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Quand le nouveau secrétaire général de la CGT est en train de préparer avec la bourgeoisie la manière de faire passer en douce la privatisation de la SNCF - Matière et Révolution
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Quand le nouveau secrétaire général de la CGT est en train de préparer avec la bourgeoisie la manière de faire passer en douce la privatisation de la SNCF

samedi 22 décembre 2012, par Robert Paris

Quand le nouveau secrétaire général de la CGT est en train de préparer avec la bourgeoisie la manière de faire passer en douce la privatisation de la SNCF

Mr Thierry Lepaon,membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, le CESE, a émis un rapport sur la manière de privatiser la SNCF sans faire de vagues intitulé rapport sur « l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires régionaux de voyageurs », séance du 27 juin 2012 où il déclare notamment : « Il n’aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l’arrêt d’urgence notamment lorsqu’il s’agit d’une manœuvre. (…) Nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d’une ouverture à concurrence qui semble se dessiner. »

Donc Lepaon veut éviter qu’on agite le chiffon rouge contre la privatisation de la SNCF et inscrit dans celle-ci et souhaite la dessiner…

Lire ici

texte intégral

et aussi

On remarquera que Lepaon s’inscrit pleinement dans les manœuvres pour faire réussir la privatisation de la SNCF !!!

En voici des extraits :

« Ce texte présente une grande unité de ton révélatrice d’un consensus assez fort sur le sens que devrait avoir une expérimentation (de privatisation de la SNCF), si l’Etat le décide, et sur les principes que doivent inspirer sa conduite pour concourir à son succès. J’ai employé à dessein le mot consensus et je souhaite maintenant dissiper toute erreur d’appréciation sur ce terme. Il n’aura échappé à personne dans cette assemblée que la locution « ouverture à la concurrence » appliquée à un noyau dur du service public peut agir immédiatement comme un chiffon rouge. Dans le monde ferroviaire, agiter un chiffon rouge est justement le moyen le plus ancien, mais toujours en vigueur, pour signifier l’arrêt d’urgence notamment lorsqu’il s’agit d’une manœuvre. « Je dois dire que j’ai personnellement considéré comme un challenge de faire la preuve qu’il était possible, et même utile, de dépasser le stade de la réaction allergique afin de clarifier les idées en affrontant la réalité. Affronter la réalité, c’est toujours confronter les points de vue, polir ses arguments en les frottant, souvent vigoureusement, à ceux des autres. (…)

Le thème de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs s’inscrit dans le cadre d’une orientation prise au niveau européen. Dès lors, la responsabilité d’une telle initiative appartient à l’Etat et à lui seul. Il doit être clair que la question de l’ouverture à la concurrence ne peut pas se résoudre par la voie d’une discussion, d’une négociation, d’une concertation entre la direction et les syndicats de l’entreprise publique auquel ce service est dédié par la loi.

La SNCF appartient à la nation et ce sera donc aux élus de la nation, à l’issue d’un débat public associant les citoyens et les usagers, de prendre leurs responsabilités et de l’assumer, le cas échéant, devant leurs électeurs. (…)

Pour aller à l’essentiel, je voudrais maintenant présenter la méthode et le calendrier législatif et social que nous préconisons. J’insiste bien sur le fait que nous proposons d’abord une méthode car nous avons voulu mettre l’accent sur le « comment faire » et pas seulement sur le « quoi faire ».

Cette méthode se décline en six recommandations qui tracent un chemin, c’est-à-dire un cap, une succession d’étapes et une méthode permettant de conduire à terme une telle expérimentation (en vue de la privatisation de la SNCF), si elle était décidée, et d’en tirer les enseignements. C’est ensuite à son heure que viendra le moment de la décision.

Je l’ai dit, le thème de l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire régional de voyageurs a donné lieu à de nombreuses initiales ayant produit des études et des rapports. Pour autant, notre contribution ne constitue pas une synthèse au sens de la compilation condensée et plus ou moins hiérarchisée des préconisations des rapports précités, et ce, malgré leur qualité.

Nous avons extrait de ce corpus ce qui nous a semblé le plus élaboré et le plus cohérent pour inventer l’avenir. Pour cela, il nous faut d’abord bien comprendre les spécificités du cadre social des cheminots, spécificités du cadre social des cheminots, spécificités qui découlent du statut même de l’entreprise SNCF, qui s’est vue confier des missions de service public.

Ensuite, nous avons imaginé des évolutions possibles au plan social dans la perspective d’une ouverture à concurrence qui semble se dessiner.

Cette idée prenant progressivement corps, elle s’est traduite en quelques scénarios descriptifs assez précis pour que l’on comprenne le sens de l’histoire qui pourrait s’écrire et suffisamment ouvert pour laisser toute sa place et sa créativité au dialogue social.

J’en suis, mes Chers Collègues, pleinement convaincu : rien ne pourra aboutir sans le dialogue social et il s’agit là d’une première recommandation.

Tout le monde connaît la combativité des cheminots, mais peu de gens ont une idée du rôle des relations collectives au sein de l’entreprise pour que ce grand système industriel de service puisse fonctionner. Lorsqu’on a compris que c’est le statut de l’entreprise qui a défini le statut des cheminots et non l’inverse, on comprend alors beaucoup d’autres choses.

C’est en fonction de certaines obligations de résultat, notamment en matière de sécurité, qu’ont été définies l’organisation du travail, le régime du travail, y compris le régime de retraite. (…)

Comme le dit le projet d’avis, si l’on veut que l’expérimentation d’une ouverture à la concurrence soit réussie, il convient de faire en sorte que l’opérateur historique et ses salariés s’y reconnaissent.

Une autre recommandation – la deuxième – qui s’est imposée porte sur la nécessité d’une évaluation préalable des résultats des expérimentations régionales avant de mettre en place un cadre social harmonisé, c’est-à-dire un socle commun en matière de durée et d’organisation du travail. (…)

Je voudrais aussi évoquer une autre question essentielle, celle du devenir des personnels en cas de changement d’opérateur. Ce projet d’avis se distingue des rapports d’experts, puisqu’il préconise le reclassement interne à la SNCF avant d’envisager un éventuel transfert de personnels. (…) »

Etc, etc…

On aura compris que tout l’effort de Lepaon consiste à faire passer sans levée de drapeau rouge de la part des cheminots… la privatisation de la SNCF !!!!

Il rajoute :

« Le Transport Express Régional de voyageurs (TER) a connu grâce à la régionalisation un essor remarquable. Mais son coût tend à s’accroître et son développement paraît sous contrainte, alors que l’Union européenne a engagé une libéralisation progressive des transports ferroviaires. Dans ce contexte, le Premier ministre a demandé l’avis du CESE sur l’ouverture à la concurrence des transports régionaux de voyageurs, en particulier quant au périmètre géographique, à la propriété du matériel roulant, aux relations contractuelles entre région et exploitant, ainsi qu’à sa dimension sociale.Pour le CESE, la décision d’ouvrir, même à titre expérimental, les TER à la concurrence est politique et relève du gouvernement. Dans cet esprit, l’avis esquisse un chemin de réforme qui permette, via une expérimentation maîtrisée, d’avancer prudemment sur ce dossier sensible, en associant l’ensemble des parties prenantes. L’enjeu est en effet de maintenir, voire d’amplifier le succès de la régionalisation des TER, afin de favoriser la compétitivité et l’accessibilité des territoires, la mobilité des personnes, la préservation de l’environnement et le développement de la filière ferroviaire. »

Encore sur Lepaon

Sur la privatisation de la SNCF

Toujours sur la privatisation de la SNCF

Encore sur la privatisation de la SNCF

La gauche au gouvernement pourrait-elle présider à la privatisation

Par contre, les sections CGT cheminots sont pour le moment toutes contre la privatisation :

voir ici

ou encore là

Ont-elles remarqué la position de Lepaon, en tout cas elles n’en disent rien !

Lepaon en train d’entrer au Quadrilatère, le club ultra-secret de la collaboration des dirigeants syndicaux avec les patrons de l’UIMM...

A lire la réponse hypocrite de la CGT :

« Les militants représentants de la CGT au CESE ont décidé, dans l’intérêt des cheminots et du Service Public SNCF de s’inscrire et de s’investir dans ces travaux pour ne pas laisser la main aux seuls libéraux composant majoritairement cette assemblée. Rappelons que N. Sarkozy a nommé 72 nouveaux représentants de l’Etat au CESE avant d’être chassé de l’Elysée. Pour exemple, M. Marembeau, ancien directeur de Fret SNCF, qui fut, après M. Véron, le second casseur de cette activité au sein de l’EPIC SNCF. Le rapport du CESE est un document forcément libéral puisque la question posée par M. F. Fillon, était comment organiser la libéralisation des TER. »

Ci-dessous l’intégrale du tract CGT :

PDF - 333.4 ko

la suite

82 Messages de forum

  • A noter que l’extrême gauche française, aile gauche des appareils syndicaux, est très discrète sur cette prise de position en faveur de la privatisation de la SNCF.

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  • Il ne faut pas croire que cela empêche Lepaon de tenir un discours apparemment défavorable à la privatisation comme lorsque Michel Collin, président de la Chambre de commerce et d’industrie de Caen, proposait d’ouvrir immédiatement à la concurrence la ligne Paris-Caen-Cherbourg.

    Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT Normandie, a été parmi les plus prompts à réagir : « Ce prétendu remède serait pire que le mal et achèverait le malade. C’est la vieille tactique bien connue. Par manque d’investissement, de personnel, la ligne est mise en difficulté, les retards s’accumulent et le mécontentement des usagers grandit. Ensuite, profitant de la situation qu’ils ont contribué à créer, les chantres de la privatisation demandent l’ouverture à la concurrence ».

    On comprend en lisant son rapport qu’un dirigeant syndical doit avoir un double discours pour ne pas risquer que se lèvent tous les drapeaux rouges.

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  • La fédération CGT des cheminots dénonce dans les dernières annonces du ministre la « volonté d’ouvrir à la concurrence le transport de voyageurs en 2019 ». On croit un peu rêver, car un rapport du CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental, réunissant syndicats et patronat) qui préconisait en juin 2012 l’ouverture à la concurrence pour 2015 du transport de voyageur régional a été voté par les représentants de la confédération CGT ainsi que par ceux de l’UNSA, CGC, CFTC. Le groupe CGT au CESE est d’ailleurs dirigé par un certain Thierry Lepaon, futur successeur de Bernard Thibault à la tête de la CGT.

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  • Thierry Le Paon, responsable de la CGT Calvados, est accusé par certains de ses détracteurs de procéder à des rencontres un peu trop discrètes avec le patronat.

    Cet ancien délégué syndical CGT de Moulinex, que Thibault pourrait soumettre à la prochaine réunion de direction comme candidat « officiel » en vue du congrès de mars 2013, fait ainsi partie, selon nos informations, d’un groupe informel d’échange - dénommé Quadrilatère - regroupant patrons, DRH, syndicalistes, journalistes et experts. Une sorte de mini « Siècle » - ce club décrié de personnes influentes de la société française - créé en 1992 par le groupe de presse Liaisons sociales.

    « Restos ». Membres actuels, entre autres, de ce groupe confidentiel : Jean-François Pilliard, délégué général de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) pour le patronat, Marcel Grignard pour la CFDT, Stéphane Lardy pour Force ouvrière… et donc Thierry Le Paon pour la CGT, qui a succédé il y a quelques mois à Jean-Christophe Le Duigou.

    « L’idée de ce club, c’est que rien ne doit sortir, tout est off, pour faciliter les échanges, explique un membre. Ils débattent entre eux, s’engueulent parfois, et prennent de temps en temps des rendez-vous. » Les rencontres se font dans des bons restos, tous les deux mois en moyenne.

    « S’en aller comme cela, incognito, rencontrer des patrons, sans aucun mandat de l’organisation, ça pose un vrai problème », peste un haut responsable de la CGT. « Ce n’est pas forcément un gros scandale, mais ça peut être emmerdant pour Le Paon, à un moment où l’opposition interne à Thibault l’accuse de ne pas être assez en pointe contre le patronat », ajoute un observateur de la scène sociale.

    Du côté de l’intéressé, on n’y trouve rien à redire : « J’ai été invité deux fois à plancher devant eux sur certaines thématiques, répond ainsi Thierry Le Paon à Libération. Mais heureusement que des patrons rencontrent des syndicalistes, et vice-versa ! »

    Libé du 4 octobre 2012

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  • Responsable de la délégation CGT au CES, il a été rapporteur d’un avis sur « l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires régionaux de voyageurs ». Un sujet sensible à la CGT, très implantée à la SNCF. « Quelle idée de se mettre sur un tel sujet qui, de fait, laisse penser que l’on approuve le processus de libéralisation », s’étonne un cadre confédéral. « C’est un mauvais procès qui lui a été fait, estime au contraire un autre responsable qui, comme les autres, souhaite rester anonyme. Cet avis évoque seulement le fait qu’en cas d’ouverture à la concurrence, il faut qu’il y ait un minimum de garanties. »

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  • Le vote de l’avis du CESE est le signe d’une alliance d’une partie de la direction de la CGT avec le patronat. LE PAON qui marchent dans les traces de LAROSE ancien représentant CGT au CESE représente la tendance collaborationniste de la CGT. Je suis persuadé qu’une partie des militants CGT ne se reconnaissent pas dans ce genre de compromissions. Mais ils va falloir qu’ils ouvrent les yeux et qu’ils appellent un chat, un chat... et un collabo, un collabo.

    Mais on sait que c’est dur de critiquer un "camarade". D’autant que celui-ci vient de prendre la tête de la confédération. Tout ça ne présage rien de bon pour les salariés et les cheminots. Quand il faudra défendre le RH77 et la réglementation ferroviaire et son extension au secteur ferroviaire pour éviter le dumping social comme au Fret, les braves se reconnaîtront sur le piquet de grève.

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  • Le problème est justement que la SNCF est déjà privatisée.
    Mais comme son actionnaire principal est l’état, c’est moitié moitié.
    Donc, ça ne fonctionne plus en tatnt que service public et ça ne fonctionne pas non plus en tant que boîte privée.
    C’est une sorte de monstre hybride que nous devons à la réglementation européenne.
    Pour être dans l’europe il faut choisir entre un service public non-concurrentiel, ou un service qui puisse se vendre en europe mais qui alors soit privé.
    Or, comme la SNCF- ou l’état, c pareil,- voulait vendre des TGV principalement, il a fallu privatiser, mais l’état est resté actionnaire principal dans le but d’amollir cette privatisation.
    N’empêche que du point de vue de l’europe le système est maintenant privé.
    Privé mais sans concurrence réelle, ce qui serait impossible...
    Pour Thello, c’est jsute le Paris-Venise.
    Soit exactement la même chose que faisait la SNCF, mêmes trains, mêmes tarifs, mêmes horaires, même partenariat avec trenitalia...
    Donc, ça ne change pas grand chose, forcément

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  • La SNCF est une entreprise public

    C’est un EPIC Etablissement Public Indutriel et Commerciale...

