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Le réel n’est pas la succession temporelle, linéaire, logique et graduelle des états actuels - Matière et Révolution
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Le réel n’est pas la succession temporelle, linéaire, logique et graduelle des états actuels

mardi 4 juin 2013, par Robert Paris

Le réel n’est pas la succession temporelle, linéaire, logique et graduelle des états actuels

Selon la conception classique, celle de la logique formelle ou du bon sens, les lois sont des relations entre les états passés et l’état présent, mais ces états sont conçus comme des états qui se manifestent et que l’on appelle des « états actuels ». Cette conception considère que les possibilités sont seulement des supputations, des imaginations ou des perspectives possibles et non une réalité agissante et intervenant dans l’histoire du système. Nous exposons ici la thèse inverse, selon laquelle le déterminisme ne peut que mettre en relation l’ensemble des états potentiels du passé avec l’ensemble des états potentiels du futur et pas seulement l’actualité du passé avec l’actualité du présent.

Pour le bon sens, l’actuel est la totalité du réel. Le passé et le futur ne sont pas présents. Le virtuel est considéré comme imaginaire - donc non-réel. La non-contradiction semble au bon sens une nécessité absolue. Pour la pensée dialectique, c’est l’inverse qui est un fondement.

Dans la conception dialectique, le potentiel (encore appelé virtuel ou superposition d’états) fait bel et bien partie du réel, à l’égal de l’actuel qui n’est qu’un des potentiels d’un passé très proche, et le mouvement interne de la réalité s’exprime par l’unité de l’actuel et du virtuel sous forme de superposition d’états contradictoires qui coexistent, se supplantent successivement et de manière discontinue. L’origine d’un état actuel n’est pas à rechercher par conséquent seulement dans l’état actuel précédent mais dans la superposition des états potentiels précédents.

Cette réalité du virtuel entraîne l’univers réel dans ses processus dialectiques, le réel étant à la fois son expression actuelle et son propre contraire dialectique : le potentiel ou le futur possible. L’histoire du système est l’évolution entre l’ensemble des possibles du passé et l’ensemble des possibles du présent.

Chaque phénomène réel n’est pas assimilable à un objet qui se modifierait en étant à chaque instant identique à lui-même, c’est-à-dire seulement actuel. Il est son propre contraire et son actualité saute sans cesse vers son contraire dialectique qui fait partie de sa réalité. Cette réalité (intégrant dans une même unité inséparable l’actuel et le virtuel) englobe également le passé comme intégration de l’actuel du passé et du virtuel du passé. Cette remarque philosophique est excessivement importante en sciences comme en histoire, comme en économie ou en sociologie.

Les transitions de phase sont des sauts de l’actuel mais des sauts vers des états qui étaient déjà inclus dans la dynamique comme des potentiels.

D’autre part, le système possède ses propres contradictions internes au sens où l’ensemble des états potentiels sont agissants et rétroagissants, c’est-à-dire qu’ils forment une dynamique sans cesse changeante qui détermine la suite de l’histoire du système. C’est cet ensemble de contradictions internes qui permet au système de se conserver comme de se transformer ensuite en relation avec l’environnement. Aucun système dynamique n’est décrit par sa seule succession des états actuels et ce qui interagit, c’est la succession des superpositions d’états virtuels.

L’ensemble des états virtuels n’est pas un continuum, ni un ensemble figé, ni un ensemble passif mais au contraire l’élément actif, dynamique, discret, discontinu et historique du système. C’est lui qui permet d’interpréter les sauts entre les états sans faire appel à l’indéterminisme, à l’irrationnel, au pur hasard, à une puissance supérieure, à l’inexplicable.

Donnons quelques exemples d’une telle affirmation.

Dans de nombreux domaines, le virtuel n’apparaît plus comme l’opposé du réel mais comme une de ses composantes essentielles. Ainsi, en physique, au sein du vide quantique qui baigne partout la matière et la fonde, on trouve des particules dites virtuelles qui ne sont pas perceptibles à notre échelle mais sont la base du fonctionnement matériel et expliquent les étrangetés de la physique quantique.

