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Matière et Révolution
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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l’homme et de la société Ce site est complémentaire de http://www.matierevolution.fr/

Introduction du site

5 avril 2009, par Robert Paris, Tiekoura Levi Hamed

Prolétaires du monde, sauvons nous nous-mêmes !


LA VOIX DES TRAVAILLEURS FAIT ICI LE BILAN DE LA RÉUNION PUBLIQUE QU’IL A COORGANISÉE AVEC DES GROUPES DE L’EXTRÊME GAUCHE RÉVOLUTIONNAIRE LE SAMEDI 12 OCTOBRE DE 14H A 17H A LA BOURSE DU TRAVAIL DE PARIS


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Contribution au débat sur la philosophie dialectique du mode de formation et de transformation de la matière, de la vie, de l’homme et de la société

Le travail que nous diffusons ici est incomplet et inachevé, dans sa conception comme dans sa rédaction. Cependant, l’ampleur du sujet, la longueur du travail nécessaire, justifie de mettre ce texte en circulation sans tarder. Il sera progressivement complété et corrigé. Le sujet, la révolution, n’est pas un thème si courant, y compris dans le pays souvent présenté comme celui de la Révolution française. Depuis le stalinisme, le maoïsme et les diverses « versions » prétendues du socialisme et du communisme, la signification de la révolution sociale s’est perdue ou a été faussée. Si, pour bien des travailleurs, leur classe se bat pour l’emploi ou le salaire, ils ne se voient pas comme la classe opprimée la plus puissante de l’Histoire, capable, à l’échelle internationale, de libérer l’humanité de l’oppression et de l’exploitation. Il ne faut pas concevoir ce mouvement de la conscience de classe comme un recul linéaire. De même qu’il ne faut pas interpréter le mouvement qui s’est manifesté de Marx à Lénine et Trotsky, ou de la Commune de Paris de 1871 à la révolution en Russie en 1917 et en Europe en 1918-1920, comme une montée continue. Le mouvement de l’Histoire, celui des luttes, celui de la conscience de classe, celui de l’organisation de classe, ces trois mouvements qui ne sont d’ailleurs pas similaires, ne suivent pas un cours graduel, mais connaissent des sauts brutaux. Et, parfois aussi, des chutes brutales. Aujourd’hui, suite au recul des illusions dans la social-démocratie (au service du grand capital depuis la première guerre mondiale), dans le stalinisme (principale force anti-communiste depuis 1925), et dans les nationalismes du tiers-monde (venus au pouvoir depuis la deuxième guerre mondiale), un nouveau cycle semble se profiler. Les illusions sur le capitalisme sont également retombées (même dans les Pays de l’Est), et un nouvel anticapitalisme semble en train de renaître dans une nouvelle génération de la classe ouvrière mondiale. Cela ne veut pas dire qu’une nouvelle compréhension du monde naîtra directement et spontanément, car de nouvelles tromperies peuvent très bien remplacer les anciennes. L’anticapitalisme, à la mode aujourd’hui, est un mouvement composite qui ne développe pas une conscience claire de la nécessité de renverser définitivement le capitalisme et de le remplacer par le pouvoir des travailleurs. Ce courant ne permet pas non plus une avancée dans la compréhension du rôle de l’Etat bourgeois, étant donné qu’il professe une défense de la démocratie citoyenne qui reste dans le cadre bourgeois. Pas question par exemple pour les anticapitalistes, et encore moins pour les altermondialistes, de destruction de l’Etat bourgeois, et surtout pas d’idée de mise en place d’un pouvoir aux travailleurs. La question de la propriété privée des grands moyens de production n’est nullement envisagée. On constate ainsi que, sous de nouvelles couleurs et de nouvelles formes, il est très possible de donner à la critique du capitalisme un caractère fondamentalement réformiste, c’est-à-dire visant au sauvetage du capitalisme en le rendant acceptable aux masses opprimées. Les idées de « développement durable », d’altermondialisme, de « décroissance », de « défense de la planète » sont de nouveaux moyens de détourner de la lutte des classes en prétendant que tous les hommes sont responsables des destructions, causées par le grand capital. Le capitalisme « éthique », « durable », « écologique », « solidaire », « régulé », l’alter-capitalisme en somme, n’est qu’une nouvelle forme de l’illusion réformiste qui refuse de prendre en compte le fondement de classe du capitalisme et sa conséquence : la nécessité pour les exploités de renverser ce système. De nouveaux types de réformismes, de nationalismes, de stalinismes, d’intégrismes religieux ou d’autres idéologies réactionnaires peuvent apparaître, détournant à nouveau les mouvements sociaux. Il n’y aura pas de naissance purement spontanée d’une nouvelle analyse critique du système. Et cela se déroule à un moment où une nouvelle crise du capitalisme se profile à l’horizon, grosse de nouveaux sacrifices pour les opprimés mais grosse aussi de nouvelles révolutions, c’est-à-dire de nouvelles potentialités d’en finir définitivement avec l’exploitation de l’homme par l’homme.