    À l’époque c’était une société anonyme d’économie mixte, créée pour une durée de 45 ans, dont l’État possédait 51 % du capital, les 49 % restants appartenant aux actionnaires des sociétés financières ayant succédé aux six anciennes compagnies (Compagnie des chemins de fer du Nord, Administration des chemins de fer d’Alsace-Lorraine, Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans, Compagnie des chemins de fer de l’Est et Réseau de l’État). La plupart des membres du personnel bénéficient d’un régime particulier de retraite et d’un statut particulier. Les agents de la SNCF ne sont pas des fonctionnaires. Les personnels contractuels sont affiliés au régime général.

    Le 30 décembre 1982, entre en vigueur la Loi d’orientation sur les transports intérieurs (LOTI). Le 31 décembre 1982, la convention de 1937 arrive à expiration, et l’ensemble de la SNCF revient à l’État, qui la dote d’un nouveau statut au 1er janvier 1983. La SNCF devient alors un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), et ses agents gardent leur statut particulier. Un cahier des charges et des « contrats de plan » pluriannuels règlent l’ensemble des relations entre l’État et l’entreprise.

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  • Un avant-goût des "bienfaits" de la privatisation :

    le 26/05/2011, en gare de Narbonne, une locomotive d’une entreprise privée, circulant sur voie principale, a franchi une signalisation fermée, a continué sur plus de 670 mètres, "provoquant des dégâts considérables, risquant un choc frontal avec une autre circulation".

    Il ne suffit pas de faire passer en douceur auprès des salariés ou des syndicalistes une régression sociale...

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  • Les membres du CESE perçoivent 3 768 euros bruts par mois.

    Ces membres se réunissent en moyenne quatre après-midi par mois en séance plénière.

    C’est bien payé comme sale boulot....

    S’y rajoute :

    Indemnité de frais de représentation : 1 893,38 € bruts par mois. Les 72 membres de section perçoivent une indemnité mensuelle représentative de frais supplémentaire de 946,69 € soit au total 2 840,07 €.

    L’indemnité versée aux conseillers (3767,91 euros brut mensuel) « a toujours permis à des syndicats, des associations et d’autres organismes de compléter leur financement et de caser des gens », souligne Raymond Soubie, l’ex-conseiller social du Président, nouveau venu au Cese. Inutile de fâcher tout ce monde-là.

    Dont le nommé Lepaon....

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  • Lepaon fait la roue... carrée

    Lepaon avait à peine essuyé un congrès de la CGT et laissé entendre à ses troupes qu’il était au diapason de leurs soucis qu’il a affirmé exactement l’inverse. Il s’en était sorti en effet en nettoyant les échecs passés sur le dos de la CFDT et du gouvernement, honnis, détestés par le congrès. Mais il n’a pas fallu des jours pour qu’il s’affiche en sens complètement inverse : il a déclaré dans l’Humanité du 25 mars que « La CGT n’entrera pas en guerre contre le gouvernement en le qualifiant de libéral. » Il ne précise pas comment il le qualifie alors ? Quant à la CFDT, que tout le congrès CGT conspuait pour avoir signé un « accord » avec le patronat le gouvernement qui flexibilise les contrats CDI, qui avait vu l’arrivée à sa tête d’un Berger prêt à prendre les salariés pour des moutons et la CGT pour des loups, Lepaon ne la voit plus du tout ainsi après le congrès. Il déclare ainsi que « L’arrivée d’une nouvelle génération de syndicalistes (comme lui et Berger ?) aux postes de commande ouvre des perspectives nouvelles d’union. » et il renouvelait son appel à manifester ensemble lors du premier mai. S’il y en a qui n’arrivent déjà pas à suivre ces tournants à 180° en quelques jours, c’est qu’ils n’ont pas suivi les épisodes précédents, quand le rapporteur au Conseil Economique Social et Environmental de la privatisation de la SNCF qui affirmait l’organiser est devenu, en paroles, opposant à la privatisation à peine nommé secrétaire général de la CGT… Inutile de demander quel Lepaon il faut croire !

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  • Rappelons que Lepaon avait été aussi associé au rapport sur la formation professionnelle qui déclarait notamment vouloir articuler mieux la formation professionnelle avec les GPEC des patrons du privé qui sont leur outil pour se débarrasser de salariés sans recourir au licenciements collectifs (comme en ce moment Renault suppression de 8250 emplois grâce au GPEC).

    Citons ce rapport :

    « Une articulation insuffisante avec la GPEC

    La formation professionnelle pourrait cependant trouver un espace utile de négociation en s’articulant avec la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), pour mieux adapter les priorités de la formation en fonction des besoins identifiés et des orientations de la GPEC et permettre d’anticiper l’évolution des métiers, d’accompagner les salariés et de développer leur employabilité. »
    Voir ici l’ensemble du rapport du CESE qui déclare notamment que la formation professionnelle est le lieu traditionnel de collaboration idyllique entre patrons, syndicalistes et gouvenants (là où Lepaon a fait ses classes au CESE)

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  • En juin 2012, le Nouvel Observateur écrivait suite au rapport Lepaon :

    Ouverture à la concurrence des TER oblige – elle doit se faire avant 2019 selon le règlement européen OSP -, le Conseil Economique Social et Environnemental a été invité par le Gouvernement à se prononcer sur un sujet déjà largement abordé par ailleurs : rapport Grignon, Assises du Ferroviaires, Etats Généraux du Transport Régional… Un rapport récemment validé par un score soviétique de 136 pour, 2 contre, et 25 courageuses abstentions détaille une nouvelle version de ce que pourrait être l’avenir des TER et des cheminots concernés.

    Un scoop qui n’en est pas un

    On l’aurait deviné… Comme d’autres (direction SNCF, précédent Gouvernement, plusieurs acteurs du rail…), le CESE préconise l’instauration d’un « cadre social harmonisé » pour l’ensemble du personnel de la branche, SNCF comprise (relire mon post sur la lettre de Guillaume Pepy à Jean Marc Ayrault). Extrait d’un résumé de la problématique rédigé par le CESE :

    "De nombreuses réflexions et concertations ont été conduites depuis 2011 sur les conditions sociales de l’ouverture à la concurrence. Différents scénarios d’évolution du cadre social ont été esquissés, posant la question de la convergence de la réglementation du travail des personnels de la SNCF et des autres entreprises et celle du devenir des personnels concernés :

    l’idée avancée d’un cadre social commun à tous les opérateurs apparaît comme un moyen de lutter contre les distorsions de concurrence, d’éviter les risques de dumping social et environnemental et de répondre aux exigences de sécurité ferroviaire.

    l’une des pistes pourrait être une harmonisation limitée aux normes fixant la durée et l’organisation du travail, voire à la formation professionnelle des conducteurs. Ce cadre social harmonisé comporterait un étage législatif, avec quelques dispositions peu importantes en volume, mais essentielles techniquement et politiquement ; un étage règlementaire sur le temps de travail, dans les limites imposées par la sécurité ferroviaire ; un étage conventionnel (branche et entreprise). La négociation sociale devrait donner toute sa place à la SNCF au sein du secteur ferroviaire et de son organisation patronale. Cependant, ce principe d’une négociation pour définir un cadre commun ne fait pas consensus, notamment au sein des fédérations de cheminots.

    la mise en concurrence pose également la question du devenir des contrats de travail en cas de changements d’opérateur. Des critères objectifs pour identifier les agents transférés sont nécessaires, d’autant plus que les personnels de la SNCF ne sont généralement pas affectés à une activité particulière. Les transferts devront s’accompagner du maintien de garanties liées au statut qu’il faudra préciser.

    Comme d’autres, le CESE pose la question du champ d’application de cette « harmonisation ». Rappelons que le Gouvernement précédent, s’appuyant sur l’approche du Sénateur Grignon, établissait une distinction entre l’organisation et la durée du travail d’une part, et les reste des règles statutaires dont bénéficient les agents de la SNCF (régime de retraite, caisse de prévoyance, déroulement de carrière…). D’où une deux questions fondamentales et récurrentes :

    Quel serait le périmètre de cette « harmonisation » ?
    Cette harmonisation de ferait-elle vers le haut ou vers le bas ?

    S’il est vrai qu’une harmonisation sociale VERS LE HAUT est appelée de tous leurs vœux par l’ensemble des syndicats de cheminots, ce n’est pas dans cette direction que risque d’aboutir la réforme envisagée. Aucun patron du privé n’accepterait, en effet, que son organisation patronale signe avec les syndicats le texte d’une convention collective « copiée-collée » de la réglementation SNCF. Ce qui revient à dire que dans son rapport, comme bien d’autres, le CESE se prononce pour la disparition pure et simple du Statut des Cheminots. Ce n’est pas un scoop en soi. Le scoop, c’est le résultat du scrutin en faveur de l’accord. Où sont passés les chantres de la contestation ?

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  • Rappelons que Lepaon n’a pas dédaigné de participer au débat avec le patronat sur l’avenir du syndicalisme :

    LE NOUVEAU VISAGE DU SYNDICALISME

    Nouveaux enjeux, nouveaux défis, nouvelle vision

    Le 22 Janvier 2014 de 14h à 17h30

    Dans l’hémicycle du CESE

    avec la participation de

    Carole Couvert, Présidente de la CFE-CGC, Thierry LEPAON, Secrétaire Général de la CGT, Laurent BERGER, Secrétaire Général de la CFDT et Pierre GATTAZ, Président du MEDEF pour un débat présidé par Stéphane ROUSSEL, Président du Cercle de l’Excellence RH et membre de la Direction Générale de VIVENDI, et Jean-Paul DELEVOYE, Président du CESE, dans l’hémicycle du Conseil Economique Social et Environnemental.

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  • On a beaucoup moins vu Lepaon dans les entreprises en grève, en particulier celles qui licencient...

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  • Voilà comment la propagande se sert des accidents pour pousser à la privatisation :

    « Après Brétigny-sur-Orge, la SNCF doit être privatisée

    La nouvelle catastrophe de la SNCF, à Brétigny-sur-Orge, est le signal qui doit faire prendre conscience aux citoyens et surtout aux autorités (in)compétentes qu’il est l’heure de privatiser. Ceux qui défendent le maintien du service public sont des défenseurs de l’indéfendable, le doute sur cette question n’est plus permis.

    Il est démontré par plusieurs rapports, dont celui d’Europol en 2009, que la SNCF génère plus d’accidents et plus de morts et de blessés que la British Railways qui a pourtant été privatisée.

    Par ailleurs la privatisation apporte des revenus non négligeables à l’Etat, au lieu de lui en coûter comme avec la SNCF qui est un trou abyssal depuis des dizaines d’années. Et c’est sans parler de la gestion catastrophique du Comité d’Entreprise de la SNCF par la CGT. Sans parler non plus des privilèges de bourgeois que se sont octroyés les cheminots avec leur régime spécial. En 2007, France 2 avait comparé la retraite d’un conducteur de train avec celle d’un travailleur du bâtiment. Le scandale saute aux yeux.

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  • Thierry Lepaon, "patron" de la CGT, déclare au Nouvel économiste qu’"il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés. Ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté".

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  • Le Figaro, organe de la bourgeoisie française commente :

    La CGT ne parvient pas à stopper l’emballement de la grève à la SNCF. Thierry Lepaon, patron de la centrale de Montreuil, affirme que la CGT « n’est pas contre une loi mais contre son contenu ».

    L’emballement de la grève semble impossible à enrayer par les organisations syndicales elles-mêmes. À la CGT, la confusion est totale. Alors que la fédération CGT des cheminots persiste et signe en appelant chaque jour à « poursuivre, amplifier et à élargir le mouvement », Thierry Lepaon , le patron de la CGT, a fait machine arrière samedi.

    Tout en affirmant dans Le Parisien-Aujourd’hui en France être « sur la même position » que Gilbert Garrel, le représentant CGT des cheminots, Thierry Lepaon a tenté de rectifier le discours de son camarade pour jouer l’ouverture face à un gouvernement inflexible sur le projet de loi de réforme ferroviaire. Alors que la CGT-cheminots réclame depuis le début de la grève le report du projet, y compris sur le site Internet de la CGT, le patron de la centrale de Montreuil explique que « cela a pu être mal interprété ». « La CGT n’a jamais demandé le report ni le retrait du projet de loi. On n’est pas contre une loi mais contre son contenu », précise-t-il. Les cheminots grévistes ont certainement autant de mal à décoder ce discours que les membres du gouvernement qui répètent à l’unisson que leur porte est ouverte pour dialoguer. Au sommet de l’État, un seul mot d’ordre à présent : les échanges sur le projet de loi se dérouleront mardi à l’Assemblée.

    Les dirigeants de la CGT cherchent un moyen de reprendre la main et de dire « stop » sans se déjuger alors que la « base » des grévistes reste fortement mobilisée. Mais comment les convaincre de reprendre le travail puisque les négociations sur les amendements au projet de loi ont eu lieu jeudi avec la CFDT et l’Unsa, les deux syndicats qui n’étaient pas en grève ? Le secrétaire d’État aux Transports, Frédéric Cuvillier, a en effet signé avec ceux qui acceptaient de réformer le système. Agacé, le secrétaire général de la CGT a d’ailleurs perdu toutes ses notions de calcul en affirmant que l’accord avait été signé avec des organisations « ultraminoritaires ». L’Unsa est pourtant le deuxième syndicat après la CGT et la CFDT, le quatrième derrière SUD.

    Concernant le projet de loi, il n’est aucunement question, à la CGT, de le contester, ni de le retirer. Lepaon déclare : « On a simplement expliqué que s’il fallait plus de temps au gouvernement, il pouvait reporter de plusieurs jours les discussions. La CGT n’a jamais demandé le report ni le retrait du projet de loi. »

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    • « On peut sortir de la crise ce week-end », assure Lepaon (CGT).Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, sort de son silence. Dans une lettre adressée vendredi à François Hollande, dont nous avons obtenu une copie, il prend la plume avec Gilbert Garrel, le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots. Afin de trouver une sortie de crise au plus vite, Thierry Lepaon demande l’intervention du président de la République et réclame l’ouverture des discussions dès samedi matin. Au lieu de proposer les moyens de se donner le rapport de force pour faire céder le gouvernement, Lepaon ne cherche qu’à trouver les moyens d’imposer un recul au mouvement... Dans la logique de son rapport en faveur de la privatisation au CESE !!!

