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Bilan de la réunion publique des groupes de l'extrême gauche révolutionnaire - Matière et Révolution
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Bilan de la réunion publique des groupes de l’extrême gauche révolutionnaire

samedi 19 octobre 2013, par Robert Paris

Amis et camarades,

nous allons progressivement donner dans ce texte un compte-rendu de la réunion de samedi 12 octobre à la Bourse du travail qui regroupait diverses organisations d’extrême gauche, organisatrices de la réunion ou pas, ainsi que le bilan que nous en tirons. Nous tâcherons d’exposer les points de vue des groupes et des individus présents ainsi que notre point de vue sur l’intérêt et les difficultés du débat.

Revenez donc plus tard sur ce texte pour lire la suite...

amitiés communistes révolutionnaires et à bientôt

Robert Paris


Je rappelle tout d’abord le tract d’appel à cette réunion :

voir ici le texte du tract

Quelques mots sur notre démarche en proposant aux groupes d’extrême gauche révolutionnaire de se réunir et de discuter publiquement ensemble. Nous ne prétendons nullement qu’en un ou en quelques débats nous allons aplanir des divergences datant parfois de décennies. Nous ne disons pas que nous allons ainsi réussir à nous mettre d’accord aisément et nécessairement à fusionner. Nous ne prétendons nullement qu’un groupe, ni le nôtre ni un autre, va par son seul discours, entraîner aisément la conviction des autres. Nous ne pensons même pas que le fait que les divergences entre nous soient aplanies est une condition pour la construction qui est le rôle des révolutionnaires. Au sein d’un même parti révolutionnaire, et bien sûr au sein de mêmes comités d’action, comités de grève, conseils de travailleurs, il pourrait parfaitement y avoir ce type de divergences et elles ont existé au sein du parti bolchevik comme au sein de l’Internationale communiste. Ce sont plutôt les événements causés par la crise de la domination capitaliste qui vont nous forcer à nous parler, à échanger nos avis, à travailler ensemble, à gagner la confiance les uns des autres si possible. Nous ne sommes pas les premiers auxquels cela sera arrivé. Les groupes qui ont participé à la Commune ont collaboré ensemble alors que Proudhoniens et Blanquistes sans parler des Républicains, étaient bien plus éloignés politiquement. Dans les soviets, il y a eu des combats contre les réformistes et des rapprochements entre tendances révolutionnaires. C’est encore aujourd’hui la situation qui nous guide dans cette voie. Même si certains ne voient dans ce type de débat qu’une cacophonie, nous y voyons une manière d’avancer vers la clarification et la compréhension de la situation et la discussion des perspectives politiques du prolétariat, discussion publique qui fait partie du combat et qui, nous l’espérons, se déroulera à l’avenir dans un bien plus grand amphithéâtre, celui des soviets de travailleurs révolutionnaires. Dans cette perspective, nous ne pouvons pas aller vers les autres militants ou groupes pas plus que vers les travailleurs en exigeant qu’ils nous choisissent, qu’ils suivent nos analyses, qu’ils appuient nos mots d’ordre. Il nous faut de l’enthousiasme pour nos idées mais aussi la patience pour qu’elles prouvent leur validité. Exiger qu’on s’unisse immédiatement avec un groupe qui s’autoproclame noyau du futur parti révolutionnaire n’est pas notre démarche. Nous n’exigeons pas des autres militants ou groupes qu’ils soient d’accord avec nous, ni qu’ils adhèrent, ni qu’ils admettent notre analyse de la crise du capitalisme comme mort du système, ni qu’ils nous reconnaissent comme direction politique ou comme direction de la lutte sociale. Nous n’avons à exiger rien de tout cela. C’est aux révolutionnaires de faire leurs preuves et pas aux autres de s’incliner devant eux. Nous ne demandons que la critique fraternelle comme cela a été le cas tout au long de cette réunion... Il suffit de citer la liste des questions posées par le débat pour comprendre qu’on ne résout pas de telles questions en un ni plusieurs débats. Il importe pourtant d’entamer ceux-ci car on ne les évitera pas. Ils resurgiront dans les groupes et partis, dans les grèves, les luttes politiques et les révolutions, dans les conseils ouvriers, dans les comités de travailleurs, dans les AG interprofessionelles, etc. Car ce sont de vraies questions et on n’escamote pas les vraies questions. Ceux qui s’enferment dans leur seul groupe pour discuter ne traitent pas mieux ces questions. Ils ne vont pas non plus mieux de l’avant vers l’action des révolutionnaires en direction des travailleurs s’ils font seulement de l’activisme. Devant une crise inédite, nous avons besoin d’analyses et, du coup, de confrontations. Les questions abordées sont nombreuses et importantes : parti révolutionnaire, soviet et syndicats et leurs rôles respectifs pour les communistes révolutionnaires, rôle central du prolétariat dans la transformation sociale, rôle communiste et rôle vis-à-vis des couches petites bourgeoises, programme d’action face aux attaques de la bourgeoisie, rôle de collaboration des directions syndicales et manière de les combattre, rôle des révolutionnaires parmi leurs camarades de travail, appréciation de la crise du stalinisme et de celle du capitalisme, situation très défavorable aux travailleurs ou très défavorable aux capitalistes, voilà des sujets ambitieux mais être révolutionnaire communiste est nécessairement ambitieux. Soyons fous, exigeons l’impossible : que des groupes d’extrême gauche reconnaissent leurs désaccords et poursuivent cependant l’expérience. Cela n’a pas encore été tenté...

Cette réunion a finalement été coorganisée par les groupes suivants :

ARS-Combat

Robin Goodfellow

Voix des Travailleurs

et les groupes suivants sont également intervenus dans les débats :

GMI (Groupe Marxiste Internationaliste), fusion récente du CCI(T) et du Groupe Bolchevik.

Fraction Etincelle

LCI - Spartacist League

La Riposte

Parti Communiste des Philippines

La première partie a consisté en introductions par les groupes organisateurs et dont nous allons donner la teneur avant de rapporter le débat puis de développer un premier bilan... Bien évidemment, les autres participants (ou d’autres lecteurs intéressés) sont invités à contribuer à ce bilan.

Intervention du groupe GMI (Groupe Marxiste Internationaliste)

Je remercie d’abord la Voix des Travailleurs pour l’initiative d’aujourd’hui. Je ne savais pas quelles organisations y participaient mais cela n’a pas d’importance. L’important, c’est que nous ayons ce débat. Nous apprécions, en tant que groupe marxiste internationaliste, le fait que Voix des Travailleurs soit attaché comme nous-mêmes à l’exercice de la démocratie ouvrière et à son expression dans le mouvement ouvrier. Nous savons aussi que la Voix des Travailleurs se réclame, comme nous-mêmes, de la méthode marxiste. Sur ce terrain, nous pouvons envisager une discussion approfondie sur tous les problèmes de la lutte des classes qui se posent à nous aujourd’hui. Ces considérations devraient permettre de commencer à clarifier entre nous les questions abordées par le petit texte diffusé par la Voix des Travailleurs et que je fais totalement mien à savoir « discuter de la riposte ouvrière d’ensemble nécessaire face à la situation du système capitaliste et aux politiques patronales et gouvernementales et sur l’organisation du prolétariat indispensable dans ce but ». C’est donc un appel à l’action politique que l’on lance. Pour agir et nous allons tenter d’examiner, comme disait Lénine, par quel bout commencer, il est nécessaire de nous mettre d’accord sur la caractérisation de la situation actuelle du système capitaliste. En résumé, disons que depuis 2007-2008, nous assistons à une crise générale du système capitaliste mondial dans le cadre de l’impasse historique de ce système. Pour survivre et ne pas succomber à la barbarie, la classe ouvrière doit renverser ce régime failli, pourri et décomposé et ce à l’échelle mondiale. Pour homogénéiser nos points de vue sur cette question, une analyse commune, la plus précise et fouillée, me semble nécessaire. Pour envisager préparer la riposte ouvrière d’ensemble, il nous semble important d’affirmer d’emblée que ce combat a pour objectif d’en finir avec le capitalisme, c’est-à-dire avec la domination de classe mondiale des bourgeoisies et des divers impérialismes, pour des marxistes cette perspective signifie la lutte pour le pouvoir ouvrier et la perspective d’un gouvernement ouvrier en France dans le cadre du combat pour les Etats-unis socialistes d’Europe et du monde conduisant à l’instauration de la dictature du prolétariat. Le mouvement d’ensemble que l’on souhaite qui s’organise, qui soit impulsé, qu’on le nourrisse, qu’on le fasse avancer qu’on impose, nécessite la grève générale ou toute mobilisation des masses où la classe ouvrière manifeste son rôle dirigeant. Toute apparition d’une dualité de pouvoir entre les masses et la bourgeoisie est un des moments très importants dans la lutte de classe dans chaque pays. Mais tout cela ne suffit pas. L’affirmation de la lutte pour un gouvernement ouvrier est indispensable pour que la riposte ouvrière d’ensemble puisse aboutir. L’action décisive d’un parti ouvrier révolutionnaire est indispensable. Ce sont là des principes généraux des marxistes que je viens de rappeler ? La question se pose d’organiser la résistance de la classe ouvrière dans son ensemble et, dans le même mouvement, regrouper les éléments les plus conscients et actifs dans une même organisation politique, le parti révolutionnaire. La lutte des classes ne s’effectue pas effectivement en terrain vierge politiquement. Elle se heurte aux agents de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière. Les bureaucraties syndicales de nature bourgeoise et les partis réformistes de même nature bourgeoise se situent sur le terrain de la défense acharnée des intérêts du capital. Cela s’accompagne d’une même lutte contre les groupes centristes parfois révolutionnaires en parole mais réformistes quant au fond même de leur politique. Toutes ces questions impliquant les moyens tactiques et leur solution dans la lutte doivent être clarifiées dans un programme d’action permettant, au moyen de mots d’ordre transitoires pour la mobilisation des masses, d’avancer quant au regroupement des révolutionnaires au sein d’un même parti révolutionnaire, section de l’internationale ouvrière à construire.

Intervention de Voix des Travailleurs

Je vais vous parler de mon expérience en tant que salariée de l’hôpital public et surtout de deux grèves auxquelles j’ai participé. La première de ces grèves a eu lieu, en 1998, à l’hôpital Laennec de Paris, l’un des premiers hôpitaux d’une longue série, avec les hôpitaux Boucicaut et Broussais, à subir des fermetures voulues par le gouvernement, se traduisant par des réductions de personnel et jetant, en passant, comme de vulgaires morceaux de papier, un bon nombre de CDD dont certains y avaient travaillé plus de trois ans. D’ailleurs, l’un des slogans de la grève était : « Nous ne sommes pas des kleenex ! »

L’étincelle a pris par rapport à l’avenir d’un collègue brancardier apprécié de tous, qui avait écumé tous les contrats précaires existant après un an de service civique, CES, CDD et qui était menacé d’être remercié. Nous avions fait circuler une pétition qui a eu du succès et que nous avions ramenée à la direction de l’hôpital. Celle-ci avait répondu de manière vague sur son avenir. Avec quelques collègues, une autre militante et moi-même avons décidé de mener des discussions systématiques autour de nous pour prendre le pouls. Il y avait un certain mécontentement. On sentait même un malaise dû à l’incertitude quant à l’avenir. Nous avons alors décidé de faire un tract pour appeler à une assemblée générale. Nous nous sommes adressés aux syndicats pour le matériel. J’étais syndiquée à SUD Santé, anciennement appelé CRC, syndicat qui était le plus présent à l’époque sur l’hôpital et semblait plus jeune dans les idées… La CGT et FO étaient peu actifs.

A cette première assemblée, nous étions une cinquantaine. Le débat a été dynamique avec une volonté de ne pas en rester là. Nous avons décidé d’appeler à une nouvelle assemblée générale avec la condition que l’on parle autour de nous et que l’on revienne chacun accompagné d’au moins une personne. C’était chose faite : à l’AG suivante, nous étions environ deux cent, sachant que l’effectif était de 1700. Le personnel craignait pour ses futures conditions de travail et aussi pour l’avenir des CDD. Il y a eu un élan de solidarité entre titulaires et non titulaires et la grève a été votée.

J’ai proposé tout de suite que l’on puisse diriger nous-mêmes notre propre mouvement et décider ensemble des actions et des suites à mener et j’ai souligné, pour cela, l’importance d’un comité de grève. Le comité de grève a été voté à l’unanimité. Des groupes ont été constitués pour les tracts, pour passer dans les services, pour aller dans les autres hôpitaux concernés, etc…

Nous sommes restés dans le self après l’AG qui devenait notre piquet de grève pour discuter en comité de grève et celui-ci s’est tenu avec l’AG, tous les deux jours environ.

Les négociations ne se faisaient pas sans le comité de grève, composé de titulaires et de non titulaires, de syndiqués et de non syndiqués. Les syndicats ont bien essayé de nous dissuader d’agir ainsi car la situation leur avait échappé et ils nous disaient que la direction voulait seulement discuter avec les représentants syndicaux et que son bureau ne pouvait pas contenir autant de monde. Nous ne nous sommes pas laissés faire et nous avons dit à la direction que notre bureau, qui était le self, était assez grand et que l’on pouvait tous comprendre et entendre ce qu’elle avait à nous dire.

Les directions des syndicats n’ont pas repris la direction de la grève mais les choses sont devenues plus compliquées quand nous nous sommes présentés dans les autres hôpitaux car les syndicats avaient eu connaissance de l’existence du comité de grève de l’hôpital Laennec et ne voulaient absolument pas de cela.

Nos interventions dans les AG des hôpitaux étaient rendues difficiles, un secrétaire CGT ayant demandé « qu’on fasse repartir les zouaves de Laennec », disant que leur direction était différente. Des difficultés ont commencé également à Laennec car les grands pontes syndicaux, venant soi-disant par solidarité, demandaient aux secrétaires locaux de reprendre la main à tout prix.

Oui, nous avons dépensé plus d’énergie dans la grève à nous battre contre les appareils syndicaux qu’avec la direction et le gouvernement.

Malgré les syndicats des autres hôpitaux qui n’ont cessé de nous mettre des bâtons dans les roues contre l’élargissement du mouvement, avec des 45 minutes de débrayage par jour au lieu de la grève reconductible, nous avons réussi à toucher sept hôpitaux et ainsi à nous faire sérieusement craindre…

En tout cas, pendant toute la durée du mouvement, aucune décision, aucune négociation ne se sont faites en dehors et sans le comité de grève ou sans l’accord des assemblées générales de salariés. A la direction générale de Laennec, les salariés étaient représentés par le comité de grève. Et nous avons obtenu l’embauche des CDD sur les trois sites.

