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Dix ans de guerre en Afghanistan : quel bilan ? - Matière et Révolution
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Dix ans de guerre en Afghanistan : quel bilan ?

dimanche 9 octobre 2011, par Robert Paris

Bilan des guerres internationales des grandes puissances au Proche-Orient en dix ans : 225.000 morts et 4.000 milliards de $ de dépenses.

Guerre impérialiste en Afghanistan

Soldats dans l’impasse de la guerre impérialiste

Le 7 octobre 2001, moins d’un mois après les attentats du 11 Septembre aux Etats-Unis, l’US Air Force, l’armée de l’air américaine commençait à bombarder l’Afghanistan.

Aujourd’hui, une décennie après la chute des taliban, les troupes occidentales, fortes de 150.000 hommes, n’ont toujours pas réussi à faire du pays ce qu’ils entendaient en faire, à savoir un pays démocratique, libre où les droits de l’Homme - et de la Femme - soient respectés. Les taliban ne sont pas vaincus et la plupart des Afghans s’affirment déçus, comme cet habitant de Kunduz :

« Comment est-il possible que les plus puissantes nations du monde combattent les taliban sans pouvoir les vaincre ? Pour les Afghans, c’est un véritable mystère ! »

La reconstruction est trop lente dans de nombreuses provinces, se plaignent les Afghans. En outre, quelques groupes de personnes se sont immensément enrichies au cours de ces dix dernières années. La corruption fleurit, alors que plus de sept millions d’Afghans, selon les Nations unies, ont du mal à se nourrir quotidiennement, malgré tous les milliards investis dans le pays. Habibur Rahman, un habitant de Kandahar, ne cache pas sa déception :

« Au début, je pensais que tout s’améliorerait. Tant de promesses ont été faites ! Mais elles n’ont pas été tenues. La situation sécuritaire est aujourd’hui pire qu’avant ! »

Pourtant, les Occidentaux se préparent à quitter le pays. Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen n’y voit plus d’obstacles : « C’est un moment important pour l’Afghanistan. Le processus de transition est sur la voie et il ne déraillera pas. Aujourd’hui, les forces de sécurité afghanes ont le commandement dans sept provinces et districts. Chaque jour, elles augmentent leur capacité d’action. Confrontées déjà à divers dangers, ces forces ont fait preuve de courage, d’efficacité et de détermination. »

La population afghane doute qu’avec le simple départ des troupes étrangères, la paix revienne dans le pays. Malgré les promesses des Occidentaux de ne pas les abandonner à leur sort, la plupart des Afghans craignent que les taliban ne repartent avec succès à la conquête du pouvoir.

Le coût en dollars des guerres en Irak et en Afghanistan pour l’Etat fédéral américain selon l’institut de recherches sur les relations internationales de la Brown ­University. Cela représente entre 40 et 49% de l’augmentation de la dette publique entre 2001 et aujourd’hui.

4792

Le nombre de soldats de la coalition internationale tués en Irak depuis 2003. Les Etats-Unis paient le plus lourd tribut avec 4474 morts et plus de 32 000 blessés. Cela en fait la guerre la plus meurtrière depuis celle du Vietnam. A titre de comparaison, 2698 militaires sont tombés en Afghanistan, dont 1752 GI. Le début de l’année 2011 a été très meurtrier : 403 soldats étrangers sont morts en Afghanistan.

250 000

Difficile d’obtenir des estimations fiables, mais ce serait le nombre de civils blessés en Afghanistan depuis le début de la guerre en 2001. En Irak, le bilan fait état de 10 000 morts et de 130 000 blessés à la mi-2007 selon le New York Times.

47 000

Le nombre de soldats américains toujours déployés en Irak. Fin 2011, il ne restera plus qu’un nombre limité de formateurs.

En Afghanistan, plus de 100 000 militaires américains sont encore mobilisés. Barack Obama a annoncé le retrait d’ici à l’été 2012 du tiers du contingent militaire.

