Strict Standards: Only variables should be passed by reference in /homepages/36/d206324349/htdocs/site_org1G/config/ecran_securite.php on line 180
Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? - Matière et Révolution
English German Espagnol Portugese Chinese Japanese Arab Rusian Italian Norvegian Dutch Hebrew Polish Turkish Hindi
Accueil du site > 02 - SCIENCES - SCIENCE > Biologie : Rétroaction de la vie et de la mort > Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ?

Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ?

dimanche 21 décembre 2014, par Robert Paris

Avertissement : l’article qui suit ne procède nullement d’une vision spiritualiste, idéaliste ni mystique de la nature ou de l’arbre. Il n’est nullement question d’attribuer un esprit aux arbres ou de les transformer en modes d’expression d’un quelconque "esprit supérieur"... Pas question ici d’"esprit" de l’arbre, d’"aura" de l’arbre, de volonté de l’arbre, d’âme de l’arbre, etc. Il n’est nullement besoin d’attribuer des propriétés humaines à l’arbre pour le concevoir comme un sujet et pas seulement comme un objet, pour reconnaître qu’il sent le monde extérieur, communique avec lui, pour reconnaître ses capacités collectives et individuelles. Donc pas de contresens : il n’y a aucun animisme dans ce texte, aucune recherche purement spirituelle. Ce sont des propriétés de la biochimie de l’arbre que nous voulons souligner. Elles suffisent à montrer comment l’arbre perçoit son environnement et communique des informations à ses voisins à son propos comme des moments pour entrer en automne ou en floraison.

Cependant, sans l’ombre d’un animisme, d’un point de vue scientifique, la question se pose :

Comment les arbres sentent-ils et communiquent-ils ?

Il faut connaitre le langage des VOC ! Les VOC ? Ce sont les molécules volatiles avec lesquelles les arbres communiquent entre eux, avec les animaux, voir avec les hommes. Cette découverte, il y a 30 ans, était tellement perturbante qu’elle a été rejeté par beaucoup de scientifiques. Aujourd’hui, elle est prouvée expérimentalement chez de nombreuses espèces. C’est embarrassant des végétaux qui se transmettent des messages à distance , on a du mal à se faire à l’idée nous autres cérébrés. Une nuance, ils n’utilisent pas des mots mais des parfums, ajoutant des molécules les unes aux autres comme on ajoute des lettres pour composer un mot. Pas moins de 15O molécules sont nécessaires pour dire orchidée !

Nous sommes d’autant plus intéressés à comprendre les arbres que nous, humains, sommes aussi des arborescences qui, avant d’être capables de penser par notre liaison corps/cerveau, sommes en communication avec le monde par notre arborescence qui échange avec le monde des molécules. Par exemple, nous émettons et captons des phéromones qui nous permettent de recevoir des messages inconscients des autres êtres qui nous les envoient via les aisselles, le cuir chevelu, les tétons et les organes génitaux. Ces molécules sont porteuses de caractéristiques de l’individu et règlent certaines de nos réactions à leur égard.

"Arbres" – de Jacques Prévert

En argot les hommes appellent les oreilles des feuilles
c’est dire comme ils sentent que les arbres connaissent la musique
mais la langue verte des arbres est un argot bien plus ancien
Qui peut savoir ce qu’ils disent lorsqu’ils parlent des humains
les arbres parlent arbre
comme les enfants parlent enfant

Quand un enfant de femme et d’homme
adresse la parole à un arbre
l’arbre répond
l’enfant entend
Plus tard l’enfant
parle arboriculture
avec ses maitres et ses parents

Il n’entend plus la voix des arbres
il n’entend plus leur chanson dans le vent
pourtant parfois une petite fille
pousse un cri de détresse
dans un square de ciment armé
d’herbe morne et de terre souillée

Est-ce… oh… est-ce
la tristesse d’être abandonnée
qui me fait crier au secours
ou la crainte que vous m’oubliiez
arbre de ma jeunesse
ma jeunesse pour de vrai

Dans l’oasis du souvenir
une source vient de jaillir
est-ce pour me faire pleurer
J’étais si heureuse dans la foule
la foule verte de la forêt
avec la crainte de me perdre
et la crainte de me retrouver

N’oubliez pas votre petite amie
arbres de ma forêt.

“Les arbres parlent arbre” - citation d’un texte de Prévert extrait du recueil Arbres (1956).

Comme on le dit couramment, les forêts ne parlent qu’aux poètes. Mais comme en chacun de nous, il y a un poète qui, souvent, s’ignore… Il ne s’agit pas seulement ici de dire que nous sommes influencés poétiquement par l’environnement des arbres... ce qui n’aurait rien d’étrange.

Non ! Les arbres se parlent, s’adressent aux autres arbres de même espèce, aux autres arbres et plantes et… à nous ! Et nous nous adressons à eux, même involontairement. Ce n’est pas les poètes qui le disent, mais les scientifiques…

Dur à avaler ! Pourtant, c’est vrai.

L’homme tient trop à sa spécificité pour accepter que certaines capacités qu’il possède soient attribuées sous quelque forme que ce soit à d’autres êtres vivants, animaux ou plantes, les arbres y compris bien sûr.

Il n’est pas gêné d’accepter de dire que les plantes et les animaux se nourrissent… comme lui, car cela ne lui semble pas des « fonctions nobles », donc proprement des capacités humaines. Par contre, le fait de communiquer aux autres individus des informations lui paraît tout à fait hors de portée des arbres notamment. Le fait aussi de ressentir des douleurs et des agressions et de les transmettre, le sentir et le communiquer, lui semblent donc inaccessibles à des êtres vivants ne possédant non seulement aucun cerveau mais aucun système nerveux. Effectivement, cela change bien des choses.

Et pourtant…

Pourtant, nous allons voir que les arbres ont une certaine forme de conscience de la douleur et de l’agression, une manière d’y réagir et de conseiller à leurs voisins de le faire également.

Dans notre refus d’admettre que les arbres communiquent, il n’y a pas seulement un anthropocentrisme, une fierté exagérée pour nos capacités humaines en termes d’intelligence, mais aussi, de ce fait, une minimisation des manières humaines de communiquer autres que le langage et l’intelligence. Nous minimisons aussi ces autres manières quand il s’agit des êtres humains, car elles sont beaucoup plus physiologiques et inconscientes qu’intelligentes et pilotées par le cerveau. Cette autre manière de communiquer que le langage et qui concerne tous les êtres vivants est l’échange de molécules dans l’atmosphère. Car, comme tous les êtres vivants, nous émettons de nombreuses molécules dans l’air et nos voisins les reçoivent. Ces molécules jouent un rôle dans les relations entre êtres humains même si nous n’en avons aucune conscience. C’est le cas, par exemple, des relations sexuelles qui sont également déterminées par des échanges moléculaires. Il en va de même pour les animaux mais aussi pour les arbres et les plantes !

Jean-Marie Pelt écrit dans « Les langages secrets de la nature » :

« On connaît certes les légendaires dégâts des invasions de criquets… En Afrique notamment, ces déferlements s’effectuent selon des rythmes complexes et peuvent entraîner la défoliation de surfaces très importantes soumises à un véritable nettoyage par le vide… Pourtant ces énormes poussées de la biomasse animale provoquées par le pullulement (des criquets ou des chenilles…) cessent en général aussi brusquement qu’elles ont commencé… On signale ainsi que dans les années 70, en Nouvelle Angleterre, des invasions de chenilles croquent littéralement les forêts… Après qu’une fraction notable des feuillages eut prématurément viré aux teintes de fin d’automne, un réflexe s’amorça brutalement. Les chenilles mortes jonchaient le sol par milliards… On peut se demander pourquoi de telles attaques biologiques, dues à d’effarantes explosions de populations de prédateurs, s’arrêtent tout aussi soudainement qu’elles se sont déclenchées…

Un troisième exemple concerne les populations de lièvres blancs arctiques qui prolifèrent régulièrement tous les dix ans en Alaska. A raison en moyenne de quatre lièvres par hectare, c’est 90% des jeunes pousses de bouleaux, de trembles, de peupliers et d’aulnes qui sont systématiquement dévorés. Se forment alors des tiges adventices que les lièvres semblent bizarrement bouder…

Ces phénomènes ont incité les écologistes à se demander si les végétaux ne disposaient pas de quelque moyen très subtil de repousser les offensives prédatrices des animaux…

Des observations et des expérimentations ont été conduites en Finlande, aux Etats-Unis et en Afrique du sud, au début de la décennie 80. Baldwin et Schultz, du Darmouth College, dans le New Hampshire (Etats-Unis) ont montré que lorsqu’un expérimentateur détruit volontairement une partie du feuillage d’un peuplier, d’un érable ou d’un chêne, le reste du végétal riposte par une synthèse accrue de diverses substances aussi incomestibles les unes que les autres pour les herbivores, en particulier des tanins ; l’arbre devient indigeste, ce qui a pour résultat d’inhiber le développement, les métamorphoses et la croissance des insectes qui, normalement, le visitent.

