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Le nationalisme, l'ennemi mortel de la classe ouvrière - Matière et Révolution
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Le nationalisme, l’ennemi mortel de la classe ouvrière

mardi 6 décembre 2011, par Robert Paris

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

En 2011, plus que jamais, le nationalisme est l’ennemi mortel de la classe ouvrière

Plus la catastrophe économique, sociale et politique due à l’effondrement du système capitaliste se confirme et apparaît clairement aux milieux populaires, plus les classes dirigeantes et leurs suppôts des gouvernements mettent en place les dérivatifs de la colère populaire à venir dont la révolution du monde arabe et du Maghreb a été l’annonciateur. Le premier de ces moyens de détourner la colère des masses prolétariennes est bien évidemment la dénonciation de prétendues « forces étrangères » qui détruiraient « notre économie nationale ». Si les masses en ébullition se tournaient contre d’autres pays dits « étrangers », les accusant de les avoir plongé dans la crise, les classes dirigeantes et les Etats auraient bien moins de mal à gérer la crise sociale qui vient…

La thèse sur laquelle ils se fondent consiste à affirmer que la crise, la dette, les fermetures d’usine, le chômage et toutes les catastrophes économiques et sociales qui en découlent proviendraient d’ailleurs, de l’extérieur du pays. Cela suppose qu’en se renfermant dans nos frontières, dans nos valeurs "nationales", on résoudrait la crise.

Mais l’étranger, c’est qui ? Pour les uns c’est l’Europe et l’euro qui nous refilent leur crise. C’est la Grèce qui « aurait abusé ». C’est l’Espagne qui aurait trop spéculé sur l’immobilier. C’est l’Allemagne qui écraserait de sa domination le reste de l’Europe. C’est l’Angleterre qui n’a jamais apprécié l’euro et en profite pour le couler. Pour d’autres, c’est les pays émergents, Chine, Brésil et Inde qui nous volent nos emplois en travaillant pour presque rien. Pour d’autres encore, c’est les agences de notation étrangères qui poussent les marchés à attaquer « notre pays » et à nous voler notre AAA. On a presque oublié qu’en 2007-2008, le pays qui était accusé d’avoir propagé la crise partout dans le monde était les USA. Tous les jours, aux infos, on nous parle de délocalisations et tous les politiciens y vont de leur couplet dans le domaine comme si on ne savait pas que les délocalisations sont cause de 4% des suppressions d’emploi et d’un pourcentage encore plus faible du chômage, sans parler du sous-emploi.

Le discours anti-délocalisations de Sarkozy rejoint sur ce plan celui anti-mondialisation ou anti-Chine de Montebourg et le nationalisme exacerbé de Le Pen. Hollande ne fait pas mieux en prétendant qu’on est en train d’annexer la France à l’Allemagne.

Que l’on parle d’Europe ou de Chine, en tout cas, on désigne du doigt les étrangers. PSA, Renault, le Bâtiment, les banques qui suppriment des emplois, est-ce des entreprises et des capitaux « étrangers » ? L’Etat français qui supprime des emplois, est-ce la faute aux étrangers ? La Grèce en crise, vous n’y voyez pas la main des banques et des financiers français, eux qui ont joué à la spéculation sur les dettes souveraines grecques ? Si les banques coulent à nouveau après avoir massivement été aidées grâce à nos impôts, sont-elles des innocentes victimes ou des acteurs directes de la spéculation mondiale ?

La France n’est nullement un pays innocent des manigances mondiales du grand capital. C’est au contraire l’un des pays qui en a été parmi les plus grands bénéficiaires quand cela marchait… Présenter la France comme une victime de la mondialisation est mensonger. Quand la financiarisation et la circulation générale des capitaux spéculatifs était florissante, la France en bénéficiait pleinement et profitait de l’existence de l’Europe et de l’euro, attirant massivement les capitaux du reste du monde, et était devenue la troisième puissance mondiale pour les investissement de capitaux étrangers. De très nombreux bourgeois, notamment ceux de l’afrique du nord, du moyen-orient, du maghreb, mais aussi d’Europe et des USA investissaient en France. La grande bourgeoisie française a fait pleinement ses affaires dans cette période où l’euro était plus recherché par les financiers que le dollar. Maintenant que la situation se retourne, elle voudrait qu’on accuse tout sauf elle-même : la Grèce, l’Espagne, l’Europe, l’euro, l’Angleterre, l’Allemagne, la Chine, qui vous voulez sauf les patrons français et l’ensemble du grand capital mondial, tout sauf le système capitaliste.

