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Pourquoi parler de crise du capitalisme est insuffisant et peut être trompeur pour caractériser la situation actuelle ? - Matière et Révolution
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Pourquoi parler de crise du capitalisme est insuffisant et peut être trompeur pour caractériser la situation actuelle ?

jeudi 12 janvier 2012, par Robert Paris

Pourquoi parler de crise du capitalisme est insuffisant et peut être trompeur pour caractériser la situation actuelle ?

Ce n’est pas des révolutionnaires qui le disent !

Le milliardaire américain Warren Buffet à chaîne américaine CNBC lundi 9-03-2009, parlant de « Pearl Harbour économique » :

« L’économie est tombée d’une falaise. ( …) Je n’ai jamais vu un tel niveau de peur auparavant. »

Le 23 octobre 2008, audition d’Alan Greenspan, ancien directeur de la FED, la réserve fédérale américaine par la commission chargée du contrôle de l’action gouvernementale (Greenspan a été l’un des défenseurs ardents de la financiarisation et de la dérégulation qui ont été présentées comme les seuls moyens de sortir le système de la crise et qui sont accusées d’être les causes de la crise) :

"Oui, je reconnais que j’ai vu une faille. Je ne sais pas à quel point elle est significative ou durable, mais cela m’a plongé dans un grand désarroi. (...) Je suis choqué, parce que cela faisait quarante ans et même plus que, de façon très évidente, cela fonctionnait exceptionnellement bien. (...) La crise cependant a pris une dimension beaucoup plus grande que ce que j’avais imaginé. (...) C’est un tsunami comme on en voit un par siècle. (...) Les banques centrales et les gouvernements se retrouvent contraints d’adopter des mesures sans précédent."

L’économiste Frédéric Lordon : "Spécifique, générique, la crise est singulière également. Cette crise financière n’est pas que financière. Surtout, comme aucune autre auparavant elle exprime les contradictions du régime d’accumulation en vigueur et signale son arrivée aux limites."

Jacques Cotta, sur le site La Sociale :

"Le point de départ de la crise financière à laquelle nous assistons n’est donc pas à rechercher, comme on voudrait nous y inviter, dans la finance en soi, mais bien dans l’organisation du système capitaliste qui produit des crises successives au sein de l’économie réelle et qui pousse au développement des marchés financiers pour tenter d’y faire fructifier l’argent qui y est misé. Si aujourd’hui les indices boursiers continuent de faire du yo-yo et si la mine inquiète des spéculateurs remplace l’air réjoui des deux derniers jours, c’est uniquement parce qu’on assiste aux premiers effets de la crise financière qui à son tour agit sur l’économie réelle. De crise financière et crise bancaire, elle affecte les capacités d’emprunt des entreprises comme des particuliers et menace en fin de course l’emploi, les entreprises elles-mêmes et la production [...]. La crise économique profonde du système capitaliste qui traverse le monde trouvera son prolongement sur le terrain social. Dans chaque pays et en France. L’emploi, les salaires, les services publics, la sécurité sociale – dont le déficit de 11 milliards d’euros était abyssal alors que 360 milliards pour les banques sont débloqués en une soirée- les retraites, l’éducation… tout ce qui constitue le ciment de la vie collective va être mis à rude épreuve". Et d’ajouter : "Il est assez cocasse dans ce contexte d’entendre tous les discours et de voir toute l’agitation dont le seul but est la préservation du système capitaliste qui pourtant porte en lui la tempête qui se déchaîne sous nos yeux".

Paul Jorion, anthropologue, économiste, praticien de la finance :

"La machine était en panne et l’on a tenté de la réparer avec du sparadrap. Et aujourd’hui, la machine est arrêtée car son coeur financier a entièrement fondu. Il suffit de lire la presse financière tous les jours pour s’en convaincre. Les banquiers eux-mêmes le reconnaissent en privé. Et pourtant, on continue d’inonder le système financier de liquidités ou d’appliquer de vieilles recettes, comme l’austérité, qui risquent d’aggraver les choses et d’accélérer le délitement du système. Comme au Moyen-Age, on pratique la saignée, quitte à tuer le malade !

Le système financier est-il vraiment hors circuit ?

Chaque jour, des pans entiers d’activités disparaissent. La titrisation est morte et le « high frequency trading » est en train de tuer la Bourse en raison de la trop grande efficacité des robots qui y ont été lâchés. Les produits financiers complexes ont généré un risque systémique non maîtrisable. On clame qu’il est urgent de réduire le risque systémique mais aucune mesure n’est prise en ce sens : on se contente de prôner la constitution de réserves plus importantes, autrement dit, on entérine l’hypothèse qu’on ne comprend rien aux mécanismes de contagion du risque et que la seule chose qu’on puisse faire, c’est de rehausser les digues. La faillite spectaculaire de MF Global est typique de ce climat : elle ne relève pas de l’escroquerie mais bien du fonctionnement ordinaire du système.

