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Oeuvres de Boris Vian - Matière et Révolution
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Oeuvres de Boris Vian

jeudi 25 avril 2013, par Robert Paris

A l’occasion de la sortie du film L’écume des jours, voici les oeuvres de Boris Vian

Qui était Boris Vian ?

Romans de Boris Vian

L’écume des jours

L’Automne à Pékin

J’irai cracher sur vos tombes

Et on tuera tous les affreux

Elles se rendent pas compte

Les Lurettes fourrées

Le Loup-garou

L’Équarrissage pour tous

Les Bâtisseurs d’empire

Poésies de Boris Vian

Si les poètes étaient moins bêtes

Si les poètes étaient moins bêtes
Et s’ils étaient moins paresseux
Ils rendraient tout le monde heureux
Pour pouvoir s’occuper en paix
De leurs souffrances littéraires.

Ils construiraient des maisons jaunes
Avec de grands jardins devant
Et des arbres pleins de zoizeaux
De mirliflûtes et de lizeaux
Des mésongres et des feuvertes
Des plumuches, des picassiettes
Et des petits corbeaux tout rouges
Qui diraient la bonne aventure

Il y aurait de grands jets d’eau
Avec des lumières dedans
Il y aurait deux cents poissons
Depuis le croûsque au ramusson
De la libelle au pépamule
De l’orphie au rara curule
Et de l’avoile au canisson

Il y aurait de l’air tout neuf
Parfumé de l’odeur des feuilles
On mangerait quand on voudrait
Et l’on travaillerait sans hâte
A construire des escaliers
De formes encore jamais vues
Avec des bois veinés de mauve
Lisses comme elle sous les doigts

Mais les poètes sont très bêtes
Ils écrivent pour commencer
Au lieu de s’mettre à travailler
Et ça leur donne des remords
Qu’ils conservent jusqu’à la mort
Ravis d’avoir tellement souffert
On leur donne des grands discours
Et on les oublie en un jour
Mais s’ils étaient moins paresseux
On ne les oublieraient qu’en deux.

L’Evadé

Il a dévalé la colline
Ses pas faisaient rouler les pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie

Il respirait l’odeur des arbres
Avec son corps comme une forge
La lumière l’accompagnait
Et lui faisait danser son ombre

Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil

Les canons d’acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l’eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il s’est relevé pour sauter

Pourvu qu’ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L’a foudroyé sur l’autre rive
Le sang et l’eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil

Le temps d’atteindre l’autre rive
Le temps de rire aux assassins
Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre.

La Java des Bombes Atomiques

Mon oncle un fameux bricoleur
Faisait en amateur des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris
C’était un vrai génie question travaux pratiques
Il s’enfermait toute la journée
Au fond de son atelier pour faire ses expériences
Et le soir il rentrait chez nous
Et nous mettait en transes
En nous racontant tout :
“Pour fabriquer une bombe “A”
Mes enfants croyez-moi
C’est vraiment de la tarte
La question du détonateur
Se résout en un quart d’heure

C’est de celles qu’on écarte
En ce qui concerne la bombe “H’
C’est pas beaucoup plus vache
Mais une chose me tourmente
C’est que celles de ma fabrication
N’ont qu’un rayon d’action
De trois mètres cinquante
Il y a quelque chose qui cloche là-dedans
J’y retourne immédiatement !”

Il a bossé pendant des jours
Tachant avec amour d’améliorer le modèle
Quand il déjeunait avec nous
Il dévorait d’un coup sa soupe aux vermicelles
On voyait à son air féroce
Qu’il tombait sur un os
Mais on n’osait rien dire
Et puis un soir pendant le repas
Voilà Tonton qui soupire et qui s’écrie comme ça :

“À mesure que je deviens vieux
Je m’en aperçois mieux
J’ai le cerveau qui flanche.
Soyons sérieux, disons le mot
C’est même plus un cerveau
C’est comme de la sauce blanche