La deuxième expérience que je voudrais vous rapporter, concerne toujours à l’hôpital, où j’ai continué à exercer après mon départ de Laennec.

Un mouvement a commencé dans mon service, pour cause de manque d’effectifs. Nous nous sommes organisés avec mes collègues pour aller parler aux autres services et pour affirmer que nos problèmes étaient les mêmes, alors que les syndicats s’ingéniaient à faire partir en lutte service par service sans même en informer les collègues.

Très vite, la CGT s’y est mêlée alors que les syndicats SUD et FO nous avaient bien fait comprendre que pour eux notre service était reconnu comme une chasse gardée de la CGT ! Mais finalement, sous la pression des personnels, ces autres syndicats sont entrés aussi dans le mouvement. Dès la première AG, la CGT a fait voter la grève en disant qu’il fallait être plus mobilisés. C’est en prenant les salariés de haut que ces leaders dirigeaient en se disant plus radicaux que les agents. Les limites de ce prétendu radicalisme ont été vite atteintes…

J’ai proposé que l’on fasse des groupes pour passer dans les services. La CGT m’a répondu que la diffusion du tract à l’entrée suffirait. Elle a combattu le fait d’aller voir les autres hôpitaux.

Les hôpitaux qui nous ont rendu visite en assemblée générale ont été hués par les syndicalistes afin de les décourager de venir et de décourager les agents de l’hôpital de faire des actions communes.

Mais, par contre, tous les syndicats étaient d’accord entre eux sur un point : pas question de comité de grève !

Dans cet hôpital, c’est la leader CGT qui fait le caîd, qui monopolise toutes les actions et interventions, qui se débrouille pour qu’il n’y ait aucune action autonome des agents, au point de faire taire quiconque prétend formuler des revendications précises, par exemple chiffrer l’effectif manquants ou la revendication salariale.

Travaillant à l’hôpital public, j’ai tâché de vous rapporter comment nous y vivons la situation actuelle dans les luttes. Mais je crois bien que mon propos n’aurait pas été différent si je travaillais dans un autre secteur du public ou du privé et même si je travaillais dans un autre pays d’Europe. Je ne compte pas vous faire la liste des attaques et des dégradations multiples que subit le service public, que ce soit à l’hôpital, dans tout le secteur de santé, ou dans d’autres secteurs comme les chemins de fer ou l’énergie, la poste ou l’enseignement ou encore la recherche. Pas plus que je ne compte me plaindre de la manière dont les gouvernements successifs démolissent le service public. Personnels comme usagers ont déjà parfaitement conscience de tout cela et n’ont pas besoin des révolutionnaires pour se plaindre et surtout pas pour rêver que quelqu’un va venir, du dehors de la classe ouvrière elle-même, pour les sauver !

Je voudrais, au contraire, souligner combien tout ce qui se passe, y compris l’étendue des trahisons syndicales, montre à quel point toutes les forces adverses, sociales et politiques, craignent les travailleurs.

Car c’est de cela que mes camarades de travail comme l’ensemble des travailleurs ont le plus besoin : réaliser à quel point ils représentent une force considérable et redoutée des possédants.

Tous nos adversaires, patrons, hommes politiques, média ou dirigeants syndicaux, s’ingénient à nous faire croire que la classe ouvrière n’est pas une force considérable, à nous persuader que le chômage et les licenciements nous rendent attaquables à volonté. Et cela est faux !

Il faut voir à quel point les directions d’hôpitaux s’inquiètent à chaque fois qu’un coup de colère n’est pas dirigé et canalisé par un syndicat.

Il faut voir à quel point les dirigeants syndicaux s’inquiètent quand un hôpital comme celui de Tenon, alors en grève, est visité par des personnels d’autres hôpitaux qui lui proposent de les visiter pour élargir le mouvement…

Il faut voir à quel point les dirigeants syndicaux s’affolent même à l’idée que des agents souhaitent écrire et signer eux-mêmes des tracts.

Il faut voir comment des leaders syndicaux qui se présentent comme les plus radicaux, ceux par exemple de la CGT et parmi eux, ceux du Front de Gauche, du PCF ou de l’extrême gauche officielle, rejettent l’idée d’unir trois secteurs du même hôpital, en grève en même temps, et déposent trois préavis de grève différents comme récemment à l’hôpital Saint-Antoine ! Comment aussi ils s’ingénient à éviter que le mouvement d’ensemble soit dirigé par des assemblées générales communes. Comment dans la plupart des mouvements, ils ne convoquent même pas l’ensemble des personnels en grève en un même point de rendez-vous pour éviter de telles assemblées ! Comment parfois ils déclarent appeler à des grèves sans même en diffuser l’annonce dans le personnel.

Et je ne parle pas des campagnes de calomnies de ces mêmes syndicats si quelques salariés tentent de s’organiser en comité de grève, en assemblées inter-professionnelles ou toute autre forme d’organisation autonome comme les coordinations qui leur semble un crime de lèse-majesté devant l’autorité des syndicats et des intersyndicales, reconnus des patrons et de l’Etat.

Même la manière graduées, lente, progressive et planifiée dont le secteur privé annonce ses licenciements depuis PSA, Petroplus, Sanofi, Air France, etc, etc, même la manière discrète, lente, volontairement masquée et démoralisante dont les gouvernants annoncent la privatisation progressive des chemins de fer, de l’EDF, de la santé, de la recherche et de l’enseignement, programment aussi la destruction du code du travail, du contrat CDI, de la charge fixe de travail, du lieu fixe de travail, la destruction des retraites, des allocations chômage et de multiples autres droits sociaux, tout cela témoigne de leur crainte de réactions d’ensemble et brutales des travailleurs.

Leur intervention face à la crise de 2007 en témoigne également. D’un point de vue de classe, les capitalistes abandonnent immédiatement tout ce qui n’est pas rentable. Ils ont immédiatement commencé à se désinvestir massivement, à refuser tout crédit aux banques, à faire chuter les bourses, etc. Ils auraient immédiatement dès 2008, cessé de faire fonctionner l’économie, laissé chuter les banques et les trusts, y compris ceux de production comme l’Automobile. Et pourtant, contrairement à ce qui s’est fait dans toutes les crises capitalistes précédentes, ils n’ont pas laissé faire faillite aux canards boiteux. La seule raison qui les a motivés à continuer à faire fonctionner et à sauver tous les trusts et toutes les banques, grâce à des interventions massives des finances des Etats du monde, c’est la crainte des révolutions qui risquaient de prendre d’emblée un caractère social prolétarien et de le faire à l’échelle du monde. Ils ont fait en sorte que les révoltes n’éclatent que très progressivement, dans le Maghreb et le monde arabe, permettant ainsi que les relais dans les pays les plus riches ne donnent pas un caractère trop menaçant à ce premier mouvement issu de la crise. C’est pour cela, par crainte d’un mouvement du prolétariat international, que les pays capitalistes n’ont pas laissé chutes les banques et entreprises en faillite.

Bien sûr, la classe ouvrière a de multiples faiblesses, à commencer par ses divisions, que ce soit entre public et privé, entre jeunes et vieux, entre hommes et femmes, entre salariés en fixe et précaires, entre nationaux et immigrés, entre Musulmans et non Musulmans, mais elles sont d’autant plus cultivées et exploitées par les classes dirigeantes que, je le répète, celles-ci ont peur de nous, ont peur de la capacité révolutionnaire des travailleurs, peur que ces derniers s’organisent par eux-mêmes en tant que classe et qu’ils prennent la tête de toutes les couches mécontentes de la population, des jeunes chômeurs sans avenir, des retraités aux pensions réduites, des paysans pauvres, des petits pêcheurs, des petits artisans menacés de faillite, de tous ceux que la crise va inévitablement frapper et auxquels la classe ouvrière doit s’adresser pour leur montrer qu’elle ne lutte pas de manière corporatiste mais pour défendre toutes les victimes du système.

Le rôle des révolutionnaires n’est pas de dresser la litanie des malheurs à venir mais de considérer avec joie la perspective d’en finir avec cette société d’exploitation et d’oppression, capable aujourd’hui de mettre à feu et à sang, de la Syrie à l’Irak, et capable d’en faire autant, hier et demain, ici même.

A ceux qui nous serinent que nous sommes trop faibles, que les travailleurs n’en sont pas là, le slogan des révolutions répond : « Nous ne sommes rien, soyons tout ! »

La chômeuse alsacienne Isabelle Maurer qui a rivé son clou à Jean-François Copé sur France 2 jeudi dernier n’est pas un cas à part. Nathalie, une chômeuse vendéenne, en avait fait autant avec François Hollande en visite à La Roche sur Yon.

Si la classe ouvrière cesse de se taire, ses discours dans des assemblées ouvrières, dans des conseils de travailleurs et de chômeurs, fédérés à l’échelle nationale, vaudront autrement mieux que ceux des politiciens de tous bords et dirigeants syndicaux, de Lepaon à Berger et de Thibaut à Chérèque.

La première chose qui manque aujourd’hui à la classe ouvrière, c’est de se donner les moyens de prendre la parole et s’adresser à ses camarades de travail.

Notes prises en direct sur l’intervention de Kléber de ARS-Combat

Le gouvernement est à l’offensive sur toute la ligne. C’est le gouvernement de la gauche bourgeoise, PS et verts unis. Le parlement examine actuellement le projet de réforme des retraites, une contre-réforme. Il s’engage à repousser encore la date de départ en retraite en augmentant la durée des annuités de retraite à taux plein. UMP et PS vont certainement le voter des deux mains. Ce qui est dramatique, c’est que le mouvement syndical dominé par les éléments libéraux cautionne l’offensive des capitalistes contre les intérêts salariés. C’est une vaste escroquerie : imposer de 35 ans et demi à 40 de cotisations aujourd’hui à 43 annuités, on retarde la retraite et le taux de chômage continue ainsi son embellie ! Toujours plus de chômage pour les jeunes sans aucune garantie de pouvoir un jour partir en retraite à taux plein ! Une mesure de paupérisation radicale ! Voilà qui appelle à la contre-offensive de la classe ouvrière, des partis du communisme. Or on n’assiste à rien de tout cela : depuis le 10 septembre, journée théorique d’action syndicale, la contre-offensive n’est nullement au rendez vous. On se mobilise pour la journée et la manifestation du 15 mais on n’a vraiment pas l’impression qu’il y ait vraiment une mobilisation des centrales syndicales pour cette échéance.

Trois syndicats libéraux ont signé avec le gouvernement l’accord ANI pour rallonger le temps de travail, pour la baisse des salaires jusqu’au SMIC, etc. C’est un scandale et pourtant la mobilisation contre l’ANI n’a pas été au rendez vous. L’idée qui domine parmi les syndicats qui n’ont pas signé cet accord est qu’il y a une erreur de la part du gouvernement et que c’est juste une erreur à corriger. Mais il n’y a aucune erreur. Pas d’erreur quand il manque vingt milliards pour les caisses de retraite mais qu’il y a deux cents milliards de subventions tous les ans pour les grandes entreprises auquel se rajoute les crédits impôts compétitivité-emploi. Donc pas d’argent pour les retraites, on nous demande de revoir les salaires à la baise toujours au nom de la compétitivité. Par tout un tas de procédés, les entreprises sont détaxées, délivrées de tout paiement d’impôts. Accroitre la compétitivité de la masse salariale, c’est pour cela que l’on subventionne les patrons, que l’on veut baisser le coût du travail en France. Pour affronter la concurrence internationale, les travailleurs doivent en payer le prix. C’est ce chantage qu’on doit refuser. Ceux qui l’acceptent, acceptent la dictature patronale et font œuvre antiouvrière.

A nous, militants des intérêts ouvriers jusqu’au bout, de nous y opposer. Opposer l’organisation internationale des travailleurs à la concurrence que le capital voudrait que nous nous livrions entre nous, la répartition de la charge de travail entre nous tous. La clef de notre réussite dans la lutte pour les retraites, c’est de relier le combat pour les retraites et celui pour l’embauche des jeunes et de tous les chômeurs… Une nouvelle répartition du travail et des richesses suffirait pour embaucher l’ensemble des chômeurs, et répartir de façon égalitaire les richesses suffirait à permettre à toute la population d’avoir les moyens d’exister.

Les organisations ouvrières communistes, c’est leur responsabilité première de défendre un programme d’action dans la classe ouvrière, dans le mouvement syndical. Il ne suffit pas de s’opposer de manière abstraite à l’offensive du capital. Il faut se donner des objectifs concrets. Dans chaque entreprise, la question numéro un est : embauchons les chômeurs. Un embauche pour quatre salariés occupés, voilà ce qu’il faut défendre dans nos entreprises, dans nos syndicats. Et aussi l’augmentation des salaires car, en augmentant nos salaires, on augmente les cotisations et donc l’argent dans les caisses sociales. Nous défendons : pas de profit pour les capitalistes, de l’argent pour les travailleurs ! Réduisons les écarts de revenus. En réduisant les écarts de revenus d’un quart, on peut récupérer trois cents milliards d’euros, de quoi résoudre tous les problèmes sociaux. Ces solutions, il faut les défendre haut et fort. Le programme communiste est un programme d’action immédiate, pour aujourd’hui.

Il faut arrêter avec la pratique réformiste dans laquelle le programme de transition reste dans la poche. Ce programme, il faut le retravailler et ces objectifs les rendre immédiats. N’attendons pas que la situation soit mure pour préparer la révolution sociale comme seule et unique alternative. Le développement révolutionnaire de cette lutte dépendra des développements de l’Histoire mais ce qui dépend de nous, c’est dès maintenant de faire en sorte de faire peur à la bourgeoisie. Faisons-nous craindre. Développons notre capacité politique. Faisons du programme révolutionnaire un programme d’action. Renforçons nos organisations syndicales, nos organisations politiques, que ce soit autant de contre-pouvoirs à la bourgeoisie. Nous ne devons pas laisser au patronat la possibilité de diriger les entreprises contre nous. Nous ne devons pas laisser les patrons licencier les salariés qui ne se laissent pas faire, qui ne sont pas d’accord. Il faut défendre le droit des travailleurs de décider dans l’entreprise. Devenons nos propres patrons à l’échelle de chaque secteur d’activité, du pays, de l’Europe et du monde. Oui à la révolution socialiste !