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  • Déclarations de Lepaon, secrétaire général de la CGT :

    A la radio France Inter ce matin : « Le fait que la grève se prolonge n’est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF ».

    Ce jour, il a également déclaré : « Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s’est instauré avec les cheminots. » Mais il s’est bien gardé de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !

    Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu’avant la grève, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient signé leur accord avec le projet gouvernemental…
    Cela vient se rajouter à ses déclarations précédentes comme « d’accord avec la loi mais pas avec son contenu » ou encore souhaitant que le travail reprenne… dimanche dernier et parlant de « sortie de crise ce week-end » !

    Lepaon a exposé clairement comment il s’apprête à lâcher le mouvement si des petits mots sont changés dans le texte de loi… sans rien changer du fond :

    "Grâce à notre action, des amendements ont été déposés et il semblerait à l’heure qu’il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s’est instauré", a déclaré M. Lepaon sur France Inter.

    "Maintenant, il faut que les amendements soient écrits de manière précise, qu’ils soient débattus à l’Assemblée nationale et qu’ils soient votés", a-t-il poursuivi.
    La CGT veut notamment que le "besoin d’un service public ferroviaire" soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avancées entre "le premier projet de loi et celui qui est débattu".

    Sur la question du "statut des personnels", "c’est une décision qui est inscrite aujourd’hui dans le projet de loi" mais "il faut que la loi soit extrêmement précise" pour éviter des interprétations lors de la "mise en oeuvre", a-t-il estimé.

    Thierry Lepaon souhaite aussi que des amendements "d’harmonisation sociale" et sur "la question de la dette" soient intégrés au projet de loi qui, selon lui, prépare "la privatisation du transport ferroviaire".

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  • SUD-Rail a appelé jeudi  à la poursuite de la grève. Pour le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, le mouvement est arrivé à «  un tournant  ».

    Est-ce le début de pressions de la CGT en vue de la reprise ?

    Rappelons qu’au départ la CGT avait signé l’accord avec le gouvernement, y compris Gilbert Garel pour la CGT cheminots, pour la réforme et que ce syndicat n’a accepté la grève que sous la pression de la base. La CGT avait même convenu avec le gouvernement que la grève du 11 juin ne serait qu’un baroud d’honneur pour légitimer ensuite... la signature !!!

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  • La direction de la CGT commence à casser la grève...

    Le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a estimé jeudi que la grève des cheminots de la SNCF, chaque jour moins suivie, est "sans doute" arrivée à "un tournant", mais qu’il revenait aux cheminots de "décider" de l’arrêter. "Sans doute qu’on arrive à un tournant dans la manière dont les cheminots vont s’exprimer", a-t-il déclaré sur RTL au neuvième jour du mouvement lancé par la CGT-Cheminots et SUD-Rail contre le projet de réforme ferroviaire. "Les cheminots vont décider eux-mêmes", "c’est à eux de savoir si l’action qu’ils ont menée a porté suffisamment de satisfaction, de manière à lever les piquets de grève", a estimé le patron de la confédération.

    Pour lui, "leur action commence à payer" au Parlement. "J’ai suivi hier le débat parlementaire. Il y a effectivement des amendements qui aujourd’hui sont pris en compte." Pour apaiser les craintes des cheminots, le secrétaire d’État aux Transports, Frédéric Cuvillier, a soutenu mercredi des amendements présentés par la majorité pour prévenir un éclatement du groupe à l’avenir. Il s’y était engagé dans un accord signé la semaine dernière avec la CFDT et l’Unsa, qui n’appelaient pas à la grève.

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  • Le Figaro félicite Lepaon !!!

    Lire ici :

    « On attendait la fin de la grève ce jeudi. Mais les leaders syndicaux peinent à contrôler leur mouvement. Les assemblées générales ont reconduit la grève de 24 heures. « La grève est reconduite puisque les cheminots manifestent partout en France aujourd’hui », a lancé Gilbert Garrel, secrétaire général de la fédération CGT-cheminots, au milieu d’une manifestation de milliers de cheminots aux abords de l’Assemblée. « Le combat ne s’arrêtera pas aujourd’hui. »

    L’occasion était pourtant belle. Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, a tenté de freiner ses camarades en se félicitant jeudi que la grève ait permis d’améliorer leur projet de loi. Il y a une « différence majeure » entre « ce qui était proposé » par le gouvernement et ce qui a été « voté », a-t-il déclaré jeudi matin sur RTL. L’action des cheminots « commence à payer », juge le leader de la CGT. »

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  • Officiellement, la CGT n’appelle pas à la reprise du travail mais elle reprend en douceur... en voulant ne pas se le faire reprocher comme une trahison..

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  • Selon M. Cuvillier, le redressement judiciaire serait « le seul moyen pour redonner un avenir à la SNCM, faire qu’elle redevienne un fleuron ». C’est la première fois que l’Etat, actionnaire à 25 % de la SNCM aux côtés de Transdev (66 %) et des salariés (9 %), envisage publiquement cette option comme une solution aux déboires récurrents de l’entreprise (14 millions de pertes en 2012). Il rejoint en cela les positions de Transdev (détenu à parité par Veolia et la Caisse des dépôts).

    La CGT s’estime trahie. Cuvillier avait donné, dit-elle, des engagements !

    Les promesses n’engagent que ceux qui y croient et ceux qui y font croire...

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  • Ce matin, pendant la première journée de la conférence sociale, Jean François Roubaud , le patron de la CGPME, syndicat patronale, enjoint Thierry Lepaon d’essayer de tenir ses troupes, en rapport au mouvement de protestation des cheminots de juin. Voilà un aveu sur le rôle de la direction de la CGT.

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    • Et le plus significatif, c’est que la CGT participe à la conférence anti-sociale qui a démarré par trois reculs sur les droits sociaux, accordés avant même que la conférence commence.

      Plus les syndicats négocient, plus le recul social s’accélère...

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      • Concernant le rapport de Lepaon de 2012 :

        "Nous n’avons pas oublié sa position profondément néfaste en tant que rapporteur de la commission Travail du CESER sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs en juillet 2012, que nous nous honorons d’avoir fermement condamné à l’époque par une motion, car ce vote semblait valider, au nom de la CGT, le fait accompli de la privatisation du réseau et de la mise en concurrence des salariés, en violation des orientations de la fédération CGT des cheminots.

        Nous disions dans cette motion que la position de Thierry Lepaon nous mettait en « difficulté sur le terrain », et bien il est clair aujourd’hui que ce rapport, pour lequel la CGT avait donc voté POUR, ainsi que les déclarations en plein conflit de Thierry Lepaon sur les prétendues « avancées » des amendements au projet de loi portant réforme ferroviaire, sont largement relayés par la direction de la SNCF, ainsi que par les syndicats briseurs de grève contre nous sur le terrain !"

        syndicat CGT des cheminots de Versailles
        Versailles, le 03 juillet 2014

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        • Versailles, le 28 mars 2014

          Chers camarades,

          C’est avec consternation que nous avons pris connaissance des récentes déclarations de Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT, au journal Le Nouvel Economiste :

          « Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés - là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents - et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. Sur ce plan, il est évident que le pragmatisme syndical s’impose.

          Cette perspective ne me gêne pas, pas plus que celle du compromis qui s’inscrit dans les réalités de l’entreprise depuis toujours : encore une fois, dès lors que nous sommes contraints de vivre ensemble, il faut bien trouver les conditions de ce vivre-ensemble. C’est pourquoi je considère que la vocation d’un syndicat ne se résume plus aujourd’hui à protéger les salariés mais consiste à agir pour faire évoluer non seulement le monde du travail mais aussi la perception qu’on en a ; à incarner une forme de régulation sociale. »

          Ceci est une violation pure et simple de nos statuts confédéraux, dans lesquels la CGT se définie comme un syndicat « de classe et de masse » et détermine clairement que les contradictions d’intérêt entre Capital et Travail sont irréconciliables.

          Les principes fondateurs de la CGT ne sont pas que des mots, un verbiage périmé, mais bien la base, la source de notre engagement et de nos luttes, mais aussi, ce qui nous différencie des syndicats jaunes, des syndicats réformistes qui acceptent le fait accompli de l’exploitation capitaliste, alors que la CGT s’est toujours définie par un syndicalisme de transformation révolutionnaire de la société, voué à mettre un terme à l’exploitation capitaliste et dont les luttes immédiates ont pour but de faire primer les intérêts du Travail sur ceux du Capital.

          Nous dénonçons clairement cette initiative, comme nous avions dénoncé à l’été 2012 la position de Thierry Lepaon comme rapporteur CGT des travaux du CESER sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageur, qui déjà semblait admettre, au nom de la CGT, le fait accompli de la privatisation du réseau et de la mise en concurrence des salariés, en violation des orientations de la fédération CGT des cheminots.

          Syndicat CGT de base, impliqué dans les luttes tant sur le champ professionnel que territorial, nous exprimons notre réprobation face à ce qui nous apparait comme une tentative de « recentrage » de notre confédération que nous ne saurions admettre.

          Par ailleurs, que signifie la phrase "je crains un net rejet de l’Europe", alors qu’après des débats de haut niveau en 2005, dans les syndicats, les Unions Locales puis au CCN de notre organisation sur la nature de l’Union Européenne, la CGT a appelé à voter NON, ce qui a contribué au « net rejet » de la constitution européenne à 54 % des voix ?

          L’Union Européenne a été bâtie par les Monopoles capitalistes pour leur seul profit, et le Capital utilise cette structure comme un bulldozer pour casser les droits sociaux et briser la résistance des travailleurs dans chacun des pays de l’Union, ce « net rejet » de l’UE par les travailleurs, n’est en rien un repli chauvin.

          La Commission Exécutive du syndicat CGT des cheminots de Versailles réaffirme que la CGT n’est pas un « lobby » à la recherche du « consensus » avec le patronat, avec qui les salariés formeraient une « communauté » ayant des intérêts communs au sein de l’entreprise, mais une organisation de lutte de classe et de masse qui organise les exploités afin de combattre l’exploitation capitaliste et faire primer leurs intérêts sur ceux du Capital.

          Nous exigeons enfin que la direction confédérale de la CGT applique le mandat qui lui a été confiée par le 50° Congrès de la CGT, et respecte les statuts et les valeurs de notre organisation.

          Bien fraternellement,

          La Commission Exécutive du syndicat CGT des cheminots de Versailles

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      • Voici une partie d’un communiqué de la FSU ce mercredi 9 juillet, au lendemain du semi-boycott de la conférence sociale.

        "Si le gouvernement ne peut entendre que certaines voix, c’est qu’il n’a pas tant envie de réformer que de gouverner seul...."

        C’est un échec pour tout le monde, pour les salariés, pour notre pays. C’est pour cela qu’il faut dès à présent une concertation sur le fonctionnement et les objectifs du dialogue social.

        Le Président de la République a appelé chacun à la responsabilité. La FSU prend la sienne et joue tout son rôle syndical en alertant le gouvernement sur les risques encourus s’il poursuit sur cette voie sans issue."

        La FSU vient-elle de découvrir que le gouvernement était à la tête d’un état bourgeois et qu’il n’y avait donc rien à en attendre du point de vue des travailleurs ?

        Non, car pour la FSU, il n’est pas question d’une politique menée par un gouvernement au service de la bourgeoisie, mais uniquement d’une question d’envie.

        La FSU finit sur une menace verbale, qui est censée faire trembler Hollande. Non vraiment, les orientations des directions syndicales ne sont absolument pas en phase avec la réalité et désarment les travailleurs !

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    • Par contre, il est important de comprendre que ce sont les extrêmes gauches qui ont permis à la CGT de trahir les cheminots et de camoufler cette trahison...

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  • La CGT arrête la grève de la SNCM sans aucune garantie pour l’avenir mais un simple report de date de mise en faillite !!!

    Les syndicats ont annoncé mercredi soir avoir obtenu un moratoire de plusieurs mois excluant dans l’immédiat une procédure de redressement judiciaire pour la compagnie maritime en difficulté. Le navire de la Méridionale, le Kalliste, sera débloqué dans la soirée.

    Le secrétaire général de la CGT de la SNCM, Jean-François Simmarano, a déclaré mercredi que son syndicat était «  en capacité de proposer une reprise du travail  », au 16e jour de grève de la compagnie maritime en difficulté. Les syndicats ont annoncé mercredi soir avoir obtenu un moratoire de plusieurs mois, excluant dans l’immédiat une procédure de redressement judiciaire pour la compagnie maritime en difficulté.

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  • Cher Thomas,
    tes remarques sont judicieuses mais omettent un problème crucial : celui de l’intervention des militants révolutionnaires, non pas celle idéale, mais celle réelle, celle des LO, NPA et POI, par exemple. Prenons LO qui a participé aux côtés de la CGT et SUD dans le conflit des cheminots sans l’ombre d’une critique. Bien au contraire, ces groupes ont servi de caution à la politique mensongère de l’appareil syndical, en cachant ses trahisons, en faisant croire que leur activité des militants était celle des appareils, etc. Dans leurs commentaires politiques, même après la trahison de la grève des cheminots, il n’y a aucune critique de la CGT : voir ici

    Voilà le commentaire que nous faisions dans l’édito de nos bulletins d’entreprise : nous passions de la seule critique des appareils syndicaux à celle des fausses extrêmes gauches :

    Lire ici

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    • Je suis d’accord avec toi. Cela dit, LO est critique envers les directions syndicales. Bon elle ne l’est pas dans l’édito que tu cites, mais j’imagine qu’elle a déjà consacré plusieurs articles là-dessus. En tout cas, quand je vois l’hostilité de la CGT vis à vis de LO, je pense que cela suffit à gêner la direction de la CGT, sans que cette critique corresponde à ce que l’on attend d’une organisation qui se prétend être trotskiste.

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      • Tu imagines selon ton coeur mais il faudrait aussi que cela soit selon ton cerveau, mon camarade ! Quand la CGT a fait reprendre le travail en 1995 aux cheminots, lâchant ainsi les agents du métro ou les enseignants, sans demander l’avis des assemblées générales interprofessionnelles, Hardy, dirigeant de LO a donné consigne écrite aux militants de LO de ne pas critiquer Bernard Thibaut qui venait de faire reprendre le travail.

        Quand l’intersyndicale (avec la CGT) a cassé le mouvement des retraites, a dénoncé l’idée de généraliser la grève, LO a écrit que les syndicats avaient été jusqu’au bout du mouvement et que c’est le mouvement qui n’était pas assez fort.

        Je ne vois pas pourquoi cet édito ne dénoncerait pas les syndicats juste après qu’ils aient envoyé dans le mur le mouvement des retraites.