Voilà des mois et des années
Que j’essaie d’augmenter
La portée de ma bombe
Et je ne me suis pas rendu compte
Que la seule chose qui compte
C’est l’endroit où elle tombe
Il y a quelque chose qui cloche là-dedans
J’y retourne immédiatement

Sachant proche le résultat
Tous les grands chefs d’état
Lui ont rendu visite
Il les reçut et s’excusa de ce que sa cagna
Était aussi petite
Mais sitôt qu’ils sont tous entrés
Il les a enfermés en disant “soyez sages”
Et quand la bombe a explosé
De tous ces personnages il n’est plus rien resté

Tonton devant ce résultat ne se dégonfla pas
Et joua les andouilles
Au tribunal on l’a traîné et devant les jurés
Le voilà qui bafouille :
“Messieurs c’est un hasard affreux
Mais je jure devant Dieu
Qu’en mon âme et conscience

En détruisant tous ces tordus
Je suis bien convaincu
D’avoir servi la France”
On était dans l’embarras
Alors on le condamna et puis on l’amnistia
Et le pays reconnaissant l’élut immédiatement
Chef du gouvernement.

Le Déserteur

Monsieur le Président je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir
Monsieur le Président
je ne veux pas la faire
je ne suis pas sur terre
Pour tuer des pauvres gens
C’est pas pour vous fâcher
Il faut que je vous dise
Ma décision est prise
je m’en vais déserter

Depuis que je suis né
J’ai vu mourir mon père
J’ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants
Ma mère a tant souffert
Qu’elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers
Quand j’étais prisonnier
On m’a volé ma femme
On m’a volé mon âme
Et tout mon cher passé
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes
J’irai sur les chemins

Je mendierai ma vie
Sur les routes de France
De Bretagne en Provence
Et je dirai aux gens
Refusez d’obéir
Refusez de la faire
N’allez pas à la guerre
Refusez de partir
S’il faut donner son sang
Allez donner le vôtre
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le Président
Si vous me poursuivez
Prévenez vos gendarmes
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer.

ILS CASSENT LE MONDE

Ils cassent le monde
En petits morceaux
Ils cassent le monde
A coups de marteau
Mais ça m’est égal
Ca m’est bien égal
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j’aime
Une plume bleue
Un chemin de sable
Un oiseau peureux
Il suffit que j’aime
Un brin d’herbe mince
Une goutte de rosée
Un grillon de bois
Ils peuvent casser le monde
En petits morceaux
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
J’aurais toujours un peu d’air
Un petit filet de vie
Dans l’oeil un peu de lumière
Et le vent dans les orties
Et même, et même
S’ils me mettent en prison
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez
Il suffit que j’aime
Cette pierre corrodée
Ces crochets de fer
Où s’attarde un peu de sang
Je l’aime, je l’aime
La planche usée de mon lit
La paillasse et le châlit
La poussière de soleil
J’aime le judas qui s’ouvre Les hommes qui sont entrés
Qui s’avancent, qui m’emmènent
Retrouver la vie du monde
Et retrouver la couleur
J’aime ces deux longs montants
Ce couteau triangulaire
Ces messieurs vêtus de noir
C’est ma fête et je suis fier
Je l’aime, je l’aime
Ce panier rempli de son
Où je vais poser ma tête
Oh, je l’aime pour de bon
Il suffit que j’aime
Un petit brin d’herbe bleue
Une goutte de rosée
Un amour d’oiseau peureux
Ils cassent le monde
Avec leurs marteaux pesants
Il en reste assez pour moi
Il en reste assez, mon cœur

La valse jaune

Il y a du soleil dans la rue
Moi j’aime le soleil mais j’ai peur des gens
Et je reste caché tout l’temps
A l’abri des volets d’acier noir

Il y a du soleil dans la rue
Moi j’aime bien la rue mais quand elle s’endort
Et j’attends que le jour soit mort
Et je vais rêver sur les trottoirs

Et l’soleil
De l’aut’ côté du monde
Danse une valse blonde
Avec la terre ronde, ronde, ronde, ronde
Le soleil
Rayonnant comme un faune
Danse une valse jaune
Pour ceux de l’autre ciel

Mais moi j’ai la nuit dans ma poche
Et la lune qui accroche
De l’ombre au coin des toits
Je vois tous les songes qui volent
En lentes banderoles
Et se perdent là-bas

Et l’soleil
Fait le tout de la terre
Et revient sans s’en faire
Et la rue se remplit de travail et de bruit
Alors
C’est là que j’me méfie...