Les chercheurs observèrent d’autre part que des plantes de même espèce, non attaquées celles-ci mais cultivées à proximité de la plante blessée, répondaient de la même manière que cette dernière.

D’où l’idée qu’il devait exister un mode de communication entre les arbres, se traduisant par une protection des arbres sains grâce à un message communiqué par les arbres blessés, déjà eux-mêmes sur le pied de guerre.

On envisagea d’abord une communication par les racines, mais aucune expérience ne confirma cette hypothèse. L’on finit alors par se rendre à une surprenante évidence : les plantes communiquent entre elles par un gaz, l’éthylène, qui semble promis à une belle carrière en physiologie végétale, car, depuis quelques années, on le trouve impliqué dans de nombreux processus de la vie des plantes. Il s’agit en somme d’une véritable hormone : une hormone gazeuse qui, sécrétée par une plante, agit sur un autre organe de cette plante ou sur les plantes voisines... Bref la communication chimique entre plantes au moyen d’un gaz interposé serait un mécanisme fondamental de la régulation de la prédation dans la nature. »

Rien de plus agréable préparer une salade avec de jeunes feuilles d’arbres caducs : notamment les chênes et les tilleuls. Il suffit d’arracher les feuilles les plus jeunes et de les ranger dans la besace. Si vous goûter toutes les dix secondes les feuilles cueillies, vous vous rendrez compte qu’au bout de deux minutes elles deviennent de plus en plus amères jusqu’à être quasi immangeables.

Que s’est-il passé ?

L’arbre s’est rendu compte que l’on déchiquetait ses feuilles et à envoyé dans chacune d’elles une substance chimique amère appelée "tanin". Comme il en existe deux chimiquement on dit souvent les tanins.

Mais ce n’est pas tout...Faites de même avec l’arbre voisin et commencez par goûter une feuille. Elle est aussi amère que celles de l’arbre que vous venez de quitter ! Et tous les voisins du premier le sont aussi.

Que s’est-il passé ? Le premier arbre a dispersé autour de lui un gaz simple : l’éthylène.

Les autres arbres ont reconnu cette odeur comme un signal de danger et ont à leur tour, avant même d’être attaqués, remplis leurs feuilles de tanins.

Les arbres non seulement se défendent mais communiquent entre eux.

Compliquons la situation pour nous rapprocher de la réalité : il y a souvent du vent.

Dès lors l’éthylène ne sera perçu que par les arbres en aval (par rapport au vent) de l’arbre attaqué. Ceux qui sont en amont ne seront pas prévenus.

Il est donc nécessaire de ne cueillir des feuilles que trente secondes par arbre et en remontant au vent. C’est d’ailleurs ce que font les chèvres et les chevreuils, car eux aussi, à l’expérience, ont compris qu’il fallait manger rapidement sur chaque arbre et remonter au vent. Le vent est parfois léger, d’où l’usage du fil pour identifier sa direction. L’existence de barrières ou de barbelés condamnent certains mammifères à manger des feuilles remplies de tanins : c’est mortel. Les tanins ont pour effet de bloquer totalement la digestion.

Les plantes peuvent transmettre des informations très sophistiquées, précises et complexes à leurs congénères ainsi qu’à d’autres êtres vivants. Ce n’est pas une communication verbale ou visuelle. Pour se parler, elles s’envoient de savants cocktails chimiques. On l’a constaté chez l’acacia de la savane africaine. Cet arbre attire les antilopes qui se délectent de ses feuilles. Ces bêtes ont été trouvées mortes à côté de ces acacias qui étaient pourtant encore verts.

En 1980, des chercheurs sud-africains ont suspecté des mécanismes de défense inédits. Une expérience a été faite : fouetter vigoureusement les feuilles et les analyser. Le constat était clair : en deux heures, les acacias ont augmenté deux fois et demi leur teneur en tanin. Et, des acacias situés à plusieurs mètres de là en ont fait autant. Il y avait eu transmission d ‘un message d’alerte d’arbre en arbre. En étant mordue ou déchiquetée, la feuille d’acacia libère un gaz : l’éthylène, qui rayonne sur six mètres et se dépose sur les feuilles voisines et déclenche chez elles la sécrétion du tanin. Les peupliers ont le même type de réaction : suite à une agression, ils doublent dans les cinquante heures la teneur en tanin de leurs feuilles. Dans le même temps, les arbres voisins non agressés augmentent de près de 60% leur proportion de tanin. Le responsable est encore l’éthylène, qui permet également aux pommes et bananes de s’échanger des informations, non pas d’alerte mais de croissance.

Les plantes peuvent aussi dialoguer avec certains insectes prédateurs. Par exemple, la chenille manduca affectionne les feuilles de tabac. Tandis qu’elle s’en nourrit, elle dépose sa salive qui agit comme un signal. La plante produit alors l’acide jasmonique qui, combiné à l’éthylène et libéré dans l’air, attire une guêpe de la famille des Ichneumons. Cette guêpe reconnaît dans la chenille une proie de choix, la paralyse et y pond un œuf. Le tabac est sauvé. Le choux, le maïs, la tomate n’hésitent pas non plus à provoquer l’attaque des ennemis de leurs ennemis pour se protéger. Là encore plantes et insectes échangent des signaux chimiques de communication.

Il a été démontré récemment que des arbres peuvent communiquer entre eux, du moins quand leur survie est en jeu.

Un scientifique a fait cette découverte, lors d’une étude sur les cas de mortalité importante constatée dans des élevages en Afrique du sud.

Dans ce pays existent des élevages d’antilopes, appelées koudous, et plusieurs d’entre elles ont été retrouvées mortes de manière inexpliquée dans leur enclos. En cette période de grande sécheresse, l’herbe est rare, et pratiquement la seule nourriture qui reste, ce sont les feuilles d’acacias dont se nourrissent volontiers ces antilopes.

Devant le peu de pistes concernant ces morts incompréhensibles, le scientifique a l’idée d’observer l’estomac d’un koudou mort ; or il constate la présence de feuilles d’acacias non digérées, comme si la fermentation normale n’avait pas eu lieu.

Après examen des feuilles, il est relevé un taux anormalement haut de tanin, substance produite par les feuilles d’arbres pour se protéger en général de microbes et autres parasites. C’est ce tanin qui a empêché la fermentation et la digestion des feuilles. Mais pour quelle raison les acacias se sont-ils mis à produire ce tanin toxique ?

Y a-t-il un lien avec le fait que les antilopes n’ayant que des acacias à manger, elles ont fait subir une forte pression sur ces arbres, avec peut-être une nécessité de se défendre pour les acacias ?

Ceux-ci se sentant en danger, ont-ils modifié la teneur chimique de leur sève ? Les scientifiques, pour prouver et tester cette théorie, ont mimé l’agression des koudous en fouettant avec des cannes les branches d’arbres. Quelques heures après, l’analyse démontre bien que la teneur en tanin des feuilles a fortement augmenté.

Dans la nature, le koudou serait allé manger ailleurs, et ne se serait pas acharné sur un acacia aux feuilles amères ; mais dans un enclos, il n’a pas eu le choix. Et donc sa nourriture l’a empoisonné.

Ce fait de défense des arbres, est déjà assez frappant et en un sens extraordinaire, mais ce n’est pas tout.