Il est d’autant plus important de repenser (c’est-à-dire de reconstruire) ce que signifient véritablement le socialisme et la révolution, dans le monde d’aujourd’hui. Pendant de trop longues années, les révolutionnaires eux-mêmes, en panne de révolutions, se sont tournés vers des luttes armées (guérillas n’ayant rien à voir avec l’action du prolétariat), vers des formes non classistes de contestation (altermondialisme, écologisme), ou vers des formes d’accommodation critique au système (syndicalisme, électoralisme). Dans tout cela, la révolution (et d’abord la destruction de l’Etat bourgeois et de l’ordre économique du capital) est bien oubliée. La question n’est même plus étudiée, ni discutée publiquement, que ce soit au nom d’un espèce de réalisme (la révolution n’est pas à l’ordre du jour), ou d’un renoncement plus ouvert à cette perspective.

Dans cette étude, on appellera révolution la situation de crise dans laquelle les opprimés cessent de suivre les idées et les organisations de la classe dirigeante, commencent eux-mêmes à s’organiser, d’une manière totalement nouvelle et émergente, en vue de leurs propres intérêts de classe et, surtout, appliquent leurs propres décisions, créant une situation de double pouvoir porteuse de la possibilité de changement radical du cours de l’Histoire, vers un pouvoir aux travailleurs. Cette définition ne considère pas la violence (la fameuse lutte armée) comme le critère fondamental, mais souligne plutôt le caractère radical du contenu social et politique donné par les opprimés eux-mêmes, et la destruction rapide des bases réelles de l’ancien ordre. Au sens large, scientifique, nous appellerons « révolution » tout état transitoire dans lequel l’ordre établi peut basculer qualitativement et brutalement. Mais, surtout, nous appellerons révolution une situation qui mène à l’émergence brutale d’une structure, qualitativement nouvelle, issue de l’agitation et des contradictions à l’échelon hiérarchique inférieur, encore appelée auto-organisation. Du coup, ce processus concerne aussi bien les différents domaines des sciences. La politique est particulièrement concernée par la question de l’auto-organisation des prolétaires. Rappelons l’expression qu’en donnait Karl Marx : « Le socialisme sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. » Pour se préparer à devenir un nouveau pouvoir, les exploités ont besoin de retrouver le sens de l’organisation collective et la confiance dans leurs propres forces.

Ce texte tente de tirer des leçons générales, philosophiques, des travaux récents des sciences, naturelles, historiques, économiques, et sociales. Les avancées scientifiques, qui font progresser nos connaissances et nos compétences techniques, influencent notre philosophie du monde. Du moins, elles devraient le faire. La vulgarisation scientifique touche un large public, mais la philosophie tirée des sciences est peu diffusée. La pensée scientifique a profondément changé, même si le grand public, inondé d’informations techniques, l’ignore souvent. La science actuelle n’est plus fondée sur des objets fixes, ni sur un ordre figé, mais sur l’organisation spontanée du désordre d’un grand nombre d’éléments interagissant. La matière n’est plus conçue comme une masse inerte, mais comme le produit d’une dynamique collective extraordinairement agitée. Renversement brutal des structures, la révolution est un processus de construction, par l’organisation spontanée des agitations sous-jacentes, de structures nouvelles, dites émergentes. La compréhension de ce mécanisme révolutionnaire, qui caractérise les phénomènes historiques, n’est pas évidente, ne découle pas directement de l’observation, et nécessite un effort de conceptualisation philosophique. Les anciennes oppositions diamétrales entre matière inerte et vivante, entre vie et mort, entre ordre et désordre, entre destruction et construction, entre hasard et nécessité, sont désormais caduques. Dépassant ces anciennes dichotomies, la nouvelle philosophie scientifique reconnaît l’interpénétration entre déterminisme et contingence, entre lois et désordre, entre singularités et universalité, entre atomisme et vitalisme, et entre matérialisme et création. Concevoir la dynamique, la tâche est rude, mais les éléments sont fournis par les sciences elles-mêmes.

La réflexion sur le processus actif de la nature, sur les rythmes de son mouvement historique, est porteuse d’un mode de pensée qui est indispensable, autant en sciences que pour l’étude de la société humaine. La capacité des opprimés de construire leur pouvoir dépend avant tout de leur expérience politique, de leur participation, active, organisée et consciente à leurs propres luttes. Une classe n’est pas seulement constituée d’hommes ayant des intérêts matériels. C’est d’abord une conscience, faite d’échecs, d’espoirs, de tentatives, de virtualités, d’idées et de potentialités. Le mécanisme d’émergence de la conscience de classe et le fonctionnement dynamique de la matière, sans cesse transformée par l’interaction entre virtuel et réel, entre destruction et construction, en permanence en révolution, sont du même type.