Les sauts d’un état à un autre, fondés sur l’actualisation d’un des états potentiels, ne concernent pas que la physique quantique dans laquelle ils se sont révélés absolument indispensables pour comprendre l’évolution d’un système quantique. Ils concernent aussi la physique macroscopique, les états de la matière (divers états cristallins, solides, liquide, gazeux, amorphe, granulaire ou autre) étant dans des superposition d’états potentiels qui coexistent.

Tous les niveaux du vivant sont également concernés, du gène à l’ADN, de la cellule à l’organe, à l’être vivant, à l’espèce, à la coévolution d’espèces ou à l’évolution de la relation d’un groupe d’espèces avec l’écosystème doivent être interprétés comme des histoires qui concernent non des êtres actuels mais des superpositions d’états potentiels, de virtualités actives au sein des systèmes et déterminant ainsi, en interne comme en relation avec l’environnement, leur capacité de changement.

Au niveau du cerveau, le virtuel est également déterminant, que ce soit sur le plan physique ou sur le plan de la conscience humaine. On constate qu’il n’existe pas seulement des circuits neuronaux activés ou inactivés mais des circuits qui sont préparés au cas où pour être activés : ils sont virtuels. Cela signifie qu’ils sont potentiellement favorisés pour être activables en fonction du type d’activation.

La cellule vivante qui naît est totipotente. Elle a de multiples potentialités.

En génétique, l’ADN n’est pas seulement la molécule qui agit dans telle ou telle sorte de cellule spécialisée (par exemple cellules de muscle, sang ou nerf). Elle a d’autres potentialités. C’est l’interaction qui détermine son action. Au départ, ses potentialités sont auto-inhibées. L’inhibition des gènes inhibiteurs la rend active. La bibliothèque des gènes indique des potentialités mais, en action, la plupart son inactivées.

Au sein de l’ADN aussi, des gènes inactivés sont virtuellement capables de fonctionner et l’ADN ne peut se résumer à celui qui fonctionne réellement dans chaque cellule mais doit s’y rajouter les possibilités virtuelles qui y sont incluses...

Une molécule d’ADN a de multiples potentialités qui vont dépendre des protéines qui vont l’activer. La bibliothèque de ses gènes n’est nullement entièrement utilisée. Elle pourrait servir à produire d’autres espèces vivantes mais l’inhibition du non-soi l’empêche. L’espèce que cet ADN produit actuellement peut changer si l’environnement le nécessite et si la levée de l’interdit le rend possible. Ce qui constitue l’espèce, c’est la contradiction de l’être (la variété contenue dans l’ADN) avec le non-être (la défense de l’immunité). L’espèce n’est que l’actuel et l’ADN, lui, contient bien d’autres potentialités.

La cellule vivante qui naît est totipotente. Elle a encore de multiples choix pour se spécialiser. Elle contient toute une série de potentialités.

L’évolution des espèces vivantes montre qu’à des moments particuliers, l’espèce peut changer suivant des potentialités qui étaient déjà en elle. Dans un même ADN, il y a de multiples potentialités qui sont bloquées par des mécanismes de contrôle qui détruisent tout matériel biochimique non-conforme. Dans certaines circonstances d’agressions externes ces mécanismes de protection du soi sont levés et certaines potentialités non réalisées sont brutalement actualisées. C’est la naissance d’espèces nouvelles. La notion d’inchangé que contient l’espèce (un pommier donne des pommes qui donnent des pommiers, etc.) se transforme alors en son contraire.

La matière dite inanimée ou inerte est tout autant le siège de sauts entre des états qui existaient préalablement de manière potentielle.