C’est le dixième anniversaire de l’opération militaire "Enduring Freedom" (Liberté immuable) menée par les Etats-Unis et leurs alliés en Afghanistan. Le 7 octobre 2001, un mois à peine après les attentats du 11 septembre, les armées américaines et britanniques avaient débuté leur intervention par des bombardements aériens et des tirs de missiles de croisière et fait tomber, le 13 novembre, le régime des talibans au pouvoir depuis 1996 à Kaboul. Dix ans plus tard, l’opération militaire qui devait entraîner l’élimination d’Al-Qaida et des talibans et la mise en place d’un état stable, démocratique et allié de l’Occident est devenue un véritable bourbier pour les 140 000 soldats de l’Otan. Réfugiés sur le territoire pakistanais, les insurgés se sont réorganisés, faisant des Zones Tribales du Pakistan, à la frontière afghane, le nouvel épicentre du conflit, comme le prédisait déjà le New York Times dans notre dossier spécial "D’un monde à l’autre", paru juste après les frappes américaines le 11 octobre 2001.

Les milliards de dollars d’aide promis pour la reconstruction n’ont pas produit le développement escompté à l’échelle du pays. L’accès aux soins médicaux reste limité. Et sur le front de l’éducation, des écoles ont été construites, mais de nouveaux obstacles ont surgi avec la dégradation des conditions de sécurité surtout dans l’est et dans le sud du pays. Les espoirs conçus dans les premières années de l’intervention étrangère ne se sont pas matérialisés.

Résultat : la stratégie visant à « gagner les coeurs et les esprits » a purement et simplement échoué. Ces dernières années, les civils ont payé un lourd tribut à la guerre, victimes des attentats terroristes, mais aussi trop souvent des opérations menées par les armées étrangères, de plus en plus perçues comme force d’occupation par une partie de l’opinion.

Pour autant, une fraction importante de la population -notamment dans le nord- voit d’un mauvais oeil les tentatives de négociations avec les talibans. Une large majorité de la population admet la nécessité exprimée récemment par Kaboul et Washington de concentrer l’attention sur la frontière pakistanaise.

Le ressentiment de la population vis-à-vis de la coalition s’accroît. Les Afghans reprochent à l’Otan de ne pas les protéger. Le nombre de morts civils a augmenté de 15% durant la première moitié de 2011, alors que 2010 a été l’année la plus meurtrière pour les Afghans depuis l’invasion soviétique. Plus de 2 700 Afghans ont trouvé la mort l’année dernière.

De façon générale, la violence s’étend dans le pays. Les zones considérées comme paisibles sont gagnées par les combats. Selon un rapport de l’ONU, le nombre d’« incidents de sécurité » dans le pays a augmenté de près de 40% sur les huit premiers mois de l’année, comparé à la même période en 2010.

Au niveau national, les perspectives d’un règlement du conflit se sont évanouies après quelques timides ouvertures. L’assassinat le mois dernier de l’ex-président Rabbani, en charge des négociations de paix a gelé le processus.

La majorité de la population est pessimiste quant à l’avenir. Les Afghans s’attendent à ce que la guerre civile reprenne, lorsque les forces étrangères se retireront en 2014. Et beaucoup d’Afghans pensent aujourd’hui à quitter le pays.

En Afghanistan, à la veille du dixième anniversaire de l’intervention militaire, une manifestation a eu lieu à Kaboul ce jeudi 6 octobre. Quelques centaines d’Afghans ont protesté contre la présence des troupes étrangères. La population est pessimiste quant à son avenir et craint que la guerre civile reprenne une fois que la coalition aura quitté le pays. Après dix ans de conflit, la population est extrêmement déçue par les résultats de la présence étrangère. Les progrès en termes de développement semblent secondaires. Et les Afghans s’inquiètent surtout de voir la sécurité se détériorer.

En effet, selon un rapport de l’ONU, le nombre d’ « incidents de sécurité » dans le pays a augmenté de près de 40% sur les huit premiers mois de l’année, comparé à la même période en 2010. La majorité de la population est pessimiste quant à l’avenir. Les Afghans s’attendent à ce que la guerre civile reprenne, lorsque les forces étrangères quitteront le pays.