C’est pourtant le triomphe des marchés...

Les marchés n’ont aucune idée de ce qu’il faudrait faire. C’est une machine sans direction. La seule chose que les marchés savent, c’est qu’on ne leur rendra pas tout l’argent qui est d’ores et déjà perdu. Ils ne demandent qu’une chose : que le système fonctionne. Et comme nous sommes dans une impasse - comme il n’y a pas de solution connue à l’intérieur du cadre existant -, ils ont des exigences contradictoires....

Les politiques n’ont plus aucune marge de manoeuvre devant ce système qui se délite. La seule chose qu’ils fassent, quel que soit leur parti, c’est de faire semblant d’être aux commandes. "

Le LEAP et son bulletin "GlobalEurope Anticipation Bulletin" ne sont pas ennemis du capitalisme. Bien au contraire. ils se contentent de se lamenter des politiques selon eux catastrophiques des chefs du système. C’est une revue qui s’adresse aux capitalistes et aux gouvernants et pas aux travailleurs ! Ce sont eux qui avaient annoncé plus de deux ans à l’avance la crise actuelle et la forme qu’elle prendrait. Voici ce qu’ils écrivent :

"Aux Etats-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d’une panne passagère et qu’il suffisait d’y ajouter quantité de carburants (liquidités) et autres ingrédients (baisse des taux, achats d’actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite, ...) pour faire repartir la machine. Or le sens de "crise systémique globale" employé par le LEAP dès février 2006 signifie que le système global est désormais hors d’usage. (...) Les évènements promettent d’être particulièrement tragiques pour plusieurs grands acteurs mondiaux. (....) A l’issue d’une phase de dislocation géopolitique, le monde risque de ressembler à l’Europe de 1913 plus qu’à la planète de 2007. Ainsi, à force de tenter de porter sur leurs épaules le poids toujours croissant de la crise en cours, la plupart des Etats concernés, y compris les plus puissants, ne se rendent pas compte qu’ils sont en train d’organiser leur propre écrasement sous le poids de l’Histoire, oubliant qu’ils n’étaient que des constructions humaines (...)"

La crise du capitalisme et les perspectives pour les révolutionnaires

L’essentiel dans la compréhension du monde actuel en vue de sa transformation est la signification de l’épisode actuel du capitalisme. il pose de multiples questions entièrement nouvelles et devraient mobiliser la réflexion des organisations et des militants et on en est malheureusement très loin... D’autre part, au delà d’une description que l’on trouve aisément dans la presse spécialisée, on est un peu en peine de ne pas trouver des analyses vraiment propres aux différents courants se revendiquant du marxisme révolutionnaire. D’autant que cette fois, il ne suffit pas de copier d’anciens textes sur les crises... Ce n’est nullement une répétition d’événements déjà vécus...

Et effectivement, même dans la manière de mener des luttes ou, au moins, de discuter avec les militants, les travailleurs conscients et toute la classe ouvrière ainsi que ceux qui s’en revendiquent, la conception que l’on a de cette nouvelle situation initiée en 2007-2008 est tout ce qu’il y a de plus fondamentale. Beaucoup de groupes font comme si ces événements n’avaient rien de très étonnants, comme si il suffisait de recycler des vieilles discussions pour y faire face.

Et, aujourd’hui, il n’y a pas de stratégie des luttes, de compréhension de ce qui se passe au Maghreb et dans le monde arabe, de la propagande politique et sociale nécessaire qui soit possible sans donner une analyse claire de ce qui arrive en ce moment au système capitaliste.

La première des idées fausses, dont il faut absolument se départir à mon avis, est que c’est tout simplement une crise du capitalisme et qu’une crise du capitalisme nous savons bien ce que c’est, même si cela prend à chaque fois des formes diverses.

La seconde idée fausse selon moi est que l’essentiel serait de refuser d’en faire les frais, de refuser que les travailleurs et les milieux populaires la paient et de se mobiliser simplement pour que les patrons, qui ont des sous, la paient.

Bien entendu, il ne s’agit pas d’interpréter ce que je viens de dire dans le sens que j’aurai peur pour les revenus de ces "malheureux" capitalistes qui, ruinés, seraient encore plus méchants ou plus en crise... Pas du tout, je pense seulement que c’est poser le problème à l’ancienne manière des anciennes crises sans réfléchir à ce que nous avons réellement en face de nous.