Une particule de matière n’est pas un seul objet situé en un en endroit donné à un moment donné mais un nuage de particules virtuelles du vide très proches qu’il peut potentiellement faire occuper par sa masse. L’interaction d’une particule et de son environnement fait intervenir on seulement la particule actuelle (celle qu’on pourrait détecter ou capter) mais aussi toutes celles qui sont potentielles. Quand une particule réelle passe dans deux fentes de Young, ce sont les particules virtuelles (du nuage de polarisation de la particule réelle) passant par les deux fentes qui donnent les positions possibles pour la suite de l’histoire de la particule.

Tout état quantique est une superposition d’états potentiels et pas un état unique. A notre échelle, cette réalité quantique qu’est la superposition d’états est effacée par le grand nombre de particules et d’interactions. On peut valablement comparer cette situation à celle d’un individu (quantique) et d’une société composée d’un très grand nombre d’individus. L’individu a plusieurs potentialités personnelles pour agir (sa liberté individuelle) et cela n’empêche pas la société d’obéir à des lois sociales comme la lutte des classes.

La particule est "habillée" par son nuage virtuel constitué, à proximité de la particule, par la transformation du vide quantique (les particules et antiparticules virtuelles de toutes sortes) qui l’entoure. Cela signifie que toutes les caractéristiques de la particule, comme la masse ou la charge, et toutes les expériences d’interaction de la particule ne peuvent s’interpréter si on considère le corpuscule "nu" sans nuage virtuel autour.

Virtuel signifie fugitif mais signifie aussi potentiel parce que la particule peut sauter d’un point de son nuage à un autre.

Quand la particule interfère avec elle-même comme dans l’expérience des fentes de Young, la seule interprétation possible est qu’elle a à la fois traversé les deux fentes. Ce n’est pas le corpuscule mais le nuage qui traverse les deux et qui interfère avec lui-même en modifiant ainsi les probabilités de présence.

Quand la particule est à la fois onde et corpuscule, c’est-à-dire avant mesure ou observation, c’est parce qu’elle est un corpuscule habillé.

Quand il y a "réduction du paquet d’ondes", cela signifie que la disparition du corpuscule (mesure par un écran par exemple ou par un compteur de particules) entraîne instantanément celle du nuage.

La particule matérielle est virtuelle avant de devenir actuelle. Elle n’en est pas moins réelle. Les états virtuels ne disparaissent que lors de la mesure d’un système quantique. Il ne reste plus alors que l’état actuel. La mesure ou observation est une rupture du caractère dialectique de la nature car elle rompt une contradiction. On ne trouve alors qu’un seul état et non une superposition.

L’enfant naissant n’est un homme qu’en tant que potentialité.

La pensée humaine ne se résume pas non plus à la pensée actuelle (consciente).

Toute classe sociale n’est pas seulement actuelle.

Le prolétariat n’est pas dans sa seule actualité de classe exploitée dans le cadre de la propriété privée des moyens de production (et, dans ce cadre, reproductrice de ce système) mais est révolutionnaire en potentialités. Elle est porteuse d’une autre société.

Dans tous ces domaines, le virtuel est réel et est inséparable de l’actuel dans une relation dialectique.

Dans les domaines qui concernent l’homme comme individu ou comme groupe humain, comme ensemble organisé ou comme conscience, comme société humaine, aux divers plans psychologique, social, économique, philosophique, politique, etc, il en va de même. L’homme n’est nullement résumable à la succession de ses situations matérielles observables et il est indispensable de le considérer également dans ses potentialités qui découlent non seulement des états actuels mais des états potentiels précédents. Les périodes de changements brutaux et radicaux, comme les révolutions sociales, rendent cette considération particulièrement importante et, sans elle, ces moments pourraient sembler complètement absurdes, sans logique propre, et sans rationalité quelconque.