La situation en Afghanistan en 2011 est-elle pire qu’en 2001 ? Absolument, le bilan militaire est extrêmement négatif. Après la première phase de la guerre, la coalition internationale comptait, début 2002, 7.000 soldats étrangers. Aujourd’hui, nous en sommes à 140.000, sans compter les forces auxiliaires des sociétés privées. En 2002, 70 soldats sont morts. L’an dernier, il y en a eu 710. Cela montre qu’au fur et à mesure, les Etats-Unis et leurs alliés sont confrontés à une résistance des talibans à laquelle il ne s’attendait pas. Les talibans sont beaucoup plus présents géographiquement qu’il y a dix ans. Ils contrôlent 75% du territoire afghan et ont les moyens de frapper Kaboul. Plusieurs attentats le prouvent. L’Otan a donc échoué. Le seul succès à noter, c’est qu’Al-Qaïda – qu’il ne faut pas confondre avec les talibans – est plus affaiblie qu’auparavant. Mais c’est un aspect à relativiser : le réseau s’est en fait renforcé dans les zones tribales pakistanaises.

Le bilan des objectifs humanitaires est-il plus favorable ? Là encore, l’échec est patent. Il y a certes plus d’écoles ou de dispensaires de santé qu’en 2001. Mais le résultat est très loin de l’attente de la population et des promesses des forces étrangères. Par exemple, le taux d’analphabètes est toujours de 70%. "Karzaï a renoncé à la négociation"

Ce constat d’échec est-il aussi celui du président afghan, Hamid Karzaï, installé au pouvoir en 2001 ? Evidemment, puisqu’il n’a pas de réel pouvoir. Il est au pouvoir sur la simple volonté de la communauté internationale. Le problème est que les aides financières, qui sont conséquentes, n’améliorent pas la situation. Les Afghans, surtout de Kaboul, se demandent où passe cette somme. La corruption, qui touche même le sommet de l’Etat, joue un rôle important.

En cas de désengagement international, le régime afghan sera-t-il obligé de négocier avec les talibans ? Karzaï a déjà négocié avec les talibans. Il ne cesse de dire qu’il veut se réconcilier avec eux. A partir de 2009, le principe de négociation était même un élément important de la résolution du conflit. En revanche, depuis l’assassinat le 20 septembre de l’ancien président afghan Rabbani, et sous la pression d’une partie de son gouvernement, il a renoncé à la négociation. Mais je pense que ce ne sera qu’une parenthèse. Un autre souci dans la résolution du conflit porte sur le rôle du Pakistan, devenu un acteur clé de la région. Or, la relation entre Kaboul et Islamabad est également en crise. "Les talibans peuvent reprendre Kaboul, pas le pouvoir"

Le retour des talibans au pouvoir est-il inévitable ? Les Etats-Unis dépensent un milliard de dollars par mois pour préparer l’armée afghane à leur succession. Malgré cela, personne ne croit que l’armée peut prendre la suite de l’Otan. Pour autant, je ne crois pas que le retour des talibans est inévitable. Sous le commandement de l’Otan, la guerre est devenue civile, dans une population où l’appartenance ethnique est importante. Certaines ethnies ne veulent pas du tout négocier avec les talibans. Sincèrement, je ne sais pas ce qu’il se passera en cas de désengagement étranger en 2014. Si les talibans peuvent reprendre Kaboul, cela ne signifie pas qu’ils reprendront le pouvoir. C’est la même chose que les Américains en 2001 : ils ont renversé le régime taliban mais n’ont pas contrôlé le pays. Cela ne signifiera pas que la guerre est terminée.

La capture ou la mort du Mollah Omar, le chef suprême des talibans, pourra-t-elle déstabiliser les talibans ? Cela ne changera rien. Le réseau est structuré et bien en place. Est-ce que la mort de Ben Laden a changé quoi que ce soit pour Al-Qaïda ? Rien du tout.

Aujourd’hui, les talibans sont-ils différents de ceux qui étaient au pouvoir en 2001 ? Ils se sont davantage radicalisés. Les attentats n’existaient pas il y a dix ans. Dans les zones tribales, il n’y avait pas non plus des talibans pakistanais. Tout ceci n’est que la conséquence de la guerre afghane.