Donc, surtout, il convient de ne pas se contenter de répéter des leçons, même tirées des meilleurs bons auteurs marxistes.

Commençons par nous prendre la tête pour en tirer une petite réflexion sur ce qui se passe devant nos yeux. Trotsky lui-même, ni Marx, n’ont pu nous dire ce qu’il faut voir dans cet événement... qu’ils n’ont pas vécu.

Les comparaisons avec les crises plus anciennes ne suffisent pas en effet. Inutile de se référer à la "crise asiatique", à la crise argentine ou aux autres "crises de la dette". La dette actuelle et sa crise ne sont que des sous-produits de la chute de 2007-2008 qui n’était pas causée par la dette publique.

Même le terme de "crise systémique" ne prouve pas que l’on est vraiment en train de parler de la situation actuelle. Tout d’abord, certains affirment ainsi que c’est une crise de l’ultra-libéralisme qu’ils appellent système. Cela signifie que c’est une fausse politique (à leurs yeux) qui serait en cause et pas les mécanismes fondamentaux du système. Même la comparaison à 1929, crise systémique par excellence, n’est pas suffisante pour analyser ce qui se passe actuellement. A l’époque, la bourgeoisie mondiale avait choisi de laisser la crise se développer, les banques et les entreprises en faillite chuter. Pourquoi ne peut-elle pas le faire aujourd’hui ?

Une crise ? Quelle crise ? Qu’est-ce qui est trop ? Qu’est-ce qui manque ?

Les crises économiques "classiques" ont été des crises de surproduction des marchandises (surproduction par rapport aux besoin solvables, bien sûr, et pas par rapport aux besoins humains). La crise actuelle ne se manifeste pas du tout ainsi. Même si dans certains secteurs on assiste à une baisse des ventes comme dans le cas de l’Automobile, cela n’est pas dû à une surproduction de véhicules. Ainsi, Renault voit ses ventes baisser parce qu’il ne peut faire face à la demande, ayant choisi lui-même de baisser sa production en baissant ses investissements productifs. Il n’a d’ailleurs maintenu un certain niveau d’investissement et de production que parce qu’il a touché pour cela des sommes colossales de l’Etat et qu’il continue à en toucher de l’Etat et de toutes les institutions européennes, nationales, régionales, ... Son capital, Renault l’utilise pour spéculer sur ce qui est le plus rentable rapidement : sur les dettes souveraines par exemple, suivant ainsi l’exemple de tout le grand capital, qu’il soit ou non fondé en théorie sur la production.

C’est donc le grand capital lui-même qui se détourne des investissements productifs et la demande en biens n’y est pour rien. Elle finira sans doute par chuter elle aussi, mais cela ne sera qu’un effet et pas une cause.

Parler de crise systémique n’éclaire la situation que si on va au fond des choses chercher ce qui bloque le système. Ce n’est pas du côté des acheteurs de marchandises que se trouve le problème. En 2008, la crise immobilière n’était pas due aux USA à une perte d’acheteurs et même pas à la montagne de dettes que les organismes prêteurs avaient accepté de construire. C’est la financiarisation de ces dettes qui a donné un caractère exponentiel à la catastrophe, rendant impossible leur remboursement.

Financiariser des dettes, voilà quelque chose qui peut paraître incompréhensible et qui est pourtant actuellement l’essentiel de l’activité du grand capital devenu nécrophile.

C’est bel et bien dans le domaine de la circulation du capital et non dans celle des marchandises qu’il faut chercher la source du blocage actuel. D’ailleurs, dans le système capitaliste, il y a belle lurette que la circulation des marchandises n’est plus le cycle qui commande le monde capitaliste. C’était le cas seulement dans la société marchande qui a précédé. La société "de l’offre et de la demande" que nous connaissons n’est plus celle des biens matériels mais celle de l’offre et de la demande en capital. Et la circulation qui compte dans notre monde est la circulation des capitaux. Cela a été souligné par les dernières grandes peurs quand la perte de confiance des banques entre elles avait amené un risque d’interruption totale de cette circulation des capitaux. On a vu aux sommes colossales que les Etats et les institutions financières ont déversé que cette crainte signifiait que la circulation des capitaux est bien la clef de voûte du système mondial.

Si cette circulation des capitaux s’arrête, c’est le sang qui ne circule plus ! Or, elle ne fonctionne plus que par perfusion étatique...

Et, aujourd’hui, la circulation n’a lieu que parce que les Etats et les grandes institutions financières comme la réserve fédérale américaine ou la BCE ont coffre ouvert pour les banquiers et boursicoteurs mondiaux ! Cette manne issue de nos impôts se déverse sans compter, mais sa capacité aura ses limites... Si un malade a une hémorragie massive, il ne suffit pas d’inoculer sans cesse du sang extérieur pour le sauver !