        Que la CGT dise du mal de l’extrême gauche n’est nullement étonnant. Quand le PCF avait prétendu vouloir organiser une manif pour des salariés menacés de licenciements, il s’était lui-même fait rembarrer par la direction de la CGT...

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        • Quand tu dis que LO ne dénonce pas la trahison de la CGT, je trouve ton jugement absolu, tu caractérises en tout noir ou en tout blanc. Il me semble que c’est plus nuancé que cela, c’est ce que je voulais remarquer. En effet, la critique de LO envers les trahisons syndicales, revient en fin de compte à ne pas les critiquer puisque cette critique ne remet pas en question le pouvoir de ces directions et surtout ne fait pas avancer d’un poil les travailleurs. Et c’est justement cette critique subtile de la part de LO qui est un poison pour les travailleurs et qui permet certainement en même temps à LO de conserver ses poins au sein de l’appareil.

          Fraternellement,

          Thomas

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          • Cher Thomas,

            Je renonce volontiers à mon jugement trop absolu pour ne retenir que ton analyse :

            « Et c’est justement cette critique subtile de la part de LO qui est un poison pour les travailleurs et qui permet certainement en même temps à LO de conserver ses points au sein de l’appareil. »

            Un seul exemple : il suffit de taper "Rapport Lepaon" sur le moteur de recherche de Lutte Ouvrière pour trouver... rien !!!

            Par contre sur notre site, on tombe ici

            bien amicalement
            Robert Paris

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            • Voici par exemple trois articles du journal Lutte ouvrière sur la grève SNCF qui manifestent une absence totale d’analyse des politiques syndicales. Lepaon y est traité d’ennemi mais on ne nous explique en rien qu’on pouvait deviner que le rédacteur du rapport POUR la privatisation allait être contre les grévistes !!!

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            • Et alors Robert, tu prouves quoi ainsi ? Être critique vis à vis de la CGT se réduit à dénoncer ce rapport ? La CGT cheminot versailles a dénoncé ce rapport, qu’en conclus-tu ?

              Je suis d’accord sur le fond avec toi quand à LO, je suis pas d’accord sur ta façon de le dire, je pense que cette façon de présenter les faits est inaudible de la part des militants.

              Répondre à ce message

              • La façon de le dire ? Mais je ne connaît pas d’autre façon pour un révolutionnaire que de dire en clair la vérité. Je n’en ai pas étudié d’autre provenant d’illustres prédécesseurs comme Marx, Lénine et Trotsky. Cela te fâche de critiquer en clair et en public l’extrême gauche, du moins LO. Tu as tort. Elle joue et va jouer un rôle détestable même si, et surtout si, ses militants sont tout à fait estimables.

                Ne pas dénoncer le rapport Lepaon n’est que le symptôme. On ne combat la maladie en luttant contre les symptômes !

                Ce n’est qu’une preuve.

                Il fallait dénoncer Lepaon quand il s’est présenté comme secrétaire général. Il fallait dénoncer Thibaut quand il a arrêté la grève de 1995. Il fallait dénoncer l’intersyndicale dans la lutte des retraites.

                mais cela n’est qu’un moyen de s’appuyer sur la conscience des travailleurs pour aller plus loin.

                Et aller plus loin, c’est aller vers des comités, des conseils, des coordinations, élues et contrôlées par les travailleurs...

                Sur ce plan, un camarade "extérieur" de LO qui s’occupe de la gare du nord a déclaré à un de nos camarades : "les comités, c’est votre politique, ce n’est pas la nôtre".

                Un militant averti en vaut deux. Un travailleur conscient en vaut deux.

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                • Tu sais Robert, il n’y a rien à gagner à défendre LO, ni à l’attaquer d’ailleurs, là n’est pas la question. Et je ne me fâche pas quand tu dénonces LO, je te remercie grandement de la faire, tu me donnes des billes sur ce que je ressens. Tu me fais un procès d’intention, mais je préfèrerai qu’on discute de ce dont il est question, la façon dont LO critique la CGT, car c’est bien ce qui nous intéresse.

                  D’ailleurs, je te rejoins quand tu dis :
                  "Tu imagines selon ton coeur mais il faudrait aussi que cela soit selon ton cerveau"

                  C’est bel et bien la façon dont l’humain imagine, le tien comme le mien, en politique comme dans un autre domaine, avec son cerveau et en se basant sur ce qu’il vit. Le révolutionnaire, pour être efficace ne doit pas faire de sentimentalisme, il doit lutter contre cela. C’est dur, on est tous plus ou moins rattrapé par cette tendance, toi comme moi.

                  Cela dit, Je me répète, je trouve la façon de réagir très absolue, c’est d’ailleurs à travers ton site que j’ai compris que présenter les choses en tout blanc ou tout noir ne permet pas de faire avancer les choses, et j’ai bien l’impression que tu tombes dans l’écueil que tu dénonces toi-même.

                  En effet, le rôle des révolutionnaires est de dire la vérité, en effet la politique défendue par LO est critiquable. Je ne pense pas mentir en disant que LO critique de façon ambiguë la CGT. Je dirai plutot que c’est toi qui ment quand tu dis que LO ne critique pas LO.

                  Mais dans tout ça, à quoi cela sert de critiquer LO ? La critiquer pour la critiquer ? Ou la critiquer pour faire avancer les idées révolutionnaires, pour faire avancer la conscience des travailleurs ?

                  L’objectif de critiquer LO doit servir à en tirer des leçons, pas à se fâcher avec LO ou avec ceux qui ont des illusions sur LO. En présentant les choses de façon absolue en disant "LO ne critique pas la CGT et est opportuniste", ce n’est pas audible et ça empêche le dialogue, ça me semble contre-productif.

                  La question n’est pas de dire ou non la vérité. Dire la vérité n’est pas bien difficile, mais se faire entendre me semble une autre paire de manches.

                  Fraternellement,

                  Thomas.

                  Répondre à ce message

                  • Le problème, Thomas, c’est que tu tournes autour de la question "critiquer LO" et "critiquer la CGT" sans entrer dans la vraie question, qui est le but, armer les travailleurs de la décision de s’organiser par eux-mêmes, malgré toutes les arguties des militants qui leur diront de ne pas le faire, quelle que soit leur origine politique ou syndicale et leurs arguties prétendant que ce n’est pas le moment, pas la manière, pas le rapport de forces, etc, etc.

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                    • Il ne faut pas voir les choses en noir et blanc, semble dire le dialecticien ? Je ne sais pas si je qualifierait ainsi la dialectique.

                      Elle dirait plutôt qu’il faut tout voir comme un conflit de contraire imbriqués.

                      Nous sommes imbriqués dans l’extrême gauche mais il faut la combattre. Nous sommes imbriqués dans la classe ouvrière mais il ne faut pas craindre de combattre ses illusions.

                      Cela ne nous empêche pas de nous battre aux côtés de militants que nous combattons, s’ils sont dans la lutte.

                      Front commun sur des bases prolétariennes ne veut pas dire s’abstenir de critiquer.

                      Quand nous estimons que Lepaon est du côté de la bourgeoisie, est-ce noir et blanc ?

                      Si LO suit l’appareil de la CGT au point que cet appareil choisit son deuxième porte-parole, Mercier, pour le représenter à la télé face à Marine Le Pen, à la suite d’une grève, n’est-ce pas un soutien de l’appareil qui en dit long ?

                      Répondre à ce message

                      • Il n’y a pas que les groupuscules d’extrême gauche qui refusent, au nom de l’efficacité, de l’unité, du pragmatisme, de mener ouvertement le débat sur leurs orientations : les syndicats font de même en réalité. Les uns et les autres ne débattent pas à l’extérieur sous prétexte de débats à l’intérieur. Mais ils ne mènent ni les uns ni les autres…

                        L’idée selon laquelle la polémique publique est nuisible au combat de la classe ouvrière et au combat révolutionnaire est particulièrement fausse. Ceux qui disent « celui qui nous combat publiquement nous est hostile », « celui qui mène un débat public contre nous affaiblit l’ensemble du mouvement », « on a mieux à faire que de perdre son temps à débattre avec n’importe qui » sont des gens qui considèrent les travailleurs comme des mineurs, juste bons pour être dirigés. Cela ne peut pas être des gens qui considèrent que la classe ouvrière devra prendre le pouvoir mais qui considèrent que les dirigeants des organisations ouvrières prendront le pouvoir, ce qui est très différent. Dans le premier cas, on a un Etat ouvrier, dans le deuxième on n’a même pas un Etat ouvrier bureaucratique mais un Etat bourgeois d’un type un peu spécial.

                        L’idée selon laquelle les militants ouvriers, syndicalistes ou révolutionnaires doivent se consacrer à l’activité pratique, organisationnelle, politique ou syndicale, et ne peuvent « perdre leur temps et leur énergie en débats sans fin » est fausse et dangereuse. Elle est semée au départ par la bureaucratie syndicale et les partis sociaux-démocrates et staliniens et elle n’a été reprise qu’ensuite par des groupes sectaires d’extrême gauche pour lesquels le sectarisme est une couverture de l’opportunisme (LO ou POI par exemple). Ils te disent « rentre d’abord dans l’organisation, tu y discuteras ensuite », « tu n’es pas assez formé et pas assez militant pour être capable de discuter valablement, attend plus tard », etc, etc…

                        Curieux quand même que tous les fondateurs de notre courant, les Marx, Engels, Lénine, Trotsky, Rosa Luxemburg n’aient cessé de lancer des polémiques publiques avec les autres courants d’extrême gauche (ou syndicaux) de leur époque et que leurs ouvrages en soient pleins !

                        Quel intérêt pour un travailleur de ne pas voir débattre les orientations qui sont censées le mener à la victoire ? Aucun ! Quel intérêt pour un militant de ne pas voir débattue publiquement devant lui la politique qu’il est censé défendre ? Aucun !

                        On pourrait se dire que c’est faux : LO organise des débats à la fête de Presles par exemple. Dommage : cette organisation ne permet pas que sa politique y soit débattue.

                        Par exemple, un militant de la SNCF participe au débat LO-SNCF de la fête et y propose sa politique de construction de comités de grève. Réponse du débatteur de LO : tu as été trop long, on passe à la suite…

                        Autre exemple, deux militants d’hôpitaux participent au débat L0-Hôpitaux de la fête et y discutent de la nécessité de participer aux assemblées organisées par l’hôpital de Caen pour fédérer les luttes des agents hospitaliers. LO qui a refusé toute participation à cette tentative (zéro militant LO présents aux AG) refuse d’en discuter et de s’en expliquer…

                        LO se prémunit contre les débats en filtrant les « discutailleurs » et en minorisant ses militants (tu n’es pas capable, tu n’es pas assez ceci ou assez cela).

                        Le NPA a d’autres méthodes : on ne peut pas discuter de la politique nu NPA parce qu’il n’y a que des courants et pas de politique !

                        Le POI a d’autres méthodes : exclusions, coups de poings, tu es un flic, etc…

                        Pas brillant tout cela ?

                        Pas bien neuf non plus. Lire « La Commune » de Talès sur ce qui se passait en 1871…

                        Et ce n’était pas mieux en Russie en 1905.

                        Pas de quoi se démoraliser mais il faut débattre publiquement même avec ceux qui s’y refusent.

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  • Tu n’as pas trouvé la critique de la politique de la CGT dans la grève des cheminots dans cet éditorial que je citais.

    Mais l’as-tu trouvée dans celui-ci ?

    L’as-tu trouvée dans celui-là ?

    Dans cet autre ?

    LO appelle à la lutte dernière les syndicats sans avertir les travailleurs par avance de leur trahison potentielle et, après celle-ci, ils se gardent de l’analyser.

    Certes, il y a des petites critiques perlées dans les autres articles du journal qui, eux, ne sont pas diffusés dans les entreprises et lues par les militants syndicalistes...

    Cela a un nom : l’opportunisme.

    Et un résultat : la trahison des intérêts des travailleurs qui se retrouvent déboussolés et deviennent une prise facile pour toutes les démagogies d’extrême droite et pour le découragement...

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    • Tout à fait d’accord avec toi sur l’opportunisme de LO. Tout à fait d’accord sur l’objectif « d’armer les travailleurs de la décision de s’organiser par eux-mêmes » et celui de dire la vérité sur l’état du capitalisme. Cela dit, je trouve incorrecte de dire que LO ne critique pas les directions syndicales.

      « des travailleurs qui se retrouvent déboussolés et deviennent une prise facile pour toutes les démagogies d’extrême droite et pour le découragement... »
      D’accord sur le fond, ça reste relatif quant à ce que LO pèse dans la conscience des travailleurs ...

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      • Est-ce que je sous-estime les critiques de LO des directions syndicales ? Peut-être bien. Cela dépend surtout ce que l’on entend par là. La critique quand c’est trop tard, quand on n’a plus rien à y faire. Quand Lepaon a déjà trahi la grève des cheminots et pas avant qu’il ne soit élu secrétaire général, oui LO critique.

        Mais, pour ne prendre qu’un exemple dans la dernière grève des cheminots, quand LO qui est à gare du nord refuse que la grève touche de RER A dans sa partie parisienne parce que la CGT n’est pas pour, quand les militants de LO interviennent en disant "on n’a pas le temps" lorsqu’on essaie d’organiser les travailleurs, de développer les discussions et d’aller dans le sens de l’auto-organisation... là, oui, LO travaille pour aider les appareils syndicaux à trahir.

        Si LO, c’était des travailleurs du rang qui ont des illusions et des idées fausses dans la tête, ce serait autre chose. Mais c’est une organisation qui a été éduquée autrement. Je l’ai vécu de l’intérieur 27 ans ! Ce n’est pas une minute ! Ce qu’est LO aujourd’hui, c’est un choix délibéré et cela signifie que LO jouera un rôle négatif dans les événements parce que tel est son choix politique.

        A partir de là, on n’en est plus à regarder si dans LO il y a quelques formulations critiques pour faire bien. On sait que LO vise à apparaître comme utile à l’appareil CGT et pour en couvrir les trahisons au travers de son intervention.

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        • Par contre, c’est toi qui sous-estime le rôle de LO sur la conscience des travailleurs.

          Qui a dirigé la grève des ouvriers de PSA Aulnay, sinon LO ?

          Qui leur a dit de développer comme argument et banderole à toutes les manifs "non à la fermeture d’Aulnay", alors qu’il y avait plus de licenciements dans le reste de PSA qu’à Aulnay seul ? Qui leur a dit :

          « S’ils veulent investir à l’étranger, qu’ils piochent dans leur caisse, cela ne doit pas se faire au détriment de l’emploi en France »

          "Nous n’avons rien contre le fait que PSA embauche des travailleurs chinois ou brésiliens. Ils ont besoin comme nous de travailler et ce sont des frères de classe, mais cela ne doit pas se faire en supprimant des emplois de travailleurs en France."