Afghanistan, crimes et méfaits capitalistes

Les raisons et les buts de l’intervention militaire

Les Etats-Unis ne pouvaient laisser passer les attentats du 11 septembre, cette gifle magistrale à la première puissance mondiale, cette « première attaque étrangère sur le sol américain depuis deux siècles », sans punir le ou les coupables. Au besoin ces coupables, faute de les trouver ou de les connaître, ils les auraient désignés arbitrairement, comme il en fut question un moment quand l’administration américaine envisagea sérieusement semble-t-il d’attaquer l’Irak, plutôt que l’Afghanistan ou en même temps que l’Afghanistan.

Mais cela fait des années que les avions américains et anglais bombardent l’Irak. L’Afghanistan, cible nouvelle, avait donc plus de chance de frapper les imaginations. Le pays était censé abriter Oussama Ben Laden et son état-major, dénoncés tout de suite comme les responsables des attentats. Le pays donnait l’occasion de remettre les pieds au Pakistan voisin avec qui les Etats-Unis étaient en froid depuis quelques temps, ou de se poser enfin dans ces Etats asiatiques issus de l’effondrement de l’URSS et toujours plus ou moins protectorats russes. Pour terrifier le monde

Pour restaurer l’image de la super-puissance américaine et le mythe de son invulnérabilité, sérieusement mis à mal par les attentats du 11 septembre, il y avait urgence à effacer cette impression détestable. Les talibans ont donc payé la note. Non pour le régime abominable qu’ils avaient instauré en Afghanistan, non pour leur invraisemblable oppression des femmes et des hommes de ce pays, mais parce qu’il fallait bien qu’un rebelle quelconque au nouvel ordre mondial, réel ou supposé, soit châtié. Pour servir de leçon à tous ceux à qui pourrait venir l’idée de ne pas accepter cet ordre, peuple, gouvernement ou classe dirigeante. L’Afghanistan a été bombardé pour l’exemple comme en d’autre temps d’autres furent fusillés pour l’exemple.

Le pire évidemment, c’est que la population compte ses morts et voit ses maisons détruites, tout autant que le mollah Omar et ses compagnons. Mais la leçon qu’entend donner l’impérialisme américain vaut encore plus pour les peuples que pour leurs gouvernants.

L’ironie de l’histoire, et ce que les talibans eux-mêmes ont dû trouver saumâtre, c’est qu’ils ne se comptaient pas parmi les plus farouches ennemis des Etats-Unis. Non seulement ils avaient été mis en selle par les services secrets pakistanais avec la bénédiction de l’impérialisme, mais pendant les six ans de leur règne sur la majeure partie du pays, ils ont négocié soit directement avec l’administration américaine soit avec les trusts pétroliers américains. A côté de l’appui qu’ils étaient prêts à fournir à ces derniers pour l’exploitation et l’exportation du pétrole de la Caspienne, ils pouvaient penser qu’aux yeux de Washington la lapidation de quelques dizaines de femmes adultères ou la destruction des bouddhas de Bamiyan, ou même l’hospitalité accordée à Ben Laden, n’étaient que peccadilles. Et c’était bien pris pour tel, en effet ! Jusqu’à ce que le gouvernement des Etats-Unis ait besoin de trouver quelqu’un sur qui frapper.

Jusqu’au dernier moment d’ailleurs les talibans se sont montrés bien conciliants. Car après tout, leur demande de preuves (jamais fournies par les autorités américaines) de la culpabilité de Ben Laden n’avait rien d’exorbitant. En d’autres lieux et pour d’autres partenaires, c’est admis comme règle normale. Appliquée par tous les Etats, y compris les Etats-Unis dans les relations internationales. Mais appliquer en l’occurrence le sacro-saint droit international, aussi injuste soit-il pourtant, aurait été de la part des Etats-Unis une preuve de faiblesse. Et c’est de leur force qu’ils voulaient faire preuve. Que personne n’en doute et que le monde entier la redoute ! Ou le mettre à sa botte

Passés les premiers moments de panique de leur président, apparue sur tous les écrans du monde, les gouvernants américains n’ont pas été longs à comprendre le parti qu’ils pouvaient - pourquoi pas ? - tirer des destructions du World Trade Center et l’extraordinaire prétexte que Ben Laden leur fournissait. Puisque c’était donc lui ! Tellement évident que même aux Etats-Unis, certains se sont demandés si l’administration ou des services comme la CIA ou le FBI, indépendamment de leur visible incompétence, n’auraient pas laissé faire volontairement.