Notes de Robin Goodfellow :

1°) Bref rappel sur Robin Goodfellow

Revue "Communisme ou Civilisation" en 1976 - Constat et analyse de la période : contre-révolution, sera durable. Pas d’activisme, PRIORITE au travail théorique (sans exclusive mais gestion des forces sans éparpillement). Positions politiques générales héritées des gauches de la troisième internationale - notamment la Gauche communiste d’Italie - avec comme cadre le rejet de la tradition "classique" du mouvement ouvrier : rôle des syndicats, des luttes démocratiques, des luttes de libération nationale ; en même temps "retour à Marx". Etudes de fonds sur les fondements théoriques de la critique de l’économie politique : question agraire, crises, retour sur l’histoire du mouvement ouvrier...

Tout en refusant la participation à de pseudos "congrès internationaux" qui visent contre toute évidence à reconstruire artificiellement "le parti" nous appelons le mouvement à présenter un visage uni, par exemple en constituant une revue commune (RIMC = Revue Internationale du Mouvement Communiste, 1992) pour une meilleure diffusion des positions révolutionnaires, malgré les divergences.

Au bout d’un moment la position devient intenable : tout le retour à Marx montre - nonobstant la prise en compte des réalités et de l’histoire du 20° siècle - la continuité des positions politiques et l’échec, aussi bien des expressions officielles de l’IC que de ses critiques ultra-gauches. Pour sanctionner cette évolution nous procédons en 1998 à la dissolution de la revue Communisme ou Civilisation et prenons le nom de Robin Goodfellow, le nom que Marx donnait à la vieille taupe qui sait si bien creuser sous la terre : la révolution.

Aujourd’hui : nous ne pensons pas forcément que la situation soit à une reprise révolutionnaire, mais il y a une forte déstabilisation du capitalisme, sur le fond d’un remodelage généralisé des relations inter-impérialistes à léchelle mondiale. Nous ne sommes plus par ailleurs bloqués par les positions de principe érronées qui contribuaient - en plus de l’analyse de la période - à nous éloigner du terrain des luttes concrètes (ce qui ne modifie en rien, par ailleurs, notre faible capacité de mobilisation eu égard à nos forces).

2°) Nos rapports avec le Brésil.

Tout faible qu’il ait été, CouC est né d’emblée comme une entité internationale. Notre numéro 1 part dans les valises d’un étudiant en 1976 à Sao Paulo, en pleine dictature. Création d’un groupe d’études marxistes, parution de la revue en portugais (puis de la RIMC), maintien de quelques camarades sur l’activité depuis ce temps.

Rôle "professionnel" d’un camarade statisticien par rapport au monde syndical, en même temps qu’émergence d’une aile radicale à la gauche des syndicats devenus "officiels" avec la victoire de Lula en 2002. Dans le cours des cinq dernières années, une activité commune sur le plan des calculs liés aux revendications salariales (le calcul des indices est très compliqué au Brésil, compte tenu de la multiplicité des indicateurs) a amené une relation croissante, qui s’est concrétisée cet été (août 2013) par l’impression et diffusion à 2000 exemplaires de notre livre "Le marxisme en résumé. De la critique du capitalisme à la société sans classes", lors du 11° congrès du syndicat des métallurgistes de Campinas et de sa région. Nous avions ce projet de livre pour contrer l’offensive éditoriale qui remet au goût du jour le Marx "économiste des crises", mais jamais le Marx révolutionnaire et critique de l’économie politique. A cette occasion nous avons pu livrer - outre le contenu du livre qui est sans aucune concession théorique- un discours rappelant le rôle du marxisme dans la lutte pour l’émancipation du prolétariat.

Les prochaines échéances sont : retour en Décembre au Brésil pour participation au congrès de Intersindical, voyage prévu en juillet 2014 d’une délégation de camarades en Europe.

3°) Quelques éléments sur le paysage syndical et politique au Brésil. 1989 - Premières élections directes depuis 30 ans, fernando Collor élu président. A noter que déjà Lula fait 4¨% des voix.

Lula : Luis Ignacio da Silva, figure du mouvement ouvrier, métallurgistes de la grande ceinture de Sao Paulo dite ABC qui mène de grandes grèves à la fin des années 1970. Fondateur du PT en 1980. Fondation de la CUT (Centrale unique des travailleurs en 1983). Sans faire de psychologie politique à deux sous, on peut le comparer au polonais Walesa, figures de militants ouvriers devenus bureaucrates puis hommes d’état bourgeois.

1992 - Grands mouvements populaires pour l’éviction du président Collor, victime d’empeachement de la part de la bourgeoisie même au parlement, pour corruption. Le PT obtient 13% des voix aux législatives de 1992 (idem en 1998). 19% en 2002

Avec l’arrivée au pouvoir de Lula en 2002, réélu en 2006 et poursuite du PT avec Dilma Roussef en 2010, c’est la classique désillusion des prolétaires par rapport à un parti social-démocrate qui, une fois au pouvoir mène une politique réformiste, se place dans une logique de développement du capitalisme pour "répartir les fruits de la richesse", etc. Tout ceci dans un laps de temps beaucoup plus rapide (20 ans) que le lent chemin vers le réformisme connu en Europe.

Dans ses "Thèses" pour le 11° congrès, le syndicat de Campinas écrit : "En 2002, le Parti des Travailleurs présente la "Lettre au peuple Brésilien" (Carta ao povo brasileiro) dont le contenu révèle ce que la forme affirme : il ne s’agit pas d’un programme qui s’engage pour les intérêts des travailleurs, mais bien la synthèse d’un processus entamé dans la décennie précédente qui permit au Parti né avec la clase ouvrière de se transformer en son contraire. Dans le document, le PT s’engage à honorer tous les compromis signés par son prédecesseur avec les créanciers internationaux et se présente comme un acteur "mur et responsable" pour gérer les intérêts du Capital via la machine administrative de l’Etat". (Thèse 60 p.17)

Rapidement se manifestent des oppositions de gauche au sein du PT et de la CUT, pour partie sous l’influence de mouvements trotskystes, pour partie par un mouvement "spontané" de volonté de retour ou de continuité à une activité syndicale de lutte, classiste, dont le but futur soit la révolution prolétarienne, l’expropriation des expropriateurs, la révolution socialiste.

A noter qu’au Brésil, où le taux de syndicalisation est d’environ 20% il existe, depuis 1943, une contribution obligatoire, prélevée par l’Etat d’une journée de salaire par an et par travailleur. Cette manne attire la convoitise de petits syndicats qui fonctionnent comme des business (2), il y en a 9000 en tout, parfois créés également, de manière mafieuse, directement par les patrons pour contrer les syndicats de lutte.

A l’heure actuelle, on trouve le paysage suivant :

- syndicats d’accompagnement

- CUT (centrale unique des travailleurs) liée au pouvoir (plus ou moins équivalent CGT ) 2.658.272 adhérents ou 36,65%

- Força sindical (équivalent FO - CFDT ? ?) 991.811 adhérents ou 13,67%

- UGT 816.396 adhérents ou 11,25%, CTB 663.470 adhérents ou 9,15%...

- Syndicats d’opposition

- CSP- CONLUTAS (Central sindical e Popular) : scission de gauche de la CUT, influencée par les trotskystes du PSTU (1) (équivalent à Sud ??)

Le groupe Intersindical s’est constitué en opposition au sein de la CUT dans les années 1990 et a décidé de se désaffilier en 2006. Il se refuse aujourd’hui à devenir une centrale, ce qui est possible mais ne serait pas représentatif. Leur objectif est surtout de renforcer à la base une présence dans tous les secteurs de l’activité, avec une présence au nivreau de la métallurgie, dans les principales boites du secteur : automobile, composants électroniques, accessoires automobiles, mais aussi la poste, les enseignants, etc. Argument : une centrale se construit "avec la classe et pas "au nom" de la classe" (résolutions de la troisième rencontre nationale de l’Intersindical, 2010)

La ligne est : pas de compromis, pas d’acceptation de détérioration des conditions de travail, lutte pour le maximum de salaires au-dessus de l’inflation, etc. dans le bras de fer des négociations annuelles, par branche, ils remportent souvent de plus grandes augmentations dans les usines où ils ont la majorité, ce qui rend furieux les adhérents des autres syndicats qui font alors pression pour radicaliser les luttes et les composantes de l’Intersindical arrivent à reprendre le contrôle de la représentation syndicale dans pas mal de villes et régions. Dynamique ascendante.

4°) Notre appréciation et l’intérêt de cette présentation dans cette réunion publique.

Intersindical ne se veut ni une centrale syndicale, ni un parti, elle rassemble des courants variés et des positions de nature différentes. Mais il se peut que ce soit le lieu, le milieu favorable à l’éclosion d’une expression ouvrière radicale, qui milite ouvertement pour le socialisme, qui déclare sa "faim" de théorie et la nécessité de retourner aux bases authentiques et non dégénérées de l’expression théorique de la lutte des classes et du socialisme.

Dans le discours que nous avons tenu en août, nous avons rappelé que l’internationalisme n’était pas seulement un devoir mais une nécessité. Tout contact, toute information, même s’il se situe encore sur un terrain embryonaire, même si les expressions ne sont pas "pures" mais basées sur une volonté ouverte de fair eprogresser la lutte des classes et de s’organiser réellement pour "démolir le capital (derrotar o capital)" mérite d’être approfondi.

C’est dans ce sens que nous avons invité les camarades brésiliens à convier à leur congrès des représentants de l’AMCU (Association of mineworkers and construction Union) Sud africaine. Cf document de Mouvement Communiste. Cf. un cours historique comportant des similitudes entre le Brésil et l’Argentine.

Un des enjeux est la préparation du voyage de Juillet 2014, afin que les camarades puissent rencontrer des prolétaires européens radicaux et des militants, à la fois pour construire des liens mais aussi pour leur faire constater malheureusement l’état désastreux de nos forces et de la mobilisation en Europe.

5°) Un mot sur le mouvement de juin 2013.

Augmentation du ticket de bus. Départ au sein des classes moyennes (mouvement étudiant "Passe livre"). Nous parlons des classes moyennes nouvelles au sens de marx : une composante improductive du salariat, diplômée, en attente d’une ascension sociale que le système peine à (ou ne peut pas) accorder, et qui engage une révolte ne débouchant pas sur une conscience critique du capital mais englobe dans un discours anti-parti et anti-syndicat toutes les expressions existantes. Pas de dégagement autonome du prolétariat. Récupération par les mouvements de droite et nationalistes au bout de quelques semaines de lutte, affrontements dans les rues avec les partis de gauche et d’extrême-gauche, y compris le PT qui agissait ainsi en cherchant à récupérer le mouvement. Comme en Espagne, en Grèce (Indignés), les ouvriers ont pu être mobilisés, mais pas en tant que classe. La tentative d’une journée autonome organisée par les syndicats le 11 juillet a été un échec.

(1) A CSP Conlutas – Central Sindical e Popular – foi fundada no Congresso Nacional da Classe Trabalhadora – CONCLAT – ocorrido na cidade de Santos, São Paulo, nos dias 5 e 6 de junho de 2010. (2) Les centrales syndicales alliées au gouvernement ont reçu du gouvernement depuis 2008 la somme de 228 millions de reales (126,3 millions de dollars) sous la forme d’un « remboursement » de « l’impôt syndical » [4]. Source : http://alencontre.org/ameriques/ame...

Olivier (gauche communiste)

Mon souci, c’est d’essayer de répondre à la question de la riposte ouvrière. Tous les discours que l’on entend qui disent « il faut, il faudrait faire ceci ou cela » doivent être vérifiés car, depuis 50 ou 60 ans, il faut savoir que l’on a souvent été dans le mur. J’essaierai plutôt de dresser un bilan de la classe ouvrière au niveau mondial. Car, bien entendu, pas question pour moi de l’en tenir juste au niveau de la France. Je chercherais aussi des éléments nouveaux dans cette situation mondiale de la classe ouvrière. Afin de chercher dans quel sens la classe ouvrière va se battre quand elle va se mettre véritablement à lutter dans les sens de ses intérêts et de son rôle de classe. Il faut reconnaître que le rapport de forces actuel n’est pas très favorable. Il y a des raisons à cela. Avec le thatchérisme et le reaganisme, la classe ouvrière en a pris plein la gueule. Avec l’effondrement de l’URSS aussi. Non pas qu’il y avait quoique ce soit à perdre vu que c’était déjà bel et bien un Etat au service de l’ordre bourgeois. Mais parce que la bourgeoisie a profité de cet effondrement pour mener une campagne : le socialisme, vous voyez, il est mort. Le troisième point, c’est la mondialisation, avec les attaques des services publics, la destruction des droits sociaux, vous connaissez toute la litanie. Quatrième point : malgré la crise, qui est une crise extraordinaire, la classe ouvrière n’a pas suffisamment réagi. La bourgeoisie avait pourtant peur. Certes, la crise a renouvelé l’intérêt pour les livres sur Marx (ce qui ne signifie pas sur Marx le révolutionnaire !) mais le prolétariat n’a pas répondu au niveau où il devait répondre. La question est donc comment faire pour créer une telle riposte. C’est le premier point. Le deuxième point, c’est d’examiner le niveau des luttes dans le monde. On nous a dit que le prolétariat avait disparu. Mais, au niveau mondial, on voit des pays comme la Chine avec des villes ouvrières entières en révolte contre l’Etat. On voit en Inde des usines de dizaines de milliers d’ouvriers en lutte. On voit aussi l’Indochine, l’Indonésie et l’Inde. Et le prolétariat qui a été le plus loin est celui d’Afrique du sud. C’est des luttes qui ressemblent à ce que disait Rosa Luxemburg dans « Grève de masse, partis et syndicats ». Quand la lutte d’un secteur se terminait une autre reprenait. Les travailleurs se détournaient des syndicats réformistes pour s’organiser eux-mêmes. Ils remettaient au goût du jour les comités de grève. Comme l’a rappelé une camarade, les dirigeants et les patrons ont peur des luttes autonomes. Il faut s’appuyer sur tout cela pour reconstruire le mouvement ouvrier aujourd’hui au niveau international. Voilà la question à étudier à fond : qu’est-ce qu’il faut pour reconstruire la conscience et la théorie révolutionnaire. Et il faut répondre en étudiant ce qui se passe de nouveau dans la classe ouvrière. C’est un peu rapide mais vu le temps imparti…

Un intervenant inorganisé (ex gauche communiste italienne)

Je remercie l’intervention de la camarade travaillant à l’hôpital qui permet de comprendre la limite du combat économique dirigé par les syndicats. Et aussi le fait que l’ouvriérisme n’y soit pas défendu. Il se passe des choses aussi dans d’autres couches sociales. Je pose une question : cette notion de prolétariat comme vecteur de la perspective révolutionnaire est-elle toujours d’actualité ? Depuis les années 30 du siècle précédent, les partis ouvriers affirment que c’est toujours un vecteur révolutionnaire et communiste. Cette dernière question me paraît fondamentale alors qu’il me semble qu’aucun des précédents intervenants n’aient fait explicitement référence au communisme. N’est-ce pas fondamental devant le désastre du capitalisme non seulement pour le prolétariat mais pour l’ensemble de l’humanité.