Et, pour commencer, il faudrait nous expliquer quelle est la cause et la localisation de cette hémorragie massive. Et il y a bien hémorragie puisque plusieurs fois de suite, il faut recapitaliser les banques !!! Il a fallu aussi recapitaliser les plus grands trusts et les assurances.

Cette expression de "recapitalisation" est étonnante en elle-même. Où est donc passé l’ancien capital de ces entreprises pourtant très performantes par ailleurs ? On annonce des profits en hausse de tout le CAC40, c’est-à-dire des plus gros trusts français et des plus grandes banques et c’est au plus haut sommet de leur réussite que toutes ces entreprises n’auraient plus du tout de capital ! reconnaissez que cela demande explication !

Il est nécessaire aussi de nous expliquer comment tous les plans de Bush et Obama qui ont injecté des sommes astronomiques dans l’économie n’ont eu quasi aucun effet, sans parler des sommes distribuées en proportion par tous les autres états bourgeois du monde...

Ceux qui ne soulignent que l’aspect "récession" ne voient encore qu’un effet au lieu de la cause. Il y aura certainement une nouvelle récession mondiale, c’est-à-dire un recul massif des échanges et de la production, mais ce ne sera qu’un produit de cette situation bloquée de la circulation du capital.

Des défauts, des politiques fausses ou un mécanisme qui est cassé ?

Certains y voient "la folie", l’"irresponsabilité" des dirigeants ou des bourgeoisies, c’est-à-dire une politique fausse comme si une politique juste avec des "réformes courageuses" allait sauver le système et comme si sa mort n’était pas déjà inscrite et comme si ce que nous voyons n’était pas seulement un ensemble de soins palliatifs.... Ce sont des mesures économiques, sociales et politiques pour que les exploités ne tirent pas profit de la situation pour en finir avec le système. Cela ne signifie pas que les classes dirigeantes aient les moyens de faire face à la situation.

Pourquoi affirmer qu’il n’y a aucune solution ? Parce que le ressort est cassé et personne n’a jamais réparé un ressort. Personne n’avait artificiellement, par des moyens étatiques par exemple, créé le mécanisme du capitalisme. Il est apparu de manière émergente au sein de la société bourgeoise. Les capitalistes eux-mêmes, et leurs économistes, n’ont fait qu’observer le capitalisme quand il avait déjà commencé à fonctionner en Angleterre. ils ont tâché d’en profiter, éventuellement d’en détourner le cours, mais ils ne l’ont jamais créé. Aujourd’hui, ils n’ont aucun moyen de recréer le capitalisme. Ce qui fonctionne n’est que des véhicules poussés à la main ou roulant en roue libre. On n’appelle pas cela une voiture !

Toutes les mesures les plus fantasmagoriques prises par les Etats ou les grandes institutions financières ont beau déverser des centaines de milliards sur les marchés, elles ne parviennent pas à recréer la circulation des capitaux normale. Cela revient à étayer les murs d’une cathédrale dont la voûte s’est effondrée. Cela ne reconstruira jamais l’édifice !

Dans ces conditions, le pire des mensonges consisterait à prétendre qu’il s’agirait simplement d’une crise dans laquelle les riches se débrouilleraient pour faire payer les pauvres. Non, c’est la fin d’un système qui est annoncée et il convient de s’y préparer si on ne veut pas mourir avec... Politiquement, socialement, dans les luttes, dans la propagande politique, les conséquences sont considérables. les organisations révolutionnaires qui refusent de prendre la mesure des événements iront dans le sens inverse des intérêts du prolétariat révolutionnaire...

Très différent d’une crise classique !

Les crises "classiques" du capitalisme n’étaient rien d ’autre que le mode de respiration (l’expiration) indispensable au système. Pour catastrophiques qu’elles aient pu être parfois, détruisant des masses de capitaux et de biens, ces anciennes crises étaient indispensables au fonctionnement du capitalisme, nettoyant périodiquement les actifs qui ne correspondaient plus à une activité rentable. Le fonctionnement d’un grand nombre d’acteurs indépendants agissant en aveugle nécessitait ce type de régulation après coup. Des crises financières, des crises de la dette se sont surajoutées aux crises de surproduction sans changer le caractère "normal" des crises du capitalisme.