En fait, notre scientifique a une autre intuition : il prend un petit sac en plastique et le noue autour de l’extrémité d’une branche. Après quelques temps, il vient avec une seringue, pique à travers le sac et aspire l’air contenu.

Après une analyse de cet air, il constate une forte concentration de phéromones, un gaz volatil. Les acacias stressés émettent une forte quantité de ces gaz ; ceux-ci, poussés par les vents, entrent en contact avec d’autres arbres à proximité, qui modifient alors également la teneur en tanin de leurs feuilles.

L’arbre en danger se défend en modifiant la composition chimique de ses feuilles, mais il communique également ce danger à ses congénères acacias.

Les Indiens d’Amérique disent que les arbres se parlent... Cela paraissait parfaitement mystique mais en fait ...

On a observé dans des fermes d’élevage en Afrique du Sud que les troupeaux d’antilopes kudu étaient régulièrement décimées après avoir dévastés des bosquets d’acacias. Or il s’avère que cette plante possède à l’état naturel une toxine (une substance cyanogène) en petite quantité et par conséquent inoffensive. Mais quand ’acacia est très fortement attaqué par des herbivores et que sa vie est en jeu, il secrète alors la toxine en forte quantité qui devient mortelle. Mais ce qui est le plus étonnant c’est que les arbres suivant la direction du vent secrètent eux aussi cette même toxine même s’ils n’ont pas été attaqués par les herbivores ! En fait, l’arbre attaqué émet un message gazeux sous forme d’éthylène qui n’a aucune fonction dans l’auto-défense de la plante incriminée ; si la seule fonction de ce gaz est d’alerter les arbres voisins c’est qu’il y bien une volonté de communiquer.

Le célèbre botaniste Francis Hallé a révélé dans son livre "Plaidoyer pour l’arbre" que certaines plantes pouvaient être qualifiées de "timides"parce qu’ils ne s’approchent pas de leurs congénères. Quel que soit leur nombre, quelles que soient leurs formes, quels que soient les nouveaux-venus, leurs feuillages ne s’entremêlent pas. Ils laissent 30 cm entre leurs feuilles et celles de leur voisin. Ils peuvent continuer à pousser et à grandir vers le haut, mais ils ne s’étaleront jamais si le feuillage d’un de leurs congénères est à 30 cm du leur. Cela implique que l’arbre communique par messages gazeux au niveau de ses feuilles.

Les girafes se nourrissent de feuilles d’acacias. Lorsque les girafes sont trop nombreuses, leur voracité préjudicie à l’arbre. Celui-ci se défend en sécrétant du tannin, qui est un poison pour l’animal. C’est horrible mais c’est comme ça. De plus, un arbre qui accumule ainsi du tannin sécrète dans l’air de l’éthylène (C2H2), une hormone gazeuse qui va intimer aux autres arbres de faire de même. L’éthylène est naturellement sécrété par beaucoup de plantes ; son rôle le plus connu est celui de signal de la maturation des fruits ; d’ailleurs la plupart des fruits que nous mangeons sont cueillis verts et mûris artificiellement sous une atmosphère riche en éthylène. C’est pourquoi, dans la savane, les girafes marchent contre le vent...

En Afrique du Sud, une espèce particulière d’acacia émet un gaz quand un animal vient se nourrir de ses feuilles. Ce gaz est transporté par le vent jusqu’à d’autres acacias.

Dés qu’ils sont prévenus, les arbres produisent alors un tanin toxique qui peut être mortel pour les animaux qui viendraient les manger. On peut donc dire que ces arbres communiquent entre eux pour se protéger les uns et les autres. Comment fait l’acacia pour ne pas se laisser dévorer en entier ?

L’arbre augmente la concentration en tanin des feuilles ce qui les rend impropre à la consommation par les ruminants, plus précisément indigérable.

Un point intéressant est donc que les arbres communiquent entre eux.

L’arbre attaqué par les animaux avertit les arbres autour de préparer une défense dans leurs feuilles, on suppose qu’ils communiquent par le biais de leurs racines.

Ils peuvent aussi communiquer par voie d’air via l’éthylène...

L’éthylène a été découvert en tant qu’hormone végétale en 1901, on remarquait que les feuilles des plantes situées à proximité des lampadaires (à bec de gaz) tombaient prématurément.

En 1910, on s’aperçoit qu’un fruit confiné mûrit plus vite qu’un fruit à l’air libre. On fait alors un premier rapprochement avec l’éthylène. En 1934, on découvre les voies métaboliques de l’éthylène. Et, en 1960, par chromatographie en phase gazeuse, on arrive à doser l’éthylène émis par les plantes.

Un augmentation de la production d’éthylène est associée à une perte de chlorophylle des feuilles, une dégradation des protéines et des ARN, une perte de pigmentation des fleurs, et autres symptômes de vieillissement.

L’éthylène est un catalyseur essentiel de la maturation des fruits. Par exemple, un avocat ne mûrit pas sur l’arbre mais six à huit jours après la récolte. On observe alors un pic de production d’ACC, puis d’éthylène qui déclenche la maturation du fruit.

L’éthylène module de nombreux métabolismes (réponses des plantes aux stress biotiques et abiotiques), est impliquée dans les étapes de floraison et stimule la maturation de nombreux fruits. Cette molécule a des effets si variés parce qu’elle est très simple et donc peu spécifique.

Les jeunes feuilles produisent de l’auxine qui les insensibilise à l’éthylène. Après le développement de la feuille, la production d’auxine diminue puis s’arrête : les cellules du pétiole sont alors exposées à des concentrations de plus en plus fortes d’éthylène. Au bout d’un certain temps les zones d’abscission répondent par la synthèse d’enzymes hydrolytiques.

De très fortes concentrations d’auxine stimulent la production d’éthylène et donc la chute des feuilles.

L’éthylène n’est pas la seule manière pour les plantes et les arbres de communiquer entre eux et de réagir à des agressions…

Les hormones végétales (plus rigoureusement appelées phytohormones ou facteurs de croissance) ont souvent comme fonction d’assurer la croissance de la plante ou sa morphogenèse. C’est le cas notamment de l’auxine qui contribue à la formation des organes de la plante (les racines par exemple) et à sa croissance mais intervient aussi dans les phénomènes de tropisme.

Elles se distinguent des hormones animales en plusieurs points :

• Leur sécrétion n’est pas assurée par des organes spécifiques de la plante (tout juste existe-t-il des zones de synthèse privilégiées) ;

• Leur effet varie en fonction de leur concentration (ex : à faible concentration 10-10 g/mL, l’auxine a un effet discret positif sur la croissance racinaire. À de plus fortes concentrations, 10-8 g/mL, elle inhibe l’élongation et induit la rhizogenèse) ;

• Elles agissent rarement seules : leurs effets résultent bien souvent d’une action coordonnée de plusieurs hormones (ex : stimulation de la division cellulaire grâce à l’action conjuguée de l’auxine et des cytokinines).

Une phytohormone, ou hormone végétale, est une hormone produite par une plante. C’est une substance chimique organique qui régule la croissance végétale ou qui intervient dans la communication entre individus végétaux différents (un arbre stressé peut émettre une hormone informant d’autres arbres qu’une cause de stress est présente. Ce stimulus peut augmenter la production de tanins ou de molécules défensives de la plante réceptrice). On parle parfois d’hormones de stress pour décrire les molécules émises par des plantes en état de manque d’eau ou blessée, lesquelles peuvent attirer des prédateurs, mais aussi les prédateurs de ces prédateurs.

Pour être une phytohormone, une substance doit être :

• endogène (c’est-à-dire non fournie par l’environnement)

• oligodynamique (et agir à faible dose, de l’ordre de la micromole)

• vectrice d’une information (apportée à une cellule cible sélectivement sensible à son action et dont elle influence le fonctionnement).

Ce sont ces exigences qui permettent de faire la distinction entre une phytohormone et une substance trophique.

En fait, les racines communiquent elles aussi…

Pour le botaniste ou le forestier, le mot anastomose décrit la fusion physique et fonctionnelle des organes de deux végétaux, en général appartenant à la même espèce, et via les racines (mais il peut s’agir des branches, voire de troncs dans le cas par exemples des haies blessées.