Car il y a du travail dans la vie
Moi j’aime pas l’travail mais j’aime bien la vie
Et j’vais voir de quoi elle a l’air
En f’sant gaffe de pas trop en faire

Y en a qui comprennent pas la vie
Six heures du matin, ils sont déjà l’vés
Ça fait vraiment un drôle d’effet
Ça dégoûte presque autant qu’la pluie

Et l’soleil
De l’aut’ côté du monde
Danse une valse blonde
Avec la terre ronde, ronde, ronde, ronde
Le soleil
Rayonnant comme un faune
Danse une valse jaune
Pour ceux de l’autre ciel

Mais moi j’ai la nuit dans ma poche
Et la lune qui accroche
De l’ombre au coin des toits
Je vois tous les songes qui volent
En lentes banderoles
Et se perdent là-bas

Et l’soleil
Fait le tout de la terre
Et revient sans s’en faire
Et la rue se remplit de travail et de bruit
Alors
Moi je me mets au lit...

Un poète

C’est un être unique
A des tas d’exemplaires
Qui ne pense qu’en vers
Et n’écrit qu’en musique
Sur des sujets divers
Des rouges ou des verts
Mais toujours magnifiques

L’amour en cage de Boris Vian

Mon cœur s’est pris à tes épaules
Mon cœur s’est pris à tes yeux gris
Le soleil s’est éteint
Et la neige est tombée
J’ai eu froid sans mon cœur
Rends-le moi
Mon cœur tremblait dans tes mains calmes
Mon cœur tremblait contre le tien

Les oiseaux se sont tus
Et les fleurs ont pâli
J’ai si froid sans mon cœur, rends-le moi
Ne le mets pas dans une cage
Il va mourir comme l’amour
Laisse-moi courir les rues
Laisse-moi vivre au fil des jours

J’ai mis le bonheur à la porte
Et j’ai brisé tous ses anneaux
J’ai laissé les baisers
J’ai cassé les serments
Et j’enferme mon cœur avec moi
Demain, demain je serai seul
Dans le silence de ma vie
Me prendra le hasard
M’aimera qui voudra
Mais j’enferme mon cœur avec moi

Je serai libre dans ma cage
Je serai libre avec mon cœur
Et j’irai courir les rues
Les rues de rêve
Où vont mes amours

Je voudrais pas crever

Je voudrais pas crever
Avant d’avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d’argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d’égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu’on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j’en aurai l’étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j’apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d’algues
Sur le sable ondulé
L’herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L’odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l’Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d’avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J’en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu’on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s’amène
Avec sa gueule moche
Et qui m’ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d’avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu’est le plus fort Je voudrais pas crever
Avant d’avoir goûté
La saveur de la mort...

2 Messages de forum

  • Oeuvres de Boris Vian 25 avril 2013 05:31

    Je mourrai de voir torturer des enfants

    Et des hommes étonnés et blêmes

    Je mourrai rongé vivant

    Par des vers, je mourrai les

    Mains attachées sous une cascade

    Je mourrai brûlé dans un incendie triste

    Je mourrai un peu, beaucoup,

    Sans passion, mais avec intérêt

    Et puis quand tout sera fini

    Je mourrai.