La compréhension de la révolution est d’une importance capitale pour la pensée scientifique comme pour l’action politique et sociale. Elle est particulièrement nécessaire au mouvement ouvrier, victime des idéologies de l’ordre et de la réforme, défenseurs de la continuité de l’Etat. L’a priori du continu, préjugé opposant progrès et changement brutal, est largement propagé, par les scientifiques comme par les courants politiques et sociaux, sociaux-démocrates, associatifs, écologistes, alter-mondialistes, syndicalistes ou staliniens. L’idée du rôle central de la classe travailleuse pour changer radicalement le cours de la société humaine est fortement combattue. La conscience de la classe opprimée dépend en premier de sa compréhension de ses capacités à transformer le monde. La signification de la société à construire est aujourd’hui altérée. La révolution, incomprise, est souvent rejetée. La rencontre des idées communistes vivantes et du prolétariat révolutionnaire reste le principal danger mortel pour les exploiteurs et la seule perspective d’avenir pour les exploités.

Ce texte est soumis à la réflexion, à la critique de tous. Il peut être librement cité, édité et traduit. Aucun copyright pour aucun pays. Envoyez toute observation et critique aux auteurs Robert Paris et Tiekoura Levi hamed.

"La Commune de Paris (1871) est la première tentative de la révolution prolétarienne pour briser la machine d’Etat bourgeoise. Elle est la forme politique enfin trouvée par quoi l’on peut et l’on doit remplacer ce qui a été brisé."

Vous voulez vérifier que la Commune de Paris n’était pas un pouvoir politique comme les autres. Alors, lisez cette affiche :

Texte de l’affiche apposée avant l’élection de la Commune de Paris :

« Citoyens,

Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant votre vie, souffrant des mêmes maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus ; les uns comme les autres ne consultent que leur propre intérêt et finissent toujours par se considérer comme indispensables. Défiez-vous également des parleurs, incapables de passer à l’action ; ils sacrifieront tout à un beau discours, à un effet oratoire ou à mot spirituel. Evitez également ceux que la fortune a trop favorisés, car trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère. Enfin, cherchez des hommes aux convictions sincères, des hommes du peuple, résolus, actifs, ayant un sens droit et une honnêteté reconnue. Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages ; le véritable mérite est modeste, et c’est aux électeurs à choisir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter. Citoyens, Nous sommes convaincus que si vous tenez compte de ces observations, vous aurez enfin inauguré la véritable représentation populaire, vous aurez trouvé des mandataires qui ne se considèrent jamais comme vos maîtres.

Le Comité Central de la Garde Nationale »

Le Comité central de la Garde nationale, installé à l’Hôtel de Ville depuis la soirée du 18 mars, précise, dans son appel du 22 mars aux électeurs, sa conception de la démocratie : ” Les membres de l’assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l’opinion, sont révocables, comptables et responsables. ”

C’est ce que confirme la Commune élue dans son Journal officiel du 21 mars 1871 :

” Les prolétaires de la capitale, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que l’heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en main la direction des affaires publiques. ”

Friedrich Engels écrivait :

« Le philistin social-démocrate a une fois de plus été envahi par une terrible frayeur à la prononciation des mots ¨dictature du prolétariat¨. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir à quoi ressemble cette dictature ? Regardez la Commune de Paris, c’était cela la dictature du prolétariat. »


Ce que nous voulons et ... ce dont nous ne voulons plus

"Les ouvriers n’ont pas de patrie. (...) Abolissez l’exploitation de l’homme par l’homme, et vous abolirez l’exploitation d’une nation par une autre nation. (...) Que les classes dominantes tremblent devant une révolution communiste. Les prolétaires n’ont rien à y perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !"

Karl Marx (1848), Le Manifeste communiste

"Nous nous assignons comme but final la suppression de l’État, c’est-à-dire de toute violence organisée et systématique, de toute violence exercée sur les hommes, en général. Nous n’attendons pas l’avènement d’un ordre social où le principe de la soumission de la minorité à la majorité ne serait pas observé. Mais, aspirant au socialisme, nous sommes convaincus que dans son évolution il aboutira au communisme et que, par suite, disparaîtra toute nécessité de recourir en général à la violence contre les hommes, toute nécessité de la soumission d’un homme à un autre, d’une partie de la population à une autre ; car les hommes s’habitueront à observer les conditions élémentaires de la vie en société, sans violence et sans soumission."

L’État et la Révolution (1917), Lénine

« Comprendre clairement la nature sociale de la société moderne, de son Etat, de son droit, de son idéologie constitue le fondement théorique de la politique révolutionnaire. La bourgeoisie opère par abstraction (« nation », « patrie », « démocratie ») pour camoufler l’exploitation qui est à la base de sa domination. (…) Le premier acte de la politique révolutionnaire consiste à démasquer les fictions bourgeoises qui intoxiquent les masses populaires. Ces fictions deviennent particulièrement malfaisantes quand elles s’amalgament avec les idées de « socialisme » et de « révolution ». Aujourd’hui plus qu’à n’importe quel moment, ce sont les fabricants de ce genre d’amalgames qui donnent le ton dans les organisations ouvrières françaises. »

Extraits de Léon Trotsky dans « La France à un tournant » (28 mars 1936)