C’est un phénomène naturel assez fréquemment observé sur les racines affleurantes des résineux.

Il est spécialement développé pour les branches et troncs chez le hêtre tortillard.

Il est artificiellement exploité dans certaines haies tressées ou sur les berges ou bords de chemin boisés.

Il semble que sa fréquence et l’importance de l’anastomose racinaire aient pu être sous-estimées dans les forêts et alignements. On peut spontanément penser que l’anastomose augmente le risque de circulation d’un pathogène d’un arbre à l’autre, et il semble que ce soit parfois le cas (c’est une cause plausible de mortalités brutales et inexpliquées de bouquet d’arbres dans un peuplement par ailleurs apparemment sain). Mais cet inconvénient apparaît être compensé par des avantages, encore mal compris.

L’anastomose racinaire pourrait notamment :

• favoriser la résistance globale d’une population d’arbres face au vent et aux fortes pluies ;

• favoriser le maintien du sol (effet anti-érosif accru) ;

• favoriser l’exploitation optimale du milieu, par des arbres qui peuvent ainsi associer des « compétences génétiques » différentes (quand il ne s’agit pas de clones). Par exemple un arbre secrétant des molécules éloignant un champignon pathogène pour lui, anastomosé à un arbre meilleur que lui pour la capture d’oligoéléments vitaux, lequel est anastomosé avec un arbre dont les racines mieux mycorhizées forment une association beaucoup plus adaptée à son environnement que s’ils étaient isolés les uns des autres.

• et donc favoriser la meilleure résilience écologique après chablis ou coupes d’éclaircie, avec une survie accrue et prolongée des arbres blessés et des souches.

Ce dernier point présente un intérêt scientifique, mais aussi économique et sylvicole. Le pin Pinus contorta, commun au Canada (Alberta) pousse rapidement et il s’anastomose fréquemment et naturellement avec ses voisins proches. L’étude de couple de ces pins, anastomosés, mais dont l’un a été coupé (sans dévitalisation chimique de la souche) a montré un effet positif de l’anastomose racinaire sur le couple arbre-souche ;

- sur la longévité et la disposition des racines de la souche d’un pin coupé connectées à un pin vivant,

- mais aussi sur l’accroissement du diamètre de l’arbre vivant. Des bosquets touffus d’arbres anastomosés ont également été étudiés deux ans après qu’on y ait coupé une partie des arbres. Deux ans après, de nombreuses racines survivaient sur les souches connectées à des arbres vivants, et celles qui étaient les plus proches d’un arbre vivant ont mieux survécu et plus longtemps.

Enfin, après cette « éclaircie », les cernes des arbres vivants ont tous fortement augmenté en épaisseur, sauf lorsque ces arbres n’étaient pas connectés à une souche coupée mais à un arbre anastomosé mort d’une cause naturelle.

L’étude a montré que les connexions fortes des libers (c’est-à-dire via de larges surfaces d’échange) sont celles qui ont le plus favorisé un grand nombre de racines sur les souches que celles avec de faibles zones de contact.

Pensez-vous que les arbres sentent la douleur ?

Une expérience a été faite en laboratoire sur un caoutchouc :des électrodes à réflexe psychogalvanique (RPG)ont été placées de part et d’ autre d’une feuille deux chercheurs,un qui ne fait que l’arroser et l’autre qui la torture en brûlant une des ses feuilles avec le feu d’une allumette,il se produisit une modification dans la courbe du tracé du RPG.Il apporta des crevettes vivantes et les laissa tomber dans l’eau bouillante a chaque crevette tuée le traceur s’affolait.

Certains disent : impossible pas de système nerveux !

Pourtant, le neurone et le système nerveux ont le même type de structure (d’arborescence !) ... qu’un arbre...

Si nous n’avions pas un cerveau entre les deux oreilles et que nous trouvions par hasard des neurones... En les observant, même au microscope, nous douterions-nous que ces cellules minuscules, mêmes connectées à d’autres, puissent produire de la pensée...? Dans une forêt, il y a des échanges de molécules entre les arbres, à la fois au niveau des racines et du feuillage.

Des arbres communiquent à distance, des plantes réagissent à l’agression, mémorisent.

Cela n’a rien de mystique puisqu’il s’agit de transmission de l’industrie biochimique de la plante.

Il est aussi question de magnétisme. Là encore, rien de mystique ou surnaturel…

La pousse d’un arbre réagit à une anomalie du champ magnétique local.

Un oscillographe connecté à certaine plante réagissait à la brûlure d’une feuille.

Cleve Backster, expert de la CIA, spécialiste du détecteur de mensonges, a eu en 1966 l’idée d’attacher les électrodes de son appareil aux feuilles d’une plante verte présente dans son bureau, par curiosité...

Il remarque alors que la plante réagit lorsqu’il l’arrose, et le polygraphe semble montrer le même genre de réaction que lorsqu’un être humain fait l’expérience d’un stimulus émotionnel de courte durée... Est-ce qu’une plante pourrait ressentir des émotions ?!!! Backster sait que la manière la plus efficace de déclencher une réaction importante du polygraphe chez l’être humain est de le mettre dans une position où il se sent menacé. Il cherche donc un moyen de menacer le bien-être de la plante, et pense tout à coup à brûler une de ses feuilles. Au moment précis où il a l’idée de brûler cette feuille (acte qu’il visualise), et avant même qu’il ne bouge pour aller chercher une allumette, la plante devient comme folle : le tracé du polygraphe prend de l’ampleur, et le marqueur va jusqu’à franchir le bord supérieur du papier ! Est-ce que la plante aurait pu lire dans son esprit ?!! Backster conclut au sujet de cette expérience qui allait marquer toute sa vie : "Je compris à l’instant qu’il se passait quelque chose d’important ; il n’y avait pas d’autre explication. Il n’y avait plus personne dans le laboratoire, et je n’avais rien produit qui soit assimilable à une action mécanique. En une fraction de seconde, la conscience que j’avais du monde fut modifiée ".

Le chercheur confirmera par la suite ses premières découvertes, avec des centaines d’expériences sur d’autres plantes, avec d’autres instruments, avec différents collaborateurs, et dans de nombreux laboratoires différents aux Etats-Unis. Toutes ces expériences aboutissent aux mêmes conclusions... et amènent Backster à affirmer que les plantes sont sensibles aux événements, aux émotions et aux intentions humaines se produisant dans leur environnement !!

Et si l’on considère l’expérience de la souffrance, les plantes n’ont pas de système nerveux, ou de récepteurs benzodiazépines, ou quelque autre caractéristique que nous associons à la sensibilité chez les animaux (humains ou non-humains). Une plante ne souffre donc pas comme un animal ou un humain...

De même, peut-on véritablement parler d’émotions chez les plantes ?... Chez les mammifères (humains et animaux), le ressenti et l’expression des émotions sont liés au système neurologique et au cerveau limbique - le cerveau émotionnel - qui nous permet aussi de percevoir les émotions chez les autres. Et d’après les études les plus récentes, notamment au sein de l’Institut HeartMath aux Etats-Unis, notre coeur et les échanges physiologiques entre le coeur et le cerveau joueraient aussi un rôle dans notre vécu émotionnel... Alors qu’en est-il pour les plantes qui ne disposent pas de ce "système émotionnel" ? Comme l’ont montré les expériences de Baxter, les plantes réagissent effectivement, et parfois fortement, à des situations anxiogènes par exemple, mais peut-on vraiment parler d’émotions, ou bien leur expérience de la réalité est-elle fondée sur une autre forme de perception... ?

Il est à remarquer que nous interprétons mal ce que représente notre système nerveux : un très grand arbre !!! Quant aux communications électriques qui le parcourent elle sont liées à des échanges qui ont lieu dans toutes les cellules vivantes, et pas seulement dans les cellules nerveuses : des entrées et des sorties d’ions par les membranes. Ces échanges ont lieu au sein de l’arbre comme au sein des animaux ou des hommes. L’arbre est donc un grand ensemble connecté comme un réseau nerveux et qui, comme le réseau nerveux de l’homme, communique à la fois par voie électrique et biochimique. La différence n’est pas aussi grande qu’il y paraît !