Ces remarques concernent particulièrement les militants révolutionnaires car, pour eux, la tâche de l’heure n’est pas l’activisme fondé uniquement sur l’actuel mais la défense de perspectives fondées sur une autre réalité tout aussi objective qu’est le potentiel de la classe prolétarienne. Les acharnés du « il y a toujours quelque chose à faire » (sous-entendu à la place de la classe ouvrière) prétendent que ce genre de considérations seraient tout à fait utopiques et vaines, complètement abstraites et détachées de l’état de la lutte des classes, du rapport de force actuel et de même te la simple réalité sociale. Ils se trompent et nous entraînent dans leurs erreurs. Ce qu’expriment même d’infimes minorités, si ce sont des potentialités réelles, fait partie de la réalité sociale et politique autant que les actions qu’ils prétendent « mener sur le terrain ». Ces hommes de terrain omettent une partie fondamentale de l’activité révolutionnaire : développer les potentialités de la classe exploitée qui auront demain autant de réalité que les soi-disant étapes que représenteraient les luttes réformistes qu’ils mènent de manière pas bien différente ou pas du tout différente des méthodes des appareils syndicaux liés au pouvoir et aux classes dirigeantes.

L’avenir du combat prolétarien est profondément aux potentialités qui sont les siennes et tout recul sur ce plan, fût-ce qu nom du réalisme nécessaire aux luttes actuelles, est un recul grave pour l’avenir qui implante de fausses virtualités avec de fausses perspectives. Ainsi, tous les « être nombreux dans la rue et dans la grève aux côté des centrales » ou encore « pour se faire entendre du gouvernement et du patronat », ou encore pour réclamer que « l’Etat nous soutienne » ou « prenne en compte nos demandes », « pour dire que nous ne voulons pas faire les frais de la crise », etc, tous ces faux objectifs présentent des potentialités illusoires et mensongères qui peuvent peser négativement sur l’avenir et ne pèsent en tout cas nullement sur les dites classes dirigeantes ni sur l’Etat à leur service. Faire croire que l’Etat serait une force neutre qu’il faudrait faire basculer de notre côté par une poussée, fait partie de ces fausses perspectives qui peuvent amener la suite de l’histoire vers des impasses graves.

Quant aux travailleurs, rien de pire que de prétendre qu’ils en seraient là où ils le disent. Les travailleurs ne sont ni aveugles ni sourds. Il est faux qu’ils ne voient pas que la situation est plus grave que ne le prétendent gouvernement et classes dirigeantes. Il est faux qu’ils ne comprendraient pas qu’on leur dise la vérité sur l’effondrement d’ensemble du système malgré les lourdes dépenses des Etats et banques centrales.

Les travailleurs ne sont pas encore décidés à en découdre dans certains pays mais cela ne signifie nullement qu’ils aient renoncé à le faire et qu’il failler chercher des moyens bidon pour « faire au moins quelque chose ».

Il est faux de dire que ce serait « maintenant ou jamais ». On ne sait pas d’avance quand ce sera le moment. Qui avait deviné ce qui s’est passé en Egypte ou en Tunisie ? Qui avait deviné ce qui se passe en Turquie ?

Le moment venu n’est pas dépendant des désirs des militants. Par contre, ce qui dépend directement d’eux, c’est de maintenir une perspective qui peut être définie par quelques orientations :

- aucune confiance dans les institutions dont l’Etat bourgeois, ses gouvernants de toutes sortes, les partis qui y sont liés et les centrales syndicales.

- la mise en place d’organisations autonomes des travailleurs sous la forme de comités de salariés, de jeunes, de chômeurs, toutes catégories sociales, professionnelles et d’origine confondues

- l’élargissement de toute action en direction d’autres salariés, d’autres catégories des milieux populaires
- développer la nécessité non pas de se faire entendre mais de frapper la classe dirigeante et l’Etat, les banques, les trusts, les bourses, le grand capital et ses défenseurs politiques, syndicaux et étatiques.

La classe ouvrière n’est pas seulement celle qui par son travail fait marcher le système et produit les richesses. C’est aussi celle qui est capable de faire fonctionner un autre système que celui fondé sur la propriété privée des moyens de production.