A l’opposé de tous les responsables politiques, dirigeants religieux, chefs militaires et autres démagogues qui veulent cacher leur engagement aux côtés des classes exploiteuses et du système d’exploitation sous un verbiage mensonger, nous ne revendiquons jamais la neutralité, la prétendue objectivité, l’égalité des points de vue, la prétention mensongère de trouver un terrain d’entente entre des classes, oppresseurs et opprimés, qui ont des intérêts diamétralement opposés. La classe dont nous nous revendiquons est celle des opprimés, c’est-à-dire des ouvriers, des salariés, des travailleurs des villes et des champs, y compris les chômeurs, les petits boulots, les ménagères, les jeunes révoltés par le système. Nous l’appelons le prolétariat. C’est, selon nous, la classe qui est amenée à remplacer à la tête du monde la classe capitaliste dont le règne est terminé. Clarté et courage, voilà où se situent l’audace de classe.

CE QUE NOUS VOULONS :

L’ORGANISATION DE LA SOCIÉTÉ PAR LES EXPLOITES EUX-MÊMES

Ce que nous voulons :

- Nous instruire des luttes du passé afin que ces combats des opprimés n’aient pas eu lieu inutilement et pour que ceux de demain ne tombent pas dans les mêmes pièges ou les mêmes erreurs. Notre étude de l’histoire n’a rien de scolaire. Nous considérons que ces combats sont les nôtres même s’ils n’ont pas eu lieu dans "notre" pays ni à notre époque : qu’il s’agisse des travailleurs de la Commune de Paris en 1871, des travailleurs révolutionnaires russes de 1917, des travailleurs chinois de 1925-27, ou, plus près de nous, des travailleurs algériens de 1945, des travailleurs vietnamiens de 1946, des travailleurs malgaches de 1947, des "bouts de bois de dieu" africains de 1947, des travailleurs boliviens de 1952, des travailleurs hongrois de 1956, des noirs américains de 1964, des travailleurs tchécoslovaques de 1968, des travailleurs chiliens de 1973, des travailleurs libanais de 1975, des travailleurs iraniens de 1979, etc, etc ... Ce passé de luttes révolutionnaires de la classe ouvrière et de tous les prolétaires doit éclairer notre chemin. La classe ouvrière vit et se bat tous les jours et ces luttes ne sont pas à minimiser, mais il ne faut pas non plus effacer les éclairs impressionnants que sont les soulèvements révolutionnaires des masses, épisodes rares mais très éclairants des capacités des opprimés.

- Développer la compréhension des causes des oppressions que connaît la planète et de la situation de plus en plus catastrophique actuelle pour les masses populaires.

- Rendre clair que la base première du maintien de l’oppression sous toutes ses formes et dans toutes les régions du monde est la division entre une classe d’exploiteurs possédant tous les moyens de production et tous les capitaux et une classe d’exploités n’en possédant aucun, la mainmise des exploiteurs sur la totalité du pouvoir politique et sur les Etats (armée, police, justice, gouvernement, administration, diplomatie, parlements, etc). Enfin, la mainmise de la bourgeoisie la plus riche sur l’ensemble du monde par des moyens économiques, financiers, politiques et militaires : l’impérialisme.

- Soutenir tous les efforts permettant de faire progresser la conscience des exploités et de tous ceux qui se considèrent dans leur camp contre l’exploitation et en particulier la conscience de leurs intérêts communs et de leur capacité à diriger le monde de demain. Cette conscience nécessite le combat contre toutes les formes de division, de mépris, de rejet qu’ils soient fondés sur le sexe, la nationalité, la région, l’ethnie, la religion, les origines, la race, la couleur de la peau, l’âge…

- Faire en sorte que la lutte des opprimés et des exploités mène à des succès et permette à ces derniers de prendre confiance en leurs capacité de s’unir, de s’organiser et, demain, de définir de nouvelles bases à la société en la dirigeant par eux-mêmes.

- Combattre les illusions réformistes qui cherchent à faire croire en la possibilité d’améliorer le monde actuel sans changement radical dans lequel les opprimés enlèvent le pouvoir à la classe dominante pour le prendre eux-mêmes en mains.

- Refuser toutes les idéologies fatalistes selon lesquelles l’homme est fait pour souffrir sur la terre et la classe dominante est faite pour dominer, la classe opprimée faite pour être exploitée, et aussi tous les fatalismes sociaux selon lesquels les exploités sont incapables de savoir diriger la société.

- Récuser l’idée fausse selon laquelle le monde capitaliste est le seul monde possible et qui prétend que l’effondrement du stalinisme aurait démontré l’impossibilité du pouvoir communiste des travailleurs. Rappeler ainsi que le stalinisme ne s’est pas développé contre le capitalisme mais, au contraire, sur la base de l’échec de la tentative révolutionnaire et audacieuse des travailleurs russes et européens en 1917-1920.

- Permettre aux travailleurs, aux jeunes, à tous ceux qui se placent aux côtés de la révolution d’accéder aux connaissances indispensables à la révolution, sur tous les plans : politique, social, économique, philosophique et scientifique.

