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La disparition des emplois industriels, une fatalité ?

vendredi 17 février 2017, par Robert Paris

La disparition des emplois industriels, une fatalité ?

Tous les candidats à l’élection présidentielle française rivalisent de mots durs pour qualifier la chute continuelle des emplois industriels qu’aucune politique gouvernementale ni action des possesseurs de capitaux n’a enrayée depuis plusieurs décennies en France. A les entendre, ils ont tous « la solution » et dénoncent leurs adversaires qui n’auraient pas le courage de l’employer, ou même simplement de dire la vérité à la population. Ce thème est l’un des points centraux économiques du programme des candidats. Tous sont d’accord sur le constat et il est réel : « l’industrie française a perdu plus de 1,4 million d’emplois en vingt-cinq ans », disent-ils, et il faudrait plutôt dire que les possesseurs de capitaux ont détruit 1,4 millions d’emplois dans l’industrie. Et cette évolution n’est pas en voie de s’arrêter : on relève la perte de 100.000 emplois industriels et de 900 usines en France dans les trois dernières années. L’industrie n’emploie plus que 3,1 millions de personnes, et ne représente que 12 % de l’activité en France (hors construction), contre 20 % en 1989.

Pourtant, les gouvernements précédents, de droite comme de gauche, avaient déjà affirmé détenir la panacée : aides financières d’Etat, plans de soutiens à l’économie, lois d’aide à la compétitivité, suppressions des impôts et taxes, signatures d’accords avec les syndicats pour « favoriser l’entreprise face à la concurrence », etc. Cela a permis de diminuer massivement les salaires industriels, de bloquer les augmentations générales, d’augmenter la productivité du travail, de déréguler les heures supplémentaires, de précariser le travail, mais certainement pas d’augmenter le nombre des emplois industriels, bien au contraire ! L’Automobile comme la sidérurgie ou la métallurgie sont des exemples criants du fait que les politiques d’aide à l’industrie favorisent les suppressions d’emplois et non leur création, et surtout pas d’emplois fixes en CDI !!!

Alors, les classes dirigeantes, les média, les hommes politiques en déduisent qu’il faut mener la même politique, mais en l’accroissant : réduire encore les impôts des entreprises, diminuer encore les salaires et augmenter la charge de travail des salariés, supprimer le CDI du code du travail et fabriquer un mixage du CDI et du CDD ne garantissant pas l’emploi, favoriser encore le droit des patrons de licencier, de précariser, de pénibiliser les emplois industriels, soi-disant pour favoriser davantage l’industrie française dans un contexte d’une concurrence exacerbée.

Lorsqu’il était ministre, Macron ne défendait pas autre chose que l’intervention économique de l’Etat pour favoriser l’emploi industriel. Six mois après le lancement du plan Industrie du futur à Figeac par François Hollande, le ministre de l’Économie Macron était dans le Lot ce lundi 12 octobre. Évoquant la nécessité d’une "renaissance industrielle", Emmanuel Macron a annoncé le lancement d’un appel à projets de 100 millions d’euros destiné à soutenir les PME qui investiront dans la fabrication additive, la robotique, les « nouveaux matériaux composites » ou encore la « réalité augmentée ». Mais sous Macron-Hollande, les milliards continuaient d’aller aux trusts et aux banques et pas essentiellement « aux PME qui créaient des emplois », malgré la publicité faite par le ministre.

En visite à Gardanne en janvier 2016 sur le thème du « renouveau industriel » de la France, M. Macron expliquait que des lois contribuaient à tuer l’industrie, l’entreprise qu’il visitait déversant ses boues rouges polluantes dans les Calanques ne devait pas, selon lui, être fermée, tant pis pour l’écologie ! La loi Macron avait théorisé ce principe de « l’économie et l’emploi d’abord », faisant semblant de mettre sur le même plan de manière inséparable les profiteurs et les travailleurs, les profits et les emplois…

Selon Mélenchon, la perte des emplois serait, non le produit du capitalisme, ni des choix des possesseurs de capitaux, ni des gouvernants capitalistes mais de l’ « Europe allemande » !!! Mélenchon se propose d’« instaurer un protectionnisme pour favoriser le développement d’Arianespace ». Il affirme que sa politique française serait parfaitement entendue de Trump puisque celui-ci « prétend se situer sur la base des intérêts des Nord-Américains, donc il comprendrait parfaitement que je me situe strictement sur le point de vue des Français. »

D’après Nicolas Dupont-Aignan, « il faut relocaliser un million d’emplois industriels. Ceux que nous avons perdu sur ces dix dernières année ».