Ce dernier système ayant fait son temps (ce que démontre le fait que les Etats et les banques centrales doivent tout le temps débourser des centaines de milliards pour empêcher l’édifice de s’effondrer), il devient non utopique de penser que l’une des potentialités qui va devenir d’actualité sera l’intervention du prolétariat pour construire une nouvelle société, le capitalisme ayant atteint ses limites objectives. La tâche de diffuser cette nécessité devient dès lors la tâche prioritaire des militants communistes révolutionnaires. Toute lutte sociale d’ampleur doit contenir cette perspective, être marquée par elle. Prétendre que « les travailleurs n’en sont pas là », comme on l’entend souvent dans la bouche de l’extrême gauche officielle montre bien que tout ce qui a été dit plus haut est du chinois pour eux.

La superposition d’états en physique quantique

Virtuel et réel dans la matière

Superposition d’états virtuels

« Toute science serait superflue s’il y avait coïncidence immédiate entre la forme phénoménale et l’essence des choses. »

Marx dans Le Capital (Livre III)

« Toute chose est en soi-même contradictoire. »

Georg Wilhelm Friedrich Hegel dans « Logique »

« Ce qui se meut, c’est la contradiction. (...) C’est uniquement parce que le concret se suicide qu’il est ce qui se meut. »

G.W.F Hegel, dans sa préface à la « Phénoménologie de l’esprit »

« Plusieurs choses sont en interaction par leurs propriétés. (...) Le phénomène est dans l’unité de l’apparence et de l’existence. Cette unité est la loi du phénomène. La loi est donc le positif dans la médiation de ce qui apparaît. C’est le reflet du phénomène dans son identité avec lui-même. Cette identité, le fondement du phénomène qui constitue la loi, est un moment propre du phénomène... La loi est donc non au-delà du phénomène, mais présente en lui immédiatement. Le royaume des lois est le reflet tranquille du monde existant ou phénoménal. »

Hegel dans "La doctrine de l’Essence"

« Ce qui se contredit ne se résout pas en zéro, en néant abstrait, mais essentiellement en la négation de son contenu particulier ; autrement dit encore, une telle négation n’est pas complète négation, mais négation de la chose déterminée (...) le résultant, la négation, étant négation déterminée, a un contenu. (...) Elle s’est enrichie de sa négation, (...) elle est l’unité d’elle-même et de son opposé. »

G.W.F Hegel dans « Science de la Logique ».

« Une chose n’est donc vivante que pour autant qu’elle renferme une contradiction et possède la force de la saisir et de la soutenir. Mais, lorsqu’un existant est incapable, dans sa détermination positive, de passer à la détermination négative et de les conserver l’une dans l’autre, autrement dit lorsqu’il est incapable de supporter à l’intérieur de lui-même la contradiction, il n’est pas une unité vivante, ... mais s’effondre et succombe à la contradiction. (...) Il résulte de l’examen de la nature de la contradiction que lorsqu’on dit d’une chose qu’elle renferme une contradiction, on ne signifie pas par là qu’elle est endommagée, défectueuse ou fautive. Toute détermination, tout concret, tout concept constituent essentiellement une unité des moments différents et différenciables, qui deviennent contradictoires par la différence déterminée essentielle qui les sépare. »

Hegel dans "Science de la logique"

« Pour nous, le communisme n’est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses. »

Karl Marx dans « L’idéologie allemande »

« La grande idée fondamentale selon laquelle le monde ne doit pas être considéré comme un complexe de choses achevées, mais comme un complexe de processus où les choses, en apparence stables, - tout autant que leur reflet intellectuel dans notre cerveau, les concepts, se développent et meurent en passant par un changement ininterrompu…, cette grande idée fondamentale a, surtout depuis Hegel, pénétré si profondément dans la conscience commune qu’elle ne trouve sous cette forme générale presque plus de contradicteurs. »