          "Aujourd’hui nous sommes compétitifs en France et nous allons nous battre pour garder nos emplois".

          C’est Mercier, dirigeant CGT et second porte-oarole de LO.

          Qui a organisé le fait que les grévistes ne parlent jamais dans les média au travers du comité de grève et que celui-ci reste purement théorique et clandestin ? C’est LO.

          Et ce n’est qu’un exemple !

          On peut en dire autant par exemple de la grève de l’hôpital Tenon : qui a dit aux agents hospitaliers qu’il valait mieux rester dans l’hôpital que chercher à gagner d’autre hôpitaux !

          On peut en dire autant de la grève à l’hôpital de Saint-Antoine où une militante LO a déclaré en AG : il n’est pas question de faire un comité de grève !

          etc, etc...

          Ce n’est pas des politiques locales, des faiblesses personnelles de militants locaux.

          C’est une politique d’une organisation et j’en sais quelque chose : j’en ai été exclus justement parce qu’on combattait de telles dérives.

          En effet, à Lu- Belin (Evry) notre camarade avait dénoncé des bureaucrates de son syndicat CGT alors que LO les soutenait parce que la direction avait fait rentrer des militants dans l’UL sans nous le dire. C’est parce qu’on a dénoncé cette concussion avec la bureaucratie que j’ai été exclus en même temps que le camarade de Lu-Belin !

          Minimiser le rôle de LO est une erreur. LO a comme discours le "on est très faible, on n’est rien" pour justifier de ne pas déborder les appareils.

          Mais, aux origines, il y avait Pierre Bois qui était tout seul et avait débordé l’appareil.

          Tous ceux qui l’ont connu s’en souviennent : il posait toutes les questions en fonction du socialisme. Cela tranchait avec tous les discours militants habituels dans le mouvement ouvrier et dans le courant révolutionnaire. Et tout d’abord, Pierre Bois ne prétendait pas expliquer aux travailleurs ce qu’il devaient faire et penser. On ne tient pas les travailleurs par la main. On n’est pas au service non plus des travailleurs. On n’est pas là pour les encadrer. Nous les militants révolutionnaires, on est plus là pour les faire rêver, les rendre fiers de leur classe que les exciter à la lutte. Les problèmes que posait Pierre Bois partaient toujours des problèmes concrets que se posaient les travailleurs et la manière par laquelle les travailleurs eux-mêmes pouvaient réaliser ce que pensait leur classe. Il y avait déjà des militants souvent au langage très radical, les staliniens, les syndicalistes, qui savaient à la place des travailleurs ce qu’il fallait revendiquer et comment lutter. Nous ne devions pas être d’autres militants sachant à la place de leur classe, lui disant que penser, comment agir, quoi vouloir et comment l’obtenir ! Ce n’est pas de cela que le prolétariat avait besoin. Il lui fallait percevoir sa propre existence de classe, ses aspirations propres, ses capacités, sa force mais surtout sa conscience et son organisation. Sous la houlette des staliniens, l’encadrement policier des travailleurs empêchait toute expression autonome et il était indispensable de reconstruire l’auto-organisation au travers de comités ouvriers, de tracts de travailleurs, de conseils, de coordinations...

          Lire ici

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        • Ok, j’ai juste l’impression que de rentrer directement en disant "LO ne critique pas les syndicats" n’est pas efficace pour être entendu. En effet, l’idée est bien de dire " la vérité" ou plutôt "ta vérité" aux travailleurs, mais la dire ne suffit pas, il est important qu’elle soit entendue. D’ailleurs, j’ai l’impression que c’est contradictoire car d’un sens, tu entends dire la vérité aux travailleurs, et après tu me dis que Pierre Bois ne prétendait pas expliquer aux travailleurs ce qu’il devaient faire et penser.

          Comme tu le dis, LO existe dans la conscience des travailleurs, tu le justifies avec les luttes ponctuelles que LO mènent. Bon LO a des militants, LO est présente dans de nombreuses boites et à la capacité d’agir dans les conflits. Cela dit, son influence, même si elle n’est pas nulle, ne pèse toujours pas bien lourd. Admettons qu’un travailleur, ou même un militant en ait à carrer de LO, lui dire froidement que LO n’est pas critique vis à vis des syndicats ne me semble pas audible, mais plutot contre-productif. D’ailleurs, si LO souffre d’un manque de reconnaissance de la part des travailleurs, c’est certainement pour cette même raison, car son sectarisme est refusée par les travailleurs. Comme tu dis, Pierre Bois partaient toujours des problèmes concrets que se posaient les travailleurs et la manière par laquelle les travailleurs eux-mêmes pouvaient réaliser ce que pensait leur classe. Je ne pense pas que les travailleurs en sont à entendre cette façon de critiquer LO ou celle de critiquer de cette façon les syndicats. Certains travailleurs peuvent entendre cette critique, la majorité ferme les oreilles car elle a encore beaucoup d’illusions sur ces organisations.

          Ca serait une idée de se rencontrer pour discuter, qu’en penses-tu ?

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          • Cher ami et lecteur, je comprends bien ton problème. Mais je ne crois pas que tu puisses le résoudre de cette manière. LO te semble insuffisant mais mieux que rien. Il te semble qu’il vaut mieux soutenir LO avec ses limites que de laisser la classe ouvrière sans organisation communiste révolutionnaire. Du coup, tu relèves des points positifs. Cependant, je te ferai remarquer que tu ne raisonnes pas ainsi concernant la gauche, la gauche de la gauche, les syndicats et les autres groupes d’extrême gauche que LO.

            On pourrait dire ainsi : le POI fait des manoeuvres dans FO mais il est critique de la ligne officielle de FO.

            On pourrait dire aussi : le gouvernement de gauche de Hollande-Valls a des défauts mais il est critique de la bourgeoisie qui licencie et de la finance qui détruit tout.

            On pourrait dire : mieux vaut Hollande que Le Pen, mieux vaut Lepaon que Berger, mieux vaut Berger que... etc, etc...

            Notre problème ne me semble pas se poser ainsi : avons-nous avec LO un groupe qui compte sur la capacité révolutionnaire du prolétariat ?

            La suite est ici

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            • Si j’ai bien compris ce que tu dis, tu penses que je soutiens LO puisque il vaut mieux soutenir LO avec ses limites que de laisser la classe ouvrière sans organisation communiste révolutionnaire. Bon je crois pas que ce soit mon point de vue. Peut être que je me trompe sur ce que je pense.

              Avons-nous avec LO un groupe qui compte sur la capacité révolutionnaire du prolétariat ?

              Je trouve que c’est une question intéressante. Mais en définitive, il me semble que ce qui importe, ce n’est pas la réalité de LO mais bien la conscience que les gens en ont et comment on doit intervenir là dessus non ? D’ailleurs, on en est venu à discuter de LO, car c’est un support à notre conversation, d’un certaine façon, au delà de la place spécifique de ce groupe au sein du mouvement ouvrier.

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              • Tu dis : « Je ne pense pas que les travailleurs en sont à entendre cette façon de critiquer LO ou celle de critiquer de cette façon les syndicats. »

                Qu’est-ce qui te fais penser cela ? La opinion ouvrière telle que tu la connais ou une analyse de la situation où se trouve la classe ouvrière ?

                C’est cela le fond du problème. Ce n’est pas LO ni les syndicats en soi. C’est la manière dont tu as appris à considérer la classe ouvrière, à analyser où elle en est ou du moins ce que tu en penses.

                Il y a une autre manière, c’est d ’analyser les conditions objectives qui se trouvent en face d’elle, les nécessités, la situation des classes dirigeantes et les manières par lesquelles elles vont devoir y faire face.

                Ce sont ces conditions objectives qui vont dicter le premier élément de réflexion sur la politique qu’il est nécessaire de développer publiquement dans la classe ouvrière.

                Les pragmatistes en restent à leur refrain « il faut lutter », « il faut mobiliser », « il faut être nombreux », « il faut un parti », « il faut un syndicat », « il faut manifester », « il faut protester ».

                Ils ne nous disent pas quelle est la situation de la classe dirigeante et de son système qui l’amène à changer radicalement de politique. Ils ne nous disent pas quelles sont les politiques possibles pour les classes dirigeantes dans la situation catastrophique du système. Non ! Eux veulent partir des préoccupations et de l’opinion des travailleurs ! Comme si c’était le point de départ d’un raisonnement sur la politique ouvrière. Comme s’il n’y avait pas meilleurs défenseurs du système que les travailleurs ! Cela ne nous empêche absolument pas de défendre l’idée que la classe ouvrière est potentiellement communiste mais ceux qui prétendent que la classe ouvrière doit considérer des revendications obtenues partiellement comme des victoires nous trompent. La classe ouvrière a été défaite en juin-juillet 1936 alors qu’elle a obtenu satisfaction sur une série de revendications. Et c’est souvent ainsi…

                Le rôle des révolutionnaires n’est pas de pousser à la lutte et même pas de pousser à l’organisation mais de développer la conscience de la réalité. Cette réalité contient à la fois notre défaite et notre victoire. Elle est profondément contradictoire. Comme l’est la réalité du prolétariat, celle du capitalisme, ou celle des extrêmes gauches. Nous ne savons pas dans quel sens tout cela basculera. Nous savons que nous militons pour éclairer cette nature contradictoire qui fait qu’au moment où les hommes désespèrent de la révolution ou du prolétariat, ces derniers font parfois des bonds en avant historiques qui proviennent du fait que ces contradictions étaient parvenues au point de rupture….

                Nous ne comptons pas sur nos petits bras pour pousser les travailleurs, pour pousser l’évolution historique, pour pousser l’extrême gauche ou n’importe quelle fraction de la société. Nous comptons sur les forces de la société elle-même mais nous sommes persuadés que ces forces ont besoin d’une boussole, d’une analyse qui ne découle pas seulement des expériences propres de ces forces sociales, d’une science, d’une philosophie qui n’ont rien de spontané ni d’élémentaire.

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                • Par contre, il y a un point que j’avoue ne pas comprendre du tout, quand tu dis :

                  « en définitive, il me semble que ce qui importe, ce n’est pas la réalité de LO mais bien la conscience que les gens en ont. »

                  La réalité de LO est ce qui compte comme la réalité de n’importe quel groupe politique ou syndical !!!

                  Les travailleurs ont besoin de réalité et pas de fausses images.

                  Il importe beaucoup que LO passe pour révolutionnaire et ne le soit qu’en apparence !!!

                  Répondre à ce message

                  • Qu’est-ce qui me fait penser que les travailleurs en sont à entendre cette façon de critiquer LO ou celle de critiquer de cette façon les syndicats ? Je pense que les travailleurs ont des illusions sur leurs organisations, les syndicats, LO. A mon avis, les travailleurs s’intéressent à leurs organisations, ils ont envie que ça marche, c’est leur monde, ils sont conservateurs. L’idée serait de les soutenir dans leur choix tout en critiquant, de façon à les dépasser en en faisant une expérience politique. En critiquant de l’extérieur les organisations des travailleurs, le risque n’est-il pas de se faire considérer comme ennemi et de ne pas être écouter ?

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                    • Ce que tu dis n’est pas faux et n’est pas vrai. Ce n’est pas permanent. Cela dépend des circonstances. Dans un mouvement, de telles opinions conservatrices se transforment en leur contraire. La particularité des révolutionnaires est de s’intéresser prioritairement à de tels renversements d’opinions. Il faut remarquer aussi que tu ne constates ce conservatisme que pour les organisations censées être du côté des travailleurs. Mais il faudrait l’élargir au système tout entier : les travailleurs ne sont pas prêts à le jeter à la poubelle de l’Histoire ! Faut-il pour autant se refuser à discuter cette question avec eux ?

                      Les travailleurs sont prêts ou ne sont pas prêts, pour ma part, je me garde de trancher là-dessus. Je me souviens de ce que répondait Pierre Bois à cette question. Il disait cela à propos de la grève, de la révolution et du socialisme.

                      "Le vendeur de carottes n’a que ses carottes à vendre et il n’a qu’un seul prix à indiquer. L’acheteur est-il prêt à acheter des carottes à un tel prix ? On ne le saura vraiment qu’après la fin du marché. Le vendeur de carottes, comme le militant ouvrier, ne peut faire qu’une seule chose : faire ses propositions. Ce n’est pas au vendeur de décider si ses produits vont marcher ou pas. Ce n’est pas au militant de décider par avance que la classe va suivre ou ne va pas suivre."

                      Répondre à ce message

                      • "L’émancipation des ouvriers ne peut être l’oeuvre que des ouvriers eux-mêmes. Il n’y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des défaites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d’acheter des chefs, de fabriquer des légendes, de monter des procès d’imposture, — de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu’à une fin : prolonger la domination d’une coterie déjà condamnée par l’histoire. Ils ne peuvent pas servir à l’émancipation des masses. Voilà pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte à mort. Il va sans dire que les masses ne sont pas sans péché. Nous ne sommes pas enclins à les idéaliser. Nous les avons vues en des circonstances variées, à diverses étapes, au milieu des plus grands bouleversements. Nous avons observé leurs faiblesses et leurs qualités. Leurs qualités : la décision, l’abnégation, l’héroïsme trouvaient toujours leur plus haute expression dans les périodes d’essor de la révolution. A ces moments, les bolcheviks furent à la tête des masses. Un autre chapitre de l’histoire s’ouvrit ensuite, quand se révélèrent les faiblesses des opprimés : hétérogénéité, insuffisance de culture, manque d’horizon. Fatiguées, déçues, les masses s’affaissèrent, perdirent la foi en elles-mêmes et cédèrent la place à une nouvelle aristocratie. Dans cette période les bolcheviks (les "trotskistes") se trouvèrent isolés des masses. Nous avons pratiquement parcouru deux cycles semblables : 1897-1905, années de flux ; 1907-1913, années de reflux ; 1917-1923, années marquées par un essor sans précédent dans l’histoire ; puis une nouvelle période de réaction qui n’est pas encore finie. Grâce à ces événements, les "trotskistes" ont appris à connaître le rythme de l’histoire, en d’autres termes la dialectique de la lutte des classes. Ils ont appris et, me semble-t-il, réussi à subordonner à ce rythme objectif leurs desseins subjectifs et leurs programmes. Ils ont appris à ne point désespérer parce que les lois de l’histoire ne dépendent pas de nos goûts individuels ou de nos critériums moraux. Ils ont appris à subordonner leurs goûts individuels à ces lois. Ils ont appris à ne point craindre les ennemis les plus puissants, si la puissance de ces ennemis est en contradiction avec les exigences du développement historique. Ils savent remonter le courant avec la conviction profonde que l’afflux historique d’une puissance nouvelle les portera jusqu’à l’autre rive. Pas tous ; beaucoup se noieront en chemin. Mais participer au mouvement les yeux ouverts, avec une volonté tendue, telle est bien la satisfaction morale par excellence qui puisse être donnée à un être pensant !"