Trump, comme les protectionnistes français, parle de « relocaliser les emplois », comme s’il s’agissait juste de déplacements des emplois et non de leur destruction massive, générale, mondiale et définitive et comme si elle n’était pas liée à une évolution globale du capitalisme, à son impasse même.

Mais d’abord, est-il exact que cette chute des emplois industriels concerne particulièrement la France ? Et est-il exact qu’elle soit surtout due à la concurrence et même due aux délocalisations d’emplois, les emplois supprimés en France se retrouvant, selon les adeptes des politiques nationalistes et protectionnistes, de Le Pen à Mélenchon, en passant par Dupont-Aignan, se retrouvant à l’étranger, que ce soit en Europe, en Asie ou en Amérique ? D’autres, comme Macron, Fillon, Hollande ou Valls, parlent d’aider l’économie en diminuant les dépenses d’Etat qui grèveraient l’activité industrielle, et développent une politique reaganienne et thatchérienne, de libéralisation et privatisation, de dérégulation de l’économie. Là encore, l’idée, comme pour les protectionnistes, consiste à affirmer que c’est la concurrence qui défavoriserait particulièrement la France dans le monde.

Le « produire français » avait déjà fait son grand retour en politique avec le discours de Sarkozy à Sallanches et celui de François Hollande parlant en Bourgogne du « patriotisme industriel », et affirmant qu’« on ne peut pas accepter que la concurrence se fasse à notre détriment avec des pays qui ne respectent aucune norme sociale, aucune norme environnementale ». Marine Le Pen et François Bayrou lui avaient emboîté le pas, la première promettant de faire voter une loi baptisée « Achetons français » avec l’ambition de créer 500 000 emplois industriels en cinq ans, le second affichant son intention de faire du « produire en France » son « obsession ».

Eh bien, cette propagande est mensongère ! Il n’existe pas de pays ni de région du monde dans laquelle les emplois industriels continuent de croître, pas plus en Europe, en Asie ou en Amérique, et pas même en Chine ou en Inde.

La propagande protectionniste de Trump a au moins permis à tout le monde de savoir qu’aux USA aussi les emplois industriels ont sévèrement chuté de manière continue depuis des années et que les politiciens démagogues y servent la même soupe nationaliste qu’en France, prétendant que les délocalisations y étaient accusées d’être responsables des suppressions d’emplois industriels et la démagogie de Trump était du même acabit que les protectionnismes français ou européens : affirmant qu’il fallait imposer aux emplois industriels de rester sur place par des mesures contraignantes, économiques ou politiques.

« Le mouvement de désindustrialisation aux États-Unis a démarré dans les années 1970 et il a touché tous les pays développés, à quelques exceptions, comme l’Allemagne par exemple. À cette date, l’industrie représentait encore 25 % du PIB des États-Unis. Elle ne compte plus que pour 12 % aujourd’hui », souligne l’économiste Thibaut Bidet-Mayer, coordinateur de l’étude « L’industrie américaine : simple rebond ou renaissance ? »

De 1979 à 2011, l’industrie américaine a ainsi perdu plus de huit millions de salariés – 40 % de ses effectifs – et Trump en accuse essentiellement la concurrence chinoise et européenne mais, en réalité, c’est la crise du capitalisme qui est en cause, plus de deux millions d’emplois ayant déjà disparu immédiatement à la suite de la crise financière de 2008.

Le rapport de la communauté européenne, dans l’UE-28, est très clair : la chute de la production industrielle a été particulièrement brutale : - 19,6 % en un an !