Engels écrivait dans « Ludwig Feuerbach »

« L’idée plus détaillée du concret, du réel, est exprimée ainsi : "Le plein n’est pas simple, mais infiniment multiple. Ces infiniment multiples se meuvent dans le vide ; car le vide est"... Les atomes sont donc, même dans leur connexion apparente dans ce que nous nommons choses, séparés l’un de l’autre par le vide. Ce vide est aussi le principe du mouvement. (...) Quand nous avons une conception plus riche et plus profonde de la nature et que nous demandons à l’atomisme de nous la rendre intelligible, la satisfaction s’évanouit immédiatement. (...) Il faut aller au delà de ces pensées. L’opposition continuité-discontinuité est la première de ces idées qu’il faut dépasser. (...) les atomes sont indistinguables, identiques. (...) Pourtant, ce qui est, est déterminé, concret. »

Friedrich Hegel dans son "Cours d’histoire de la philosophie"

« L’électron n’est pas pensable sans son cortège de photons potentiels. »

Gilles Cohen-Tannoudji dans "La Matière-espace-temps"

Conclusions : il est important de rappeler qu’une classe sociale, et tout particulièrement une classe exploitée, n’est pas la somme de ses états actuels, de ses luttes à leur niveau actuel et de sa conscience, telle qu’elle s’exprime actuellement. Elle est porteuse de tout autre chose et qui est contenu dans ses virtualités, dans ses potentialités et ce qui permet que ces possibilités soient conscientes, c’est que des minorités ne craignent pas de se faire le porte-parole de ces potentialités et bataillent bec et ongles contre les prétendus réalistes qui tendent à rabaisser la classe révolutionnaire au niveau où elle s’exprime aujourd’hui.

4 Messages de forum

  • Karl Marx :

    « L’humanité ne se pose jamais que les problèmes qu’elle peut résoudre car, à y regarder de plus près il se trouvera toujours que le problème lui-même ne surgit que là ou les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. »

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    • L’enfant naissant n’est un homme qu’en tant que potentialité.

      La pensée humaine ne se résume pas non plus à la pensée actuelle (consciente).

      Toute classe sociale n’est pas seulement actuelle.

      Le prolétariat n’est pas dans sa seule actualité de classe exploitée dans le cadre de la propriété privée des moyens de production (et, dans ce cadre, reproductrice de ce système) mais est révolutionnaire en potentialités. Elle est porteuse d’une autre société.

      Dans tous ces domaines, le virtuel est réel et est inséparable de l’actuel dans une relation dialectique.

      Répondre à ce message

  • Ces remarques concernent particulièrement les militants révolutionnaires car, pour eux, la tâche de l’heure n’est pas l’activisme fondé uniquement sur l’actuel mais la défense de perspectives fondées sur une autre réalité tout aussi objective qu’est le potentiel de la classe prolétarienne. Les acharnés du « il y a toujours quelque chose à faire » (sous-entendu à la place de la classe ouvrière) prétendent que ce genre de considérations seraient tout à fait utopiques et vaines, complètement abstraites et détachées de l’état de la lutte des classes, du rapport de force actuel et de même te la simple réalité sociale. Ils se trompent et nous entraînent dans leurs erreurs. Ce qu’expriment même d’infimes minorités, si ce sont des potentialités réelles, fait partie de la réalité sociale et politique autant que les actions qu’ils prétendent « mener sur le terrain ». Ces hommes de terrain omettent une partie fondamentale de l’activité révolutionnaire : développer les potentialités de la classe exploitée qui auront demain autant de réalité que les soi-disant étapes que représenteraient les luttes réformistes qu’ils mènent de manière pas bien différente ou pas du tout différente des méthodes des appareils syndicaux liés au pouvoir et aux classes dirigeantes.