Ce qu’on voit depuis 2007 est bien différent. La dette privée suivie de la dette publique et l’effondrement des banques ne sont que les conséquences (et plus les causes) des mesures précédentes de sauvetage du système. La catastrophe n’a pas commencé en 2007. En 2000, elle se profilait déjà aux USA (effondrement d’Enron, de Vivendi Universal, des compagnies aériennes et menace de krach au World Trade Center) et les classes dirigeantes ne sont parvenues à retarder la catastrophe qu’en produisant d’autres catastrophes. La course à l’endettement privé n’a été que l’une de ces mesures. la course à la guerre en a été une autre. L’accélération de l’ultra-libéralisme du commerce, des marchés financiers et de la gestion des Etats (privatisation des services publics notamment) a été la troisième. Mais ces médicaments ont atteint leur limite d’efficacité et se sont transformés en nouvelles formes de la maladie. ils ne sont pas cependant la véritable cause de celle-ci.

La rançon du succès...

Alors comment formuler cette cause profonde de l’effondrement que nous constatons ? On peut l’appeler sommet du capitalisme. Le grand capital a tellement réussi qu’il a atteint son maximum. Les arbres ne montent pas au ciel....

Oui, l’amoncellement de capitaux a atteint ses limites. Certains s’étonnent : il y a une catastrophe alors que l’ensemble des capitaux de la planète n’a jamais été aussi élevé. Mais justement telle est la source de la situation actuelle.

Le capitalisme ne peut fonctionnant qu’en augmentant sans cesse la masse des capitaux. Le capital, ce n’est pas seulement de l’argent. les capitalistes ne sont pas seulement des riches. Il faut que cet argent parcourt les circuits de l’économie pour se transformer en encore plus d’argent, avec comme base fondamentale le surproduit créé par le travail humain. Si l’argent ne parvenait plus à s’accroitre, ce ne serait plus du capital...

La crise de suraccumulation du capital provient du fait qu’il y a trop d’argent par rapport aux capacités d’investissement planétaires.

Pour y pallier, on a proposé l’hypertrophie de la sphère financière et cela a été un médicament efficace pendant un temps.

Cela a détourné les capitaux de la sphère de la production et du commerce et l’accroissement de l’exploitation a permis un temps de cacher que cette "solution" ne pouvait nullement résoudre le problème : trop de capitaux pour trop peu de possibilités d’investissements rentables.

Mais cela n’a pas fait que cela : cela a aggravé le problème de mille manières. Tout d’abord, cela a rendu le système opaque, encore plus difficile à gérer. Ensuite, cela a permis d’augmenter encore la masse des capitaux, accroissant le niveau de la crise de surproduction du capital. Enfin, cela a eu un autre effet pervers : rendre encore plus rentable la spéculation, amenant les capitalistes à renoncer à investir pour spéculer davantage. Tous les trusts, toutes les banques, toutes les institutions, tous les Etats s’y sont mis. Du coup, la sphère chargée de ramener la plus value extraite du travail humain s’est réduite d’autant et le niveau de gravité de la rupture entre la masse des capitaux et les possibilités rentables d’investissements (ceux qui offrent autant de profits que la spéculation !) s’est réduite d’autant !

La catastrophe est entrée ainsi dans un cours exponentiel et toutes les mesures des Etats ne peuvent plus revenir en arrière sur ce seuil atteint et dépassé...

Contrairement à ce que disent certains commentateurs, le capitalisme n’est pas devenu fou. Les réactions des acteurs sont fondées sur les mêmes bases qu’avant. Et ils ne peuvent pas faire autrement. Faire croire le contraire est mensonger. le capital ne peut que courir vers ce qui lui offre le plus de profit.

Pourquoi un capitaliste devrait-il refuser d’acheter des titres pourris du moment que ces titres se revendent encore plus cher ? Pourquoi ne pas spéculer sur la chute de tel ou tel pays, de telle ou telle économie si les intérêts des dettes de ces pays, de ces économies rapportent d’autant plus qu’ils s’enfoncent plus dans leurs difficultés ?

Les capitalistes ne sont pas seulement moutonniers ou des investisseurs irresponsables, les banques des prêteurs irresponsables et les consommateurs des emprunteurs irresponsables comme le prétendent ceux qui veulent faire croire à une moralisation du capitalisme. Ils ne peuvent pas sortir du principe même du capital : emprunter du capital, prêter du capital, investir du capital en fonction des aléas du marché de l’offre et de la demande de capital.

En intervenant massivement pas des offres étatiques ou institutionnelles, ce sont les Etats qui ont des actions folles d’un point de vue capitaliste ! Si ils laissaient le système fonctionner de manière "normale", il y a belle lurette qu’on ne parlerait plus de ce système à l’agonie !!!!

Toutes les potions magiques déversées à foison par les politiciens, par les économistes, par les commentateurs des média ne sont que de la poudre aux yeux.