Intervention de la Spartacist League

La situation de la classe ouvrière mondiale est doit être analysée en liaison avec la destruction de l’URSS comme Etat ouvrier. Lui a succédé une campagne mondiale très importante sur la mort du communisme. D’où le niveau de conscience extrêmement bas de la classe ouvrière aujourd’hui. Cela explique la force de l’action agressive de la bourgeoisie et la réaction un peu timorée de la classe ouvrière. Il convient de rappeler que, dans ces circonstances, l’extrême gauche, à part notre groupe, s’est refusée à défendre l’URSS comme Etat ouvrier dans la perspective de combattre la bureaucratie mais pour revenir au cours socialiste de la révolution…. En Chine également, l’extrême gauche, sous prétexte de la mainmise de la bureaucratie dirigeante, refuse de défendre la perspective de la Chine socialiste…

Ces dernières années, les rivalités inter-impérialistes se sont exacerbées. La classe ouvrière est combative mais elle ne dispose pas d’une direction révolutionnaire qui soit une boussole. La tâche des révolutionnaires est de construire un parti révolutionnaire, se mettre d’accord sur quel programme sera nécessaire à la classe ouvrière pour aller vers le communisme. La première chose c’est de lutter contre son propre impérialisme, dire à la classe ouvrière : on n’est pas neutres là-dedans. La deuxième, ce sont les questions de racisme, de sexisme qui sont des questions centrales, que la classe ouvrière défende les jeunes qui sont attaqués par les flics, défendre les jeunes de banlieue écrabouillés par l’Etat capitaliste. Le système capitaliste n’a pas solution à offrir. La seule perspective, c’est d’aller vers la révolution communiste. Ce sont les questions programmatiques qui doivent d’abord être discutées entre nous. Il s’agit de construire la quatrième internationale.

Intervention d’un groupe de militants du Parti communiste des Philippines

Chers camarades, nous avons le même but que vous : c’est le communisme. Depuis 1990 et la chute de l’URSS, la bourgeoisie est triomphante, clamant : c’est notre système qui a triomphé. Mais, peu après, le capitalisme est entré en crise et a connu un gros effondrement. Il devient de plus en plus clair que le capitalisme n’est pas la fin de l’Histoire. Travailleurs et peuples souffrent de la domination capitaliste et cherchent une alternative. C’est une situation très favorable pour propager les idées d’une société socialiste et communiste.

Nous avons le droit d’être optimistes. Notre rôle est d’être partout où est la population, dans les syndicats, dans les associations de femmes, de jeunes, etc…, dans les grèves, pour diriger les luttes pour les revendications immédiates, pour les salaires, les emplois, les conditions de travail. C’est la manière de gagner la confiance des travailleurs. On ne peut la gagner que si on est capables de mener ce combat. On doit s’unir. On ne sera unis que si on se bat ensemble pour des objectifs communs.

Notes prises sur l’intervention de la Fraction Etincelle

L’objet de la réunion est la riposte ouvrière à la situation actuelle. Faut-il que la classe ouvrière se dote d’un parti ou pas ? Tous les discours que nous entendons tournent autour de cette question. L’autre problème : il faut offrir une riposte collective à la classe ouvrière sur les retraites, sur les salaires, sur les services publics. Dans ces luttes, les travailleurs doivent décider eux-mêmes d’élire leurs dirigeants. Les luttes qu’on mène sur le plan syndical ne doivent pas occulter la tâche fondamentale de la classe ouvrière, même si elle n’en est pas consciente, celle de changer la société, le communisme, seule perspective face à la crise du capitalisme. Comment y arriver sans que la classe ouvrière ne se défende même sur des objectifs limités ? Occupons-nous des préoccupations des travailleurs avant de leur parler de communisme. S’il y a des gens qui veulent lutter pour les retraites, nous révolutionnaires on ne va pas cracher là-dessus, on va partir même de la conscience qui la leur. Dans une boite, on va partir de leurs buts, de leur combat pour élever leur niveau de conscience en leur montrant que les travailleurs de la boite d’à côté ont les mêmes problèmes et entraînera ainsi les travailleurs vers les idées communistes. Quant à la révolution, elle ne dépend ni de nous ni de nos discours. C’est le capitalisme qui y pousse. Tôt ou tard, tout pays peut être le théâtre d’une explosion sociale. Ce qui dépend de nous, c’est l’issue de ces affrontements. Pour qu’une issue positive soit possible, il manque un parti comme on l’a vu en Egypte. C’est cela que nous devons construire.

Intervention de Voix des Travailleurs :

Nous avons souvent l’impression que les conditions actuelles sont extraordinairement difficiles et défavorables pour le prolétariat révolutionnaire. En cause notamment les dévastations causées dans les consciences par le stalinisme et les défaites qu’elles ont produit. Cependant, il me semble que des conditions extraordinairement difficiles comme celles de la première guerre mondiale, où les prolétaires se ruaient les uns contre les autres les armes à la main, sont justement celles qui on donné naissance à la plus grande vague révolutionnaire prolétarienne de l’Histoire. Les situations aux potentialités les plus révolutionnaires ne sont-elles pas aussi les mêmes que les situations aux potentialités les plus contre-révolutionnaires. En cause aussi les attaques antisociales qui s’accélèrent depuis la crise de 2007-2008. La bourgeoisie semble avoir les coudées franches pour mener toute les attaques qu’elle veut et remettre en cause aussi bien les retraites, les services publics, les salaires, le code du travail, etc. Mais peut-être qu’au contraire elle ne peut pas mener immédiatement toutes les attaques qu’elle aurait souhaité mener vu l’ampleur de l’effondrement de 2007. On peut penser qu’elle est terriblement craintive vis-à-vis du prolétariat mondiale. On peut aussi considérer que la situation objective actuelle est extraordinairement favorables, historiquement favorable, au prolétariat révolutionnaire. Les conditions sont extraordinairement difficiles pour la bourgeoisie mondiale. Elle est incapable de faire fonctionner son système d’exploitation et les interventions massives des Etat qui sont sans fin le démontrent déjà pleinement.

L’autre point que me semble nécessiter d’être souligné est l’importance de l’intervention autonome des prolétaires. Sans cette intervention, ceux-ci ne peuvent nullement mesurer leur propre force, leur propre niveau de conscience, la montée de la colère ouvrière ni les capacités d’organisation du prolétariat. Les soviets ou conseils ouvriers sont la pierre de touche pour mesurer la validité des organisations, des programmes, des revendications politiques. En période de crise du capitalisme, quiconque ne se place pas dans la perspective des soviets n’intervient pas dans un sens révolutionnaire. Il est inutile de parler de dictature du prolétariat et de parti révolutionnaire sans perspective du pouvoir des soviets et d’abord de constructions de conseils de travailleurs se liant entre eux à l’échelle du pays et au-delà. La première prise du pouvoir que doivent réaliser pour cela les travailleurs, c’est la prise de pouvoir sur leur propre classe, c’est la décision de décider eux-mêmes dans leurs luttes. Notre premier combat a donc lieu au sein de notre classe, le prolétariat. Elle consiste à militer pour que les travailleurs discutent entre eux de leurs points de vue, de leurs avis sur la situation de leurs moyens d’action et de leurs revendications. Sans ces échanges au sein de la classe ouvrière, celle-ci ne peut pas devenir une force.

Un camarade de Voix des Travailleurs

Je pense que ce n’est pas une organisation qui fait la révolution sociale, ce n’est pas une organisation qui fait la classe sociale. Les syndicats, leur direction, ne sont pas des organisateurs mais des destructeurs de la classe ouvrière. Les dirigeants associatifs, syndicaux, politiques sont contre cette classe. Qui que ce soit qui se bat sait que les premiers qu’il a en face de lui, c’est eux. Comment le capital pourrait exister s’il n’avait pas des défenseurs acharnés dans les entreprises, dans les quartiers, dans les familles ? Et ces défenseurs sont liés aux dirigeants de ces syndicats, de ces associations, de ces partis politiques. Pour le moment, ces gens-là nous mènent en bateau et la solution n’existe pas encore. La solution, c’est d’une classe sociale précise qu’elle viendra, de la classe ouvrière. Les groupes révolutionnaires, pour le moment, ces ennemis les flattent. La solution, ce n’est pas une organisation, pas une grève, pas une manifestation. La solution, c’est organisons nous-mêmes pour discuter de tout, pour discuter de ce que nous pensons. Notre classe sociale, le principal problème, c’est le manque de réunion hors cadre syndical, hors cadre associatif, hors cadre des partis.

La question de la révolution pose le problème du parti, nous disent les camarades. Je ne suis pas d’accord pour poser ainsi la question. Préparer la révolution, ce n’est pas répéter « il nous faut le parti, il nous faut le parti ». La révolution, c’est d’abord et avant tout la classe sociale et pas une organisation. C’est au sein de la classe qu’on la prépare. Comment ? En discutant hors de tout cadre lié aux institutions et aux classes dirigeantes. Car, il faut appeler un chat un chat, le capitalisme ne tiendrait pas un an ni un jour s’il n’avait pas des défenseurs partout, dans l’hôpital, à la SNCF, à Renault, à PSA, en France ou ailleurs, dans les pays riches ou dans les pays pauvres. Des défenseurs au sein même de la classe ouvrière, dans les entreprises, dans les foyers, dans les quartiers, partout. C’est là que doit se situer notre combat. Il s’agit de discuter et de se battre avec notre classe. C’est là qu’à notre petite échelle nous menons le combat. Parler de parti sans mener ce combat pour que la classe ouvrière décide elle-même de ce qu’elle pense des retraites, de ce qu’elle pense des salaires, de ce qu’elle pense de la crise du capitalisme, de ce qu’elle pense des perspectives, c’est parler de parti et de révolution sans préparer la classe ouvrière à jouer un rôle autonome. Inversement, ceux qui combattront au sein de la classe ouvrière pour une intervention autonome des travailleurs et une organisation autonome des travailleurs, en dehors de tout cadre institutionnel, savent qu’ils auront de nombreux ennemis à combattre au sein même de la classe ouvrière. Tel est notre combat, discuter, encore discuter au sein de notre classe, et toujours en revenir à un point : c’est à nous de décider, de décider collectivement ce que nous pensons, ce que nous voulons, ce que nous faisons, ce que nous ne faisons pas. En dehors de cela, parler de solution est faux. Personne n’a de solution, personne n’aura de solution.

On nous dit que la classe ouvrière n’a pas le moral, est faible, n’a pas de force. Mais que savons-nous du moral d’une classe, si elle ne se réunit pas, si elle ne s’exprime. Personne ne sait exactement où il en est, ce moral qui sert de prétexte à toutes sortes de mensonges politiques.

Les révolutionnaires n’ont pas besoin d’imaginer qu’ils vont se substituer à la classe ouvrière pour penser, pour réfléchir ou pour agir. Nous avons un problème, c’est celui de notre classe sociale. Nous ne pouvons le régler en répétant sans cesse un mot qui sauve : parti, parti, parti. Trouver la voie de la révolution sociale n’est pas un problème purement théorique : il faut chercher la voie au sein même des travailleurs. Devant chaque question, chaque problème social mais aussi chaque événement mondial, se réunir et discuter. Tel doit être aujourd’hui notre combat. Qu’il s’agisse de retraites, racisme, retraites, ce qui nous importe c’est que les travailleurs discutent déjà avec leurs camarades de travail.

Un autre camarade de VDT

Je pense que l’un des problèmes auquel on est confronté si on veut vraiment discuter de riposte ouvrière face à la liste des attaques (et il n’est pas nécessaire d’en faire la liste), c’est le fait que l’ensemble des travailleurs aujourd’hui n’ont pas confiance en leur propre force et ne pensent pas qu’ils peuvent représenter une perspective, que ce soit à l’échelle de leur pays ou à l’échelle mondiale. Quand il y a un problème d’ordre économique, cela relève des organisations syndicales ou alors ce la va relever des organisations politiques pour u problème politique. La réponse donnée est de bien voter aux élections municipales ou de bien voter aux élections professionnelles et ainsi de suite… A chaque fois, on nous dit que ça ne dépend pas de nous, que quelqu’un d’autre va régler nos problèmes. Les organisations syndicales et politiques se proposent pour se substituer à la classe ouvrière et à son intervention directe. On suit des journées d’action syndicales qui n’est même pas là pour faire peur au gouvernement. Par exemple au niveau de la privatisation de la SNCF où je travaille, c’est le dirigeant actuel de la CGT Lepaon qui a fait voter dans le CESE, conseil économique, social et environnemental, cette décision. Lepaon a été le rapporteur de la privatisation de la SNCF et pour qu’elle se passe bien sans aucune réaction des cheminots. L’ensemble des organisations syndicales est contre la classe ouvrière et combat toute forme d’organisation indépendante des travailleurs. Je suis syndiqué, j’ai un mandat, je suis pour le syndicalisme révolutionnaire mais pas pour qu’aucun syndicat se substitue à la classe ouvrière et à son organisation indépendante.

Tout le monde prétend se substituer à l’intervention directe de la classe ouvrière sur un terrain de classe. Le camarade de l’ARS disait que le problème vient des syndicats libéralisés. Je ne suis pas d’accord avec lui.