La raison de cette vague massive de suppressions d’emplois n’est pas l’arrivée d’une nouvelle récession, étant donné qu’une véritable reprise économique n’a jamais eu lieu après la crise de 2007-2008, les classes dirigeantes du monde et d’abord des USA ayant décidé qu’il n’était pas possible cette fois de laisser chuter les trusts et les banques en faillite. La crise a donc été empêché à coups de finances publiques des Etats et des banques centrales et elle l’a toujours été depuis cette période. Plus de possibilité de faillites des plus grandes entreprises signale qu’il n’y a plus de ressort économique au monde capitaliste : plus de développement porté par la dynamique des investissements productifs privés, pas même dans les derniers secteurs actifs comme l’informatique, pas même dans les derniers pays capitalistes à être dynamiques comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, tous en chute…

Mais aucun des commentateurs officiels ne veulent voir dans les destructions d’emplois l’action de l’effondrement capitaliste mondial de 2007-2008, pourtant une cause évidente !!!

En vrac, les accusés de la perte des emplois industriels sont les robots, le travail au noir, les pays étrangers, les délocalisations, les emplois non productifs, les dépenses d’Etat, les fonctionnaires, les accords internationaux, l’augmentation de la productivité du travail, tout mais pas le choix des capitalistes de se désinvestir des secteurs industriels, choix pourtant criant et évident au vu de la courbe des investissements ou plutôt des désinvestissements !!!

Aucun homme politique, aucun média, aucun membre des classes dirigeantes ne reconnaît qu’il s’agit d’une évolution internationale, d’une transformation de fond du système économique mondial : le désinvestissement des capitaux dans la production ! Aucun ne reconnaît que les statistiques officielles indiquent que les délocalisations ne correspondent qu’à environ 5% des suppressions d’emplois industriels.

D’après l’Insee, organisation de la statistique en France, 11.500 postes industriels ont été supprimés en France entre 2009 et 2011 parce que des entreprises ont délocalisé. Cela ne représente que 5% des destructions d’emplois dans le secteur sur ces deux années.

D’après la Direction Générale du Trésor et de la Politique Economique (DGTPE), l’externalisation de certaines activités qui était responsable de 20 à 25% de la baisse de l’emploi industriel entre 1980 et 2007 en a provoqué moins de 5% depuis 2000. A l’inverse, les forts gains de productivité réalisés dans le secteur industriel jouent un rôle croissant. Ils sont à l’origine de près de 30% des pertes d’emplois sur l’ensemble de la période et de 65% depuis 2000.

La France n’est même pas le pays le plus touché par les suppressions d’emplois industriels en Europe : l’Italie, l’Espagne, le Portugal et les pays de l’Est étant encore plus frappés. Dans l’ensemble de l’Europe, le secteur passe en moyenne de 27 à 23 % des actifs (en comptant le BTP). Les plus fortes baisses en matière d’activité ont été enregistrées à Chypre, à Malte, en Suède, au Luxembourg, en Finlande, en Italie et en Grèce, où la production industrielle a diminué de plus de 3,0 % entre 2012 et 2013.

A part les délocalisations, hommes politiques, patrons, économistes et média nous servent le « déficit de compétitivité » qui sous-entend que les travailleurs français seraient moins rentables que leurs homologues étrangers. Manque de chance : l’emploi était encore plus bon marché en Asie il y a vingt ans qu’aujourd’hui et l’explication tombe à plat !!! La Chine est présentée comme la principale mangeuse d’emplois de France et pourtant même ces fameux partisans de la thèse des délocalisations ne parviennent à trouver que très peu d’emplois réellement identifiés comme des délocalisations d’emplois venus de France...

La Chine vole les emplois américains ?

« Dans le passé, les Américains ont eu 13 guerres qui ont coûté 40,2 trillions de dollars […] Que se serait-il passé s’ils avaient dépensé une partie de cet argent pour développer les infrastructures, pour aider les fonctionnaires et les ouvriers ? Peu importe si cela était ou non bien stratégiquement, vous êtes supposés utiliser l’argent pour votre propre peuple », a répondu Jack Ma, milliardaire chinois, lors du Forum économique, qui se déroulé à Davos, en Suisse.