Prétexte, sur le plan intérieur, pour donner colonne vertébrale sinon cerveau au président Bush, jusque-là déconsidéré par une élection « à la sauvette » et des qualités intellectuelles bien cachées. Prétexte surtout pour ressouder la population derrière lui, fouetter le patriotisme et faire passer plus facilement une politique de sacrifices pour les travailleurs et les pauvres, de subventions colossales pour les capitalistes. Dans une période où la récession économique faisait durement ressentir ses effets sur le plan social, notamment au travers de plans de licenciements massifs.

Prétexte sur le plan international, pour sommer le monde entier de choisir son camp, ou plutôt de ne donner à personne d’autre choix que celui du camp des Etats-Unis. Ce que le monde entier à fait d’ailleurs, des impérialismes européens de seconde zone à tous les Etats (à l’exception de l’Irak) qualifiés de « voyous » par les Etats-Unis. En passant par la Chine et la Russie. Sans oublier tous les Etats du monde musulman, y compris ceux qui se réclament de près ou de loin de l’islamisme, Pakistan, Soudan, Arabie Saoudite enfin dont, semble-t-il, bon nombre de membres de la classe régnante gardaient et gardent encore des liens politiques et financiers, non seulement avec les talibans mais avec Ben Laden lui-même.

Bon gré, mal gré, avec ou sans réserves exprimées, parfois en rechignant et en maugréant, le ralliement a donc été quasi-général. Sa durée dépend maintenant sans doute du succès de l’opération, et du fait que les Américains infligent ou non une punition exemplaire et terrifiante à Ben Laden, aux talibans (même s’ils ne sont peut-être pas pour grand chose dans les agissements de celui-ci) et au peuple afghan (qui lui n’y est pour rien du tout mais est de toute manière le plus durement touché).

Autant de raisons, en plus de notre solidarité avec la population afghane, de souhaiter (à défaut d’y contribuer) l’échec de l’intervention impérialiste et même sa défaite. Certes celle-ci aurait toutes les chances, en l’absence de mouvements révolutionnaires, de profiter à d’autres forces réactionnaires - partis islamistes dans le monde musulman, dictatures nationalistes ailleurs, extrême droite dans les pays occidentaux - tout aussi ennemies des pauvres et des travailleurs que les représentants actuels de l’impérialisme. Mais un succès de celui-ci qui semblerait démontrer sa toute puissance et sa capacité à imposer sa police partout et sur tous serait quand même encore pire que la survie de Ben Laden ou du régime taliban.

Les raisons et les buts d’une intervention militaire internationale

13 Messages de forum

  • Afin de pouvoir affirmer que les États-Unis n’ont plus de troupes en Afghanistan en 2014, le Pentagone pourrait transférer ses troupes spéciales sous le contrôle de la CIA. Ainsi, elles deviendraient des espions, selon un article d’AP citant deux représentants anonymes du Pentagone. Les militaires, tels que les SEALs et d’autres unités, changeraient seulement de titre puisqu’ils « continueraient à cibler des militants dans des raids conjoints et à former les forces afghanes pour qu’elles puissent être autonomes », selon AP. (Kimberly Dozier, Pentagon may put special ops in Afghanistan under CIA control to meet 2014 pullout deadline, 3 mars 2012) Le porte-parole du Pentagone a nié que de tels plans étaient envisagés. Certains commandants, note AP, « veulent que leurs unités demeurent autonomes afin de garder leurs troupes dans le cadre légal du département de la Défense ».Ce plan de la Défense pourrait avoir un lien avec un article récent paru dans le Stars and Stripes, un média du département de la Défense des États-Unis, indiquant que le Pentagone se prépare à « déployer des troupes d’opérations spéciales dans le monde entier au moment où l’on diminue le nombre d’opérations militaires traditionnelles ».AP ajoute :Une guerre menée par la CIA signifierait que le public étasunien ne serait pas informé du financement des opérations comme cela se fait dans le cas d’une guerre traditionnelle. La supervision reviendrait à la Maison-Blanche, à de hauts dirigeants du renseignement et à quelques comités du Congrès. (Ibid.) Le véritable montant alloué à la guerre serait plus facile à dissimuler advenant ce manque de supervision du public sur le financement. Bref, s’il était mis en oeuvre, ce plan dissimulerait aux Étasuniens le nombre de troupes déployées ainsi que le financement réel des guerres.

