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Edito : la fausse barbe des classes moyennes - Matière et Révolution
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Edito : la fausse barbe des classes moyennes

mercredi 8 février 2012, par Robert Paris

Les 1% de la population les plus riches et les 99% autres : les plus pauvres - Un écart grandissant....

LA VOIX DES TRAVAILLEURS

« Travailleurs de tous les pays unissez-vous »

Karl Marx

Planqués derrière le slogan des classes moyennes, ils ne défendent que le grand capital et ne cherchent qu’à diviser les travailleurs

Ils ne défendent ni classes moyennes, ni emplois, ni salaires, ils ne défendent que la classe capitaliste !

Préférez-vous le modèle Schröeder d’écrasement des salaires et des allocations chômage ou celui de Merkel, nous disent-ils, ou encore le modèle anglais Thatcher de démolition des services publics, le modèle américain Obama d’aide massive au grand capital, ou le modèle russe Poutine d’exploitation forcenée ou le modèle chinois d’exploitation au goulag ? Tel est le débat des politiciens français, candidats à la présidentielle ! On ne choisit pas la sauce à laquelle on va être mangés : ce ne sont que diverses versions d’un même système d’exploitation !

Les politiciens nous vantent surtout un prétendu modèle français qui s’appelle hypocritement « la défense des classes moyennes ». Mais c’est qui ces classes moyennes ? Bien des salariés pensent paraît-il que c’est d’eux qu’il s’agit ! Quelle erreur ! Calculons la moyenne entre les revenus mensuels de Mme Bettencourt (34 millions d’euros par mois) et un smicard (1400 euros par mois). Cela donne une moyenne de 17 millions d’euros. Et on n’a pas pris de travailleur précaire, de chômeur. On n’a pas pris de titulaire du RSA (400€ mensuels !) Car cela n’aurait pas changé grand-chose à la moyenne, toujours d’environ 16 à 17 millions par mois. Et, en prenant les revenus des sociétés du cac 40, on reste dans cette tranche…

Alors croyez-vous toujours que vous êtes dans la moyenne ?

Ah ! C’est vrai il s’agit du niveau moyen dans un autre sens, le niveau où une moyenne du nombre de Français se retrouverait… Et pourquoi calculer ainsi les moyennes, sinon pour faire oublier qu’un fossé sépare la toute petite minorité qui détient toutes les richesses du reste de la population. La différence de vos revenus avec ceux de L’Oréal ou de Total, la voilà la vraie « différence entre Français ». Certes il y a une différence entre 3000€ par mois et 400€ par mois, mais il y a un véritable abime avec 16 millions !!! Les grands patrons des banques, des trusts comme Ghosn à Renault se distribuent de véritables pactoles…

Et, justement, comme il s’agit de ponctionner les classes populaires, l’intérêt de la classe capitaliste est de détourner l’attention en soulignant les menues différences ou divisons entre prolétaires….

Il s’agit surtout de souligner que les classes dites moyennes, c’est-à-dire en réalité des salariés moyens, s’opposeraient aux plus pauvres, aux précaires, aux chômeurs, aux jeunes, pour pousser ces prétendus « moyens » contre les plus démunis, les exhortant ainsi à soutenir le système parce qu’ils se sentent menacés de tomber dans la vraie misère. On cultive ainsi les peurs qui vont permettre au système de retrouver une petite assise, alors qu’il a perdu la confiance et qu’il est critiqué et haï par l’essentiel des milieux populaires. Ainsi, on oppose deux parties de la classe des travailleurs. Aux plus démunis, on fait croire que le but des dirigeants est de « sauver les classes moyennes » et aux travailleurs ayant un CDI et un salaire juste correct, on fait croire qu’ils sont menacés par les classes dangereuses, ceux qui n’auraient rien à gagner au système. Aux jeunes, on affirme que s’ils sont dans la précarité et le chômage, c’est la faute des plus anciens qui ont tiré la couverture à eux. Aux Français, on annonce que leurs emplois sont volés par les travailleurs immigrés ou par les pays voisins. Sauver les classes moyennes est donc un discours de sauvetage d’un système dont personne, dans le personnel politique, ne se hasarde à nous dire quelle est la maladie qui le frappe, comment se fait-il que les banques les plus riches, les trusts les plus profitables soient soudain ruinés qu’il faille l’argent de nos impôts pour les soutenir plusieurs fois de suite ?