Il a ensuite poursuivi sur sa lancée : « Quand j’étais jeune, tout ce dont j’entendais parler sur l’Amérique c’était Ford et Boeing et toutes ces entreprises de fabrication. Les dix à 20 dernières années, tout ce dont j’entends parler c’est la Silicon Valley et Wall Street […] Que s’est-il passé ? [Durant] l’année 2008, la crise financière a balayé 19,2 trillions de dollars rien qu’aux Etats-Unis et a détruit 34 millions d’emplois dans le monde. Donc que se passerait-il si les dépenses pour Wall Street et le Moyen-Orient avaient été réservées au Midwest des Etats-Unis, pour développer l’industrie là-bas ? Cela aurait pu changer beaucoup. »

La réalité, c’est que la Chine, soi-disant pacifique, supprime autant d’emplois que les autres pays capitalistes et est en pleine intervention étatique pour tenter de bloquer la chute des emplois industriels, comme les autres pays…

En 2008, année record des suppressions d’emplois dans le monde, 23 millions de travailleurs chinois avaient perdu leur emploi ! Au même moment, les suppressions d’emplois battaient leur plein aussi aux USA : 40.0000 suppressions d’emplois annoncés en une seule journée record en janvier 2008 (le 17 janvier).

Quand un Peugeot, un Sanofi, un Mittal, un Petroplus, une banque, un trust du Bâtiment ou de la Métallurgie ferme une entreprise, licencie des milliers de salariés, ce n’est pas pour aller en Chine. Sinon, le chômage et les suppressions d’emplois auraient totalement cessé maintenant que la croissance chinoise est grippée. C’est dans la spéculation que ces trusts, qui retirent leurs capitaux des investissements productifs, se sont investis. Plus les Etats « aident l’économie », soutiennent les bourses, « sauvent les banques », s’endettent pour cela, plus les investissements spéculatifs deviennent rentables et plus ces capitaux ne trouvent plus assez rentables les investissements productifs. La Chine n’y est pour rien. Elle est actuellement elle aussi la victime du même processus.

En fait, la Chine fait comme les autres, comme les USA, le Brésil, le Canada ou l’Argentine : elle défend le nationalisme économique, affirme que ses emplois sont attaqués par l’étranger et propose de développer le protectionnisme !!! Mais, en même temps, la Chine s’investit dans le monde, crée des emplois en Afrique, en Asie, en Europe, aux USA. Si le bilan global de l’évolution du capitalisme est celui de pertes massives d’emplois industriels, la Chine n’est pas la seule responsable : c’est l’ensemble du système qui est cause de cette évolution et il convient de comprendre pourquoi les mêmes fondements du capitalisme, qui ont durant des décennies produit une augmentation des emplois industriels, causent maintenant leur chute, due à la baisse massive, générale et continuelle des investissements productifs privés.

Il n’y a donc aucune raison d’attendre de reprise économique ni de reprise des embauches massive. La démarche qui pousse les capitaux privés à se retirer de leurs investissements productifs est même favorisée par les interventions étatiques puisque celles-ci produisent de nouvelles sources de rentabilité sans investissements dans la sphère productive. Plus les Etats s’endettent, plus ils déversent d’aides aux grand capital, plus ils soutiennent les bourses, plus ils interviennent dans la sphère productive, plus le grand capital trouve des intérêts à ne pas s’y investir pour leur part !

Contrairement à ce que prétendent les défenseurs nationalistes de l’emploi, qui diffusent l’idée que les emplois ont seulement été délocalisés, on constate qu’en réalité aucun pays ne connaît une hausse des emplois, pas plus les pays émergents que les USA ou les anciens impérialismes comme le Japon et l’Europe. Pas plus l’Afrique que l’Asie ou l’Amérique du sud. Dans toutes ces régions, les aides étatiques sont au plus haut niveau historique et les emplois baissent sans discontinuer, que les statistiques officielles le reconnaissent ou qu’elles le cachent.

Le plus grave, c’est que les partis, syndicats et associations qui se réclament de la classe ouvrière, d’une manière ou d’une autre, ne font pas mieux. Le Parti communiste français affirme avoir été le premier, avant Le Pen ou Trump, à brandir le nationalisme économique !! On se souvient du « produire français » du PCF, qui avait précédé le « produire français avec des Français » de Le Pen, père et fille !!! Pas de quoi être fier d’avoir donné comme objectif aux travailleurs le nationalisme qui les oppose aux travailleurs du reste du monde et qui prend au compte des travailleurs la concurrence qui est celle entre capitalistes !!!