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  • Bilan : les forces alliées impérialistes négocient le retour au pouvoir des Talibans....

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  • Si le pouvoir laisse pourrir la situation ou répond par la manière forte, la voie semblera encore un peu plus dégagée pour une dislocation de fait du territoire irakien en trois entités principales.

    Au nord, ce qui retient le plus les Kurdes de proclamer leur indépendance formelle est sans doute l’absence de soutien international. A l’ouest et au centre, les provinces sunnites vont poursuivre leur radicalisation contre Bagdad, encouragées peut-être en cela par les gains politiques et militaires des rebelles en Syrie. Au sud, les régions chiites pourraient constituer un mini-Etat satellite de l’Iran.

    Mais Nouri al-Maliki peut aussi choisir l’ouverture, s’il sent que son renversement se rapproche. Car on peut imaginer que les Iraniens eux-mêmes seraient capables de miser sur un autre cheval pour préserver leurs intérêts. Les alternatives ne sont toutefois pas évidentes. En outre, même le départ de Maliki, qui est du genre coriace et manœuvrier, a peu de chances de mettre un terme définitif aux tensions dans le pays.

    En fait, l’atout-maître de l’Irak, c’est son pétrole. Le pays a virtuellement les moyens de se payer un bel avenir. Le problème est que ce pétrole est aussi un enjeu de pouvoir majeur pour tous les acteurs, locaux et internationaux. Si jamais le pays replonge dans la guerre civile, l’avantage qu’il procure se transformerait en menace mortelle pour l’Irak unitaire.

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  • Des insurgés ont attaqué une base des forces américaines en Afghanistan près de la frontière avec le Pakistan, lundi, forçant la fermeture d’une importante route d’approvisionnement empruntée par les camions de l’OTAN, ont déclaré des responsables. Au moins trois personnes, apparemment tous des assaillants, ont été tuées.

    L’armée US se retire en ordre ou en débandade ?

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  • Après douze ans de guerre aux talibans et à al-Qaida, le rétablissement de la lapidation est un signe de plus de l’échec de Karzaï et de l’Occident.

    Si, avant la fin décembre, le président Hamid Karzaï n’a pas signé l’accord de sécurité à long terme que lui propose Barack Obama, les 75 000 derniers soldats, pour l’essentiel américains, qui tentent de maintenir un semblant de sécurité en Afghanistan repartiront avec armes et bagages. Sans laisser derrière eux, outre 4 milliards de dollars de dotation annuelle, les 15 000 militaires étrangers prévus par l’accord afin d’aider l’armée afghane à lutter contre les terroristes et surtout à continuer la formation et l’entraînement des soldats locaux.

    Or, après en avoir accepté le principe, Hamid Karzaï, président finissant puisque son mandat s’achève en avril, avance maintenant des conditions à sa signature : notamment la libération des 17 derniers prisonniers de Guantánamo et l’engagement par les soldats étrangers de ne plus perquisitionner dans les maisons afghanes "sans y avoir été invités".

    En réalité, le président que les Américains avaient choisi il y a douze ans presque jour pour jour à la conférence de Petersberg, et dont ils ont réussi à imposer la candidature et la réélection, termine son dernier mandat en confirmant que c’était un choix exécrable que de le distinguer parmi ses pairs. Tant il se sera révélé presque aussi corrompu que son frère Ahmed, trafiquant de drogue notoire, assassiné à Kandahar en 2011. Et d’une faiblesse insigne qu’il a longtemps fait passer pour de la ruse ou de la manipulation. En fait, Karzaï, en dépit du soutien constant que lui a prodigué la Maison-Blanche, n’aura jamais cherché à faire évoluer son pays, ni à lui faire abandonner ses démons qui en font toujours l’un des principaux fournisseurs de narco-trafiquants.