Quels sont ces langages qui permettent à l’arbre d’exprimer sa douleur ou sa maladie ?

Le premier, le plus évident est celui de la forme de l’arbre...

Tout arbre, soumis ou non à la concurrence pour la lumière, a une forme qui permet de juger si le sujet regardé est en bonne santé ou pas..

Un arbre isolé, "bien dans ses racines (et non pas dans ses baskets)", aura une forme équilibrée, ronde, avec une branchaison équilibrée...

Un arbre soumis à la concurrence va avoir lui, un houppier plus limité, un tronc sans branches plus haut...

Un arbre isolé en difficulté aura des branches sèches bien vite et aura un port dit "torturé", un tronc vrillé aussi quelquefois...

Un arbre concurrencé en grosse difficultés aura un houppier désarticulé, des parties sèches et ses pousses annuelles irrégulières...

Le second langage est plus difficile déjà, mais que certains d’entre vous connaissent....L’émission de glands, cônes ou fènes, alors que l’arbre est jeune...Oui certaines jardineries prétendent que l’arbre que vous vous voulez acheter va bien car il est couvert de cônes par exemple (exemple des sapins) erreur !!! L’instinct de survie est très développé chez les arbres et donc si un arbre cherche à se reproduire jeune, c’est qu’il est en difficulté !!

Il faut savoir qu’il y a quelques exceptions certes, mais c’est mauvais signe en général. En foresterie, il faut savoir que seuls les sapins vous sont vendu en pépinière à l’age de 3 ans, les autres espèces sont vendues à l’age de 1 an !!

lorsqu’ils sont plus vieux, les racines tournant au fond du containeur inlassablement, quelquefois jusqu’à autostrangulation et mort...

D’autres langages sont présents pour l’arbre... Celui qui est olfactif...un arbre en difficultés émet une odeur forte, cela est le cas, en Provence, lorsqu’il fait chaud... S’il est en bonne santé il ferme ses stomates pour ne pas transpirer et perdre l’humidité. Celui qui sent peut être celui qui n’a pas senti avant la brusque montée de la température..

L’arbre parle aussi lorsqu’il est attaqué, par des signes de détresse mais aussi pour montrer qu’il combat l’ennemi (voir coulées de résine sur le pin maritime lorsqu’il est attaqué).

Les plantes montrent des signes qui ne trompent pas. Coloration ou décoloration du feuillage, avortement des boutons floraux, déformations de tiges, étiolement, perte de feuilles, croissance exubérante, rabougrissement etc. etc.

Lorsque l’on observe un arbre pendant plusieurs années, on arrive assez fréquemment à se remémorer les années où il était en forme et celles où il a plus souffert.

Inversement, les arbres perçoivent-ils la douleur humaine ?

Les plantes elles-mêmes perçoivent effectivement la douleur humaine. Si on pose des électrodes d’un galvanomètre (pour mesurer les courants de faible intensité) sur l’écorce d’un arbre et que quelqu’un appuyé contre le tronc de l’arbre s’entaille le doigt avec un couteau on constate un mouvement de l’aiguille du galvanomètre ! Proches d’êtres humains blessés, les arbres modifient leur magnétisme par réaction à la douleur des hommes…

* * * * * *

Les arbres produisent de l’électricité...

Avec deux électrodes, l’une clouée dans un arbre et l’autre enfichée dans le sol, il est possible de récupérer un petit courant électrique. Le fait est déjà connu, l’explication scientifique a beaucoup progressé et une application a déjà été trouvée : alimenter des capteurs de température pour lancer une alerte radio en cas d’incendie. Un arbre peut produire de l’électricité... Peu, certes, mais suffisamment pour alimenter un appareil électrique de faible puissance. MagCap Engineering, une entreprise américaine, avait déjà, en 2006, annoncé un procédé de production d’électricité à partir d’arbres. Trois chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology), Christopher Love, Shuguang Zhang et Andreas Mershin, ont étudié de près ce phénomène et deux d’entre eux veulent même en tirer profit. Love et Mershin se sont associés à d’anciens dirigeants de MagCap Engineering pour fonder Voltree Power. La première application envisagée est d’installer des capteurs de température et un émetteur radio dans quelques arbres pour émettre un signal d’alerte en cas d’incendie.

Cet été, les trois chercheurs ont publié dans la revue scientifique PlosOne les résultats d’expériences effectuées sur le Ficus benjamina, le figuier pleureur, une plante d’appartement bien connue. Une électrode est plantée dans la tige de manière à pénétrer dans le xylème, cet ensemble de fibres dont les canaux font monter vers les feuilles la sève brute aspirée depuis le sol. L’autre est enfichée dans le sol ou plongée dans diverses solutions.

Les chercheurs observent entre les deux une différence de potentiel (ou tension électrique) de 50 à 200 millivolts. En poussant plus loin l’investigation, ces biologistes ont prouvé que cette tension n’était pas due à des réactions d’oxydoréduction, comme on le pensait. On les met facilement en évidence dans cette expérience classique des cours de sciences au collège, consistant à planter dans un fruit (orange, citron...) ou une pomme de terre deux objets composés de métaux différents. Faisant office d’électrodes, ils produisent une petite tension, grâce à laquelle on peut obtenir un courant de faible intensité. C’est l’acidité de la phase liquide à l’intérieur du végétal qui entretient le phénomène. Des électrons sont arrachés à l’une des électrodes (l’anode), ce qui correspond à une oxydation, tandis que ces particules s’accumulent vers l’autre électrode (la cathode), y entraînant une réaction que les chimistes appellent une réduction. Les chercheurs du MIT n’observent aucune corrélation avec l’heure de la journée ni avec la transpiration de la plante. C’est la différence d’acidité (le pH) entre le xylème et le sol qui semble jouer le plus grand rôle. Selon eux, la tension mesurée indique la concentration en ions dans les tissus du xylème et serait donc reliée au métabolisme de la plante. Les biologistes y voient d’abord un moyen facile, rapide et peu traumatisant de mesurer l’acidité interne d’une plante pour surveiller son métabolisme.

D’autres applications leur semblent envisageables. Il serait possible, pensent-ils, d’obtenir entre 1 et 10 millivolts à partir de n’importe quel arbre d’une forêt et donc d’alimenter des capteurs capables de mesurer en permanence différents paramètres de l’environnement. La société Voltree Power a le projet plus précis de capteurs anti-feux, couplés à des émetteurs radio, qu’il suffirait d’installer sur un certain nombre d’arbres dans une forêt à protéger. Des essais en milieu naturel sont programmés pour le prochain printemps. Dans son communiqué de presse, le MIT imagine de son côté une autre application : la détection de substances nocives ou radioactives « aux frontières du pays ».

Quoiqu’il en soit, ce travail montre encore une fois l’intérêt actuel des scientifiques pour des sources d’électricité nouvelles capables d’alimenter des appareils à très basse consommation. Depuis la chaleur ambiante jusqu’aux mouvements du corps en passant par le bruit, les idées innovantes ne manquent pas dans ce domaine...

* * * * * *

Au laboratoire de Physique et Physiologie Intégrative de l’Arbre fruitier et forestier (PIAF-UMR A 547), l’équipe MECA est une équipe interdisciplinaire de Bio-Mécanique Intégrative qui associe des biomécaniciens, des écophysiologistes et des physiologistes moléculaires. Elle s’attache à décrypter les réponses des arbres face aux contraintes du milieu extérieur et plus particulièrement à répondre à la question « Comment les arbres font-ils pour tenir debout longtemps, tout en grandissant dans un environnement mécanique fluctuant ? », c’est-à-dire lorsqu’ils sont soumis à différents stress mécaniques perturbant leur développement, tel que le vent, les tempêtes ponctuelles, le poids de la neige ou encore l’inclinaison du sol en altitude…

Les arbres ont le sens mécanique car ils perçoivent des perturbations mécaniques externes telles que des flexions de leurs branches par le vent, mais également internes telles que l’augmentation lente du poids de leurs branches en croissance, et y répondent en ajustant leur croissance. La mécanoperception est un mécanisme de signalisation, c’est-à-dire un mécanisme permettant à la plante de « ressentir » un signal extérieur et d’y répondre de manière adéquate. Un véritable processus de communication ! Il comporte 3 phases :

* la réception du stimulus par l’arbre,

* sa transformation en un signal interne,

* conduisant à une réponse de croissance de l’arbre (appelée la thigmomorphogenèse, de thigmo- : toucher, morpho- : forme, genèse : acquisition).

