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La bourgeoise craint les travailleurs organisés et pas ceux qui suivent des organisations à sa botte

mardi 13 novembre 2012, par Robert Paris

La bourgeoise craint les travailleurs organisés sur des bases de classe et pas ceux qui suivent des organisations à sa botte

La CFDT et la CGT vont appeler à manifester contre l’austérité. On pourrait penser que cela signifie qu’elles indiquent ainsi rompre avec un gouvernement qui ne fait que céder aux demandes du patronat comme à propos de la TVA anti-sociale (taxer les ménages pour supprimer les taxes des capitalistes !) Pas du tout ! Elles sont plus que jamais impliquées dans les négociations avec patronat et gouvernement qui ne visent qu’à mettre en place des reculs sociaux massifs comme la remise en cause des contrats CDI sous prétexte de recherche de compétitivité des entreprises françaises. La direction de la CGT est tellement peu engagée dans une riposte face à la radicalisation des attaques patronales (licenciements massifs dans tous les secteurs d’activité et chantages à l’emploi) qu’elle vient de se choisir comme dirigeant Lepaon, un leader syndical qui s’était distingué en bradant la lutte des Moulinex à un patron de combat qui n’a pas tari d’éloges sur son sens des responsabilités et qui a participé au Conseil Economique et Social, grand organisme de collaboration de classe où il élaboré un rapport en vue de la privatisation de la SNCF et où il s’est taillé de solides amitiés à droite…

Face à la vague de licenciements, ce n’est pas la promenade et les débrayages syndicaux d’une journée d’inaction qui vont renforcer les travailleurs, alors que les organisateurs sont justement ceux qui empêchent les travailleurs attaqués dans la vague de licenciements de s’unir dans la lutte. Pas même une manifestation de l’ensemble des salariés de PSA. Pas même de grève avec occupation à PSA malgré les licenciements massifs et la fermeture d’Aulnay qui ne sont pas du tout remis en cause. Aucune tentative d’unir dans a lutte les PSA, les Renault, les Sanofi, les ArcelorMittal, les Petroplus et on en passe… Pas de liaison avec les cheminots et les infirmières frappés eux aussi par des suppressions d’emplois massifs.

Alors que l’usine de PSA Aulnay fourmille de militants syndicalistes, leur seule action a consisté à retarder la réaction des travailleurs, les désarmant complètement. Ils ont prétendu battre l’expert du patron et celui du gouvernement en nommant leur propre expert. Mais la lutte ne consiste pas à employer la méthode du patron et de l’expertise syndicale il n’est rien sorti… d’autre que d’avoir refusé le combat en juillet quand tous les travailleurs étaient choqués en France par l’ampleur de l’attaque et par son agressivité, quand même la CFDT de Renault déclarait : « PSA : l’annonce de 8000 licenciements résonne comme un coup de tonnerre dans tout le pays », montrant que les salariés de ce trust automobile se sentaient touchés, concernés, menacés par cette attaque.

« Les salariés ont marqué un point, en faisant reculer la direction, on a gagné du temps sur cette machine infernale à licencier, moralement ça nous renforce et c’est une bonne chose, avait estimé le permanent de la CGT PSA Aulnay, après avoir obtenu … que les travailleurs ne fassent pas grève à la mi juillet et annoncent qu’ils lutteront… à la rentrée. « Une lutte contre une fermeture d’usine, c’est un marathon, pas un sprint » affirmait-il pour le justifier, rajoutant « Une grève illimitée serait une erreur tactique : ça nous épuiserait rapidement financièrement et ça aurait un pouvoir de nuisance limité ». « On n’a même pas fait brûler un pneu depuis le début du conflit. Il faut être plus intelligent ».

« L’usine tourne au ralenti, à la vitesse à laquelle les salariés le décident » a dit ce responsable syndical fier de son unité syndicale au sein de l’intersyndicale où il se retrouve avec le syndicat patronal SIA (ancienne CFT de sinistre mémoire) qui a un passé fasciste ! Et l’intersyndicale a fini par négocier avec le patron sans exiger la non fermeture d’Aulnay que la CGT mettait sans cesse en avant pour ne pas donner comme revendication phare quelque chose qui pourrait unir tous les licenciés de PSA !

Les négociateurs sont des centrales dont les appareils sont très loin des travailleurs. Lepaon ou Thibaut ne sont pas des cas à part. L’essentiel de l’argent que touchent ces organisations vient des patrons des trusts et de l’Etat. Bien sûr, elles ont le soutien localement de militants syndicalistes pour la plupart honnêtes et nullement vendus au patronat mais infectés eux aussi par la maladie de la négociation.