Tout le monde veut se substituer aux travailleurs alors que le problème actuel est que la classe ouvrière s’exprime au travers d’assemblées générales, de comités de grève, de coordinations, etc… Sans une telle orientation, la lutte des classes ne mènera pas à une rupture avec le système capitaliste. S’il n’y a pas d’organisation indépendante de la classe ouvrière pour discuter de tous ses problèmes, on ne sortira pas des illusions dans la collaboration de classe des organisations syndicales et dans la possibilité de changer les choses dans le cadre du démocratisme bourgeois. Je suis pour que les travailleurs aient envie de s’organiser indépendamment des organisations syndicales. Et cependant, je suis syndiqué, j’ai un mandat, c’est pour combattre y compris de l’intérieur la bureaucratie syndicale. Je pars du principe que le combat doit être mené à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du syndicat. Je défends le syndicalisme révolutionnaire. Pour autant, je ne suis pas pour que cela se substitue à l’intervention des travailleurs eux-mêmes dans leurs luttes au travers d’assemblées générales, de comité de grève, de se coordonner. Sans mettre en avant une telle forme d’organisation indépendante de la classe ouvrière pour discuter de tous ses problèmes et de la manière de les régler, on n’a pas ce qui peut être la base d’une rupture avec le système capitaliste, sans dire clairement qu’on n’a rien de bon à attendre de l’Etat bourgeois, dans le cadre du système capitaliste, on ne pourra pas avancer dans nos luttes. Il faut dénoncer la collaboration de classe des organisations syndicales, les illusions dans le démocratisme de la société bourgeoise. Nous devons expliquer d’où vient la montée de l’extrême droite aujourd’hui, qui est une nécessité pour la bourgeoisie de développer le nationalisme, l’ethnisme, le sexisme, l’homophobie pour qu’à la place d’une guerre de classe il y ait une guerre entre opprimés et dénoncer toute illusion dans l’appareil d’Etat de la bourgeoisie. Salarié du transport public ferroviaire, je constate que la principale manière des syndicats de prétendre défendre le service public, c’est de s’en remettre à l’Etat. Eh bien, j’invite tous les camarades à aller voir sur le site de Marine Le Pen : elle dit exactement la même chose et appelle à une étatisation comme si l’Etat était notre sauveur.

Pour ma part, je défends qu’il ne peut pas y avoir un service public à 100% sans contrôle de la population et des travailleurs sur l’ensemble des services publics. C’est-à-dire qu’il avoir des revendications qui portent en elles-mêmes la rupture.

Intervention d’un camarade de GMI :

Sur l’objectif des révolutionnaires avant de parler de la riposte possible, on pourrait le résumer par la dictature du prolétariat. Face aux Morsi aux Moubarak, ce qu’il manque aux masses mobilisées sur le terrain de la révolution pour établir leur propre pouvoir face à la bourgeoisie alors qu’il a été ouvert une phase révolutionnaire au Moyen-Orient. Dictature du prolétariat, c’est cette perspective qu’il nous faut, c’est cette perspective qui doit être contenue dans les revendications et dans les perspectives d’action.

La seule expérience de dictature du prolétariat que nous en ayons est la révolution de 1917. Et c’est ce qui fait défaut. Par exemple, en Egypte, en Tunisie, dans les révolutions qui ont eu lieu dans les pays du monde arabe, révolutions sans soviets, il a manqué aux travailleurs les moyens d’établir leur propre dictature et c’est cela qui a permis à la bourgeoisie de reprendre la main. J’ai d’autre part un désaccord avec les groupes qui ne veulent pas tenir compte des organisations syndicales ou faire comme si elles n’existaient pas. Certes, elles sont des obstacles. Il n’y a aucune illusion à avoir sur aucune des centrales en France. Pas même sur la CGT : ce sont ses bureaucrates qui ont expulsé les sans papiers de la bourse du travail. Ils occupent le terrain et se débrouillent pour que la riposte n’existe même pas. Nous n’allons pas nous contenter de défendre notre point de vue à l’intérieur. L’ARS remarque qu’il n’y a pas eu de vraie mobilisation pour les journées d’action. Eh bien, c’est une victoire pour les bureaucrates qui ne désirent rien d’autre que défendre le gouvernement bourgeois. D’ailleurs, les journées d’action, qui ne sont pas des grèves générales, ne servent à rien d’autre qu’à empêcher une vraie grève générale. La perspective est de s’attaquer au gouvernement. Pour les révolutionnaires, la perspective est celle du pouvoir, du gouvernement ouvrier et paysan. On ne peut asseoir les revendications en supprimant cette perspective. Le programme de transition dont il y a besoin doit mener des revendications à la nécessité de la dictature du prolétariat.

Comment faire ? Il n’est aucunement question de partager les richesses comme le préconise l’ARS. Aucunement question non plus d’attendre que les bureaucrates laissent la place. Il faut un parti qui la leur prenne. C’est dans ce sens que nous commençons modestement à avancer. Un camarade postier de Nantes a lancé un appel. En plein mois d’août. Ce n’est pas un grand succès mais je vous en parle. Son appel signé de 25 postiers exige que les organisations politiques et syndicales qui se revendiquent de la classe ouvrière cessent de s’en remettre au gouvernement bourgeois, cessent leurs négociations avec lui dans le dos de la classe ouvrière, qu’elles appellent à la grève générale. C’est en menant ce genre d’actions que nous pouvons espérer regrouper l’avant-garde de la classe ouvrière et aussi inciter les masses à construire leur propre gouvernement, la dictature du prolétariat.

Un autre camarade de VDT :

Je suis ouvrier dans les Travaux Publics ayant fui mon pays d’origine comme ces milliers de camarades qui viennent tous les jours mourir à la porte de l’Europe, à Lampedusa ou ailleurs. J’aimerai vous faire rapidement partager deux de mes expériences de lutte, l’une au Mali en 1991 lors du renversement du dictateur Moussa Traoré et l’autre avec les sans-papiers de Vitry-sur Seine. La première de ces expériences s’est donc déroulée lors de la révolte qui a permis la chute d’un dictateur qui avait régné 23 ans sur le Mali et volé les travailleurs comme d’habitude. Aux côtés des jeunes de l’Association des Elèves et Etudiants et des femmes révoltées et mobilisées, nous avons mené une véritable révolte sociale. Le dictateur est tombé mais pas la dictature militaire qui a cependant chuté à nouveau il y a quelques mois. L’Etat malien à terre, il y avait pour le peuple travailleur une belle opportunité pour enfoncer le clou mais la contre-révolution s’est rapidement organisée avec l’aide de l’Etat français et de la Cédéao pour mater la révolte et refermer la possibilité ainsi ouverte.

D’autre part, je voudrais rapporter mon expérience en tant que travailleur sans papier au sein de l’organisation d’un comité de grève en 2009 qui a duré 7 mois. Nous nous sommes organisés de manière indépendante, sans nous fier aux spécialistes syndicaux et en leur disant que c’est nous qui sommes en grève et que c’est à nous de diriger cette grève, à nous de mener les négociations avec le patron et la préfecture. Malgré les pressions de ces organisations syndicales, nous ne nous sommes pas laissé faire. Jusqu’à la fin de la grève, jusqu’au protocole de fin de grève, nous avons tout dirigé nous-mêmes, les travailleurs sans papiers jusqu’à la victoire, c’est-à-dire à la régularisation de 30 des 31 sans papiers, ce qui est le meilleur des taux de régularisation en comparaison aux piquets dirigés par les organisations syndicales.

suite de la réunion... à venir...

Mon compte-rendu et mon point de vue sur la discussion qui a suivi cette introduction

Les points suivants ont été débattus :

- que signifie la crise actuelle du capitalisme ?

- la situation mondiale est-elle révolutionnaire ?

- pour quelle conscience de quelle situation faut-il se battre au sein de la classe ouvrière ?

- la situation est-elle extraordinairement défavorable pour le prolétariat ou extraordinairement favorable ?

- comment apprécier le caractère des syndicats non signataires de l’ANI. En somme, sont-ils moins au service de la bourgeoisie ? Et faut-il que les révolutionnaires militent dans les syndicats. Et pour y faire quoi ? Faut-il seulement travailler dans les syndicats ou faut-il militer en même temps pour le parti ou en même temps pour les comités de salariés ?

- que signifie construire un parti révolutionnaire et faut-il être pour cette construction ou seulement militer pour des conseils ouvriers ?

- est-ce que la révolution prolétarienne, c’est les soviets ou est-ce que c’est le parti révolutionnaire ? Ou est-ce que c’est les deux qu’il faut : le parti gagnant à sa politique la classe ouvrière en la défendant démocratiquement au sein des soviets ?

- faut-il, pour militer contre l’Etat bourgeois et la bourgeoisie, développer comme perspective le gouvernement ouvrier ?

- que signifie militer dans les luttes actuelles pour la perspective communiste ? Et en quoi consiste-t-elle aujourd’hui ?

- qu’a signifié pour le prolétariat le triomphe du stalinisme et la chute de l’URSS ? Sommes-nous à une époque où le prolétariat se détourne particulièrement de la perspective communiste ? Comment l’amener vers cette perspective ?

- comme tâche immédiate des révolutionnaires, faut-il conquérir des positions dans les syndicats, faut-il avancer un programme de revendications et d’action, faut-il regrouper les révolutionnaires dans un parti, faut-il combattre la bureaucratie syndicale en lui opposant l’auto-organisation des comités de travailleurs, faut-il faire un travail théorique d’étude de la situation mondiale et de la théorie révolutionnaire ? Faut-il militer pour une fusion des groupes communistes révolutionnaires, pour un front des révolutionnaires en vue de l’intervention dans la classe ouvrière, pour la rédaction d’un programme d’action des communistes révolutionnaires. Ou faut-il s’en tenir entre les groupes trop loin pour fusionner à une clarification entre les groupes fondée sur l’étude et la lecture et la confrontation politique (par exemple au travers de réunions communes, publiques ou non publiques) ?

Cela fait bien sûr beaucoup de questions pour le temps qui nous était imparti pour en discuter et vu l’immensité des divergences d’opinion entre groupes et même entre individus au sein de groupes ou n’appartenant pas à des groupes… Et cela a fait toute la richesse de la discussion me semble-t-il. Personne n’espérait qu’on allait ressortir avec des réponses mirifiques ni avec des ententes immédiates mais que la confrontation serait fraternelle, qu’elle permettrait à chacun de développer un peu ses perspectives et il me semble que ce but a été approché.

Selon moi, les groupes révolutionnaires communistes doivent montrer dès aujourd’hui dans quel but et comment ils comptent militer si la situation et les choix des travailleurs leur donnent un rôle. Cela signifie que s’ils sont pour des soviets, ils doivent les défendre dès aujourd’hui, s’ils comptent sur la défense démocratique de leur point de vue au sein des soviets, et pas sur des manœuvres d’appareil, pour jouer leur rôle, il faut que dès maintenant ils comptent sur l’auto-organisation et la défense de leurs perspectives au sein des comités de salariés pour progresser au sein des masses. S’ils considèrent que l’Etat ouvrier sera celui des soviets, donc plus un véritable Etat mais aussi le contraire d’un Etat, il faut qu’ils militent dès maintenant pour l’auto-organisation. S’ils considèrent que la classe ouvrière est la seule force capable d’ouvrir une perspective face à la crise de la domination de la bourgeoisie, il faut qu’ils combattent la propagande selon laquelle la classe ouvrière serait faible devant la crise, que les attaques actuelles de la bourgeoisie démontreraient cette faiblesse, discours qui est celui voulu par les classes dirigeantes. Plus que jamais, les travailleurs, esclaves modernes, n’ont que leurs chaînes à perdre et un monde à gagner. S’ils n’en ont pas conscience, ce n’est pas une raison – sous prétexte de « tenir compte du niveau de conscience et de combativité » - pour que les communistes révolutionnaires reculent sur leur perspective et s’adaptent de manière opportuniste.

Selon mou, le capitalisme se heurte non pas à une crise mais à une limite. Il a trop bien réussi, du point de vue des capacités de la société capitaliste. L’exploitation du prolétariat ne pourra pas gagner en rentabilité au sein de la propriété privée des moyens de production. Ce n’est pas parce que nous sommes hostiles au capitalisme que nous disons cela. Ce sont les actes des classes dirigeantes et des gouvernants qui sont les défenseurs de ce système qui le démontrent.

Cela signifie que la situation n’a jamais historiquement été aussi objectivement favorable au prolétariat révolutionnaire. Bien sûr, la subjectivité est très importante mais elle doit, du point de vue révolutionnaire, être la conscience de la nécessité objective et pas une utopie. Si le capitalisme détenait encore des solutions, le temps ne serait pas à son renversement mondial. Eh bien, les révolutionnaires communistes devraient cesser de pleurer que la situation est défavorable. Ce n’est pas parce qu’ils sont peu nombreux qu’ils se portent mal. C’est leur manière de réfléchir et d’étudier ou de militer qu’ils doivent accepter de remettre en question s’ils veulent intervenir utilement dans la situation qui vient…

Tout est fait par la bourgeoisie pour casser le moral des travailleurs, leur faire croire qu’ils ne sont pas une force, qu’ils sont incapables de s’organiser par eux-mêmes, de décider par eux-mêmes, de constituer une véritable force sociale et de transformer la société, de s’adresser aux autres opprimés pour leur offrir leur perspective sociale. Notre rôle de révolutionnaires est de combattre cette propagande et d’abord de ne pas nous laisser gagner par ces fausses impressions…

Selon moi, au sein des groupes révolutionnaires, nous nous heurtons à des conceptions non dialectiques et donc non dynamiques. Cela signifie des conceptions qui opposent les deux faces de la réalité qui se composent, s’opposent mais pas s’annulent mutuellement. La réalité marche sur ses deux pieds. Ainsi, la classe ouvrière n’est ni entièrement spontanée ni entièrement déterminée par sa direction politique. Ni seulement le parti ni seulement les soviets. La situation mondiale n’est ni entièrement favorable ni entièrement défavorable. La situation politique n’est ni à la seule montée de la réaction ni à la seule montée de la révolution, mais les deux à la fois. Notre cerveau se base sur deux hémisphères, deux oreilles, deux narines, deux yeux, deux centres de la parole. Merci à tous ceux qui nous proposent de renoncer à la moitié de nos capacités !!! Nous devons travailler avec les deux, avec l’expérience du prolétariat et l’expérience historique qui ne vient pas que du prolétariat. Avec la théorie et avec la pratique. Dans l’activité au sein de la classe ouvrière et dans l’activité en dehors. En exprimant au mieux les aspirations des masses et en cherchant sans cesse à les dépasser. C’est cela une politique révolutionnaire « de transition » : passer de la défensive à l’offensive, de la défense de prétendus acquis au sein de la société bourgeoise à la destruction du capitalisme, de la lutte pour les aspirations des masses au rôle historique du prolétariat. Il n’y aucune transition possible pour ceux qui raisonnent de manière non dialectique : ou blanc ou noir, ou mort ou vivant, ou révolutionnaire ou réactionnaire, ou bien ou mal. Cette métaphysique ne mène nullement à la révolution mais à l’impasse. Elle n’aide à aucune appréciation de la situation ni de la manière dont elle peut changer. Les groupes qui la pratiquent sont dans une perspective purement interne. Ils ne construisent que leur groupe mais pas le parti. Ils sont dans une logique fermée et non pas tournée vers la classe ouvrière.