Au cours de la signalisation, une cascade de réactions moléculaires successives a lieu pendant laquelle des gènes gouvernant la fabrication de facteurs de transcription sont impliqués. Ces gènes-là sont des « chefs d’orchestre » qui commandent par la production de ces facteurs de transcription l’expression d’autres gènes et régulent ainsi le traitement de l’information dans la plante.

Nous avons identifié chez le peuplier (l’espèce modèle des arbres en termes d’analyse moléculaire) un facteur de transcription « mécano-induit », c’est-à-dire qui s’exprime en réponse à un stress mécanique, de façon très rapide (dès les 10 premières minutes après le stress) et transitoire (le facteur de transcription disparait rapidement). Des homologues de ce gène, c’est-à-dire des gènes très proches, ont été recherchés parmi les génomes des autres plantes, en interrogeant les bases de données informatiques mondiales qui rassemblent un très grand nombre de séquences de gènes d’espèces diverses.

Sur l’équivalent de la douleur chez les plantes et arbres

Reconnaissance entre plantes ou arbres

Forme du tronc, des branches, des racines, couleur des feuilles, tout cela est aussi des messages…

LIRE AUSSI :

Pour déraciner quelques idées fausses sur les arbres

34 Messages de forum

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 2 novembre 2011 07:16, par moshe

    L’arbre en danger se défend en modifiant la composition chimique de ses feuilles, mais il communique également ce danger à ses congénères acacias

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 2 novembre 2011 21:44, par F. Kletz

    « (...) les arbres perçoivent-ils la douleur humaine ?

    Les plantes elles-mêmes perçoivent effectivement la douleur humaine. Si on pose des électrodes d’un galvanomètre (pour mesurer les courants de faible intensité) sur l’écorce d’un arbre et que quelqu’un appuyé contre le tronc de l’arbre s’entaille le doigt avec un couteau on constate un mouvement de l’aiguille du galvanomètre ! Proches d’êtres humains blessés, les arbres modifient leur magnétisme par réaction à la douleur des hommes… »

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 2 novembre 2011 21:47, par F. Kletz

    « (...) les arbres connaissent la musique »

    « En argot les hommes appellent les oreilles des feuilles
    c’est dire comme ils sentent que les arbres connaissent la musique »

    "Arbres" – de Jacques Prévert

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 2 novembre 2011 21:52, par F. Kletz

    Rien de plus agréable préparer une salade avec de jeunes feuilles d’arbres caducs : notamment les chênes et les tilleuls. Il suffit d’arracher les feuilles les plus jeunes et de les ranger dans la besace. Si vous goûter toutes les dix secondes les feuilles cueillies, vous vous rendrez compte qu’au bout de deux minutes elles deviennent de plus en plus amères jusqu’à être quasi immangeables.

    Que s’est-il passé ?

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 2 novembre 2011 21:54, par F. Kletz

    Rien de plus agréable préparer une salade avec de jeunes feuilles d’arbres caducs : notamment les chênes et les tilleuls. Il suffit d’arracher les feuilles les plus jeunes et de les ranger dans la besace. Si vous goûter toutes les dix secondes les feuilles cueillies, vous vous rendrez compte qu’au bout de deux minutes elles deviennent de plus en plus amères jusqu’à être quasi immangeables.

    Que s’est-il passé ?

    L’arbre s’est rendu compte que l’on déchiquetait ses feuilles (...).

    Mais ce n’est pas tout...Faites de même avec l’arbre voisin et commencez par goûter une feuille. Elle est aussi amère que celles de l’arbre que vous venez de quitter ! Et tous les voisins du premier le sont aussi.

    Que s’est-il passé ?

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 3 octobre 2012 17:23, par RP

    Les modes de communication des plantes et des arbres sont multiples. Ils sont sensibles à la luminosité, au vent, aux molécules venues du sol et de l’air. Ils sont capables non seulement de percevoir des molécules mais d’en émettre qui sont captables par les voisins. Cela leur permet de réguler leurs mécanismes vitaux, d’ajuster leur croissance, de réguler leur consommation, de modifier leur production et émission de certaines molécules. Ainsi, l’éthylène, hormone végétale qui sert au murissement, est communiquée d’une plante à l’autre, provoquant le murissement des plantes voisines. Les odeurs sont également un mode de communication. Des arbres infestés par des chenilles émettent des phéronomes qui font produire aux voisins des des substances répulsives pour les insectes. Le jasmonate de méthyle est l’une de ces substances qui, diffusant par les pores des feuilles, déclenche une réponse immunitaire. Des plantes privées d’eau préviennent les voisines que la sécheresse menace et ces dernières ferment leurs stomates pour limiter l’évapotranspiration. Etc, etc…

    Répondre à ce message

  • « Il y a des arbres, m’écrit M. le vicomte de Maleyssie, notamment les bouleaux et les chênes, qui éprouvent un trac abominable quand passe, non loin d’eux, un troupeau de moutons. Et cette frayeur se traduit par un retrait immédiat de la sève dans l’arbre, au point qu’il n’est plus possible de détacher l’écorce de l’aubier. »

    Un peu, ce me semble, comme lorsque nous éprouvons un sentiment de constriction à la gorge.

    Et, à l’appui de son dire, M. le vicomte de Maleyssie m’adressa des documents, dont quelques-uns assez précieux ; entre autres, le numéro d’avril 1833 du Cultivateur.

    À la page 210 de ce vieil organe, je trouve le récit suivant dû à la plume du grand-père même de M. de Maleyssie :

    « Des ouvriers étaient employés à écorcer des chênes sur l’un des penchants d’un coteau situé entre deux vallées, dans la propriété que j’habite. Le temps était très favorable à ce genre de travail ; aussi avançait-il assez vite, lorsque peu à peu il devint moins aisé. L’écorce ne se souleva plus qu’ avec peine, et bientôt il fut impossible de l’enlever autrement que par petits morceaux.

     » Les ouvriers, n’ayant aperçu aucune variation dans l’état de l’atmosphère, attribuèrent unanimement ce phénomène au voisinage de quelque troupeau de moutons.

     » En effet, j’avais donné l’ordre au berger d’amener le sien sur le revers du coteau où travaillaient les ouvriers.

     » Cela bien constaté, je fis retirer les moutons, et à mesure qu’ils s’éloignaient, le pelage des arbres devenait plus aisé. Néanmoins, la sève, pendant toute la journée, ne reprit pas sa circulation avec la même activité qu’auparavant.

     » Cette expérience, répétée deux années de suite, a produit le même effet. »

    Les Annales de la Société d’Horticulture de Paris (tome XII, page 322), s’occupent également de cet étrange phénomène et citent un cas analogue constaté dans les pépinières royales de Versailles en 1817.

    L’auteur de la communication conclut ainsi :

    « Quoique je sois très porté à chercher une explication, bonne ou mauvaise, à tous les phénomènes de la végétation, je ne suis jamais arrivé à expliquer celui-là. C’est sans doute le plus délicat de tous ceux que nous offrent les végétaux. M. de Candolle n’en a rien dit dans sa Physiologie générale. »

    Vous pensez bien que si M. de Candolle n’a rien trouvé à dire sur cette question, ce n’est pas un pauvre petit gars comme moi qui éclairera les masses botanisantes.

    Seulement, je pense que si le roseau apprenait la frousse énorme qu’un simple mouton peut infliger à

    Celui de qui la tête au ciel était voisine
    Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts,

    il rirait bien, le souple et charmant roseau.

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 21 décembre 2012 18:21, par Robert

    Les arbres captent et émettent des vibrations. Les chercheurs de l’institut de botanique de Berne, en Suisse, ont enregistré des ultrasons émis par des pins et des chênes en période de sécheresse. Stefano Mancuso de l’université de Florence, a montré que les racines de maïs se dirigeaient préférentiellement vers certaines fréquences de vibration.

    voir ici

    D’autre part, on remarque aussi que lorsqu’un arbre est abattu, les arbres voisins nourrissent ses racines ; une sorte de solidarité.