                        Léon Trotsky dans "Leur morale et la nôtre"

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                        • Les syndicats peuvent apparaître comme l’organisation la plus basique de la classe mais, à leur sommet, ils sont liés à la bourgeoisie et à l’Etat. Dans une crise, les travailleurs sentent le besoin des syndicats encore plus que dans les périodes « normales » mais ils cherchent ainsi à traire un bouc. Dans le secteur industriel, il y a eu des conflits et des luttes très radicales, et à chaque fois que les dirigeants syndicaux avançaient le mot d’ordre de grève générale, sectorielle, etc., les travailleurs répondaient massivement. Le problème est que les dirigeants syndicaux sont complètement impuissants face à la crise du capitalisme puisqu’ils n’ont aucune alternative réelle (autre qu’une légère forme de stimulus keynésien).

                          En Espagne, il y a eu une grève générale des professeurs dans les îles Baléares. Elle a duré trois semaines et a bénéficié d’un soutien populaire massif (avec une manifestation à Palma d’environ 100 000 manifestants, pour une île de 800 000 habitants !). La grève a été conduite avec les méthodes traditionnelles de la lutte des classes qui avaient été perdues au cours de la dernière période : assemblées de masse, délégués élus, soutien des parents et des étudiants et caisse de grève. Cependant, les dirigeants syndicaux ont laissé les professeurs des Baléares à leur sort, et ont refusé d’étendre la lutte au-delà des professeurs et au continent. Le mouvement a dû battre en retraite, vaincu par l’épuisement.

                          Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que beaucoup de travailleurs remettent en question la pertinence des grèves générales de 24 heures isolées, sans un plan de lutte durable de la part des dirigeants syndicaux. En fait, ces grèves ont été utilisées par les dirigeants pour lâcher de la pression. En Grèce, l’arme de la grève générale de 24 heures est désormais contreproductive. Elle est accueillie avec scepticisme par les travailleurs, qui comprennent que des actions plus radicales sont nécessaires. En Grèce, désormais, ce qui est nécessaire est une grève générale politique illimitée pour renverser le gouvernement.

                          On voit une accumulation de mécontentement et de colère qui, à ce stade, ne trouvent pas de canal – politique ou syndical – pour s’exprimer clairement. En Espagne, au Portugal, en Italie, des centaines de milliers de jeunes sont forcés d’émigrer – une situation que leurs parents croyaient appartenir définitivement au passé.

                          Il y a des attaques constantes contre les systèmes de santé et d’éducation publiques, une croissance endémique du chômage, particulièrement dans la jeunesse, le scandale des expulsions, des saisies d’appartement – alors même que de nombreux logements sont vides et qu’un nombre croissant de personnes vivent dans la rue. Beaucoup se croyaient membres de la « classe moyenne » et sont tombées sous le seuil de pauvreté.

                          Les premières étapes de la radicalisation des masses prendront la forme de grèves, de grèves générales et de manifestations de masses. Nous avons déjà vu cela en Grèce, en Espagne et au Portugal. Mais au vu de la profondeur de la crise, ces actions ne peuvent pas, à elles seules, réussir à empêcher de nouvelles attaques contre les conditions de vie.

                          Même en Belgique, où l’action militante des pompiers et des cheminots a forcé le gouvernement à battre en retraite, cette victoire sera temporaire. Ce que le gouvernement donne de sa main gauche, il le reprendra de sa main droite. En Grèce, il y a eu près de 30 grèves générales, et pourtant le gouvernement continue d’attaquer.

                          Graduellement, les travailleurs apprennent par l’expérience que des mesures plus radicales sont nécessaires. Ils commencent à tirer des conclusions révolutionnaires. Trotsky expliquait l’importance des revendications transitoires, comme moyen d’élever la conscience des travailleurs au niveau exigé par l’histoire. Mais il expliquait aussi qu’en période de crise profonde, de telles demandes sont insuffisantes :

                          « Bien entendu, l’échelle mobile des heures de travail et l’autodéfense ouvrière ne sont pas suffisantes. Ce ne sont que les premiers pas nécessaires pour préserver les ouvriers de la faim, de la mort et des poignards fascistes. Ce sont là des moyens élémentaires de défense, qui s’imposent de toute urgence. Mais ils ne suffisent pas pour résoudre la question. La tâche essentielle est de s’orienter vers une amélioration du régime économique et une utilisation plus judicieuse, plus raisonnable, plus honnête, des forces productives dans l’intérêt du peuple tout entier.

                          « Elle ne peut être réalisée qu’en rompant avec la routine habituelle des méthodes “normales” du travail syndical. Vous devez reconnaitre que, dans la période du déclin capitaliste, les syndicats isolés sont incapables de s’opposer à l’aggravation incessante des conditions de vie des ouvriers. Il faut avoir recours à des méthodes plus efficaces. La bourgeoisie qui possède les moyens de production et du pouvoir d’État a mené l’économie dans une impasse totale et sans espoir. Il faut déclarer la bourgeoisie débitrice insolvable et que l’économie passe entre des mains honnêtes et propres, c’est-à-dire aux mains des ouvriers. »

                          (Trotsky, Les syndicats et la crise sociale aux États-Unis [discussion de Léon Trotsky avec Plotkin, dirigeant du syndicat l’IGLWU à Chicago], 29 septembre 1938)

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                      • Salut, merci de cet échange intéressant.

                        Les travailleurs ne sont pas prêts à jeter leur monde à la poubelle de l’Histoire ! Faut-il pour autant se refuser à discuter cette question avec eux ? La réponse est non. Comment le faire, c’est bien ça le rôle des militants révolutionnaires.

                        Si le vendeur propose sa carotte à 15euro, le travailleur passe certainement son chemin. Si le prix est de 2euro, il s’arrêtera peut-être pour discuter.

                        Tu considères que partir de la réalité des travailleurs, c’est ne pas leur dire la vérité, ça me semble bizarre.

                        Pour que les travailleurs brisent leurs illusions et en viennent à en tirer des conclusions, ça me semble difficile de le faire uniquement en leur disant "la vérité".

                        Tu considères que chercher à être efficace, c’est de l’opportunisme. Tu considères que le soutien critique aux organisations des travailleurs , c’est avoir peur d’être minoritaire et mettre ses idées dans sa poche.

                        Vraiment, je ne vois pas ou tu veux en venir.

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  • Par contre, il y a effectivement un article extrêmement clair contre la trahison syndicale sur le site de Lutte ouvrière. Il date du 4 juin 1963...

    Le voici :

    La trahison mérite la reconnaissance

    Une campagne est actuellement en cours, reprise généreusement par la presse, pour la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise.

    Que signifie cette « reconnaissance de la section syndicale d’entreprise » ? Les syndicats ont été autorisés en 1884, ils sont légaux, qui peut prétendre ne pas les reconnaître ?

    Les syndicats se plaignent d’un manque de protection légale. En dépit des libertés syndicales légalement établies, le patronat dans bien des cas, s’efforce d’entraver le droit syndical par de nombreuses mesures qui vont du chantage et de l’intimidation au brutal renvoi des militants ou sympathisants actifs, n’hésitant pas à employer le mensonge et la tromperie. Tout cela est vrai et bien d’autres choses aussi. Mais où vont-on en venir ? Il y a des lois, les patrons les violent ou s’efforcent de les tourner. Et on voudrait lui faire admettre de reconnaître officiellement la section syndicale qu’il veut ignorer. On voudrait lui demander des garanties contre les renvois injustifiés (comme si tous les renvois n’étaient pas justifiés du point de vue patronal), des heures payées et des locaux pour exercer le droit syndical.

    Certains patrons ont déjà opté pour ce système dans la mesure où les facilités qu’ils accordent au syndicat leur donnent un moyen de plus d’exploitation. Un des exemples le plus frappant (aux deux sens du terme) est celui lui du syndicat S.I.M.C.A. . Mais là où le patronat veut ignorer les syndicats on voudrait que la loi l’oblige à leur accorder davantage de moyens.

    Le simple fait de demander au patron davantage de droits syndicaux et de demander à l’État de les garantir marque indubitablement un esprit de collaboration de classe, avec il est vrai des nuances importantes mais une identité presque absolue sur le fond. Quelles sont les différentes positions en face de ce problème de la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise ?

    Il y a d’abord celle de la CFTC qui paraît être au centre de cette préoccupation. C’est Gilbert Declerq, secrétaire de l’U.D. CFTC de la Loire-Atlantique, « modèle du militant syndical moderne » qui revendique un partage du pouvoir afin que le syndicalisme devienne le co-associé du Patronat. L’entreprise, devient la cellule de base de l’édifice corporatif. Mais cela doit se faire dans le cadre d’une planification démocratique définie par l’État et dont les décisions doivent devenir impératives.

    M. Bloch-Lainé, directeur de la Caisse des Dépôts et Consignations, et dont s’inspire manifestement le « syndicaliste moderne » Declercq, vient à ce sujet d’écrire un livre « Pour une réforme dans l’Entreprise ». Dans l’esprit de M. Bloch-Lainé s’établit une superstructure de 3 pouvoirs pour chacun desquels il réclame un statut.

    I/ Le statut du personnel. Il faut donner aux syndicats les moyens de s’implanter fortement en reconnaissant la section syndicale d’entreprise. Cela M. Bloch-Lainé veut le faire sans compromettre la liberté individuelle des salariés en leur laissant le choix de s’exprimer par la voie syndicale... ou par la voie directe. Mais on favorise et on finance la voie syndicale et la formation de militants et de responsables (à qui est laissé ce soin ?). Cette procédure d’après M. Bloch-Lainé suppose un système d’arbitrage obligatoire.

    Ensuite le personnel des entreprises en tant que force constituée peut aspirer à toutes les responsabilités hormis celles de l’employeur. Voici donc nos syndicats investis de tous les pouvoirs pour diriger les travailleurs. Pour ce qui est de diriger l’entreprise et la destination des profits cela fait partie des responsabilités de l’employeur.

    2/ Le statut du capital. Là, M. Bloch-Lainé donne tous les pouvoirs aux gros actionnaires, à-ceux qui, d’après lui, prennent tous les risques. Il faut supprimer le rite, vide de sens, de la convocation annuelle des actionnaires.

    3/ Une magistrature économique et sociale dont les prérogatives seraient d’aplanir les difficultés. La vérité (celle de M. Bloch-Lainé) était la même pour tous, les intérêts en cause, capital, personnel, Plan il suffirait « d’éclairer les zones d’ombres » pour résoudre bien des problèmes sans avoir recours à des procès. Ce beau programme. de collaboration de classe on le croirait sorti de la Charte du Travail du régime de Pétain.

    Comme dans la Charte du Travail, c’est l’entreprise, c’est la profession qui sont le centre de la collaboration entre le Travail, le Capital et l’État. On n’est pas encore arrivé à rendre le syndicat obligatoire, à supprimer la grève et le look-out, mais on prévoit déjà l’arbitrage obligatoire de l’État, bien entendu par l’intermédiaire d’organismes spécialement conçus.

    La CGT et FO revendiquent l’extension des droits syndicaux sans trop s’engager sur les modalités pratiques. La « reconnaissance » de la section syndicale leur paraît un terme dangereusement équivoque. FO estime que le syndicalisme est un mouvement qui disparaîtrait en devenant une institution.

    Et tous évidemment d’affirmer leurs bonnes intentions, Au colloque de Grenoble, Schaefer pour la CGT, Mathevet pour la CFTC et Louet pour FO rappelèrent leur hostilité fondamentale à toute tentative d’intégration syndicale à l’échelon de l’entreprise comme aux niveaux les plus élevés. Fondamentalement, ils repoussent l’intégration mais pratiquement ils cherchent à s’intégrer, à avoir des moyens reconnus par le patron et garantis par l’État et sa loi. Le colloque de Grenoble dans sa résolution finale réclame la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise mais précise : « l’organisation syndicale doit avoir dans l’entreprise un caractère prédominant à l’égard des autres formes de représentation des travailleurs ». Les syndicats sont contre l’intégration. Ils prétendent vouloir garder leur indépendance. Mais ils demandent aux Patrons et au gouvernement de leur donner des droits supplémentaires, les moyens d’exercer ces droits et qui plus est, de garantir leur monopole de la représentation ouvrière. On ne peut guère imaginer une plus grande platitude, un abandon plus grand non seulement des principes fondamentaux du syndicalisme, mais de la simple dignité, Pourtant malgré tant de bassesse, le Patronat fait la fine bouche. Le CNPF estime ne pouvoir accepter une extension des droits syndicaux suffisamment garantis selon lui. Il n’admet pas que I’on introduise dans l’entreprise un’’instrument de contestation ». Pour lui évidemment, il n’y a aucune raison de permettre des critiques à des gens sous prétexte qu’ils représentent les travailleurs, et encore moins, de leur accorder quelques privilèges supplémentaires si pour le moment, le Patronat se sent assez solide pour se passer de valets syndicalistes.

    Le pouvoir lui n’a pas tout à fait le même point de vue. la grève des mineurs lui a rappelé qu’il est quelquefois utile d’avoir des représentants officiels, à défaut d’être authentiques, du monde du travail, pour appuyer sur le frein de la lutte revendicative et surtout fermer la voie qui conduit à une politisation des mouvements, ce qui risquerait de mettre en cause non plus simplement le gouvernement mais le régime lui-même. gilbert grandval ministre du travail, a rappelé que le gouvernement est décidé « par voie législative ou réglementaire à donner aux comités d’entreprise des compétences plus étendues que la simple gestion des oeuvres sociales et à protéger légalement les responsable syndicaux ».

    Le groupe parlementaire communiste a déposé un projet de loi sur l’extension des droits syndicaux et la CFTC on a soumis un autre à tous les groupes parlementaires. Mais c’est un projet UNR en gestation qui mérite le plus d’attention. D’après « certaines informations » dit « Le Monde » du 29.5.1963, « ce projet comporterait la perception obligatoire des cotisations et consacrerait dans une certaine mesure l’existence des syndicats non affiliés aux grandes centrales ».