- Aider à la construction d’organisations des travailleurs communistes et révolutionnaires, qui soient regroupées pour mener le combat dans le monde entier, qui se donnent comme objectif la fin définitive du système d’exploitation à l’échelle mondiale et son remplacement par une société fondée sur la satisfaction des besoins individuels et collectifs des peuples.

- Rendre clair le fait que ces objectifs socialistes et communistes n’ont rien à voir avec les caricatures anti-ouvrières que sont et qu’ont été les partis social-démocrates et staliniens et les régimes qu’ils dirigent et ont dirigé.

- Faire en sorte qu’au cours de leurs luttes actuelles, même celles qui ont une ampleur et des objectifs limitée, les exploités, les salariés, les prolétaires et les jeunes acquièrent le maximum de conscience des nécessités de la société et de leur capacité à s’organiser en vue d’atteindre leurs objectifs. Apprendre des luttes nécessite que les exploités et les jeunes s’organisent eux-mêmes ce que la plupart des bureaucraties syndicales et des directions politiques ne souhaitent pas, désirant garder la mainmise sur les mouvements.

- Œuvrer afin que les travailleurs les plus conscients comprennent que la lutte des classes est le moteur de l’histoire de la société humaine et qu’ils ne doivent pas craindre de défendre des intérêts de classe car la défense des intérêts des opprimés rejoint les intérêts de toute l’humanité. Instruire les travailleurs de leurs tâches visant à la libération de l’ensemble de l’humanité nécessite que la conscience de classe se détache du magma que constitue l’opinion : esprit dit « citoyen », conscience nationale, ethnique, culturelle, traditions, intérêts corporatifs, conceptions régionales, etc…

- Nous efforcer que les travailleurs soient instruits du rôle de l’Etat bourgeois au service de la classe dirigeante. Même quand cet Etat semble respecter quelques règles démocratiques, il n’est rien d’autre qu’un instrument de guerre au service de la classe dirigeante et contre les exploités. La démocratisation de cet Etat ne peut qu’être une tromperie. L’existence d’élections, leur soi-disant transparence, le droit de vote général, ne change rien à un fait fondamental : tant que le pouvoir économique appartient à quelques personnes d’une seule classe dominante, tant que les travailleurs ne sont pas organisés afin de prendre les décisions, aucun pouvoir d’Etat ne peut être autre chose qu’un mode de domination politique de la classe dirigeante. L’objectif de toute lutte radicale des opprimés doit être clairement la destruction définitive et complète de l’Etat bourgeois et tout particulièrement son armée, sa police, sa justice, ses assemblées bourgeoises, son administration. l’Etat que mettront en place les travailleurs, les prolétaires avec la population pauvre n’aura rien à voir avec l’ancien Etat bourgeois.

- Faire en sorte que les travailleurs aient conscience que les horreurs des guerres, des guerres civiles, des conflits ethniques ou religieux sont directement dues au fait que des dirigeants bourgeois et petits-bourgeois ont pris la tête des mécontentements des milieux populaires. C’est aux travailleurs de prendre la tête de toutes les couches sociales opprimées car eux et eux seuls sont capable de donner une orientation à la lutte vers la fondation d’une société d’où sera bannie définitivement l’exploitation de l’homme par l’homme.

- Agir afin que les travailleurs suscitent en leur propre sein la formation de militants et de dirigeants capables de donner cette orientation à leur combat et de le mener à la victoire en s’instruisant soigneusement des lois sociales et politiques. Ces militants devront viser à former une organisation qui ne cherche pas à défendre ses propres intérêts de groupe mais les intérêts généraux des opprimés. Elle ne vise pas à prendre une place dans l’ordre social existant. Elle ne cherche pas à remplacer les gouvernements en place par des hommes à elle. Elle vise au renversement par les travailleurs eux-mêmes de tout l’ordre social et politique. Elle est donc bien différente de la plupart des organisations politiques et syndicales qui ne veulent que gagner des positions au sein de la société actuelle.

- Faire en sorte que les travailleurs ne se laissent pas tromper par des politiciens bourgeois professionnels tenant un langage de gauche, par des démagogues, militaires ou religieux, apparemment radicaux. Ils ne doivent donner aucune confiance à tous ceux qui prétendent que les travailleurs ne devraient pas s’organiser eux-mêmes, sous prétexte de ne pas diviser la lutte. Ils ne doivent nullement accorder leur confiance à tous ceux qui disent être capables d’améliorer la situation sans l’intervention des travailleurs par la lutte de masse.