La France victime « de l’étranger », le discours est singulièrement gonflé. C’est de la France que nombre de pays ont été victimes et d’abord parce que c’est elle qui a soutenu les dictatures au Maghreb, en Afrique, au Moyen-Orient. C’est la France qui profite du fait que les matières premières soient volées à l’Afrique. C’est la France qui profite que nombre de bourgeoisies du tiers monde préfèrent investir leurs capitaux en France plutôt que dans leur pays. C’est la France qui a fait la guerre aux quatre coins de la planète pour défendre l’ordre mondial qui est en train de nous péter à la figure. La France n’est victime que de sa propre politique au service de la grande bourgeoisie. Les gouvernants de droite comme de gauche ont favorisé la financiarisation de l’économie. Ils ont développé eux-mêmes le détournement des investissements vers le capital spéculatif. Cela leur a rapporté des fortunes. En accuser le reste du monde est vraiment fort de café !

C’est avec l’aide de l’Etat que se sont fondés en France des trusts comme Renault, Areva, EDF, ou Veolia. Ces trusts ont certes investi dans le monde entier, en exportant des capitaux, mais cela ne veut pas nécessairement dire qu’ils ont délocalisé des emplois de France vers l’extérieur. Quand Renault met la main sur Nissan, ce n’est pas en créant des emplois au Japon, emplois qu’il aurait pris en France. C’est, au contraire, en supprimant massivement des emplois au Japon ! Quand Renault fait de même en Roumanie, c’est aussi en supprimant des emplois chez Dacia. Et pareil encore en Russie. Où sont alors les emplois délocalisés ? Le capital français est simplement un capital impérialiste qui cherche à conquérir le monde.

Quant à prétendre qu’en supprimant ou en combattant cette mondialisation du capital, on va résoudre les problèmes actuels, il y a vraiment de quoi rigoler. La France est à majorité de capitaux étrangers. Proposer les chacun pour soi, c’est amener un effondrement massif des échanges économiques et une chute brutale du système. La plupart des grandes entreprises en France n’auraient plus qu’à fermer tant elles dépendent de leurs capitaux étrangers…

On nous dit également que la solution consiste à sortir de l’euro et à revenir au franc. On ne précise pas d’ailleurs à quel taux et ce n’est pas étonnant car ce serait encore l’occasion d’une dévaluation massive faisant baisser les revenus des classes populaires. Certains parlent de revenir sur la base un euro égale un franc. Rien que cela signifierait une baisse de 555% de la valeur de la monnaie puisqu’au départ on était à un euro égale 6,55 francs. Cela aurait comme effet une nouvelle inflation considérable.

Mais, politiquement, l’effet négatif est encore plus important. On nous propose de nous défendre pays par pays, et notre pays contre les autres. Résultat : il n’y a aucune mobilisation générale des travailleurs, par exemple en Europe.

Les salariés du secteur public en Angleterre étaient tous en grève le 30 novembre et ont massivement répondu à l’appel. Il en a été de même dans la période en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Belgique, mis jamais le même jour comme si chacun n’avait à répondre qu’aux politiques nationales des Etats et pas à la même crise mondiale. Et en France, il ne manquerait plus que de proposer de réagir le même jour qu’eux. On nous bassine avec la crise de l’Europe, mais il y a un seul point où on ne raisonne pas en termes européens, c’est dans les réactions des salariés. Pourquoi ne pas réagir ensemble ? Cela permettrait de répondre aux patrons et aux gouvernants qui veulent nous mettre en concurrence les uns avec les autres et nous accuser les uns les autres dans le style : « c’est la faute des Grecs », etc… Pourquoi ? Parce que les centrales syndicales ne veulent pas vraiment embarrasser les classes dirigeantes. Ils ne sont là que pour encadrer les mouvements de travailleurs et nous convaincre que ce n’est pas nécessaire de nous organiser ! Un c’est un point très important de leur influence négative : prétendre que nos objectifs de défense doivent être nationaux, défendre les travailleurs français… alors que nos objectifs doivent être mondiaux, combattre le grand capital au nom des perspectives mondiales du Travail !