    On remarque également une certaine solidarité entre l’arbre et ses champignons qui se choisissent et se nourrissent mutuellement.

    Enfin, l’arbre échange avec les êtres vivants qui partagent son milieu. Parfois les deux parties y trouvent leur compte : il offre du nectar aux insectes qui transportent son pollen sur d’autres arbres, ou des fruits nourrissants aux animaux qui, en les emportant, disperseront ses graines. D’autres fois, c’est bien malgré lui qu’il sert de repas aux insectes ou aux autres plantes qui le parasitent. Si l’on ajoute les innombrables espèces animales et végétales à qui il offre un abri, un support ou simplement son ombrage sans qu’il lui en coûte rien, on voit à quel point l’arbre joue un rôle central dans les écosystèmes auxquels il participe !

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 4 février 2013 13:08, par marine D

    Un bel article sur les arbres qui font partie de ma vie ! Merci à toi et à Katara
    Bonne journée

    Mon ami le chêne solitaire :

    http://emprises-de-brises.over-blog...

    http://dans-les-voiles.over-blog.com/

    Répondre à ce message

  • arbres

    chevaux sauvages et sages

    à la crinière verte

    au grand galop discret

    dans le vent vous piaffez

    debout dans le soleil vous dormez

    et rêvez

    Jadis

    les arbres

    étaient des gens comme nous

    Mais plus solides

    plus heureux

    plus amoureux peut-être

    plus sages

    C’est tout.

    qu’ils déboisaient déboisaient

    déboisaient

    on a trouvé qu’ils abusaient

    Bien sûr la fin des arbres

    ou la fin de la terre

    c’est pas la fin du monde

    mais tout de même on s’était habitué

    [...]

    Autrefois les bûcherons

    avaient des égards pour les arbres

    autrefois les bûcherons

    buvaient à leur santé

    deux amoureux humains

    deux rescapés

    s’approchèrent d’un peuplier

    sur son cœur ils gravèrent

    leurs cœurs et leurs noms enlacés

    et furent épargnés.

    Extraits - Arbres -Prévert

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 5 mai 2013 01:20, par Robert Paris

    Arbres - chevaux sauvages et sages - à la crinière verte - au grand galop discret - dans le vent vous piaffez - debout dans le soleil vous dormez - et rêvez.

    Arbres de Prévert

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 5 mai 2013 01:21, par Robert Paris

    Quand va la vie est une forêt

    chaque jour est un arbre

    Quand va la vie est un arbre

    chaque jour est une branche

    Quand va la vie est une branche

    chaque jour est une feuille

    Répondre à ce message

  • Lire sur l’histoire des arbres : ici

    Répondre à ce message

    • figure de style 30 mai 2013 21:40, par enzo

      bonjour
      j’ aimerais savoir ce qu’ est cette figure de style :"Il n’entend plus la voix des arbres "
      merci

      Répondre à ce message

      • figure de style 30 mai 2013 21:48, par kerrian legall

        ceci m’a bien l’ air d’ une personnification des arbres ,enzo car l’auteur donne vie aux arbres
        j’ espère t’ avoir aidé et bonne soirée .

        Répondre à ce message

      • figure de style 31 mai 2013 08:05, par Robert Paris

        Cela signifie, me semble-t-il que l’homme oublie que les arbres sont vivants et sentent...

        Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 9 août 2013 10:21, par Robert Paris

    A lire aussi :

    Arbres associés, enlacés, emmêlés, amoureux, interactifs, coopérant, échangeant, s’entraidant ou se volant mutuellement

    Lire ici

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 7 avril 2014 16:12, par Robert Paris

    Un seul exemple : la floraison des arbres et arbustes.

    Une série d’arbres situés à proximité les uns des autres va fleurir en même temps. C’est lié aux échanges d’information entre eux. Des arbres du même type, en même temps, sous le même climat, dans le même sol ne vont pas fleurir en même temps car ils ne sont pas en contact.

    Répondre à ce message

  • La Langue des Arbres

    La langue que j’aime

    Oh, combien douce et mélodieuse

    Est la langue des Êtres muets

    Elle est plus douce à mon cœur

    Que la langue rauque des gens

    Si calmement, si doucement

    Me parlent les arbres

    Le roseau sur le bord de l’eau

    La bruyère sur la montagne.

    Les genêts des garennes

    Le vent ondulant

    La mer d’or des landes

    Qui me raconte des contes

    Qui me chante ses vers :

    Arthur. Iseult. Merlin...

    Répondre à ce message

  • À la Faculté de droit de Paris, immeuble qui ne passe certainement pas pour le refuge des rigolades fin de siècle, fut, le mois dernier, abordée la question des forêts baladeuses.
    M. Ducrocq, le très aimable professeur de droit administratif, proféra ces paroles textuelles :
    « À cette époque, messieurs (vers 1872, 1873), les forêts nationales se sont promenées de ministère en ministère, de l’Agriculture aux Finances, des Finances à l’Agriculture, etc., etc. »
    Hein, mon vieux Shakespeare, les voilà bien les forêts qui marchent, les voilà bien !
    Sans nous arrêter à la légitime stupeur du flâneur rencontrant la forêt de Compiègne dans la rue de Rivoli, passons à une troisième communication qui ne fut pas sans me bouleverser :
    « Il y a des arbres, m’écrit M. le vicomte de Maleyssie, notamment les bouleaux et les chênes, qui éprouvent un trac abominable quand passe, non loin d’eux, un troupeau de moutons. Et cette frayeur se traduit par un retrait immédiat de la sève dans l’arbre, au point qu’il n’est plus possible de détacher l’écorce de l’aubier. »
    Un peu, ce me semble, comme lorsque nous éprouvons un sentiment de constriction à la gorge.
    Et, à l’appui de son dire, M. le vicomte de Maleyssie m’adressa des documents, dont quelques-uns assez précieux ; entre autres, le numéro d’avril 1833 du Cultivateur.
    À la page 210 de ce vieil organe, je trouve le récit suivant dû à la plume du grand-père même de M. de Maleyssie :
    « Des ouvriers étaient employés à écorcer des chênes sur l’un des penchants d’un coteau situé entre deux vallées, dans la propriété que j’habite. Le temps était très favorable à ce genre de travail ; aussi avançait-il assez vite, lorsque peu à peu il devint moins aisé. L’écorce ne se souleva plus qu’avec peine, et bientôt il fut impossible de l’enlever autrement que par petits morceaux. _ » Les ouvriers, n’ayant aperçu aucune variation dans l’état de l’atmosphère, attribuèrent unanimement ce phénomène au voisinage de quelque troupeau de moutons. _ » En effet, j’avais donné l’ordre au berger d’amener le sien sur le revers du coteau où travaillaient les ouvriers. _ » Cela bien constaté, je fis retirer les moutons, et à mesure qu’ils s’éloignaient, le pelage des arbres devenait plus aisé. Néanmoins, la sève, pendant toute la journée, ne reprit pas sa circulation avec la même activité qu’auparavant. _ » Cette expérience, répétée deux années de suite, a produit le même effet. »
    Les Annales de la Société d’Horticulture de Paris (tome XII, page 322), s’occupent également de cet étrange phénomène et citent un cas analogue constaté dans les pépinières royales de Versailles en 1817.

    L’auteur de la communication conclut ainsi :

    « Quoique je sois très porté à chercher une explication, bonne ou mauvaise, à tous les phénomènes de la végétation, je ne suis jamais arrivé à expliquer celui-là. C’est sans doute le plus délicat de tous ceux que nous offrent les végétaux. M. de Candolle n’en a rien dit dans sa Physiologie générale. »
    Vous pensez bien que si M. de Candolle n’a rien trouvé à dire sur cette question, ce n’est pas un pauvre petit gars comme moi qui éclairera les masses botanisantes.
    Seulement, je pense que si le roseau apprenait la frousse énorme qu’un simple mouton peut infliger à
    Celui de qui la tête au ciel était voisine
    Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts,
    il rirait bien, le souple et charmant roseau.