    On voit nettement se dessiner le canevas d’un syndicalisme « Maison » genre SIMCA. Un tel syndicalisme éliminerait une partie des syndicats traditionnels grâce à l’appui patronal donné au syndicat choisi par le Patron. De plus il étoufferait ou briserait par la violence toute forme d’expression directe de la lutte de classe. Ce serait un carcan encore beaucoup plus lourd à supporter même si certains avantages matériels immédiats venaient en favoriser l’adoption. Peut-être faut-il se poser la question : Comment en partant de la pluralité syndicale actuelle pourrait-on envisager la perception obligatoire des cotisation ? La Charte du travail de Pétain prévoyait l’organisation obligatoire de tous les travailleurs dans un syndicat unique. Les conditions de formation du syndicat unique en partant des syndicats existants étaient fixés par décret. On voit que dans ce domaine on peut aller très loin. Mais on peut imaginer des systèmes beaucoup plus souples. Par exemple donner officiellement ou seulement officieusement le monopole de l’embauche et du licenciement à un syndicat pour que ce soit lui qui soit bénéficiaire des cotisations obligatoires.

    Ainsi nous voyons se définir toute une orientation du syndicalisme allant de l’extension des droits syndicaux jusqu’à l’intégration la plus complète. C’est la CFTC, syndicat de collaboration de classe par principe qui anime le débat. La CFTC ne reconnaît pas la lutte de classe. Les accords d’entreprises ont été la première forme de collaboration sur le plan de l’entreprise. Les résultats plutôt décevants ne la font pas renoncer, au contraire elle voudrait obliger les patrons à respecter les accords au non de la loi. Les militants qui, engagés dans l’action, pratiquent l’exercice de la lutte de classe auront de fortes désillusions le jour où leur beau programme de mariage du loup et de l’agneau sera célébré. Les dirigeants « modernes » genre Declerq feront probablement partie des loups bénéficiant des places offertes par l’administration étatique du ministère du travail. Mais le militant de base honnête sera tout étonné de se trouver évincé au profit de nouveaux venus du syndicalisme bons à rien et bons à tout, au service de qui les paye.

    Les dirigeants FO connaissent le danger de cette intégration mais entre la lutte de classe et la collaboration leur esprit réformiste va plutôt vers la collaboration.

    Les responsable de la CGT savent, eux aussi, que leur influence serait sérieusement battue en brèche avec la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise. Dans de nombreuses entreprises la CGT fortement majoritaire a été écartée des discussions des accords. Si la loi sanctionnait cette nouvelle forme de syndicalisme, la CGT serait automatiquement écartée pour son manque de collaboration. Or, si dans bien des cas, l’attitude de la CGT freine la lutte de classe des travailleurs, elle ne peut en aucun cas se permettre d’admettre officiellement de collaborer avec le patron.

    Avant que l’on arrive à ce syndicalisme intégré par la reconnaissance de la section syndicale d’entreprise investie du pouvoir de collaborer à l’exploitation des travailleurs, il y a beaucoup de points de vue contradictoires à vaincre. Une défaite brutale de la classe ouvrière (guerre, fascisme) ouvrirait rapidement la porte à un tel programme. Il suffirait de ressortir la Charte du Travail et de remplacer René Belin par Gilbert Declerq.

    Nous n’en sommes pas là. Mais les bons apôtres du syndicalisme au lieu de se triturer les méninges à essayer, chacun pour sa boutique de récolter quelques petits avantages autour de ce qui se veut être un grand débat, feraient mieux de regarder la réalité en face. La réalité c’est que la demi-douzaine de centrales syndicales ne groupent toutes réunies guère plus de 10 % de syndiqués. Les dirigeants de ces centrales voudraient augmenter leur autorité en réclamant des droits supplémentaires aux patrons et en faisant garantir ces droits par la législation capitaliste. C’est une capitulation, c’est une trahison. Les 90 % de non-syndiqués savent qu’ils n’ont rien d’autre à attendre des « responsables » de l’avilissement du syndicalisme.

    Etendre les droits syndicaux à l’entreprise c’est un objectif juste et possible, mais en s’appuyant sur les travailleurs en lutte contre l’exploitation. Il serait vain d’attendre des dirigeants actuels de s’orienter dans cette voie. Le syndicalisme renforcera ses droits et son autorité en menant une lutte qui augmente les droits et l’autorité de la masse des travailleurs. C’est seulement si des militants arrivent à animer des syndicats d’un programme révolutionnaire qui vise au renversement de la bourgeoisie que ces syndicats deviendront un pouvoir. Mais ce pouvoir ne cohabite pas avec le pouvoir d’exploitation, il le combat.

    Si le syndicalisme s’éloigne de plus en plus de la lutte de classe, la lutte de classe passera de moins en moins par les syndicats. Mais la lutte de classe n’en existera pas moins tant que subsistera l’exploitation de l’homme par l’homme.

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  • Sur le double langage de la CGT à propos de la privatisation de la SNCF, voici quelques références :

    « Le Parisien » du 14 juin 2014 :

    Lepaon, secrétaire général de la CGT, y est interviewé à propos de la grève des cheminots :

    « Il n’y a aucune différence, pas même un cheveu, entre Gilbert Garrel et moi. Les rencontres avec le premier ministre, les services de l’Elysée et François Hollande, nous les avons faits ensemble. On a simplement expliqué que, s’il fallait plus de temps au gouvernement, il pouvait reporter de plusieurs jours la dicussion. La CGT n’a jamais demandé le report ni le retrait du projet de loi. On n’est pas contre une loi, mais contre son contenu. Il faut en discuter… »

    Le Parisien poursuit : « Tout était pourtant prévu (du côté du gouvernement) avec la CGT : une grève d’un ou deux jours contre la réforme en guise de baroud d’honneur syndical, puis lors de la discussion du projet de loi à l’assemblée, des amendements garantissant aux cheminots leur statut. Cependant le scénario a dérapé. « La CGT-Cheminots est désavouée par sa base chauffée à blanc depuis des mois se plaint l’entourage du président. »
    Source : http://www.leparisien.fr/economie/g...

    « Le Monde » du 17 juin 2014, dans un article intitulé « La CGT cheminots poussée à durcir le mouvement par la radicalité de sa base » :

    « La CGT cheminots était partie pour un coup de boutoir de 48 à 72 heures avant le débat parlementaire sur la réforme ferroviaire et elle a obtenu des résultats dans la négociation mais elle a été surprise par la radicalisation brutale de la base » déclare au Monde un proche de Lepaon, secrétaire général de la CGT. »

    Le Monde du même jour rapporte :

    « Comme Mr Garrel, Mr Lepaon a été extrêmement surpris par la réaction de la base alors que les discussions avec Frédéric Cuvillier, le secrétaire d’Etat aux transports, avaient permis des avancées qui allaient dans le sens de la CGT… Mr Garrel avait salué ce compromis avant d’être obligé de faire marche arrière… En janvier 2010, la direction de la SNCF et ses organisations syndicales mettent la dernière main sur un accord sur la qualité du travail. Mais la CGT se soustrait à sa signature au dernier moment puis le dénonce…Le négociateur en chef de l’accord pour la CGT est écarté. Pourtant, Gilbert Garrel avait donné officieusement son blanc-seing à l’accord… L’exécutif ne cesse de rappeler que les partenaires sociaux ont été associés depuis 18 mois à la préparation du texte par Frédéric Cuvillier, secrétaire d’Etat chargé des transports et ont validé les différentes étapes. « Le texte a quasiment été écrit par la CGT, c’est un comble de la voir en grève aujourd’hui. » s’étrangle un proche de Manuel Valls. »

    Source : http://www.lemonde.fr/politique/art...

    Lepaon : « Il se dit que que je ne serai pas sur la même position. C’est totalement faux. Il n’y a aucune différence, pas même un cheveu entre Gilbert Garrel et moi. Les rencontres avec le Premier ministre, les services de l’Elysée et François Hollande nous les avons faites ensemble. »
    Sources Le Parisien : http://www.leparisien.fr/economie/g...
    Lepaon : « La CGT n’a jamais demandé le report ni le retrait du projet de loi. On n’est pas contre une loi mais contre son contenu »

    Sources : http://www.lefigaro.fr/social/2014/...

    et aussi

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/...

    Garrel : « Des divergences seraient nées entre la CGT confédérale et la Fédération des Cheminots. Sur quelles bases pouvez-vous affirmer cela ? Aucune, si ce n’est l’interprétation ou la manipulation de propos sortis de leur contexte. »

    Source : http://www.legrandsoir.info/lettre-...

    Dénonciation de la CGT cheminots de Versailles :

    Sources : http://communisteslibertairescgt.ov...

    et aussi

    http://ouvalacgt.over-blog.com/2014...

    Concernant le rapport de Lepaon de 2012, le syndicat CGT des cheminots de Versailles Versailles écrivait le 03 juillet 2014 : :
    "Nous n’avons pas oublié sa position profondément néfaste en tant que rapporteur de la commission Travail du CESER sur l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs en juillet 2012, que nous nous honorons d’avoir fermement condamné à l’époque par une motion, car ce vote semblait valider, au nom de la CGT, le fait accompli de la privatisation du réseau et de la mise en concurrence des salariés, en violation des orientations de la fédération CGT des cheminots.
    Nous disions dans cette motion que la position de Thierry Lepaon nous mettait en « difficulté sur le terrain », et bien il est clair aujourd’hui que ce rapport, pour lequel la CGT avait donc voté POUR, ainsi que les déclarations en plein conflit de Thierry Lepaon sur les prétendues « avancées » des amendements au projet de loi portant réforme ferroviaire, sont largement relayés par la direction de la SNCF, ainsi que par les syndicats briseurs de grève contre nous sur le terrain !"
    Le Figaro, organe de la bourgeoisie française commente :
    La CGT ne parvient pas à stopper l’emballement de la grève à la SNCF. Thierry Lepaon, patron de la centrale de Montreuil, affirme que la CGT « n’est pas contre une loi mais contre son contenu ».
    L’emballement de la grève semble impossible à enrayer par les organisations syndicales elles-mêmes. À la CGT, la confusion est totale. Alors que la fédération CGT des cheminots persiste et signe en appelant chaque jour à « poursuivre, amplifier et à élargir le mouvement », Thierry Lepaon , le patron de la CGT, a fait machine arrière samedi.
    Tout en affirmant dans Le Parisien-Aujourd’hui en France être « sur la même position » que Gilbert Garrel, le représentant CGT des cheminots, Thierry Lepaon a tenté de rectifier le discours de son camarade pour jouer l’ouverture face à un gouvernement inflexible sur le projet de loi de réforme ferroviaire. Alors que la CGT-cheminots réclame depuis le début de la grève le report du projet, y compris sur le site Internet de la CGT, le patron de la centrale de Montreuil explique que « cela a pu être mal interprété ». « La CGT n’a jamais demandé le report ni le retrait du projet de loi. On n’est pas contre une loi mais contre son contenu », précise-t-il. Les cheminots grévistes ont certainement autant de mal à décoder ce discours que les membres du gouvernement qui répètent à l’unisson que leur porte est ouverte pour dialoguer. Au sommet de l’État, un seul mot d’ordre à présent : les échanges sur le projet de loi se dérouleront mardi à l’Assemblée.
    Les dirigeants de la CGT cherchent un moyen de reprendre la main et de dire « stop » sans se déjuger alors que la « base » des grévistes reste fortement mobilisée. Mais comment les convaincre de reprendre le travail puisque les négociations sur les amendements au projet de loi ont eu lieu jeudi avec la CFDT et l’Unsa, les deux syndicats qui n’étaient pas en grève ? Le secrétaire d’État aux Transports, Frédéric Cuvillier, a en effet signé avec ceux qui acceptaient de réformer le système. Agacé, le secrétaire général de la CGT a d’ailleurs perdu toutes ses notions de calcul en affirmant que l’accord avait été signé avec des organisations « ultraminoritaires ». L’Unsa est pourtant le deuxième syndicat après la CGT et la CFDT, le quatrième derrière SUD.
    Concernant le projet de loi, il n’est aucunement question, à la CGT, de le contester, ni de le retirer. Lepaon déclare : « On a simplement expliqué que s’il fallait plus de temps au gouvernement, il pouvait reporter de plusieurs jours les discussions. La CGT n’a jamais demandé le report ni le retrait du projet de loi. »

    Déclarations de Lepaon, secrétaire général de la CGT
    A la radio France Inter le 19 juin :

    « Le fait que la grève se prolonge n’est pas bon ni pour les usagers ni pour les agents de la SNCF ».
    Ce jour, il a également déclaré : « Le gouvernement semble tenir compte du rapport de forces qui s’est instauré avec les cheminots. » Mais il s’est bien gardé de montrer en quoi Valls-Hollande reculaient !
    Il a par contre reconnu, face aux journalistes de France Inter, qu’avant la grève, la CGT faisait partie des syndicats qui avaient signé leur accord avec le projet gouvernemental…
    Cela vient se rajouter à ses déclarations précédentes comme « d’accord avec la loi mais pas avec son contenu » ou encore souhaitant que le travail reprenne… dimanche dernier et parlant de « sortie de crise ce week-end » !
    Lepaon a exposé clairement comment il s’apprête à lâcher le mouvement si des petits mots sont changés dans le texte de loi… sans rien changer du fond :
    "Grâce à notre action, des amendements ont été déposés et il semblerait à l’heure qu’il est que le gouvernement tienne compte de ce rapport de forces qui s’est instauré", a déclaré M. Lepaon sur France Inter.
    "Maintenant, il faut que les amendements soient écrits de manière précise, qu’ils soient débattus à l’Assemblée nationale et qu’ils soient votés", a-t-il poursuivi.
    La CGT veut notamment que le "besoin d’un service public ferroviaire" soit inscrit dans la loi. Sur ce point, M. Lepaon observe des avancées entre "le premier projet de loi et celui qui est débattu".
    Sur la question du "statut des personnels", "c’est une décision qui est inscrite aujourd’hui dans le projet de loi" mais "il faut que la loi soit extrêmement précise" pour éviter des interprétations lors de la "mise en oeuvre", a-t-il estimé.
    Thierry Lepaon souhaite aussi que des amendements "d’harmonisation sociale" et sur "la question de la dette" soient intégrés au projet de loi qui, selon lui, prépare "la privatisation du transport ferroviaire".

    G. Garrel, annonçait « ce texte est largement enrichi […] c’est un point positif » laissant la poursuite de la grève entre les mains des cheminots… mais déstabilisant au passage les bases syndicales qui ne savaient plus sur quel pied danser.

    http://wwww.bellaciao.org/fr/spip.p...

    Quand le nouveau secrétaire général de la CGT est en train de préparer avec la bourgeoisie la manière de faire passer en douce la privatisation de la SNCF

    Source : http://www.matierevolution.org/spip...

    Et aussi : http://www.lecese.fr/sites/default/...

