©pĂ©tĂ©s Ă  leurs homologues israĂ©liens, offrant le soutien de l’impĂ©rialisme amĂ©ricain Ă  son principal client au Moyen-Orient.

Blinken a dĂ©clarĂ© : « Il y a, tout d’abord, une distinction trĂšs claire et absolue entre une organisation terroriste, le Hamas – qui fait pleuvoir des roquettes sans discernement, en fait, en visant des civils – et la rĂ©ponse d’IsraĂ«l, qui se dĂ©fend, qui vise les terroristes qui font pleuvoir des roquettes sur IsraĂ«l. »

Austin a appelĂ© Gantz pour lui faire part du « soutien indĂ©fectible » des États-Unis, dĂ©clarant « qu’il condamnait fermement les tirs de roquettes du Hamas et d’autres groupes terroristes qui visaient des civils israĂ©liens ».

Il y a un aspect encore plus dangereux au conflit qui a explosĂ© Ă  Gaza. La guerre est le mode d’existence de l’État israĂ©lien, la seule condition dans laquelle les contradictions sociales qui dĂ©chirent l’entreprise sioniste peuvent ĂȘtre contenues. Sept ans aprĂšs la derniĂšre guerre de ce type – l’invasion de Gaza en juillet 2014 –, une opĂ©ration militaire contre les Palestiniens est probablement discutĂ©e et considĂ©rĂ©e par les dirigeants israĂ©liens comme une nĂ©cessitĂ© qui n’a que trop tardĂ©, et pas nĂ©cessairement limitĂ©e aux Palestiniens.

ParticuliĂšrement inquiĂ©tante est la chronique parue mardi dans le Jerusalem Post, l’une des principales voix de presse de la droite israĂ©lienne, sous le titre : « L’attaque massive du Hamas contre IsraĂ«l est-elle l’assaut que l’Iran avait laissĂ© planer ? » L’auteur suggĂšre que le barrage de roquettes du Hamas n’est pas vraiment une rĂ©ponse aux actions israĂ©liennes Ă  JĂ©rusalem, mais qu’il est instiguĂ© par l’Iran, coordonnĂ© par le Jihad islamique et le groupe libanais Hezbollah, en rĂ©ponse aux attaques israĂ©liennes contre le programme nuclĂ©aire iranien.

L’objectif de ces commentaires, sans la moindre base factuelle ou preuve, est de prĂ©parer l’opinion publique Ă  une attaque militaire israĂ©lienne contre l’Iran, qui vise probablement son installation nuclĂ©aire de Natanz, dĂ©jĂ  attaquĂ©e par une opĂ©ration israĂ©lienne le mois dernier, impliquant la dĂ©tonation tĂ©lĂ©commandĂ©e d’un engin explosif introduit clandestinement dans l’usine.

Seulement, un jour avant la parution de ce commentaire, un navire des garde-cĂŽtes amĂ©ricains a tirĂ© des « coups de semonce » sur des bateaux iraniens dans le dĂ©troit d’Ormuz, la troisiĂšme rencontre de ce type en cinq semaines. Le navire des garde-cĂŽtes escortait un sous-marin de la Navy armĂ© de missiles guidĂ©s, qui traversait le dĂ©troit en surface.

La crise au Moyen-Orient est sur le fil du rasoir. Les États-Unis sont le principal sponsor du rĂ©gime sioniste, tandis que l’Iran a dĂ©veloppĂ© des liens Ă©conomiques, diplomatiques et militaires avec la Russie et surtout la Chine. Une frappe israĂ©lienne contre l’Iran pourrait entraĂźner toutes les grandes puissances dans le tourbillon de la guerre, ce qui aurait des consĂ©quences incalculables.

Une nouvelle guerre au Moyen-Orient, et la menace qu’elle dĂ©gĂ©nĂšre en une conflagration mondiale, ne peut ĂȘtre contrĂ©e que par le dĂ©veloppement d’un mouvement antiguerre de masse basĂ© sur la classe ouvriĂšre internationale.

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