Que Sarkozy tienne ce discours n’étonnera personne, mais c’est aussi bien celui de la gauche que de la droite et du centre… Hollande leur promet de les protéger. Sarkozy affirme que si « on détruit les classes moyennes, on détruit le pays tout entier ». Rien que ça ! Classes moyennes, nous disent-ils en cœur, on vous aime parce que c’est vous qui avez intérêt à sauver le système et le système veut donc vous sauver pour s’appuyer sur vous. C’est dit très crûment. Et plus le mensonge est gros, plus il passe.

Classes moyennes, on vous aime ? Non ! Travailleurs, on cherche seulement à vous diviser !

Pensez donc, le capitalisme en a cure d’aider des salariés un peu mieux payés ? PSA supprime des quantités d’emplois dans l’ingénierie et les banques suppriment des quantités d’emplois de bureaux ! Croyez-vous qu’ils s’en préoccupent que les chômeurs viennent des travailleurs pauvres ou de ceux qui étaient un petit peu mieux payés !! Croyez-vous qu’Obama ait empêché ces salariés correctement payés d’être licenciés ou de perdre leur maison ? pas du tout et pas plus lui que n’importe lequel des dirigeants de la bourgeoisie mondiale.

Non, l’objectif est ailleurs : il s’agit de diviser, d’opposer les travailleurs entre eux.

Comme, dans les mois précédents, on a cherché à opposer les travailleurs de la fonction publique aux autres, en dénonçant les cheminots comme des profiteurs qui cassent les transports alors que c’est le gouvernement qui casse systématiquement le service public de transports comme il a cassé celui de l’énergie ou des télécommunications.

Les chercheurs, on leur a déjà fait le coup de la division. Les « réformes », c’était seulement contre les « mauvais chercheurs ». C’est eux qui n’auraient plus de budget de recherche. Résultat, personne n’en a plus !

Même démarche avec la Sécu. On nous a dit que la Sécu est volée par des salariés qui la grugent ! Pensez donc, c’est l’Etat lui-même qui autorise les patrons à ne pas payer leurs cotisations ! Sous tous les prétextes, y compris celui de l’aide à l’emploi. Alors que les patrons qui cassent tant et plus les emplois, les grandes entreprises, sont les plus aidées par l’Etat et les collectivités locales, c’est-à-dire par l’argent de nos impôts !!!

Bien sûr, nombre de travailleurs ne se considèrent nullement comme des prolétaires, unis à leurs frères du monde, unis aux chômeurs, aux précaires, aux plus démunis par le même objectif : bâtir une société nouvelle débarrassée de l’exploitation. Certes, peu de travailleurs ont cette conscience de classe là. Eh bien, c’est le système capitaliste lui-même qui nous rappelle que nous ne sommes rien d’autre que des prolétaires, que nos emplois, nos logements, les études de nos enfants ne sont pas acquis mais peuvent être remis en question du jour au lendemain par une prochaine épidémie de panique boursière, bancaire, industrielle que les états et les banques centrales n’auront plus les moyens d’enrayer. Et, là alors oui, nous serons ces prolétaires du monde porteurs d’une nouvelle société en rupture totale avec l’exploitation effrénée du capitalisme !!!

Face à l’abîme grandissant entre exploités et exploiteurs, ces derniers cultivent les différences et divisions au sein des prolétaires : c’est pourquoi SONT LES PIRES ENNEMIS DES TRAVAILLEURS....