Le PCF se rengorge de son produire français quand Trump fait du produire américain et May du produire anglais !!!

Et le syndicalisme ouvrier est resté sur cette longueur d’ondes ! La CGT finances affirme ainsi vouloir « la mise en synergie des établissements financiers par un Pôle financier public qui permettrait également de mettre les politiques publiques au service de l’emploi industriel. »

La CGT ne se gène pas du tout pour défendre le nationalisme économique et a même réussi à le faire passer pour le nec plus ultra de la lutte des travailleurs, permettant ainsi au poison de Le Pen de pénétrer encore plus facilement la classe ouvrière !!!

On a pu entendre des militants syndicalistes d’extrême gauche déclarer au rassemblement des salariés de PSA d’Aulnay contre les suppressions d’emplois : "Nous n’avons rien contre le fait que PSA embauche des travailleurs chinois ou brésiliens. Ils ont besoin comme nous de travailler et ce sont des frères de classe, mais cela ne doit pas se faire en supprimant des emplois de travailleurs en France." C’est une manière hypocrite de sous-entendre que ce sont les emplois en Chine ou au Brésil qui cassent les emplois en France. C’est faux ! Les emplois baissent partout dans le monde en ce moment, y compris en Chine : la mondialisation n’en est pas la cause, pas plus que les délocalisations. Si le patron veut le faire croire, ce n’est pas un hasard...

Mais la réalité, c’est que, derrière la chute des emplois, derrière « l’économie » en général comme derrière ce qui est qualifié d’ « économie nationale », il y a non des nations mais des classes sociales. Il y a l’intérêt de la classe qui possède les capitaux et qui ne gagne plus à investir dans la production et investit même dans la chute économique, dans la spéculation sur cette chute, sur ces dettes, sur les titres pourris, sur l’effondrement. Ce n’est pas lié à une nation particulière ni à un groupe de nations mais à une évolution du capitalisme mondial, qui n’est plus capable de développer spontanément l’échelle de la production et mise donc sur la chute, les possesseurs de capitaux ne pouvant tirer un profit individuel que de l’anticipation des évolutions prédictibles. Et, comme ces anticipations poussaient autrefois les capitaux à s’investir, elles les poussent aujourd’hui à désinvestir…

Ce n’est pas en cherchant à voler leurs emplois aux travailleurs des autres pays que les travailleurs du monde s’en sortiront, ce n’est pas en s’unissant à leurs capitalistes dits nationaux, ce n’est pas en comptant sur l’aide de l’Etat bourgeois national, c’est en s’unissant en tant que travailleurs, que prolétaires, par-delà les frontières. Et tous ceux qui se réclament du nationalisme ne sont que les fossoyeurs des intérêts des travailleurs.

Même aidée financièrement, massivement et à fonds perdus, par les Etats et les banques centrales, l’industrie capitaliste ne renaîtra pas de ses cendres et ne fera pas réapparaître les emplois perdus parce que l’économie capitaliste a atteint ses limites d’accumulation productive et qu’elle étouffe elle-même dans le cadre qui est le sien, celui de la propriété privée des moyens de production. Seule la lutte des classes, seul le combat entre exploiteurs et exploités permet aux travailleurs de développer leur action pour se défendre dans un cadre qui leur permet de défendre une véritable perspective pour toute la société : celle du pouvoir aux travailleurs et de la suppression de la propriété privée des moyens de production.

1 Message

  • Pour la CGT, la chute du capitalisme n’a rien de fatal et elle se propose de le sauver !

    La CGT, lors des Assises de l’Industrie à Paris le 22 février, a rappelé qu’elle avait des propositions pour de « doubler en dix ans la capacité de production en France ». La bourgeoisie est incapable de relancer la production et les investissements productifs en France mais aussi dans le monde mais le syndicat qui se revendique de la classe ouvrière, lui, a des solutions pour les patrons, pour sortir leur système d’exploitation de l’ornière et même de l’abîme où il plonge !!! Sous prétexte de chasser la finance, comme si c’était possible en système capitaliste (et il n’est pas question d’une telle sortie dans ce programme), elle veut en fait qu’on aide les capitalistes à produire !!!

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