    Boris Vian

    Répondre à ce message

  • Oeuvres de Boris Vian 25 avril 2013 05:32

    L’écume des jours (extraits)

    *** Colin se présente pour un emploi ***
    - Alors ?... dit le directeur.
    - Eh bien, voilà !... dit Colin.
    - Que savez-vous faire ? demanda le directeur.
    - J’ai appris des rudiments..., dit Colin.
    - Je veux dire, dit le directeur, à quoi passez-vous votre temps ?
    - Le plus clair de mon temps, dit Colin, je le passe à l’obscurcir.
    - Pourquoi ? demanda plus bas le directeur.
    - Parce que la lumière me gène, dit Colin.
    - Ah !... Hum !... marmonna le directeur. Vous savez pour quel emploi
    on demande quelqu’un, ici ?
    - Non, dit Colin.
    - Moi non plus..., dit le directeur. Il faut que je demande à mon
    sous-directeur. Mais vous ne paraissez pas pouvoir remplir l’emploi...
    - Pourquoi ? demanda Colin à son tour.
    - Je ne sais pas..., dit le directeur.
    Il avait l’air inquiet et recula un peu son fauteuil.
    - N’approchez pas !... dit-il rapidement.
    - Mais... je n’ai pas bougé..., dit Colin.
    - Oui..., oui..., marmonna le directeur. On dit ça... Et puis...
    (...)
    *** Entre le sous-directeur portant un dossier sous le bras ***
    - Vous avez cassé une chaise, dit le directeur.
    - Oui, dit le sous-directeur.
    Il posa le dossier sur la table.
    - On peut la réparer, vous voyez...
    Il se tourna vers Colin.
    - Vous savez réparer les chaises ?
    - Je pense..., dit Colin désorienté. Est-ce très difficile ?
    - J’ai usé, assura le sous-directeur, jusqu’à trois pots de colle
    de bureau sans y parvenir.
    - Vous les paierez ! dit le directeur. Je les retiendrai sur
    vos appointements...
    - Je les ai fait retenir sur ceux de ma secrétaire, dit le sous-directeur.
    Ne vous inquiétez pas, patron.
    - Est-ce, demanda timidement Colin, pour réparer les chaises que vous
    demandiez quelqu’un ?
    - Sûrement ! dit le directeur.
    - Je ne me rappelle plus bien, dit le sous-directeur. Mais vous ne
    pouvez pas réparer une chaise...
    - Pourquoi ? dit Colin
    - Simplement parce que vous ne pouvez pas, dit le sous-directeur.
    - Je me demande à quoi vous l’avez vu ? dit le directeur.
    - En particulier, dit le sous-directeur, parce que ces chaises sont
    irréparables, et, en général, parce qu’il ne me donne pas l’impression
    de pouvoir réparer une chaise.
    - Mais, qu’est-ce qu’une chaise a à faire avec un emploi de bureau ? dit Colin.
    - Vous vous asseyez par terre, peut-être, pour travailler ? ricana le directeur.
    - Mais vous ne devez pas travailler souvent, alors renchérit le sous-directeur.
    - Je vais vous dire, dit le directeur, vous êtes un fainéant !...
    - Voilà..., un fainéant... approuva le sous-directeur.
    - Nous, conclut le directeur, ne pouvons, en aucun cas, engager un fainéant !...
    - Surtout quand nous n’avons pas de travail à lui donner..., dit le
    sous-directeur.
    - C’est absolument illogique, dit Colin abasourdi par leurs voix de bureau.
    - Pourquoi illogique, hein ? demanda le directeur.
    - Parce que, dit Colin, ce qu’il faut donner à un fainéant, c’est justement
    pas de travail.
    - C’est ça, dit le sous-directeur, alors, vous voulez remplacer le directeur ?
    Ce dernier éclata de rire à cette idée.
    - Il est extraordinaire !... dit-il.
    (...)

    Le vent se frayait un chemin parmi les feuilles et
    ressortait des arbres tout chargé d’odeurs de bourgeons et
    de fleurs. (...)
    Le soleil dépliait lentement ses rayons et les hasardait, avec
    précaution, dans des endroits qu’il ne pouvait atteindre
    directement, les recourbant à angles arrondis et onctueux,
    mais se heurtait à des choses très noires et les retirait
    très vite, d’un mouvement nerveux et précis de poulpe doré.
    Son immense carcasse brûlante se rapprocha peu à peu,
    puis se mit, immobile, à vaporiser les eaux continentales et
    les horloges sonnèrent trois coups.

    Boris Vian

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