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  • Plusieurs experts contestent le bilan optimiste de l’opération britannique en Afghanistan dressé par le premier ministre.

    « Mission accomplie », avait proclamé David Cameron en visite auprès des troupes britanniques en Afghanistan, quelques jours avant Noël. Alors que les 5200 soldats de Sa Majesté encore présents sur place doivent rentrer avant la fin de l’année, des experts militaires contestent ce bilan optimiste.

    L’ex-commandant des troupes d’élites SAS (Special Air Service) Richard Williams s’alarme d’une coopération croissante entre soldats afghans et insurgés talibans dans des régions sous contrôle des troupes internationales de l’Otan. « Je serais très surpris si le futur gouverneur de la province du Helmand désigné en juillet ou en août ne soit pas lié à ceux que nous appelons les talibans, déclare-t-il dans le Times. Nous allons nous trouver dans une position très inconfortable où les gens diront : nous avons perdu près de 500 soldats, la plupart dans le Helmand, et au bout du compte, nous avons rendu le Helmand à un gouverneur proche des talibans. »

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  • Le nombre de victimes civiles du conflit en Afghanistan a augmenté de 14% en 2013 et connu une hausse "alarmante" chez les femmes et les enfants, a annoncé samedi l’ONU, une escalade préoccupante à l’approche du retrait du pays de la force de l’Otan.

    L’an dernier, le conflit afghan, qui oppose les insurgés talibans, chassés du pouvoir en 2001, aux forces gouvernementales afghanes et à une coalition internationale, a fait 2.959 morts ("7% par rapport à 2012) et 5.656 blessés ("17%) parmi les civils, selon le rapport annuel de la mission de l’ONU en Afghanistan (Unama).

    Quelque 74% des victimes sont la conséquence directe des opérations menées par les rebelles, qui ont gagné du terrain ces dernières années.

    "L’escalade du nombre de civils tués ou blessés en 2013 va à rebours du déclin enregistré en 2012", regrette l’Unama, soulignant que le nombre de morts en 2013 se rapproche du record de 2011 (3.133 morts).

    Des civils tués par les "tirs croisés"

    Cette augmentation découle notamment d’un "changement de dynamique" dans le conflit dû au désengagement progressif de la Force internationale de l’Otan en Afghanistan (Isaf), qui, en 2013, a achevé de transférer la responsabilité de la sécurité du pays à des forces afghanes certes conséquentes (350.000 hommes) mais fragiles et sous-équipées.

    "La fermeture de bases militaires internationales et la réduction des opérations aériennes et terrestres de l’Isaf (...) ont donné aux forces antigouvernementales davantage de mobilité et de capacité dans certaines zones pour attaquer les forces afghanes, plus impliquées et exposées que les années précédentes", souligne l’Unama.

    "Plus d’affrontements au sol implique plus de civils tués ou blessés (...) par des tirs croisés", souligne le chef de la mission de l’ONU en Afghanistan (Unama), Jan Kubis, dans un communiqué.

    Réagissant à la publication du rapport, le porte-parole du ministère de la Défense afghan, Zahir Azimi, a reconnu que les victimes civiles était un "motif d’inquiétude", tout en assurant que les forces afghanes avaient "pour consigne d’éviter les combats dans les zones civiles".

    L’Isaf a estimé de son côté que la hausse du nombre de victimes civiles illustrait le "mépris continu des talibans pour la vie humaine".

    L’impact croissant du conflit afghan sur les populations civiles soulève des interrogations quant à la capacité des forces afghanes à assurer la sécurité du pays alors que la cinquantaine de milliers de soldats de l’Otan doit se retirer d’Afghanistan d’ici à la fin de l’année.

    Sans l’appui de l’Otan, les forces afghanes risquent d’être entraînées "dans des affrontements sanglants (...) qui causeront de plus en plus de victimes civiles", a estimé l’analyste Atiqullah Amarkhail, un ancien général.

