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Hollande en Algérie : je vous ai compris - Matière et Révolution
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Hollande en Algérie : je vous ai compris

vendredi 21 décembre 2012, par Robert Paris

Hollande en Algérie : je vous ai compris

Le président « socialiste » français, en regrettant la guerre d’Algérie devant le parlement algérien, a-t-il racheté les actes de la gauche française qui avait lancé la guerre d’Algérie en 1956 avec Guy Mollet et son front de gauche, élu pour faire la paix en Algérie et qui y avait envoyé le contingent, ou avec François Mitterrand pour qui « la seule négociation avec le peuple algérien, c’est la guerre » et qui avait rappelé des hauts cadres militaires d’Indochine parce qu’Ils étaient spécialistes de la torture ? Les bonnes âmes, françaises ou algériennes, ont eu envie de le croire…

Lire ici : 1956, la gauche française, élue sur le programme de paix en Algérie, lance une nouvelle guerre coloniale

A écouter la presse, on pourrait penser que la page est tournée et que la gauche française n’est plus la même avec Hollande qui n’aurait pas peur de reconnaître erreurs et crimes passés. Comme on aime ce type de remarques d’une encourageante bonne foi qui crédite la France et ses dirigeants de beaucoup de courage et de capacité. Cela fait tellement de bien d’être dans une telle démocratie capable de se retourner sur son passé et d’en tirer les leçons même les plus dures pour aller de l’avant vers un avenir meilleur. Seulement, c’est du baratin pour enfants de cœur.

Hollande aurait reconnu les crimes de la France en Algérie ? Non ! Il a reconnu les crimes du colonialisme, ce qui est très différent !

Le colonialisme, voyez-vous, cela a un avantage : personne en France ne se sent accusé…

On peut mettre autant qu’on veut le colonialisme au pilori. Qui c’est le colonialisme ? Il s’appelle comment ? Il a des descendants ? Il a des affaires ? Il a des banques ? Des trusts ? Aucune grande famille française ne s’appelle colonialisme !

Il a passé de l’eau sous les ponts depuis le… colonialisme. Il y a eu le néo-colonialisme et la françafrique et maintenant le monde multipolaire. C’est l’Algérie maintenant qui prête au FMI, qui investit à Aulnay et qui construit sa propre usine Renault.

Dans ces conditions, dénoncer le colonialisme, c’est aussi courageux que de dénoncer les crimes des barbares burgondes ! C’est vieux…

Bien sûr, cela aurait été autre chose si Hollande – et, bien entendu, nous ne le disons pas pour demander à un président normal de la bourgeoisie un tel acte contre nature – avait déclaré :

- je reconnais les crimes de l’Etat français

- j’admets que l’armée française a commis des atrocités

- je témoigne que, pour faire les affaires de la bourgeoisie française, on a torturé et massacré tout un peuple

- j’affirme que plus jamais la France ne cautionnera le vol des richesses du peuple algérien ni n’aidera la dictature en faveur de ce vol en Algérie

Comme on le voit ce type de déclaration ne risquait pas de venir dans sa bouche, lui qui a déclaré ne vouloir transmettre au peuple algérien ni regrets ni repentance ni excuses… Ce n’est même pas la « paix des braves » de De Gaulle.

Heureusement qu’Hollande n’a pas dit tout ce que nous venons de lui mettre malhonnêtement dans la bouche car nous aurions fait mentir un adage de Lénine dans « L’Etat et la révolution » selon lequel l’Etat bourgeois sera toujours une bande d’hommes en armes prête à tous les crimes dans l’intérêt des classes dirigeantes. Et, comme vous le savez, nous on aime bien Lénine…

Merci Hollande donc. Tu nous as bien fait plaisir en rappelant que le rôle du chef de l’Etat n’est que dans l’enrobage et dans l’enfumage et que cela nécessite un certain professionnalisme d’énarque.

Choqué des massacres de la France en Algérie, le Hollande qui a cautionné le génocide rwandais, les guerres permanentes de la France au Tchad, celle de Côte d’Ivoire, qui glorifie celle d’Afghanistan, qui vient de se réclamer du massacreur Clemenceau le 11 novembre et, du colonialiste Jules Ferry le jour de son intronisation ? Certainement pas !

Eh oui, n’en déplaise aux petits français bien démocratiques qui ne savent pas que la France a organisé le génocide rwandais sous Mitterrand, le petit copain d’Hollande, l’Etat français est resté le même depuis la guerre d’Algérie, cette machine à tuer et à torturer dans l’intérêt des classes dirigeantes.

Hollande ne s’est nullement indigné quand des militaires français ont écopé de sursis devant la justice française alors qu’il a été reconnu qu’ils ont tué sciemment un civil jeune ivoirien lors de leur intervention militaire en Côte d’Ivoire…

Non ! Tuer, torturer, écraser les peuples n’est pas une phase ancienne appelée le colonialisme, mais une phase encore un petit peu actuelle appelée capitalisme !

Merci Hollande d’avoir rappelé qu’un homme politique ne mérite le pouvoir de la bourgeoisie que s’il sait faire prendre au peuple les intérêts des classes dirigeantes pour les siens propres.

Quant à l’avenir commun et heureux de la jeunesse (française et algérienne) qu’il s’est permis d’évoquer en parlant d’espoir, on le connaît des deux côtés de la Méditerranée : c’est les contrats d’avenir c’est-à-dire la précarité à vie pour les uns et l’immigration en France vantée par Hollande pour les jeunes algériens qu’il a affirmé devenir pour eux meilleure en qualité mais pas en quantité. Traduisez : il y aura le même Valls pour eux qui les enverra dans les mêmes centres de rétention mais on y tiendra surement un discours particulier aux algériens pour les remercier du sacrifices de leurs parents… et aussi des richesses du gaz et du pétrole algérien qui irriguent les affaires de la bourgeoisie française. Sans parler des investissements de la bourgeoisie algérienne occulte liée aux généraux qui s’investissent plus en France qu’en Algérie.

Quant à l’amitié de Hollande pour le peuple algérien, on remarquera qu’elle s’exerce toujours dans le même sens que celle de ses prédécesseurs : vers les dictateurs du pays qui servent si bien les intérêts de l’impérialisme.

La France les a toujours soutenus, cachant les crimes du régime algérien durant la « sale guerre » des années 1990 notamment durant laquelle il s’est comporté de manière fasciste contre son propre peuple.

N’oublions pas que c’est l’Etat français qui a sauvé le régime algérien au bord du gouffre en octobre 1988 devant l’explosion ouvrière en lui ouvrant en grand ses coffres pour donner momentanément satisfaction aux revendications ouvrières et faire taire la révolte qui montait tout en torturant la jeunesse dans les casernes…

Et gageons que Hollande le referait… au nom de la solidarité entre bourgeoisies et entre Etats c’est-à-dire entre assassins galonnés du capitalisme !

En tout cas, les peuples algériens et français comme leurs jeunesses sont toujours des victimes du même impérialisme français et ce n’est pas un Hollande qui changera cela puisqu’il est au contraire en place pour le mettre en oeuvre...

Ce n’est pas seulement en Algérie mais au Mali, en Syrie et partout ailleurs qu’Hollande est prêt à recommencer les horreurs de la guerre d’Algérie !

La suite

Son prédécesseur Mitterrand en Algérie

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