La politique des sacrifices n’est pas plus crédible que la politique de la relance. Demander à l’Etat de s’investir à fond soi-disant pour "créer des emplois" est tout autant une cautère sur une jambe de bois que de jeter des centaines de milliards sur la marché des capitaux pour le relancer...

Oui, le capitalisme dans son fonctionnement "normal" n’est plus. Et on ne réveille pas un mort !

Il est tout à fait inutile et mensonger de chercher des défauts à corriger, des sacrifices acceptables et même des sacrifices à imposer aux classes dirigeantes. Même si les capitalistes se seraient (de force, par la lutte) la ceinture, le système et son fonctionnement qui avait autrefois assuré des emplois à certains, n’existera plus à l’avenir.... Plus vite on s’en convaincra, plus l’avenir existera pour les femmes et les hommes de cette planète !

Il est inutile de se contenter de dire qu’"on ne veut pas payer les frais de la crise", non pas parce qu’il est fatal de payer mais parce que ce n’est pas la question qui se pose.

La question est : est-ce que le grand capital va entraîner le monde dans son tombeau, à la manière des anciens rois, ou est-ce que la classe exploitée va offrir un avenir à l’humanité ?

Oui, il est inutile de se contenter de dire qu’on ne veut pas payer, tout comme il ne sert à rien de dire qu’on ne veut pas mourir quand on vous menace d’une guerre mondiale... Dans de telles conditions, ou on se prépare à retirer le pouvoir aux classes dominantes en s’organisant dans ce but, ou il s’agit seulement d’un discours lamentatoire et inutile.

Le prolétariat a d’autres perspectives que de se jeter les yeux bandés dans une lutte pour maintenir la société telle qu’elle était avant.

Cette ancienne société a vécu mais ne vivra plus. Ceux qui prétendent que, par les luttes, on peut faire comprendre aux classes dirigeantes qu’elles auraient plutôt intérêt à maintenir l’ancien monde se battent à reculons à la manière des réformistes. Les social-démocrates et dirigeants syndicalistes en avaient donné la démonstration dans la première guerre mondiale et pendant la vague révolutionnaire qui a suivi.

Bien sûr, il est normal que les salariés se battent pour leur emploi, pour leur salaire, pour les services publics, pour les logements, pour défendre leurs maigres avoirs personnels, etc... C’est très différent si, sur ces bases-là, des militants politiques prétendent faire de ces seules aspirations un programme politique propagandiste. Car alors ce programme est réformiste et mène à des tromperies politiques et sociales. Et la lutte de classe continuant malgré ceux qui l’ont ainsi cachée, ils vont droit à l’abattoir.

Les travailleurs n’en sont pas à entendre un discours selon lequel le capitalisme ne retrouvera plus son dynamisme ? Et alors !

Est-ce qu’en pleine première guerre mondiale, les travailleurs en étaient à dire que "ton principal ennemi est dans ton propre pays" et à "transformer la guerre impérialiste en révolutions sociale pour renverser définitivement le capitalisme" ? Et pourtant tel était le discours de Lénine, Rosa Luxemburg, Connoly et Trotsky, pour ne citer que ces révolutionnaire connus...

Bien sûr que les travailleurs préfèreraient faire confiance à l’Etat bourgeois pour les défendre que de devoir faire la révolution pour détruire l’Etat bourgeois ! Bien sûr que les travailleurs préfèreraient faire confiance à leur patron pour préserver leurs emplois. Bien sûr que les travailleurs ne sont pas disposés en temps normal à s’organiser en comités pour exercer le pouvoir politique. Bien sûr que les travailleurs ne sont pas joyeux à l’idée que le capitalisme s’effondre alors que c’est pourtant le système qui les exploite ! Cela n’est pas nouveau et cela n’a pas empêché les révolutions prolétariennes.

Ce qui a empêché que ces révolutions prolétariennes triomphent c’est que d’anciens révolutionnaires se mettent à raisonner et à militer de manière "réaliste", en s’adaptant, en s’accommodant des "réalités" que sont l’inorganisation des travailleurs et la soumission au système.

Des contresens sur la signification de l’état actuel du système d’exploitation découlent des fautes politiques pour les révolutionnaires. Il est impressionnant de lire qu’un groupe qui se dit communiste révolutionnaire propose tout simplement que l’Etat investisse encore plus d’argent des impôts pour créer des emplois en guise de programme revendicatif (dernier édito de Lutte Ouvrière daté du 10/01/2012) en écrivant ainsi : "Le problème, c’est d’empêcher le naufrage des salariés qui font marcher l’économie."

C’est scandaleux : vous nous sacrifiez alors qu’on fait marcher votre économie !