Les communistes révolutionnaires ne peuvent pas raisonner de manière non dialectique, c’est-à-dire d’une manière qui oppose diamétralement les opposés. Ils ne peuvent pas répondre par oui ou par non exclusivement. Car les contraires sont emmêlés au sein de la réalité et que c’est ce qui fait que le réel est dynamique et qu’un facteur peut se changer à grande vitesse en son contraire car le contraire existait en son sein, potentiellement. Une situation est potentiellement révolutionnaire alors elle est aussi potentiellement contre-révolutionnaire. Un Etat ouvrier est un Etat, au sens d’un appareil coupé de la population, mais, en même temps, il n’est pas un Etat.

A quelle question veut-on nous faire répondre par oui ou non ? Par exemple, on nous demande : « oui ou non, êtes vous pour construire le parti révolutionnaire ? » ou encore « oui ou non êtes-vous pour militer dans les syndicats ? » Ces questions peuvent sembler simples et devoir être répondues par un simple oui et pourtant nous disons que c’est oui et non qui répond à la question.

Par exemple, ceux qui privilégient la question « oui, il faut d’abord construire le parti révolutionnaire » ont cassé un des éléments contradictoires de la dialectique car l’élément conscient du prolétariat ne peut être séparé de l’élément spontané pas plus qu’on ne peut séparer les deux faces d’une même médaille.

En privilégiant le parti, aux dépens des soviets, ils cassent le caractère dynamique du problème. Aucun parti communiste révolutionnaire ne peut gagner les masses sans les convaincre au sein des soviets. Aucun parti qui n’est pas favorable aux soviets ne peut non plus être un parti communiste révolutionnaire car tout pouvoir qui se dirait ouvrier et ne serait pas un pouvoir aux soviets ne serait qu’une tromperie. La dictature du prolétariat n’est pas la dictature du parti de prolétariat, à part dans les discours des staliniens et des nationalistes.

Sur la question des syndicats, il en va de même. Leur direction est très évidemment complètement inféodée à la grande bourgeoisie et à l’Etat dont ils tirent d’ailleurs l’essentiel de leurs finances. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il faut simplement s’en détourner, ne rien vouloir savoir sur eux, ne rien leur dire, ne jamais y militer. C’est-à-dire toujours répondre par non. Ou, au contraire, répondre par oui alors que les travailleurs ont d’abord et avant tout comme ennemis les dirigeants syndicaux qui détournent leurs luttes et les empêchent de s’auto-organiser.

La situation elle-même ne peut être appréhendée de manière non dialectique : du genre ou le capitalisme est mort et alors il a perdu le pouvoir ou il est vivant, malgré une grave crise, et alors les travailleurs devront faire la révolution pour renverser le capitalisme et les pouvoirs d’Etat qui les défendent. C’est les deux à la fois.

Les objectifs de la lutte, tels qu’ils sont conçus par les militants révolutionnaires, sont également contradictoires dialectiquement. Nous pouvons mettre en avant des objectifs qui ne sont pas en soi révolutionnaires : oui ou non.

La réponse est : oui et non. Aucun mot d’ordre n’est en soi révolutionnaire mais la manière dont nous mettons en avant ces mots d’ordre et la manière dont nous expliquons leurs buts l’est. Les mots d’ordre sont ainsi transitoires, c’est-à-dire dialectiquement contradictoire, à la fois défensifs et offensifs, à la fois des mots d’ordre reprenables par des travailleurs qui veulent seulement se défendre et permettant d’aller à l’offensive contre les patrons et le pouvoir capitaliste.

La plupart des groupes nous posent les questions de manière non dialectique : voulez-vous fusionner avec nous, oui ou non, voulez-vous faire un front des révolutionnaires, oui ou non, voulez-vous militer dans les syndicats, oui ou non, voulez-vous un programme révolutionnaire d’action, oui ou non ?

Même la révolution n’est pas un but en soi et nous ne pouvons pas répondre que « oui et oui », nous voulons la révolution.

Car nous voulons des choses dialectiquement contradictoires : nous voulons la dictature du prolétariat, c’est-à-dire le pouvoir d’Etat d’une classe sociale, et, en même temps, nous voulons la suppression des classes et de tous les pouvoirs d’Etat. Car, pour nous, la dictature du prolétariat n’est pas un but mais une transition.

Comment concevoir la révolution ? L’essentiel de ce qui a manqué au prolétariat n’est-il pas, oui ou non, le parti ?

Oui et non…

Car le parti est inséparable du prolétariat lui-même, de son auto-organisation.

Quand on dit le parti communiste révolutionnaire comme on énonce un slogan, on est très loin de faire avancer sa cause. En fait, on se drape surtout dans le slogan pour défendre comme seul objectif la construction de son propre groupe politique, présenté comme le seul tremplin vers le parti. Mais le groupe n’est pas le parti et en même temps le groupe se comporte nécessairement déjà au plan politique comme s’il était le parti, comme détenteur d’une boussole ou de pré-boussoles.

Construire les éléments conscients de la situation révolutionnaire, c’est quelque chose d’aussi contradictoire dialectiquement qu’une situation révolutionnaire elle-même.

N’oublions pas qu’un phénomène contradictoire dialectiquement peut se changer brutalement en son contraire.

Brutalement la révolution espagnole comme la révolution allemande s’est changée de révolution en contre-révolution et, sans octobre 1917, il en aurait été de même en Russie.

Et, en Russie, oui ou non, le parti communiste révolutionnaire, a-t-il été le facteur positif principal d’octobre ? Oui et non, plutôt, car le principal adversaire d’octobre qui aurait pu l’empêcher était justement aussi le parti dont le comité central était adversaire de la prise du pouvoir d’octobre 17…

Remarque : ce point de vue, comme tout ce qui s’est dit à la réunion, est à débattre aussi bien du côté de Voix des Travailleurs que des autres groupes et en dehors des groupes...

N’hésitez pas à apporter votre pierre.

Bien sûr, pour le moment il y a un petit problème avec les commentaires sur le site qui sont bloqués du fait de l’attaque de spams mais cela sera vite réglé... Et ceux qui ont nos adresses mails peuvent nous communiquer ainsi leurs points de vue. Ils seront tous mis sur ce fichier...

Donc place au débat qui ne se termine pas avec la réunion mais ne fait que de commencer...

Nous adressons aux groupes et militants révolutionnaires qui ont participé (ou pas) à cette réunion publique le message suivant :

Chers camarades,

La dernière réunion publique à laquelle vous avez participé nécessite d’après nous une suite. Chaque groupe ou chaque camarade a certes son opinion là-dessus. Il nous semble nécessaire d’en discuter. La riposte nécessaire à la situation rend aussi nécessaire ce type de confrontation. Que diriez-vous d’une réunion commune de « bilan et perspectives » ?

amitiés communistes révolutionnaires

Robert Paris

Pour Voix des Travailleurs

Nous réservons donc une salle dans ce but et recevons toutes les propositions de participation à ce nouveau débat...

La suite du débat pourrait porter notamment là-dessus

20 Messages de forum

  • Bilan de la réunion publique des groupes d’extrême gauche 14 octobre 2013 12:11, par Robert Paris

    Il est courant d’entendre des militants dire : il a manqué un parti révolutionnaire. Et, malheureusement, cela a été le cas dans la plupart des situations révolutionnaires dans lesquelles les masses auraient pu donner une issue positive. Cependant, cette phrase est loin de nous rapprocher de la solution.

    S’il est vrai que, depuis les trahisons de la social-démocratie et du stalinisme, les travailleurs ne disposent pas d’un parti communiste révolutionnaire, même petit, la question du parti ne se résume pas à l’absence d’une organisation, que ce soit à l’échelle d’un pays ou à l’échelle mondiale (d’une internationale).

    Pour voir le problème dans toute son ampleur, il vaut mieux examiner les situations où existait un parti révolutionnaire, en Russie, en Allemagne ou en Hongrie par exemple. Nous constatons alors que l’existence d’un grand parti se revendiquant de la révolution et du communisme ne suffit pas, loin de là. Il lui faut des perspectives et une politique juste. C’est ce que nous apprend le cas, par exemple, du parti bolchevik : celui d’avant 1905, ou celui entre les deux guerres mondiales ou encore celui de 1917. Rappelons que, malgré la direction de Lénine, ce ne sont pas le même parti. Ce serait uen erreur de penser (comme l’ont fait croire les staliniens) que les bolcheviks étaient armés par avance pour octobre 1917 ou que le développement du parti ait suivi un cours linéaire.

    Pour Lénine, lors de la révolution de 1905, « nous n’avions rien compris ». Remarquons seulement que, lors de l’insurrection de Moscou, les militants bolcheviks étaient dans une forêt, en train de préparer le prochain congrès de la social-démocratie ! Quant à 1917, rappelons que le parti bolchevik en était toujours juste avant février à la thèse d’une révolution bourgeoise où le prolétariat jouerait un rôle important aux côtés des partis de la petite bourgeoisie, révolution menant à une démocratie bourgeoise. C’était la thèse de Lénine. Lorsqu’en avril 1917, Lénine défend ses thèses devant le parti bolchevik, il est accusé (à juste titre) de trotskysme. C’est grâce au développement rapide de la situation en Russie que le gouvernement provisoire est discrédité et que les masses allant de l’avant, les idées de Lénine finissent fort heureusement par l’emporter dans le parti. Les bolcheviks de février souhaitaient, au contraire apporter un « soutien critique » au gouvernement provisoire ! Quant à la révolution d’octobre, loin d’être le produit de la direction bolchevik, elle s’est faite contre elle, en violation même de la légalité du parti. Le Comité central, opposé à la prise du pouvoir des soviets, avait même interdit la publication des lettres de Lénine.

    En somme, disposer d’un parti suppose surtout disposer d’une politique et pas seulement d’un appareil d’organisation. Un parti communiste révolutionnaire n’est pas seulement une structure dans laquelle se reconnaissent un grand nombre de militants et des travailleurs. C’est d’abord une analyse, une stratégie, des perspectives, une conscience qui sont résumées dans un programme.

    Il est fréquent que les révolutionnaires diffusent des mythologies sur le parti. Et ce n’est certainement une bonne chose.

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  • Nous informons nos lecteurs que la messagerie fonctionne à nouveau et nous excusons de cette interruption due à une agression importante sous forme de spams en nombre... Donc à vos plumes !!!

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  • En y repensant et en rediscutant avec des camarades, je trouve ce club publique très bon même si on pouvait souhaiter plein de chose en plus ou en moins.
    La messe n’est pas dite et c’est l’inverse même : beaucoup d’écoute, d’idée, de désaccords sans reproche ou leçon de choses—>donc le respect entre militants & sympathisants.
    Un esprit communiste& anar aussi..

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  • Pour moi la réunion est un succès, principalement parce que tout le monde a pu s’exprimer.

    Preuve en est que dans cette réunion « personne n’est d’accord avec personne » comme l’a dit un participant. Et pour moi, c’est plutôt positif que personne ne soit d’accord avec personne dans ce genre de réunion.

    Je pense qu’une telle réunion est importante pour insuffler des traditions de discussions qui n’existent plus depuis des années parmi le prolétariat révolutionnaire. Ce type de réunion aide à contrecarrer les tendances bureaucratiques et sclérosées de l’extrême gauche en France qui ont abouti à cette perte de tradition.

    Il est utile et important de rappeler que cette réunion prend place après plusieurs tentatives de discussion avec d’autres groupes depuis plusieurs années : GSI, CCI, CCIT, ARS, controverses, et j’en oublie... (on pourrait rajouter : camarades de la CNT, tentatives avec Lotta Communista, et même avec LO lorsque nous nous rendons à leur fête de Presles, et avec quelques camarades du NPA qui nous évitent parce qu’on leur pose de sérieux problèmes, participations aux réunions de RESF après l’expulsion de la bourse du travail, et conférence de presse de 2009 pendant l’occupation, discussion avec les piquets de travailleurs sans papiers en 2008 et 2009, la liste est longue des tentatives avec les uns et les autres !)

    Surtout, il est important de le rappeler, malgré les désaccords profonds avec l’ARS, cette réunion peut être vue comme une manière de relancer l’appel que l’ARS a formulé il y a 2 ans, et qui avait été laissé de côté depuis plus d’un an.

    Ce que cela démontre c’est que les liens ont été tissés, au moins depuis la constitution du comité de la gare de l’est. Ce petit soviet a permis que des liens se constituent il y a trois ans, et ces liens ont été maintenus ou cassés avec les uns ou les autres.

    Je rappelle que le GSI ou le CCI étaient les absents parmi les contacts de ces dernières années. Sans compter que, hormis un camarade de l’étincelle, ni LO, ni le NPA n’ont mis les pieds dans la réunion, sans parler du POI avec lequel nous n’avons pas de contacts.

    Ce que j’ai le plus apprécié c’était que ce ne soient pas que les représentants ou les « chefs » des groupes qui parlaient, même s’ils parlaient bien entendu plus que les autres. Certains militants ou sympathisants pouvaient totalement s’exprimer, même si bien sûr, dans ce type de réunion ce sont ceux qui ont l’habitude de parler qui parlent le plus.

    Ce qui serait utile pour la suite, ça serait que plus de prolos prennent de plus en plus la parole, même si pas mal ont pu la prendre.

    Je suis pour qu’un comité de liaison puisse se réunir deux ou trois fois dans l’année, voire plus souvent s’il le faut. Je pense qu’une telle réunion pourrait prendre place au moins une fois par an, et si possible plus souvent. Cela me paraît de plus en plus nécessaire pour aborder la période et la situation que nous connaissons.

    Un des aspects qui m’a le plus choqué, c’est que l’ARS a sorti son propre matériel sans nous en avertir. Le hic, c’est que leur flyer d’appel à la réunion comporte une formule avec laquelle je suis en opposition profonde : « nous avons les solutions ».

    Personne n’a de solutions toutes faites.Et cela, l’ARS ne veut pas l’entendre, ne veut pas le savoir, car l’ARS veut avoir les solutions pour les autres.

    Pour moi ce type de formule, « nous avons les solutions », correspond bien à ce qu’est l’ARS, dont les aspirations sont diamétralement opposées aux miennes, et à celles de VDT, je pense. Affirmer que nous avons des solutions est une vision substitutiste, base de la constitution de toutes les tendances bureaucratiques au sein du mouvement ouvrier.