- Agir pour que les travailleurs et les jeunes aient conscience que leur combat dépasse les frontières nationales et que les luttes de leurs frères du reste du monde font partie du même combat que le leur. Ceux qui leur disent que leur combat est national, que tous les nationaux sont leurs frères, qu’ils ne doivent pas étudier les luttes des autres pays car ce ne serait pas la même situation, sont de faux frères. Il n’y a qu’une planète. Il n’y a qu’un système capitaliste qui domine le monde, même si celui-ci a produit des situations sociales et politiques très diverses du fait notamment du partage mondial du travail par les impérialistes. Nous ne pourrons gagner qu’en abattant le capitalisme et l’impérialisme et cela n’est possible qu’à l’échelle internationale. C’est indispensable si nous ne voulons pas retomber dans les travers des nationalismes, les illusions des indépendances, les tromperies du réformisme et celles du stalinisme. Dans les frontières nationales, il n’est pas possible de bâtir une société plus juste que le capitalisme. La crise du capitalisme ne fait que rappeler que c’est à l’échelle mondiale que se pose le problème et que c’est à cette échelle qu’il faut le résoudre. La seule classe qui existe partout dans le monde, qui a la possibilité de s’unir au niveau international, c’est la classe des travailleurs, des chômeurs et de tous les opprimés. Il faut qu’au cours de la lutte, elle prenne le pouvoir en détruisant le pouvoir des classes dirigeantes. Pour cela, elle devra détruire tous les organismes que les classes dirigeantes ont mis en place pour opprimer la majorité de la population et, en particulier, il faut qu’elle désarme les classes dominantes, en enlevant aux officiers la mainmise sur les soldats. Le pouvoir aux travailleurs est indispensable pour ôter aux exploiteurs leur capacité de tuer, de soumettre et donc de maintenir le régime d’exploitation.

- Faire savoir que la société capitaliste est arrivée à une limite qu’elle ne pourra franchir , qu’elle est incapable de se réformer et que les travailleurs devront en finir avec ce système pour libérer tous les opprimés. Quand l’Histoire arrive à un point où les oppresseurs eux-mêmes ne voient plus comment diriger la société il arrive ce qui s’est passé en 1789 en France : la révolution sociale et le renversement de l’ancienne classe dirigeante. C’est la seule manière de dépasser la crise actuelle en faisant en sorte que l’Humanité continue d’aller de l’avant.

- Faire connaitre les idées véritablement socialistes et communistes que certains militants ont défendu durant toute leur existence : des révolutionnaires comme Auguste Blanqui, Karl Marx, Friedrich Engels, Lénine, Rosa Luxemburg et Léon Trotsky. Mettre en avant leur combat et étudier leurs écrits ne signifie pas, contrairement à la méthode stalinienne ou maoïste, fabriquer une idéologie de type religieux mais étudier le monde de manière scientifique en vue de le comprendre et de le transformer. Nous ne renions pas les idées révolutionnaires sous prétexte qu’elles seraient anciennes, mais nous ne les considérons pas comme des écrits bibliques et nous ne considérons pas les anciens dirigeants révolutionnaires comme des prophètes.

- Construire une organisation, capable de donner un point de vue prolétarien sur les situations, d’intervenir dans les grèves et des mouvements sociaux, de leur donner un caractère de classe et non corporatiste contrairement à ce que font en ce moment les syndicats, d’aider les travailleurs à mettre en place des formes d’organisation indépendantes des travailleurs, doit rester une préoccupation centrale des militants révolutionnaires. Effectivement, nous n’avons pas d’intérêts de boutique à défendre, ni à développer un esprit fermé de groupe, mais seulement à regrouper des travailleurs et des jeunes sur ma base des idées communistes, révolutionnaires, et internationalistes ! La concurrence de boutique entre les différents groupes d’extrême gauche existants reste l’un des obstacles à franchir. Mais le principal obstacle reste le manque d’audace révolutionnaire de ces groupes qui préfèrent accompagner les illusions des travailleurs ou de la population, craignant de s’en isoler, au lieu de se faire les portes-voix d’un prolétariat révolutionnaire pour le moment très minoritaire mais qui a des perspectives claires à offrir. Bien sûr, le débat avec les militants de ces groupes doit continuer mais la divergence sur le rôle des organisations et sur la capacité de la classe ouvrière est fondamentale.

EN RÉSUME, NOUS VOULONS

- que les opprimés n’aient confiance qu’en leur propre force et en leur capacité de diriger la société

- que les travailleurs et tous les exploités mènent une révolution socialiste pour en finir avec la dictature des capitalistes sur le monde

- que la révolution socialiste l’emporte sur la barbarie capitaliste et mène au pouvoir aux travailleurs

"L’émancipation des ouvriers ne peut être l’oeuvre que des ouvriers eux-mêmes. Il n’y a donc pas de plus grand crime que de tromper les masses, de faire passer des défaites pour des victoires, des amis pour des ennemis, d’acheter des chefs, de fabriquer des légendes, de monter des procès d’imposture, — de faire en un mot ce que font les staliniens. Ces moyens ne peuvent servir qu’à une fin : prolonger la domination d’une coterie déjà condamnée par l’histoire. Ils ne peuvent pas servir à l’émancipation des masses. Voilà pourquoi la IVe Internationale soutient contre le stalinisme une lutte à mort."

Léon Trotsky dans "Leur morale et la nôtre"

Ce dont nous ne voulons plus :

- Qu’une classe exploiteuse monopolise les moyens de production, les capitaux et impose au reste de la population de se faire exploiter pour vivre, que cette classe dominante se permette de s’arroger le droit de décider de la vie et de la mort du reste de la population en la jetant dans la misère, en la réprimant ou en la licenciant, parce qu’elle détient en plus le monopole du pouvoir politique.