Eh oui, cette économie n’est pas notre économie quand on est vraiment communistes !

Eh oui, cette société n’est pas notre société quand on est communistes !

On n’est pas fiers de "faire marcher l’économie" capitaliste quand on est communistes !

Et cet édito poursuit : "Les fonds pour financer tout cela (ces créations d’emplois) existent, à condition de puiser dans les sommes extravagantes que les Etats ont livré au monde de la finance."

Cela a un petit air radical, mais, si on regarde de plus près, cela signifie que le problème du chômage sera réglé par des fonds d’Etat. Mensonge !

L’édito poursuit : "L’écrasante majorité de la société, et pas seulement les travailleurs, aurait intérêt à ce que ces sommes soient consacrées au maintien et au développement de l’emploi."

Balivernes ! Le but de cette société est le développement du capital. Le développement des emplois n’a jamais préoccupé le capitalisme. Ce n’est pas un but de "cette société" qui se moque des majorités quand il s’agit de son fonctionnement économique et social !!!

Aucune allusion dans ce texte au fait qu’il ne sera pas possible dans les temps qui viennent de conserver une vie décente sans retirer tout simplement son pouvoir à la classe capitaliste. Aucune allusion au fait qu’on ne pourra compter sur un Etat que quand cela ne sera plus vraiment un Etat qui nous extérieur et est placé au dessus de nous, mais un Etat des conseils ouvriers. Et aucune allusion au fait que, même si nous luttons, nous n’obligerons pas le grand capital à agir différemment. Il ne le peut pas quand bien même il le voudrait ! Bien entendu, cette manière réformiste de voir au sein de l’extrême gauche nécessite de nier que le système est à l’agonie, que la crise est du type révolutionnaire et non conjoncturelle.

C’est objectivement que la situation est désormais révolutionnaire. Il ne manque que le facteur subjectif au sein duquel il y a un élément important : qu’un certain nombre de militants révolutionnaires acceptent d’assumer les tâches correspondant à cette situation...

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6 Messages de forum

  • Les comparaisons avec les crises plus anciennes ne suffisent pas en effet. Inutile de se référer à la "crise asiatique", à la crise argentine ou aux autres "crises de la dette". La dette actuelle et sa crise ne sont que des sous-produits de la chute de 2007-2008

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  • Dans les crises classiques du capitalisme, les crises cycliques qui ont jalonné le 19e siècle et le début du 20e siècle, l’effondrement des prix accompagnait la phase de dépression, accentuant l’effondrement du marché. Ces phases poussaient les capitalistes les plus faibles vers la faillite ou vers leur rachat par des concurrents plus puissants.
    Mais, dans les crises classiques du capitalisme, la dépression était suivie d’une phase de reprise plus ou moins rapide. La dépression permettait de liquider les stocks, d’éliminer les entreprises les moins rentables, d’ajuster l’offre à la demande. Cet ajustement était brutal mais il permettait aux capitalistes « survivants » de retrouver des taux de profit élevés et à la production industrielle de repartir... jusqu’au prochain krach. La crise est le seul moyen existant, dans une économie de marché, de purger l’économie des canards boiteux, des déséquilibres entre les différents secteurs de la production.
    Le hic, avec la financiarisation massive de l’économie, c’est que depuis quarante ans, après les krachs et les phases de dépression, la phase de redémarrage est poussive, jamais massive, quand elle a lieu. Les détenteurs de capitaux préfèrent les orienter vers les opérations financières susceptibles de rapporter plus ou moins rapidement plutôt que vers la production.
    Ce qui montre bien que ce n’est pas une crise cyclique classique…

    Répondre à ce message

  • Fed : la hausse des taux n’est pas pour tout de suite...

    La Réserve fédérale américaine ne semble pas pressée par le temps et se dit "patiente" avant d’engager une "normalisation" de sa politique monétaire. Le risque de ralentissement de l’inflation devrait rester provisoire.
    sur le même sujet

    La Réserve Fédérale américaine (Fed) a laissé les taux d’intérêt inchangés proches de zéro mercredi, réaffirmant qu’elle fera preuve de "patience" avant de normaliser la politique monétaire.

    Les membres du Comité ont toutefois définitivement abandonné cette fois-ci toute référence à une "période de temps considérable" avant une première hausse des taux, la formule qu’ils plébiscitaient jusqu’à présent.

    Ils parlent maintenant de longue durée...

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  • Le principal indice boursier américain, le Dow Jones, valait 14 000 points avant la crise en 2007. Il a été divisé par deux avec la crise, tombant à 7000. Mais il est remonté dès le début 2009 pour dépasser aujourd’hui les 18 000 points.