    A mon avis, cela vient d’une incompréhension profonde de la philosophie de Marx et de Engels. Les Utopistes valent mieux que ce type de discours. Et pourtant la philosophie qui inspire l’ARS correspond à assez à celle de ces bourgeois qui pensaient faire le bonheur du prolétariat à la place du prolétariat. Les Phalanstères, les entreprises de Owen au 19e siècle étaient des tentatives d’aménagement du capitalisme.

    Aujourd’hui, après l’échec de telles tentatives, affirmer que nous avons les solutions, est profondément nocif. Car c’est contribuer à faire croire que les organisations ont les solutions et que le prolétariat n’a qu’a les exécuter.

    Mais la révolution des prolétaires ne fonctionne pas comme cela. C’est aux prolétaires de faire de la philosophie, de faire de la politique, et de construire l’appareil de destruction des lois de la valeur et du capital. C’est aux prolétaires de trouver les solutions pour bâtir la société communiste et pour cela réaliser la dictature du prolétariat.

    Les organisations ont un rôle à jouer, et un rôle essentiel pour constituer le parti du prolétariat, mais pas pour donner la solution clef en mains au prolétariat. En cela, je diverge profondément avec l’ARS, mais les discussions avec l’ARS que j’évitais complètement par le passé, m’ont permis de déterminer ce que je viens d’exprimer. En ce sens, la discussion avec l’ARS est profondément utile.

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  • nous ne sommes mariés avec personne, y compris dans VDT, et je ne le souhaite à aucun militant ;

    ARS ne m’a pas choqué car il font leur vie et le fait qu’il coorganise, comme les autres, un club publique avec nous alors que les uns et les autres se connaissent quand même un peu, montre qu’on peut discuter de nos divergences et pas faire semblant de converger même si nous nous réclamons tous de la révolution sociale & de la dictature du prolétariat.

    Heureusement qu’ils écrivent ce qu’ils pensent et qu’ils ne demandent la permission à personne.

    ils sont venus débattre et personne ne s’est privé de leur dire ce qu’on pense des "solutions" ; fraternellement mais très clairement.

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  • Camarades,

    Il paraît clair que les circonstances exigent que nous traduisions en pratique notre volonté commune d’une riposte aux offensives du gouvernement contre le peuple travailleur.
    Ce serait une grave faute si nous n’étions pas capables de faire entendre notre voix alors que la mobilisation populaire en Bretagne prend de l’ampleur et s’étend déjà à de nouvelles régions.

    En vue de développer la combativité et la conscience révolutionnaire socialiste dans le pays, quelle action pourrions-nous envisager ensemble que nous aurions trop de mal à engager séparément ?

    C’est la question qui doit guider nos discussions lors de la prochaine réunion commune.
    Nous pouvons prendre l’initiative de la riposte sur de nombreux champs.Quel objectif serait en nos capacités ?

    Nos camarades délégués se placent à disposition pour une réunion commune aux organisations qui veulent avancer pour frapper ensemble contre le chômage et les licenciements, contre le racket d’État, contre l’exploitation patronale, et dans la perspective nécessaire d’une mobilisation révolutionnaire des travailleurs, pour un pouvoir travailleur, pour engager le pays dans la voie du socialisme.

    COMBAT -ARS encourage l’ensemble des organisations représentées à la réunion du 12 octobre dernier à participer à la prochaine réunion pour assurer la liaison des organisations communistes révolutionnaires. Nous avons besoin de constituer notre propre front d’organisations pour soutenir la concurrence des réformistes du Front de Gauche et des populistes du FN.

    Nous serions favorables à une réunion le troisième ou quatrième dimanche du mois de novembre.

    Avec nos salutations fraternelles,

    Pour COMBAT-ARS, son Comité Central

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  • Chers camarades,

    Nous avons répondu favorablement à votre appel pour la tenue d’une réunion publique à Paris le 12 octobre 2013 dont nous avons assuré avec vous l’organisation.

    Nous estimons qu’il est utile d’échanger des informations et de discuter des différentes positions – pour autant que cela puisse contribuer à l’unification des forces révolutionnaires - et saluons, de ce point de vue, votre organisation régulière de réunions ouvertes, de même que la publication sur votre site « Matière et révolution » de documents extérieurs à votre « groupe ».
    Nous voudrions revenir sur la composition de la dernière assemblée, notamment par rapport à l’idée émise en fin de réunion d’enchaîner sur d’autres réunions pouvant déboucher sur des actions communes (cf. par ailleurs l’appel lancé par ARS-Combat sur votre site le 4 novembre) entre les différents groupes présents –et d’autres. A notre sens, votre souci souvent exprimé –cf. le dernier compte-rendu – de ne pas imposer, de ne pas décider, de laisser décanter les situations rencontre ici ses limites.

    A force de ne pas se poser les questions du pourquoi faire et avec qui, on se contente de faire tourner le moulin à paroles, sans avancer d’un pouce d’ailleurs, sur les divergences.
    Nous avons noté, de notre côté, et nous en avons déjà discuté ensemble, toute une série de divergences qui mérite une discussion sérieuse, argumentée, recourant aux textes, aux chiffres, aux données des situations – ce qui ne peut pas se faire AU DEPART dans une réunion publique ouverte.

    Rappelons ces éléments de divergence :

    1°) La nature de la crise actuelle. Pour vous, une crise structurelle, définitive, mortelle, du mode de production capitaliste. Pour nous une nouvelle crise de surproduction typique du MPC, gravissime, et de ce point de vue apportant une confirmation éclatante de la critique marxiste de l’économie politique mais nullement définitive. Par ailleurs elle révèle des changements profonds dans les équilibres mondiaux entre les vieilles nations capitalistes et leurs plus jeunes concurrents.
    2°) L’analyse de la période. Nous avons à déplorer la plus longue contre-révolution que l’histoire ait connue, depuis la fin des années 1920, soit une durée exceptionnelle de presque 90 ans. Dans une telle période, toute reconstitution artificielle d’un parti ne peut être que vouée à l’échec.
    3°) L’importance du travail de restauration théorique. Le corollaire de la contre-révolution c’est que les maigres forces révolutionnaires ont complètement lâché sur le développement théorique et se trouvent donc, aussi, désarmées pour comprendre la période, l’évolution du MPC, les crises, les conflits impérialistes, etc.

    Par ailleurs, se sont manifestées au cours de la réunion toute une série de positions divergentes sur :
    4°) la nature actuelle des syndicats et son corollaire : faut-il/peut-on y participer aujourd’hui ? comment, à quel niveau ?
    5°) le rôle historique du parti, notamment en relations aux conseils/soviets, aux syndicats, etc.

    Il est clair que sur tous ces points, les divergences ne disparaîtront, ni dans la magie de la discussion, ni par la bonne volonté des uns et des autres, ni par le seul recours à l’interprétation des textes. C’est le feu de l’histoire qui tranchera.

    Reste à savoir aussi AVEC QUI on doit discuter de tout cela. Si nous rencontrons, chez VdT/MR cette volonté d’ouverture, il n’en va pas de même de la plupart des autres groupes présents le 12 octobre. A ce propos, nous souhaitons revenir sur la discussion que vous avez eu, en préalable à cette réunion avec le CCI et sur le refus que celui-ci vous a signifié. A leur question : « quels sont les critères d’invitation des groupes », vous répondez : il n’y en n’a pas, vient qui veut. Vous ajoutez : il y a ceux qui veulent discuter et ceux qui ne veulent pas discuter. Au cours de la réunion Robert Paris dit : il y a les « grands » et il y a les petits. On apprend au passage qu’ont été invités le NPA et LO. Pourquoi pas le Parti de Gauche ou le PC si il n’y a aucun critère pour savoir qui a trahi, qui défend les intérêts du prolétariat, qui est un parti ouvrier bourgeois, et qui défend des positions contre-révolutionnaires ?

    Le CCI emploie la formule de « frontières de classe ». C’est une bonne formule mais mal appliquée dès lors que pour cette organisation, des questions purement tactiques et historiques comme le fait de participer ou non aux syndicats, de soutenir ou non telle ou telle lutte nationale, de participer ou non aux élections et plus largement à l’extension de la démocratie constituent des « frontières de classe ».
    Si l’on reprend cette notion de « frontières de classe » au sens de la délimitation du camp prolétarien et du camp ennemi, ce n’est pas sur ce terrain qu’il faut se situer, mais sur celui qui a toujours défini le contour des positions du parti ouvrier :
    Défense de la nécessité de constituer un parti prolétaire distinct de et opposé à tous les autres partis
    Défense de la nécessité de conquérir le pouvoir politique et de constituer des organes du pouvoir prolétarien qui n’est plus un état à proprement parler
    Nécessité d’exercer la dictature du prolétariat
    Lutte pour une société sans classe, sans état, sans salariat, non mercantile et sans argent
    On voit bien que ces critères simples, clairs et précis excluent une bonne partie de ce que vous appelez « l’extrême-gauche révolutionnaire », sans parler évidemment des partis de gauche de gouvernement qui se présentent fallacieusement sous l’étiquette du « socialisme » ou du « communisme ».

    Dans votre discussion avec le CCI, vous continuez en affirmant : « Nous ne contestons nullement le droit de chaque groupe de militants d’estimer que des critères existent pour trier les groupes d’extrême gauche afin de ... discuter de la nécessaire riposte de la classe laborieuse. Pour notre part, nous ne disposons malheureusement pas de tels critères car nous ne savons pas d’avance ce que ces groupes vont devenir. » (http://www.matierevolution.org/spip.php?article3729 )

    Permettez-nous de considérer qu’il s’agit là d’une bien pauvre dialectique qui considère qu’on ne peut pas prévoir ce que tel ou tel groupe va devenir en fonction de son passé.
    Lors de la réunion du 12 octobre se sont exprimés des groupes que nous qualifierons de « Trotskystes orthodoxes », produits de l’interminable agonie de la pseudo « Quatrième internationale » (elle-même produit de l’agonie de l’IC), qui défendent des positions que nous qualifions de totalement contre-révolutionnaires. Nous pouvons parfaitement prédire l’avenir de groupes qui défendent la nature « socialiste » ou au moins progressistes de nations capitalistes comme l’ex-Urss (jusqu’en 1991) ou aujourd’hui la Chine : ils se mettront en travers de la dynamique de la révolution communiste. Que pouvons-nous avoir en commun, en termes de définition de la cible visée, c’est-à-dire de ce que doit être une société socialiste, avec des gens pour qui le « socialisme » fait le meilleur ménage avec l’argent, le salariat, la division du travail, et, en un mot, la loi de la valeur ? RIEN ! nous n’avons rien en commun avec eux, même pas le fait de nous dire, les uns et les autres, révolutionnaires et communistes.

    Si l’objectif immédiat est de tenter d’unifier les faibles forces représentant aujourd’hui des forces représentant le parti ouvrier au sens historique du terme, cela ne peut pas se faire sur une autre base que celle des principes énoncés plus haut. Par conséquent, nous ne nous associerons pas à une initiative qui ne se situerait pas fermement sur ces bases-là (ce qui ne signifie pas chercher à effacer toutes les divergences au préalable).

    Robin Goodfellow, le 6 novembre 2013

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    • Chers camarades de Robin Goodfellow,

      je n’ai pas eu pour ma part l’impression d’un blabla inutile lors de cette réunion mais plutôt d’un débat honnête et intéressant entre des organisations ou des courants qui ne sont pas proches les unes des autres et ne se sont pas rencontrées collectivement et publiquement depuis de longues années.

      Je ne pense pas que la seule chose qui compte soit le résultat : une analyse, une fusion d’organisations, un accord, une convergence.

      Le simple fait de se réunir et de discuter publiquement me semble une avancée.

      Avancée vers quoi ? Je ne peux pas le dire car cela ne dépend pas seulement de nous mais de la situation historique et de ses développements.

      Il est vrai que si l’on s’en tient aux analyses des groupes, il n’aurait même pas été nécessaire de faire cette première réunion mais justement je ne partage pas ce point de vue.

      Pour ma part, j’estime que la principale avancée dans la situation consisterait à ce que tous les groupes qui se prétendent révolutionnaires appellent le prolétariat à participer à de telles réunions sur "quelle riposte nécessaire", en invitant y compris des militants ouvriers réformistes, syndicalistes ou de gauche. Quand la situation devient chaude de telles réunions s’appellent... des soviets !!!

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  • Le débat entre révolutionnaires a besoin d’être ouvert pour éviter les dérives sectaires. Nous avons besoin des critiques les uns des autres, même quand nous divergeons très sérieusement. Les divergences sont de tous ordres : fondamentales, stratégiques, tactiques, en termes d’analyse de la situation, dans la pratique militante. Rien n’est indiscutable et rien n’est clandestin en la matière. Nous ne risquons rien d’en discuter avec quiconque ce qui ne signifie nullement que nous soyons prêts à militer au sein d’une même organisation. Par contre, cela prouve que nous serons capables d’intervenir dans des soviets où nous serons confrontés aux mêmes courants et en plus les courants réformistes-bourgeois. Le fait de débattre avec un groupe n’est pas un crédit accordé à ses thèses. C’est seulement l’intérêt que nous portons au fait de les discuter. Pour notre part, nous avons toujours apprécié de pouvoir rediscuter les thèses de LO, du NPA, du POI et même celles de Mélenchon qui ne sont pas dans la même rubrique, ou celles des syndicats. Cela ne signifie pas que nous accordions des satisfecit à qui que ce soit d’entre eux. Au passage, je précise qu’à ma connaissance, nous n’avons pas invité formellement le NPA, LO et le POI mais seulement la Fraction Etincelle exclue de LO et en fraction dans le NPA, ce qui est différent. Je disais seulement que j’aurais estimé que ces groupes avaient leur place dans le débat. C’est eux qui n’y voient aucun intérêt. Tous les groupes (grands ou petits) qui se satisfont d’eux-mêmes n’y voient aucun intérêt car ils sont uniquement dans leur construction interne qui n’est pas selon moi la construction du parti mais du petit ou grand groupuscule. Marx, Engels, Lénine ou Trotsky n’ont jamais pratiqué ainsi, ont débattu avec tout le monde, et n’ont pas refusé de manière sectaire de travailler avec d’autres courants. Cela ne signifie pas que ces camarades minimisaient les divergences ! Nous en sommes toujours à devoir choisir entre opportunisme et sectarisme. Eh bien, nous rejetons les deux ! Quant aux divergences déterminantes pour nous que nous réclament notamment le CCI et Robin Goodfellow, remarquons que ce sont les situations qui vont les déterminer. L’histoire a produit de fossés au sein des organisations se réclamant de la classe ouvrière par des événements comme la guerre mondiale et la révolution : guerre de 1870, Commune de Paris, première guerre mondiale, révolution d’octobre. Nous sommes avant ce type d’événement et nous ne savons pas encore où passera le fossé. Les divergences dont nous discutons actuellement ont des fondements anciens et ce n’est pas nous qui nous sommes trouvés confrontés à ceux-ci. On ne peut donc pas dire encore où passera la fracture, ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas débattre des problèmes qui se posent à nous dès aujourd’hui, problèmes d’analyse, de pratique, de stratégie et de tactique mais il est difficile de dire d’avance qui fera quoi. Des anarchistes ont soutenu jusqu’au bout la révolution russe. Des bolcheviks sont devenus staliniens et ceux qui sont restés bolcheviks se sont parfois retrouvés plus proches des anciens anarchistes que des staliniens. Cela ne signifie pas qu’on n’a pas de boussole mais qu’on ne considère pas que notre groupe et nos analyses sont à elles seules une boussole ! Nous souhaitons seulement que nos camarades des autres groupes débattent de nos thèses. Les grands groupes ne le font pas et ne le feront pas. Nous débattons publiquement de leurs thèses mais ils ne les défendent même pas. Ce n’est pas notre conception d’un débat scientifique. Et il s’agit bel et bien de science en politique. Je ne connais pas de scientifiques qui disent ne pas débattre avec des courants scientifiques adverses…. Mais cela ne veut pas dire que ces scientifiques soient prêts à travailler ensemble bien entendu.