Et tous les discours de ces syndicalistes, à PSA comme ailleurs, a consisté à dire, tant que Sarkozy était en place que tout était de sa faute, et depuis que c’est Hollande qu’il doit les sauver. Les PSA ont réclamé à corps et à cri une entrevue avec Sarkozy pour finalement en faire autant avec Hollande ou Montebourg. Comme s’il y avait besoin de s’imaginer que l’Etat est au service de quelqu’un d’autre que les patrons.

Il y a des milliards dans les caisses de l’Etat pour sauver la banque de PSA – on notera que les syndicats se sont gardés de souligner que les trusts automobile ont désinvesti pour se transformer en banques, que ce soit Renault ou PSA ! – et il y en encore des milliards pour sauver à nouveau la banque Dexia ou la banque CIF. Pas un centime bien sûr de l’Etat pour les salariés et pas moyen d’imposer la suppression des licenciements. Si on paie des impôts, c’est pour sauver les capitalistes et leur système...

Faut-il s’en étonner quand on sait que la gauche n’est en rien « socialiste » ni « communiste » comme ils le proclament mais de loyaux gérants du capitalisme comme ils l’ont montré plusieurs fois au gouvernement. Même Mélenchon ministre ne s’est distingué en rien et toutes les dernières mesures antisociales d’Hollande n’ont pas suffi à le faire revenir sur l’idée que le Front de Gauche qu’il représente fait partie de la majorité présidentielle avec le PS et les Verts.

Quant on croit que les appareils syndicaux, que l’appareil d’Etat sont des amis, on n’a plus à craindre plus ses ennemis…

Et ceux-ci s’en donnent à cœur joie pour enfoncer le ventre mou du gouvernement de gauche : des dirigeants de start-up aux patrons de chirurgie, des patrons de trusts comme Varin aux dirigeants du MEDEF, ils crient haut et fort qu’ils ne veulent pas être pigeonnés. Ils crient beaucoup plus fort que sous Sarkozy parce qu’ils vont gagner encore plus avec un gouvernement qui se prétend du côté des salariés (et qui étouffe les organisations syndicales dans sa négociation permanente) que par un gouvernement ouvertement pour le patronat.

Tant que nous, travailleurs, ne nous dirigerons pas nous-mêmes en tant que classe, nous n’aurons aucune raison d’être respectés de la classe capitaliste ni aucune raison de la faire reculer dans ses attaques ni respectés non plus de l’appareil d’Etat de la bourgeoisie, que ses exécutants soient de droite ou se disent « de gauche ».

On n’a que les dirigeants que l’on mérite, dit le proverbe. En nous contentant de voter, de négocier, de chercher l’entente avec des ennemis mortels comme les patrons des trusts, on nous a mis comme dirigeants des faux amis de la classe ouvrière qui nous ont démobilisés en prétendant nous mobiliser (l’exemple des retraites est encore dans nos mémoires).

On aura beau faire, on ne transformera jamais un Hollande dans autre chose qu’un président normal de la bourgeoisie, un Mélenchon en autre chose qu’un politicien de gouvernement et le PCF lui-même en autre chose qu’un parti en transition permanente entre le stalinisme et la social-démocratie et dont nombre de militants sont justement l’appareil de la CGT qui organise l’inorganisation de notre classe. On ne transformera pas des Thibaut, des Lepaon et des Chérèque en leaders de la lutte des classes. N’oublions pas que même Thibaut se déclarait hostile à toute grève générale dans le conflit des retraites !

Pour nous travailleurs, être organisés ce n’est pas avoir voté pour un parti ni soutenu un syndicat aux élections professionnelles. C’est constituer, face à l’ampleur des attaques qui menacent nos emplois, nos contrats de travail, nos conditions même d’existence, des comités de lutte, des conseils de salariés. Une classe qui ne discute pas en son propre sein, qui ne se réunit pas, qui ne prend pas elle-même ses propres décisions est une classe qui sera aisément écrasée par un patronat organisé lui sur des bases de classe et la menant la lutte des classes. Une classe ouvrière organisée en comités, considérant que, pour toute entreprise menacée, c’est toute la classe qui l’est, organisant la lutte d’ensemble en passant d’une usine à une autre d’un site à un autre pour des assemblées générales communes est une classe qui peut passer de la défensive à l’offensive, qui peut s’attaquer aux banquiers, aux spéculateurs et patrons des trusts qui nous pompent nos emplois et nos revenus. Ce n’est pas en pleurnichant que l’on s’en sortira mais en menaçant les intérêts des patrons à chaque fois qu’ils menacent nos vies !

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