...Ceux qui parlent de "défendre le pays" comme si l’économie « nationale » était menace par une concurrence étrangère, alors que c’est tout le monde capitaliste qui s’effondre

Ceux qui parlent de "défense des classes moyennes" et sont en réalité aux ordres de la classe capitaliste

Ceux qui cultivent l’opposition entre métiers, entre secteurs, entre catégories, entre origines, entre ….

Ceux qui désignent du doigt les cheminots, les agents des aéroports, les conducteurs de bus, les enseignants, les hospitaliers, les ouvriers, les chômeurs, ...

Ceux qui acceptent l’individualisation des carrières, des primes, des avancements, des augmentations et les pressions individuelles de l’encadrement

Ceux qui parlent de "défendre l’entreprise"

Ceux qui organisent des luttes corporation par corporation, secteur par secteur, site par site, service par service

Ceux qui dénoncent les fonctionnaires

Ceux qui opposent les travailleurs ayant un emploi fixe à ceux qui n’en ont pas, les travailleurs ayant leur maison et ceux qui ne la possèdent pas, les travailleurs ayant des diplômes et ceux qui n’en ont pas, ...

Ceux qui développent la chasse au faciès

Ceux qui cultivent la crainte de l’insécurité

Ceux qui opposent les emplois fixes et les précaires

Ceux qui opposent les travailleurs selon leur sexe, leur secteur, leur âge, leur origine, leur race, leurs préférences sexuelles, leurs diplômes, leurs activité,...

Ceux qui désignent du doigt les travailleurs dans le détournement des aides sociales

Ceux qui dénoncent les travailleurs qui s’arrêtent en maladie, qui font grève, qui refusent les heures supplémentaires, qui refusent de se sacrifier soi-disant pour sauver l’entreprise...

Ceux qui dénoncent les chômeurs et les "bénéficiaires du RSA" comme des profiteurs !

Ceux qui laissent isoler les travailleurs stressés, surexploités, handicapés, qu’on isole, qu’on vire, qu’on précarise

Ceux qui dénoncent les jeunes, ces maltraités de l’emploi

Ceux qui prétendent que la fracture raciale l’emporte sur la fracture sociale

Ceux qui cultivent le mépris des femmes

Ceux qui affirment que patrons et ouvriers défendent les mêmes intérêts

Ceux qui prétendent que la crise vient de l’étranger

Ceux qui désignent du doigt les travailleurs étrangers, les sans papiers...

Ceux qui opposent retraités et salariés en activité

Ceux qui opposent travailleurs des villes et des champs

Ceux qui prétendent unir les travailleurs des champs aux capitalistes de la terre, les artisans aux capitalistes de l’industrie

Ceux opposent les jeunes de banlieue aux habitants de celles-ci

TRAVAILLEURS DE TOUS PAYS, DE TOUTES PROFESSIONS, DU PUBLIC ET DU PRIVE, AVEC OU SANS CDI, AVEC OU SANS PAPIERS, UNISSONS-NOUS !!!

NOS SEULS ENNEMIS SONT LA CLASSE CAPITALISTE TOUT ENTIÈRE, DES INDUSTRIELS AUX BANQUIERS EN PASSANT PAR LES FINANCIERS ET LES GROS RENTIERS !!

1 Message

  • Edito : la fausse barbe des classes moyennes 8 février 2012 17:30, par max

    ais c’est qui ces classes moyennes ? Bien des salariés pensent paraît-il que c’est d’eux qu’il s’agit ! Quelle erreur ! Calculons la moyenne entre les revenus mensuels de Mme Bettencourt (34 millions d’euros par mois) et un smicard (1400 euros par mois). Cela donne une moyenne de 17 millions d’euros. Et on n’a pas pris de travailleur précaire, de chômeur. On n’a pas pris de titulaire du RSA (400€ mensuels !) Car cela n’aurait pas changé grand-chose à la moyenne toujours d’environ 16 à 17 millions par mois. Et, en prenant les revenus des sociétés du cac 40, on reste dans cette tranche… Alors croyez-vous toujours que vous êtes dans la moyenne ?

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