    L’armée afghane pourrait toutefois continuer à bénéficier d’un soutien occidental après 2014 si Kaboul et Washington parviennent à se mettre d’accord sur un traité bilatéral de sécurité (BSA), qui ouvrirait la voie au maintien d’environ 10.000 soldats américains sur le sol afghan.

    Attaques contre la campagne présidentielle

    Mais le président afghan Hamid Karzaï a subordonné la signature de cet accord au lancement effectif d’un processus de paix avec les insurgés talibans, actuellement dans l’impasse.

    La mission de l’ONU s’inquiète par ailleurs dans son rapport de la hausse "alarmante" du nombre de victimes parmi les femmes ("36% par rapport à 2012) et les enfants ("34%), qui atteignent des proportions plus vues depuis 2009.

    "La triste réalité, c’est que la plupart des femmes et des enfants sont tués ou blessés dans leur vie quotidienne, chez eux, sur le chemin de l’école, lorsqu’ils travaillent dans les champs", explique Georgette Gagnon, une responsable de l’Unama chargée des droits de l’homme.

    Le rapport souligne que les engins explosifs artisanaux, un des armes de prédilection des talibans, restent en 2013 à l’origine du plus grand nombre de victimes civiles (34%). Ces bombes ont fait 962 morts et 1.928 blessés l’an dernier.

    L’Unama s’inquiète également des violences visant l’élection présidentielle en Afghanistan, dont le premier tour est prévu le 5 avril. L’ONU a recensé 25 attaques qui ont coûté la vie à quatre civils en 2013.

    Ces problèmes de sécurité risquent d’affecter "la participation des civils" au scrutin à venir, prévient l’Unama.

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  • Les forces américaines ont tué des milliers de civils afghans sans être poursuivies ni avoir donné des compensations à leurs familles, dénonce lundi Amnesty international dans un rapport cinglant à quelques mois du départ de l’Otan du pays.

    L’organisation de défense des droits de l’Homme dit y avoir rassemblé des preuves "de l’échec profond du système de justice américain" qui "cimente une culture de l’impunité" pour ses troupes qui ont tué des civils en Afghanistan, où elles sont déployées depuis la chute du régime des talibans à la fin 2001.

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  • Selon l’ONU, qui vient de publier son dernier rapport, le conflit afghan continue de faire de plus en plus de victimes civiles en 2014. En cause, l’intensification des combats au sol alors que l’Otan se préparait à retirer ses troupes du pays. Ces combats seraient à l’origine de cette hausse de 22 % du nombre de tués, par rapport à 2013.

    Ainsi, au total, la mission des Nations unies en Afghanistan (Unama) a relevé 10 548 victimes du conflit (tuées ou blessées). Dans le détail, la mission dénombre, en 2014, 3 699 morts (+25% par rapport à 2013) et 6 849 blessés (+21%).

    Les femmes et les enfants ont été, l’an passé, encore plus largement touchés que les années précédentes, avec une hausse de 40% des enfants victimes (714 tués et 1 760 blessés) et une augmentation de 21% pour les femmes (298 tuées, 611 blessées).

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  • Les USA viennent de bombarder l’hôpital de MSF à Kunduz !!!

    C’est beau la guerre impérialiste : de temps en temps un mariage bombardé, de temps en temps un hôpital et toujours des civils...

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  • La tentative de la CPI, cour pénale internationale, d’inculper les forces armées américaines pour des crimes de masse commis en Afghanistan et notamment des tortures, est évidemment vouée à l’échec, notamment parce que les USA ne reconnaissent tout simplement pas la CPI ! Cela rappelle en tout cas que la CPI n’a jamais condamné aucun crime commis par une puissance impérialiste, à commencer par la France au Rwanda et les USA en Irak et en Afghanistan !!!

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  • Le mythe de la « guerre pour la paix » est plus mort que jamais en Afghanistan avec, cette année, le record du nombre de morts civils : 11.500 !!!

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  • La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan publie son nouveau rapport annuel. Etabli sur les résultats de l’année 2016, il révèle un nouveau record depuis 2009 du nombre de civils victimes du conflit afghan : 11 500 victimes. 3500 morts, plus de 7900 blessés. Un tiers sont des enfants, soit 24% de plus qu’en 2015. Une triste tendance qui ne cesse de s’accentuer

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