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  • Bilan de la réunion publique des groupes de l’extrême gauche révolutionnaire 19 mai 2014 13:32, par GMI - Groupe Marxiste Internationaliste

    Bilan du GMI suite à la réunion du 12 octobre 2013 organisée par Voix des Travailleurs

    Nous publions ci-dessous une des interventions qu’une délégation de la cellule de Paris du GMI a faite lors d’une assemblée de militants et de groupes se réclamant de la révolution socialiste à la Bourse du travail de Paris le 12 octobre dernier. Cette réunion a eu lieu à l’initiative de Voix des travailleurs. VdT est un club de discussion fondé par des militants ayant refusé de rejoindre le NPA avec la majorité de L’Étincelle, une fraction exclue de LO qui s’opposait à certaines manifestations de l’opportunisme de ce courant centriste (l’appel à rétablir l’ordre dans les banlieues, le renforcement de la police…).

    Ce qui ressort de la succession à la tribune des représentants de presque une dizaine d’organisations est la superficialité des réponses aux problèmes abordés qui tient au nombre d’intervenants et au temps qui leur est accordé. Tout/e camarade intéressé/e pourra prendre connaissance de la quasi-totalité des « débats » sur le site de la VdT, http://matierevolution.org/spip.php... et se forger sa propre opinion.

    En tout cas, c’est à tort que le GMI y est présenté comme organisateur de cette réunion (comme l’indique clairement le remerciement introductif à VdT du camarade du GMI).
    Nous acceptons parfois de participer à ce genre de débats, même s’ils servent trop souvent de tribune à des bavards inconséquents. Mais nous affirmons que rien ne peut sortir de telles discussions si les organisations y participant qui n’éprouvent pas le moindre intérêt pour la réalité de la lutte des classes, propre à satisfaire l’aspiration des militants ouvriers à se doter d’instruments capables de faire face à la crise capitaliste, aux résurgences du fascisme et de renverser le mode de production capitaliste qui menace d’emporter l’humanité dans son déclin.

    Par exemple, lors d’un précédent "débat", le groupe LPU a affirmé que l’assassinat de Méric est un « fait divers » ; pour l’ARS, il fallait que l’armée française attaquât la Libye, il faut se plier servilement aux « journées d’action » de la direction de la CGT et il faut s’opposer comme elle à la grève générale. Nombre d’intervenants à cette réunion ont récusé tout effort en vue d’édifier un parti communiste mondial, ce qui revient à laisser les mains libres à la classe dominante et à ses agences au sein du prolétariat et de la jeunesse.

    Dans un tel cadre hétéroclite, aucune convergence ne pouvait, se dégager permettant aux groupes qui en sont éventuellement capables de faire un pas dans la compréhension commune des événements et de l’intervention politique sur la base des principes du marxisme.

    Pour avancer, le GMI propose aux membres du cercle de discussion VdT qui veulent combattre et non seulement débattre de le rejoindre contre les « journées d’action » des bureaucraties syndicales et leur association aux mesures anti-ouvrières, contre le renforcement de l’appareil répressif de l’État bourgeois assumé par tous les opportuniste et contre les interventions militaires de leur propre bourgeoisie impérialiste. Le GMI propose de même aux groupes qui cherchent la voie de la révolution prolétarienne mondiale d’examiner les possibilités de rapprochement et de fusion sur la base du programme communiste international. Un programme d’action pour ce pays en découle, et non l’inverse. Le GMI, adhérent au CoReP qui rassemble déjà internationalement des militants venant du CI, du SU et de la TCRI, soumet à cet égard sa plateforme qui a servi au CCIt et au GB à rassembler leurs forces et qui a reçu l’approbation de ses camarades d’Autriche et du Pérou.

    Il faut une organisation communiste révolutionnaire pour porter ce programme. Il est urgent que, laissant à leur sort les sectes qui veulent préserver leur existence routinière, les groupes et les fractions qui le défendent travaillent sans délai à la constituer.

    On ne peut pas formuler les intérêts d’une classe autrement que sous la forme d’un programme ; on ne peut pas défendre un programme autrement qu’en fondant un parti. (Léon Trotsky, La Révolution allemande et la bureaucratie stalinienne, 1932)
    Le 12 décembre 2013,
    La direction nationale du Groupe marxiste internationaliste (section française du Collectif révolution permanente)
    Première intervention de la cellule de Paris du GMI à la réunion convoquée par VdT le 12 octobre 2013

    Nous remercions la Voix des Travailleurs pour l’initiative d’aujourd’hui.
    Nous apprécions le fait que la VdT soit attachée, comme le Groupe Marxiste Internationaliste (GMI), à l’exercice de la démocratie ouvrière et à son expression dans le mouvement ouvrier.
    Nous savons aussi que la VdT se réclame, comme le GMI, de la méthode du marxisme et sur ce terrain, nous pouvons envisager une discussion approfondie de tous les problèmes de la lutte des classes qui se posent aujourd’hui.

    Ces considérations devraient permettre de commencer à clarifier entre nous les questions abordées par la VdT : « discuter de la riposte ouvrière d’ensemble nécessaire face à la situation du système capitaliste et aux politiques patronales et gouvernementales et sur l’organisation du prolétariat indispensable dans ce but ».

    Pour agir, et nous allons tenter d’examiner, comme disait Lénine, « par quel bout commencer », il est nécessaire de nous mettre d’accord sur la caractérisation de la situation actuelle du système capitaliste. En résumé, disons que depuis 2007-2008, nous assistons à une crise générale du système capitaliste mondial dans le cadre de l’impasse historique de ce système. Pour survivre et ne pas succomber à la barbarie, la classe ouvrière doit renverser ce régime failli, pourri et décomposé, et ce à l’échelle mondiale. Pour homogénéiser nos points de vue sur cette question, une analyse commune la plus précise et fouillée serait nécessaire.

    Pour envisager comment préparer la « riposte ouvrière d’ensemble » en France, en Europe et dans le monde entier afin de faire échec « aux politiques patronales et gouvernementales », il nous semble important d’affirmer d’emblée que ce combat a pour objectif d’en finir avec le capitalisme, c’est-à-dire avec la domination de classe mondiale des bourgeoisies. Pour des communistes internationalistes, cela implique d’avancer dès maintenant la perspective de la lutte du prolétariat pour le pouvoir, pour un gouvernement ouvrier en France dans le cadre de la lutte pour les Etats-Unis socialistes d’Europe et du monde, conduisant à l’instauration de la dictature du prolétariat.

    Le mouvement d’ensemble, c’est-à-dire la grève générale ou toute mobilisation des masses où la classe ouvrière manifeste son rôle dirigeant, toute apparition d’une dualité de pouvoirs entre les masses et la bourgeoisie, ne suffisent pas. L’affirmation de la lutte pour un gouvernement ouvrier est indispensable pour que la « riposte ouvrière d’ensemble » puisse aboutir. Pour préparer un tel mouvement d’ensemble et ouvrir la voie du pouvoir au prolétariat, l’action décisive d’un parti ouvrier révolutionnaire est indispensable.

    Ces principes généraux de la lutte des marxistes étant rappelés, comment organiser la résistance de la classe ouvrière dans son ensemble et, dans le même mouvement, regrouper les éléments les plus conscients et actifs dans une même organisation politique, le parti ouvrier révolutionnaire mondial ? Le combat contre la bourgeoisie ne s’effectue pas en terrain vierge. La lutte de la classe ouvrière contre l’offensive mondiale de la bourgeoisie se heurte à chaque moment aux agents de cette bourgeoisie au sein du mouvement ouvrier : les bureaucraties syndicales et les partis réformistes, le PCF, le PdG et le PS en France se situant sur le terrain du réformisme, c’est-à-dire de la défense acharnée des positions du capital. La lutte politique des révolutionnaires contre les bureaucraties syndicales et les partis réformistes s’accompagne nécessairement d’une lutte contre les groupements centristes, parfois révolutionnaires en parole mais réformistes quant au fond de leur politique.

    Toutes ces questions, impliquant la définition des moyens tactiques de leur solution dans la lutte, devront être clarifiées dans un programme exprimant les traits essentiels de la situation mondiale et déterminant la stratégie pour y faire face, permettant, au moyen de mots d’ordre transitoires pour la mobilisation des masses, d’avancer quant aux regroupements des révolutionnaires prolétariens au sein d’un parti ouvrier révolutionnaire, section de l’internationale ouvrière à construire.

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    • Désolés d’avoir écrit que vous étiez co-organisateurs de cette réunion. Notre erreur est cependant compréhensible puisque vous vous étiez inscrit en premier suite à l’appel du président de séance qui donnait la parole aux groupes organisateurs. Mais nous acceptons parfaitement de reconnaître notre erreur. Celle-ci a consisté à croire que des groupes révolutionnaires pouvaient sortir de leur logique de secte du fait de la pression de la nécessité : celle de répondre à une situation inédite, celle d’un capitalisme en fin de course sans projet alternatif du prolétariat, sans organisation politique de celui-ci, sans formes d’auto-organisation apparaissant au sein des luttes internationales. Mais, là encore, nous acceptons qu’on nous fasse remarquer nos erreurs et ne cherchons pas à les masquer car tel est la seule voie que nous connaissions pour progresser. Donc vous tenez à souligner que, même pour échanger des points de vue, on ne peut pas se réunir avec des groupes dont on diverge. Bien ! Nous avions cru que vous vous réclamiez de la logique de Trotsky, pour ne citer que celui-ci, qui, pour sa part, engageait des discussions avec des groupes révolutionnaires bien plus lointains. Je crains que votre démarche s’apparente bien plus à celle des groupes du trotskisme français officiel dont nous avons à regretter tous les jours les dérives, qu’il s’agisse du POI, de LO ou des ex-trotskistes du NPA... Soyez en tout cas persuadez que nous resterons cependant et de façon inébranlable à votre disposition pour tout débat car les intérêts des travailleurs ne s’accommodent pas de l’esprit de secte.

      Nous vous réinvitons donc à notre prochaine réunion : le dimanche 1er juin discuter et débattre en toute fraternité des thèmes suivants

      - la crise, quelle crise ?

      - les conséquences : guerres, fascismes, destruction du moral et des « acquis » de la classe ouvrière…

      Rendez-vous le 1er juin à 9H45 à la sortie du métro Goncourt ou à 9H au lieu habituel (pour ceux qui connaissent)

      Salutations communistes révolutionnaires

      Robert Paris pour Voix des Travailleurs

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  • Pour revenir à la question du parti, "Léon Trotsky a souligné dans son ouvrage « Leçons d’Octobre » à quel point il ne suffit pas de construire un parti révolutionnaire marxiste et communiste car, à chaque fois qu’arrive l’heure fatidique de la prise du pouvoir ou les grands tournants stratégiques où la responsabilité de la direction politique est en jeu, cette direction entre en crise et tout peut alors dépendre d’un tout petit nombre de militants révolutionnaires qui ne cèdent pas à la pression des événements et gardent leur boussole de classe. C’est l’infime minorité qui devient alors déterminante et plus seulement la direction politique ni même la « masse » des militants sélectionnés, formés, ayant acquis une expérience militante. On le voit la question de la révolution dépend presque du hasard… Tant pis pour ceux qui croient avoir découvert une loi déterministe quand ils affirment que « sans le parti révolutionnaire, pas de révolution victorieuse » car même en présence du parti, il peut fort bien n’y avoir aucune révolution victorieuse…

    Le conservatisme n’épargne pas les organisations les plus révolutionnaires… On y trouve des militants qui considèrent religieusement des adages de Marx, de Lénine ou de Trotsky. On y trouve des militants qui estiment nécessaire de « faire confiance » à la direction politique au lieu de considérer que c’est à la direction de gagner la confiance des militants comme c’est au parti de gagner et de mériter la confiance des travailleurs. Et cela nécessite d’abord que la direction politique ait confiance dans la capacité révolutionnaire des masses travailleuses, ce qui n’est nullement une évidence…"
    La suite dans cettearticle.

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  • Ami et camarade,

    Tu es fraternellement invité (ainsi que les amis ou groupes que tu souhaites inviter) à l’Assemblée Générale ouverte de Voix des Travailleurs qui se tiendra le samedi 19 septembre de 9h à 17h à la Bourse du travail (centrale) 3 rue du château d’eau Paris 10ème (Métro République) dans la salle André Tollé. Les thèmes abordés restent ouverts et nous envisageons déjà les sujets suivants : bilan et perspectives des luttes récentes et état des lieux du capitalisme (le moribond bouge-t-il encore ?). Toutes les critiques sont, comme d’habitude, les bienvenues et le ton fraternel des entretiens, malgré les désaccords est bien entendu de rigueur.

    Salutations communistes révolutionnaires

    Robert Paris pour Voix des Travailleurs

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