    L’avenir du combat prolétarien est profondément aux potentialités qui sont les siennes et tout recul sur ce plan, fût-ce qu nom du réalisme nécessaire aux luttes actuelles, est un recul grave pour l’avenir qui implante de fausses virtualités avec de fausses perspectives. Ainsi, tous les « être nombreux dans la rue et dans la grève aux côté des centrales » ou encore « pour se faire entendre du gouvernement et du patronat », ou encore pour réclamer que « l’Etat nous soutienne » ou « prenne en compte nos demandes », « pour dire que nous ne voulons pas faire les frais de la crise », etc, tous ces faux objectifs présentent des potentialités illusoires et mensongères qui peuvent peser négativement sur l’avenir et ne pèsent en tout cas nullement sur les dites classes dirigeantes ni sur l’Etat à leur service. Faire croire que l’Etat serait une force neutre qu’il faudrait faire basculer de notre côté par une poussée, fait partie de ces fausses perspectives qui peuvent amener la suite de l’histoire vers des impasses graves.

    Quant aux travailleurs, rien de pire que de prétendre qu’ils en seraient là où ils le disent. Les travailleurs ne sont ni aveugles ni sourds. Il est faux qu’ils ne voient pas que la situation est plus grave que ne le prétendent gouvernement et classes dirigeantes. Il est faux qu’ils ne comprendraient pas qu’on leur dise la vérité sur l’effondrement d’ensemble du système malgré les lourdes dépenses des Etats et banques centrales.

    Les travailleurs ne sont pas encore décidés à en découdre dans certains pays mais cela ne signifie nullement qu’ils aient renoncé à le faire et qu’il failler chercher des moyens bidon pour « faire au moins quelque chose ».

    Il est faux de dire que ce serait « maintenant ou jamais ». On ne sait pas d’avance quand ce sera le moment. Qui avait deviné ce qui s’est passé en Egypte ou en Tunisie ? Qui avait deviné ce qui se passe en Turquie ?

    Le moment venu n’est pas dépendant des désirs des militants. Par contre, ce qui dépend directement d’eux, c’est de maintenir une perspective qui peut être définie par quelques orientations :

    - aucune confiance dans les institutions dont l’Etat bourgeois, ses gouvernants de toutes sortes, les partis qui y sont liés et les centrales syndicales.

    - la mise en place d’organisations autonomes des travailleurs sous la forme de comités de salariés, de jeunes, de chômeurs, toutes catégories sociales, professionnelles et d’origine confondues

    - l’élargissement de toute action en direction d’autres salariés, d’autres catégories des milieux populaires
    - développer la nécessité non pas de se faire entendre mais de frapper la classe dirigeante et l’Etat, les banques, les trusts, les bourses, le grand capital et ses défenseurs politiques, syndicaux et étatiques.

    La classe ouvrière n’est pas seulement celle qui par son travail fait marcher le système et produit les richesses. C’est aussi celle qui est capable de faire fonctionner un autre système que celui fondé sur la propriété privée des moyens de production.

    Ce dernier système ayant fait son temps (ce que démontre le fait que les Etats et les banques centrales doivent tout le temps débourser des centaines de milliards pour empêcher l’édifice de s’effondrer), il devient non utopique de penser que l’une des potentialités qui va devenir d’actualité sera l’intervention du prolétariat pour construire une nouvelle société, le capitalisme ayant atteint ses limites objectives. La tâche de diffuser cette nécessité devient dès lors la tâche prioritaire des militants communistes révolutionnaires. Toute lutte sociale d’ampleur doit contenir cette perspective, être marquée par elle. Prétendre que « les travailleurs n’en sont pas là », comme on l’entend souvent dans la bouche de l’extrême gauche officielle montre bien que tout ce qui a été dit plus haut est du chinois pour eux.

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  • Par exemple, le mouvement du corps de masse inerte n’est pas la succession des positions du corps matériel dans l’espace-temps mais ce qui se déplace c’est seulement le nuage des particules et antiparticules virtuelles entourant la masse inerte et donnant successivement des positions à celle-ci.

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