- Que le capitalisme soit présenté comme le seul moyen de développer l’économie, d’enrichir un pays, alors qu’aujourd’hui l’époque où le capitalisme développait le monde est depuis longtemps révolue. Même aux USA, le capitalisme ne développe plus que la misère. Nous ne voulons plus qu’on nous affirme qu’une autre société n’est pas possible. Il y a eu bien de sociétés humaines avant le capitalisme et il y en aura d’autres après. Les travailleurs sont indispensables au capitalisme et il craint leurs révolutions mais le capitalisme n’est pas indispensable aux travailleurs. Ils peuvent fonder, sur la base des techniques modernes, une société bien plus humaine fondée sur la satisfaction des besoins des hommes.

- Que la classe exploitée se voie refuser ce qui est nécessaire pour vivre correctement et aussi le droit de s’organiser politiquement, syndicalement et localement pour défendre ses intérêts et ceux de la population des quartiers populaires, que les travailleurs, la jeunesse et les milieux pauvres se voient interdire de donner leurs avis sur tous les sujets qui concernent la société.

- Que la classe exploitée soit opprimée également de mille manières, en fonction du sexe, de la région, de la religion, des origines ou de la couleur de la peau.

- Que l’Etat soit au service des exploiteurs, de toutes les manières possibles, en faisant intervenir ses forces de l’ordre (police, armée, justice, administration) contre les travailleurs et pour les exploiteurs, qu’il prenne toutes les décisions en fonction des seuls intérêts des riches et des puissants, en servant le système qui domine le monde, le système capitaliste, lui-même entièrement déterminé par les intérêts du grand capital qui ne s’enrichit que de l’exploitation des travailleurs du monde.

- Que la démocratie soit confondue avec la pseudo-démocratie bourgeoise. La démocratie dont les travailleurs et les peuples ont besoin nécessite qu’ils puissent se réunir librement pour discuter de leurs problèmes et se donner les moyens de les résoudre, notamment en organisant des luttes, mais aussi en décidant définitivement d’organiser eux-mêmes le fonctionnement social en le retirant des mains des exploiteurs. Il ne s’agit pas du seul droit de vote dans les institutions bourgeoises (parlements, présidence) mais du droit de décider des choix à tous les niveau : local, régional, national, aussi bien au plan économique, social et politique. Il s’agit de retirer aux forces armées leurs armes et leur organisation et donc la possibilité de prendre le pouvoir à tout moment en faisant un coup d’état ou d’intervenir pour écraser les mobilisations des masses. Il s’agit de retirer aux classes possédantes leur mainmise sur toute l’organisation de la société en ne leur permettant plus de garder pour elles le pouvoir social, politique, médiatique, militaire ou juridique. Il n’y aura jamais de démocratie là où les besoins des masses populaires ne sont pas satisfaits. Il n’y aura jamais de démocratie là où un patron peut jeter à la rue mille salariés. Il n’y aura jamais de démocratie là où une armée peut prendre en otage une population en instaurant la dictature. Il n’y aura jamais de démocratie là où les généraux, les commissaires, les patrons, les hauts fonctionnaires n’ont aucun compte à rendre à la population. Il n’y aura jamais de démocratie tant que les travailleurs n’auront pas pris le pouvoir politique.

- Que le socialisme et le communisme, représentés notamment par les efforts des travailleurs français en 1871 lors de la Commune de Paris et par ceux des travailleurs russes et européens lors de la révolution de 1917-1920, soient confondus avec des régimes dictatoriaux sous l’égide de Staline, Mao, Castro, Kim Il Sung, et autres Pol Pot. Il n’y a pas plus de communisme dans le stalinisme, qui a été le principal soutien de l’impérialisme en l’aidant à écraser les révolutions prolétariennes, que de socialisme dans l’indien Nehru, dans la social-démocratie de Mitterrand, Blair et Schroeder. Le parti unique, le syndicat unique, le « socialisme dans un seul pays », le régime policier où les travailleurs n’ont aucun droit, n’ont rien à voir avec l’Etat-Commune comme l’appelait Lénine et que défendait Trotsky contre les staliniens. Le socialisme et le communisme, sociétés où les plus larges masses ont un accès direct à toutes les décisions, à tous les niveaux, n’a rien de commun avec le centralisme policier du stalinisme.

- Que le réformisme soit confondu avec la transformation nécessaire de la société. Il ne fait que diffuser des mensonges en cherchant à faire croire que l’on peut éviter la révolution sociale. Il est indispensable qu’il soit clairement dit que sont des menteurs dangereux tous les dirigeants politiques qui prétendent que l’on peut arranger ensemble l’intérêt des exploiteurs et celui des exploités, que la lutte des classes est due à une incompréhension qui peut se résoudre dans un dialogue, que les riches et les pauvres d’un même pays sont du même camp, que le nationalisme défend les intérêts des peuples, que le capitalisme ne doit pas être renversé.