La force internationale des travailleurs existe bel et bien et elle se manifeste. On vient tout récemment de voir comment la révolution s’est étendue par delà les frontières, partie de Tunisie ou d’Egypte pour atteindre de multiples pays, y compris très loin du monde arabe…

Oui, le prolétariat révolutionnaire est une classe qui dépasse les cadres nationaux et les frontières ! Oui, sa perspective sociale ne peut qu’être mondiale. Partager les richesses entre tous ceux qui vivent de leur travail n’est nullement une perspective dans un cadre national ! D’ailleurs, si le capitalisme lui-même a dépassé le cadre national, ce ne serait nullement un progrès d’y revenir.

La force du prolétariat est celle qui a fait tomber Moubarak et Ben Ali et, si les classes dirigeantes s’inquiètent qu’elle frappe aux portes de Wall Street et cherchent à écraser ce mouvement par une répression violente, c’est bien qu’il est le symbole et le drapeau d’une révolution contre le système capitaliste lui-même.

Alors, le meilleur moyen de détruire nous-mêmes nos espoirs et nos perspectives serait que les opprimés conçoivent leur révolte contre la situation actuelle dans l’optique d’une concurrence avec les autres opprimés du monde.

Dans l’ambiance de fin de règne du système qui a longtemps dominé le monde, les peurs irrationnelles de « l’étranger » vont-elles l’emporter, menant à la xénophobie, au racisme, au protectionnisme, le nationalisme exacerbé produisant une nouvelle fois le fascisme, c’est-à-dire l’écrasement physique de toute forme d’organisation du prolétariat ou, au contraire, les prolétaires vont-ils se faire confiance pour diriger eux-mêmes leurs luttes et leurs révolutions, jusqu’à diriger toute la société ? Telle est l’alternative et elle est mondiale : ou organiser la société sur des bases tout autres que le capitalisme ou tomber dans toutes les horreurs que ce système finissant nous prépare : fascismes et guerre mondiale.

Et n’oublie jamais ceci, travailleur, ton ennemi le plus direct est dans ton propre pays, c’est la classe dirigeante. Et celui qui est le premier prêt à tirer sur toi n’est pas une armée étrangère. Ce sont les forces de répression de "ton" Etat national qui vont demain t’assassiner. Par contre, tes frères sont les prolétaires du monde ! A la poubelle, le repliement sur les frontières nationales, la xénophobie, le fascisme et le racisme ! Il faut en finir avec la prétendue fatalité qui nous imposerait de mourir avec le système d’esclavage qui a dominé si longtemps le monde !

4 Messages de forum

  • Et n’oublie jamais ceci : travailleur ton ennemi le plus direct est dans ton propre pays, c’est la classe dirigeante. Et celui qui est le premier prêt à tirer sur toi n’est pas une armée étrangère. Ce sont les forces de répression de "ton" Etat national qui vont demain t’assassiner. Par contre, tes frères sont les prolétaires du monde ! A la poubelle, le repliement sur les frontières nationales, la xénophobie, le fascisme et le racisme ! Il faut en finir avec la prétendue fatalité qui nous imposerait de mourir avec le système d’esclavage qui a dominé si longtemps le monde !

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  • La crise que nous vivons actuellement n’est pas une crise bancaire, ce n’est pas une crise de la dette.

    Elle n’est pas non plus ni grecque, ni américaine, ni espagnole, elle est mondiale.

    Il s’agit de la faillite historique du capitalisme.