    Cette euphorie boursière reflète-t-elle des profits faramineux et une économie radieuse ? La réponse est clairement non. Après avoir atteint un plancher dans les années 1980, le taux de profit ne s’est jamais redressé significativement malgré le tournant « néolibéral ». Depuis 1997, il baisse de nouveau tendanciellement3. Les bulles financières reflètent depuis lors l’abondance d’argent, alimentée par des politiques monétaires expansionnistes, qui ne trouve pas à s’investir de façon rentable dans « l’économie réelle ».

    La nouvelle bulle financière trouve sa source dans la politique de quantitative easing (QE) lancée aux USA dès la fin 2008. Cette politique consiste pour une banque centrale à acheter des titres financiers sur les marchés et à créer en contrepartie de la « monnaie centrale », c’est-à-dire à alimenter les réserves monétaires des banques commerciales.

    Mais cet afflux de liquidités n’a pas eu d’effet miraculeux. Le crédit pour la production est resté atone, car il ne suffit pas d’imprimer du papier monnaie pour sortir de la crise de rentabilité du capital. Ces liquidités sont donc restées dans la sphère financière et ont provoqué une forte inflation financière. Finance et économie réelle sont néanmoins connectées : les titres financiers représentent des droits de tirage sur la production future, et c’est pourquoi les bulles financières finissent toujours par éclater.

    Une première bulle a ainsi éclaté à la fin des années 1990, une seconde en 2007, et une troisième ne demande qu’à connaître le même destin. Aujourd’hui, la stagnation des profits aux Etats-Unis et la crise du pétrole de schiste indiquent que l’échéance pourrait être proche. Depuis octobre 2014, les marchés financiers sont très volatils et nerveux, comme ils le sont en général avant un krach.

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  • En ce qui concerne les taux d’intérêt, « l’ampleur de la baisse allume un signal d’alarme », selon l’OCDE qui craint un aveuglement des marchés, éblouis par les liquidités énormes qui affluent vers eux. « Une mauvaise estimation du risque a été au coeur de la précédente crise financière et il semble bien que ce phénomène ressurgisse aujourd’hui », s’inquiète l’OCDE.

    Le FMI s’inquiète également régulièrement des prises de risque peut-être inconsidérées de nombreux investisseurs sur les marchés et de la valorisation très forte de certains actifs, ce qui pourrait provoquer de sévères corrections. Mais sa patronne, Christine Lagarde, se refuse jusqu’ici à parler de bulle.

    A la veille des crises financières, les hauts responsables sont dans le déni, ne voulant pas apparaître comme des oiseaux de mauvais augure quand les profits s’amoncellent !

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  • C’est la peur, plutôt que l’euphorie, qui conduit actuellement les marchés boursiers mondiaux à de nouveaux sommets, a affirmé dimanche le prix Nobel d’économie américain Robert Shiller, dans un entretien à un journal allemand.

    Robert Shiller, professeur à l’Université de Yale, a également mis en garde sur de possibles bulles boursières et estimé que ce pourrait être le bon moment d’investir dans le pétrole, compte tenu de l’actuelle faiblesse record des prix.

    "Le boom des marchés boursiers que nous connaissons actuellement n’est pas entraîné par l’euphorie", a déclaré l’économiste au Frankfurter Allgemeine Sonntagzeitung.

    "Je l’appelle le +nouveau boom normal+. C’est un boom d’investissement (...) Tous les mécanismes sont là, mais il manque la conviction", a-t-il dit.

    "Nous ne voyons pas trace d’optimisme. Ce boom est conduit par la peur", a-t-il encore assuré.

    Comme Wall Street, les Bourses européennes ont terminé la semaine dans le vert, plusieurs places battant des records vendredi, grâce au discours jugé accommodant de la Réserve fédérale américaine deux jours auparavant et à l’apaisement des craintes liées à la Grèce.

    "Il n’y a pas beaucoup d’alternatives aux marchés boursiers pour le moment. Nous sommes dans une période de taux d’intérêt extrêmement bas", a relevé Robert Shiller.

    Afin de relancer l’économie moribonde en zone euro, la Banque centrale européenne (BCE) a réduit ses taux d’intérêt au plus bas et lancé un vaste programme de rachats de dettes publiques et privées.

    Face à cet afflux de liquidités, certains critiques ont mis en garde contre le danger de bulles spéculatives, boursières ou immobilières, qui pourraient bientôt éclater.

    "Je pense qu’il y a des bulles", a déclaré l’économiste, mais selon lui les banques centrales ne sont pas à blâmer.

    La BCE "n’est pas responsable des faibles taux d’intérêt", mais plutôt le pessimisme mondial, a-t-il estimé.

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