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  • Lepaon ne fait pas qu’avoir dirigé la CGT de Moulinex pour casser la lutte des salariés. il ne fait pas qu’avoir signé un rapport au CESE pour favoriser la privatisation de la SNCF, il n’a pas fait que soutenir le projet de loi de privatisation et ensuite pousser à la reprise du travail, une fois débordé par les cheminots. Il se fait offrir 2500 € par mois de loyer un luxueux domicile à Vincennes et des travaux qui devaient au départ coûter 170.000€ dont une cave transformée en cellier. Il y a de quoi arroser en ce moment tous les beaux succès de la CGt au moment où le gouvernement élu grâce au soutien de Lepaon remet en question le code du travail, le CDI, les retraites, les allocations chômage, les tribunaux prudhommaux, la SNCF, les services publics, la sécu, la santé et on en passe ? A quoi veut donc trinquer ce "patron" de la CGT qui fricotte avec les patrons du cac 40 et les responsables gouvernementaux ? A nos défaites !

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  • La Commission exécutive de la confédération va « prendre toutes les dispositions nécessaires  » mardi prochain après les révélations sur la prime de départ que le Comité régional CGT de Normandie a versé à Thierry Lepaon quand il a rejoint la confédération.

    Quand est sortie l’affaire de son logement de fonction , le 28 octobre, la question était de savoir si Thierry Lepaon pourrait faire un second mandat à la tête de la CGT, comme il en avait exprimé publiquement l’intention. Après la réunion du Comité confédéral de la CGT, les 4 et 5 novembre, il n’en était plus question . Fin novembre, la révélation du montant des travaux réalisés dans son bureau au siège de la CGT à Montreuil - quelque 60.000 euros après 130.000 euros pour l’appartement dans le «  carré magique  » de Vincennes - a fait vaciller encore un peu plus le secrétaire général cégétiste. Désormais, la question de son départ est clairement posée. Ces jours seraient même comptés ; il n’est pas exclu que la décision de le débarquer soit prise la semaine prochaine.

    A la veille des élections dans la fonction publique , jeudi, personne ne veut provoquer de séisme mais la colère gronde désormais dans toute l’organisation, après que Thierry Lepaon a admis dans «  l’Express  » avoir touché une indemnité de départ lorsqu’en mars 2013, il a quitté le secrétariat du Comité régional CGT de Normandie pour succéder à Bernard Thibault à la tête de la confédération. Une réunion exceptionnelle du bureau confédéral (l’équipe de direction autour du secrétaire général, soit 10 personnes au total) s’est tenue ce mardi matin auquel Thierry Lepaon, que des rumeurs disaient hospitalisé, a participé.

    A son issue, un communiqué a été diffusé en interne qui promet que «  la transparence complète sera donnée [aux] organisations [de la CGT] sur ces derniers éléments et la Commission exécutive confédérale [direction élargie de 50 membres] se réunira le 9 décembre pour prendre toutes les dispositions nécessaires  ». Dispositions nécessaires... Les termes n’ont pas été choisis au hasard. Vendredi, une nouvelle réunion du bureau est prévue pour «  préparer ces débats  ». Mais nombreux sont désormais ceux qui pensent qu’il «  faut débarquer Thierry Lepaon le plus vite possible  ». Si l’issue ne fait désormais plus de doute, il reste à savoir si ce dernier «  ne va pas tenter jusqu’au bout de se maintenir  ».

    L’affaire de l’indemnité de départ touche au moins autant que celle de l’appartement aux fondamentaux de la CGT. Rien de plus normal pourtant pour le leader cégétiste qui la justifie par le fait qu’il «  changeait d’employeur  ». La nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans la galaxie CGT. «  On est au-delà du taquet  », commentait ce mardi un responsable, meurtri comme tous ceux qui acceptent d’évoquer la situation anonymement pour ne pas être accusés de jouer contre l’organisation.

    Il y a eu versement d’un complément de salaire au moment du départ vers la confédération. «  Il s’est en quelque sorte attribué une prime de mobilité alors que son employeur lui finance un logement de fonction, c’est assez incroyable  », résume un ancien DRH.

    Politiquement, le numéro un de la CGT s’est mis dans une situation intenable pour plusieurs raisons. La première est que sa centrale s’est refusée à signer l’accord créant la rupture conventionnelle en 2008, au motif qu’en réalité, les ruptures amiables sont faites pour permettre aux patrons de licencier en évitant les prud’hommes. Or Thierry Lepaon montre là qu’elles peuvent être au contraire à l’avantage du salarié car logiquement, il aurait dû démissionner de son poste et partir sans indemnités autres que de congés payés. La deuxième est que l’indemnité lui a été attribuée par le comité régional alors qu’il le dirigeait. La logique est la même que celle que dénonce la CGT sur les retraites chapeaux que s’attribuent les grands patrons. La troisième raison est que de fait, l’indemnité a été payée, au moins en partie, par les cotisations des syndiqués qui apprécieront d’avoir été mis à contribution là aussi comme sur les travaux hors de prix de l’appartement et du bureau.

    On ignore pour l’instant toujours le montant précis de l’indemnité. Thierry Lepaon a dit à «  L’Express  » qu’il «  ne se souvient plus  » de son montant, ajoutant que ce n’était «  pas grand chose  » alors que dans la confédération, une fourchette de 100.000 à 200.000 euros circule. La plongée dans les comptes publiés par le Comité régional CGT de Normandie au «  Journal officiel  » laisse en tout cas perplexe. Interrogé ce mardi par «  Les Echos  », son secrétaire général, Lionel Lerogeron, a refusé de répondre. A la question du poste comptable sur lequel elle a été affectée, il a rétorqué : «  Ma seule réponse, c’est que nos comptes sont validés par un commissaire aux comptes  ». Contacté, ce dernier a précisé être tenu par «  le secret professionnel le plus strict  », mais a accepté de répondre par écrit à des «  questions techniques  ». Il a confirmé n’avoir «  relevé aucune anomalie lors de [ses] contrôles  » et a précisé que «  les indemnités de départ figurent, conformément au plan comptable, dans le compte de résultat et sont intégrées dans la masse salariale  ».

    Celle-ci n’a pas bougé entre 2012 et 2013, avec respectivement 104.445 euros et 102.841 euros de «  rémunération du personnel  » et 52.511 et 55.042 euros de «  charges sociales  » (ce qui confirme l’absence de rupture conventionnelle homologuée, les indemnités dans ce cas n’étant pas soumises à cotisations sociales). Or le successeur de Thierry Lepaon au secrétariat du comité CGT de Normandie est un fonctionnaire et a donc dû à ce titre continuer à être payé par son administration, engendrant autant d’économies pour le comité régional.

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  • Le paon fait la roue
    Le hasard fait le reste
    Dieu s’assoit dedans
    Et l’homme le pousse

    Jacques Prévert

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  • La presse qui ne tarit pas d’informations scandaleuse sur Lepaon se garde de signaler les scandales principaux : avoir bradé la lutte des Moulinex, avoir préparé la privatisation de la SNCF avec son rapport au CESE, avoir cassé la dernière grève...

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    • Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de PSA et porte-parole de Lutte ouvrière, déclare sur RTL : "Là aujourd’hui, je n’ai même pas envie de m’adresser à lui. Si j’étais vraiment obligé, je lui dirais que pour le bien de tous les militants d’entreprises, tous les syndiqués, qu’il laisse la place, ça ferait du bien à tout le monde… Je suis comme tous les autres syndiqués : on ne cotise pas au syndicat pour cela… Une puis deux puis trois affaires,’est intenable et écoeurant pour tous les militants d’entreprises qui tous les jours se battent quotidiennement à côté des salariés contre les patrons, qui en bavent, qui sont en première ligne, qui sont dans les tranchées"

      Il est comme la presse scandalisé par les dépenses de Lepaon mais n’a aucun mot pour rappeler que Lepaon a cassé la grève SNCF et qu’il a participé à la préparation de la privatisation du rail.

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  • Lepaon = 110.000 € de prime de départ + 62.000 € pour son bureau + 70.000 € de rénovation de l’appartement + la retraite d’ancien membre du Conseil Economique Social et Environnemental + la paie de secrétaire général

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  • Relevons les récentes déclarations à la presse du secrétaire général affirmant “qu’il n’y a pas d’opposition de principe entre patronat et salariés ” ou celle selon laquelle il y aurait “effectivement un problème de coût du travail dans certaines professions ”... »

    Cela rejoint celles de Lepaon pendant la grève SNCF selon lesquelles il comprenait les usagers en colère et aussi que c’était le moment de reprendre le travail. Sans parler de son fameux rapport selon lequel il fallait privatiser sans amener le cheminot à réaliser ce qui se passer pour éviter qu’il lève son drapeau rouge...

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  • Événement sans précédent à la CGT, depuis lundi, une pétition circule à l’intérieur de la première centrale syndicale française pour réclamer la démission de Tierry Lepaon et de l’ensemble du bureau confédéral. Les signataires du texte dénoncent un « abandon du syndicalisme de lutte de classes » depuis le début des années 90 et plaident pour une réorientation stratégique.

    Anticipant les tentatives d’arrangements au sommet, la pétition proclame qu’ « au risque qu’elles se renouvellent demain, de telles “affaires” ne sauraient se régler à travers la rivalité de clan, ou par les luttes stériles d’appareil, de dirigeants qui ont failli aux responsabilités qui leur avaient été confiées et qui de plus ont fait le choix de vivre totalement en dehors des réalités qui sont celles des travailleurs. »

    Les points sont mis sur les i : « Cette crise ne se résoudra pas en cédant aux pressions d’où qu’elles viennent et pas davantage en procédant simplement à quelques remplacements de personnes ! » Précisant leur pensée, les auteurs de la pétition fustigent le patronat et le gouvernement accusés d’intervenir « directement dans la vie de la CGT (...) en spéculant sur les noms de celles ou ceux qu’ils voient être califes à la place du calife ».

    Et les signataires de la pétition de lister ce qui leur reste en travers de la gorge. Notamment, « les récentes déclarations à la presse du secrétaire général affirmant “qu’il n’y a pas d’opposition de principe entre patronat et salariés ” ou celle selon laquelle il y aurait “effectivement un problème de coût du travail dans certaines professions ”... »

    C’est une certaine conception de syndicalisme, celle des « partenaires sociaux » et du « dialogue social », qui prévaut depuis une vingtaine d’année, qui est ainsi mise sur la sellette. « La “politique contractuelle” est une mascarade », s’insurge Armelle Bruant. « C’est du même tonneau que le lean management appliqué dans toutes les entreprises, du privé comme du public. Une méthode vicieuse qui vise à faire croire aux salariés que leurs intérêts sont les mêmes que ceux des directions. »

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  • Lepaon contre-attaque….

    Thierry Lepaon dit connaître les neuf « traîtres » qui avaient contacté la presse au moment de l’affaire. « J’ai eu affaire à des traîtres dans l’organisation, explique-t-il. Je sais en grande partie quelles sont les neuf personnes qui sont allées, le même jour à la même heure, dans les trois journaux qui ont parlé pendant plusieurs semaines des affaires ».

    Et de préciser qu’il en connaissait « sept parfaitement », les jugeant alors comme « des militants avides de pouvoir et pas très honnêtes ».

    « J’ai pensé pendant de longues semaines à essayer de rester debout, mais le mal, il a été organisé, il a été extrêmement violent, il a été construit sur une durée pour que ça marque les consciences », a-t-il continué sur France Inter.

    L’ex-secrétaire général de la CGT a estimé que celle-ci devait lui « faire justice », en faisant en sorte que « ces camarades-là n’aient plus de responsabilités dans les années qui viennent ».
    Thierry Lepaon publiera en septembre un livre intitulé « La vie continue ».

    Le leader syndical assure n’avoir « pas de comptes à régler avec la CGT » mais il mène activement sa guéguerre !!!

    Et il compte sur la direction de son pote Martinez pour lui « faire justice »…

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  • Le secrétaire général de la CGT était l’invité de France Inter, ce matin lundi 18 janvier (http://www.franceinter.fr/emission-...)

    C’était l’occasion pour Philippe Martinez d’être le porte-parole, non seulement de sa centrale syndicale, mais de traduire également l’immense colère du monde ouvrier, salariés, privés d’emploi, retraités, de leur désespoir face à l’offensive tout azimut, menée conjointement par le Medef et le gouvernement Hollande-Valls-Macron.

    En effet, ceux-ci, main dans la main avec Gattaz, poursuivent d’une manière accélérée le saccage programmé de tous les acquis des luttes menées tout au long du XXe siècle : salaires, conventions collectives, retraites, horaires, prud’hommes, protection sociale, droits des salariés, libertés syndicales, tout le Code du travail y passe.

    C’était l’occasion pour Philippe Martinez de dénoncer la politique mise en œuvre par François Hollande, accélérant la "réformes du marché du travail" au-delà de l’action de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.

    Or, le numéro 1 de la CGT n’a pas trouvé un mot pour dénoncer l’action du président de la République et de ses ministres ! Ce silence atteste du poids pris par des membres du PS au sein de la direction confédérale.

    Les salariés dans les entreprises sont redevenus corvéables à merci, soumis au chantage à l’emploi et contraints à des cadences infernales. Tout cela pour obtenir de leur travail le maximum de dividendes octroyés aux actionnaires.

    Ces derniers peuvent sabler le champagne : les dividendes que ceux-ci touchent sont en hausse constante. En 2014, toujours en hausse par rapport à l’année précédente, ils atteignaient 45 milliards d’euros rien que pour ceux des entreprises du CAC 40, et le chiffre de 2015 devrait être encore supérieur !

    Ce qui représente environs 400 milliards cumulés lors des 10 dernières années...

    C’est pour cet objectif, que pouvoir socialiste et grand patronat font suer le burnous aux salariés et veulent réduire les indemnités aux privés d’emploi et limiter le temps de versement !

    Enfin, la politique programmée de désindustrialisation de notre pays, le bradage des grandes entreprises nationales à l’étranger réduit la France, repliée sur le tourisme industriel, à un statut d’État colonisé.

    Pourtant de tout cela Philippe Martinez n’en a soufflé mot !

    Le secrétaire général de la CGT s’est contenté de réflexions mineures, souvent sur la défensive, avec les mêmes considérations qu’auraient émises les leaders de la CFDT et de FO.

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  • Et maintenant le nouveau secrétaire général de la CGT Martinez, successeur et ami de Lepaon, dirige une grève des cheminots qui ne vise pas à combattre la privatisation mais seulement la dégradation des horaires !!!

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  • Nous écrivions à propos de Lepaon :

    « Quand le nouveau secrétaire général de la CGT est en train de préparer avec la bourgeoisie la manière de faire passer en douce la privatisation de la SNCF »

    On peut en dire autant de son poulain Martinez, avec lequel la CGT prétend mener une grève qui ne dénonce nullement la privatisation mais l’entérine en négociant les horaires du futur secteur privé du rail !!

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