    Alphonse Allais, dans Deux et deux font cinq (2+2=5)

    Répondre à ce message

  • Pour voir s’il me consolerait,

    Je m’approchai d’un pin vert.

    De me voir pleurer,

    Il a pleuré

    Asturiana, Manuel De Falla

    Répondre à ce message

  • L’arbre qui pense

    les pieds dans sa grille

    à quoi pense-t-il

    oh ça oh mais ça oh mais ça à quoi pense-t-il ?

    Raymond Queneau, Le chien à la mandoline

    Répondre à ce message

  • Ciel toits et nuages

    voyez-moi

    là tout en bas

    qui marche

    et qui pense à l’arbre qui pense

    au chien au pavé

    oh ça oh mais à quoi pensent-il donc à quoi pensent-il donc ?

    Répondre à ce message

  • Arbres de la forêt,

    vous connaissez mon âme.

    Victor Hugo

    Répondre à ce message

  • Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,

    Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,

    Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,

    Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives !

    Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,

    Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,

    Dans votre solitude où je rentre en moi-même,

    Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime !

    Victor Hugo

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 22 janvier 2015 12:09, par Claire

    Vraiment très intéressant ! Cela me donne le désir de comprendre pourquoi, à l’âge de 20 ans, à proximité d’un hêtre situé derrière moi, j’ai soudain eu l’impression très forte et majestueuse d’être enveloppée dans quelque chose de spirituel émanant de cet arbre, comme s’il me parlait et me protégeait...Pourtant je ne pouvais pas créer de moi-même une telle idée ni impression et je n’y pensais pas. Sur le coup, et sans réfléchir j’ai eu l’impression de me trouver au pied de la Croix du Christ. Saurai-je un jour ce que cela signifiait ?

    D’autre part, à la Bambouseraie d’Anduze, le guide nous a expliqué que les bambous fleurissaient de manière irrégulière, parfois 50 ans, ou 100 ans, ou n’importe quelle autre durée après la précédente floraison... mais dans le monde entier, quelque soit le climat, les bambous d’une même variété fleurissent toujours ensemble sur tous les continents. Je crois à l’existence des Anges qui au service de Dieu veillent sur toutes les créatures, en voilà une manifestation. (Vous me répondrez que le bambou est une graminée, mais tout de même !)

    Répondre à ce message

  • Quand j’étais petit, je voyais un homme embrasser un arbre.

    L’homme avait quatre-vingts ans. L’arbre avait soixante ans.

    Moi, j’avais cinq ans.

    Ce vieillard était l’un de ces artisans autodidactes, féru d’idées nouvelles.

    Sa religion à lui, c’était la science.

    Il était bavard, il pouvait, pendant des heures,

    vous citer aussi bien la Bible que Proudhon.

    Il me disait :

    « Mon petit, quelle chance tu as d’arriver dans un siècle

    où la science avance à pas de géant.

    Bientôt, l’homme sera tellement intelligent, tellement bon,

    qu’il n’y aura plus de guerre, plus d’armée, plus de frontière, plus de nation.

    Chacun se régalera de vivre à son aise, avec le métier qu’il aura choisi,

    le métier qui le passionnera.

    Chacun se cultivera, s’épanouira.

    L’homme sera enfin un ami pour l’homme… »

    Les soirs d’été, il se rendait à pas lents vers notre petite mairie pour saluer

    l’arbre de le Liberté.

    Cet arbre avait été planté en 1871, à la chute de l’Empire,

    pour célébrer la République nouvelle.

    Le vieillard avait alors vingt ans.

    Il avait fait partie de ces garçons et de ces filles qui avaient dansé

    des rondes folles autour de l’arbuste qu’ils venaient de planter.

    Mais l’arbuste était devenu un arbre magnifique.

    Le vieux posait sa canne contre le tronc rugueux,

    de ses bras maigres il enlaçait convulsivement le tronc,

    il levait les yeux vers le feuillage magnifique, et on entendait qu’il murmurait :

    « Ah, ma liberta ! »

    et une grosse larme allait se perdre dans sa barbe blanche.

    Les années ont passé,

    le vieux est mort, mais l’arbre, lui, a continué à croître, à prospérer.

    Il est devenu tellement grand, tellement robuste,

    que ses puissantes racines soulevaient presque la petite mairie.

    Alors le maire a pris peur :

    l’élu du peuple a donné l’ordre de scier l’arbre.

    Et l’Arbre de la Liberté est tombé comme un homme, d’une masse.

    Mais sa chute, un instant, a fait trembler la terre.

    J.P CHABROL

    Répondre à ce message

  • Effectivement, un des exemples frappants des communications entre arbres est celui de la floraison. Celle-ci se fait de manière coordonnée pour des arbres proches et est différente pour des arbres un peu éloignés. De même, pour les réactions aux agressions par des animaux.

    Répondre à ce message

  • Les arbres sentent-ils et communiquent-ils ? 27 mai 2015 07:49, par Robert Paris

    Le micocoulier, Jacques Prévert :

    A Antibes rue de l’hôpital

    Où l’herbe à chat

    Surgit

    Encore indemne entre les pavés

    Il y a un grand micocoulier

    Il est dans la cour de l’asile des vieillards

    Eh oui c’est un micocoulier

    Dit un vieillard de l’asile

    Assis sur un banc de pierre

    Et sa voix

    Est doucement bercée par le soleil

    Micocoulier

    Et ce nom d’arbre

    Roucoule

    Dans la voix usée

    Et il est millénaire

    Ajoute le vieil homme

    En toute simplicité

    Beaucoup plus vieux que moi

    Mais tellement plus jeune encore.

    Millénaire et toujours vert

    Et dans la voix

    De l’apprenti centenaire

    Il y a un peu d’envie

    Beaucoup d’admiration

    Une grande détresse

    Et une immense fraicheur.

    Jacques Prévert, Arbres (1976)

    Répondre à ce message

  • On vient de découvrir que les arbres dorment la nuit !!!

    Une équipe de chercheurs finlandais, autrichiens et hongrois a mis en évidence, à travers un article publié dans Frontiers in Plant Science, le relâchement au cours de la nuit des branches et feuillage d’une espèce de bouleau (Bouleau verruqueux, ou Betula pendula)... et ce n’est pas de la faute du vent. Les branches voient leur hauteur nocturne fluctuer spontanément, l’amplitude du déplacement pouvant même atteindre 10 cm. En bref : l’arbre s’incline vers le sol par oscillations délicates puis se redresse au petit matin.

    Répondre à ce message

  • A lire, de Jacques Tassin : « A quoi pensent les plantes ? »

    On a longtemps vu la plante comme un être passif et immobile, spécialisé dans la fascinante alchimie de la photosynthèse. Les progrès de la biologie végétale donnent aujourd’hui de la plante une image radicalement nouvelle : les plantes ont de multiples façons de percevoir leur environnement. Mieux : elles se parlent et communiquent tous azimuts avec leurs congénères par voie chimique, s’avertissant d’un danger potentiel, mais aussi avec les animaux qui les pollinisent ou vivent en symbiose avec elles.

    Répondre à ce message

    • Jacques Tassin :

      Est-il possible de se « mettre à la place » d’une plante, de comprendre ce qu’elle perçoit de ses semblables et du monde extérieur ?

      Malgré ces avancées majeures de la biologie végétale, l’intuition littéraire approche souvent mieux qu’elle l’intimité des plantes. Pour découvrir cette « intériorité végétale », rien de tel que le mélange précisément dosé de science et de poésie que propose ce livre.

      Répondre à ce message

  • A lire aussi : "La vie secrète des arbres" de Peter Wohlleben :

    Les arbres sont des créatures sociales. Ils apprennent, se souviennent, s’entraident et, grâce à un système de communication fongique, sorte de réseau social des bois, ils s’envoient des microsignaux pour se prévenir de dangers. Courtois, ils se font des faveurs, dirigent leurs branches de manière à laisser passer la lumière pour leurs congénères. Fidèles, ceux qui ont passé leur existence côte à côte tirent leur révérence en même temps. Révérencieux, ceux qui restent nourrissent via leurs racines les souches de leurs voisins des années encore après leur mort.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0