    Pour faire face à l’effondrement de son système, la classe dominante met en place une stratégie de destruction de nos conditions de vie et de travail.

    En Italie et en Grèce, des gouvernements non-élus, composés de social-démocrates, de conservateurs et de l’extrême-droite, ont été mis en place. Ces deux exemples montrent que la classe dominante, quand ses intérêts l’exigent, peut se passer des élections. En effet ces gestionnaires ont été scrupuleusement choisis pour appliquer les politiques d’écrasement de la population dans ces pays. À titre d’exemple, Mario Monti, le premier ministre italien a fait ses preuves chez Goldman Sachs, tandis que Loukás Papadímos, son homologue grec était le vice-président de la Banque Centrale Européenne. Il paraît évident que ces personnages appliqueront avec davantage de détermination les politiques dictées par les banquiers et autres industriels contre nos intérêts.

    Par l’intermédiaire des relais idéologiques que sont les médias et si besoin est par des mesures de contrôle comme on peut le voir avec le renforcement d’un cadre juridique répressif et l’accroissement des forces militaires et policières, ils veulent s’assurer que nous ne puissions pas nous opposer à ce qu’ils appellent des mesures d’austérité : privatisation des services publics (éducation, santé, transports...), dégradation des conditions de travail, etc...

    Face à cela, les syndicats proposent de dialoguer avec les casseurs de nos conditions de vie et de travail, comme en témoigne le communiqué de l’intersyndicale du 18 août 2011, qui demande "La tenue d’une véritable concertation sociale avec le gouvernement et le patronat pour examiner les mesures à prendre pour soutenir la croissance, soutenir l’emploi et réduire la dette tout en garantissant la cohésion sociale ".

    La stratégie des syndicats a été un échec pour nous les exploités : elle n’a empêché ni les licenciements et les fermetures d’usine dans le privé, ni les suppressions de postes par milliers dans le public.

    Ni la relance, ni la nationalisation des banques, ni le vote que nous proposent les partis de gauche n’y changeront rien.

    C’est pour cela que nous vous proposons de participer à un débat public ouvert à toutes et à tous.

    Nous ne devons avoir confiance qu’en nous-mêmes.

    Construisons ensemble une société débarrassée de l’exploitation ! Comité de lutte de travailleurs interpro.

    Débat ouvert à toutEs :

    Bourse du Travail - Salle Louise Michel

    3, rue du Château d’Eau

    Métro République ou Jacques Bonsergent

    Vendredi 9 décembre à 18h30

    comité de lutte de travailleurs interpro

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  • En visite mercredi dans deux usines du Creusot, François Hollande a décliné le troisième volet de son pacte avec la nation, après l’éducation et la fiscalité : le pacte productif ; « Je veux faire de la réindustrialisation une priorité. » Slogan pour l’illustrer : « le patriotisme industriel ».. Effectué en compagnie d’Arnaud Montebourg, ce déplacement scelle aussi le rapprochement entre les deux hommes. C’est du moins ce qu’assure le député de Saône-et-Loire. « Cette visite, c’est la jonction de nos messages », explique Arnaud Montebourg en rappelant que « la démondialisation, ça consiste à produire là où l’on consomme ».

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  • LEs syndicats distillent de chaque coté des frontières le poison chauvin pour soi disant défendre une industrie nucléaire qui tue plus que l’amiante, le plomb, le charbon réunis !

    "Les salariés en Allemagne d’Areva découvriront demain matin les sacrifices en termes d’emploi que le groupe nucléaire entend leur demander. Quelque 1.200 postes pourraient passer à la trappe, selon la CGT, qui assure que ce chiffre a été confirmé aujourd’hui par la direction. Un coup très rude pour la filiale allemande d’Areva, qui emploie 5.700 personnes. Ce lundi, sentant le vent du boulet, les salariés ont réclamé un traitement social équitable. Au syndicat IG Metall, le porte-parole, Wolfgang Niclas, refuse de voir les salariés « pris en otage » et subir « les suppressions d’emplois que l’on ne veut pas faire en France pour des raisons politiques ». Ambiance...

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