- Que la démocratie soit présentée comme une solution suffisante parce qu’il y a des démocraties bourgeoises et des démocraties prolétariennes, ce qui est très différent. Nous ne défendons qu’une seule sorte de démocratie : le pouvoir de tous ceux qui ne vivent que de leur travail sans exploiter personne. Nous ne défendons qu’une seule société d’avenir : celle où il n’y aura plus de classes, plus d’exploiteurs, plus d’oppression et plus d’Etat parce qu’il n’y aura plus besoin de diviser les peuples.

N’acceptons pas la logique destructrice du capitalisme en crise

Patrons et gouvernants nous baratinent. Les chefs d’Etat prétendent nous sortir de la crise en inondant le monde de milliers de milliards qu’ils tirent des caisses des Etats et des banques centrales. Chaque mois, ils en balancent d’autres. Sarkozy annonce encore dix milliards et demi pour les banques et d’autres milliards pour les capitalistes, notamment ceux de l’Automobile. Malgré cela, le capital privé refuse de reprendre ses investissements. Les banques refusent de reprendre leurs crédits. Les industriels, comme ceux de l’Automobile, déclarent manquer de capital et désinvestissent, supprimant massivement des emplois.

Le grand capital refuse de croire à l’avenir du capitalisme. Pourquoi les travailleurs devraient-ils être les seuls à se fier au système, à en accepter les règles ? Pourquoi accepteraient-ils le chantage : pas de travail égale pas d’emploi ? Pourquoi accepteraient-ils d’être licenciés comme les mille intérimaires de Renault-Flins, les 900 de PSA Sochaux, ou les 1200 prestataires renvoyés de Renault-Guyancourt ? Pourquoi devraient-ils attendre comme une catastrophe inévitable des fermetures et des licenciements comme à Renault et PSA ?

Mais, comment se défendre s’il s’agit d’une crise mondiale, demandent les salariés ? C’est comme si une fatalité s’abattait sur nous, disent-ils. C’est comme le froid : il faut attendre que ça passe en se protégeant tant bien que mal. C’est faux. Le printemps ne suivra pas l’hiver du capitalisme. Car il ne s’agit pas d’un refroidissement passager. Les milliers de milliards jetés par les Etats ne peuvent pas restaurer la rentabilité du capital.

Le capitalisme a atteint ses limites. Ses capitalistes n’ont jamais été aussi riches. Mais, justement, c’est là qu’est la cause de la crise. Le capitalisme, ne trouvant pas assez d’investissements rentables, ne peut que s’effondrer. Et nous, travailleurs, n’avons pas intérêt à rester les bras ballants dans une maison qui s’effondre. Les dépenses mirifiques des Etats ne peuvent, en retardant un peu cet effondrement, qu’aggraver la situation des travailleurs. Ils mènent notamment à la suppression des emplois publics, à la dégradation de l’hôpital public, des chemins de fer, de la poste et de l’électricité. Les subsides d’Etat n’empêcheront pas les entreprises bénéficiaires de ces sommes de licencier ou d’imposer du chômage partiel.

S’il n’y a rien de bon à attendre des Etats et des patrons, les travailleurs ne doivent s’en remettre qu’à eux-mêmes pour se défendre dans la crise. Pour cela, il ne faut plus accepter la logique et les lois d’un capitalisme qui se propose de détruire nos emplois, nos logements, notre santé, nos vies.

Plus question d’admettre qu’un patron déclare que les caisses de l’entreprise sont vides. Il faut prendre sur ses revenus et biens personnels. Plus question d’admettre qu’un patron nous dise qu’il n’y a plus de travail. Du boulot ou pas, c’est une question de choix du grand capital en fonction de la rentabilité. Ce n’est pas notre problème. Nous exigeons, dans tous les cas, d’être payés. Plus question d’allocations chômage impayées. Plus question d’électricité coupée, de téléphone coupé, de crédits coupés, de compte fermé, d’emplois supprimés. Quand un capitaliste, un banquier, une assurance sont en difficulté, la société trouve des milliards pour le sauver. Imposons qu’il en soit de même quand il s’agit des travailleurs.

Il faut aussi en finir avec la logique des directions des centrales syndicales qui quémandent des petits accommodements, signent des contre-réformes, divisent les luttes, les lâchent en cours de route et organisent des journées d’action sans lendemain.

Il faut unir les travailleurs précaires, les chômeurs et ceux qui ont un emploi, les travailleurs du public et du privé, les travailleurs de l’Automobile et ceux de l’Audiovisuel, ceux de la Recherche et ceux de la Construction, ceux de l’Enseignement et ceux des grands magasins. C’est à nous de défendre notre avenir. Personne ne le fera à notre place ! Il ne s’agit pas de défendre chacun notre entreprise mais de défendre collectivement le sort de la classe ouvrière.

Les travailleurs, s’ils ne veulent pas subir de plein fouet le chômage, la misère, et aussi les dictatures et les guerres, conséquences inévitables de la crise, comme le fascisme et la guerre mondiale ont été des conséquences de la crise de 1929, doivent diriger eux-mêmes leurs luttes aujourd’hui et devront diriger demain la société.

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